Tuiles

 

 

Relique 1

 

 

 

STATUT ECCLÉSIAL ACTUEL

DE LA DÉVOTION

À SAINTE PHILOMÈNE

 

Mark Miravalle, S.T.D.

 

 

 

 


 

 

 

 

STATUT ECCLÉSIAL ACTUEL

 

DE LA DÉVOTION

 

À SAINTE PHILOMÈNE

 

 

Mark Miravalle, S.T.D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STATUT ECCLÉSIAL ACTUEL

DE LA DÉVOTION

À SAINTE PHILOMÈNE

Mark Miravalle, S.T.D.

 

           

            La position exacte de l’Église concernant la nature et la dévotion d’une dévotion envers une martyre romaine des premiers temps nommée Filumena (ou plus généralement Philomène), un nom trouvé inscrit sur le loculus d’une catacombe, demeure un sujet de discussion et de confusion considérables.

 

            Le statut de la dévotion à Sainte Philomène a fait récemment l’objet d’une attention renouvelée après la publication d’un Martyrologe romain révisé par la Congrégation pour le Culte Divin[1], où l’omission de Ste Philomène a été perçue par certains comme un rejet officiel de son statut de sainte, chose quelque peu contradictoire avec le fait qu’elle continue d’être l’objet d’une dévotion populaire partout dans le monde[2].

 

            Quel est donc actuellement le statut ecclésial de cette jeune martyre des premiers temps de l’Église dont la vénération a été marquée dans le passé par plusieurs documents pontificaux et une quantité de témoignages hagiographiques? Afin d’étudier cette question, nous commencerons par examiner rapidement les origines historiques de la dévotion, les décrets pontificaux et ecclésiastiques la concernant, les témoignages hagiographiques, la controverse archéologique, et les récents documents ecclésiaux relatifs à cette dévotion.

 

Origines historiques de la dévotion

 

            Le 24 mai 1802, dans les catacombes de Ste Priscille, un ouvrier heurta de son pic une tuile et, conformément aux instructions de Mgr Ponzetti, Custode des Saintes Reliques, il suspendit immédiatement l’excavation[3]. On informa le père Filippo Ludovici chargé de la surveillance des fouilles et, le lendemain 25 mai 1802, accompagné de plusieurs observateurs, le père Ludovici descendit dans la catacombe pour assister à la découverte complète du loculus[4].  Le sol dégagé laissa apparaître trois tuiles funéraires portant une épitaphe peinte en rouge. Dans le descellement du loculus, une fiole fut brisée dans sa partie supérieure ; le fond, solidement enveloppé par le ciment[5], était encore intact et contenait une poussière noirâtre, sans doute du sang desséché, qui collait aux fragments de verre. Une palme, autre signe caractéristique avec la fiole de sang pour indiquer la tombe d’un martyr, apparaissait sur la deuxième tuile[6].

 

            L’inscription entière peinte sur les trois tuiles funéraires se lisait comme suit : première tuile – LUMENA ; deuxième tuile – PAXTE ; troisième tuile – CUM FI[7].  Le loculus fut documenté par Mgr Ponzetti, Custode des Saintes Reliques, comme FILUMENA, une interprétation de l’épitaphe en accord avec la coutume ancienne de commencer les inscription à partir de la deuxième tuile, et avec la logique du contexte étymologique. L’épitaphe entière se lit donc : PAX TECUM FILUMENA[8].

 

            Le nom de Filumena fut officiellement attribué aux restes sacrés examinés le 25 mai 1802 et inscrit dans le document publié par Mgr Ponzetti, Custode des Saintes Reliques, qui remit les restes de cette martyre chrétienne au Diocèse de Nola, le 8 juin 1805 :

 

8 lunii 1805

 

Dono dedi Ven, Ecclesiae Archipresbyterali terrae Mugnano Dioecesis Nolanae corpus Sanctae Christi Martyris

 

FILUMENAE

Nominis proprii sic picti in tribus Tabulis laterariis cinabro

LUMENA PAXTE COM FI

 

in pulverem et in fragmina redactum per me infrascriptum Custodem extractum cum vasculo vitreo fracto ex Coemeterio Priscillae Via Salaria Nova die 25 maii 1802, quod collocavi in capsula lignea charta colorata cooperta et consignavi Illmo Dominico Caesari pro Illmo et Rmo D. Bartholomaeo de Caesare Epo Potentino.

 

Hyacynthus Ponzetti, Custos[9].

 

            Grâce à l’assistance de Mgr Bartolomeo de Caesare, évêque nommé de Nola, le père Francesco de Lucia, prêtre de l’église Notre-Dame des Grâces à Mugnano del Cardinale, dans le diocèse de Nola, obtint du Saint-Siège la permission de transférer les restes sacrés de la martyre chrétienne Filumena dans sa paroisse de Mugnano afin d’y ranimer la foi de ses fidèles. Les restes de Filumena quittèrent donc Rome le 1er juillet 1805 pour arriver à Mugnano le 10 août 1805, où ils reposent depuis leur transfert[10].

 

            Le nombre exceptionnel de miracles obtenus grâce à l’intercession de cette martyre invoquée sous le nom de Philomène, tout d’abord par des fidèles du sud de l’Italie et bientôt par ceux d’autres pays, a été officiellement documenté dans divers dossiers ecclésiastiques. L’abondante documentation conservée au Sanctuaire de Sainte Philomène dans l’église Notre-Dame des Grâces, à Mugnano[11], et celle des procès pour la béatification et la canonisation de Jean-Marie Vianney, à Ars, révèlent une quantité remarquable de miracles attribués à l’intercession de Ste Philomène, avec entre autres la guérison miraculeuse de Jean-Marie Vianney lui-même[12].

 

            En 1833, l’évêque Anselmo Basilici, du diocèse de Nepi et Sutri, fit une requête auprès du Saint-Siège en faveur d’une fête et d’un office en l’honneur de Ste Philomène et, à Nola, l’ordinaire du lieu prépara une leçon pour le bréviaire[13]. La pétition de Mgr Basilici fut appuyée par un nombre important d’évêques italiens en dépit de son statut inhabituel, puisque le nom de Ste Philomène n’apparaissait ni au martyrologe ni dans aucun autre document historique. Le nom inscrit sur le loculus, Filumena, ainsi que les innombrables miracles obtenus par son intercession et attestés par un grand nombre d’autorités de l’Église justifiaient, aux yeux de nombreux membres de la hiérarchie italienne, la légitimité de la pétition[14]. Le 6 septembre 1834, La Congrégation des Rites soumettait au Pape Grégoire XVI une requête officielle pour l’approbation d’un office et d’une messe en l’honneur de Ste Philomène, vierge et martyre, en raison des demandes répétées de plusieurs prélats pour ce culte et cette vénération liturgiques[15].

 

            Le 17 juin 1835, La Sacrée Congrégation des Rites attestait de l’authenticité d’un miracle présenté par Mgr Basilici et d’autres évêques et prêtres qui furent témoins de l’inexplicable multiplication d’une poussière d’ossements[16] pesant à l’origine quelques grammes (« une pincée ») et qui permit d’envoyer des centaines de reliques sans que la quantité initiale ne diminuât le moindrement. On refit l’expérience en présence de nombreux témoins tant civils que membres du clergé et tous purent constater le même phénomène de multiplication et en témoigner[17].

 

            La guérison documentée de la Vénérable Pauline Jaricot, fondatrice de la Société pour la Propagation de la Foi, se produisit à Mugnano devant le tombeau de Philomène. Le Pape Grégoire XVI[18] en eut directement connaissance, car il avait rencontré Pauline Jaricot à Rome alors qu’elle était gravement malade du cœur et lui avait confié son intention de se rendre à Mugnano dans le but précis de demander sa guérison à la martyre Philomène, afin que cette manifestation surnaturelle manifestât le désir de Dieu de voir la martyre élevée à la vénération liturgique de l’autel. La guérison documentée, complète et instantanée eut lieu le 10 août 1835[19]. Pauline Jaricot retourna immédiatement à Rome où le Pape Grégoire XVI put l’observer durant une année entière pour s’assurer du caractère définitif de la guérison miraculeuse. C’est ce miracle qui décida finalement le Pontife à sanctionner l’élévation de la dévotion populaire à la martyre au statut de vénération liturgique publique de sainteté approuvée par l’Église[20].

 

            Le 30 janvier 1837, Grégoire XVI publiait un décret pontifical solennel qui confirmait le rescrit de la Congrégation des Rites autorisant le culte public et approuvant l’office, la messe du commun d’une vierge et martyre avec une quatrième leçon à matines en l’honneur de Ste Philomène, vierge et martyre, le 11 août. Cette approbation papale d’une dévotion liturgique publique fut premièrement accordée au clergé du diocèse de Nola, puis étendue aux autres diocèses, y compris à Rome même[21]. La quatrième leçon insérée au bréviaire le 11 août[22] en l’honneur de Ste Philomène relate la découverte de ses restes dans les catacombes de Ste Priscille, sa condition de martyre, la propagation rapide de sa dévotion parmi les fidèles à la suite de ses interventions miraculeuses, et l’autorisation du Pape Grégoire XVI de célébrer l’office et la messe en son honneur :

 

DIE XI AUGUSTI

IN FESTO S. PHILUMENAE

Virginis et Martyris

 

In II NOCTURNO – LECTIO IV

 

Inter cetera martyrum sepulcra, quae in coemeterio Priscillae ad viam Salariam reperiri solent, illud exstitit quo repositum fuerat sanctae Philumenae corpus, uti ex tumuli inscriptione, tribus laterculis apposita, perlegebatur.  Licet vero inventa fuerit phiala sanguinis, et alia descripta conspicerentur martyrii insignia, dolendum tamen est res ab eadem gestas actaque ac genus martyrii quod ipsa fecit obscura perstitisse.  Ceterum ubi primum sacrum hoc corpus, ex beneficentia Pii septimi initio pontificatus ejus acceptum, cultui fidelis populi propositum fuit Mugnani in Nolana dioecesi, ingens illico famae celebritas ac religio erga sanctam martyrem percrebuit, praesertim ob signa quae ejusdem praesidio accessisse undique ferebatur.  Hinc factum est ut complurium antistitum cultorumque martyris postulationibus permotus Gregorius decimus sextus pontifex maximus, universa rei ratione mature perpensa, festum ejusdem cum Officio et Missa in memorata Nolana dioecesi et alibi agendum benigne permiserit.

 

C.M Episcop. Praenest. Card. PEDICINIUS;

S. R. E. Vice- C. S.R.C. Praef.;

V. PESCETELLI S. Fidei Promotor[23].

 

            En somme, le Pape Grégoire XVI, par décret papal, donnait l’approbation officielle au culte liturgique et accordait par le fait même la reconnaissance ecclésiastique officielle de la sainteté de Ste Philomène, vierge et martyre. Le Pontife, parfaitement informé de l’absence de tout élément historique sur la martyre « Filumena », lui accordait les privilèges d’une vénération liturgique publique sur la base d’un grand nombre de miracles documentés par l’Église et attribués directement à son intercession.

 

            Le décret officiel et positif de Grégoire XVI, reconnaissance papale que le statut de Ste Philomène était digne d’un culte liturgique, confirme la vérité profonde que les récits historiques et documentés de sa puissante intercession pour l’Église, sanctionnés par Dieu lui-même, sont beaucoup plus importants que des données historiques sur la vie terrestre de Philomène. Quelle que soit l’identité de cette martyre chrétienne des premiers temps et quelles qu’aient pu être les circonstances particulières de sa vie et de sa mort, Dieu se plaît à recevoir les prières et les pétitions offertes au nom de Ste Philomène, auxquelles il répond généreusement en accordant aux fidèles une quantité de faveurs divines.

 

            L’abondance historique des miracles témoigne du désir de Dieu d’encourager la dévotion à la personne qui se tient derrière le nom de Filumena, peu importe l’absence de toute documentation historique sur sa vie terrestre. L’importance primordiale de son intercession pour le peuple de Dieu en notre temps, par-delà les détails de sa vie terrestre en des temps anciens, voilà ce que le Pape et l’Église ont confirmé par l’élévation de Ste Philomène au rang d’une vénération liturgique publique, première étape du processus de sa reconnaissance publique comme sainte et martyre.

 

Décrets du Magistère concernant la dévotion à Ste Philomène

 

            De l’approbation liturgique de Grégoire XVI aux décrets pontificaux de St Pie X, dix-neuf actes du Saint-Siège en l’espace de cinq pontificats successifs ont été publiés afin de promouvoir la dévotion populaire envers Ste Philomène, sous la forme d’élévation au rang de culte liturgique, d’érections de confréries et d’archiconfréries, et d’attributions d’indulgences partielles et plénières[24].

 

            Plusieurs actes du Saint-Siège témoignent particulièrement de l’approbation du Magistère et de son encouragement à la dévotion ecclésiale envers cette sainte et martyre chrétienne. Au delà de l’élévation au rang de la messe et de l’office accordée précédemment par Grégoire XVI[25], le Bx Pie IX accorda un office propre avec messe dédié à Ste Philomène avec confirmation papale du précédent décret Etsi decimo du 31 janvier 1855[26], importante élévation liturgique en dépit du fait que le nom de Ste Philomène n’ait jamais figuré au Martyrologe romain. L’office propre avec messe, accordé à Ste Philomène par le Bx Pie IX après son retour à Rome suite à un pèlerinage à Mugnano durant son exil forcé[27], était un acte sans précédent en l’honneur d’une martyre chrétienne connue uniquement par son nom et les signes de son martyre. Le Bx Pie IX accorda également des indulgences plénières et partielles aux dévotions en l’honneur de Ste Philomène au Sanctuaire de Mugnano[28].

 

            Le Pape Léon XIII donna son approbation papale au Cordon de Ste Philomène avec indulgence plénière pour le port du Cordon[29], ainsi que le titre et le privilège d’Archiconfrérie pour la France[30]. St Pie X poursuivit la succession d’encouragements pontificaux à la dévotion publique en approuvant l’extension de l’Archiconfrérie de Ste Philomène à l’Église universelle[31].

 

            Bien au delà d’un acte papal isolé de Grégoire XVI, le Magistère de l’Église a continuellement encouragé la nature et l’extension de la dévotion ecclésiale envers Ste Philomène par la reconnaissance officielle de son statut de sainte et l’approbation de dévotions liturgiques publiques étendues à la foi et la vie universelles de l’Église, manifestant ainsi officiellement les caractéristiques liturgiques et dévotionnelles essentielles de son statut de sainte telles que définies par l’Église.

 

Témoignage hagiographique

 

            Plus que tout autre Saint ou Bienheureux, St Jean-Marie Vianney a manifesté sa foi en la réalité de Ste Philomène et fourni des témoignages documentés de la grande efficacité de son intercession[32]. Le Curé, nous dit le procès de canonisation, attribuait tous les miracles documentés à Ars à l’intercession de Ste Philomène[33] ; il parlait fréquemment de ses apparitions de Ste Philomène[34] et attribua directement sa guérison personnelle d’une grave maladie à son intercession[35].

 

            Nous avons déjà relaté le témoignage et la guérison de la Vénérable Pauline Jaricot[36] par l’intercession de la jeune martyre. Sur les conseils du Curé d’Ars, St Pierre-Julien Eymard fut guéri d’une sérieuse maladie après une neuvaine à Ste Philomène[37]. St Pierre Chanel, premier martyr de l’Océanie, prêchait sur Ste Philomène et la considérait comme une « auxiliaire » dans sa mission apostolique[38]. Le Bx Damien de Veuster a dédié sa première chapelle de Molokai à la jeune Sainte[39]. Ste Madeleine Sophie Barat invoquait régulièrement Ste Philomène durant ses difficultés dans l’établissement de ses sociétés et attribuait à son intercession la guérison miraculeuse d’une novice mourante[40]. La Bse Anna-Maria Taigi, relate son procès de béatification, appliqua de l’huile qui brûlait devant le tombeau de Ste Philomène sur l’œil de son petit-fils dont la pupille était déchirée irrémédiablement de l’avis des médecins, et l’œil fut parfaitement guéri[41]. On compte parmi les autres Saints et Bienheureux qui ont manifesté de la vénération envers Ste Philomène, Ste Magdalene de Canossa, le Bx Bartolo Longo, le Bx Annibale da Messina et le Bx Pie IX qui, peu de temps avant sa mort, envoya à Mugnano le calice qu’il avait reçu de la Fédération Belge des Cercles Catholiques à l’occasion de ses noces d’or épiscopales, une offrande votive papale de plus offerte en l’honneur de Ste Philomène et en témoignage de gratitude[42].

 

            La sagesse inhérente à la sainteté personnifiée dans la vie de ces Saints et de ces Bienheureux fournit une confirmation substantielle des décrets du Magistère ordinaire qui accorda la dévotion ecclésiastique publique à la sainte martyre. Il faut également mentionner qu’un nombre important de Saints et de Bienheureux ont immédiatement participé à la vénération de Philomène durant ce même demi-siècle de la découverte de ses restes sacrés, certains même avant que Rome ne publie une déclaration officielle pour sa vénération publique[43].

 

            Notons aussi l’importance prédominante de l’intervention surnaturelle des miracles dans la procédure de canonisation de l’Église. Sans miracles documentés, une cause ne dépassera pas le statut de « Serviteur de Dieu », même si une abondante documentation historique atteste de l’héroïcité de la vie terrestre. Pour la canonisation, en plus d’un fondement historique essentiel, l’Église attache la plus haute importance au témoignage que donne Dieu de la sainteté du candidat à travers la manifestation de l’intercession miraculeuse de la personne. Il était par conséquent tout à fait justifié que Grégoire XVI accordât beaucoup plus d’importance aux miracles documentés de Ste Philomène qu’à l’histoire de son existence terrestre, les critères établissant l’historicité de son martyre ayant été approuvés par l’Église. L’enquête actuelle sur le cas de Ste Philomène devrait donc obéir aux mêmes critères que ceux observés par les Papes Grégoire XVI, le Bx Pie IX, Léon XIII et St Pie X.

 

Controverse archéologique

 

            L’archéologue Oracio Marucchi apporta la controverse concernant le statut de la dévotion à Ste Philomène par sa publication, en 1906, de ses Osservazioni archeologiche sulla Iscrizione di S. Filomena[44] dans lesquelles il présenta la théorie suivante :

 

1.     En ce qui concerne l’ordre inhabituel des trois tuiles, LUMENA PAXTE CUMFI, les trois tuiles ont été intentionnellement réarrangées sur le loculus pour indiquer qu’il s’agissait de tuiles réutilisées et provenant d’une autre tombe.

2.     Les tuiles avaient été originellement utilisées pour fermer la tombe d’une personne appelée Filumena, ayant vécu entre le milieu et la fin du second siècle, et réutilisées plus tard pour le loculus d’une autre jeune fille durant le quatrième siècle, à une époque de paix pour les chrétiens.

3.     La personne désignée par l’inscription pouvait être une martyre, mais ce n’était pas certain[45].

 

            La théorie de Marucchi fut immédiatement contestée par un professeur de l’Université grégorienne, Guiseppe Bonavenia, s.j., (ainsi que par un spécialiste des catacombes, J. B. Rossi, expert renommé en archéologie chrétienne des premiers siècles)[46], dans Controversia sul celeberrimo epitaffio di Santa Filomena, V. e M.[47]

 

            Le père Bonavenia et d’autres spécialistes ont présenté la réfutation suivante à la théorie de Marucchi :

 

1.     C’était fréquemment la coutume dans les catacombes de commencer l’épitaphe sur la deuxième tuile, de sorte que l’inscription se lit correctement (comme l’a fait Mgr Ponzetti, Custode des Reliques), « PAX TECUM FILUMENA » (« La paix soit avec toi, Philomène »).

2.     Le fossoyeur, ne pouvant pas inscrire le nom entier sur la première tuile et voulant préserver les proportions de l’inscription, traça le mot FI sur la dernière tuile et LUMENA sur la première.

3.     Au moins 12 tombes dans les catacombes de Ste Priscille commencent par « PAX TECUM », « PAX TIBI » ou « IN PACE ».

4.     Les tuiles datent au moins du troisième siècle et non du premier ou du second (ce qui inclut les persécutions de Dioclétien) et non plus par conséquent d’une période de paix.

5.     Il n’existe qu’un seul exemple présenté par Marucchi qui soit semblable à celui de Ste Philomène où deux tuiles ont été placées dans le mauvais ordre en raison de la réutilisation de plaques de marbre (et non de tuiles) provenant de différentes tombes, mais les circonstances étaient considérablement différentes. Dans le cas de « Noeti », les deux tablettes proviennent de deux plaques de marbre originales différentes ; l’écriture n’est pas la même sur les deux plaques et l’on voit clairement que l’inscription est l’œuvre de deux personnes différentes ; la couleur rouge de l’inscription a une teinte différente sur les deux plaques. Dans le cas de Filumena, l’écriture est la même sur les trois tuiles, ainsi que la couleur et la composition des tuiles, et rien n’indique qu’elles aient été réutilisées. La comparaison avec le loculus de Noeti, où la réutilisation est évidente, n’est pas valable.

6.     Au lieu de réutiliser les tuiles d’une autre tombe, il aurait été tout aussi simple pour le maçon d’utiliser l’autre côté de la tuile où rien n’est inscrit, ou d’effacer le « FI », ou de mettre les tuiles à l’envers, ou encore de les placer sous une forme incohérente. Mais en fait, le sens de l’inscription demeure essentiellement clair même lorsque l’ordre est changé et les custodes des reliques ont immédiatement compris que cette sainte relique signifiait : « PAX TECUM FILUMENA[48] »

7.     Les conclusions du Professeur Marucchi concernant la datation et la réutilisation des tuiles ont été tirées sans que Marucchi ait fait un seul examen scientifique ou archéologique des tuiles ou du site de la catacombe. Ces examens auraient révélé que cette affirmation à propos de la date et de la réutilisation des tuiles était erronée et sans aucun fondement empirique[49].

 

            Mgr Trochu a offert une autre théorie pour expliquer l’ordre des tuiles avec le scénario suivant :

 

On enterre une jeune martyre. Le loculus a été creusé de la manière habituelle, un peu plus haut du côté de la tête que du côté des pieds. Le maçon choisit deux tuiles qu’il estime être suffisantes pour sceller la tombe. Il casse la première en deux morceaux plus petits. Il dépose les tuiles et trace l’inscription. Cela fait, il commence le travail de la pose. Il s’aperçoit alors qu’en raison de la différence de hauteur entre les deux côtés de la tombe, la dernière tuile sur laquelle il a écrit LUMENA n’est pas assez haute pour sceller la tombe. Combler un espace de 3 cm sur une longueur de 57 cm serait très difficile. L’idée de réécrire toute l’inscription lui paraît certainement peu attrayante. Sa solution consiste alors à changer l’ordre des tuiles pour que la plus grande, avec les mots CUM FI, soit placée du côté de la tête afin de couvrir l’ouverture la plus large (à l’extrémité droite), et la tuile la plus importante, celle qui porte l’inscription PAX TE, est placée au milieu[50].

 

            La plausibilité de ce scénario est manifeste, selon Bonavenia, lorsqu’on examine les tuiles qui sont maintenant à Mugnano. Les deux morceaux s’ajustent parfaitement et il ne fait aucun doute qu’ils auraient pu former la première tuile. Aucune des tuiles de la tombe de Filumena ne porte des traces de dommages habituels ou de disparité quelconque (comme dans le cas de Noeti), chose normale pour des tuiles qui ont été réutilisées et signes qui, aux dires de Marucchi lui-même, sont toujours présents dans des cas de réutilisation. De plus, Bonavenia conclut également que l’idée présentée par Marucchi selon laquelle le nom FILUMENA a été coupé en deux et la tuile PAX TE posée au milieu, est insoutenable[51].

 

            Un argument moral en faveur de l’authenticité de la tombe de Ste Philomène a été présenté dans un ouvrage antérieur par H. Leclercq[52]. Il affirmait que les catacombes romaines sont très étendues, en accord avec la conception de l’immortalité chez les chrétiens qui traitaient chaque corps avec une révérence extrême, qu’il soit ou non celui d’un martyr. C’est en raison de leur espérance d’une gloire future que chaque corps recevait un traitement spécial, qu’il avait son propre lieu de sépulture, et qu’il était interdit aux chrétiens d’ouvrir une tombe, de placer un corps au-dessus d’un autre, ou de déranger une tombe de quelque manière que ce soit. S’il fallait accepter l’hypothèse de Marucchi, il faudrait alors accepter que : a) une épitaphe d’une chrétienne nommée Filumena a été utilisée pour la tombe d’une autre chrétienne anonyme du quatrième siècle ; b) que la première personne a par conséquent été enlevée de son tombeau ; c) que cette personne a été enlevée en dépit du fait qu’il y avait de la place pour de nouveaux corps dans les étages inférieurs des catacombes. Pourquoi alors les chrétiens commettraient-ils ces actes interdits, parce que sacrilèges, et contraires à toute tradition et toute croyance? Moralement, ils ne le feraient pas[53].

 

            Une étude archéologique plus récente éclaire encore davantage les failles de la théorie Marucchi. Le père Antonio Ferrua, s.j. archéologue, secrétaire de la Commission pontificale d’archéologie sacrée et professeur d’archéologie à l’Université grégorienne, a procédé à un examen des tuiles et du site de la catacombe en 1963. Il a publié les conclusions suivantes :

 

            L’hypothèse de Marucchi selon laquelle les trois tuiles avec leur inscription provenaient d’une autre tombe et ont été scellées dans une seconde avec l’inscription en désordre n’est pas soutenable pour illustrer que l’épitaphe ne s’applique pas à cette tombe :

 

1.     Parce que dans ce cas il serait possible d’observer sur ces tuiles des traces de leur seconde application de chaux (les examinateurs ont tous conclu jusqu’à présent à un seul scellage).

2.     Au cours d’une deuxième utilisation, des ébréchures auraient très probablement été causées sur les bords des tuiles. Deux de ces tuiles en particulier proviennent d’une bipedale[54] cassée en deux ; elles continuent d’avoir des bords qui correspondent parfaitement le long de la fracture.

3.     Les plaquettes de marbre sont souvent réutilisées (le matériau étant plus précieux), mais non pas des morceaux de tuile, spécialement s’ils portent déjà une inscription. De toute façon, s’il avait fallu éviter le danger d’une erreur, on aurait pris la précaution de tourner le côté écrit vers l’intérieur (comme on le fait habituellement pour réutiliser des planches de bois). De cette façon l’inconvénient d’avoir à mettre du neuf sur du vieux aurait également été éliminé.

4.     Finalement, il serait plutôt inhabituel et surprenant que les trois tuiles réutilisées eussent été celles d’une seule et même (ancienne) tombe.

 

            En conclusion, l’hypothèse avancée par Marruchi est de nature abstraite, improbable et contraire à la façon ordinaire de procéder des fossoyeurs de ce temps. Au vu de cet examen, solidement établi sur des faits, cette hypothèse [Marucchi] ne peut pas être acceptée comme vraie[55]. 

 

            À l’époque où la « controverse sur Philomène » est apparue, au début du vingtième siècle, l’abbé Louis Petit, directeur de l’Œuvre de Sainte-Philomène en France, fut reçu par Saint Pie X le 6 juin 1907. Au cours de l’audience, le Pape aurait parlé de la controverse. Bien que le compte-rendu des commentaires du Pontife rapportés par l’abbé ne puisse être officiellement vérifié, il présente cependant des observations théologiques valables :

 

Ah ! Sainte Philomène ! Je suis bien attristé par ce que l’on écrit à son sujet. Est-ce possible de voir de telles choses? Comment ne voient-ils pas que le grand argument en faveur du culte de sainte Philomène, c’est le Curé d’Ars? Par elle, en son nom, au moyen de son intercession, il a obtenu d’innombrables grâces, de continuels prodiges.  Sa dévotion envers elle était bien connue de tous, il la recommandait sans cesse... 

On lut ce nom Filumena sur sa tombe. Que ce soit sont propre nom ou qu’elle en portât un autre – et Pie X en énumère plusieurs – peu importe. Il reste, il est acquis que l’âme qui informait ces restes sacrés était une âme pure et sainte que l’Église a déclarée l’âme d’une vierge martyre. Cette âme a été si aimée de Dieu, si agréable à l’Esprit-Saint, qu’elle a obtenu les grâces les plus merveilleuses pour ceux qui eurent recours à son intercession[56].

 

            Mises à part les différences d’opinion archéologiques, les critères ecclésiastiques classiques pour identifier un martyr chrétien, la fiole de sang et le dessin de la palme, ont été trouvés au loculus de Filumena comme l’attestent les documents historiques[57]. Le futur Benoît XIV cite le Pape Clément IX dans un décret du 10 avril 1668 confirmant que la fiole de sang et la l’image de la palme constituent la découverte d’un martyr : « Censuit Sacra  Congregatio, re diligentius examinata, palmam et vas illorum (martyrum) tinctum pro signis certissimis habenda esse[58]. » Le décret du 10 décembre 1863, de la Congrégation des Rites sous le Bx Pie IX confirmait la déclaration de Clément IX : « Philias vitreas aut figulinas sanguine tinctas, quae ad loculus sepultorum in sanctis coemeteriis vel intus vel extra ipsos reperiuntur, censeri debere martyrii signum[59]. »

 

            Par conséquent, l’identification de Filumena par le Custode des Reliques du Saint-Siège comme martyre chrétienne est, en vertu des critères explicites de l’Église, juste et véritable. Les raisonnements théologiques que renferment les commentaires rapportés de St Pie X méritent d’être résumés : 1. le témoignage de St Jean-Marie Vianney rend évidente la réalité historique moderne de Ste Philomène et l’exceptionnelle efficacité spirituelle de sa dévotion ; 2. que Filumena soit ou non son véritable nom est secondaire par rapport au fait que la personne de ces restes sacrés était une personne que l’Église a déclarée vierge et martyre ; 3. cette personne était si aimée de Dieu qu’il lui a accordé la possibilité d’intercéder en faveur de grâces extraordinaires pour ceux qui invoquent son intercession.

 

            Convenablement interprétés, ces faits théologiques et historiques devraient attribuer une position subalterne à des objections archéologiques secondaires et discutables.

 

 

Documents récents de l’Église

 

            Par un acte surprenant en contradiction avec une succession historique d’encouragements du magistère pontifical à la vénération liturgique publique de la sainte martyre, la Congrégation des Rites publia en 1961 une instruction qui rayait Ste Philomène des calendriers liturgiques[60]. L’instruction émise ne donnait aucune explication à cette action liturgique, mais l’opinion théologique commune conclut au manque d’historicité concernant les origines de Ste Philomène, ajouté aux doutes provoqués par la controverse archéologique lancée par Marucchi[61].

 

            Il est important de noter que l’instruction de 1961 était une directive liturgique et non une déclaration ecclésiale informant que Ste Philomène n’était plus Sainte ; elle n’interdisait pas non plus la dévotion à Ste Philomène, qui a reçu l’approbation répétée du Magistère pontifical. La directive liturgique n’était accompagnée d’aucune suspension ou interdiction du statut universel de l’Archiconfrérie de Ste Philomène accordé par St Pie X. La dévotion publique à Ste Philomène continuait avec la pleine approbation du Saint-Siège et de l’Ordinaire du Diocèse de Nola où est situé le Sanctuaire, et il continue de fonctionner tout comme les autres centres partout dans le monde.

 

            La dévotion à Ste Philomène a continué dans l’Église après l’instruction de 1961, reposant sur la base et l’antécédence solides de nombreuses approbations papales[62].

 

Révision du Martyrologe romain

 

            Plus récemment, la publication révisée, en 2001, du Martyrologe romain par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a été l’occasion d’une discussion renouvelée sur le statut ecclésial de Ste Philomène. Différentes sources médiatiques ont de nouveau laissé entendre que l’omission de Ste Philomène dans le Martyrologe romain signifiait que Ste Philomène n’était plus reconnue comme sainte par l’Église.

 

            Il convient de garder à l’esprit plusieurs points lorsqu’il est question de Ste Philomène et de son omission dans le Martyrologe romain :

 

1.     Ste Philomène, comme nous l’avons déjà dit, n’a jamais figuré dans les précédents Martyrologes romains, même lorsque le Magistère pontifical a accordé la vénération liturgique publique, les indulgences plénières et l’approbation universelle à l’archiconfrérie érigée en son honneur par l’Église[63].

2.     Le Martyrologe romain ne constitue par une compilation exhaustive de tous les saints martyrs reconnus par l’Église, et la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements ne l’a jamais présenté comme tel.

3.     La continuation de la dévotion populaire au Sanctuaire de Mugnano avec l’approbation directe de l’évêque ordinaire du Diocèse de Nola, de même que la dévotion mondiale toujours florissante en l’honneur de Ste Philomène manifestée par l’archiconfrérie universelle, continue avec pleine approbation ecclésiale et connaît de plus un renouveau mondial significatif depuis une décennie[64].

 

            Par conséquent, toute conclusion cherchant à invalider la dévotion populaire à Ste Philomène sur la base de son omission au Martyrologe romain révisé serait théologiquement erronée et contraire à la dévotion existante sanctionnée par l’Église envers la sainte martyre.

 

Statut ecclésial actuel

 

            Une évaluation authentique du statut ecclésial actuel de la dévotion à Ste Philomène serait fondée sur les conclusions suivantes, discutées plus haut :

 

1.     Les restes de Filumena ont été désignés comme appartenant à une vierge et martyre chrétienne par Mgr Ponzetti, Custode des Saintes Reliques pour le Saint-Siège, le 25 mai 1802[65].

2.     Le culte public de Ste Philomène, vierge et martyre, a été approuvé par un décret pontifical du Pape Grégoire XVI, le 30 janvier 1837, avec l’approbation de l’office, de la messe du commun pour une vierge et martyre et d’une quatrième leçon en l’honneur de Ste Philomène le 11 août[66].

3.     Dix-neuf actes du Saint-Siège au cours des pontificats de cinq Papes ont été publiés pour la promotion d’une dévotion populaire à Ste Philomène sous la forme de cultes liturgiques, d’archiconfréries, d’indulgences partielles et plénières[67].

4.     De nombreux Saints, Bienheureux et Vénérables ont témoigné de la réalité et de l’exceptionnel pouvoir d’intercession de Ste Philomène, dont la V. Pauline Jaricot, la Bse Anna Maria Taigi, St Pierre-Julien Eymard, St Pierre Chanel, Ste Madeleine-Sophie Barat, Ste Madeleine de Canossa, le Bx Bartolo Longo, le Bx Pie IX, St Pie X et, particulièrement, St Jean-Marie Vianney[68].

5.     Les conclusions archéologiques de Marucchi mettant en doute l’authenticité des restes de Ste Philomène ont été solidement réfutées par Bonavenia, De Rossi et d’autres, à l’époque de la controverse, et plus récemment par le père Antonio Ferrua, s.j., secrétaire de la Commission Pontificale d’Archéologie Sacrée[69].

6.     Ni la directive de 1961 de la Congrégation des Rites pour enlever Ste Philomène du calendrier, ni son omission dans le Martyrologe romain révisé n’affectent de façon négative la dévotion populaire à Ste Philomène établie par les Papes et approuvée par l’Église, dévotion qui continue de nos jours avec la sanction de l’Église[70].

 

            De plus, si nous examinons le processus actuel de béatification et de canonisation de l’Église, nous trouvons les étapes suivantes : 1. la vertu héroïque ou le martyre du Serviteur de Dieu doit être historiquement établi ; cela étant fait, le Serviteur de Dieu est appelé « Vénérable » ;  2. pour la béatification, un miracle doit être attribué à l’intervention directe du Serviteur de Dieu ; la béatification permet alors, par décret papal, la vénération publique restreinte dans une sphère particulière et limitée de l’Église, comme des communautés religieuses, des pays, ou des diocèses particuliers (habituellement sous la forme d’un office et d’une messe en l’honneur du bienheureux) ; 3. un autre miracle, postérieur au procès de béatification, doit être attribué au Bienheureux avant que la vénération publique ne soit, par précepte, étendue à l’Église universelle par le Pontife[71]. En plus du procès de canonisation officiel, il y a aussi la canonisation « équivalente », lorsque le procès officiel de canonisation n’a pas été introduit mais que le Serviteur de Dieu, dont la sainteté a été reconnue par le Pape, a reçu plus de cent ans de vénération publique[72].

 

            Si nous appliquons ces critères contemporains pour la béatification et la canonisation au cas de Ste Philomène d’une manière plus spéculative, nous trouvons : 1. la découverte de la fiole de sang et le symbole de la palme à son loculus indiquant le martyre chrétien, un des deux critères pour la première étape de canonisation (qui constitue effectivement la forme la plus élevée de vertu héroïque) ; 2. un grand nombre de miracles documentés qui se sont produits au Sanctuaire de Mugnano de 1805 à 1837, dont la guérison miraculeuse de Pauline Jaricot attestée par le Pape et qui mena au décret de Grégoire XVI accordant le culte liturgique public à la région particulière de Nola (comparable au culte liturgique accordé à une « Bienheureuse ») ; et 3. une seconde grande quantité de miracles inscrits dans les registres de l’Église à Mugnano et à Ars, miracles qui se sont produits dans une période de temps postérieure à l’octroi d’une vénération publique particulière, et qui incluait la guérison miraculeuse de St Jean-Marie Vianney.

 

            L’élévation papale et l’extension du culte liturgique public de Ste Philomène de Nola aux autres parties du monde, ce qui incluait l’extension de sa messe et de l’office à Rome et aux autres diocèses sous le Bx Pie IX (15 janvier 1857), l’érection de l’archiconfrérie et l’octroi d’indulgences plénières en France par Léon XIII (Pias Fidelium, 21 mai 1912), illustrent l’approbation papale pour le culte et la vénération universelle de Ste Philomène, une vénération universelle conforme uniquement, selon les normes propres de l’Église, au statut d’une sainte. Les paroles de St Pie X dans son bref apostolique qui promulguait la dévotion universelle publique à Ste Philomène par l’archiconfrérie marquent l’intention papale de permanence pour cette vénération universelle de Ste Philomène par les fidèles chrétiens du monde entier : « Nous décrétons que les présentes affirmations sont et demeureront toujours fermes, valides et en vigueur ; c’est ainsi qu’il faut régulièrement en juger ; et tout ce qui va dans un sens contraire sera considéré comme nul et non avenu, quelle qu’en soit l’autorité.[73] »

 

            Les normes de béatification et de canonisation et leur application durant le pontificat de Jean-Paul II sont également en rapport avec la question du statut ecclésial de Ste Philomène. Dans la Constitution apostolique de 1983 Divinus Perfectionis Magister, Jean-Paul II réitère, par sa mise en application des normes, que soit le martyre ou la vertu héroïque doivent être historiquement établis pour le procès de béatification du candidat, mais non les deux. Par conséquent, un miracle n’est plus exigé pour la béatification d’un martyr, mais il l’est toujours pour un non-martyr confesseur de la foi[74]. Lorsque le martyre a été historiquement vérifié, le candidat peut être immédiatement béatifié sans qu’il y ait preuve d’un miracle ou d’une longue documentation historique d’une vie terrestre de vertu héroïque. Ces normes révisées établiraient d’elles-mêmes Philomène comme bienheureuse uniquement en vertu de son martyre historiquement documenté, l’exigence subséquente d’un miracle documenté pour une canonisation officielle étant aisément satisfaite au vu de ses nombreux miracles.

 

            Des quatre cent soixante-quatre saints canonisés par Jean-Paul II[75], environ quatre-vingts pour cent étaient des martyrs[76], ce qui montre le souci du Pontife d’offrir à notre temps le témoignage humain de la primauté de l’éternité sur cette vie, la transcendance de la vision vers le Ciel sur l’immanentisme qui semble infecter de matérialisme, de sécularisme et même d’athéisme une grande partie de notre société actuelle. Assurément, le témoignage d’une jeune martyre, icône de pureté virginale et de fidélité, répondrait aussi au besoin actuel de modèles de sainteté et de pureté juvéniles, particulièrement pour les jeunes d’aujourd’hui.

 

            Pour juger du cas de Ste Philomène, il faut également garder à l’esprit les origines de la vénération publique des saints en général. Dans l’Église primitive, les martyrs étaient immédiatement reconnus comme témoins de la perfection de la vie chrétienne sur la terre pour avoir donné la preuve ultime de leur amour pour le Christ par l’offrande de leur vie. Par le sacrifice de leur vie pour le Christ, ils atteignaient le Ciel dans la gloire éternelle et étaient indissolublement unis au Seigneur, Tête du Corps Mystique. Les fidèles encore sous la persécution invoquaient leur intercession pour obtenir la grâce d’imiter leur saint exemple. Dès le commencement de son histoire, la vénération des martyrs avait toutes les caractéristiques essentielles de la vénération publique, y compris l’entrée sur un calendrier public de la date et du lieu du martyre observés et célébrés par la communauté chrétienne tout entière. C’était assurément différent des tristes commémorations de la mort des autres chrétiens, car les martyrs étaient publiquement vénérés dans la joie au jour anniversaire de leur mort[77].

 

            C’est seulement vers la fin des persécutions romaines que la vénération publique offerte aux martyrs fut étendue aux confessores fidéi qui, sans être morts pour leur foi, avaient cependant combattu et souffert pour la foi d’héroïque façon. Plus tard encore la vénération publique fut étendue aux chrétiens qui avaient fait montre d’une sainteté exceptionnelle dans la charité, la pénitence, les œuvres évangéliques, ou dans l’élucidation de la doctrine[78].

 

            La prééminence de la vénération publique pour la sainteté du martyre telle que manifestée dans l’Église primitive doit être reconnue si nous voulons juger de la vénération publique due aujourd’hui à une jeune martyre dont le martyre, répétons-le, est assuré historiquement par les critères officiels du Saint-Siège, et dont la pléthore subséquente de miracles offre l’indication surnaturelle et la confirmation de Dieu que l’Église exige strictement pour une canonisation officielle moderne. Bien qu’un exposé historique détaillé du candidat soit légitime pour chercher à établir la vertu héroïque requise pour un confesseur, il ne devrait pas, selon les normes primitives aussi bien que contemporaines, être exigé pour la déclaration de la sainteté d’un martyr chrétien. Lorsque les exigences historiques au delà de la déclaration de l’établissement du martyre sont présentées comme des obstacles à la vénération publique d’un martyr comme « saint », on s’écarte alors des principes ecclésiastiques pour la sainteté, anciens comme actuels. C’est le martyre et les miracles, non l’histoire personnelle détaillée, qui comprennent l’essence de la canonisation pour ceux qui ont versé leur sang pour le Christ.

 

            En conclusion la dévotion populaire à Ste Philomène, vierge et martyre, est actuellement bien vivante parmi le Peuple de Dieu ; elle jouit d’un statut ecclésial positif et d’une vénération généreusement grandissante. La sagesse des Papes et des Saints du passé a reconnu que l’« histoire » de la puissante intercession surnaturelle de Philomène pour l’Église était plus importante que l’« histoire » de son existence terrestre. Telle est la manifestation des voies mystérieuses du dessein salvifique de Dieu.

 

            L’Église a reçu aujourd’hui du Pape Jean-Paul II la missio d’une nouvelle évangélisation en ce troisième millénaire de chrétienté[79]. Avec la récente canonisation de St Padre Pio de Pietrelcina, thaumaturge du vingtième siècle, combien il pourrait être efficace pour le Peuple de Dieu et pour une heureuse mise en œuvre de la nouvelle évangélisation d’avoir recours, par une vénération liturgique publique renouvelée, à Ste Philomène, que le Pape Grégoire XVI a justement nommée la « Thaumaturge du dix-neuvième siècle »[80].

 

            Puisse cette jeune vierge martyre, puissante auprès de Dieu, devenir à nouveau la patronne choisie de sainteté et de pureté, particulièrement pour les jeunes de notre temps.

 

Mark Miravalle, S.T.D.

Professeur de Théologie et de Mariologie

Université franciscaine de Steubenville

7 octobre 2002

Fête de Notre-Dame du Rosaire

 

            Tous droits réservés

 



[1] Martyrologe romain, Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, 2 octobre 2001.

[2] Cf., par exemple, l’Archiconfraternité accordée à Ste Philomène par St Pie X, Bref Apostolique Pias Fidelium (21 mai 1912), AAS 4, 1912, p. 398.

[3] Don Francisco de Lucia, Relazione storica della traslazione del corpo di santa Filomena, vergine e martire, da Roma a Mugnano del Cardinale, Naples, 1824, p. 53.

[4] Sépulcre creusé dans les parois du tuf calcaire des catacombes.

[5] De Lucia, Relazione, op. cit.

[6] Ibid.

[7] Mgr Hyacinth Ponzetti, Archivi della Lipsanoteca di Roma, Registro II, 8 juin 1805, p. 271.

[8] Ponzetti, Archivi, p. 271.

[9] Ibid.

[10] De Lucia,  Relazione, 53 ss.

[11] Cf. Documentation de la paroisse du Sanctuaire de Mugnano, commençant avec de Lucia, Relazione, Vol. I, p. 1, and continuant avec le pasteur de Notre-Dame des Grâces, Mgr Gennaro Ippolito, Memorie e culto di santo Filomena Vergine e martire, Mormile, Naples, 1870, Ch. 25; et  pp. 23-24, 256, 277,42-48; voir aussi les Archives de la paroisse d’Ars et les dossiers ecclésiastiques  relatifs aux Procès de  Béatification et de Canonisation de Jean Vianney et à l’attribution de miracles à Ste Philomène, Procès de l’Ordinaire et Procès apostoliques ; par exemple, Procès de l’Ordinaire, 12 août 1864,  pp. 1325, 334, 179, 751, 1160, 1460, Procès apostolique ne pereant, 10 octobre 1876, p. 288, 768.

[12] Procès de l’Ordinaire, II, p. 1447; Procès apostolique, p. 1215-1216.

[13] Ippolito, Memorie, Vol. I, pt. 1.

[14] Ibid. et Mgr François Trochu, Sainte Philomène, Vierge et Martyre, La “petite Sainte” du Curé d’Ars, Librairie Catholique Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1924, p. 121.

[15] Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites, 6 septembre 1834.

[16] Présentation du dossier de l’évêque Basilici à la Sacrée Congrégation des Rites, 17 juin 1835, présidée par le Cardinal Galiffi, vice Préfet de la Congrégation.

[17] Ibid., et Trochu, Sainte Philomène, p. 122.

[18] Ippolito, Memorie, pp. 243, 55; cf. aussi Mgr Deschamps du Manoir, Mugnano et sainte Philomène, p. 40; M. J. Maurin, Vie nouvelle de P. M. Jaricot, Librairie du Sacré-Cœur, Lyon.

[19] Ibid.

[20] Cf. Trochu, Sainte Philomène, pp. 127-128.

[21] Décret solennel de Grégoire XVI (30 janvier 1837), in Approbation papale du Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites (6 septembre 1834); cf. Ippolito, Memorie, p.122-123; Trochu, Sainte Philomène, p. 129.

[22] Rescrit de la Sacrée Congrégation of Rites (15 janvier 1857); Cf. Atwater, éd., Butler’s Lives of the Saints, Allen, TX, Thomas More, p. 300.

[23] Approuvé dans le  Rescrit de la  Sacrée Congrégation des Rites (30 janvier 1837); cf. aussi Trochu, op. cit., p. 318-319.

[24] Cf.  Léon XII, Décret de la Sacrée Congrégation des Rites (15 mars 1826); Grégoire XVI, Sacrée Congrégation des Rites (6 septembre 1834; 30 janvier 1837; 16 mars 1839); Bx Pie IX (11 janvier 1855; 15 janvier 1857; 18 mars 1859), Bref pont. (9 décembre 1859); Léon XIII, Bref pont.  (15 décembre 1883), (24 septembre 1889); Pias Fidelium; cf. aussi Ippolito, Memorie, pp. 113-117; 165-167.

[25] Décret de la Sacrée Congrégation des Rites (16 mars 1839; 1er janvier 1841).

[26] Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites, Confirmation papale de promoteur de la foi, Bref Etsi decimo présenté par le Rév. Andrea Fratini (31 janvier 1855).

[27] Le 7 novembre 1849, le Bx Pie IX fit un pèlerinage à Mugnano escorté par Ferdinand II, roi of Naples, invoquant publiquement le secours de la Sainte pour son retour sain et sauf au Vatican, cf. Trochu, Sainte Philomène, p. 134; Ippolito, Memorie, p. 116.

[28] Sacrée Congrégation des Indulgences, Bref pont. (3 juillet 1863).

[29] Léon XIII, Approbation papale du Cordon de Ste Philomène et Indulgences (15 décembre 1883).

[30] Léon XIII, Approbation papale de l’Archiconfrérie de Ste Philomène pour la France (24 septembre 1889).

[31] Pias Fidelium.

[32] Cf. Archives de la paroisse d’Ars et dossiers relatifs au procès de béatification et de canonisation de Jean-Marie Vianney et attribution de miracles à Ste Philomène, Procès de l’Ordinaire et Procès Apostoliques, par exemple, Procès de l’Ordinaire, pp. 334, 179, 751, 1160, 1325, 1460, 1447; Procès apostolique, pp. 288, 768, 1215-1216; Trochu, Sainte Philomène, p. 197.

[33] Procès de l’Ordinaire, II, p. 1426; 1374.

[34] Procès de l’Ordinaire, p. 253-254; Procès apostolique, p. 234.

[35] Procès de l’Ordinaire, II, p. 1447; Procès apostolique, pp. 1215-1216.

[36] Ippolito, Memorie, pp. 243, 55; cf. aussi du Manoir, Mugnano et sainte Philomène, p. 40; Maurin, Vie nouvelle.

[37] Le Serviteur de Dieu, Pierre-Julien Eymard, Vatican, 1903, p. 24.

[38] Cf. Trochu, Sainte Philomène, p. 216

[39] Ibid. p. 217.

[40] Geoffroy de Grandmaison, La bienheureuse Mère Barat, Gabalda, 1909, p. 198.

[41] Fr. Gabriel Bouffier, S.J., La Vénérable Servante de Dieu, Anna-Maria Taigi, Paris, pp. 125-126.

[42] Cf. Ippolito, Memorie, p. 116; Trochu, Sainte Philomène, p. 137.

[43] Par exemple, St Jean-Marie Vianney, la V. Pauline Jaricot, et la Bse Anna Maria Taigi.

[44] Cf. Miscellanea di Storia Ecclesiastica, Vol. 2, 1904, pp. 365-386; Nuovo Bullettino di arch. Crist., Vol. 12, 1906, pp. 253-300.

[45] Ibid.

[46]J.B. De Rossi, Inscriptiones christianae, Rome.

[47] Bonavenia, S.J., Controversia sul celeberrimo epitaffio di Santa Filomena V. e M., Roma, Filiziani, (1906); et poursuivi dans La questione puramente archeologica (1907); cf. aussi la réfutation de la théorie de Marucchi par Trochu, Sainte Philomène, p. 256 ss.

[48] Cf. Trochu, Sainte Philomène, p. 286, note 1.

[49] Cf. aussi le résumé de plusieurs contributions archéologiques qui présentent une réfutation de la théorie de Marucchi, dans Trochu, Sainte Philomène, pp. 255-315.

[50] Trochu, Sainte Philomène, pp. 283-284.

[51] Cf. Trochu, Sainte Philomène, p. 285.

[52] Manuel d'archéologie chrétienne, Paris, Letouzey, 1907, t. I, p. 220; N.B. Cet argument moral conserve tout son mérite malgré le fait que son auteur ait finalement modifié sa position.

[53] Ibid.

[54] Tuile romaine d’une longueur approximative de 65 cm.

[55] Père Ferrua, S.J., Archeological Study of the Bipedals of St. Philomena, Rome, November 29, 1963, Archives du Sanctuaire de Mugnano. Pour des études plus récentes concernant la théorie Marucchi, cf. Prandi, Mustilli, et Guarducci, Graffiti di S. Pietro, I, p. 501; George Mauter Markhof, Das unbequeme Wunder, kirchenstreit um Fhilomena, Vienna, 1981.

[56] Abbé Louis Petit, Messager de sainte Philomène, juillet 1907, pp. 356-363; Trochu, Sainte Philomène, pp. 141-142.

[57] Ponzetti, Archivi,  R. II, p. 271.

[58] Benedict XIV, De beatif., lib. IV, pars II, 27.

[59] Récrit de la Sacrée Congrégation des Rites (10 décembre 1863).

[60] Congrégation des Rites, AAS 53, 1961, pp. 168 ss.

[61] Cf. par exemple, Atwater ed., Butler’s Lives, p. 301-2.

[62] La même idée de « continuer comme avant » concernant les dévotions populaires à Ste Philomène après cette directive liturgique de 1961 se retrouve dans une déclaration orale du Pape Paul VI telle que rapportée par l’évêque Fernandes de Mysore et l’Ordinaire de la cathédrale de Ste Philomène, en Inde. Dans une lettre datée de 1964 et envoyée au Sanctuaire de Mugnano, Mgr Fernandes atteste de la réponse donnée par le Pape Paul VI, entre les sessions du Deuxième Concile du Vatican, à la question : « Que dois-je faire pour les fidèles de mon diocèse qui sont grandement troublés par le décret de la Sacrée Congrégation à propos de Ste Philomène? » Paul VI répondit : « Que cela ne vous trouble pas et ne troublez pas votre peuple ; que la dévotion à Ste Philomène continue comme avant (‘proseguiva come prima’). » Archives de Mugnano, 1964.

[63] Cf. Décret solennel de Grégoire XVI (30 janvier 1837) in Approbation papale du Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites (6 septembre 1834); Léon XIII, Approbation papale du Cordon de Ste Philomène et Indulgences (15 décembre 1883); Pias Fidelium.

[64] Don Giovanni Braschi, Recteur du Sanctuaire de Mugnano, a fait état d’une augmentation importante et largement répandue de pèlerinages nationaux et internationaux au Sanctuaire qui ont nécessité d’importants travaux de reconstruction pour l’hébergement des pèlerins (travaux complétés en septembre 2002) ; les chapitres de l’Archiconfrérie se sont multipliés pour atteindre les cinq continents et l’augmentation est particulièrement forte dans les Îles Britanniques (Irlande, Écosse, Grande-Bretagne), aux Philippines, et en plusieurs endroits aux États-Unis ; cf. Bulletins de Mugnano, dépêches par courriel, 2000-2002.

[65] Ponzetti, Archivi, p. 271.

[66] Décret solennel de Grégoire XVI (30 janvier 1837) in Approbation papale du Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites (6 septembre 1834).

[67] Décret solennel de Grégoire XVI (30 janvier 1837) in Approbation papale du Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites (6 septembre 1834); Léon XIII, Approbation papale du Cordon de Ste Philomène et Indulgences (15 décembre 1883); Pias Fidelium.

[68] Cf. Procès de l’Ordinaire, pp. 334, 179, 751, 1160, 1325, 1460, 1447; Procès apostolique, pp. 288, 768, 1215-1216; Trochu, Sainte Philomène, p. 197; Ippolito, Memorie, pp. 243, 55; cf. aussi du Manoir, p. 40; Maurin, Vie nouvelle; Pierre-Julien Eymard, p. 24; de Grandmaison, Mère Barat, p. 198; Bouffier, Anna-Maria Taigi, pp. 125-126.

[69] De Rossi, Inscriptiones christianae; Bonavenia, Controversia, et La questione; cf. le résumé de plusieurs contributions archéologiques offrant des réfutations à la théorie de Marucchi dans Trochu, Sainte Philomène, pp. 255-315; Bonavenia, Lettre à Mgr. Joseph Cascioli; Ferrua, Archeological Study; cf. Prandi, Mustilli, et Guarducci, Graffiti, I, p. 501; Markhof, Das unbequeme Wunder.

[70] cf. note 64.

[71] Jean-Paul II,   Constitution Apostolique Divinus Perfectionis Magister (25 janvier 1983); cf. aussi Procès de Canonisation, Bulletin du Bureau de Presse du Saint-Siège, 12 septembre 1997.

[72] Cf. T. Ortolan, DTC, 2.2: 1634-42; E. Dublanchy, DTC, 4.2:2186-87; Benedict XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, Vol. 4, (Prato 1839-42); Green, Canonization, NCE, Vol. 3, p. 61.

[73] Pias Fidelium, (21 mai 1912), AAS 4, 1912, p. 398.

[74] Divinus Perfectionis Magister, p. 3; cf. aussi Procès de Canonisation,  n. 5.

[75] Nombre total des saints canonisés par John Paul II au 7 octobre 2002.

[76] Ce total inclut 103 martyrs coréens (1984); 117 martyrs du Viêt-nam (1988); et 120 martyrs chinois (2000); cf. aussi S. Bunson, The Saints of John Paul II, Our Sunday Visitor, 1999.

[77] Cf. H. Delehaye, Les Origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1933; F. Gagna, De processu canonizationis a primis ecclesiae saeculisusque ad Codicem iuris caonici, Rome, 1940; P. Molinari, Canonization of Saints, NCE, Vol. 3, p. 55.

[78] Ibid.

[79] Jean-Paul II, Encyclique Novo Millennio Ineunte (6 janvier 2001).

[80] Cf. de Lucia, Relazione, Vol. I, pt. I.