ADOPTION : LE CHOIX DE L’AMOUR

par le père Jim Whalen

 

            Les pro-vie vie préconisent l’adoption au lieu de l’avortement pour ceux qui ne sont pas encore prêts à être parents et à élever des enfants.  Mère Teresa explique clairement cette position : « L’adoption est la réponse pour ces enfants non voulus qui deviennent des enfants désirés par des parents adoptifs qui les aiment.  Naturellement, il n’y a pas d’enfants non voulus par Dieu »  (Pro-life Christians, 1992, p. 85).  L’éthique catholique affirme la valeur unique de la vie humaine et la dignité de chaque personne, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.  Il y a beaucoup de sagesse dans cette remarque de la conseillère Monica Miller : « Lorsqu’un enfant meurt, le monde entier est en deuil.  Lorsque des millions d’enfants meurent, le monde reste indifférent » (ibid. p. 109).  Le fait est que si la société voulait considérer sérieusement cette possibilité, non seulement la plupart des gens l’accepteraient mais ils préféreraient l’adoption à l’avortement.

 

            Il est faux de dire que l’adoption est un abandon de ses responsabilités morales comme le prétendent les partisans de l’avortement en déclarant qu’il n’est pas très humain d’abandonner un bébé (Rocky Mountain Planned Parenthood, 1985).  Ils affirment que les agences d’adoption sont incompétentes et remplies de problèmes.  Leur principe néoféministe considère l’enfant comme un bien dont la mère peut disposer à son gré.  Les conseillers dans les usines de mort que sont les cliniques d’avortement ont mission de dénoncer l’adoption car elle représente une perte de revenus d’environ 600$ (profit réalisé par Henry Morgentaler pour chaque avortement). Lorsque la notion de profit devient plus importante que la personne humaine, la culture de mort d’une société vient d’atteindre de nouveaux sommets dans l’absurdité et la perte du sens commun. Ce laïcisme flagrant montre que nous sommes clairement sur la voie de l’autodestruction avec des camps de stérilisation et des programmes coercitifs anti-vie de santé reproductive. (International Planned Parenthood Federation, Canadian Planned Parenthood Federation, la Banque mondiale, les Nations unies, etc.)

 

            Il est étrange que tant de femmes acceptent cette éclipse de la raison, une attitude anti-vie qui propose des demi-vérités et des mensonges éhontés, et choisissent de faire tuer leurs enfants plutôt que de les donner en adoption.  Elles ne peuvent supporter l’idée que quelqu’un d’autre pourrait les élever, ce qui révèle qu’elles tiennent vraiment à ces enfants à naître. Ce mode de pensée a pour résultat le syndrome postabortum qui les plonge dans la dépression et la culpabilité, blessées pour la vie et mentalement handicapées, incapables de fonctionner dans un monde qui a perdu toute signification en leur ôtant le sens de la valeur et de la dignité humaines. 

 

            Prenant conscience de tout le potentiel de l’adoption, la National Organization for Women (NOW) et Planned Parenthood ont lancé diverses campagnes visant à convaincre le public que l’adoption ne saurait représenter une solution valable, et ils la présentent comme « une institution menée avec incompétence (NCB, Roe contre Wade, 1989), une solution superficielle à l’avortement, désespérément naïve et proposée à coups de slogans (Newsweek Magazine, mai 1989) ».  Certains sont allés jusqu’à dire que « si le gouvernement fédéral encourageait de quelque façon l’adoption, cela équivaudrait à un comportement coercitif. Personne mieux que la femme elle-même ne sait ce qui est préférable pour elle » (David Grimes, avorteur, Pro Life Activist’s Encyclopedia, Brian Clowes, ch. 35, 2).

 

            Les couples mariés choisissent l’adoption pour diverses raisons : le besoin d’avoir des enfants, l’infertilité, la générosité, l’engagement social, la gratitude, etc.  La principale raison pour adopter des enfants est peut-être qu’elle est une réponse à un appel à l’aide et que la charité est l’essentiel de la vie.  Joseph était le père adoptif de Jésus.  Dans le royaume spirituel, les chrétiens sont tous des enfants adoptifs du Père par le Baptême et Marie les a adoptés, comme nous l’enseigne l’Écriture : « Femme, voici ton fils. »  Le réseau de relations tout entier, de la plus petite cellule de la société, la famille, jusqu’à la famille étendue, la paroisse, l’Église, nous est donné dans l’enseignement doctrinal du Corps mystique du Christ.

 

            Le processus, quand est prise la décision d’adopter, consiste à choisir la méthode d’adoption et à se mettre à la recherche d’un enfant.  Bil Keane, dans une bande dessinée intitulée Family Circus, en donne un point de vue positif : « Nous on est sortis du ventre de maman, mais Joseph a été adopté, alors il est sorti du cœur de sa maman. » (The Canadian Adoption Guide, 1994, Judith Wine, p. 1).

 

            Il faut attendre en moyenne presque six ans avant de pouvoir adopter un nouveau-né en bonne santé en passant par le gouvernement (Adoption in Canada, K. Daly & M. Sobol, 1993, 52).  L’adoption par des agences privées indépendantes prend moins longtemps et exige de fournir un certain nombre de renseignements personnels ainsi qu’une quantité considérable d’énergie et de temps.  L’attente dure entre vingt et vingt et un mois (Adoption in Canada, 52).

 

            Les coûts de l’adoption privée sont variables. Il faut d’abord payer les services de divers professionnels de l’adoption, la collecte de l’information et l’aide légale et administrative (entre 4.528 et 5.873 $ ; Adoption Canada, 54).  Il y a ensuite les frais pour la recherche des parents naturels, la publicité et la correspondance.

 

            La période d’attente en passant par l’adoption internationale peut aller de quelques mois à plusieurs années.  Les frais sont plus élevés et peuvent atteindre 25.000 $ et plus.  Les dépenses s’élèvent en moyenne à 15.000 $ pour la Chine, à 20.685 $ pour la Russie et à 22.000 $ pour le Guatemala (The Adoption Option, 1999, p. 8).  Ces coûts élevés s’expliquent par le fait que les professionnels de l’adoption sont intéressés à faire des profits et que ces adoptions demandent des déplacements et du parrainage. 

 

            Les parents qui adoptent appartiennent en général à la classe moyenne.  En 1999, un sondage montrait que 60% des mères adoptives avaient une éducation supérieure (National Center for Health Statistics).

 

            Au Canada, en 1998, 1.400 enfants ont été adoptés au pays et 2.222 à l’étranger.  En Ontario, il y a entre 210 et 230 nouveau-nés adoptés chaque année (The Adoption Option, p. 501-502).  Il y a au Canada plus de 50.000 enfants en foyers nourriciers et 17.000 d’entre eux seront adoptés.  Beaucoup restent malheureusement en foyers nourriciers.  « Nous tenons un meilleur registre de nos voitures que de nos enfants, et c’est une honte » (Judy Grove, directrice du Conseil d’adoption du Canada).  En Ontario, on compte environ 1.232 enfants prêts à être adoptés, mais on ne les fait pas entrer dans le système.  L’agence publique la plus importante est la Toronto Metro Children’s Aid Society.  En 1997, 1.831 enfants ont été confiés à ses soins ;  elle en a placés 79. (The Adoption Option, p. 504).  On estime à 16.000 le nombre de couples qui cherchent à adopter chaque année au Canada.

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