Bulletin de la chapelle Ste Famille
Chronique vendéenne.


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N° 295
30/10/2000

Collectivisme ou charité, il faut choisir
       

Notre société est malade. Beaucoup de maladies la rongent comme une peste purulente. Une de ces maladies est causée par l'égoïsme de l'homme : le collectivisme individualiste ou l'individualisme collectiviste. Je me souviens de l’histoire d'un homme qui était veuf, retraité, sans enfants, sans amis, sans activités et de caractère sauvage. Il payait tout par virement automatique. Il recevait sa pension par virement automatique. C'était une fente dans sa porte qui servait de boîte aux lettres : son courrier tombait dans son couloir Il est mort devant sa T.V. dans l’indifférence générale. On l’a retrouvé desséché sur son canapé plusieurs mois après ! Nous vivons dans une société qui tend à faire de nous des fourmis. L'indifférence règne. On manifeste pour de grandes causes et on ne se rend même pas compte que son voisin est mort parce qu'on ne le connaît pas !
        L’individualisme engendre le collectivisme qui lui-même engendre l’individualisme. C'est un cercle vicieux. Dans les fameux Droits de l’homme, quel est cet homme  Un être parachuté adulte dans la vie, vivant seul, pour soi-même, et mourant oublié de tous. Pas de parents, pas de famille, pas de descendants, pas de village, pas de Patrie ! Un pion dans une masse indifférente qui respecte les droits des autres pour que les autres respectent les siens et qui mène sa chienne de vie sans savoir pourquoi il vit.
        L'individualisme est la morne solitude d’individus vivant à côté les uns des autres sans jamais connaître la joie de la Charité. Mais l’homme étant un animal social, il est créé pour vivre en société. Les hommes ont besoin de se regrouper. Le collectivisme est la caricature de la société dans un monde individualiste. L’individu doit se plier à toutes les exigences de la collectivité : toutes les autorités naturelles ont été remplacées par des autorités démocratiques abominablement tyranniques. Tout le monde doit marcher sur la voie tracée par la volonté générale démocratique. C'est ainsi qu'on peut divorcer mais pas fumer dans un lieu public, ou bien avorter mais pas traverser en dehors des passages pour piétons ! On peut déplacer la date limite de destruction de l’enfant à naître, mais pas dépasser la limite de vitesse  ! On peut tout casser au nom de sa haine, mais pas prier en public pour que cesse le massacre de l’avortement !
        Sortons de ce cercle vicieux. La vraie vie que le Bon Dieu veut nous voir vivre est celle de la paix chrétienne. Cette paix ne peut exister que chez ceux qui vivent selon la justice et la charité. La justice répond au collectivisme tyrannique par sa clarté limpide : à chacun son dû. Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Le pouvoir de César, le pouvoir politique, n’est légitime que dans son domaine : le bien commun. Hors cela, il n’est qu'abus de pouvoir. Ne nous laissons pas dominer par la tyrannie ambiante, travaillons, autant qu’il dépend de nous, à l'établissement de la justice.
La charité répond, elle, à l'individualisme. Il y a là un phénomène qu'il faut bien comprendre. Au début de la phase aiguë de la crise de l’Eglise, au nom de la communauté chrétienne (qui se transformait en collectivisme) on s'est mis à régenter les comportements des fidèles tout en proclamant bien haut la liberté. Je me souviens de ces assemblées dominicales dans les années 70, où les jeunes vicaires (il y en avait encore  ) nous disaient tout au long des cérémonies innovatrices  « On se met debout... on se met assis », jamais à genoux ! Pour ceux qui avaient encore la capacité de réfléchir, cela devenait insupportable. Il y eut alors une réaction chez ceux qui voulaient rester fidèles à la Tradition, une réaction très individualiste. C'est aussi une erreur.
        Chaque personne est sujet de son propre salut. Il est évident que lorsqu'on se présentera devant le Bon Dieu, Il ne reprochera pas ce que Mme Machin a dit ou ce que M. Truc a fait. Chacun aura son propre fardeau à porter, ce sera déjà bien ! Pas de supplément dans ce domaine. Dieu nous dira: « Et toi, qu'as-tu fait de ta vie ? Toi, pas les autres, toi ! ».
Mais ce salut qui dépend de nos mérites personnels, dépend en dernier lieu de notre justice et de notre charité, donc de nos rapports avec le prochain. La Justice nous fait rendre à chacun ce que nous lui devons ; la charité, c'est tout ce que nous donnons en plus. On ne se sauve pas tout seul, mais au sein d’une famille, au sein d'une communauté de chrétiens, au sein d'une société, celle, si affreuse soit-elle, dans laquelle on vit. Et là, il faut commencer par être juste Il faut remplir ponctuellement tous les devoirs concernant la famille, les collègues, les amis, les voisins, la paroisse (ou assimilée) etc. Il ne s'agit que de la base. Ce n’est pas encore suffisant pour être sauvé. Sur cette base, on commence à édifier son Salut en exerçant la charité : pardonner, se donner, payer de sa personne, faire l’aumône, secourir, etc. C'est la condition du Salut. C'est la condition de la Joie chrétienne.
Savez-vous pourquoi on a tant calomnié le Moyen-Âge et le temps où la société était officiellement chrétienne ? C'est que, malgré les inévitables imperfections dues au Péché Originel, dans l’ensemble, la population vivait de façon chrétienne. Il y faisait bon vivre. Le confort qu'on y avait était celui de la charité.
        Vivons donc de cette charité, sachons nous donner. Il y va de notre Salut éternel. Il y va de notre Joie. Expérimentons qu’il y a beaucoup plus de joie à donner comme le Maître qu’à recevoir. Car Dieu désire tant nous donner le Bonheur du Ciel qu'Il le déverse comme des gouttes précieuses, des perles de joie, dans l'âme à chaque acte de charité quelle accomplit.

Abbé de Durat

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Le St Curé d'Ars : Nous ne serons unis là-haut qu’autant que nous aurons commencé à l’être sur terre  ; la mort ne changera rien. Où l’arbre tombe, il reste 

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Imitation de Jésus-Christ. (L III, Ch 47).
Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle ?
Ce n'est pas peu de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.
Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes saints; ils ont soutenu dans ce monde un grand combat; et maintenant ils se réjouissent, maintenant ils sont consolés et à l'abri de toute crainte, maintenant ils se reposent, et ils demeureront à jamais avec moi dans le royaume de mon Père.

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No 293

Au pied de la Croix, la grâce de Dieu surabonde.

        Souvent, quand plusieurs enfants ont fait une bêtise et qu'ils se font prendre, il y en a toujours un pour s’écrier : «C'est pas moi M'dame ! c'est lui ! » En cela ils sont bien les fils d'Adam qui devant le Créateur qui le confondait, au lieu de reconnaître sa responsabilité, s'est défilé : «C'est pas moi, c'est la femme que Vous m’avez donnée ! »

Il est tombé bien bas, le roi de la Création ! Ainsi un certain nombre de gens pensent que s'ils sont emprisonnés dans tel ou tel vice, c'est qu'ils n'ont pas eu assez de grâces. Ah ! si Dieu daignait leur donner un peu plus de grâces, comme ils seraient saints ! C'est rien de le dire ! Donc, s'ils ne sont pas encore des saints, c'est par manque de grâces ; c'est forcément la faute au Bon Dieu qui s'en montre trop avare.

        Eh bien non ! St Paul nous avertit : Il ne nous manque aucune grâce. Ce serait bien plutôt nous qui manquons à la grâce ! Il est de Foi que Dieu nous accorde toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous sauver, pour devenir des saints. Si donc je ne suis pas un saint, c'est que j'ai manqué, et que je manque souvent à la grâce. Voilà ce qu'il faut se dire. Car enfin ! il faut avoir un certain toupet pour oser prétendre que Dieu ne nous accorde pas toutes les grâces dont nous avons besoin ! Mais qui s'est incarné pour venir nous enseigner directement ? Et qui s'est immolé pour effacer nos fautes ?

        C'est faire un très mauvais procès à Dieu que de prétendre qu'Il ne nous accorde pas absolument toutes les grâces dont nous avons besoin. Il nous accorde toutes les grâces de lumière. Grâces d’intelligence et de science pour connaître et comprendre le minimum requis de la Vérité révélée. Pour qui aujourd’hui la Vérité divine est-elle totalement inaccessible ? Celui qui veut la Vérité, toute la Vérité et seulement la Vérité, par-dessus tout, finira par la trouver : Qui cherche trouve et à qui frappe on ouvrira. Il donne ainsi les grâces de sagesse et de discernement pour ne pas nous égarer. Il nous donne aussi les grâces de mémoire pour retenir les Vérités divines dont nous avons besoin.

        Il nous donne aussi les grâces de Force pour lutter contre les tentations. Et aussi des grâces de conviction pour que nous soyons déterminés dans notre fidélité à la Vérité divine. Et encore des grâces de zèle qui nous enflamment pour la cause de la Vérité.

        Décidément, la grâce ne nous fait pas défaut : Nous l'avons à notre disposition, tout ce qui est nécessaire au salut, et en abondance.

        Les grâces sont à portée de la main, encore faut-il avoir l’humilité de se soumettre au mode d'emploi. A un distributeur automatique de café, il faut mettre les sous et sélectionner les options proposées. La machine ne se mettra en branle que lorsque tout sera fait. Il ne sert à rien de s'énerver et de taper dessus avant.

        Dans quelles conditions les grâces opèrent-elles en nos âmes ? Il faut d'abord ôter les obstacles. Il faut combattre l’ignorance. Le Christ a enseigné pendant trois ans, ce n'était pas pour les chiens! Nous devons faire l'effort de connaître cet enseignement principalement par le catéchisme. Combien de chrétiens ne connaissent même pas le B-A BA de la Doctrine chrétienne. Cela nous conduit au deuxième obstacle : la paresse. Celui qui reste dans une
ignorance coupable par paresse         n'aura pas les grâces nécessaires pour éviter les pièges du Menteur. Un autre obstacle, et de taille : l'Orgueil. Aux pharisiens bouffis dans leur superbe, la grâce a fait défaut. Enfin l’impureté voulue, recherchée : Hérode, le pervers, n'eut droit qu'au silence du Christ.

        Il faut donc ôter ces obstacles, combattre ces vices. Il faut ensuite ouvrir son âme à l'action de la grâce. D'abord par la pénitence : Nos fautes passées laissent de terribles traces en nos âmes en les rendant opaques à la grâce. C'est par la mortification que l'on fait disparaître ces traces. Les rayons de la grâce peuvent alors passer. Il faut aussi prier. C'est au soleil qu'une plante verte s'épanouit et non dans une cave. Si nous voulons que la grâce vivifie nos âmes, exposons-nous à son action par la prière quotidienne.

        Enfin, la condition pour recevoir la grâce, c'est d'aller puiser à la source. Il a bonne mine celui qui reste avec son gobelet vide en criant à la soif tandis qu'à deux pas coule une source surabondante et merveilleuse. La source, ce sont les sacrements, surtout ceux qui accompagnent la vie quotidienne : la Pénitence et la sainte Eucharistie.

        La grâce est à disposition. Le trésor en est inépuisable depuis le Sacrifice de la Croix. A nous de nous disposer à en recevoir avec fruit tous les dons. On ne vit qu'une fois. Agissons en conséquence et nous aurons le bonheur d'être trouvés irréprochables au jour de l'Avènement du Christ.

Abbé de Durat

Le St Curé d'Ars : Celui qui aime bien le Bon Dieu est comme un arbre planté sur le bord d'un ruisseau limpide, c'est à dire qu'il est continuellement rafraîchi par les douceurs de la grâce qui tombe dans son âme comme une rosée céleste.
Imitation de Jésus-Christ. (L II, Ch 10).
Soyez donc reconnaissants des moindres grâces et vous mériterez d'en recevoir de plus grandes.
Que le plus léger don, la plus petite faveur aient pour vous autant de prix que le don le plus excellent et la faveur la plus singulière.
Si vous considérez la grandeur de Celui qui donne, rien de ce qu'Il donne ne vous paraîtra petit ni méprisable; car peut-il être quelque chose de tel dans ce qui vient d'un Dieu infini ?
Vous envoie-t-Il des peines et des châtiments, recevez-les encore avec joie, car c'est toujours pour notre salut qu'Il fait ou qu'Il permet tout ce qui nous arrive.
Voulez-vous conserver la grâce de Dieu, soyez reconnaissant lorsqu'Il vous la donne, patient lorsqu'Il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et soyez humble et vigilant pour ne pas la perdre.

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N0 292        18/09/2000

Le Corps Mystique du Christ, seule communauté de Salut

        Mon Dieu ! Quel bazar dans la Sainte Église ! Il y règne un désordre encore jamais vu. L'hérésie est répandue dans toutes les intelligences, même chez les membres de la hiérarchie de l’Église. De graves injustices frappent nombre de fidèles qui veulent tout simplement garder la religion de leur enfance, la religion que pratiquaient St Louis, Ste Jehanne d'Arc, St Vincent de Paul, le saint Curé d'Ars, St Jean Bosco, St Maximilien Kolbe et tant d'autres. L'immoralité gagne tant la hiérarchie que les fidèles. Innombrables sont les scandales qui éclaboussent l’Église. Devant un tel tableau (que la Sainte Vierge avait annoncé à La Salette), on court le risque grave pour le salut de l'âme de perdre la Foi dans le Corps Mystique du Christ. La chose est d'une extrême importance car c'est uniquement par l'appartenance à l’Église que nous pouvons être sauvés. Pour aller au Ciel il faut impérativement être un membre du Corps Mystique du Christ.

Mais qu'est-ce donc que ce Corps ? C'est une réalité unique : il n'y a qu'un seul Corps Mystique du Christ. Et ce Corps Mystique est la sainte Église catholique dans son entier, avec tous ses membres. Ce qui fait que ceux qui n'appartiennent pas à l’Église du Christ, n'appartiennent pas au Corps Mystique du Christ. Ils ne sont donc pas sur le chemin du Salut éternel. Voilà pourquoi il y a urgence des Missions. Si l’Église a toujours fait du "prosélytisme', c'est parce quelle a été instituée, et elle seule, pour le Salut des âmes. Un Musulman, en tant que musulman, n'appartient pas au Corps Mystique du Christ. Même un Protestant en tant que protestant, n'appartient pas au Corps Mystique. Ils peuvent appartenir au Corps Mystique, mais ce sera malgré le fait qu'ils soient protestant ou musulman.

        Ce Corps Mystique est saint. C'est le Corps du Roi du Ciel et ses membres vivants, c'est-à-dire ayant la vie surnaturelle, sont saints. Un membre en état de péché mortel est un membre mort : il court le risque grave d'être retranché et jeté au Feu éternel. Ce Corps Mystique n'est pas un magma informe. Il est organisé et a une hiérarchie. Cette hiérarchie a été établie par le Fils de Dieu Lui-même : Il n'y a donc rien à y rajouter et rien à y retrancher.

A ce Corps Mystique appartiennent trois classes de membres. Il y a les membres triomphants, tout d'abord. Notre-Seigneur qui en est la Tête, Notre-Dame qui en est comme le Cou, et tous les élus qui sont placés selon ce qu'ils ont fait sur terre et selon leur degré de sainteté. Il y a ensuite les membres souffrants qui sont presque sortis d'affaire : leur Salut éternel ne peut plus faire le moindre doute, mais il leur reste la terrible purification du Purgatoire. Et il y a enfin les membres militants - dont nous faisons partie - et qui appartiennent à ce monde fluctuant. Leur fragilité et leur instabilité les mettent dans les conditions d'un grand danger pour leur Salut. Il leur faut donc livrer un combat constant contre leurs mauvais penchants, contre le monde pervers et contre le Tentateur.

On ne peut devenir membre militant que par le Baptême. Il n'y a qu'un seul Baptême ; mais il se reçoit de trois façons : Il y a le Baptême sacramentel qui se reçoit par l'ablution de l'eau accompagnée des paroles sacramentelles. Il y a le Baptême de Sang qui est accordé à ceux qui sont morts martyrs avant même d'avoir reçu le sacrement de Baptême. Et puis il y a le Baptême de désir. De ce Baptême bénéficie celui qui meurt avant d'avoir reçu le Baptême sacramentel mais qui voulait formellement le recevoir. Peuvent aussi en bénéficier ceux qui, sans faute de leur part, ne connaissent pas Jésus-Christ, mais dont le coeur est si droit et bon que s'ils venaient à Le connaître, ils demanderaient sans tarder le Baptême. C'est le Baptême de désir implicite. Quelle miséricorde que la Miséricorde de Dieu !

Tels sont les membres du Corps Mystique du Christ. Ils ont une communion, un lien. Ils ont le lien de la Foi unique. Ils adhèrent à la Vérité divine qui ne change pas : Le même Credo depuis les Apôtres. Ils ont le lien des mêmes sacrements. C'est par les sacrements que nous devenons et restons attachés au Christ. Ils ont enfin le lien des vertus chrétiennes. Vertus d'humilité, de tempérance, de force etc. Mais surtout, la vertu par excellence : la Charité.

Voilà ce qui nous lie, ce qui doit nous lier les uns aux autres, parce que cela nous lie à la Tête Jésus-Christ.

Mais ce lien, ici-bas, n'est pas indestructible. Par le péché mortel on peut le rompre et devenir un membre mort. Pour nous garder d'un tel malheur, allons nous réfugier dans les bras de Marie. C'est par Elle que nous viennent toutes les grâces méritées par Jésus. Elle nous donnera celle de la Persévérance dans la fidélité, nous conduisant ainsi jusqu’à notre entrée dans l’Église triomphante.

+ Abbé de Durat

Le St Curé d'Ars :
O belle union de l’Eglise de la terre avec l’Eglise du Ciel… Comme disait sainte Thérèse (d’Avila)  «en triomphant, nous en combattant, nous ne faisons qu’un pour glorifier Dieu  ».
Imitation de Jésus-Christ. (L III, Ch 59).
Car tout ce qui semble devoir procurer la paix et le bonheur n'est rien sans vous et réellement ne sert de rien pour rendre heureux.
Vous êtes donc le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie, la source inépuisable de toute lumière et de toute parole; et la plus grande consolation de vos serviteurs est d'espérer uniquement en vous.
Mes yeux sont élevés vers vous; en vous je mets toute ma confiance, mon Dieu, Père des miséricordes.
Sanctifiez mon âme, bénissez-la de votre céleste bénédiction, afin qu'elle devienne votre demeure sainte, le siège de votre éternelle gloire, et que, dans ce temple où vous ne dédaignez pas d'habiter, il n'y ait rien qui offense vos regards.
Regardez-moi, Seigneur, dans votre immense bonté et, selon l'abondance de vos miséricordes, exaucez la prière de votre serviteur, misérable exilé loin de vous dans la région des ténèbres et de la mort.
Protégez et conservez l'âme de votre pauvre serviteur au milieu des dangers de cette vie corruptible; que votre grâce l'accompagne et la conduise, par le chemin de la paix, dans la patrie de l'éternelle lumière. Ainsi soit-il.

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N0 269        04/10/99

Ni incrédule, ni crédule, mais Croyant 

Il n’est pas étonnant que les juifs aient fini par crucifier Jésus  Il n’a jamais su les caresser dans le sens du poil  Ah  S’Il les avait flattés  S’Il avait su faire un peu de démagogie 
Regardez cet officier qui parcourt 40 km pour aller le supplier de guérir son fils qui se mourait. Jésus aurait pu le féliciter, le montrer en exemple. Au lieu de cela, il lui passe un savon  40 km à pied pour s’entendre reprocher son incrédulité  «vous ne voyez des miracles et prodiges, vous ne croirez pas    »
En fait, accomplir des miracles n’est pas difficile pour Jésus, mais Il n’est pas venu pour "faire de l'épate". Ce qu’Il veut, c’est le salut éternel des âmes. Et pour l’obtenir, il cherche à purifier les cœurs en leur ôtant leurs mauvaises dispositions. Car celles-ci rendent vains les miracles du point de vue apologétique. La résurrection de Lazare n’a pas convaincu les membres du Sanhédrin. Ces mauvaises dispositions font obstacle à la Foi.
Elles sont de deux sortes. Il y a celles des pharisiens. C’est le refus obstiné et orgueilleux de croire, même devant l’évidence. Ces ennemis de Jésus se sont d’abord sentis froissés dans leur orgueil. Comment, comment  Le Messie aurait des velléités d’indépendance par rapport à nous et à notre incomparable savoir  Il ne nous demande pas conseil  Il n’est pas à notre botte  Pire  Il se permet de nous faire la leçon  ? Mais pour qui se prend-il pour mépriser ainsi les Sages d’Israël  Un comble  Il veut établir un Royaume qui n’est pas de ce monde. Il prêche le pardon et horreur  l’esprit de pauvreté et de renoncement  Comment tenir compte des miracles dans ces conditions  C’est certainement par Béelzebub qu’Il fait ses miracles.
Et les Sages d’Israël se sont enfoncés de plus en plus dans l’absurde refus de ce que les miracles de Jésus prouvaient de façon toujours plus évidente. Le jour où ils demanderont un signe, Jésus ne leur donnera que la promesse du plus grand miracle jamais accompli  se ressusciter soi-même. C’est le signe de Jonas. Mais quand on a de mauvaises dispositions du cœur, aucun miracle ne parvient à convaincre. Émile Zola et Alexis Carel qui étaient amis furent ensemble témoins d’un miracle à Lourdes. Le médecin Alexis Carel est tombé à genoux. L’écrivain Zola est parti en criant à la mystification …
On peut, cependant, avoir une autre sorte de mauvaise disposition du cœur  la crédulité. Vous en avez qui sont prêts à croire n’importe quoi. Dès qu’on leur parle d’un fait "merveilleux", ils s'y précipitent sans discernement comme les papillons de nuit se jettent sur la flamme d'une bougie et en meurent brûlés. Ces crédules n'ont pas écouté l'avertissement de Notre-Seigneur  «l’on vous dit  : "le Christ est ici, ou il est là!", n’en croyez rien. Il surgira beaucoup de faux Christ et de faux prophètes.  ». La crédulité n’est pas innocente. Elle est une injure à Dieu en considérant comme divin ce qui n’est qu’illusion, charlatanisme ou satanisme. L’illusion est le fruit d’esprits dérangés. Le charlatanisme est l’œuvre de gens intéressés. Le satanisme use des pouvoirs préternaturels du Diable. Tous attrapent des ballots qui, au mieux se font délester de leurs biens et au pire se laissent entraîner dans des aventures affreuses comme ces suicides collectifs qui défraient régulièrement la chronique.
Quand donc les gens comprendront-ils qu’il est plus facile de tomber dans un trou que d’en sortir  Quand cesseront-ils de courir à droite ou à gauche sans aucune prudence  Celui dont le cœur est bien disposé sait faire la différence entre ce qui est au-dessus de la raison et ce qui est absurde. Il ne croit pas au premier conte de fou qu’on lui sert. Si la Foi est un acte où on s’en remet totalement à Dieu, on a des motifs extrêmement sérieux pour croire.
Les miracles sont une preuve suffisante du doigt de Dieu. Mais sachons faire la différence entre le miracle que Dieu seul peut faire et le prodige que le démon peut parfaitement accomplir surtout en cette période où il est déchaîné. Et aussi sachons faire preuve d’humilité devant la Vérité. Dans la vie courante, nous passons notre temps à accepter le témoignage des autres. Même si vous n’avez pas vu le Japon, la Sibérie ou la Papouasie, vous croyez en leur existence sur le témoignage de ceux qui y sont allés. Or, il y a tellement de témoins de vrais miracles, tellement de prophéties réalisées qu’il faut être orgueilleux pour ne pas voir en Jésus le Fils de Dieu fait Homme. L’humilité conduit à la Vérité car souvent la réalité dépasse la fiction et l’imagination.
Mettons-nous bien dans la tête qu’il n’est pas contraire à la dignité de l’homme que d’accepter l’existence de choses qui nous dépassent, de Vérités que nous ne pourrons jamais comprendre en cette vie. L’enjeu est d’importance car c’est du salut de notre âme qu’il s’agit  «qui ne croira pas sera condamné.  » L’officier a été secoué par Notre-Seigneur. Sa Foi a été mise à l’épreuve et est devenue totale. Si nous voulons être sauvés, c’est cette Foi qu’il nous faut avoir.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Laissons dire les gens du monde. Hélas  ils sont trop aveugles. Il y a aujourd’hui des incrédules comme il y en avait au temps de Notre-Seigneur. Dans la Judée, Jésus guérissait les malades, chassait les démons, ressuscitait les morts, et il y en avait beaucoup qui ne croyaient pas. Il ferait aujourd’hui les mêmes miracles parmi nous qu’il y aurait encore des incrédules.
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch 38)
Que si vous demeurez fermes en tout événement, sans vous arrêter aux apparences extérieures, et sans examiner avec un regard charnel ce que vous voyez et ce que vous entendez  ; mais qu’en quelque rencontre que ce soit, vous entriez aussitôt dans le tabernacle avec Moïse, pour consulter le Seigneur  ; vous y entendrez quelque fois sa divine réponse, et vous en sortirez instruit de bien des choses présentes et futures. Car Moïse recourut toujours au tabernacle, pour résoudre ses doutes et ses difficultés  ; et la prière fut toujours sa ressource contre les dangers et la malice des hommes. C’est ainsi que vous devez vous retirer dans le secret de votre cœur, pour y implorer avec plus d’instance le secours de Dieu. Car ce que nous lisons de Josué et des enfants d’Israël, qu’ils furent trompés par les Gabaonites, c’est parce qu’auparavant «ne consultèrent point le Seigneur  » (Jos. IX, 14), et qu’étant trop crédules à des paroles flatteuses, ils se laissèrent abuser par une fausse compassion.

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N0 268        20/09/99

Le miracle, mieux que la preuve par 9 …

Quel paradoxe en ce siècle  ! Les hommes sont d’une extrême rigueur pour ce qui concerne les sciences du matériel et se laissent aller à la plus grande fantaisie en ce qui concerne la vie de l’âme. Les conclusions scientifiques sont passées au peigne fin par des gens sérieux et sourcilleux. Mais voici que rentrés chez eux, ces gens si rigoureux se mettent à lire avec attention leur horoscope. Ils iront consulter en cachette N’Djallah ou Esméralda les voyants extralucides qui leur diront tout sur leur avenir. Ils porteront des amulettes. Ils iront écouter avec beaucoup d’attention les élucubrations des "commerciaux" du New-Age. Ils dépenseront des fortunes en toutes sortes de fariboles.
Pourquoi cela  Parce que la tête des gens est à l’envers en ce qui concerne la religion. Le modernisme a fait croire aux fidèles que la religion n’était pas affaire de connaissance mais de sentiments. Du coup, les enfants n’apprennent rien en "catéchèse". Et l'ignorance laisse le champ libre à l'erreur et au mensonge. Eh bien  il faut savoir que Notre-Seigneur n’a pas parlé pour ne rien dire  Il veut être écouté et compris. Et c’est là qu’intervient le miracle. Car pourquoi tant de miracles dans la vie du Christ  Les modernistes prétendent que c’est pour impressionner les générations futures que les premiers chrétiens, plus de 100 ans après Jésus, lui auraient inventé une vie remplie de miracles et de démons chassés.
C’est que le miracle est gênant pour un hérétique. Car le premier but du miracle, c’est de prouver la vérité. En effet, seul Dieu peut faire des miracles, étant Créateur et Souverain Maître de la nature. Donc celui qui fait de vrais miracles vient obligatoirement de Dieu. Or Dieu ne supporte ni l’erreur, ni le mensonge. Il ne va pas donner sa caution à quelqu'un qui parle faux, par erreur, ignorance ou mensonge. Donc celui qui a le pouvoir de faire des miracles a la garantie divine de la véracité.
C’est ce qui ressort de l’Évangile du paralytique qu’on descend du toit devant Jésus  «que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés …  » Les pharisiens reconnaissent que ce pouvoir est réservé à Dieu et à ses envoyés. Argument Massue  ! A tel point que je me demande comment peut fonctionner la tête de quelqu'un qui, ayant été témoin d’un miracle, s’obstine à refuser de croire  Ce Jésus est un thaumaturge à nul autre pareil. La multiplication des pains ne suffit pas  Il rendra la vue aux aveugles, les jambes aux boiteux, les oreilles aux sourds, la santé aux lépreux. Il chassera les démons. Ce n’est toujours pas suffisant  Alors Il ressuscitera une petite fille, puis un jeune homme qu’on portait en terre. Ce n’est pas encore assez  Il ressuscitera Lazare dont le corps en décomposition empestait. Point encore  Alors Jésus se ressuscitera Lui-même. Les grands prêtres et les pharisiens seront informés par les témoins de la Résurrection  les gardes. Il faut être fou d’orgueil pour s’obstiner à ne pas croire dans ces conditions.
D'autant plus que les miracles sont aussi une preuve de l’infinie Bonté de Dieu. Ils nous montrent la compassion de Jésus pour les souffrances humaines, ainsi que sa miséricorde pour les âmes. Car la guérison du corps annonce la guérison de l’âme. Guérison de la maladie du doute, du désespoir et du péché. Telle est l’importance du miracle.
Encore faut-il ne pas le confondre avec le prodige. Celui-ci n’est que préternaturel, c'est-à-dire qu’il ne nécessite pas l’intervention d’une puissance incréée. Tandis que le miracle est surnaturel, et ne peut se réaliser que par l’intervention du Créateur qui est au-dessus de toute loi de la nature. La nature peut guérir une grippe, le démon aussi. Mais Dieu seul peut ressusciter un mort ou faire repousser une jambe. Le miracle est inconditionnel et définitif  les dix lépreux restent purifiés, même s’il ne s’en est trouvé qu’un pour venir remercier. Le prodige ne dure pas et est conditionnel  Si l’adhésion cesse, la "guérison" aussi 
Certains pourraient objecter que les miracles du Christ sont relatés dans des écrits qui ont presque 2000 ans. Alors comment croire une histoire si vieille  Ne nous laissons jamais troubler par de telles arguties. La réponse est simple  Un récit serait-il comme les yaourts  Aurait-il une date limite de vente  Quelle est la date limite de crédibilité d’un témoignage  A partir de quand pourra-t-on dire que Napoléon Bonaparte n’a pas existé ou que Ste Jehanne d’Arc n’a rien fait à Orléans et n’a pas été brûlée vive à Rouen 
Les ennemis du Christ ont travaillé à donner une curieuse mentalité  pour écrire l’histoire, il n’y a que les témoignages des chrétiens qui ne sont pas crédibles. Comme si croire en Jésus-Christ, c’était devenir partisan du mensonge. Cet a priori est d’autant plus stupide que les miracles continuent à notre époque. Toute l’histoire de l'Église est marquée par de nombreux miracles. Et le Bon Dieu en fait tout particulièrement par les mains de la Très Ste Vierge Marie. A Lourdes, le phénomène est suffisamment important pour qu’une commission de médecins siège en permanence pour examiner les cas. Pour ma part, je connais deux personnes qui ont été les témoins directs d’un miracle.
Oui, le miracle prouve. Il prouve la Vérité, la Bonté et la Miséricorde de Dieu. Devant cette réalité, sachons dire et «crois  » et «  ».

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Il m’est arrivé aujourd’hui une drôle de farce. Le Bon Dieu fait bien encore des miracles. Une dame m’a présenté son enfant. Il avait un gros mal là… Elle m’a prié de le toucher. Je l’ai fait et ça a tout fondu 
Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 7)
Il vous est souvent plus avantageux que vous soyez ainsi éprouvé, que si les choses vous étaient toujours aussi heureuses que vous le désirez. Car pour juger de la grandeur des mérites, il ne faut pas regarder si un homme a plus de vision et de consolations divines, s’il est plus éclairé dans l’Écriture, ou élevé à un plus haut rang  ; mais s’il est affermi dans la vraie humilité, s’il est rempli de l’amour de Dieu, s’il cherche toujours la gloire de Dieu purement et sans réserve, s’il se compte pour rien et se méprise véritablement, et s’il trouve plus de joie à être méprisé et abaissé par les autres, qu’à en être honoré.

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N0 267        06/09/99

Humilité, que d’écueils mortels tu nous évites 

L’hypocrisie est l’hommage que le vice rend à la vertu, disait un sage. Il est vrai que l’hypocrite cherche à paraître vertueux, et donc à voiler sa turpitude. Mais quelle monstruosité que l’hypocrisie  Elle est cette seringue à l’aiguille si fine qu’elle peut instiller sa goutte de poison dans toutes les actions de façon insensible.
Regardez ces pharisiens qui veulent provoquer un miracle de Notre-Seigneur pour l’accuser de ne pas respecter le Sabbat. Ils ont l’air de rien, mais ils l’ont placé en face d’un hydropique et l’observent méchamment  s’Il guérit l’homme, Il ne respecte pas le Sabbat  ; et s’Il ne le guérit pas, Il n’a pas de bonté. Pourquoi cette hypocrisie  Parce qu’ils voulaient un Messie à leurs bottes. C'est-à-dire qui flattât leur orgueil, sans déranger leur confort. Un Messie qui vienne leur dénouer les sandales et leur laver les pieds. Et comme Celui qu’ils ont bien reconnu comme le Messie n’est pas à leur convenance, comme Il éclaire toutes choses de sa Lumière divine, ils n’en veulent pas. Pour justifier l’injustifiable, ils vont user d’hypocrisie.
Eh bien  ils seront maudits de Dieu  Une éternité de malédiction pour avoir sacrifié la Vérité aux apparences  Car Dieu, pour nous accorder sa sainte grâce, attend de nous certaines dispositions du cœur.
La toute première est l’humilité. C’est la principale caractéristique du "pauvre" de l’Évangile sur lequel le Sauveur se penche avec une infinie tendresse. Et cela n’a rien à voir avec ce qu’il peut avoir dans le porte-monnaie.
L’humble aime la Vérité, même si cette Vérité met en lumière certains défauts. Il se réjouit de toute humiliation qui l’éclaire et lui permet de progresser. Hélas  ! on en voit combien qui sont girovagues, allant ici et là, à la recherche non de la Vérité, mais d’une prédication qui flatte la nature. Pour obtenir l’humilité, la première chose qu’il faut se mettre dans la tête, c’est que nous ne sommes rien. La deuxième, c’est que les seuls actes dont nous sommes les uniques auteurs sont nos péchés et que nous ne pouvons faire aucun bien sans la grâce de Dieu.
L’humilité nous conduit à une autre qualité tout aussi indispensable  la docilité qui consiste dans un amour ardent de la Vérité. Quand on a soif de bien connaître la Vérité salvifique, on accepte de bon cœur les moyens que Dieu nous donne pour connaître cette Vérité. On accepte l’enseignement de l’Église, dispensé par les hommes d’Église restés fidèles.
La troisième qualité du cœur que le Bon Dieu exige de nous pour nous accorder ses grâces, c’est la simplicité. C'est-à-dire ni fanfaronnade, ni arrivisme, ni fausse humilité, ni susceptibilité  un cœur d’enfant qui veut faire tout ce qu’il peut pour plaire à Dieu.
Voilà ce qui manquait aux pharisiens. Voilà ce qui a empêché la grâce d’allumer la ferveur divine en eux  ils sont restés tièdes, officiellement pour Dieu, mais refusant obstinément sa Volonté. Ils ont été vomis  ! La tiédeur, c’est la religion mondaine. C’est le formalisme sans vraie conviction. Quand on n’agit que par conformisme social. C’est la religion du refus de progresser intérieurement. Coquille vide. C’est la religion qui aboutit forcément à des compromissions avec le mal  du moment que les apparences sont sauves… C’est tout cela que Jésus est venu bousculer, provoquant la haine implacable des hypocrites.
Nous autres, chrétiens, nous n’avons le droit d’être ni des hypocrites, ni des tièdes. Gardons toujours très présente à l’esprit la conscience de notre petitesse. Si la Ste Vierge qui maintenant est la Reine du Ciel, fut toute sa vie terrestre la très humble Servante du Seigneur, nous devons suivre son exemple lumineux. Ne nous prenons pas pour "quelqu’un". Ne nous prenons pas au sérieux, mais, au contraire, prenons l’honneur de Dieu au sérieux. Celui qui se prend au sérieux, se met à n’agir que pour sa propre gloriole. Celui qui prend à cœur les choses de Dieu, agit par droiture intérieure, par vertu. Regardez Notre-Dame, jamais Elle n’a agit par formalisme. Tout le bien qu’Elle ne cessait de faire, Elle le faisait pour Dieu, par amour du Vrai et du Bien.
Enfin, l’humilité n’étant pas une vertu abstraite, il nous faut être dociles. Aujourd’hui, voulant réagir contre la trahison de tant de membres du clergé, beaucoup de fidèles tombent dans le piège de l’orgueil et de l’indocilité. Regardez encore Notre-Dame  ; comment, à l’Annonciation, Elle demande avec docilité les éclaircissements au sujet de sa Mission. Elle ne se rebiffe pas en disant que c’est impossible. Il y a une grande différence entre demander plus de lumière et rejeter la vérité dérangeante. Il y a une grande différence entre refuser un enseignement moderniste et refuser l’enseignement d’un prêtre parce qu’il nous éclaire la main dans le sac. Le prêtre qui nous dit la vérité, même si ce n’est pas toujours agréable à entendre, nous rend le plus grand des services.
Si nous ne redevenons comme de petits enfants, nous n’entrerons pas dans le Royaume de Dieu. Redevenir comme des enfants, c’est pratiquer cette humilité, cette docilité, cette simplicité du cœur dans la fidélité à la Vérité.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
J’ai vu aujourd’hui une grande dame de Paris qui m’a bien dit mes vérités. J’étais venu, disait-elle, pour entendre bien prêcher, mais on prêche bien mieux ailleurs, etc. Je lui ai répondu  C’est bien vrai, Madame, je suis bien peu savant  ; mais si vous faisiez bien tout ce que je vous ai dit, le Bon Dieu aurait encore pitié de vous  …
Imitation de Jésus-Christ: (L I, Ch 3)
O que la gloire de ce monde passe vite  plût à Dieu que leur vie eût répondu à leur science  c’est alors qu’ils auraient fait de bonnes lectures et de bonnes études. Combien y en a-t-il dans le monde qui se perdent par une science vaine, qui leur fait négliger le service de Dieu  Comme ils songent plus à s’élever qu’à se rendre humbles, ils s’évaporent dans leurs vaines pensées. Celui-là est vraiment grand, qui a une grande charité  ; celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses yeux, et qui compte pour rien les plus grands honneurs  ; celui-là est vraiment prudent, qui «  regarde toutes les choses de la terre comme du fumier, pour gagner Jésus-Christ  » (Phil. III, 8). Enfin celui-là est vraiment savant, qui sait faire la volonté de Dieu et renoncer à la sienne.

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N0 266        09/08/99

Seigneur donnez-nous de saints prêtres et de saints évêques 

Beaucoup de gens se méfient de plus en plus du Corps médical. On confiera plus facilement son automobile au garagiste que son corps aux blouses blanches. On peut toujours vivre sur cette terre sans voiture, mais pas sans son corps  A cause du laisser-aller général, à cause de la déviation de l’esprit de tant de médecins et d’infirmières qui sont favorables à la culture de mort (pilule, avortement, euthanasie, fécondation artificielle … et nous ne savons pas tout  !) le capital confiance des gens est sérieusement écorné. Seulement, il y a des circonstances où on est bien content de trouver un bon "toubib", car on ne saurait s’en tirer sans l’aide du Corps médical.
Dans sa parabole du bon Samaritain, Notre-Seigneur fait un parallèle entre les soins médicaux et le sacerdoce. Car le prêtre, après l’adoration et la louange divine, a pour fonction de soigner les âmes. Dans cette parabole, Notre-Seigneur nous montre l’impuissance du sacerdoce de l’Ancien Testament. Cet Ancien Testament était pourvu d’un sacerdoce capable de constater les dégâts causés par le péché sur les âmes, mais était incapable d’y porter remède. Dans l’Ancien Testament, on se contentait d’exclure les pécheurs.
Notre-Seigneur est ce bon Samaritain qui va se pencher sur l’humanité blessée à mort par le Péché Originel et par les innombrables crimes et fautes commises sur toute la surface de la terre depuis lors. Il soigne avec du vin et de l’huile. Qu’est-ce à dire  Il donne les sacrements qui sauvent, Il donne la Lumière de la Vérité (on s’éclairait avec des lampes à huile). Il fait naître chez les hommes la douceur des vertus chrétiennes. Le blessé à mort, c’est l’humanité tout entière, c’est aussi chacun de nous. L’hôtelier, c’est le nouveau Sacerdoce  ; l’hôtellerie, c’est la sainte Église catholique.
Par son Sacrifice sur la Croix, Jésus a déjà tout payé d’avance. L’hôtelier n’a rien d’autre à faire que de continuer à prodiguer les soins commencés par le bon Samaritain. Et si le prêtre catholique doit payer de sa personne, il sera intégralement remboursé par le Christ à son Retour. Ainsi, le rôle du prêtre, vis-à-vis des fidèles, consiste-t-il à continuer l’œuvre du Christ, et non pas à inventer je ne sais quelle nouveauté. Il consiste à soigner les âmes par les sacrements, à les nourrir par la Ste Eucharistie et la prédication fidèle de l’Évangile. Il consiste aussi à éclairer les intelligences par l’enseignement intègre de la Doctrine catholique. Il consiste encore à accueillir les fidèles comme des membres de la famille chrétienne et non comme des clients qu’on peut mettre à la porte arbitrairement.
Le blessé qui représente le fidèle doit se laisser soigner avec humilité. Les fidèles qui prétendent gouverner les prêtres sont comme des béotiens qui voudraient expliquer au garagiste comment réparer leur voiture. Quand on a été blessé, il faut souvent faire des exercices au cours de la convalescence. Le pénitent doit accepter sa pénitence dans cette perspective de convalescence. La reconnaissance du blessé doit aller en premier au bon Samaritain, et ensuite au bon hôtelier. Tout fidèle catholique doit avoir une reconnaissance éperdue pour le Christ-Sauveur, et aussi pour les prêtres qui tiennent sa place jusqu’à son Retour. Car, sans le prêtre, il est quasi impossible de se sauver.
Malheureusement, le démon a provoqué une crise sans pareille dans l’église. L’hôtelier, trouvant que le Samaritain est parti depuis bien long-temps, a décidé de changer ses dispositions pour les mettre à jour. L’enseignement a été perverti. L’hôtelier, trop souvent, n’y croit plus. Beaucoup de prêtres ne croient plus qu’il n’y a qu’une seule véritable Église du Christ  la Sainte Église Catholique Romaine. Ils ne croient plus à l’Infaillibilité du Pape, ni à l’éternité de la Vérité, ni au purgatoire, ni à l’enfer, ni à la Présence Réelle de Notre-Seigneur dans la Ste Eucharistie, ni au Péché Originel, etc.
Alors, au lieu de soigner les âmes, ils les empoisonnent par des sacrements douteux, entachés de modernisme, par un enseignement hérétique, par la persécution de ceux qui veulent rester vraiment fidèles. Et ceci vient des hauts responsables de la hiérarchie de l’Église qui ont oublié qu’ils avaient à sauver leur âme comme tout un chacun en accomplissant fidèlement leur devoir d’état. Il faut le dire  Ce que Notre-Dame a annoncé à La Salette se réalise sous nos yeux. Beaucoup de prélats font peser leur autorité sur les fidèles, non pour le bien des âmes, mais pour propager l’erreur et persécuter la Vérité. Mais que ferez-vous, ô évêques, quand s’opérera le Retour du bon Samaritain et qu’Il vous demandera des comptes  Que répondrez-vous quand Il vous demandera pourquoi tant de blessés à vous confiés ont péri de mort éternelle, faute des soins que vous étiez chargés de leur prodiguer 
Quant à nous, tâchons de ne pas nous écarter de la route qui conduit notre âme au Salut. Tenons donc ferme à la Vérité catholique. Mais respectons aussi les pasteurs, même s’ils se montrent indignes. Ne suivons que les pasteurs qui restent fidèles à la Vérité catholique. Soutenons-les. Prions pour eux. Évitons l’esprit de révolte, le mépris des prêtres, la tentation de nous placer au-dessus d’eux ou de nous en passer. Il n’y a qu’une seule Église du Christ, et on ne saurait se sauver sans elle ou en bâtissant une nouvelle église. Prions avec confiance, persévérance et même insistance, pour que le bon Samaritain nous confie à un hôtelier qui fasse vraiment son travail.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Si je rencontrais un prêtre et un ange, je saluerais le prêtre avant de saluer l’ange.
Celui-ci est l’ami de Dieu, mais le prêtre tient sa place  … C’est le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption sur la terre.
Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 5)
Quand vous auriez la pureté d’un ange, et la sainteté de saint Jean-Baptiste, vous ne seriez pas digne de recevoir ni de toucher ce Sacrement. Car il n’est point dû aux mérites des hommes de consacrer et de toucher le Sacrement de Jésus-Christ, et de prendre en nourriture le Pain des anges. Sublime mystère  et grande dignité des prêtres, qui on reçu un pouvoir qui n’a pas été accordé aux anges  Car il n’y a que les prêtres légitimement ordonnés dans l’Église, qui aient le pouvoir de célébrer et de consacrer le Corps de Jésus-Christ. Le prêtre est, à la vérité, le ministre de Dieu, et il se sert de la parole de Dieu selon le commandement et l’institution de Dieu  ; mais Dieu, à la volonté de qui tout est soumis, et aux ordres de qui tout s’exécute est là le principal Auteur et Celui qui opère invisiblement.

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N0 265        12/07/99

Suis-je prêt à rendre mes comptes à Dieu  Alors est-ce bien judicieux de perdre un temps si précieux 

Au temps de la guerre de Sécession en Amérique, au siècle dernier, l’armée nordiste était allée encercler une ville sudiste, je crois que c’était Charleston. Pendant ce temps-là que se passait-il dans cette malheureuse ville  Y avait-il la panique  Pensez-vous  On y menait grand train de vie avec réceptions somptueuses, frivolités et danse … jusqu’à ce que les canons nordistes se mettent à tonner et que l’armée nordiste se mette en marche pour investir la ville. Alors on vit tous ces insouciants, ces frivoles être la proie de la plus abjecte des paniques. Ils n’avaient pas voulu regarder la réalité en face quand il était encore temps, et maintenant le temps leur manquait 
Un tel comportement est le résultat d’une maladie de l’homme qui remonte au Péché Originel. J’ai encore le temps, pense-t-il. Mais qui peut affirmer d’une façon absolue qu’il a encore le temps  Notre-Seigneur nous a prévenus  «viendrai comme un voleur.  » Nous sommes avertis  Il va nous demander des comptes pour la gestion de notre vie et nous ne savons pas quand. Il y a, cependant, une chose dont chacun de nous est absolument sûr  nous n’avons jamais été aussi près de cet instant fatidique.
Ce n’est pas du pessimisme que de rappeler cette réalité  Le temps qui nous reste à vivre est bien court et notre terme se rapproche à grands pas. C’est du réalisme.
Alors, comment utiliser ce temps  Certains adoptent une position suicidaire à long terme  La vie est courte, alors profitons-en  Leur vie est toute tournée vers les biens de la terre  ; ce qui les intéresse, c’est leur plaisir. Plaisir de l’orgueil par les honneurs, par le pouvoir sur leurs semblables. Cela fait courir son monde  les honneurs  ; bien plus que le véritable Honneur  Ah  ! ce plaisir vain et éphémère des courbettes reçues 
Plaisir aussi de la possession des richesses. Comme si le compte en banque bien garni pouvait être un rempart efficace contre les souffrances et la mort  Mais où sont-ils les personnages les plus riches d’il y a 100 ans  L’argent permet d’acheter beaucoup de choses, mais pas la paix de l’âme ni la Vie éternelle.
Plaisir enfin de la chair. Jamais comme auparavant, on n’avait connu pareille décadence. La dépravation des mœurs est devenue la chose la plus normale du monde. Et ceux qui veulent garder la belle vertu de pureté sont considérés comme archaïques, contre nature, et même dangereux pour la société. Ceux qui prêchent la pureté et la fidélité à la place des protections illusoires et infâmes sont traités d’assassins  on les accuse de mettre en danger la vie des fidèles par fanatisme.
Dieu nous a créés corps et âme  ; et, comme Créateur, Il nous a donné le mode d’emploi du corps. L’église se doit de le rappeler sans cesse.
Parmi ceux qui utilisent mal le temps qui leur est donné ici bas, il y a ceux qui font des parenthèses dans leur vie chrétienne  Dieu n’a pas droit de cité dans certains domaines de leur vie. Ainsi, beaucoup se mettent en vacances du Bon Dieu pendant le temps de l’été. La vie de prière, la bonne Messe, la pudeur, la pureté en prennent un sale coup  On veut bien se protéger la peau des brûlures du soleil, mais on oublie de se protéger l’âme des brûlures du Soleil de Justice  ! Que de jolis corps s’étalent sans pudeur aux yeux de tous pour la malédiction des âmes  Si celui qui sauve l’âme d’une personne, mérite les félicitations de Dieu  ; ceux qui, par leur tenue aguichante, par leur impudicité, entraînent leur prochain dans le péché, encourent la redoutable colère de Dieu. Et, s’ils ne se repentent pas, la malédiction éternelle.
La saine philosophie nous dit qu’en toute chose, il faut considérer la fin. Pour bien utiliser le temps qu’il nous reste à vivre, commençons par en considérer la fin. Le But de la vie, c’est l’éternité. Cette éternité s’obtient par une orientation en deux temps de la vie. D’une part une orientation générale, globale, de la vie vers Dieu. Quand on peut gagner une belle maison, on ne s’occupe pas du cabanon de bois qui va brûler. D’autre part, une orientation précise de tous les instants et de toutes les activités vers Dieu. Il a dit qu’Il viendrait comme un voleur, alors ne faisons pas de parenthèse dans notre amitié avec Dieu  L’enjeu est trop important  il s’agit de notre éternité 
Trop d’âmes se perdent parce qu’elles ont perdu de vue le but de l’existence. Ne nous laissons pas étourdir par les mirages de ce monde. Restons toujours prêts, et nous ne serons pas pris au dépourvu.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Un jour venant, nous trouverons que nous n’avons rien fait de trop pour gagner le Ciel
… [ce jour-là] nous rendrons compte à Dieu de tous les instants qu’ll nous a accordés.
Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 26)
O mon Dieu, douceur ineffable  changez pour moi en amertume toutes les consolations de la chair, qui me détournent de l’amour des biens éternels, et m’attirent malheureusement à elles par la vue de quelque bien présent et sensible. Que la chair et le sang, ô mon Dieu  que la chair et le sang ne triomphent pas de moi  ; que le monde et sa gloire passagère ne me séduisent point  ; que le démon avec toute sa malice n’ait pas le pouvoir de me supplanter. Donnez-moi de la force pour résister, de la patience pour souffrir, de la constance pour persévérer. Donnez-moi, au lieu de toutes les consolations du monde, l’onction si douce de votre Esprit  ; et répandez en moi l’amour de votre Nom, qui y prenne la place de l’amour charnel.
Un penseur inconnu:       
Le manque de pudeur et de modestie dans le vêtement est toujours un péché contre la pureté, mais aussi bien souvent une faute contre l’esthétique  Il y a, hélas  bien longtemps que le ridicule ne tue plus.


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N0 264        28/06/99

Ne pas être miséricordieux  Quelle folle témérité 

Sous prétexte qu’il ne faut pas les traumatiser, sous prétexte qu’ils ne doivent pas souffrir et pour ne pas se donner la peine de les éduquer, souvent, très souvent, les parents actuels nous fabriquent en la personne de leurs enfants, de véritables petits monstres de caprices. Ils ne sont jamais contents de ce qu’ils ont, voudraient toujours avoir plus ou mieux. Tout leur est dû. Ils ne savent pas remercier, ou, quand ils le font, c’est par pure convention sociale  : pour ne pas paraître trop sauvages. Mais cela ne vient pas du fond du cœur. Ils sont sans pitié, sans miséricorde. Ils ne savent pas pardonner. Ils ne savent pas se mettre à la place du prochain pour le comprendre.
Mon Dieu que ce monde sans miséricorde qu’on nous fabrique est affreux 
Car notre Créateur est Miséricorde infinie, Lui. La Rédemption en est une preuve éclatante. Il ne faut pourtant pas oublier que Dieu n’a pas de faiblesse coupable. Ce qui est mal, reste mal à ses yeux et sa Justice exige que tout soit réparé. Il faudra payer tout le prix de nos fautes  personne ne saurait échapper à cette exigence. Parce que le Bon Dieu a tout ce qui est mal en horreur. Cependant, Il nous a créés pour le Salut éternel  ; Il veut le Bonheur du Ciel pour nos âmes.
Alors son Amour Miséricordieux a inventé la Rédemption. Il faut payer le prix de nos fautes  Jésus-Christ en a acquis le montant et le donne à qui vient le Lui demander. Car Dieu préfère pardonner plutôt que de sévir, sauver plutôt que de damner. La Miséricorde de Dieu répand le pardon à profusion pour tous ceux qui viennent le demander. Et ce pardon est gratuit. C’est vraiment par pure bonté que Dieu nous accorde sa Miséricorde. Car que trouve-t-Il en nous 
Il trouve beaucoup d’indifférence religieuse  Qui est vraiment prêt à Le servir en premier quoi qu’il puisse en coûter  Il trouve de l’ingratitude  Si au moins nous avions la reconnaissance du ventre pour tous les bienfaits dont Il nous comble  Il trouve de la méchanceté. Que de brutalité sur cette terre  Que de langues de vipères  Que de cœurs venimeux  Il trouve l’étalage de tous les péchés dont les hommes souillent leurs âmes.
Et au-dessus de cette fange, il y a Notre-Seigneur qui répand sa Miséricorde à pleines brassées. Car Dieu nous donne sa Miséricorde a priori et en surabondance. La mathématique de Dieu n’est pas celle des hommes. Ceux-ci sont mesquins, ils cherchent toujours à resquiller avec le Bon Dieu. Ils tiennent plus à leurs biens de la terre qu’ils perdront, qu’à ceux du Ciel qu’on possède pour toujours. Et c’est d’ailleurs pour cela que la vie leur est si difficile. La mathématique de Dieu est celle-ci  plus on donne, plus on a. On confie sept pains à Jésus et, après avoir nourri 4000 hommes, on ramasse sept corbeilles 
Il nous faut entrer dans cette logique divine de la Miséricorde. Si nous ne sommes pas miséricordieux, nous n’obtiendrons pas miséricorde. Non pas que le Bon Dieu veuille nous voir appeler bien ce qui est mal  Il ne nous demande pas d’être bêtes  Ce qui est mal est mal. Est est, non non. Mais Il nous veut le cœur plein de miséricorde envers le prochain. Si nous ne pardonnons pas, alors certainement nous ne serons pas pardonnés.
Celui qui est sans miséricorde, c’est celui qui interprète tout à mal. C’est celui qui se sent offensé à la moindre occasion et qui nourrit de la rancune au fond de son cœur. C’est celui qui est envieux et qui fait du mauvais esprit. Il a le cœur mauvais et le prochain ne trouve jamais grâce à ses yeux.
Le miséricordieux, lui, obéit du fond de l’âme au Commandement nouveau de Notre-Seigneur  «les uns les autres comme Je vous ai aimés.  » D’un amour sans arrière-pensée, sans marchandage, gratuit et entier.
Et à ceux qui hésiteraient à se montrer miséricordieux, j’aurais envie de dire  vous allez rater une bonne affaire, l’affaire du millénaire. Si votre garagiste vous proposait une voiture neuve avec toutes les options, la climatisation et tout et tout, un véhicule de 300 000 F, en échange de votre vieille guimbarde qui ne vaut pas 3000 F. Je ne crois pas que vous refuseriez. Alors pratiquez généreusement la miséricorde pendant votre courte vie terrestre et vous obtiendrez miséricorde pour votre vie éternelle. S’il y a tant d’âmes qui croupissent en enfer ou qui se morfondent au Purgatoire, c’est qu’elles n’ont pas pratiqué, ou pas assez, la miséricorde. Quand il revient à mes oreilles des paroles ou des actes profondément méchants que commettent certains "fidèles" peu fidèles  ; Mon Dieu  Je frémis de crainte pour l’éternité de ces âmes  C’est nous qui décidons maintenant du degré de miséricorde dont Dieu usera pour nous un jour. Et ce jour n’a jamais été si proche 

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Dieu est si bon que, malgré les outrages que nous Lui faisons, Il nous porte en paradis presque malgré nous. C’est comme une mère qui porte dans ses bras son enfant au passage d’un précipice. Elle est tout occupée d’éviter le danger, tandis que son enfant ne cesse de l’égratigner et de lui faire de mauvais traitements.
Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 10)
Je vais encore parler, mon Seigneur, et ne garderai point le silence. Je dirai en secret à mon Dieu, à mon Seigneur, et à mon Roi, qui est au Ciel  «  Ô mon Seigneur, combien est grande la multitude des douceurs que vous avez réservées à ceux qui vous craignent  » (Ps XXX, 20)  Mais que n’êtes-vous point à ceux qui vous aiment, à ceux qui vous servent de tout leur cœur  La douceur de la contemplation que vous accordez à ceux qui vous aiment, est vraiment ineffable. C’est principalement en ceci que nous m’avez fait connaître la douceur de votre amour  en ce que vous m’avez donné l’être que je n’avais pas, que vous m’avez ramené à votre service, lorsque je m’égarais loin de vous, et que vous m’avez fait un commandement de vous aimer.

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N0 263        14/06/99

Les filets de St Pierre, voilà notre Salut 

Il y a des gens qui sont des râleurs. Ils sont toujours insatisfaits. Quand il pleut, il fait un temps de chien. Quand le soleil brille, la terre est trop sèche. Si vous leur rendez un service, c’est mal fait et vous cherchez à prendre leur place. Mais si vous ne le leur rendez pas, vous êtes un égoïste et un sauvage. Si vous exprimez ce que vous pensez, vous êtes un prétentieux et si vous ne dites rien, on ne sait jamais ce que vous pensez. Rien ne trouve grâce à leurs yeux. Et pourtant, s’ils avaient le courage de se regarder en face, ils verraient combien ils sont eux-mêmes bien loin de la perfection.
Dieu qui est parfait, Lui, est plein d’infinies miséricordes à notre égard. Nous sommes de pauvres pécheurs, trop souvent enclins à offenser Dieu. Et Lui, au lieu de nous accabler et de nous rejeter vertement, va nous manifester son infinie Miséricorde, son inlassable Bonté. Les pauvres pécheurs sont-ils noyés dans leur iniquité  Dieu ne les rejette pas. Il rejette le mal. S’Il finit par rejeter le pécheur endurci, c’est quand toutes les ressources de sa Miséricorde ont été utilisées en vain. Mais tant que tout n’a pas été tenté, Il cherche sans cesse à le repêcher pour le sauver. Qui proclamera assez haut la Miséricorde de Dieu  ? Quel est le fou qui pourra se lasser de chanter sa Bonté  Les hommes l’offensent et Il invente la Rédemption. Ils s’avilissent dans l’impureté et le Rédempteur subit pour eux la Flagellation. Ils se raidissent dans leur orgueil, et Lui reçoit pour eux la Couronne d’épines. Ils s’attachent aux biens de ce monde et Lui se laisse dépouiller de tout pour s’attacher à la Croix. Ils ne se préoccupent que de cette vie et Lui offre la sienne pour leur obtenir la Vie éternelle. Et pour assurer les effets de la Rédemption, Jésus va fonder une Église qui durera jusqu’à la fin du monde et qui répandra les bienfaits divins sur toute l’humanité. Par l’enseignement des Vérités éternelles et par les sacrements, les Apôtres et leurs successeurs jettent leurs filets pour sauver les âmes. Ils jettent leurs filets, mais parfois ces filets se rompent.
Qu’est-ce qui rompt le filet de l’église  Ce sont d’abord les péchés contre la Foi. La Foi est le premier lien qui nous rattache à Dieu. S’exposer à perdre la Foi, c’est s’exposer à avoir une rupture profonde et radicale avec Dieu. La Foi consiste à croire les Vérités que Dieu nous a révélées, même si elles dépassent notre intelligence, parce que c’est Dieu qui révèle. Les apostats rejettent totalement cette foi et font un acte effroyable de mépris pour Dieu. Être apostat, c’est dire à Dieu  Cause toujours  Les hérétiques, et ils sont légion aujourd’hui, mettent leur intelligence au-dessus de la Science de Dieu  ils se permettent de corriger les "erreurs" du Bon Dieu. Ainsi, heureusement qu’il y a eu Arius, Nestor, Luther ou Calvin pour réformer la religion que le Fils de Dieu avait fondée de travers      Et puis il y a tous ceux qui restent dans une ignorance coupable. Le Bon Dieu nous parle  Mais on ne Lui a rien demandé  Qu’Il nous laisse tranquilles  Ceux-là ont mis un petit panneau sur la porte de leur âme  Ne pas déranger.
On rompt le filet de l’église en péchant contre l’Espérance  ; par le mépris de la destinée éternelle, en se défiant du Bon Dieu.
On rompt aussi le filet de l’église en péchant contre la Charité. Comment l’Église peut-elle réussir à sanctifier tous ces catholiques qui sont bien plus occupés à se disputer, à se garder rancune, à baver les uns sur les autres qu’à aimer le bon Dieu et à faire du bien au prochain 
On rompt le filet de l’église en péchant contre la Justice. Comment prétendre avoir la Charité et aimer le Bon Dieu en refusant de rendre à l’Autorité légitime ses devoirs normaux d’obéissance  Jésus a bien dit à la hiérarchie de son Église  «vous méprise, me méprise.  »
Gardons-nous de mépriser les représentants du Christ, même s’ils se montrent indignes. Déplorons leur infidélité, ne les suivons pas dans ce qu’il y a d’infidèle en eux, mais respectons ce qu’il y a de sacré en eux. Ces membres indignes de la hiérarchie, rompent le filet de l’Église par le déni de justice, et ils auront des comptes sévères à rendre au Juste Juge  Lorsqu’ils ne font pas ce pour quoi ils existent, si nous n’avons pas le droit de les juger, le Christ, Lui, se chargera de le faire  ! Et ceux qui auront souffert de prêtres ou d’évêques indignes, verront combien la Justice divine est satisfaisante.
En attendant, de notre côté, veillons à ne rompre en aucune façon le filet de l’église, de peur de nous perdre et d’en entraîner d’autre sur cette pente glissante. Que notre Foi soit inébranlable et pure de toute erreur. Que notre Espérance tourne notre cœur vers les choses d’en haut dans une totale confiance en la grâce divine. Et que notre Charité tisse des liens si solides, que non seulement nous ne risquions pas de nous perdre, mais aussi que nous puissions être les instruments de Dieu pour le salut des âmes.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
La terre est trop basse, elle est trop pauvre pour le cœur de l’homme. Le Ciel, par son immensité, le Bon Dieu par son amour, peuvent seuls remplir l’infinie capacité des désirs de ce cœur qui n’est fait que pour aimer.
Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 4)
Seigneur, je m’approche de Vous dans la simplicité de mon cœur, avec une Foi ferme et sincère, et pour Vous obéir. J’y viens avec Espérance et avec respect, et je crois véritablement que Vous êtes présent dans ce Sacrement, comme Dieu et comme Homme. Vous voulez donc, mon Dieu, que je Vous reçoive et que je m’unisse à Vous par Amour. C’est pourquoi j’implore votre clémence, et je Vous demande pour cela une grâce particulière, afin que je me fonde et m’écoule tout en Vous par un transport d’amour, et que je ne songe plus à chercher ailleurs d’autre consolation. Car ce Sacrement si sublime et si adorable est le salut de l’âme et du corps. Le remède de toutes les maladies spirituelles. C’est par lui que mes vices sont guéris, mes passions réprimées, les tentations vaincues ou affaiblies, les grâces répandues en plus grande abondance C’est par lui que la vertu commencée s’accroît, que la Foi s’affermit, que l’espérance se fortifie, et que la Charité s’enflamme et se dilate.

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N0 262        31/05/99

Détruire la Sainte Eucharistie, c’est assécher la source jaillissante de la Vie de l’Église

Un jour, à Rome, une petite fille m’aborda dans la rue  «  hai giá ricevuto il Gesú di carta    » Ce qui pourrait se traduire par  Mon Père  avez-vous déjà reçu le pouvoir de faire le Jésus de papier  Ce mystérieux Jésus tout blanc comme du papier qu’elle ne pouvait voir que de loin était au centre de ses préoccupations de bambine de cinq ans. Rien de surprenant à cela  la Sainte Eucharistie est tellement au centre de toute vraie vie chrétienne qu’il ne saurait y avoir une spiritualité réellement salvifique qui laissât de côté ce sacrement. Ne dit-on pas, d’ailleurs, qu’on reconnaît les vrais catholiques à leur attachement indéfectible aux trois Blancheurs  Le Souverain Pontife, la Très Sainte Vierge Marie et la Sainte Eucharistie. Voilà pourquoi la Sainte Eucharistie et l’Acte sublime qui fait ce sacrement ont été l’objet d’attaques constantes au cours des siècles.
Aujourd’hui, nous voyons principalement deux types d’attaques. Une attaque violente et une attaque sournoise. La première a commencé avec Luther et Calvin qui, en instaurant les protestantismes, ont voulu détruire le Sacerdoce, supprimant du même coup la Ste Eucharistie. Pour un protestant, adorer l’Hostie consacrée, c’est faire un acte d’idolâtrie. Ils ont réduit le sens des Paroles du Christ  «est mon Corps  » en  Ceci signifie mon Corps. La présence du Christ n’est plus réelle mais seulement symbolique. Le pain reste du pain. À Genève, Calvin fit massacrer les catholiques qui continuait à adorer le St Sacrement. Mais, au moins, cette attaque avait le mérite d’une certaine franchise  : En devenant protestant, on sortait de l’église.
Aujourd’hui, l’attaque est bien plus perfide et sournoise. Les fumées de Satan sont entrées dans l’église. Les dogmes sont attaqués de l’intérieur. Et spécialement la doctrine de la Ste Eucharistie. Le modernisme que St Pie X avait arrêté a repris sa marche, attaquant les dogmes, moins par l’énoncé de doctrines fausses que par des pratiques mauvaises. Il est plus dangereux pour la Foi de ridiculiser la croyance en l’existence des Anges ou de la passer sous silence en n’en parlant jamais, que d’écrire de laborieuses démonstrations prétendant prouver qu’ils n’existent pas.
C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la fabrication de la nouvelle liturgie. Dans les mois qui suivirent l’application de cette liturgie fabriquée, beaucoup de prêtres abandonnèrent le sacerdoce, les séminaires et les noviciats se vidèrent, la pratique religieuse se mit à diminuer inexorablement. Qu’était-il arrivé  Un chef-d’œuvre venait d’être accompli. On avait inventé de toutes pièces un rite valide, mais faisant perdre la Foi. Le procédé utilisé  supprimer le plus possible de détails rappelant la Foi. Quand on fait une étude comparative, on réalise la dévastation. Parmi ces détails, on s’est appliqué à faire disparaître ou à défigurer les gestes qui affirmaient la Foi en la Présence réelle. Selon ce nouveau rite, le prêtre n’est plus que le président de l’assemblée et le Christ vient en fonction de sa promesse  «deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.  » La présence du Christ n’est donc plus le résultat de l’action du prêtre, mais du rassemblement et de la foi des fidèles. C’est pourquoi la première génuflexion de la Consécration a été supprimée. Le symbolisme du nouveau rite se comprend ainsi  le président de l’assemblée raconte le récit de la Cène. Il montre ensuite le pain, puis le vin au peuple, et, par sa foi dans le Christ, le peuple fait que le Christ devient présent dans le pain et le vin. Alors seulement, le président de l’assemblée fait la génuflexion.
Dans le rite romain traditionnel, le prêtre est revêtu d’un pouvoir divin, totalement indépendant de l’assemblée. Il offre un Sacrifice en faisant descendre sur l’autel l'Agneau Immolé, Victime sans tache. Et cette venue du Christ se fait exclusivement par les paroles de la Consécration. C’est pourquoi le prêtre, dès qu’il a prononcé les Paroles sacrées, s’abîme en une profonde génuflexion  Il vient, tout indigne qu’il est, de faire descendre le Roi des rois sur l’autel.
Car, à la Consécration, la Foi des fidèles n’est nécessaire que pour rendre hommage au Dieu qui s’anéantit sur l’autel. En prononçant ces Paroles, le prêtre est l’instrument de Dieu pour transformer (transsubstancier) le pain en le Corps de Jésus et le vin en son Sang. Seul l’aspect sensible, extérieur, les accidents, reste. Et tant que ce sera apparemment du pain et du vin, Jésus restera présent. Que nous y croyions ou non n’y change rien. Que nous l’adorions ou le délaissions, le Fils de Dieu fait Homme reste caché réellement dans l’hostie consacrée.
Telle est notre Foi en la Ste Eucharistie. Mais cette Foi ne doit pas rester morte. Jésus se donne à nous pour nous procurer les bienfaits de la Rédemption. Aimons à assister à la Messe. Aimons à communier fréquemment. Aimons à tenir compagnie à Jésus au Tabernacle. Notre âme sera abreuvée à une source jaillissante pour l’éternité.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Si on nous disait  À telle heure, on doit ressusciter un mort, nous courrions bien vite pour le voir. Mais la Consécration, n’est-ce pas un bien plus grand miracle que de ressusciter un mort ? 
Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 11)
Ô que le ministère des prêtres est grand et honorable, auxquels il a été donné de consacrer par leurs paroles saintes le Dieu de majesté, de le bénir de leurs lèvres, de le tenir dans leurs mains, de le recevoir dans leur bouche et de le distribuer aux autres. Ô combien les mains d’un prêtre doivent-elles être nettes  combien sa bouche doit-elle être pure  combien son corps doit-il être saint  combien son cœur doit-il être exempt de tache, lui qui reçoit si souvent l’Auteur de toute pureté  De la bouche d’un prêtre, qui reçoit si souvent le sacrement de Jésus-Christ, il ne doit sortir que des paroles saintes, honnêtes et utiles.


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N0 261        17/05/99

Puisqu’il faut aller au combat, armons-nous des 7 Dons.

Comment peut-on se laisser prendre au piège de l’égalitarisme  A-t-on jamais trouvé deux personnes égales  Même des vrais jumeaux sont différents. Chacun a ses capacités, ses dons propres, ses atavismes, mille éléments qui le différenciera de toute autre personne.
De surcroît, les dons que nous avons reçus, les capacités qui nous sont propres, nous les faisons plus ou moins fructifier, accentuant encore la différence. Il y a des génies qui resteront ignorés, de grands artistes qui ne produiront aucun chef-d’œuvre, et des inventeurs qui n’inventeront jamais rien. Pour la simple raison qu’ils n’auront pas su faire fructifier les dons qu’ils avaient reçus à la naissance.
Il en est de même dans le domaine spirituel  chacun a reçu des dons particuliers à faire fructifier. Don de la parole  ; don du jugement droit et judicieux  ; don du dévouement  ; don de la contemplation. C’est la spécificité de chaque don qui fait la particularité de chaque saint. St Thomas d’Aquin était un philosophe et un théologien inégalé  ; tandis que St François d’Assise était un poète du Créateur. Et c’est magnifique de voir ces légions de saints, tous différents, mais tous aimant Dieu à la folie et développant leurs dons de façon merveilleuse.
Il y a cependant quelques points sur lesquels nous sommes tous égaux. Parmi eux, nous trouvons les sept dons du Saint-Esprit. Tous les confirmés ont reçu également l’intelligence, la Science, la Sagesse, le Conseil, la Force, la Crainte et la Piété. Nous les recevons en plénitude et ils servent à nous éclairer pour que nous voyions mieux ce qui est vrai et ce qui est bien, à nous donner, aussi, le courage d’y conformer notre façon de vivre.
Seulement, ces dons, il nous faut les faire fructifier. Il y a une nuance qu’il nous faut bien saisir  Il y a des dons différents qui donnent leur caractère propre, leur particularité, à chaque saint, c’est entendu. Mais ce qui en a fait des saints, c’est leur fidélité à faire fructifier, pour leur vie spirituelle, tous les dons du Saint-Esprit. Ces 7 dons sont la base indispensable et nécessaire pour développer en plénitude toutes les capacités que nous pouvons avoir reçues.
Normalement, tout confirmé devrait être un saint. Hélas  nous sommes bien loin du compte. Les saints, pourtant, n’ont pas eu les dons du Saint-Esprit plus que nous. Ils les ont seulement fait mieux fructifier.
Prenons exemple sur les Apôtres. Ils ont reçu les dons du Saint-Esprit avec fruit parce qu’ils s’y préparaient depuis longtemps par la prière, la pénitence, par l’enseignement de Notre-Seigneur, par l’exemple du Divin Maître. Les autres saints n’ont pas fait autre chose. Ils se sont sanctifiés en priant, en faisant pénitence et en approfondissant leur connaissance de la doctrine catholique par amour pour le Bon Dieu. Et les dons du Saint-Esprit ont été efficaces pour les sanctifier. Le Saint-Esprit fait toute notre sanctification, mais Il ne la fait pas sans nous.
Nous voyons donc comme il nous est utile de recevoir le sacrement de Confirmation. Une certaine école moderniste a méprisé ce sacrement en prétendant qu’il n’était pas nécessaire, qu’il faisait double emploi, puisque nous recevons déjà le Saint-Esprit au Baptême. Mais on ne peut confondre ces deux sacrements. Ils n’ont pas le même objet. L’un nous arrache à la nuit de la mort spirituelle en effaçant en notre âme le Péché Originel. L’autre nous donne tous les éléments dont nous avons besoin pour atteindre la stature de la sainteté. Leurs effets sont aussi différents  le Baptême donne la vie, la Confirmation la développe en plénitude.
Sur cette terre, nous appartenons à l’église militante, une Église de combat. Nous avons à nous battre contre nos passions, contre le monde et contre le tentateur. Jamais, peut-être, dans l’histoire de l’église la bataille n’a été aussi forte, aussi terrible  ; parce que l’enfer s’est vidé sur la surface de la terre et que les esprits pervers sont partout présents. Ils sont pour un peu de temps les maîtres du terrain.
Si nous pouvions voir, ne serait-ce que quelques instants ceux qui nous font la guerre, nous bannirions toute légèreté. Nous serions pleins d’ardeur pour faire fructifier de toutes nos forces les dons du Saint-Esprit que nous avons reçus le jour de notre Confirmation. Nous nous réfugierions auprès de l’épouse du Saint-Esprit, la Vierge Marie.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Il fallait que la descente du Saint-Esprit vînt fructifier cette moisson de grâces.
C’est comme un grain de blé  ; vous le jetez en terre  bon  ! mais il faut le soleil et la pluie pour le faire lever et monter en épi.

Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 22)
Celui au contraire qui a reçu moins, ne doit pas s’en attrister ni en murmurer, ni porter envie à ceux qui sont mieux partagés que lui  ; mais il doit plutôt élever son esprit vers Vous, et louer de tout son pouvoir votre bonté, de ce que Vous dispensez vos dons avec une si abondante effusion, si volontiers, si gratuitement, et sans acception de personnes. Tout vient de Vous  ; il faut donc Vous bénir en tout. Vous savez ce qu’il convient de donner à chacun  ; et il ne nous appartient pas de discerner pourquoi celui-ci a moins, et celui-là plus  ; mais à Vous, en qui sont réglés les mérites de chacun en particulier.


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N0 260        03/05/99

La vraie vertu chrétienne de l’obéissance  une folle Sagesse.

Jamais comme à notre époque il n’y a eu un dilemme aussi crucial. La rébellion conduit à la catastrophe, il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler ce qui est arrivé à Lucifer ainsi qu’à Adam et Ève. Mais que faire quand les autorités légitimes trahissent la Mission dont elles sont investies 
Faut-il être des moutons de Panurge qui suivent bêtement le moindre galonné, ou bien faut-il être un anarchiste qui, par sa révolte subversive, détruit toute autorité  Nous trouvons la réponse dans l’exemple lumineux de sainte Jehanne d’Arc qui a su allier parfaitement la vertu d’obéissance avec des qualités de chef qui font toujours l’admiration.
Jehanne de Donrémy fut obéissante, mais jamais avec la servilité stupide des moutons de Panurge. Elle se montre hardie dans l’accomplissement des ordres qu’elle a reçus. Elle ne se laisse pas rebuter par les moqueries d’un Baudricourt ou des courtisans du Dauphin. Le Ciel lui a donné une Mission  Elle ne se contentera pas d’en accomplir de mauvaise grâce juste le minimum, elle ira jusqu’au bout… Elle se montre entreprenante  ; elle n’hésite pas à prendre des initiatives dans le cadre défini de sa Mission.
Son obéissance ne fut pas servile, oh non  mais plutôt hardie. On la voit souvent secouer sans hésitation ceux qui sont revêtus de l’autorité  non pas pour contester cette autorité, mais pour obtenir de ceux qui en sont dépositaires qu’ils en remplissent la charge.
Est-ce de la rébellion que de demander au roi de faire le roi ou à l’évêque de faire l’évêque 
En fait, son obéissance fut en tout point héroïque. Ne la voit-on pas, tout en réclamant de lui les mesures nécessaires, obéissante au Roy, ce Roy indécis et faible qui préfère négocier dans son dos de désastreux arrangements  Jamais elle ne se départira de son obéissance et de sa loyauté envers le Roy de France, même quand il l’abandonnera à ses perfides ennemis.
Héroïque, son obéissance à la Hiérarchie de l’église le sera aussi. Elle se soumet aux interrogatoires des théologiens de Touraine. Elle ne récuse pas la qualité des hommes d’église qui la jugent avec fourberie à Rouen. Elle se soumet à chaque autorité selon le champ d’action de cette autorité. C’est ce qui la conduira à en appeler au Pape et à reprendre la parole de St Pierre  il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. Messire Dieu premier servi  Mais sans récuser la qualité et l’autorité réelle de ceux qui la jugent avec tant d’iniquité.
Écoutez cette plainte angoissée  «  Évêque  je meurs par toi  » Quelle peine affreuse dans le cœur de Jehanne  Je meurs par toi dont le rôle est de garder, de protéger les brebis du Bon Pasteur  Toi, évêque de la Ste Église qui t’es fait mercenaire de basse politique 
Vous n’entendrez cependant aucune parole de révolte ou de mépris pour la Hiérarchie de la Ste Église que ces hommes indignes et félons salissaient.
Elle montrera une obéissance héroïque enfin à la Volonté de Dieu qui lui est signifiée par ses Voix. Elle, l’humble bergère, ira à Vaucouleur voir le puissant seigneur de Baudricourt. Elle ira à Chinon aux pieds du Gentil Dauphin Charles. Elle acceptera, après une effroyable lutte intérieure, son immolation sur le bûcher  elle n’avait pas 20 ans 
Mais quelle efficacité dans une telle obéissance  Car ses ennemis, en la brûlant, signaient leur arrêté d’expulsion. La France restait la Fille aînée et protectrice de l’Église  ; en même temps, elle était sauvée du schisme hérétique anglican.
Aujourd’hui, le combat est différent, mais la victoire ne saurait passer par une autre voie. Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la Croix, et ce fut là sa victoire qui lui donna un nom qui est au-dessus de tout autre nom. Par son obéissance vraiment chrétienne, Ste Jehanne d’Arc a obtenu victoire et gloire.
Si parfois nous en avons gros sur le cœur devant la trahison générale de tous ceux qui sont revêtus de l’autorité, ne nous laissons pas entraîner vers la rébellion intérieure. Obéissons à Dieu et à ceux à qui est donnée une autorité légitime dans la mesure où ils en usent légitimement. Et reprenons cette plainte de Jehanne, l’Ange de Pureté  Évêques, je meurs par vous 
Et la victoire viendra sûrement.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Il semble que parce qu’on aime un peu le Bon Dieu, on doit n’avoir rien qui contrarie, rien qui fasse souffrir… C’est que nous ne comprenons pas le prix et le bonheur des croix. Qu’il fait bon mourir quand on a vécu sur la croix 

Imitation de Jésus-Christ:        (L I, Ch 25)
Souvenez-vous de l’engagement que vous avez pris, et proposez-vous l’image de Jésus crucifié. Vous avez bien lieu de rougir , en considérant la vie de Jésus-Christ, de n’avoir pas eu plus de soin d’y conformer la vôtre, depuis tant de temps que vous êtes entré dans la voie de Dieu. Un religieux qui s’occupe à méditer avec attention et avec piété la sainte Vie et la Passion du Sauveur, y trouvera avec abondance tout ce qui lui est utile et nécessaire  ; et ce serait en vain qu’il chercherait hors de Jésus quelque chose de meilleur. Oh  si Jésus crucifié entrait dans notre cœur, que nous serions bientôt suffisamment instruits 


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N0 259        19/04/99

Entre Ciel et terre  Il n’y a pas d’autre pont que la Croix 

À la seule idée de devoir se priver pendant le carême, certains se goinfrent juste avant. C’est de là que vient la coutume du Mardi-Gras qui n’a rien de liturgique. Quand on se prépare ainsi au carême, on ne le fait pas bien. Et souvent, le carême fini, on tombe dans les pires excès  le carême est terminé, il n’y a plus aucune raison de se priver. Plus question d’accepter la souffrance. Désormais, il faut vivre dans la facilité et le plaisir, au moins jusqu’à l’Avent.
Patatras  les ennuis, les souffrances, les contrariétés ne se mettent pas en vacances et continuent d’arriver, empoisonnant la vie. Alors la tentation de révolte est forte. Eh  quoi  Déjà que le carême n’est pas drôle, on se passerait bien des prolongations  Mais qu’est-ce qu’Il fait, le Bon Dieu 
Le Bon Dieu  Il nous a prévenus  «pleurerez, vous vous lamenterez et le monde se réjouira.  » J’entends alors la voix de ceux qui souffrent  «  pourquoi    »
Sans une vision surnaturelle des choses, on ne peut trouver une explication vraiment satisfaisante. À cette question, répondons par une autre question  Que faisons-nous sur cette terre  ? Quel est le but de cette existence 
Les Médias, l’Instruction publique, et même beaucoup de membres du Clergé nous répondent  pour être heureux, pour nous épanouir, pour obtenir des sous, de la santé, du plaisir. Mais la Religion du Christ nous dit que nous sommes "in via", c'est-à-dire sur la voie de l'éternité, et que ce que nous vivons maintenant, décidera de ce que nous vivrons dans l'éternité. Une vie humaine sur terre est très courte. Une vie humaine en absolu est infiniment longue, puisqu’elle débouche inexorablement sur l’éternité. Comment comparer 80 ans ou même 120 ans semés de souffrances avec l’éternité de bonheur 
Le temps est perçu très différemment suivant qu’on le passe agréablement ou dans la douleur. Ceux qui veulent le bonheur sur terre voient le temps leur filer entre les doigts. Ils voudraient que la vie sur terre ne finisse pas et ne se corrompe pas. Comme le poète, ils s’écrient  «  Ô Temps  Suspends ton vol  » Mais le temps a continué et enterré le poète.
Le bon Larron a affreusement souffert sur la Croix  une souffrance telle que les heures lui semblaient des siècles. Comme il l’a dit lui-même, il l’avait bien mérité  ; ce n’était que justice. Mais par sa résignation, son repentir et son zèle en faveur du Christ, il a satisfait à la Justice de Dieu. Cela fait maintenant 1966 ans qu’il est dans le bonheur le plus parfait, une joie inimaginable  ; et il ne fait que de commencer  il lui reste encore toute l’éternité pour se réjouir. Le voilà, l’enjeu  le Bonheur éternel 
Mais alors pourquoi la souffrance  Le Bon Dieu déteste l’absurde. Il a créé l’univers avec des lois et avec un roi  l’homme. L’homme a détruit l’harmonie originelle par son Péché Originel ainsi que par le flot abominable de tous les péchés qui se commettent sur la surface de la terre. Le péché cause aussi un désordre dans les rapports qu’il devrait y avoir entre la créature et son Créateur. La Justice du Créateur réclame réparation, sous peine d’absurdité. Elle a été satisfaite par le Sacrifice du Christ, et en surabondance. Mais désormais, nous ne saurions nous prétendre les disciples du Crucifié sans aimer la Croix. Si nous avions une connaissance exacte, précise et exhaustive du péché et de sa gravité, nous l’aurions en une telle horreur que nous accepterions volontiers les pires souffrances pour réparer. C’est ce qui se passe pour les âmes du Purgatoire. Oui, dorénavant, le seul chemin du Salut est celui de la Croix. Ce chemin est austère, mais semé de grâces aussi. Rejeter la souffrance et la Croix, ici-bas, c’est être l’ennemi du Christ et de sa propre âme, c’est être l’ennemi de son vrai bonheur, en préférant un bonheur qui passera. Alors que celui qui offre sa souffrance et ses ennuis, et qui les vit en union avec le Christ crucifié, celui-là se prépare une éternité d’un bonheur que personne ne pourra lui enlever.
Voilà la Joie de Pâques  C’est une joie non pas terrestre, mais céleste. Et tous les ennemis de la Croix s’en privent. Ils s’en privent dès ici-bas, car la gaieté de ce monde est une frénésie de plaisir désespérée et de plus en plus angoissée. Tandis que l’amour de la Croix, tout en donnant un sens et un prix à la souffrance, procure, en même temps que l’espérance du Ciel, une joie intime et toute surnaturelle qui est déjà un pied dans le Paradis.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Il y en a qui souffrent comme le bon larron, et d’autres comme le mauvais. Tous deux souffraient pareillement, mais l’un sut rendre ses souffrances méritoires  il les accepta en esprit de réparation - l’autre au contraire…
Imitation de Jésus-Christ:        (L II, Ch 12)
Toute la vie de Jésus-Christ n’a été qu’une croix et un martyre continuel  ; et vous cherchez à vous reposer et à vous réjouir  ! Vous vous trompez, vous vous trompez, si vous recherchez quelque autre chose que des souffrances  ; car toute cette vie mortelle est pleine de misères, et environnée de croix. Et plus un homme aura fait de progrès dans la vie spirituelle, plus il trouvera quelquefois ses croix pesantes  ; parce que la peine de son exil croît en proportion de son amour. Cependant cet homme affligé en tant de manières, n’est pas sans quelque consolation qui le soulage  ; parce qu’il sent qu’il profite beaucoup en supportant ainsi sa croix. Car lorsqu’il s’y soumet de bon cœur, tout le poids de son affliction se change en une douce confiance qu’il recevra bientôt des consolations divines.

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Le St Curé d'Ars:       
Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il ne se donne pas l’absolution, il ne s’administre pas les Sacrements. Il n’est pas pour lui, il est pour vous … De quelle frayeur ne doit pas être saisi un pauvre prêtre, en exerçant un ministère si redoutable 
Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 5)
Vous devez donc, dans ce sacrement très auguste, vous en rapporter plus à la toute-puissance de Dieu qu’à votre propre sens, ou à aucun signe visible  ; c’est pourquoi il faut s’approcher de cette action avec crainte et respect. Prenez garde à vous, et considérez quel est le ministère qui vous a été confié par l’imposition des mains de l’évêque. Vous voilà devenu prêtre et consacré pour célébrer les Mystères  ; ayez soin maintenant d’offrir à Dieu ce Sacrifice avec Foi et dévotion dans les temps convenables, et de vous rendre irrépréhensible. Loin d’avoir diminué votre charge, vous vous êtes par là plus étroitement lié au joug de la discipline, et vous vous êtes engagé à un plus haut degré de sainteté. Un prêtre doit être orné de toutes les vertus, et donner aux autres l’exemple d’une sainte vie. Sa conversation ne doit rien avoir de celle du peuple et du commun des hommes  ; mais elle doit être avec les anges dans le ciel, ou avec les parfaits sur la terre.

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N0 257        22/03/99

La Croix, signe paradoxal de la Justice et de la Bonté de Dieu.

Pendant longtemps des hérétiques ne pouvaient pas se résoudre à admettre le Mystère de l'Incarnation  «se serait fait homme  impossible  L'anéantissement serait trop grand    » Ils ne voulaient pas entendre ce message de l'Ange à Marie  «  Rien n'est impossible à Dieu.  » D'ailleurs, quand on a une jambe cassée, on ne plâtre pas le bras  Le Verbe divin ne voulait pas soigner l'humanité tombée dans le péché sans s'attaquer au mal à la racine. Il ne voulait pas de disciples contraints parce qu'éblouis par sa gloire. Voilà pourquoi Il n'est pas venu dans l'éclat de son Trône divin, mais en prenant notre humble condition humaine. Il s'est incarné pour partager la bassesse de notre condition, pour partager notre faiblesse en tout hormis le péché. Afin de pouvoir se substituer à nous.
Il s'est fait obéissant dans une parfaite humilité, sans jamais la moindre révolte, pour réparer l'orgueil de nos révoltes, de nos désobéissances, par l'humilité de son obéissance. Nous vient alors une question : Pourquoi ceux qui se disent chrétiens ont-ils le cœur si prompt à la révolte  Les disciples seraient-ils devenus plus grands, plus saints, plus dignes ou plus majestueux que le Maître 
Jésus a réparé par son humble obéissance. Il nous a arrachés à la mort éternelle qui aurait dû être inévitable, inéluctable, pour nous. Il l'a fait par son Immolation sur la Croix.
C'est par ce qui était accroché à l'arbre dans le Jardin d'Éden que le péché est entré dans le monde. C'est par Celui qui était cloué sur l'Arbre de la Croix au Golgotha, que la Rémission des péchés est entrée dans le monde. Jésus a anéanti les péchés des hommes par son anéantissement dans la Passion. Mais devant cette sublime marque d'Amour divin, nous restons libres. Ainsi, il y a plusieurs façons d'aborder la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Si on l'aborde dans la perspective de la Justice divine et qu'on réfléchisse bien, deux sentiments naissent en nous: la terreur et la tranquillité.
La terreur si l'on considère les exigences implacables de la Justice de Dieu. Dieu veut que tout soit payé : «  Père, si cela était possible, que ce calice passe loin de moi sans que je le boive    » Mais la Justice exige qu'il soit bu jusqu'à la lie. Jésus a pris sur Lui nos péchés ; Dieu exige réparation  ; et tant que cela n'a pas été accompli, il y a séparation entre Jésus et son Père. D'où ce cri pathétique  «  Eloï  Eloï  Lama sabachtani  Mon Dieu, Mon Dieu  ! Pourquoi m'avez-Vous abandonné    » Quel cri terrible  à vous glacer le sang. Malheur à ceux qui ne voudront pas avoir affaire à la Miséricorde divine ! Ils auront affaire à sa Justice. Or, si la Justice de Dieu traite ainsi le Bois vert, qu'en sera-t-il du bois sec 
Mais rassurons-nous, car ce Sacrifice sublime du Sauveur a entièrement satisfait à la Justice de Dieu  «  Tout est consommé    » La Passion nous éclaire sur la Bonté de Dieu. Il ne veut pas notre mort éternelle. Il nous a créés uniquement pour le Ciel, pour le Bonheur éternel. Et Il tient tant à nous le donner qu'Il nous manifeste sa Bonté en payant à notre place la dette de nos péchés.
Quant à nous, pauvres pécheurs que nous sommes, si nous nous repentons vraiment et sincèrement, nous entendrons, au soir de notre vie, cette parole de consolation  «  En vérité, Je te le dis, tu seras avec Moi, ce soir, en Paradis.  »
Pourquoi donc les fidèles restent-ils si froids devant cette merveilleuse Bonté et Miséricorde de Dieu  N'entendent-ils pas à travers les siècles ce cri d'amour du Christ sur la Croix  «  Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font  »  Si on devait compléter cette phrase, il faudrait dire  « votre Justice me frappe, mais épargnez-les  » Ne comprennent-ils pas que si Jésus étend ses bras sur la Croix, c'est pour nous accueillir et nous protéger 
Ah  Si nous pouvions entendre enfin cet appel à l'Amour que Jésus nous lance du haut de la Croix  «  J'ai soif  Je vous ai donné tout mon Sang, j'ai soif de votre retour à Dieu. J'ai soif de la vitalité de votre Charité. J'ai soif de votre amour de reconnaissance. Je vous ai aimés en donnant ma Vie pour vous. J'ai ouvert mon Cœur  ; allez-vous rester indifférents 
Serez-vous comme Pilate qui s'en moque  Les choses de l'âme, il n'en a cure 
Serez-vous comme mes amis qui m'ont abandonné parce qu'ils ne m'aimaient pas encore assez pour prier davantage, mieux, avec plus de ferveur  ? Et ils n'ont pas tenu, mais se sont enfuis.
J'ai racheté les péchés de tous les hommes, et il y en a tant qui Me haïssent. "m'ont haï sans raison." Ils étaient peu nombreux ceux qui sont restés autour de ma Croix. Et vous, en serez-vous ?
Laissons-nous toucher le cœur par cet appel que Jésus nous lance du haut de la Croix. Fléchissons les genoux devant Lui. Oh  non pas comme les damnés terrorisés qui le font, contraints et forcés par le Juste Juge avant d'être précipités en enfer. Fléchissons les genoux dans l'ardeur de notre reconnaissance, ne voulant connaître ici-bas que Jésus et Jésus crucifié. Afin de suivre St Paul jusqu'à la contemplation émerveillée de Jésus glorifié.
Là, nous fléchirons les genoux, mais ce ne sera plus dans les labeurs et les douleurs de la vie terrestre ; ce sera dans la joie de la Contemplation éternelle que nous aurons obtenue par la Croix Glorieuse.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Méditons souvent au pied de la Croix l’énormité du péché qui a fait mourir Notre-Seigneur  … Un Dieu qui descend sur la terre pour être victime de nos péchés, un Dieu qui souffre, un Dieu qui meurt, un Dieu qui endure tous les tourments parce qu’Il a voulu porter le poids de nos crimes 

Imitation de Jésus-Christ:        (L II, Ch 12)
Croyez-vous pouvoir fuir ce que nul des hommes n’a pu éviter 
Qui d’entre les saints s’est vu en ce monde sans afflictions et sans croix  Jésus-Christ Notre-Seigneur n’a pas été une seule heure en sa vie sans souffrir. «fallait, dit-Il, que le Christ souffrît, et qu’Il ressuscitât d’entre les morts, et qu’ainsi Il entrât dans sa gloire  » (Luc, XXIV, 26,46). Comment donc cherchez-vous un autre chemin que ce chemin royal, qui est celui de la sainte Croix 

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N0 256        08/03/99

Que son Sang retombe sur nous en bénédictions 

Il en est qui voudraient nous réduire en esclavage intellectuel, nous imposer des tabous inviolables. N’a-t-on pas vu un monastère vilipendé par la puissance médiatique pour avoir réimprimé un missel des fidèles qui avait le front de laisser telle quelle la grande oraison du Vendredi Saint pour les Juifs, qualifiés en l’occurrence de perfidis. Aujourd’hui, il faudrait clamer l’innocence de ce peuple ingrat dans le procès et la condamnation de Jésus-Christ. On n’a plus le droit de dire que ce peuple, qui fut le Peuple Élu de Dieu, a été rebelle une fois de trop à son Dieu en rejetant le Messie et en appelant son Sang sur les générations futures.
Eh bien  à la suite de St Paul, de St Jean, de l’église au cours de tous les siècles, je vous dis que ce peuple subit une malédiction à cause de sa responsabilité dans le crime absolu de déicide.
Tout d’abord, ils ont eu la chance, la grâce merveilleuse de voir le doux Sauveur en personne, de lui parler, d’entendre son merveilleux enseignement, de bénéficier de ses innombrables miracles. Ils ont eu toutes les preuves, en surabondance, du fait que Jésus était le Messie, qu’Il bénéficiait d’un pouvoir divin comme personne n’avait jamais eu. Absolument rien ne pouvait justifier le moindre doute sur sa Mission divine. Et cet Envoyé de Dieu, parlant au nom de Dieu, a affirmé sa propre divinité, la prouvant par la résurrection de Lazare et par sa propre Résurrection. Mais les Juifs, à part un petit nombre de fidèles, ont rejeté le Fils de Dieu dont la Lumière les gênait, et, perfidement, l’ont fait condamner par Pilate. Oui  ils sont coupables. Oui  ils sont déicides, eux et ceux qui leur restent solidaires. Oui  ! le Sang du Christ, depuis 2000 ans, retombe sur eux, hélas  en malédiction. Et cela ne nous ravit pas  Mais c’est la réalité. Et tant qu’ils ne se seront pas convertis, ils resteront les maudits, les enfants de l’esclave, les perfides. Mais ce sont les païens qui les persécutent. Les chrétiens s’en défendent et prient plutôt ardemment pour leur conversion.
En attendant, ces malheureux sont pour nous un enseignement, une allégorie. D’abord en ce qui concerne notre appartenance à la Société divine. Il y a un dualisme simple, sans être simpliste  : pour ou contre le Christ.
Contre le Christ est celui qui refuse tout ce qui vient de Lui. Tel est le crime du peuple juif. Tel est aussi le crime de ceux qui choisissent sciemment de quitter l’église par le schisme  ; ou qui refusent certaines vérités de Foi par l’hérésie, ou encore toute les Vérités de la Foi par l’apostasie. C’est le crime du péché contre le Saint-Esprit, qui consiste à déclarer vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai en sachant ce qu’on fait. Tous ces malheureux font partie de la Synagogue de Satan. Ce sont des enfants de l’esclave. Ils ne sauraient hériter.
Heureusement, il y a ceux qui, au contraire, acceptent le Messie. Ils reconnaissent en Jésus-Christ le Fils de Dieu fait Homme qui s’est immolé pour notre salut sur la Croix. Ainsi, le Christ tranche dans l’humanité avec sa Croix. Pour ou contre. À droite ou à gauche. Brebis ou bouc.
Mais prenons bien garde, car l’allégorie de l’infidélité du peuple juif vaut aussi pour le combat intérieur qui se livre en chacun de nous. En nous, il y a Ismaël et Isaac. Et les deux se battent. Il y a le vieil homme et l’homme nouveau, l’esclave et l’héritier. Le combat est inévitable car l’esclave ne lâche pas prise si facilement. C’est dans ce combat que le Carême s’inscrit.
Pendant ce temps de pénitence, Dieu nous dit comme à Abraham  «l’esclave et son fils    »
Car celui qui est esclave de la chair par la luxure et l’intempérance ne saurait hériter du Ciel.
Car celui qui est esclave des biens de la terre, cherchant un bonheur ici-bas, ne saurait avoir le bonheur du Ciel.
Car celui qui est esclave de l’orgueil et qui se dresse en insensé, sera abaissé et ne connaîtra pas la sublime élévation de la vision béatifique.
Aujourd’hui, la Synagogue semble triompher. Ce n’est qu’une apparence très factice et provisoire. Ne nous laissons pas impressionner. Notre-Seigneur en Croix et sa Sainte Mère sur le Calvaire étaient dérisoires. C’est pourtant de leur côté que se trouve la victoire. Acceptons d’être avec Notre-Dame à côté de la Croix, et nous hériterons dans la joie, de l’héritage des Enfants de Dieu.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Il y a deux manières de souffrir  Souffrir en aimant et souffrir sans aimer. Les saints souffraient tout en patience, joie et persévérance, parce qu’ils aimaient. Nous souffrons, nous, avec colère, dépit et lassitude, parce que nous n’aimons pas.

Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 7)
Car il n’y a point d’oblation plus digne, ni de satisfaction plus grande pour effacer les péchés, que le sacrifice pur et entier de soi-même à Dieu, en le joignant à l’oblation du Corps de Jésus-Christ dans la Messe et dans la communion. Si l’homme fait ce qui est en lui, et s’il est touché d’un vrai repentir, toutes les fois qu’il s’approchera de Moi pour demander pardon et grâce  «jure par Moi-même, dit le Seigneur, Moi qui ne veux point la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse et qu’il vive, je ne me souviendrai plus de ses péchés.  » (Ezéch. XVIII, 22  ; XXXIII, 11) et il lui seront tous pardonnés.

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N0 255        22/02/99

La meilleure arme contre-révolutionnaire  La Fidélité.

Il y a plus de 200 ans, dans ce pays calme dont on n’entendait jamais parler, la population s’est soulevée d’un élan irrésistible contre la Révolution. Le but n’était pas d’éviter de se battre, puisqu’ils prenaient les armes, de pauvres armes de fortune. Ils refusaient de se laisser enrôler parce qu’ils ne voulaient pas défendre un régime exécré. Si on voulait les contraindre à prendre les armes, ils allaient le faire, mais contre les ennemis de la religion. Ils ne se sont pas battus pour les Droits de l’homme, dont ils n’avaient cure, mais pour les Droits de Dieu.
Nous sommes depuis longtemps gouvernés par un régime entièrement donné à la Révolution, et cela pourrait déteindre sur nos âmes. La Révolution est animée d’un esprit luciférien. Elle est dirigée contre Dieu et l’ordre merveilleux qu’Il a établi. Elle fait oublier que l’on est sur cette terre, non pour y bâtir son bonheur, mais pour y mériter le Bonheur éternel. La Révolution, toujours et partout, a persécuté et persécute la Religion du Christ. Elle dépouille, elle emprisonne et elle massacre ses prêtres, ses consacrés, ses vrais fidèles. La Révolution ne veut pas qu’on adore Dieu, qu’on Le respecte, qu’on Le serve. En décapitant le roi, elle a voulu détrôner le Christ, Roy de France. Elle a ruiné en son fondement l’autorité du père de famille. La Révolution, au nom de la fraternité, a massacré des centaines de milliers d’innocents, affamant et terrorisant les survivants.
La Révolution reposait sur un mensonge remarquablement diffusé, embrouillant les esprits faibles. Elle a profité aux cupides qui se sont enrichis sur les biens des victimes. Elle a fait la promotion de tous les vices, à commencer par l’orgueil, mais aussi l’impureté, le mensonge, la cruauté sadique etc.
Face à cette calamité effroyable, les Vendéens. Oh  ce n’était pas des théoriciens de la Contre-révolution. C’est une erreur de le croire et de le dire. Ils n’appartenaient à aucun mouvement contre-révolutionnaire. Les Vendéens étaient avant tout des fidèles. Ils aimaient le Bon Dieu de tout leur cœur. Ils priaient la Ste Vierge de toute leur âme, spécialement par le Chapelet. Ils pratiquaient avec zèle tous les actes de la Religion  Ste Messe, Vêpres, Processions, Confessions, Communions. Avant d’être un peuple de géants (ce qui ne signifie pas grand chose), c’était un peuple de saints  ; tout un peuple fidèle à son Dieu, à ses prêtres, à Rome. Un peuple qui fut contraint de prendre les armes parce qu’on pourchassait, bafouait, torturait et massacrait leurs bons prêtres, et qu’on mettait des intrus vendus à leur place. Parce qu’on voulait changer leur sainte Religion. Parce qu’on s’en prenait au Roi Très-Chrétien, protecteur et garant des droits de Dieu et de son Église dans la société.
Voilà pourquoi ils se sont battus. Voilà pourquoi la Révolution a décidé de pratiquer un génocide à leur encontre.
Cette histoire nous concerne directement, car l’infect esprit révolutionnaire a gangrené le monde entier. Il a même réussi, aux dires de ceux qui ont fait Vatican II, à pénétrer dans la Ste Église, inspirant des réformes désastreuses, conduisant le Corps Mystique du Christ au tombeau. Mystère d’Iniquité.
Voilà pourquoi nous devons redoubler de vigilance, pour rester fidèles à Dieu, à la vraie Religion qui ne saurait changer, à la Ste Église qui a les Promesses de la Vie éternelle. Il nous faut avec vigilance nous garder nous-mêmes de cet esprit révolutionnaire qui pénètre partout, même chez les bien-pensants. Gardons-nous de l’infect esprit égalitariste alimenté par l’orgueil et l’envie, acide qui ronge et désagrège toute autorité et donc toute société. Gardons-nous aussi de tout esprit de haine. La haine est engendrée par l’injustice ou les manquements à la charité que l’on subit ou par la jalousie que l’on ressent. La haine est la marque de la Révolution, la marque de Satan.
Le combat, nous le voyons, est avant tout spirituel. On ne saurait combattre la Révolution, sans pratiquer d’abord la Religion. Un saint Curé d’Ars a plus fait contre la Révolution que des milliers de militants. Et pourtant, il ne s’occupait pas de politique. Profitons du Carême pour purifier notre pratique de la Religion. C’est le moment de se renoncer, de prendre sa croix et de suivre le Maître. Au-delà du Golgotha, il y a le triomphe de Pâques. Car, si nous nous voulons vraiment fidèles, deux paroles de Notre-Seigneur doivent rester inscrites dans notre mémoire  «‘ils m’ont traité ainsi, ils vous traiteront pareillement  » et «vérité, vous ne perdrez pas votre récompense    »

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Un bon chrétien fait tout ce qu’il peut, il va toujours en augmentant de plus en plus, rien ne l’arrête, ni les calomnies, ni les mauvais traitements, ni les persécutions. Il prend patience, il supporte tout.
Imitation de Jésus-Christ:
(L II, Ch 7) Heureux celui qui conçoit bien ce que c’est qu’aimer Jésus, et se mépriser soi-même pour Jésus  Il faut pour ce Bien-Aimé quitter tout autre ami, parce que Jésus veut être aimé seul par-dessus toutes choses. L’amour de la créature est trompeur et variable  l’amour de Jésus est fidèle et persévérant. Celui qui s’attache à la créature, tombera avec un appui si fragile  ; celui qui s’attache à Jésus, sera pour toujours inébranlable. Aimez et conservez pour Ami celui qui ne vous quittera pas lorsque tous les autres vous abandonneront, et qui ne permettra jamais que vous périssiez. Car il faut qu’un jour vous soyez séparé de tout, que vous le vouliez ou non.

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N0 254        08/02/99

Jésus  Fils de David  Faites que je voie 

«Père, ça va bien  ; je ne fais aucun péché  ; je suis vraiment quelqu'un de bien. Le Bon Dieu se contentera bien de ce que je fais pour me prendre au Ciel. Je ne vois vraiment pas ce que je devrais faire de plus    »
Combien se croient bons chrétiens et ne cherchent plus à croître dans l’amour de Dieu. Ils veulent se contenter d’une petite vie bien tiédasse. Quel aveuglement général  ! Nous sommes tous des aveugles, mais des aveugles qui peuvent obtenir la lumière divine dès maintenant. Car, de toute façon, la lumière sur nous-mêmes, nous l’aurons certainement … quand nous serons jugés. Lumière absolue ce jour-là.
Regardez les Apôtres qui sont encore loin de la sainteté Ils ne voient pas, ils ne veulent pas voir ce qui attend le Christ à Jérusalem. Notre-Seigneur leur annonce la Passion et la Résurrection  ; mais non, ils restent bouchés.
Ils sont alors le type même du faux bon chrétien. Ce faux bon chrétien qui ne veut pas profiter de l’enseignement de ceux qui sont envoyés de la part de Dieu. Il y en a qui entendent des sermons toute l’année  ; mais leurs coeurs sont fermés. Ils n’en tirent rien et ne veulent même pas voir le bien qu’ils pourraient en tirer. Ils ont la possibilité d’augmenter leur connaissance de la doctrine, mais ils s’en moquent. Quel aveuglement  quel malheur pour eux 
La caractéristique du faux bon chrétien, c’est aussi l’illusion  Il se considère comme un bon chrétien. Il estime que sa vie étant globalement dans le bon sens, il n’y a pas de raison de chercher à progresser spirituellement.
Il se croit bon chrétien l’orgueilleux qui ne voit même pas qu’il passe son temps à se vanter, qu’il est susceptible comme un dindon. Il se croit bon chrétien l’égoïste qui ne veut pas voir qu’il ne pense qu’à lui, qui instrumentalise les autres aux fins de son bien-être et de ses plaisirs. Il se croit bon chrétien le méchant qui étouffe sa conscience tandis qu’il prend plaisir à faire souffrir son entourage et à nuire aux autres. Il se croit bon chrétien celui dont la langue de vipère déverse du vitriol dans le cœur des autres par des médisances et des calomnies. Il se croit bon chrétien celui dont la langue fourchue ne tient jamais parole et qui arrange toujours la vérité à sa sauce. Etc.
Il se croit bon chrétien  Quelle illusion  Quel effroyable aveuglement  Car ce faux bon chrétien, oubliant que celui qui n’avance pas recule, marche gaillardement vers l’abîme, s’il n’y prend garde  .
Et pourtant, ce faux bon chrétien n’est pas inexorablement aveugle  le Christ passe dans sa vie, prêt à lui donner les grâces de la conversion, grâces de lumière et de force. Malheureusement, la troisième caractéristique du faux bon chrétien c’est qu’il ne cesse de rater les bonnes occasions. La grâce passe dans la vie comme Notre-Seigneur sur les routes de Palestine, porteuse de clairvoyance et de courage. Mais le faux bon chrétien n’en veut pas  une vraie conversion, c’est trop pénible  S’il avait, au moins, ce bon désir qui animait l’aveugle de Jéricho, tout serait possible. Il pourrait devenir un vrai bon chrétien.
Le vrai bon chrétien, lui, cherche à progresser dans la connaissance de la Foi. Il le fait dans un parfait esprit de docilité. Il a recours à ceux que Notre-Seigneur a envoyés enseigner. Il n’a aucune complaisance pour lui-même. A-t-on jamais vu un saint avoir grâce à ses propres yeux  Tous se voyaient comme de misérables pécheurs. Le St Curé d’Ars voulait se retirer à la Trappe pour pleurer sa pauvre vie. Le bon chrétien se veut clairvoyant pour bien voir les points où il doit faire porter ses efforts de sanctification. Il est dans les dispositions de cet aveugle qui saisit, tout frémissant, l’occasion de voir clair. Il se précipite sans se préoccuper des tabous du monde, des convenances sclérosées, des idées toutes faites. Il se précipite vers le Sauveur  Jésus  Fils de David  Ayez pitié de moi 
Jésus venait d’annoncer sa Passion et sa Résurrection. Et le fruit de la Rédemption c’est le Ciel, c'est à dire la Vision Béatifique. Et bien  si nous voulons vraiment voir Dieu au Ciel, soyons dans les dispositions de l’âme qui veut être guérie de son aveuglement, qui veut se connaître afin de se corriger.
Le Carême arrive et beaucoup, au lieu de chercher l’effort vraiment salutaire à y accomplir, se contentent de programmer  un peu moins de tabac… pas de sucreries … du moins, pas trop… etc. Carême perdu, Carême de faux bon chrétien.
Faisons comme cet aveugle. Mettons-nous aux pieds du Crucifié pour lui demander la lumière  Jésus, Fils de David, ayez pitié de moi  Faites que je voie  Que je voie la vérité sur le Ciel que Vous me promettez  Que je voie la Vérité sur l’état de mon âme  O Jésus  ! faites que je voie les imperfections de mon âme en contraste avec vos perfections et donnez-moi le courage pour vraiment me corriger afin que je puisse profiter pleinement de votre Passion et de votre Résurrection 

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Vous me dites que vous êtes pauvre  ; heureux celui qui a le grand bonheur de connaître sa pauvreté, car tout notre malheur vient de ce que nous ne nous connaissons pas tels que nous sommes.
Imitation de Jésus-Christ:       
(L I, Ch 3) Toute la perfection de cette vie a toujours quelque imperfection qui lui est attachée, et toutes nos lumières ne sont pas sans quelque obscurité. L’humble connaissance de soi-même est une voie bien plus sûre pour aller à Dieu, que la recherche d’une science profonde. Ce n’est pas qu’il faille blâmer la science, ou la simple connaissance des choses. Elle est bonne étant considérée en elle-même, et selon l’ordre de Dieu, mais il faut toujours lui préférer une conscience pure et une vie vertueuse. Mais parce que la plupart des hommes s’étudient plus à savoir beaucoup qu’à bien vivre, ils tombent dans l’erreur, et ne font que peu ou presque point de fruit.

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N0 253         25/01/99

Chacun à sa place, sous peine de naufrage 

Dans le Bréviaire, on lit des tas de choses intéressantes. On lit l’épître de St Paul aux Éphésiens dans laquelle l’apôtre dit  « soyez soumises à vos maris    » On lit aussi la Genèse où il est écrit au sujet de la femme  « l’homme dominera sur toi.  »
Dans l’ordre de la Rédemption, depuis le Péché Originel, la femme doit être soumise à son mari sauf cas bien précis, et définis par l’église. Il m’est arrivé de remarquer un profond mouvement de révolte féminin contre cet état de choses. Deux motifs de refus sont invoqués  C’est injuste de toute façon, St Paul était misogyne.
Croyez-vous que celui qui a usé ses forces, risqué un nombre incalculable de fois sa vie, subi quantité de supplices et donné son sang pour évangéliser l’Europe  ; celui, donc, grâce auquel vous être baptisés  ; croyez-vous qu’il ait pu écrire sous l’inspiration du Saint-Esprit quoi que ce soit de méchant contre les femmes  Sur mandement de Dieu, il nous a enseigné la vérité concernant l’ordre voulu par Dieu. Son enseignement est clair et explicite. Toute autorité vient de Dieu qui en dispose comme Il l’entend, sans avoir à se justifier à nos yeux. Refuser ce principe, c’est faire le même péché de révolte que le Sanhédrin, c’est refuser la Royauté du Christ.
Il est vrai que d’un point de vue terre à terre cela peut paraître injuste. Après tout, une femme de notre époque ne saurait être responsable de ce qu’Ève a fait. Et puis pourquoi toujours les hommes et jamais les femmes  C’est dégoûtant à la fin 
Une telle rébellion est une grave erreur. De même que l’homme qui refuse de prendre ses responsabilités, ou qui use de son pouvoir pour faire souffrir les siens, trahit gravement sa Mission et encourt la Colère de Dieu  ; de même la femme rebelle qui brise l’harmonie en refusant sa place par sa révolte.
Dans le mariage, l’homme et la femme se complètent pour former comme une image, un signe, du Corps Mystique du Christ. L’homme est la tête et la femme est le coeur. Le corps fonctionne bien quand chaque élément remplit bien son rôle à sa place. La femme obéit, certes, mais intelligemment. Elle seconde son mari. Si ce n’est pas à elle de prendre les décisions, elle doit aider son mari à les prendre  ; et son aide est souvent déterminante. Mieux elle sera à sa place, plus elle se grandira.
Elle est celle qui exerce la fonction de porter l’enfant, la fonction de donner la vie. C’est elle qui donne la tendresse, qui est la flamme du foyer. C’est elle qui apprend aux tout-petits les premiers gestes religieux, les premières prières. Dieu a bâti la femme pour cela. C’est sa fonction essentielle dans le plan de la Création comme dans celui de la Rédemption. Il n’y a rien de plus merveilleux, rien de plus touchant qu’une femme qui rempli ainsi son rôle.
Il n’y a rien de plus odieux qu’une femme "libérée". Beaucoup d’hommes encourent la terrible Colère de Dieu parce qu’ils démissionnent de leur rôle de chef ou parce qu’ils se comportent en tyrans. Beaucoup de femmes sont sur le chemin de la perdition parce qu’elles sont "libérées". Elles refusent la soumission au chef de famille. Mais sur un bateau, il n’y a qu’un capitaine. Si le capitaine refuse de donner les ordres nécessaires, si le timonier refuse d’obéir au capitaine, il est temps de s’inquiéter des canots de sauvetage. Ainsi font naufrage de nombreuses familles.
Bien sûr, une femme qui se retrouve seule avec ses enfants doit faire face. Bien sûr, il faut parfois suppléer aux chiffes molles que sont certains maris, ou se défendre des monstres d’égoïsme pour survivre. Mais cela ne doit pas remettre en cause le principe. Et l’épouse doit moins chercher à prendre la place de son époux que de l’aider à revenir à ses devoirs de chef. Une femme qui a réussi à remettre son époux sur les rails et qui se soumet à son autorité n’a pas perdu son temps 
Mais prétendre à l’égalité, voire à la supériorité, c’est certainement travailler au malheur de la famille et à la perdition des enfants. Malheur à ces femmes qui sont pourries d’orgueil et qui mènent leur monde à la perdition  Malheur à ces hommes qui se dérobent à leurs responsabilités de Pères de famille  Que feront-ils, elles et eux, devant Celui qui leur montrera les effroyables conséquences de leur vanité et de leur lâcheté 
Mettons-nous bien dans la tête  Que cet ordre ici-bas a été établi par Dieu Lui-même. Que cet ordre est provisoire. Que c’est en nous soumettant à cet ordre à la place que Dieu nous a donnée que nous ferons notre Salut. Que c’est au Ciel que chacun aura sa place méritée et définitive.
On verra la tête que feront les féministes devant la Femme qui s’est parfaitement soumise à sa condition féminine et qui, maintenant, est plus haute au Ciel que tous les saints  la Très Sainte Vierge Marie.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Ne vous effrayez pas de votre fardeau, Notre-Seigneur le porte avec vous. Le Bon Dieu fait bien ce qu’Il fait, et quand Il donne à une jeune mère beaucoup d’enfants, c’est qu’il la juge digne de les élever. C’est de sa part une marque de confiance. Que vos enfants se rappellent seulement un jour bien plus ce qu’ils vous ont vu faire que ce que vous leur avez dit.
Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 7)
Ceux qui sont encore nouveaux et peu expérimentés dans la voie du Seigneur, peuvent aisément s’égarer et tomber dans le précipice, s’ils ne se gouvernent par l’avis des personnes sages. Que s’ils aiment mieux suivre leur sentiment, que de s’en rapporter à ceux qui ont de l’expérience, il feront une fin funeste, à moins qu’ils ne reviennent de leur entêtement. Il est rare que ceux qui sont sages à leurs propres yeux, aient assez d’humilité pour se laisser conduire par les autres. Peu de savoir avec l’humilité vaux mieux qu’un trésor de science avec une vaine complaisance de soi-même.

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N0 252        11/01/99

La seule vraie civilisation est celle de la Charité.

Lorsque Dieu détruisit Sodome et Gomorrhe, Il était prêt à arrêter son bras s’il s’était trouvé un seul homme de bien dans ces villes. Mais Il n’en trouva pas 100 ni 10, ni même un seul. Si ceux qui se veulent fidèles à la Religion catholique sans aucune altération, se montraient suffisamment fidèles, ils seraient des paratonnerres devant la Justice divine.
Sont-ils sommes-nous vraiment fidèles  Nous avons gardé le Credo, le catéchisme, la Messe etc. Bref  la Foi est sauve  mais est-ce suffisant  Car la Foi sans les oeuvres est vaine. Elle serait presque pire parce que c’est alors un talent inestimable qu’on ne fait pas fructifier. Malheur à ceux qui ne portent pas de fruits, car ils seront jugés sur ceux qu’ils auraient dû porter  «avez cru en Moi, mais vous n’avez pas fait ce que Je vous avais dit de faire.  » Car la vraie fidélité, qui seule sait plaire à Notre-Seigneur, ne s’arrête pas à la Foi, elle va jusqu’à transformer notre vie.
La vraie fidélité nous conduit à exercer réellement les vertus chrétiennes. Ce n’est pas parce qu’on a fait tel pèlerinage, ou qu’on va à telle Messe bien, qu’on est devenu un saint, qu’on est habilité à donner des leçons à tout le monde.
Les disputes, les magouilles, les guerres de clans, voilà un poison qui détruit la vie spirituelle de ceux qui veulent garder la tradition. Mais cette Tradition nous apprend que pour plaire à Dieu, nous devons exercer l’humilité. L’orgueil engendre l’aveuglement  ; l’humilité chrétienne la clairvoyance. Elle nous apprend aussi que nous devons exercer la patience, vertu qui nous fait supporter tout et nous rend capables de pacifier les gens. Ne condamnons pas tout le monde sous prétexte que "les autres" n’ont pas la quintessence de la pureté de la Tradition. Dieu travaille les cœurs lentement  ne cherchons pas à aller plus vite que Lui. Armons-nous de patience  Soyons aussi généreux. Donnons, d’une façon générale (il ne s’agit pas ici d’argent). Donnons de nous-mêmes, soyons généreux de notre temps et de nos forces en rendant service, en étant dévoués.
Car la vraie fidélité conduit à l’exercice de la Charité. Cette vertu, qui est le couronnement de la vie de la grâce, a été méprisée dans les milieux "tradis" parce que les progressistes en parlaient tout le temps et la mettaient à toutes les sauces. S’il est légitime de rejeter la fausse charité, ce ne doit pas devenir un alibi pour ne pas exercer la vraie vertu de Charité  : c’est sur cet exercice que nous serons jugés 
Qu’est-ce que la fausse charité  C’est un amour d’autrui, qui peut être parfaitement sincère, mais qui est purement horizontal et à ras du sol. C'est-à-dire, sans aucune motivation spirituelle. C’est une sorte de philanthropie consistant à faire du bien aux autres pour l’amour de l’homme ou pour épater la galerie… Innombrables sont les associations qui n’ont pas d’autre motif que celui-là. Une solidarité qui se cantonne au niveau naturel, sans ouverture sur le surnaturel. Cette fausse charité est bonne, à la rigueur, pour la société, mais certainement inutile pour le Ciel.
Car la vraie Charité est en forme de Croix  :  Le montant vertical signifie l’Amour de Dieu. Un amour tel qu’il nous fait vivre de la vie divine, de la vie de la grâce. C’est le fondement de toute vie spirituelle. Si vous ne cherchez pas à aimer Dieu vraiment, vous perdez votre temps et votre éternité. Mais en même temps, notre Charité doit être horizontale. En même temps, pas après ou avant. Certains voudraient d’abord réussir à aimer Dieu et ensuite s’occuper à aimer le prochain. Or St Jean nous dit que celui qui prétend aimer Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur 
Cette vraie charité donne vie à toutes les vertus chrétiennes  ; elle les illumine. Elle conduit à la délicatesse chrétienne. Le païen est plein de douceur pour lui-même et de rudesse pour autrui. Pour le vrai chrétien, ce doit être l’inverse. Exerçons la Charité de telle façon que nous finissions par nous montrer pleins de délicatesse pour les autres. À titre d’exemple, la politesse est un exercice de la Charité. Souvent, sous le prétexte qu’on connaît bien telle ou telle personne, on se comporte en pays conquis chez elle, sans retenue ni égards. Le vrai chrétien n’est pas un sauvage. La vraie politesse chrétienne ne consiste pas à lever le petit doigt en buvant sa tasse de thé, elle consiste à se rendre attentif au prochain. Elle fait éviter la goujaterie, les grossièretés, l’humeur maussade ou massacrante. Elle rend attentif à se montrer de bonne humeur, à supporter les défauts des autres, à les respecter, à se dévouer pour eux. On en voit qui se proposent pour rendre service, mais qui ont toujours un empêchement au moment voulu, tandis que d’autres, sans rien dire, rendent service avant même qu’on ait eu le temps de le leur demander.
Le summum de cette Charité consiste surtout à être attentifs à aider le prochain, autant que cela nous revient, à toujours se diriger vers le Salut éternel. Exerçons donc cette Charité de toutes nos forces. Plus la haine se déchaîne en notre monde de fous, plus nous devons prier et faire du bien par Charité. Le démon n’a de place que celle que nous lui laissons. Ne lui en laissons aucune  Faisons toute la place à ce Dieu qui est Charité.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:        Les moindres fautes contre la Charité doivent être regardées, selon vos principes,
        comme autant d’outrages faits à Jésus-Christ.
Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 10) Que sert-il de tarder longtemps à se confesser, ou de différer la sainte communion  Purifiez-vous au plus tôt, vomissez promptement le poison, courez au remède, et vous vous en trouverez mieux que si vous aviez différé longtemps. Si vous vous en éloignez aujourd’hui pour une chose, demain peut-être il en surviendra une autre plus considérable, et vous pourriez ainsi être privé longtemps de la communion, et vous y trouver dans la suite moins disposé. Tirez-vous le plus vite que vous pourrez de la pesanteur et de la langueur où vous êtes  ; car il n’en revient rien de demeurer longtemps dans la peine, de s’entretenir dans le trouble, et se priver des divin mystères pour des obstacles qui se présentent chaque jour. Il est, au contraire, très nuisible de trop différer à communier, parce que ce délai cause d’ordinaire à l’âme un profond engourdissement. Chose déplorable  il se trouve des tièdes et des lâches, qui saisissent volontiers des prétextes pour reculer leur confession, et qui, pour être moins obligés à veiller sur eux-mêmes, souhaitent que leur communion soit différée. Hélas  que ces personnes qui se dispensent si aisément de la sainte communion, ont peu de Charité  que leur dévotion est faible  Que celui-là est heureux et agréable à Dieu, qui vit de telle sorte, et qui maintient sa conscience dans une telle pureté, qu’il serait prêt et en état de communier tous les jours.

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N0 251        28/12/98

Noël, quelle joie  … Au fait, pourquoi est-Il venu 

En cette période nous vivons un grand moment, un moment d’échange  avec les vœux du Nouvel An. On échange force baisers au risque de s’échanger aussi les rhumes et grippes. Enfin  C’est la coutume et on y sacrifie.
Au fait  Pourquoi donc est-ce la coutume  Pourquoi parle-t-on du Nouvel An  Tout simplement, la terre entière marque le commencement de l’année avec la Naissance de Jésus, comme elle marque le décompte des ans avec cette même Naissance  Il y a 1998 ans que Jésus est né et nous entrons dans sa 1999ème année. Toute l’histoire de l’humanité pivote autour d’une date clef, celle de la Nativité de Jésus. Nouvel An, donc, de grâce, de Salut, parce que Nouvel An de l’Incarnation. Nouvelle Année où s’exercent les bienfaits de cette Incarnation. Car cette Incarnation ne s’est pas faite dans le but de faire une petite balade parmi les terriens, sur la planète Terre, comme les cosmonautes étaient allés faire quelques pas sur la lune.
Dans quel but le Fils de Dieu a-t-Il pris chair de Marie toujours Vierge  La première fin de l’Incarnation, c’est le Salut des hommes. L’Enfant-Dieu n’est pas venu en touriste. Il est venu payer notre dette à notre place, puisque nous en sommes incapables, nous.
Il a donc pris une peau pour grelotter de froid. Il a pris des pieds et des mains pour qu’ils soient transpercés. Il a pris une tête pour porter la Couronne d’épines, un dos pour qu’il soit lacéré par les fouets, des épaules pour porter la Croix et un Cœur pour qu’il soit transpercé. Il a pris du sang pour qu’il soit répandu pour nos péchés. Il a pris une âme avec une grande sensibilité pour être accablé par l’angoisse. Enfin, Il a pris cette nature humaine en l’associant à sa nature divine dans l’union hypostatique afin de donner une valeur infinie à toutes ses souffrances et payer ainsi la dette de nos péchés. Voilà pourquoi est né l’Enfant-Dieu. Ne l’oublions pas quand nous nous approchons de la Crèche.
La deuxième fin de l’Incarnation, consiste à nous offrir un Guide, un Modèle. Car qui oserait dire de bonne foi à Dieu qu’Il ne sait pas ce que c’est que d’être un être humain qui se traîne à la surface de la terre. Il sait ce que c’est, et Il nous a tracé la route  Nous avons un merveilleux Modèle. Non seulement Il nous a donné le mode d’emploi de notre vie, mais en plus Il nous en a fait la démonstration 
L’orgueil a été, avec la désobéissance, la source de tous nos maux. Jésus nous offre pendant toute sa vie sur terre l’exemple parfait de l’humilité et de l’obéissance. L’homme s’est détourné de Dieu. Jésus nous offre l’exemple d’une vie de prière intense pour nous faire comprendre que seule l’union de l’âme à Dieu peut apporter les vraies consolations. L’homme s’est tourné vers le monde créé, vers les plaisirs de la terre, pour aboutir en fin de compte au désespoir. Jésus nous apprend la nécessaire discipline du renoncement et de l’ascèse chrétienne pour obtenir la précieuse paix de l’âme. L’homme est tombé dans tous les excès de l’intempérance et de l’impureté. Jésus nous offre le modèle du parfait équilibre dans la mortification et de la pureté la plus immaculée.
Enfin, comme l’Incarnation a pour fin globale de réparer les dégâts causés par le Péché Originel, ce Mystère nous rend, d’une façon différente et infiniment supérieure, un Père et une Mère à aimer, à vénérer, à admirer. Jésus est notre Père dans la grâce. La Ste Vierge est notre Mère du Ciel. Toutes les grâces qui nous viennent du Sauveur passent par les mains très pures, les mains si douces et si bonnes de la Vierge Mère. J’en entends parfois qui incriminent nos premiers parents, Adam et Ève  ; mais qu’ils regardent donc le Nouvel Adam et la Nouvelle Ève  Et qu’ils répondent à cet amour si tendre, si doux du Dieu offensé qui vient s’anéantir et nous donner une nouvelle Mère, ô combien plus douce et aimable que la première.
Oui  réjouissons-nous, même si notre joie est empreinte de gravité à cause des souffrances de la Rédemption. Soyons pleins de reconnaissance pour tant d’amour de la part du Bon Dieu. Et montrons-nous dociles à ses enseignements. Ne faisons pas la même erreur que nos premiers parents. Que toute notre vie soit une réponse d’amour au Dieu d’infinie Majesté qui s’est fait petit Enfant et à la Vierge pure qui l’a enfanté.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Notre âme est si précieuse aux yeux de Dieu que, dans sa sagesse, Il n’a point trouvé de nourriture qui fût digne d’elle que son Corps adorable, dont Il veut qu’elle fasse son pain de chaque jour.

Imitation de Jésus-Christ:        (L IV, Ch 1)
Vous me commandez d’approcher de Vous avec confiance, si je veux avoir part avec Vous  ; et de recevoir la nourriture de l’immortalité, si je veux obtenir la vie et la gloire éternelle. «à Moi  », dites-Vous, «tous qui êtes dans la peine et qui êtes chargés  ; et Je vous soulagerai  » (Matth. XI, 28). Ô que cette parole est douce et tendre pour un pécheur, par laquelle Vous qui êtes mon Seigneur et mon Dieu, Vous appelez l’indigent et le pauvre à la communion de votre très saint Corps  Mais qui suis-je, Seigneur, pour oser m’approcher de Vous  «l’étendue des cieux ne peut Vous contenir  » (III Rois, VIII, 27)  ; et Vous dites  «tous à moi.  »

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No 250 14/12/98

Noël, la victoire radieuse de l’Humilité.

Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. En général, on n’aime pas fréquenter longtemps quelqu’un qui a une façon de vivre, une conception de la vie trop différentes  soit on s’accorde en se rapprochant, soit on se sépare pour éviter la guerre. Celui que la religion ennuie finira par quitter la compagnie des gens pieux. Il préférera aller hanter les lieux de plaisirs. Mais celui qui aime la religion, qui aime Dieu, trouvera éprouvante et pesante la compagnie de jouisseurs sales et paillards.
Pour sa Nativité bienheureuse, Notre-Seigneur s’est plié à cette règle  Il n’est pas né dans le palais d’Hérode, ni dans l’hôtellerie, au milieu d’une foule de courtisans plus attentionnés les uns que les autres et avec une flopée de servantes.
Non  Il est né dans une humble étable, pauvre trou humide dans la paroi rocheuse. Et, hormis la Ste Vierge et le bon St Joseph, Il n’avait pour compagnie et pour adorateurs que deux braves bêtes de somme  un boeuf et un âne.
Au temps des rois, c’était un privilège recherché que de servir le souverain en sa vie courante. La Nuit de Noël, les privilégiés sont ces deux bêtes qui réchauffent l’Enfant-Dieu de leur souffle, tandis que la Vierge Mère et son Chaste Époux se dévouent pour le trésor inouï que le Bon Dieu leur a confié. Plus tard les Bergers vont aussi avoir le privilège de former la Cour des Adorateurs du Dieu fait Homme. Hommes de bien, sans aucun doute, sans quoi, les Anges en auraient prévenus d’autres.
D’aucuns pourraient penser  Et pourquoi pas moi  Ah  Mais c’est qu’il y a des conditions pour être admis en la présence du Roi des rois  Ce n’est pas une question de naissance puisqu’on trouve aussi bien les Bergers que les Rois Mages. Ce n’est pas non plus une question de porte-monnaie, les Bergers et les Mages reçoivent le même accueil, quelles que soient leurs offrandes. Peu importe si l’on est un puissant de ce monde ou un misérable gueux.
Le boeuf et l’âne sont le symbole de ceux qui vivent honnêtement en accomplissant leur devoir d’état. Le Péché Originel a eu pour conséquence la nécessité de gagner son pain à la sueur de son front. Le Sauveur n’est certainement pas venu encourager la paresse.
La toute première condition pour avoir le privilège de s’approcher de l’Enfant-Jésus, c’est l’humilité. Humilité des Bergers qui s’empressent d’adorer le petit Nouveau-né divin. Ils se moquent bien du "qu'en dira-t-on". Ils sont tout à la joie simple et suave de cette merveilleuse nouvelle  Le Sauveur est né  Et ils iront le proclamer à toute la contrée qui, selon les Évangiles, n’a apparemment pas bougé… On ne va tout de même pas aller s’humilier devant un enfant né dans une étable  … Dommage pour eux. Heureux Bergers dont l’humilité a été le laissez-passer auprès du Dieu fait Homme.
Mais que dire de l’humilité de St Joseph. Lui qui a été choisi comme le Gardien du Trésor divin. Lui  on ne l’entend pas, mais comme son amour de la Vierge et de l’Enfant est actif, diligent, efficace  Qui connaît toutes les attentions délicates dont il fait preuve 
Il y a enfin la merveilleuse et si jeune Marie, la Vierge Mère. Pour être le plus beau des enfants des hommes, il fallait que Jésus ait la Mère la plus humble, la plus pure, la plus aimante, bref  ! la plus parfaite qui soit sortie des mains du Créateur. Qu’il est beau le spectacle de cette humble Vierge qui, par son fiat, a mérité de porter et de mettre au monde le doux Sauveur  Imaginons-la, penchée sur l’Enfant-Jésus, l’entourant de tous les soins maternels dont a besoin tout nouveau-né, et en même temps adorant le fruit de ses entrailles. En tenant tendrement son Fils dans ses bras, c’est le Créateur de l’univers, son propre Créateur, qu’Elle porte  Qui pourra jamais dire l’échange merveilleux qui s’opère entre le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de l’Enfant-Jésus ?
En la sainte Nuit de Noël, nous serons des privilégiés. Ce privilège nous sera offert, pour peu que nous développions en nous les bonnes dispositions nécessaires. Bannissons les pensées, les conversations, les actes qui offensent la pureté  car seuls ceux qui ont un cœur pur verront Dieu. Débarrassons-nous de la carapace de l’orgueil afin d’avoir la souplesse qui nous permettra de nous abaisser jusqu’à la hauteur du Fils de Dieu. Car, comme l’entrée de la pauvre étable, la porte du Ciel qu’Il vient ouvrir est étroite et basse  ; et seuls ceux qui redeviennent comme des petits enfants pourront aller au Ciel. Enfin chassons l’ingratitude, l’égoïsme, les rancunes, le mauvais esprit. Car ce Dieu qui naît à Noël, c’est le Dieu de l’Amour.
Et nous verrons ce que cela signifie que d’être des privilégiés de Dieu. Nous verrons l’aboutissement de la gloire divine. Car cet Enfant est venu nous ouvrir la route du Ciel.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Que faisaient la Sainte Vierge et Saint Joseph  Ils regardaient, Ils contemplaient, Ils admiraient l’Enfant Jésus, voilà toute leur occupation.

Imitation de Jésus-Christ:        (L II, Ch 10)
Je ne veux point de consolation qui m’ôte la componction, et je n’aspire point à une contemplation qui mène à l’orgueil. Car tout ce qui est élevé n’est pas saint, tout ce qui est doux n’est pas bon, tout ce qu’on désire n’est pas pur, et tout ce qui est cher à l’homme n’est pas agréable à Dieu. J’accepte volontiers une grâce qui me rend plus humble et plus circonspect, et plus prêt à me renoncer moi-même. Celui qui a senti le don de la grâce, et la peine de sa privation, n’osera s’attribuer aucun bien  ; mais il avouera plutôt qu’il est pauvre et dénué de tout.

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Le St Curé d'Ars:       
On demandait à un saint quelle était la première des vertus  «‘est, répondit-il, l’humilité. Et la seconde  L’humilité. Et la troisième  L’humilité.  »

Imitation de Jésus-Christ:        (L II, Ch 1)
Courage, âme fidèle, préparez votre cœur à cet époux, afin qu’il daigne venir à vous et habiter en vous. Car voici ce qu’il dit  « quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, en nous ferons en lui notre demeure  » (Jean, XIV, 23). Faites donc place à Jésus-Christ dans votre cœur, et refusez-en l’entrée à tout le reste. Vous êtes riche en possédant Jésus-Christ, et lui seul vous suffit. Il pourvoira lui-même, et veillera fidèlement à toutes vos affaires  ; en sorte que vous ne serez plus dans le besoin de mettre votre confiance aux hommes. Car les hommes changent vite, et manquent tout d’un coup  ; « Jésus-Christ demeure éternellement  » (Jean, XII, 34), et son assistance subsiste jusqu’à la fin.

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Le St Curé d'Ars:       
Le Jugement, bien loin de jeter le chrétien dans le désespoir, ne fait que le consoler. Il va trouver non un Juge sévère, mais son Père et son Sauveur.

Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 52)
L’humble contrition du pécheur est pour Vous, Seigneur, un sacrifice agréable, d’une odeur infiniment plus douce que celle de l’encens qu’on brûle en votre Présence. Elle est aussi ce parfum agréable que Vous voulûtes que l’on répandît sur vos Pieds sacrés (Luc, VII, 46)  ; parce que «n’avez jamais rejeté un cœur contrit et humilié  » (Psaum. I, 19). C’est là qu’est le lieu de refuge contre la fureur de l’ennemi. C’est là que tous les défauts contractés d’ailleurs et toutes les souillures se corrigent et s’effacent.

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N0 247 02/11/98

C’est par son Église que Jésus-Christ nous sauve.

Les ennemis infiltrés dans l’église se sont acharnés à faire disparaître les trésors de spiritualité accumulés depuis 2000 ans. Ils se sont spécialement acharnés contre le latin, la langue de l’exactitude doctrinale. Les gens ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient, disaient et entendaient, nous ont-ils dit. Mais je ne crois pas que les gens ont mieux compris les Évangiles parce qu’ils étaient lus en français  Ce n’est pas la compréhension superficielle qui importe, mais la pénétration en profondeur de la doctrine évangélique. Les Saints Évangiles sont extrêmement riches en enseignements. Les Pères de l’Église passaient leur vie à étudier la Ste Écriture, y trouvant une nourriture abondante pour leurs âmes.
À leur exemple, nous devons chercher connaître en profondeur ce que Notre-Seigneur nous enseigne par la Ste Écriture. Ainsi l’Évangile du 6ème dimanche après l’Épiphanie comporte bien des leçons.
Il est d’abord antidémocratique. La petite graine qui donne un arbuste de sénevé, le petit morceau de levain qui provoque la fermentation de toute la pâte sont les symboles de l’évangélisation de toute la terre par quelques personnes. Au départ, qui donc avait raison  l’infime minorité des Apôtres et des disciples restés fidèles, ou l’immense, l’écrasante, majorité des païens hostiles  Voilà qui montre bien à quel point nous ne devons jamais nous laisser impressionner par le nombre. Beaucoup sont, hélas  atteints du complexe minoritaire, qui est un syndrome démoralisant. Heureusement pour nous que les Apôtres, aidés du Saint-Esprit, ont échappé à un tel complexe  Le grain de sénevé est petit, mais il est plein de vie.
La vitalité de l’âme , c’est la vitalité de la Vérité et de la Charité. On doit se désoler que tant de fidèles et même de prêtres aient abandonné la Vérité qui ne saurait changer, pour adopter l’erreur de l’hérésie moderniste. Comme il est évident aujourd’hui que cette hérésie détruit la vitalité de l’Église 
La deuxième leçon que l’on peut tirer de cet Évangile, c’est que le Salut éternel n’est pas œuvre humaine, mais divine. C’est Dieu qui sauve. Si le jardinier travaille la terre, la fume puis l’ensemence, c’est Dieu qui fait pousser les légumes. Ainsi, personne ne saurait avoir l’outrecuidance de sauver l’Église  ; c’est elle, comme instrument du Christ, qui nous sauve. C’est en elle que nous pouvons trouver un abri. Ce ne sont pas le Pape, les évêques ou les prêtres qui sauvent les âmes  ; c’est le Christ qui, pour sauver, se sert de son Église, du Pape, des évêques et des prêtres. Ce ne sont pas les parents qui sauvent leurs enfants, c’est Dieu.
Mais Il veut se servir d’intermédiaires. Il veut des ouvriers dans sa moisson. Et le résultat dépendra aussi de ce que vont faire les ouvriers. Chacun a sa part à accomplir. Mais il faut l’accomplir dans l’humilité. Chacun de nous reçoit une parcelle d’autorité plus ou moins grande. Nous n’avons pas à nous en servir pour chercher à faire du sensationnel et du nouveau, mais du vrai et du bien. Il ne faut pas tant donner de soi, que donner de Dieu. C’est certainement plus utile au prochain 
La troisième leçon, c’est la façon dont les oiseaux s’abritent dans le sénevé. S’abriter ainsi, c’est recevoir les bienfaits de l’Église  protection et nourriture de l’âme. On ne peut tricher avec Dieu. S’abriter dans l’Église, cela suppose une adhésion pleine et entière à la Foi, l’Espérance et la Charité. Comment prétendre s’abriter sous la protection de l’Église du Christ sans croire toute la Vérité catholique, sans chercher à la connaître en profondeur  Comment se dire catholique sans désirer ardemment le Ciel et sans prendre tous les moyens pour obtenir la grâce et la conserver afin d’y parvenir  Celui qui appartient à l’Église, il est dans le monde, mais sans être du monde. Il sait qu’il n’est pas sur terre pour autre chose que de gagner l’éternité du Ciel. Il sait que le Christ a donné tous les moyens utiles et nécessaires pour réussir son éternité.
On se met enfin sous la protection du sénevé par la pratique effective de toutes les vertus chrétiennes, et principalement par une vraie et profonde Charité. La Charité n’est pas un sentiment, mais une disposition de la volonté. Elle nous fait vouloir Dieu  ; et donc vouloir ce que Dieu veut. N’est pas à l’abri de l’Église celui qui ne veut pas vraiment ce que Dieu veut.
La connaissance de l’Évangile est toujours enrichissante, mais elle serait stérile si elle n’aboutissait pas à une vraie pratique qui soit le résultat d’une conviction profonde.
Si nous voulons bénéficier des bienfaits du Christ, ne nous préoccupons pas du nombre mais de la Vérité catholique et de la Vie qui en découle. Nous verrons un jour que cette protection, ces bienfaits, cette Vie transcendent la mort et trouvent leur accomplissement éternel dans la Vie du Ciel.

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d’Ars          Les sacrements nous donnent tant de force pour persévérer dans la grâce de Dieu, que jamais l’on n’a vu un saint s’éloigner des sacrements et persévérer dans l’amitié de Dieu.

Imitation de Jésus-Christ          (L III, Ch 54) La nature rapporte tout à elle-même  ; c’est pour elle qu’elle combat et qu’elle dispute. La grâce, au contraire, ramène toutes choses à Dieu, comme à la source d’où elles découlent. Elle ne s’attribue aucun bien, elle ne présume de rien avec orgueil  ; elle ne conteste point, et ne préfère point son avis à celui des autres, mais elle soumet tous ses sentiments et toutes ses lumières à la sagesse éternelle et au jugement de Dieu. La nature cherche à savoir des secrets et à entendre des nouvelles  ; elle aime à paraître au dehors et à éprouver beaucoup de choses par les sens  ; elle désire d’être connue et de faire ce qui attire des louanges et de l’admiration. Mais la grâce ne se soucie point d’apprendre des choses nouvelles et curieuses, parce que tout cela vient de la corruption du vieil homme, n’y ayant rien de nouveau ni de stable sur la terre.

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N0 246 19/10/98

Pour être libres, soyez les obéissants sujets du Roi des rois.

Il y a quelques années, une haute autorité dans l'église avait prétendu que la société était un "espace d’autonomie" vis-à-vis de Dieu et de l’église. Il s’agit là de cette théorie selon laquelle le domaine temporel est totalement séparé du domaine spirituel, et non pas seulement distinct. Théorie qui prétend donc qu’il ne saurait y avoir de justes et légitimes ingérences du domaine spirituel dans le domaine temporel.
Ils oublient, ceux qui prônent de telles idées, que si l’on doit rendre à César ce qui est à César, César a comme tout premier devoir de rendre lui-même à Dieu ce qui est à Dieu. Le pouvoir temporel doit reconnaître sa sujétion à Dieu. La loi de la Société, ou de la Cité, est forcément injuste et illégitime si elle n’est pas le reflet de la Loi naturelle et divine, c'est-à-dire du Décalogue. Une Cité coupée de Dieu devient très vite une Cité de cauchemar. Une Cité où on vole, on "tabasse", on viole et on tue. Une Cité où on ment, on trahit, on vit comme des bêtes, et même pire  Une cité où on tue les faibles  les bébés, les vieillards, et bientôt les infirmes incurables  Une Cité barbare, sauvage, où la veuve et l’orphelin n’ont plus qu’à se terrer en regrettant l’obscurantiste Moyen-Age, quand de preux et purs chevaliers les défendaient.
Car là où on viole les 3 premiers Commandements de Dieu, il ne faut pas croire que les 7 autres seront respectés  J’en veux pour preuve le triste spectacle qu’offrent nos sociétés actuelles, dignes fruits de la "philosophie" hostile à Dieu de la Révolution. Nous en voyons aujourd’hui le monstrueux résultat. Dans une abondance de biens matériels, les gens vivent malheureux, désespérés. La maladie du siècle, c’est la dépression. Innombrables sont les malheureux qui vivent sous la dépendance (esclavage) des antidépresseurs. Le marché du siècle, c’est la drogue. Il y a 40 ans, la Police réussissait à saisir 500 g à 1 kg de cocaïne  ; mais maintenant, c’est par tonnes qu’on en saisit  Même nos "ministresses" se vantent d’y avoir touché  La grande et première cause de mortalité chez les jeunes, c’est le suicide. Quand on n’a pas de vraie raison de vivre, on ne voit pas pourquoi il faudrait supporter les souffrances de cette vie…
Vraiment, sans Dieu, les gens sont totalement déboussolés. Le seul remède consiste à faire régner le Christ dans la vie privée de chacun, comme dans la vie de la Cité. Ce règne ne supprime pas la liberté, au contraire, car la Vérité rend libre. À Pilate, Jésus explique comment s’étend son règne  «suis Roi. Et si je suis né, si je suis venu dans le monde, c’est afin de rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est pour la Vérité écoute ma voix.  ».
La question est de savoir ce que c’est qu’être pour la Vérité. Cela consiste tout d’abord à chercher à la connaître le plus parfaitement possible. Celui qui est pour la Vérité, connaît son catéchisme entièrement. Il ne déforme en rien la doctrine chrétienne. Il ne lui rajoute rien de son cru. Il lui soumet entièrement son intelligence.
Être pour la Vérité consiste aussi à combattre tout dédoublement de la personnalité  pendant la journée, être chrétien ou ne pas être chrétien, voilà la question. Car celui qui cherche un certain confort dans le doute mondain, dans une discrétion de bon aloi permettant de masquer son respect humain  ; celui qui ne veut être chrétien que lorsqu’il n’y a ni risque ni fatigue  ; celui-là n’est pas convaincu, il n’est pas pour la Vérité. Car être pour la Vérité, c’est reconnaître les obligations qui découlent de cette Vérité, et c’est s’y soumettre de toutes ses forces. Voilà pourquoi tant de personnes hésitent sur le seuil de la conversion  cela implique un tel changement de vie 
Mais alors, malheur à ceux qui ne sont pas de la Vérité. Ils sont avec les pharisiens. Hommes de mensonge, de "magouilles", amis des ténèbres. Ou alors, ils sont avec la foule. Hommes versatiles, sans racines, sans convictions. Le premier jour de la semaine ils crient «    » et le sixième jour «  ». Ou encore ils sont comme Pilate  ; sachant où est le vrai et le juste, mais par indifférentisme, scepticisme et cynisme, ils sont prêts à vendre le Juste, si cela peut servir leur intérêt du moment. Oui malheur à ces aveugles qui piétinent la Vérité. Ils sont les ennemis de ce Roi des rois qui se définit Lui-même comme la Voie, la Vérité et la Vie.
Mais heureux ceux qui entendent sa Voix. Heureux ceux qui croient sa Vérité. Heureux ceux qui vivent de sa Vie, celle de la grâce  Ils veulent Le faire régner ici-bas, ils régneront avec Lui dans la Gloire 

+ Jehan de Durat.

Le St Curé d'Ars:       
Dans ses Apôtres, Il contemple son zèle et son amour pour le salut des âmes  ; dans
les martyrs, Il contemple sa patience, ses souffrances et sa mort douloureuse  ; dans les solitaires, Il voit sa vie obscure et cachée  ; dans les vierges, Il admire sa pureté sans tache, et dans tous les saints sa Charité sans bornes  ; de sorte qu’en admirant les vertus des saints, nous ne faisons qu’admirer les vertus de Jésus-Christ.

Imitation de Jésus-Christ:        (L III, Ch 10) Que vous donnerais-je pour ce nombre infini de bienfaits  ? Que ne puis-je vous servir tous les jours de ma vie  Que ne puis-je au moins vous rendre pendant un jour un service digne de vous  Vous êtes vraiment digne de tout service, de tout honneur, et d’une louange éternelle. Vous êtes vraiment mon Seigneur, et moi je suis votre pauvre serviteur, obligé de vous servir de toutes mes forces, et de chanter vos louanges sans dégoût et sans relâche. C’est ce que je veux, c’est ce que je désire faire  ; daignez suppléer pour ce dessein à tout ce qui me manque.

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