L'autre Roi mage | La Nuit de Noël | Le mystère de l'escalier tournant | La chasse au duvet de chardon | L'histoire de Michael | La première bilocation de Padre Pio | Petite parabole pour les mères | La première communion d'Imelda | Gardez votre fourchette...

 

L'AUTRE ROI MAGE

Adapté de l'histoire par Henry Van Dyke

Chaque année, nous prenons plaisir à suivre l'histoire des Rois mages qui sont venus de l'Orient lointain pour se rendre à Bethléem où ils ont adoré le Roi nouveau-né, et déposé des trésors à ses pieds. Mais Henry Van Dyke nous a parlé d'un autre Roi mage qui a lui aussi suivi l'étoile, et non seulement jusqu'à Bethléem mais sa vie durant, et qui n'a cependant jamais trouvé le Roi. Cet autre Roi mage s'appelait Artaban. Il était une sorte de soldat inconnu qui n'a pas réussi à faire les manchettes. Lui aussi était un Mage et il vivait en Perse. C'était un homme de grand savoir et de grande foi, et qui possédait de grands biens. Il avait scruté les Écritures avec ses savants compagnons pour savoir quand naîtrait le Sauveur. Ils savaient qu'une nouvelle étoile apparaîtrait et ils avaient convenu entre eux qu'Artaban observerait le ciel depuis la Perse et les autres depuis Babylone.

La nuit où le signe devait être donné, Artaban parlait chez lui avec neuf de ses amis mages. Il leur dit, "Mes trois frères observent le ciel à l'antique temple des Sept Sphères, à Borsippa, dans Babylone, et moi j'observe d'ici. Si l'étoile apparaît, ils m'attendront dix jours, puis nous nous mettrons tous en chemin pour Jérusalem. Je crois que le signe viendra cette nuit. Je me suis préparé pour le voyage en vendant tous mes biens pour acheter ces trois joyaux: un saphir, un rubis et une perle. J'ai l'intention de les offrir en hommage au Roi." Il ajouta, "Je vous invite à nous accompagner dans ce pèlerinage pour que nous puissions ensemble adorer le Roi nouveau-né."

Tout en parlant, il plongea la main dans un pli au plus profond de sa ceinture et en retira les trois joyaux: l'un bleu comme un morceau du ciel, l'autre plus rouge qu'un rayon de soleil et le troisième aussi pur qu'un sommet couvert de neige. Il voulait les offrir tous au Roi. Un ami d'Artaban lui dit alors, "Artaban, ce rêve est vain. Aucun Roi ne surgira jamais de la race brisée d'Israël. Celui qui Le cherche court après les nuages." Puis il salua Artaban et s'en retourna chez lui.

Chacun offrit tour à tour une excuse et il ne resta finalement que son plus vieil et plus fidèle ami. Il lui dit, "Artaban, je suis trop vieux pour cette quête, mais mon cœur est avec toi." Il mit alors la main sur l'épaule d'Artaban et lui dit, "Ceux qui voient des choses merveilleuses doivent souvent accepter de voyager seuls."

Laissé seul, Artaban remit les joyaux dans sa ceinture. Puis il écarta les tentures et monta à nouveau sur le toit pour reprendre sa veille et observer le ciel.

Alors que Jupiter et Saturne tournoyaient ensemble, semblables à des gouttes de feu chatoyantes sur le point de se fusionner en une seule, une étincelle azurée sortit de l'obscurité au-dessous d'elles, s'arrondissant en une splendeur pourprée pour former une sphère cramoisie.

Artaban inclina la tête. "C'est le signe", dit-il. "Le Roi arrive et je vais aller l'accueillir."

Cette nuit, Vasda, le plus rapide des chevaux d'Artaban, attendait, sellé et bridé, dans son box; il partageait l'ardeur de son maître et piaffait d'impatience en secouant son mors.

Artaban enfourcha sa monture et dit, "Que Dieu nous bénisse tous deux, qu'il garde nos pieds de la chute et nos âmes de la mort."

Sous cet encouragement, son fidèle cheval parcourait chaque jour la distance assignée et, au soir du dixième jour, ils atteignirent les abords de Babylone. Arrivé à un petit îlot de palmiers du désert, Vasda flaira un danger et ralentit le pas. Puis il se mit à haleter anxieusement et s'immobilisa soudain, tremblant de tous ses membres.

Artaban mit pied à terre. La faible lueur des étoiles révéla la forme d'un homme étendu sur le chemin. Son humble vêtement et son visage blafard indiquaient qu'il était un de ces pauvres Hébreux exilés qui demeuraient à Babylone. Sa peau blême portait encore les traces de la fièvre mortelle qui courait dans les marécages de Babylone en cette saison de l'année. Le froid de la mort envahissait sa maigre main. Au moment où Artaban fit demi-tour pour s'éloigner, l'homme laissa échapper un soupir et ses doigts bruns et osseux se fermèrent convulsivement sur la robe du Mage.

"Dieu de vérité et de miséricorde", pria Artaban, "indique-moi le chemin de la sainteté et de la sagesse que toi seul connais." Il sut alors qu'il ne pouvait pas poursuivre sa route. Les Mages étaient médecins aussi bien qu'astronomes. Il ôta sa robe et se mit à soigner l'homme. Quelques heures plus tard, le patient reprit conscience.

Artaban lui donna ce qu'il lui restait de pain et de vin. Il laissa une potion de plantes médicinales et des indications sur la façon de se soigner.

Artaban galopa ensuite avec la plus grande hâte tout le reste du chemin, mais l'aube était déjà levée lorsqu'il arriva au lieu du rendez-vous. Ses amis avaient disparu. Il aperçut enfin un bout de parchemin laissé par terre à son intention. Il le prit et le lut. Il disait, "Nous avons attendu jusque passé minuit et nous ne pouvons pas retarder plus longtemps notre départ. Nous allons trouver le Roi. Suis-nous à travers le désert."

Artaban était au désespoir et se couvrit le visage de ses mains. "Comment traverser le désert sans provisions et sur un cheval fourbu? Je dois retourner à Babylone, vendre mon saphir et acheter un train de chameaux et des provisions pour le voyage. Je ne rattraperai peut-être jamais mes amis. Seul le Dieu miséricordieux sait si j'échouerai dans mon entreprise parce que je me suis attardé en chemin pour faire miséricorde."

Après plusieurs jours, lorsque Artaban arriva à Bethléem avec son train de chameaux, les rues étaient désertes. On disait qu'Hérode envoyaient ses soldats, apparemment pour mettre en application un nouvel impôt, et les hommes emmenaient leurs troupeaux au-delà des collines, hors de sa portée.

La porte d'une habitation était ouverte et Artaban pouvait entendre la voix d'une mère qui chantait une berceuse à son enfant. Il entra et se présenta. La femme lui dit que trois jours avait passé depuis l'arrivée des Rois mages à Bethléem. Ils avaient trouvé Marie, Joseph et l'Enfant, et avaient déposé leurs présents à Ses pieds. Ils avaient ensuite disparu aussi mystérieusement qu'ils étaient venus.

Cette nuit-là, Joseph avait pris la mère et l'enfant et ils avaient fui en secret. On murmurait qu'ils étaient partis aussi loin que l'Égypte.

Pendant qu'Artaban écoutait, l'enfant tendit sa main potelée, lui toucha la joue et sourit. Ce geste lui réchauffa le cœur. Soudain, il se fit un grand désordre à l'extérieur. Les femmes poussaient des cris de désespoir et l'une d'elles s'écria, "Les soldats d'Hérode tuent les enfants !"

Artaban se dirigea vers le seuil. Une bande de soldats dévalaient la rue, les mains et les épées dégouttantes de sang. Le capitaine s'approcha pour bousculer Artaban, mais il ne broncha pas. Son visage était aussi calme que lorsqu'il contemplait les étoiles. Finalement, sa main tendue révéla un énorme rubis et il dit, "J'attends de donner ce joyau à un capitaine prudent qui passera son chemin et n'entrera pas dans cette maison." Émerveillé par la splendeur de la gemme, le capitaine saisit le rubis et dit à ses hommes, "Allez plus loin, il n'y a pas d'enfants ici".

Alors Artaban pria. "Ô mon Dieu, pardonne-moi mon péché, j'ai dépensé pour les hommes ce qui était destiné à Dieu. Serai-je jamais digne de voir la face de mon Roi ?"

Mais il entendit la voix d'une femme pleurant dans l'ombre derrière lui et qui disait: "Parce que tu as sauvé la vie de mon petit enfant, que le Seigneur te bénisse et te garde, que Sa Face rayonne sur toi et te comble de grâces; que le Seigneur lève sur toi Son regard et te donne la paix".

Puis Artaban, toujours à la poursuite du Roi, entra en Égypte cherchant partout la petite famille qui avait fui Bethléem devant lui. Durant bien des années, nous suivons Artaban dans sa quête. Nous le voyons devant les pyramides. Nous le voyons dans une obscure maison d'Alexandrie, prenant conseil auprès d'un rabbin qui lui dit ne pas chercher le Roi parmi les riches mais parmi les pauvres. Nous le suivons de lieu en lieu. Il traversa des pays touchés durement par la famine où les pauvres imploraient pour avoir du pain. Il séjourna dans des villes frappées par la peste où les malades languissaient dans la misère. Il visita les opprimés et les affligés dans l'obscurité des prisons souterraines. Il traversa les misérables foules des marchés d'esclaves. S'il ne trouva personne à adorer, il en trouva beaucoup à servir. Les années passaient et il nourrissait les affamés, habillait les démunis, soignait les malades et réconfortait les captifs.

On vit une fois Artaban seul et immobile au lever du soleil, attendant à la porte d'une prison romaine. Il avait sorti de sa poche secrète le dernier joyau qu'il gardait pour le Roi. Des reflets changeants d'un rose azuré tremblaient à sa surface. Il semblait avoir absorbé les couleurs perdues du saphir et du rubis; tout comme une noble vie attire en elle-même sont projet profond; de sorte que tout ce qui y a contribué est transfusé dans son essence même, et la perle était ainsi devenue plus précieuse parce qu'elle avait été longtemps portée contre la chaleur d'un cœur humain palpitant.

Trente années avaient passé depuis le jour où Artaban avait commencé sa quête et il était toujours un pèlerin. Ses cheveux étaient maintenant blancs comme neige. Il savait que sa fin approchait mais il gardait toujours fermement l'espoir qu'il trouverait le Roi. Il était venu pour la dernière fois à Jérusalem.

C'était le temps de la Pâque et la ville grouillait d'étrangers. Une agitation singulière était visible parmi la multitude. Une marée humaine silencieuse les emportait vers la porte de Damas.

Artaban demanda où ils allaient. Un homme répondit, "Nous allons assister à une exécution sur le Golgotha, en dehors des murs de la ville. Deux voleurs doivent être crucifiés et, avec eux, un nommé Jésus de Nazareth, un homme qui a accompli de nombreuses merveilles parmi le peuple. Mais les prêtres et les anciens ont déclaré qu'Il devait mourir parce qu'Il a dit qu'Il était le Fils de Dieu. Pilate L'a envoyé vers la croix, parce qu'Il a dit qu'Il était le "Roi des Juifs".

Quel étrange effet eurent ces paroles familières sur le cœur fatigué d'Artaban. Elles l'avaient conduit une vie entière par monts et par vaux. Et elles venaient maintenant à lui, obscures et mystérieuses comme un message de désespoir. Le Roi avait été renié et rejeté. Il était sur le point de périr. Peut-être était-Il déjà mourant. Serait-Il celui pour qui l'étoile était apparue il y a trente-trois ans ?

Le cœur d'Artaban battait lourdement dans sa poitrine. Il pensa, "Les voies de Dieu sont plus étranges que les pensées des hommes et peut-être vais-je enfin trouver le Roi et être capable de le racheter de Sa mort en donnant mon trésor à Ses ennemis."

Mais comme Artaban se dirigeait vers le Calvaire, il vit une troupe de soldats macédoniens qui descendaient la rue, traînant une jeune femme échevelée et aux vêtements déchirés. Artaban s'arrêta et la femme, échappant à ses bourreaux, se jeta à ses pieds et étreignit ses genoux.

"Aie pitié de moi", s'écria-t-elle, "et sauve-moi pour l'amour du Dieu de pureté. Mon père était aussi un Mage mais il est mort et je vais être vendue comme esclave pour payer ses dettes."

Artaban frémit devant l'ancien conflit qui renaissait dans son âme. Il revivait ce qu'il avait vécu dans le bosquet de palmiers à Babylone et dans la maison de Bethléem. Par deux fois le présent qu'il destinait au Roi avait été retiré de ses mains pour le service de l'humanité. Allait-il échouer une fois de plus ? Une chose était claire, il devait sauver du mal cette malheureuse enfant.

Il sortit la perle de son sein. Jamais elle n'avait brillé avec autant d'éclat, lumineuse et radieuse, pleine de tendresse et d'un lustre vivant. Il la déposa dans la main de l'esclave et dit, "Ma fille, voilà ta rançon. C'est le dernier trésor que j'espérais garder pour le Roi".

Il parlait encore lorsque le ciel s'assombrit et que la terre se mit à trembler.

Les maisons étaient secouées. Les soldats fuyaient terrorisés. Artaban se mit à l'abri d'un mur. Qu'avait-il à craindre ? Qu'avait-il à espérer ? Il avait donné le dernier de ses tributs pour le Roi. Sa quête prenait fin et il avait échoué. Quelle importance à présent ? Un dernier soubresaut de la terre qui tremblait détacha du toit une tuile qui l'atteignit à la tempe. Il gisait pâle et défait sur le sol. La jeune femme qu'il venait de sauver se pencha sur lui craignant qu'il ne soit mort. Puis une petite voix se fit entendre dans l'ombre. C'était comme une musique lointaine. Les notes étaient claires, mais la jeune femme ne pouvait pas comprendre les paroles.

Artaban se mit à remuer les lèvres comme pour répondre et elle l'entendit qui disait, "Non Seigneur, car quand m'est-il arrivé de Te voir étranger, et de t'accueillir ? Ou nu, et de Te vêtir ? Malade ou prisonnier et je suis venu Te voir ? Il y a trente-trois ans que je Te cherche, mais je n'ai jamais vu Ton visage et je ne t'ai jamais soigné, ô mon Roi."

Il s'interrompit et la douce voix reprit. Et à nouveau la jeune fille l'entendit, faiblement et comme venant de loin. Mais cette fois-ci, elle comprenait les paroles qui disaient, "En vérité, je te le dis, dans la mesure où tu l'as fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que tu l'as fait."

Un calme rayonnement d'émerveillement et de joie illuminait le visage d'Artaban comme un long et dernier soupir s'exhalait doucement de ses lèvres. Son voyage prenait fin. Ses trésors étaient agréés.

L'autre Roi mage avait trouvé le Roi.

 

LA NUIT DE NOEL

par le père Segundo Llorente, SJ

Un prêtre m'a raconté ce qui lui était arrivé un jour dans sa première paroisse. Après la messe de minuit, le jour de Noël, il ferma lui-même les portes de l'église. Les clés en poche, il entra chez lui pour une bonne nuit de sommeil. Le lendemain matin, il se leva à 7 h 30 et retourna à l'église pour une heure de prière. Il ouvrit la porte de côté conduisant à la sacristie, alluma et ouvrit quelques lumières dans l'église. En ouvrant la porte de la sacristie pour pénétrer dans l'église, il demeura figé sur place. Presque tous les bancs de l'église étaient occupés par des étrangers pauvrement vêtus et qui gardaient tous un silence absolu. Il n'y eut pas le moindre mouvement parmi eux ni même un regard en sa direction. Un petit groupe se tenait devant la crèche et contemplait la mangeoire dans un silence total.

Le prêtre se remit rapidement et demanda à voix haute comment ils étaient rentrés ? Personne ne répondit. Il s'approcha et demanda encore une fois qui les avait laissés rentrer? Une femme lui répondit d'un air imperturbable, "Il se passe des choses étranges la nuit de Noël", et le silence régna à nouveau. Le prêtre alla vérifier la porte et la trouva fermée à clef comme il l'avait laissée. Bien déterminé à éclaircir les faits il se retourna vers les bancs, mais ils étaient vides. Tous avaient disparu.

Il garda quelque temps cette énigme pour lui. Puis, n'y tenant plus, il me raconta ce que je viens de vous dire. Pouvais-je lui donner une explication plausible ? Je m'empresse de dire que le prêtre en question est parfaitement sain d'esprit et aussi cultivé que la plupart des prêtres que je connais, sinon plus.

Mon explication fut la suivante et je la maintiens: ces gens étaient des morts qui faisaient leur purgatoire, ou une partie de leur purgatoire, dans l'église. Il est raisonnable de penser que nous expions nos péchés là où nous les avons commis. Ces gens observaient un silence absolu. Pourquoi ? Considérez les irrévérences commises devant le Saint Sacrement. Comment les gens se conduisent à l'église; ils bavardent, pouffent de rire, regardent autour d'eux. Après la messe, certains se regroupent parmi les bancs et font de l'église une place du marché sans égard à la Présence réelle du Christ dans le Tabernacle. Pourquoi ont-ils disparu ? Ils n'ont pas disparu. Ils sont simplement devenus invisibles, mais ils sont restés rivés à leur banc, incapables de prononcer une seule parole afin de racheter leur bavardage irrespectueux lorsqu'ils étaient vivants.

Le Saint Sacrement n'est pas un sujet de plaisanterie. Il y a un prix à payer pour tout ce que nous faisons et disons. À la fin, c'est Dieu qui a le dernier mot – pour ainsi dire. Ces gens avaient à rendre au Saint Sacrement l'adoration et le respect que mérite le Christ. Pour combien de temps ? Dieu seul le sait. Pourquoi le prêtre les a-t-il vus ? Pour qu'il puisse prier pour eux et pour toutes les âmes encore détenues dans les autres églises. Pourquoi d'autres prêtres ne voient-ils pas ces gens ? Eh bien, peut-être savent-ils déjà en théorie que des âmes peuvent être détenues dans des églises aussi bien que partout ailleurs, et qu'ils n'ont pas besoin d'un miracle.

Pourquoi étaient-ils pauvrement vêtus ? Pour expier leur vanité lorsqu'ils étaient vivants. Les gens utilisent parfois leurs vêtements non tant pour couvrir leur nudité que comme symbole d'un statut social pour impressionner les autres; mais Dieu n'est pas impressionné par, disons, les manteaux de vison. Il y a aussi des gens qui viennent à l'église presque sans rien sur le dos. L'été, il n'est pas rare de voir des gens – surtout des femmes – qui reçoivent la sainte Communion dans des tenues très indécentes. Le curé de la paroisse peut s'en accommoder ou non, mais Dieu leur en demandera justice un jour. Des guenilles seraient une punition appropriée pour de tels excès.

LE MYSTÈRE DE L'ESCALIER TOURNANT

Vers la fin des années 1800, les Sœurs de Notre-Dame de la Lumière de Loretto, à Santa Fe, Nouveau-Mexique, au sud-est des États-Unis, ont engagé des charpentiers mexicains pour construire une chapelle gothique sur le modèle de la Sainte-Chapelle, à Paris. Œuvre de l'architecte Mouly, cette structure fut érigée en cinq ans au coût de 30.000$. Elle mesurait 23 m de long, 8 m de large et 25 m de haut.

La chapelle était presque terminée lorsqu'on s'aperçut d'une erreur, ou d'un oubli. Il n'y avait aucun moyen d'accéder au jubé à l'arrière. Plusieurs maîtres charpentiers furent appelés sur les lieux, mais leur réponse fut toujours que la hauteur du jubé empêchait la construction d'un escalier dans la chapelle elle-même – cela prendrait trop d'espace dans la nef. Il fallait donc utiliser une échelle ou reconstruire complètement le jubé.

Les sœurs étaient naturellement très déçues, mais nullement découragées. Elles décidèrent de confier à saint Joseph, dont la fête approchait, ce dilemme humainement insoluble. Elles commencèrent une neuvaine en son honneur.

Au dernier jour de la neuvaine, un homme aux cheveux gris conduisant une mule qui portait un coffre à outils s'arrêta devant la porte de l'Académie et demanda à parler à sœur Magdelene, la supérieure du couvent à l'époque. L'homme offrit de construire l'escalier. Ravie, sœur Magdelene accepta immédiatement son offre.

La construction de l'escalier dura environ six mois. Quelques sœurs qui ont vu le mystérieux ouvrier à l'œuvre ont remarqué qu'il n'utilisait qu'une scie, une équerre et un marteau. Elle se souvenaient d'avoir vu des baquets remplis d'eau où trempaient des pièces de bois. D'où lui venait ce bois, elle l'ignoraient. Le marchand de bois de l'endroit n'avait aucune facture pour le bois utilisé. Le travail terminé, lorsque sœur Magdelene voulut rémunérer cet ouvrier, il demeura introuvable. On offrit une récompense, mais personne ne vint la chercher.

Pourquoi dit-on que cet escalier est merveilleux ? L'ouvrage est un escalier circulaire de trente-trois marches formé de deux spirales de 3600, sans aucun appui central. Il ne repose que sur le jubé et s'appuie sur le sol qui semble supporter tout le poids. Les clous sont remplacés par des chevilles de bois.

Au cours des années, nombreux sont les architectes et les constructeurs de pays étrangers qui sont venus inspecter cette merveille architecturale. Tous s'émerveillent de voir que l'escalier est toujours bien en place, alors qu'on l'emprunte chaque jour de puis plus d'un siècle.

Plusieurs experts en matériaux de construction affirment que les limons incurvés ont été installés avec précision. Le bois est abouté en sept endroits différents à l'intérieur et neuf à l'extérieur, et chaque pièce épouse une forme parfaite. De plus, il s'agit d'un bois dur d'une variété inconnue au Nouveau-Mexique. Son origine demeure un mystère.

Certains, après avoir escaladé l'escalier jusqu'au jubé, disent ressentir une certaine élasticité verticale lorsqu'ils montent ou descendent, comme si les cercles de 3600 étaient sortis d'un grand ressort hélicoïdal.

Le constructeur de ce merveilleux escalier miraculeux est-il saint Joseph ? Les  Sœurs de l’Académie de Loretto sont bien certaines qu'il est la réponse à leurs prières confiantes à saint Joseph, glorieux Époux de la Vierge Marie, modèle des travailleurs et consolateur des affligés. Si ce n'était pas lui, quel était donc ce mystérieux étranger qui, avec quelques outils, a construit cette énigme ?

LA CHASSE AU DUVET DE CHARDON

Une femme se confessa un jour en s’accusant de commérage. À sa grande surprise, le prêtre lui demanda d’aller cueillir un chardon et de semer à tout vent son duvet, puis de revenir le voir. Elle s’exécuta, tout en se demandant pourquoi le prêtre lui avait demandé de faire une chose aussi bizarre; mais sa pénitence ne faisait que commencer car le prêtre, au lieu de lui donner l’absolution, lui dit alors: "Le duvet de chardon s’est maintenant répandu tout comme vos ragots. Ma fille, allez donc ramasser le duvet de chardon!"

Il est si facile de ne pas faire attention à nos paroles et nous sommes tellement portés à parler de façon irréfléchie.

Quelqu'un me dit un jour, "J’aime bien Mme Untel! Elle a l’air si gentille." "Euh... oui ", ai-je répondu. "Il y a longtemps que je la connais... " et je laissai mon interlocuteur se demander ce que je savais au sujet de Mme Untel... Je n'avais rien dit contre elle, mais elle se trouvait condamnée par des éloges qui manquaient de ferveur et une graine de chardon s’était envolée au vent.

Heureusement, j’ai compris à temps ce que j’avais fait et j’ai pu immédiatement écraser cette fleur de chardon avant que le vent n’en répande le duvet à tous les vents, sinon, j’aurais eu toute une chasse en perspective.

Le commérage n’est pas seulement l’affaire des commères. Absolument pas! Un homme se plaignait un jour de certaines choses que l’on avait dites à propos de sa femme. "Ces femmes, quelles maudites commères!" s’écriait-il. "Elles passent leur temps à critiquer leurs voisines qui valent cent fois mieux qu’elles. Mme Untel va partout répandre ses ragots au lieu de s’occuper de ses enfants. Pauvres petits, à les voir, ils ont l’air bien mal nourris. Son ménage n’est jamais fait et quant à son caractère, tout le monde sait ..." et il s’est lancé dans un compte rendu détaillé d’un événement qui semblait réellement compromettant par la façon dont il le rapportait. Je me répétais à moi-même sa première remarque en remplaçant le mot femmes par le mot hommes, juste pour voir comment ça sonnerait.

Nous disons parfois des choses blessantes sans nous en rendre compte; nous répétons des choses désagréables dans un esprit de vengeance ou par autodéfense pour montrer que nous ne sommes pas plus mauvais que les autres, et la brise ramasse les ragots sortis de toutes ces bouches pour les disperser aux quatre coins du globe. Quelle récolte de chardons cela promet!

Si nous étions obligés de ramasser toutes ces graines avant qu’elles n’aient le temps de germer, comme a dû le faire la femme de notre histoire, j’ai bien peur que nous serions encore beaucoup plus occupés que nous ne le sommes.

L’histoire de Michael

La lettre suivante a été écrite par un jeune Marine à sa mère alors qu’il était hospitalisé après avoir été blessé au combat, en Corée, en 1950. Cette lettre est venue entre les mains d’un aumônier de la Marine de guerre qui l’a lue devant 5.000 Marines, à une base navale de San Diego, en 1951.

L’aumônier avait parlé au jeune homme, à sa mère et au sergent qui commandait la patrouille. Cet aumônier, le père Walter Muldy, certifiait à tous ceux qui lui posaient la question que cette histoire était vraie.

Au cours des années soixante, on lisait cette lettre une fois par an, à Noël, sur les ondes d’une station de radio du Midwest. Nous vous la présentons maintenant pour que vous en jugiez vous-même.

Ma chère Maman,

Je n’oserais jamais écrire cette lettre à quelqu’un d’autre que toi, parce que personne ne voudrait me croire. Peut-être même que toi aussi tu trouveras ça difficile à croire, mais il faut que je le dise à quelqu’un.

Pour commencer, je suis à l’hôpital. Mais ne t’inquiète pas, tu m’entends, ne t’inquiète pas. J’ai été blessé mais je vais bien, O.K. Tu comprends, je vais bien. Bon. Le médecin m’a dit que je serai debout dans un mois.

Mais ce n’est pas ça que je veux te raconter.

Tu te souviens, quand je me suis engagé dans les Marines, l’année dernière; tu te souviens quand je suis parti, que tu m’as dit de réciter une prière à saint Michel tous les jours. C’était pas la peine de me le dire parce que, d’aussi loin que je me souvienne, tu m’as toujours dit de prier saint Michel Archange. Tu m’as même donné son nom. Eh bien, je l’ai toujours fait.

En arrivant en Corée, j’ai même prié encore plus fort.

Tu te souviens la prière que tu m’as apprise ?

" Michael, Michael of the morning, fresh corps of Heaven adorning ", tu connais la suite. Eh bien, je l’ai récitée tous les jours. Parfois en marchant et quelquefois pendant les haltes, mais toujours avant de m’endormir. Je l’ai même apprise à quelques copains.

Bon, eh bien, un jour, je faisais partie d’une patrouille de reconnaissance en territoire ennemi, bien en avant des lignes. On avançait péniblement et il faisait très froid. Mon haleine, on aurait dit de la fumée de cigare.

Je croyais connaître tous les gars de la patrouille, mais un Marine que je n’avais jamais vu auparavant est venu marcher à côté de moi. C’était le plus grand Marine que j’avais jamais vu. Il faisait au moins 1 m 90 et il était bâti à l’avenant. Je me sentais rassuré d’avoir un type comme ça à côté de moi.

En tout cas, on continuait à marcher. Le reste de la patrouille s’est déployé. Juste pour amorcer la conversation, j’ai dit, " Fait froid, hein ", et puis j’ai ri. J’étais là à risquer de me faire tuer d’une minute à l’autre et je lui parlais du temps qu’il faisait.

Il a semblé comprendre. Je l’ai entendu rire doucement.

Je l’ai regardé et j’ai dit : " Je t’ai jamais vu avant. Je croyais connaître tout le monde dans cette unité ".

Il a dit, " Je me suis engagé à la dernière minute. Je m’appelle Michael. "

Surpris, j’ai répondu, " Ah oui, moi aussi je m’appelle comme ça. "

Il a dit, " Je sais ", et il a ajouté, " Michael, Michael of the morning... "

J’étais si étonné que je suis resté sans rien dire pendant une minute. Comment pouvait-il savoir mon nom et cette prière que tu m’avais apprise ? Après quoi je me suis dit en souriant que tous les gars me connaissaient dans l’unité. J’avais appris cette prière à tous ceux qui voulaient l’entendre. Y en a même qui m’appelaient saint Michel!

On est restés sans rien dire un moment, puis il a brisé le silence. " On va bientôt avoir des ennuis. "

Il devait être en excellente forme, ou alors il respirait si doucement que je n’entendais même pas sa respiration. Moi, ça sortait en gros nuages. Il ne souriait plus maintenant. On va avoir des ennuis! Je me disais, ouais, comme on est entourés par les communistes, c’est pas vraiment une grande nouvelle.

La neige a commencé à tomber à gros flocons. Bien vite, on ne pouvait plus rien voir devant soi et j’avançais dans un brouillard blanc de particules mouillées et collantes. Mon compagnon a disparu de ma vue.

Soudain inquiet, j’ai crié, "Michael!"

J’ai senti sa main sur mon bras. Sa voix était riche et forte, " Ça va bientôt s’arrêter ".

Il avait raison. Après quelques minutes, la neige a cessé aussi rapidement qu’elle avait commencé. Le soleil étincelait.

Je me suis retourné pour voir où était le reste de la patrouille. Il n’y avait plus personne en vue. On les avait perdus dans la bourrasque. On arrivait sur une petite montée et j’ai regardé devant moi.

Maman, mon cœur s’est arrêté net. Ils étaient sept. Sept soldats communistes avec leurs vestes et leurs pantalons matelassés et leurs drôles de petits chapeaux. Mais il n’y avait rien de drôle à ce moment-là. Les sept fusils étaient braqués sur nous.

J’ai crié " Couche-toi, Michael ", et je me suis jeté à terre.

J’ai entendu les coups de feu tirés presque en même temps. Les balles sifflaient. Michael était toujours debout.

Maman, ces types ne pouvaient pas le manquer, pas à cette distance. Je m’attendais à le voir se faire déchiqueter en morceaux.

Mais il était là, sans même essayer de tirer. Il était paralysé par la peur. Ça arrive parfois, maman, même aux plus braves. Il était comme un oiseau fasciné par un serpent.

En tout cas, c’est ce que je pensais. Alors je me suis levé pour le tirer par terre, et c’est là que j’ai été touché. J’ai senti comme une brûlure dans ma poitrine. Je m’étais souvent demandé ce qu’on ressentait quand on est touché. Maintenant, je sais.

Je me souviens d’avoir été porté par des bras solides, des bras qui m’ont déposé très doucement sur un coussin de neige. J’ai ouvert les yeux, pour un dernier regard. J’étais en train de mourir. J’étais même peut-être déjà mort et je me souviens d’avoir pensé, eh bien, c’est pas si terrible.

Peut-être que je fixais le soleil. Ou alors c’était le choc, mais il m’a semblé voir Michael debout à nouveau. Mais cette fois, il avait le visage illuminé d’une splendeur terrible.

Comme je te dis, peut-être que j’avais le soleil dans les yeux, mais Michael avait l’air de changer pendant que je le regardais. Il devenait plus grand, ses bras s’étiraient. C’est peut-être parce que la neige recommençait à tomber mais il était entouré de lumière, comme les ailes d’un ange. Et il avait une épée à la main, une épée qui resplendissait de millions d’éclats.

Eh bien, c’est la dernière chose dont je me souviens avant que les copains me retrouvent. Je ne savais pas combien de temps avait passé. De temps en temps la douleur et la fièvre me laissaient un moment de répit. Je me souviens de leur avoir dit que l’ennemi était juste devant nous.

J’ai demandé, " Où est Michael ? "

Je les ai vus qui se regardaient. " Où est qui ? ", a demandé quelqu’un.

" Michael, Michael, le grand Marine qui marchait à côté de moi juste avant qu’on entre dans la rafale de neige. "

" Mon gars ", dit le sergent, " Y a personne qui marchait à côté de toi. Je t’ai jamais perdu de vue. Tu t’en allais trop loin. J’allais t’appeler au moment où t’as disparu dans la bourrasque. "

Il m’a regardé d’un air curieux. " Mais comment t’as fait ça, mon gars ? "

" Comment j’ai fait quoi ? " J’étais presque en colère malgré ma blessure. " Ce Marine, Michael, et moi on allait juste... "

" Mon gars ", dit doucement le sergent, " c’est moi qui ai choisi les hommes de cette unité, et y a pas d’autre Michael que toi. T’es le seul Michael ici. "

Et après avoir attendu une minute, " Mais comment t’as réussi à faire ça, mon gars? On a entendu des coups de feu. Y a pas un seul coup de feu qui a été tiré avec ton fusil et y a pas un gramme de plomb dans les sept corps qui sont couchés là, derrière la colline. "

Je n’ai rien répondu. Qu’est-ce que j’aurais pu dire? Je restais là, bouche bée et stupéfait.

C’est le sergent qui a repris la parole en disant doucement, " Mon gars, les sept soldats communistes qui sont là ont tous été tués par un coup d’épée ".

C’est tout ce que je peux te dire, maman. Encore une fois, c’était peut-être le soleil dans mes yeux; c’était peut-être le froid, ou la douleur, je ne sais pas, mais c’est ce qui est arrivé.

Gros baisers, Michael



La première bilocation de Padre Pio

Comme vous le savez peut-être déjà, padre Pio, ce pieux prêtre capucin franciscain de San Giovanni Rotondo, en Italie, qui portait les stigmates, sera béatifié le 2 mai prochain par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II. En 1962, un cancer avait été diagnostiqué chez Wanda Poltawaska, une célèbre femme médecin polonaise et grande amie du cardinal Wojtyla (ce qu’il était alors). Une grosse tumeur s’était développée et les médecins avaient perdu tout espoir. Wojtyla s’est alors tourné vers le padre Pio pour lui demander d’aider Poltawaska. Le matin suivant, la tumeur avait disparu. Wanda Poltawaska s’est rétablie et cet événement est à l’origine du procès en sanctification de Padre Pio.

Padre Pio et entré dans la vie éternelle le 23 septembre 1968, et de nombreux miracles, à la fois physiques et spirituels, lui ont été attribués depuis cette date. La première partie de cet article est une lettre écrite en 1905 par le padre, alors frère Pio, à son directeur spirituel concernant sa première bilocation.

" Il y a quelques jours, le 18 janvier 1905, il m’est arrivé quelque chose de très inhabituel. Alors que j’étais dans l’église avec le frère Anastasio, vers 23 h, je me suis soudainement retrouvé dans une maison lointaine où un homme était en train de mourir et où une petite fille venait de naître. La Très Sainte Vierge Marie m’est apparue et a dit : ‘Je te confie cette créature. Elle est un précieux joyau qui n’a pas encore été poli. C’est à toi de travailler sur elle en la polissant pour la rendre aussi brillante que possible, parce que je veux un jour en faire ma parure’.

‘Comment cela est-il possible ?’ lui demandai-je, ‘alors que je ne suis encore qu’un pauvre étudiant qui ne sait même pas s’il aura la joie de devenir prêtre un jour ?’ Notre-Dame répondit : ‘Ne doute pas. C’est elle qui viendra à toi, mais tu la rencontreras premièrement à Saint-Pierre.’ Et immédiatement après, je me suis trouvé de nouveau dans l’église. "

En lisant cela aujourd’hui, on pourrait raisonnablement penser à une hallucination ou un rêve pendant la veillée de prière d’un jeune étudiant religieux surmené, mais l’histoire a une suite. Des années plus tard, des événements sont venus confirmer la vérité et la réalité de cette visite extra-muros du frère Pio.

Aucun prêtre ne devait entrer

Dans la ville d’Udine, à quelque quatre-vingts km au nord-ouest de Venise, une petite fille venait au monde dans une riche famille. Dans une chambre à coucher à l’étage, le père, Giovanni Battista Rizzani, se mourait. C’était un franc-maçon convaincu et toutes les précautions avaient été prises pour empêcher qu’un prêtre n’entrât dans la maison. Quelques heures avant sa mort, son épouse Leonilde, catholique pratiquante, agenouillée à son chevet, priait pour obtenir une conversion de dernière minute. Elle attendait un enfant.

Soudain, elle eut le sentiment d’une autre présence dans la chambre. Levant les yeux, elle aperçut un jeune capucin debout à côté du lit. Dès qu’elle le vit, il quitta la chambre. Elle le suivit, mais seulement pour le voir apparemment se volatiliser devant elle alors qu’il marchait le long du corridor. À l’extérieur, un chien hurlait, signe annonciateur dans ces régions d’une mort imminente.

Troublée par ce qu’elle venait de voir et par ce chien qui ne cessait de hurler à la mort, elle descendit dans la cour pour détacher le chien de garde. Elle fut prise de violentes contractions et cria pour appeler un domestique. Il arriva en courant et put l’aider à accoucher d’une petite fille, née cinq semaines avant terme. Leonilde, le bébé dans les bras et continuant elle-même à perdre du sang, remonta dans la chambre et déposa l’enfant sur le lit à côté de son mari agonisant.

Ils formaient un rempart

Plus tard, le gardien de la loge raconta qu’un prêtre de la paroisse avait un moment essayé de pénétrer dans la maison, mais qu’il en avait été empêché par les amis francs-maçons de Rizzani qui formaient un cordon devant l’entrée. Lorsqu’on apprit qu’un enfant venait de naître, le prêtre dit au blocus maçonnique, " Vous pouvez empêcher un prêtre de venir assister un mourant, mais vous ne pouvez m’interdire d’entrer pour baptiser l’enfant ".

Après quoi ils le laissèrent passer. Il trouva la mère et l’enfant avec le mourant qui ouvrit les yeux, aperçut le prêtre et s’écria, " Mon Dieu, mon Dieu, pardonnez-moi ! " Le prêtre put alors donner l’extrême-onction à Rizzani qui sombra ensuite dans le coma et, réconcilié avec Dieu et l’Église, il mourut le matin suivant.

Elle le rencontre sans le connaître

Tout ceci a été confirmé des années plus tard lorsque Giovanna, jeune fille alors âgée de dix-huit ans, visita San Giovanni Rotondo avec quelques amis en 1923. Mais elle devait rencontrer padre Pio incognito avant cela.

Après la mort de son mari, Leonilde Rizzani déménagea à Rome avec sa fille. À l’été de 1922, Giovanna, accompagnée de quelques amies, décida d’aller se confesser à la basilique Saint-Pierre. Elle voulait poser quelques questions au prêtre concernant certains doutes qu’elle avait au sujet de la foi.

Lorsqu’elle arriva à la basilique avec ses compagnes, un bedeau leur dit qu’on allait bientôt fermer les portes et qu’elles feraient mieux de revenir le jour suivant. Elle répondit qu’elle n’en aurait pas pour très longtemps et qu’elle voulait simplement aller se confesser puis partir. Le bedeau lui dit en ronchonnant un peu que tous les prêtres étaient partis, mais elle entra malgré tout.

La jeune fille vit un capucin entrer en hâte dans un confessionnal dans la partie gauche de la basilique et Giovanna alla immédiatement vers lui pour lui parler de ses problèmes. Très simplement et en quelques mots le prêtre répondit à ses questions et put éclaircir les doutes qu’elles avaient concernant la doctrine de la Sainte Trinité.

Lorsqu’elle eut terminé, elle sortit pour embrasser la main du prêtre, selon la coutume, lorsqu’il quitte le confessionnal. Mais il ne sortait pas. Elle attendit patiemment avec ses amies et le bedeau vint leur dire qu’il était temps de partir car on allait fermer l’église.

Elles lui expliquèrent qu’elles voulaient simplement saluer le prêtre avant son départ. Le bedeau commençait à s’impatienter et il répéta ce qu’il leur avait dit, que tous les confesseurs étaient déjà partis. Les jeunes filles l’assurèrent poliment qu’il y en avait encore un ici puisque Giovanna venait justement de se confesser à lui. L’homme ouvrit alors la porte du confessionnal pour confirmer ce qu’il disait. Le confessionnal était vide.

L’année suivante, en 1923, Giovanni avait dix-huit ans lorsqu’elle entendit parler de padre Pio et elle se rendit avec quelques amies à San Giovanna Rotondo. Lorsque padre Pio apparut dans le corridor de la confrérie, il se dirigea droit vers elle parmi tous ceux qui attendaient pour lui baiser la main, et il dit, " Je vous connais. Vous êtes née la nuit où votre père est mort ". La jeune fille était stupéfaite et se demandait comment ce moine pouvait savoir cela.

Je vous attendais

Le lendemain, elle alla au confessionnal de padre Pio et il lui dit, " Mon enfant, il y a des années que je vous attends ". Giovanna hasarda qu’il pensait peut-être à quelqu’un d’autre et que c’était la première fois qu’elle venait à San Giovanna Rotondo et qu’elle le rencontrait. Il lui demanda, " Te rappelles-tu avoir cherché un confesseur à Saint-Pierre ? " Il lui dit qu’il était allé en bilocation pour l’entendre en confession ce jour-là, tout comme la Vierge Marie le lui avait annoncé.

Le compte rendu écrit a été gardé

À cette époque, en 1923, le père Agostino était Gardien de la confrérie de San Giovanna Rotondo. Il avait soigneusement conservé le compte rendu écrit du jeune frère Pio datant de 1905, et il le montra ensuite à Giovanna. Elle put se convaincre que le récit de la nuit de sa naissance à Udine était exact, et elle revint voir padre Pio la même année avec sa mère.

Il a été sauvé par ses prières

Lorsque padre Pio rencontra Leonilde, il lui dit, " Madame, le petit frère que vous avez aperçu le long du corridor de votre demeure à Udine, lorsque votre mari était mourant, c’était moi ". Il l’assura que son mari était sauvé et que, de plus, la Madone lui était apparue lorsqu’il était dans la maison à Udine et lui avait dit que Jésus lui avait pardonné tous ses péchés lorsqu’elle était intervenue en sa faveur.

Giovanna devint la " fille spirituelle " de padre Pio et lui demanda ce qu’elle devait faire et s’il fallait qu’elle devienne religieuse. Il lui dit que ce n’était pas sa vocation; elle se maria pour devenir la marquise Boschi de Casena et elle eut des enfants.

Elle a entendu son appel

Elle resta l’enfant spirituel de padre Pio et affirma qu’à ses derniers jours, elle l’entendit l’appeler pour lui dire de venir en hâte au monastère. Elle se dépêcha d’y aller et se confessa une dernière fois à padre Pio qui lui dit qu’il mourrait dans quelques jours. Elle alla même jusqu’à affirmer qu’elle était présente le jour de sa mort.

Mais les femmes ne sont pas admises dans le cloître ni dans les cellules des frères, et les supérieurs de padre Pio, après ses funérailles, ont naturellement reçu son affirmation avec scepticisme. Ils avaient également appris que toutes sortes de gens rapportaient toutes sortes d’événements à propos de padre Pio, mais lorsque Giovanna eut décrit dans les moindres détails la cellule de padre Pio (alors qu’aucune photo n’avait été prise) ainsi que le minutage de tous les événements qui ont entouré sa mort, ils furent bien obligés de croire ce qu’elle disait.

Déclarations sous serment des événements

Les déclarations sous serment de tous ces événements sont incluses dans la Cause de béatification de padre Pio, et le Tribunal diocésain qui fait enquête sur la Cause a noté que les comptes rendus qu’elle a donnés sous interrogatoire concordent de façon exacte avec ce que padre Pio avait écrit en 1905.

PETITE PARABOLE POUR LES MÈRES

La petite Mère s'engagea sur le chemin de la Vie. "La route est-elle longue?", demanda-t-elle. "Oui, répondit son Guide. Et la voie est dure. Et tu seras vieille avant d'arriver au bout. Et la fin sera meilleure que le commencement. "

Mais la jeune Mère était heureuse et elle ne voulait pas croire que son bonheur puisse être dépassé. Elle continua donc à jouer avec ses enfants et à prier pour eux. Elle leur cueillait des fleurs le long du chemin, les baignait dans l'eau claire des ruisseaux, et le soleil les réchauffait. La vie était belle et la jeune Mère s'écria, "Rien ne sera jamais aussi merveilleux que cela/"

La nuit vint, et avec elle une tempête. La route s'assombrit et les enfants tremblaient de peur et de froid. La Mère les couvrit de son manteau et les enfants lui dirent, "Oh Mère, nous n'avons pas peur, car tu es près de nous et nous savons que rien ne peut nous arriver." Et la Mère répondit, "Voilà qui est plus beau que la clarté du jour, car j'ai enseigné le courage à mes enfants/"

Puis vint le matin, et il y avait une colline devant eux, et les enfants montaient la côte et se fatiguaient, et la Mère était fatiguée, mais à chaque pas elle répétait aux enfants, "Encore un peu de patience et nous y arrivons!" Et les enfants montaient, et lorsqu'ils arrivèrent en haut, ils dirent: "Nous n'aurions pas pu y arriver sans toi, Mère!" Et cette nuit-là, avant de s'endormir, la Mère regarda les étoiles et dit: "Cette journée fut encore meilleure que la précédente, car mes enfants ont appris à être forts devant l'adversité." Hier, je leur ai donné le courage. Aujourd’hui, je leur ai donné la force. "

Le jour suivant, des nuages inquiétants assombrirent le ciel - des nuages de haine, de guerre et de mort, et les enfants avançaient à tâtons et trébuchaient sur le chemin, et la Mère dit: "Levez les yeux! Regardez en haut vers la lumière!" Et les enfants élevèrent leur regard et aperçurent la Gloire Éternelle au-delà de nuages, et elle les guidait et ils purent traverser les ténèbres. Et cette nuit-là, la Mère pensa: "Voilà la meilleure journée de toutes, car j'ai montré Dieu à mes enfants!"

Et les jours passèrent, et les semaines et les mois et les années, et la Mère devint vieille, et elle était fragile et courbée. Mais les enfants étaient grands et forts, et avançaient avec courage. Et lorsque la route était difficile, ils aidaient leur mère; et lorsque le chemin était rude, ils la portaient, car elle était légère comme une plume; et ils arrivèrent enfin sur une colline, et par-delà cette colline, ils pouvaient voir le ruban scintillant d'une route et des grilles dorées qui s'ouvrirent toutes grandes!

Et la Mère dit: "Je suis arrivée au terme de mon voyage! Et je sais à présent que la fin est meilleure que le commencement, car mes enfants peuvent avancer seuls, et leurs enfants après eux!"

Et les enfants dirent: " Tu seras toujours auprès de nous, Mère, même lorsque tu auras franchi ces grilles!"

Et ils la regardèrent s'avancer seule, et les grilles se refermèrent derrière elle. Et ils dirent: "Nous ne pouvons la voir, mais elle est encore avec nous. Une Mère comme la nôtre est plus qu'un souvenir. Elle est une Présence Vivante/"

Père Pokorny



LA PREMIÈRE COMMUNION D’IMELDA

C'était en l'année 1331.

"Entrez!", répondit la Mère Supérieure du couvent des Sœurs Dominicaines à la personne qui avait discrètement cogné à la porte.

La grande porte médiévale s'ouvrit solennellement en grinçant doucement et la Soeur portière eut alors un air à la fois ennuyé et amusé.

"Eh! Elle est encore de retour, ma Révérende Mère."

"La petite Imelda Lambertini ?"

"Oui. Elle supplie de nouveau qu'on l'admette au couvent. Je dois reconnaître que cela devient difficile de résister à ces grands yeux innocents, si émouvants, qui implorent avec tant de sérieux."

"Mais ma Sœur, elle n'a que neuf ans! En cette ville de Bologne, ou n'importe où en Italie, d'ailleurs, a-t-on jamais vu une chose pareille? Une religieuse de neuf ans ? Si nous devions la recevoir...mais comment le pourrions-nous ? De toute façon, elle s'ennuierait de chez elle dans trois jours... Bon! laissez-moi la voir."

La Révérende Mère se leva et marcha dans le long corridor voûté avec la sœur portière pour se rendre à la salle de réception. En y entrant, une fillette se leva respectueusement.

Elle était une belle petite fille, et admirablement bien vêtue.

Imelda Lambertini appartenait à une famille de la haute noblesse de Bologne, en Italie. Son père était le comte Egano Lambertini. Ses parents étaient très pieux et aimaient leur fille plus que n'importe quoi en ce monde. Cependant, ils avaient toujours remarqué que Imelda, même si elle le leur rendait bien en les aimant de tout son cœur, ne semblait pas faite pour ce monde.

Souvent, quand sa mère s'inquiétait de son absence, elle finissait par la trouver dans un coin reculé de leur splendide propriété, à genoux et profondément plongée dans la prière. Sa mère devait l'appeler par son nom à plusieurs reprises pour qu'elle réponde enfin, comme si elle paraissait sortir d'un profond sommeil.

Chaque fois que quelqu'un parlait de Dieu, ses yeux s'illuminaient et elle écoutait alors avec grande attention. Et comme ses parents l'avaient bien souvent remarqué, quand on parlait de Jésus dans le Saint Sacrement, son visage se transfigurait presque.

"Oh! Maman, implorait-elle, quand vais-je pouvoir faire ma première communion ? Quand vais-je pouvoir recevoir Jésus dans mon cœur ?"

Madame Lambertini lui répondit: "Imelda, tu devras attendre d'avoir douze ans, car l'Église ne permet pas aux enfants de communier avant cela."

Et il en était bien ainsi à l'époque.

Pour Imelda, l'attente semblait interminable! Puisque toutes les autorités terrestres l'empêchaient de faire sa première communion, la fillette se mit à supplier son Jésus bien-aimé de venir à elle le plus tôt possible. Son âme ressentait profondément qu'elle pouvait faire quelque chose en ce sens !

Dans l'intervalle, elle aurait bien voulu faire comme les Sœurs dominicaines du Monastère de Santa Maria Magdalena que ses parents visitaient fréquemment. "Ah ! Si je pouvais demeurer dans la même maison que Jésus !", pensait-elle. "Quel bonheur ce serait !"

Or il advint un jour qu'elle pensa avoir trouvé une solution à son problème. "Pourquoi n'irais-je pas frapper au couvent et demander à être reçue comme novice ? Si je ne peux pas encore Le recevoir, du moins je pourrai rester dans la même maison que Lui et Le servir jour et nuit."

Pour la jeune enfant embrasée d'amour pour son Seigneur, ce dessein était la simplicité même. Elle marcha tout simplement jusqu'au couvent des Dominicaines et frappa. "Ma Sœur, voudriez-vous demander à la Révérende Mère si je pourrais demeurer ici et être une religieuse ?"

"Imelda, ici, nous sommes toutes des religieuses qui ont prononcé leurs vœux. Un jour, tu te joindras probablement à nous, et nous serions heureuses alors de t'avoir avec nous, mais tu dois attendre encore quelques années. Tu as de si bons parents et une si belle maison, mon enfant. N'y es-tu donc pas heureuse ?"

"Oh oui, ma Sœur, très heureuse, mais ici vous avez notre Seigneur !"

"Mais notre vie est très dure. Nous travaillons et prions beaucoup, et même, nous nous levons au milieu de la nuit pour réciter l'Office."

"Oh. ma Sœur, cela ne me ferait rien du tout. Je serai obéissante et heureuse de faire tout ce qu'on me dira. Je vous en prie, ma Sœur !"

Il va sans dire que la réaction de la Mère Supérieure était bien prévisible. Même si, comme toujours, elle voulait être bien bonne envers Imelda, elle devait néanmoins se résoudre à la renvoyer chez elle. Mais Imelda insistait.

Ce jour-là, pourtant, comme la Révérende Mère Supérieure regardait l'enfant qui se tenait debout dans le parloir et qui la regardait d'un air suppliant, sa bonne âme en fut touchée. "Tant d'insistance chez quelqu'un de si jeune, pensa-t-elle en elle-même, je pressens le doigt de Dieu ici. Peut-être bien que je devrais lui permettre d'essayer."

A la grande joie d'Imelda, la Mère Supérieure ne la renvoya pas cette fois-ci et conversa longuement avec elle. Puis elle lui dit que si ses parents en donnaient la permission, elle pourrait être reçue au couvent pour une période d'essai.

Ses bons parents s'en attristèrent mais ne s'en étonnèrent pas. Du fond du cœur, ils ressentaient bien que quelque chose d'extraordinaire arriverait à leur enfant. Cela venait de se produire. Dieu la leur demandait bien tôt, et ils la lui donnèrent comme saint Joachim et sainte Arme qui, un jour, avaient donné au Temple leur fillette de trois ans, si jeune encore, la sainte Marie.

Au couvent, la petite Imelda était comme un poisson dans l'eau. Elle aimait le silence, les longs corridors de marbres avec leurs belles voûtes, les habits blancs et noirs des religieuses, les cantiques, la prière, le travail. Mais par-dessus tout, elle aimait le Tabernacle Elle était enfin sous le même toit que son cher Jésus. Chaque fois que la règle monacale le permettait, elle était agenouillée dans le chœur de la chapelle du couvent, ses grands yeux fixés sur le Tabernacle.

Dans la vie de la communauté, elle était comme un rayon de soleil parmi les nombreuses sœurs adultes. Elles se réjouissaient de l'avoir en leur compagnie, mais la Mère Supérieure les avait prévenues sévèrement de ne pas la gâter. Aussi, en raison de son jeune âge, la Révérende Mère ne voulut pas qu'Imelda participe à tous les actes de la communauté, et encore moins de se lever au milieu de la nuit pour l'Office.

Mais Imelda suppliait qu'on lui permette de tout faire. Alors on ne l'empêcha plus. Ainsi, au milieu de la nuit, les anges qui habitaient ces saints corridors ont certainement dû regarder fixement, émerveillés, la longue file de religieuses en robes blanches, suivie d'une toute petite figure blanche, marchant en silence pour aller réciter les matines.

Deux années s'écoulèrent ainsi. Imelda avait maintenant onze ans.

Dans sa vie de couventine, une seule chose l'attristait. Elle ne pouvait pas encore recevoir notre Seigneur dans le Sainte Communion. En regardant communier les sœurs, son âme brûlait du désir de faire comme elles. De temps à autre, elle ne pouvait retenir ses larmes. Alors elle se mit à implorer ardemment le Ciel d'avoir pitié d'elle et de lui permettre de communier, d'une façon ou d'une autre...

Un jour que les religieuses sortaient en file du chœur, après la Sainte Messe, la dernière de la file se retourna pour regarder la petite figure blanche, encore agenouillée en prière. Imelda restait habituellement plus longtemps, immobile et toute absorbée dans la prière. La communauté s'y était habituée, la laissant faire. Ce fut quasi machinalement que la dernière Soeur se retourna alors pour la regarder un moment et s'émerveiller de cette si étonnante piété eucharistique.

Mais cette fois, la sœur respectueuse se raidit soudainement, figée au plancher. La fillette était agenouillée, la tête penchée comme à l'accoutumée, mais il y avait, suspendue en l'air au-dessus d'elle, une hostie blanche luisant dans une douce lumière !

"Vite, Révérende Mère, revenez! Venez voir!" La communauté tout entière revint précipitamment dans le chœur et, à la vue de cet incroyable spectacle, se mit à genoux.

La Mère Supérieure avait compris. Il ne faisait aucun doute que le Créateur et Seigneur de toutes choses désirait s'unir à cet enfant de onze ans.

Elle appela l'aumônier, qui s'approcha respectueusement avec une patène dorée. Dès qu'il fut près de la fillette agenouillée, l'hostie descendit vers la patène et s'y posa !

Imelda, qui était demeurée entre-temps la tête penchée et les yeux fermés, comme étrangère à tout, releva lentement son visage radieux et ouvrit la bouche. Prenant l'hostie, le Père aumônier lui donna sa première communion. Elle courba de nouveau la tête et resta immobile.

Après un certain temps, la Mère Supérieure s'approcha d'elle. Imelda, mon enfant, c'est le moment de s'en aller maintenant."

Imelda ne répondit pas.

La Mère Supérieure lui parla de nouveau, mais là encore, il n'y eut pas de réponse. Prenant doucement Imelda par les épaules, la bonne religieuse essaya de l'inciter à se lever, mais Imelda tomba dans ses bras. Son visage gardait l'expression d'une béatitude indicible.

Imelda avait dit un jour: "Je ne sais pas comment on peut recevoir notre Seigneur sans mourir." Et voilà qu'elle L'avait reçu et que son petit cœur brûlant d'amour n'avait pas pu supporter cette première rencontre avec Jésus eucharistique. Elle s'en était allée avec Lui.

La petite Imelda Lambertini a été béatifiée en 1826 et a été déclarée patronne des premiers communiants en 1910 par le Pape saint Pie X qui, cette année-là, décréta que les enfants pouvaient faire leur première communion à un âge plus précoce.

Le petit corps incorruptible d'Imelda repose dans un beau reliquaire, dans l'église de saint Sigismondo, à Bologne. La lumineuse expression de béatitude extatique de son beau visage semble dire: "Mon Jésus, c'est ma plus grande récompense."

Le corps miraculeusement incorruptible de la Bienheureuse Imelda Lambertini repose dans l'église de Saint-Sigismondo, à Bologne.

Le Pape saint Pie X permit aux enfants de recevoir la Sainte Communion dès l'âge de raison et proclama Imelda Lambertini patronne des premiers communiants.

GARDEZ VOTRE FOURCHETTE...


Il y avait une dame qui souffrait d'un cancer. Elle était en phase terminale et savait qu'il ne lui restait plus que trois mois à vivre.

Voulant mettre de l'ordre dans ses affaires, elle demanda à son pasteur de venir chez elle pour discuter certaines de ses dernières volontés. Elle lui dit quels cantiques on devait chanter, quels passages de l'Écriture devaient être lus à ses funérailles et dans quelle toilette elle voulait être enterrée. La dame demandait également qu'on l'enterre avec sa Bible préférée.

Tout était en ordre et le prêtre se préparait à partir lorsque la dame se rappela soudain une chose très importante. " Il y a encore quelque chose ", s'exclama-t-elle. " C'est très sérieux : je veux qu'on m'enterre avec une fourchette à la main droite. "

Le pasteur, interloqué, la regardait sans savoir très bien quoi lui répondre. " Cela vous surprend, n'est-ce pas ", dit la dame. " Eh bien, pour être honnête, j'avoue que cette dernière demande m'étonne un peu ", répondit-il. La dame s'expliqua. " J'ai participé bien des fois, dans notre paroisse, à des fêtes et à des banquets, et je me souviens qu'après avoir fini le plat principal il y avait toujours quelqu'un qui lançait : 'Et gardez votre fourchette, le meilleur est encore à venir', comme un gâteau au chocolat velouté ou une succulente tarte aux pommes. En tout cas quelque chose de merveilleux et de substantiel! Alors je veux simplement que lorsque les gens me verront dans mon cercueil avec une fourchette à la main, ils s'interrogent et vous posent la question : " Mais qu'est-ce que c'est que cette fourchette? " Et je veux que vous leur disiez alors : " Gardez votre fourchette... le meilleur est encore à venir. "

Les larmes aux yeux, le prêtre embrassa la dame et prit congé. Il savait qu'il ne la reverrait plus avant sa mort. Mais il savait aussi que cette femme avait compris mieux que lui ce qu'était le Ciel. Elle SAVAIT que quelque chose de meilleur l'attendait.

Aux funérailles, les gens qui s'approchaient de son cercueil la voyaient qui reposait dans sa plus belle robe avec sa Bible préférée et une fourchette à la main droite. Et le pasteur entendit maintes fois la question : " Mais qu'est-ce que c'est que cette fourchette? " Et toujours il racontait en souriant la conversation qu'il avait eue avec cette dame peu de temps avant sa mort. Il leur dit aussi que depuis ce jour, il ne pouvait s'empêcher de penser à cette fourchette et que ce sera probablement leur cas à eux aussi. Il avait raison.

Alors la prochaine fois que vous déposerez votre fourchette, rappelez-vous, oh très gentiment, que le meilleur est encore à venir.

Les amis sont des joyaux précieux. Ils ramènent le sourire sur nos lèvres et nous aident à réussir. Ils nous écoutent, nous réconfortent d'un compliment et sont toujours prêts à nous ouvrir leur cœur.

Montrez à vos amis que vous les aimez. Envoyez cette histoire à tous ceux que vous considérez comme des AMIS, même si vous deviez la retourner à celui qui vous l'a envoyée.

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