TÉMOIGNAGE

TÉMOIGNAGE

 

Jésus est venu chercher sa brebis égarée

 

J'ai 49 ans; je suis née un 14 décembre, fête de Saint Jean de la Croix. J'ai eu une enfance très dure: parents séparés, père alcoolique. Élevée chez une tante, privée d'affection et de tendresse, j'ai été contrainte à travailler très jeune. Pas de diplôme.

 

Je me suis mariée à 18 ans, un 14 septembre, fête de la Croix glorieuse, croyant enfin trouver tendresse et amour. Là encore, déception. Mon mari, traumatisé durant son enfance, battu par sa mère, fut lui aussi privé de tendresse. Nous étions malheureux tous les deux. Catholiques, mais totalement indifférents à la religion, nous vivions uniquement pour le matériel. Tout près de chez nous, j'ai connu deux religieuses très bonnes qui m'ont souvent consolée et aidée de leurs prières.

 

Nous avons eu deux filles qui étaient, elles aussi, malheureuses, car mon mari buvait beaucoup. La violence, la haine habitait notre foyer. En 1987 s'est produit un drame. Mon mari a tenté de se suicider avec son fusil de chasse. Il a eu le visage tout défiguré mais, grâce à Dieu, il n'est pas mort. À cette époque, nos filles étaient parties de la maison, où la vie était insupportable. Pour mon mari, c'était le désespoir; la haine emplissait mon cœur.

 

Je n'avais plus envie de vivre; je trouvais la vie injuste; j'en voulais à tout le monde. Je me disais qu'il y avait une raison, que Dieu me punissait, que, dans mon cœur, j'étais mauvaise. Mes amies religieuses et une autre amie rencontrée lors d'un voyage en 1986 m'ont beaucoup aidée moralement et avec leurs prières, mais je n'arrivais pas à remonter la pente: j'étais au milieu d'un tunnel... Je n'arrivais pas à sortir de ce tunnel, de ces ténèbres. Je souffrais, j'avais si mal.

 

Pourtant, mon amie C. n'a jamais cessé de m'écrire, de me soutenir de son amitié. C'est sûrement le Ciel qui l'avait mise sur mon chemin pour m'empêcher de sombrer davantage dans le désespoir. Elle a été tellement patiente avec moi durant toutes ces années noires: c'est ça la vraie charité chrétienne. Qu'elle en soit remerciée.

 

En 1990, je regardais à la télévision "Mission", un film émouvant sur la vie des missionnaires offrant leur vie pour témoigner de leur foi. Brusquement, je ressentis un parfum très doux, mais très fort aussi, un parfum que je ne pouvais définir, comme si tous les fruits et toutes les fleurs de la terre y étaient mélangés. J'en fus surprise; je suis allée dans toutes les pièces, me demandant d'où venait ce parfum. Mais rien dans les autres pièces. C'était là, près du canapé où je me trouvais que ce parfum était perceptible. Il a duré une demi-heure. Il est revenu quelques jours plus tard. Je pleurais, j'aurais voulu savoir ce qu'il signifiait. J'ai écrit à mon amie religieuse pour lui demander conseil. Je n'osais pas en parler autour de moi; je me disais que personne ne me croirait, voire même qu'on penserait que mon cerveau n'allait pas très bien. La religieuse a répondu de suite à ma lettre. Elle m'a dit que ce parfum provenait de Marie, qui venait près de moi pour me consoler. J'avais acheté quelque temps auparavant une icône "Marie, Porte du ciel".

 

C'est par ce parfum, qui est revenu plusieurs fois par la suite, toujours quand j'étais très en peine, que toute rancune, toute haine sont parties de mon cœur. A la place, j'éprouvais de la compassion et de la tendresse pour mon mari. Je me suis mise à l'aimer, à le protéger, à l'aider de mon mieux. Pourtant, je ne pratiquais pas; j'allais de temps en temps à l'église, mais furtivement. Je priais devant la statue du Sacré-Cœur; je regardais son Cœur saignant et son regard si doux. Une petite voix, un jour, me dit dans mon cœur: «Je suis ton Père, pourquoi ne viens-tu pas plus souvent dans ma Maison? Moi, je t'aime!»

 

Je partis toute honteuse. Je ne me sentais pas propre; j'étais toute souillée de péchés. Je ne m'étais pas confessée et n'étais plus allée à la messe depuis mon mariage, sauf pour les baptêmes et communions de nos enfants.

 

Enfin, il y eut ma conversion, la veille de la Pentecôte 1993. Je regardais la télévision; il était 13h15. C'était une émission sur la confession. Il y avait des témoignages. Une femme disait que quand elle allait se confesser son âme était lavée par le Sang du Christ. Cette phrase m'a bouleversée. Ainsi, quelque chose s'est passé dans mon cœur; une voix intérieure m'a ordonné - oui, c'est le mot - "Va tout de suite à l'église; va te confesser." La voix était si impérieuse, c'était plus fort que moi, quelqu'un me poussait hors de la maison. Je suis partie immédiatement mais, arrivée à l'église - il était 13h30, l'église était vide, aucune affiche pour les heures de confession. J'étais étonnée, me demandant pourquoi j'étais là. J'étais déçue, mais je me suis agenouillée; j'ai pris mon chapelet pour prier, mais mon chapelet s'est cassé. J'essayai de le prendre par un autre bout, mais là encore il se cassait. C'était pourtant un chapelet de qualité; tout d'abord, je ne compris pas. Ensuite me vint à l'esprit que le démon n'était pas content qu'une âme lui échappe.

 

Aussi, je me suis mise tout de même en prière. Aussitôt, j'ai entendu des pas derrière moi: c'était le prêtre qui arrivait. Il m'a regardée, étonné. Je lui ai demandé les heures de confession. Il m'a répondu qu'il était disponible et m'a conduite à la sacristie et s'est mis à me parler de la miséricorde de Jésus et des miracles qu'opérait le Saint Esprit en ce moment dans les âmes. Il m'a dit que lui aussi, il a été appelé dans son presbytère par une voix intérieure lui disant d'aller à l'église, car il n'y allait jamais à cette heure-là. Dès qu'il m'a vue en prière, il a su que l'Esprit Saint l'avait appelé pour moi, pour sauver mon âme. Je me suis confessée; le prêtre m'a aidée à dire les prières, car j'avais tout oublié. Au milieu de la confession, j'ai craqué; je me suis mise à pleurer à chaudes larmes. Je ne pouvais plus m'arrêter. J'étais humiliée... Le prêtre m'a donné l'absolution et bénie. Jamais je n'ai été aussi heureuse; mon âme était libérée de tous mes péchés, pardonnée, lavée dans le Sang de Jésus, mon Sauveur. Je suis allée m'agenouiller devant le Sacré-Cœur. Jésus avait la main levée comme pour me bénir et ses yeux avaient un aspect vivant. Ils étaient remplis d'amour. J'ai su que Jésus m'aimait vraiment d'un grand amour, qu'Il était mon Père, le meilleur des pères, qu'Il était mon Ami, le meilleur des amis. Il nous aime tous, chacun de nous en particulier. Il est mort d'une mort atroce pour chacun de nous. Jésus est le Berger et nous sommes les brebis, ses brebis. Moi, j'étais perdue; je n'osais pas revenir vers mon Berger; Jésus est venu me chercher, moi sa brebis égarée, il m'a mise sur ses épaules et m'a ramenée au bercail de la Sainte Église.

 

Merci, Seigneur, pour ma conversion. Maintenant, tout ce que je demande au Saint-Esprit, c'est de me donner à tout jamais Sa Lumière pour éclairer ma route, et Sa Force, car sans Lui, sans Son Amour, je ne peux rien, je ne suis rien.

 

Moi, qui ai tellement manqué d'amour, mon cœur était vide. Jésus a rempli mon cœur de Son Amour. Moi, qui ne savais pas aimer, Jésus m'a appris à aimer. Maintenant, je vois les autres différemment, avec les yeux de Jésus. J'accepte les autres tels qu'ils sont, j'accepte leurs défauts; je pardonne, parce que Jésus m'a pardonné.

 

Je vais à la messe; je reçois Jésus dans mon cœur, je dis un chapelet tous les jours; je prie pour la paix, pour la conversion dans toute ma famille et dans tous les cœurs. Je prie beaucoup pour mes filles que j'aime énormément. Je demande à Marie de les protéger toujours. Je prie beaucoup pour mon mari. Je l'aime pour l'Amour de Jésus, et son défaut d'alcoolisme je l'accepte et j'essaie de l'aider, car je sais que c'est ce que veut Jésus. La paix est revenue dans mon foyer; l'amour est revenu avec mes deux filles. Maintenant, je comprends pourquoi cette date de ma naissance a marqué ma vie, de même que celle de mon mariage. Je comprends; Jésus a voulu que je participe avec Lui au portement de croix. Oui, Seigneur, merci de m'avoir ouvert les yeux et le cœur, et j'accepte tout avec joie pour l'amour de Toi...

 

Merci, Marie, ma douce Mère d'être venue près de moi pour me consoler et m'éduquer... Je vous aime de tout mon cœur et de toute mon âme, vous, mon Divin Père.

 

Gisèle

Retour