PATERNITÉ PRO-VIE PRATIQUE

par le père Jim Whalen

 

            Pour être chrétienne, la paternité doit être pratique, créative et salvatrice. Cela signifie qu’une alliance, un engagement pour la vie envers Dieu et envers une femme dans le Sacrement de mariage devient la condition nécessaire pour que s’accomplisse le projet du Créateur pour la vie familiale. Vivre simplement ensemble sans que Dieu fasse partie de cette relation ne permet pas d’obtenir la liberté, l’ouverture ou la confiance qu’apporte la promesse de fidélité entre un homme et une femme appelés à la vocation de paternité et de maternité chrétiennes. Les enfants deviennent alors leurs bénédictions les plus précieuses – des êtres nouveaux qui voient le jour grâce à une participation du père et de la mère à l’activité créative de Dieu. Le père et la mère procréent au nom de Dieu et mettent au monde des enfants destinés à la résurrection et à l’éternité. Ils reçoivent le privilège spécial de participer avec Dieu lui-même à la création de vies nouvelles, ce qui n’est pas donné même aux anges. « La généalogie de chaque personne est enracinée dans l’éternel. En concevant un enfant, les parents agissent comme collaborateurs de Dieu » (Pape Jean-Paul II, Angelus, 6 février 1994, Fathering, p.14).

 

            En optant pour la paternité chrétienne, l’homme fait le choix spirituel et pratique de vivre le Sacrement de mariage dans l’intimité avec sa femme et avec Dieu. Et créer un foyer pour sa famille, construire une civilisation de l’amour, une vie familiale chrétienne et un foyer chrétien, c’est manifester un amour et un respect mutuels entre le père, la mère et les enfants. Cela signifie pour les parents l’établissement d’une certaine stabilité, une manière justement ordonnée de vivre, d’engendrer et de transmettre la vie humaine en suivant l’exemple et les enseignements du Christ et de notre sainte Mère l’Église. Les familles ont besoin de l’amour d’un père qui veut le bien de tous ceux qui sont placés sous sa garde, un père présent pour les autres et qui permet aux autres de lui être présents à leur tour. Il est essentiel que les foyers chrétiens soient des centres d’amour – des églises domestiques formant les éléments de base dans la construction d’une civilisation chrétienne d’amour. Les enfants ont besoin tout au long de leur croissance de l’attention aimante d’un père. Cela signifie aimer et accepter les enfants sans réserves en leur procurant la sécurité qui leur permet de grandir à l’abri de la peur, de la haine et de la violence.

 

            « Un enfant dans ses premières années ne saura qu’une seule chose : si oui ou non il est aimé » (Head of the Family, p. 29). Cela signifie la pratique quotidienne du martyre pour les pères. Ils doivent aimer sans rien attendre en retour, sur le modèle de l’amour du Christ, lui qui nous a aimés le premier. Cela signifie aimer ses enfants même lorsqu’ils semblent se comporter comme des ennemis : interrompant leurs conversations ou leur vie de prière par leurs distractions ou leur cris. « Un bon père accepte de passer par-dessus ses propres besoins, de s’asseoir et d’écouter leurs idées et leurs rêves, de leur communiquer doucement la sagesse de ses conseils … Il est un exemple affectueux de sa propre sagesse. Il sait jouer avec eux, s’amuser et les laisser sauter sur lui, même lorsqu’il est fatigué » (The Catholic Family, p. 26). Cela signifie également qu’un père doit pardonner un nombre incalculable de fois lorsqu’ils ont désobéi, où n’ont pas écouté et fait exactement le contraire de ce qu’on leur demandait. Il doit être patient, constant dans ses corrections, disponible et aimant sans condition. Le père doit être un homme de service qui sait être affectueux et tendre, mais prêt cependant à corriger ou à discipliner si nécessaire. L’indifférence, l’indulgence excessive ou la tyrannie de la part des parents conduisent au ressentiment chez les enfants. La formation et la direction font partie intégrante de l’éducation des enfants. « C’est le père qui sait discipliner …  l’homme qui exerce son autorité, qui est l’ami de son enfant. » (Head of the Family, p. 49).

 

            Dans la paternité catholique pro-vie, l’Eucharistie joue un rôle essentiel et principal comme source première de grâce et de vie spirituelle ; dans les familles, elle devrait être l’âme de l’acte communautaire d’adoration. C’est la manière traditionnelle et la plus efficace pour une famille d’invoquer et de remercier Dieu, d’offrir sa vie au Père éternel en union avec le Saint Sacrifice de son Fils, Jésus-Christ. Il est important qu’un père cultive un esprit de révérence pour la Messe en développant chez ses enfants une attitude de piété attentive qui doit commencer à la maison en utilisant avec bon sens des exercices préparatoires. Il peut être utile de créer un système de récompenses basé sur un comportement acceptable ou inacceptable, que les parents devraient s’efforcer d’appliquer avec une attention affectueuse à l’église. C’est une occasion d’instruction religieuse pour le mère et pour la mère qui peuvent souligner les temps importants, expliquer brièvement les moments clés de la Messe, amener les enfants avec eux lorsqu’ils vont recevoir la Sainte Communion. Le père qui assiste fréquemment à la Messe, chaque jour si possible, avec sa femme et ses enfants, leur enseigne par son exemple que la Messe est une priorité qui a dans sa vie une grande importance et qu’il devrait en être ainsi pour eux. « Le bon exemple est l’apostolat le plus efficace qui soit. Vous devez être une lampe allumée qui brille comme un lustre parmi les hommes. Par votre exemple et vos paroles, incitez les autres à connaître et à aimer Dieu » (St. Mary Joseph Rossello, Fathering, p. 15).

 

            Le père devrait s’efforcer de conduire la prière en famille, matin et soir, avant et après les repas si possible. Cela aide à créer un environnement, une atmosphère qui renforce son besoin personnel de prière et celui de sa famille par la démonstration d’une vie chrétienne active et centrée sur Dieu. L’heure du coucher est particulièrement propice au partage des récits bibliques. Les enfants aiment entendre parler de la Sainte Famille, de la vie quotidienne de Jésus, de Marie et de Joseph. Il faut une atmosphère religieuse où être aurait plus d’importance que faire et où la vie du Christ représenterait la norme qui surpasse toutes les autres. Les actions plutôt que les paroles devraient donner le ton du sanctuaire familial. La célébration des traditions et des rituels familiaux et la participation aux rythmes de la vie liturgique de l’Église aident à se concentrer sur le sens véritable des temps (par exemple, Noël : la naissance du Christ ; Pâques : la Résurrection du Christ). La bénédiction paternelle avec l’eau bénite suivie d’une brève prière à l’ange gardien ou au saint patron avant de mettre les enfants au lit pour la nuit est une pratique qui en vaut largement la peine. Le père reçoit ainsi le bienfait de la reconnaissance de ses responsabilités comme canal de grâce pour ses enfants. Les enfants sont liés au Père par leur père : « L’enfant qui se met au lit avec la caresse des mains de son père sur sa tête et les paroles de bénédiction de son père qui sonnent encore dans ses oreilles, est un enfant sécurisé par la connaissance de l’amour, non seulement d’un père terrestre, mais du Père qui est dans les cieux » (Head of the Family, p. 69). Les enfants doivent être élevés par le père et la mère comme des lieux saints pour la présence de Dieu sur la terre.

 

            Les enfants d’aujourd’hui sont souvent formés par les mass media de la télévision, du cinéma et de l’Internet, et influencés ensuite principalement par leurs pairs. Pour contrer cette influence négative, le père et la mère doivent s’efforcer d’influer à la maison de façon positive et accepter la responsabilité d’être les premiers éducateurs de leurs enfants en matière de foi et d’éducation. Ils devraient profiter de toutes les occasions de répondre aux très nombreuses questions que les enfants posent à leur père pour promouvoir leur croissance spirituelle et morale. L’éducation des enfants à l’usage de leur « libre arbitre » les aidera à acquérir une indépendance d’action et remplacera des influences négatives nocives par des pratiques chrétiennes positives qui les prépareront à affronter le monde réel. La responsabilité d’élever correctement une vie nouvelle pour Dieu dans la sagesse et la sainteté est une des tâches principales du père et cela n’est possible que s’il est un homme de foi, d’espérance et d’amour vivant, conformément à la norme du Christ, l’unité de la Croix et de la Résurrection, et non l’une sans l’autre.

 

            Un des premiers devoirs du père est de veiller au bien-être de sa famille. Ce devoir est à la fois matériel et spirituel. Le don les plus grand qu’un père puisse faire à ses enfants est celui de l’amour, car l’amour est le don de soi-même. Les pères doivent établir leurs priorités. « Travaillez, non point pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jean 6.27). Il est bien d’apporter le pain sur la table, mais c’est le Pain du Ciel qui donne la vie éternelle.

 

            Les valeurs ennemies de la vie dans notre société actuelle sont un grand défi pour les pères et les familles d’aujourd’hui. Elles favorisent un relativisme et un sécularisme qui attaquent la religion à travers une culture de mort. Dieu, par les pères chrétiens, apporte plus d’amour et plus de sainteté dans le monde. La paternité pro-vie pratique, telle que la décrit un auteur, « est la couronne de masculinité, l’insigne de la maturité d’un homme » (Head of the Family, p. XV).

 

Bibliographie et lectures recommandées :

 

Clayton C. Barbeau, Head of the Family, Sophia Press, 1990, pp 131.

Deacon Dr. Bob McDonald, The Catholic Family: Image and Likeness of God, Vol 1, Queenship Publishing Co., 1999, pp 226.

Christopher de Vink, Fathering, Madonna House Publications, 2000, pp 49.

 

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