POUR QU’ILS RÈGNENT

 

Supplément 16                        Notre Dame du Mont Carmel                                     16 juillet 2004

 

Ministère de la Sainte Communion

 

L'Ordre et le Sacrement de l'Ordre

 

            Dans le bel ouvrage déjà cité précédemment, les révélations données à Soeur Beghe, (Dieu et les Hommes, Résiac) le Seigneur nous découvre de merveilleuses perspectives: des connaissances de l'univers matériel, sur l'univers spirituel, sur les origines de l'humanité, sur les fins dernières, sur la conduite humaine telle que voulue par Dieu, et donc, sur le Plan de Dieu dans son universalité.

 

            L'article qui suit fait appel à des considérations que l'on ne saurait trop méditer. Elles nous laissent entrevoir le rapport étroit et essentiel entre l'ordre dans le monde matériel: la société, la vie humaine et le sacrement de l'Ordre. Celui-ci nous est présenté comme le fondement, la pierre d'assise de toute l'« ordonnance » qui doit régner dans le monde. C'est une sorte d'hymne au Sacerdoce et à ceux qui en sont porteurs. Le Divin Sauveur, Premier Prêtre et Source de ce Sacrement, nous découvre l'intime unité entre le Sacerdoce de la Nouvelle Alliance et les bienfaits qui en découlent pour le monde dans son ensemble. Mais Il se plaint aussi de l'état dans lequel se trouve l'Église et donc, le Sacerdoce. Le désordre dans le monde est une conséquence de ce qui se passe dans l'Église: le manque de soumission à l'Autorité d'une portion importante du clergé...

 

            « Mon amour pour chacune de Mes créatures, nous dit le Divin Maître, est un amour divin et personnel. J'aime chacune de Mes créatures comme seul Dieu peut les aimer et comme seul Dieu les aimera jamais.

            « Je porte l'humanité tout entière dans Mon Coeur très saint et très aimant, et Je porte chaque créature dans Mon Sacré-Coeur. Je ne peux Me passer de Ma création et Je l'aime infiniment. Je l'aime et Je l'élève à Moi à chaque instant du temps matériel et à chaque instant du temps de l'éternité. J'aime chacun de Mes enfants de cet amour-là. Je Me donne à Ma création dans un sacrifice éternel, qui dépasse les lois du temps, qui est à la mesure de l'éternité divine. »

 

            Notre-Seigneur nous dit qu'Il a besoin des âmes. Absolument parlant, Dieu n'a besoin de

personne. Mais, comme le dit si bien le Cardi­nal Journet, l'Amour en Dieu est tellement intense, qu'il se produit comme un «besoin» de se manifester au dehors. C'est pourquoi il y a la Création, et une création continue. La multi­plication des hommes par la procréation accom­plit le dessein de Dieu qui est de multiplier les êtres à aimer, à combler de bienfaits et surtout de Sa Divine Présence; des êtres qui à leur tour, pourront aimer leur Créateur et leurs frères.

 

            Dans le passage qui suit, le Divin Maître nous invite à méditer sur le temps, ce grand bienfait qui nous est donné afin de le convertir en «bonheurs d'éternité». Combien de temps perdu, combien d'années vouées à la perdition parce qu'elles ne sont remplies que de méchancetés, d'égoïsme, de cupidité, de crimes de toutes sortes. Alors que ces vies pouvaient générer combien de bienfaits terrestres et déboucher sur une éternité bienheureuse !

 

            « Je suis le Maître du temps, nous dit Jésus. Je prends le temps et Je donne le temps. Le temps est la plus parfaite invention divine parce qu'elle est Sa plus précieuse réalisation. Le temps est la plus belle invention du monde matériel parce que, sans lui, l'ordre et la paix ne pourraient pas exister. L'ordre n'existerait pas et la paix, qui découle directement de l'ordre, ne serait pas non plus. »

 

            Jésus s'attarde aussi sur le mot: PAIX. Il confirme la définition que nous en donne saint Augustin: « La paix est la tranquillité de l'or­dre. » La paix règne lorsque chacun est à sa place, que chacun fait ce qu'il doit faire ; lorsque les relations entre les êtres sont telles que voulues par le Créateur; lorsque rien ni personne ne vient obstruer la route que chacun doit suivre, etc., etc. On pourrait beaucoup développer ces exemples.

 

            Le Seigneur introduit des applications. Je n'en mentionnerai qu'une seule, extrêmement importante, que chacun peut prolonger. Il ne peut y avoir d'ordre dans la société sans une «autorité» conforme au Plan de Dieu. De nos jours, les hommes ont aboli l'Autorité pour la remplacer par une forme d'anarchie appelée: démocratie, laquelle assure le triomphe des sectes maçonniques. Inspirées de l'enfer, celles-ci n'agissent que dans l'ombre. Elles ont inventé une illusoire souveraineté du peuple qui leur permet de gouverner celui-ci sans qu'il s'en rende compte. La première source des désordres politiques vient de là: de prétendre que les peuples peuvent se gouverner eux-mêmes. Il est dans l'ordre que les peuples soient gouvernés, et qu'ils le soient par un représentant de Dieu, ou au nom de Dieu, selon la Volonté de Dieu, en fondant toute l'action du gouvernement sur les commandements de Dieu comme sur une pierre angulaire. Le désordre politique actuel sera réparé lorsque les peuples accepteront de se soumettre à l'Autorité divine et demanderont un «Roi selon le Coeur de Dieu». Une prière conforme à la Volonté divine est toujours exau­cée.

 

L'Ordre essentiel dans tous les domaines

 

            L'ordre, nous dit Jésus, « est la source de la paix et la paix ne peut exister sans l'ordre. L'ordre dans la maison est la paix de cette maison; l'ordre de la nation est la paix de la nation; l'ordre dans l'âme est la paix de l'âme; l'ordre de la nature est la paix de la nature.

            « L'ordre est une propriété divine et l'ordre divin a créé l'ordre de l'univers, l'ordre du firmament, l'ordre des éléments et l'ordre des créatures vivantes. L'ordre parfait et bon a été donné à la création afin que la stabilité, la hiérarchie et la priorité d'une chose par rapport à une autre chose soient les garantes de la paix, de l'entente et de l'épanouissement des âmes à la Vie divine. Sans l'ordre de la nature, les éléments se déchaîneraient et les orages, torna­des et ouragans dévasteraient la terre. Sans l'ordre du firmament, les étoiles et leurs planè­tes s'entrechoqueraient et la destruction des unes et des autres serait leur sort. Sans ordre et sans paix, la création serait livrée à elle-même, â la destruction et à l'anéantissement.

            « Le Seigneur est le Créateur de l'ordre et du temps, et il ne permet pas au démon de semer le désordre et la discorde au-delà d'une frontière inattaquable et infranchissable.

            «Le Seigneur laisse cependant à la créature la libre disponibilité du temps qui lui a été donné et de l'ordre qui l'entoure. La créature est libre de respecter le temps qui lui est alloué pour l'employer à bon escient et le mettre à profit pour grandir en sainteté et en amour; elle est libre aussi de respecter l'ordre en le maintenant dans son âme et dans son environnement. Le Seigneur récompense ceux qui auront ainsi défendu Sa création en défendant l'ordre moral, l'ordre naturel, l'ordre matériel, et l'ordre divin. Le Seigneur leur donnera le Royaume éternel et l'Ordre éternel. »

 

            Le Seigneur nous indique ici le lien d'unité qui rattache l'ordre et la paix dans l'ordre naturel à l'Ordre et la paix qui doivent régner aux niveaux moral et spirituel. Les deux sont interdépendants. Lorsque les peuples sont fidèles à la Loi de Dieu, l'Histoire nous enseigne qu'il y a la paix dans la nature, autant que le peut permettre l'état du monde après la chute. Par contre, comme la Bible nous en fournit de multiples exemples, lorsque les peuples sont infidèles, les châtiments surviennent: famines, guerres civiles ou invasions, déportations, etc. Et l'on sait à quoi nous pouvons nous attendre si l'orientation actuelle du monde et d'une portion de l'Église ne changent pas...

 

Importance du Sacrement de l'Ordre

 

            « Le sacrement de l'ordre n'a pas été nommé ainsi par hasard. Non, l'Ordre est le sacrement qui porte bien son nom, et les serviteurs de Dieu ont la mission de maintenir et de garantir l'Ordre divin sur la terre, Ordre divin duquel décou­lent tous les autres ordres. Et lorsque l'Ordre est désorganisé, c'est parce que ceux qui avaient la responsabilité de le maintenir ont failli à leur mission et leur responsabilité est grande. Par leur insouciance, les serviteurs et les servantes de Dieu ont laissé le démon semer le désordre dans l'ordre voulu par Dieu, et ils portent sur leurs épaules la très lourde responsabilité de la perte de la foi, de la perte de la moralité, de la perte de la paix intérieure et extérieure. »

 

Mystère d'Iniquité

 

            « Par leur insouciance, ils ont perdu les trou­peaux qui leur avaient été confiés et ils perdront leur récompense. La plus belle récompense est la présence de Dieu, mais à cause de leur insouciance, ils perdront tout et même la pré­sence de Dieu dans le coeur de ce qu'ils ont détruit et qu'ils n'avaient pas le pouvoir de changer; lorsque les serviteurs de Dieu ont voulu s'arroger un pouvoir dont ils ne pouvaient pas disposer, le démon est entré dans le Saint des saints et Dieu ne partage rien avec l'ennemi implacable de Sa Bonté, de Sa Justice, de Sa Toute-Puissance et de Sa Miséricorde.

            « Dieu se retirera du monde lorsque le Mal aura atteint le comble de l'iniquité et ce temps est commencé. Dieu s'est retiré de son Oint an de satisfaire à Sa Justice, et Dieu se retirera de Son Église parce que la Justice divine se fera. Puis l'Église et le monde redeviendront à Moi et Je les relèverai et les embrasserai parce qu'elle et lui se repentiront et nous serons de nouveau un comme le Père, le Fils et l'Esprit sont un. »

 

            C'est une longue plainte envers toute l'Église et son clergé que manifeste ici le Divin Maître. Devons-nous taire ou escamoter l'une des causes de la Purification qui menace le monde présen­tement? Il y a quinze cents ans, la conversion des nations barbares a été le point de départ de la christianisation de l'Europe, donc, de l'é­tablissement de « l'Ordre » dans le monde, autant que la chose fut possible. Cette conversion non seulement des personnes, mais des nations, a porté son fruit: l'Occident chrétien. Tout ne fut pas parfait dans la Chrétienté, il n'y eut pas que des saints, mais cette époque fut de loin la meilleure que le monde ait jamais connue.

 

            L'Église a évangélisé, les peuples ont accepté de se soumettre à Dieu à travers le Sacerdoce - et la Cité de Dieu a progressé. Il y eut à cette époque des dizaines de rois canonisés, et des centaines, des milliers d'âmes de la noblesse qui se sont sanctifiées. Parmi elles, nombreux sont les hommes et les femmes qui ont fondé des maisons religieuses, qui ont rempli les couvents et les monastères de dizaines de milliers de leurs condisciples et des gens du peuple. La. noblesse a souvent été, pour les gens du peuple, inspiratrice de vertus et souvent d'héroïsme.

 

            De nos jours, un renversement s'est opéré. L'apostasie galopante s'est répandue partout et même dans le Sanctuaire. Elle a provoqué une dégradation considérable de la religion dans la liturgie, dans l'enseignement, dans la prédica­tion, aux différents niveaux de la vie de l'Égli­se. Le Divin Sauveur et Sa Divine Mère s'en plaignent trop fréquemment pour ne pas s'y arrêter. N'y a-t-il pas un lien entre cette apos­tasie et l'exode des fidèles loin de l'Église ?

           

            Quand on prend sérieusement la défense de l'Église et de la Foi catholique, on ne peut que s'élever contre cette intrusion du Malin dans nos églises et dans les institutions catholiques. Il y a des connivences plus ou moins inconscientes à certains niveaux, cela est indéniable. Dans le présent texte, le Seigneur emploie huit fois le mot « insouciance » en l'appliquant à Ses « serviteurs » et à Ses « servantes », donc, aux personnes choi­sies et consacrées à Son Service: hommes et femmes... Il se plaint du « manque de respect envers le Nom de Dieu ». Il se plaint qu'on ait livré le « Tabernacle » à tout venant. Il se plaint du « tutoiement» envers Dieu, Le traitant d'égal à égal. N'est-il pas vrai que nous avons perdu le « sens du sacré », le sens de la « transcendance de Dieu » ? Les Anges et les Saint en sont « horrifiés ». Ceux qui ont trahi leur sacerdoce et continuent d'enseigner dans les facultés; ceux qui enseignent l'hérésie haut et fort et sont officiellement honorés dans les universités dites

catholiques, n'attirent-ils pas les foudres du Ciel ? Méditons ces paroles du Christ, lourdes de tristesse pour Dieu et lourdes d'inquiétude pour nous! Le Christ ajoute:

 

            « Par leur insouciance, Mes serviteurs ont donné leur interprétation à Ma Parole et ils ont transformé Mon Amour. Par leur insouciance, ils ont parlé pour porter préjudice au respect et à la vénération qui Me sont dus au lieu de cultiver l'amour et la dévotion envers le Saint et très Sacré Nom de Dieu. Par leur insouciance, ils ont détruit les portes infranchissables du Saint des saints et ils ont livré le tabernacle à l'ignorance du peuple non instruit et pervers. Par leur insouciance, ils prétendent que la créature est égale à son Créateur et ils tutoient leur Dieu et leur Maître, et prennent toutes sortes de libertés qui horrifient les Anges et les Saints du Ciel. Par leur insouciance, ils con­duisent Mon troupeau sur des routes de traverse et ils perdent leurs ouailles au lieu de les con­duire sains et saufs vers le Royaume éternel. »

 

            Heureusement, après avoir manifesté son mécontentement, le Seigneur annonce qu'Il reviendra, au milieu des épreuves de la Purifica­tion, sauver Son Église et la régénérer. C'est là pour les chrétiens un signe d'espérance qui les aidera à traverser la mauvaise route qui s'an­nonce. Mais c'est aussi un appel à une conver­sion en profondeur... Jésus poursuit:

 

            « Le monde ne veut pas comprendre la très grave maladie dont est atteinte Mon Église parce qu'il ne veut pas se convertir et bien des âmes ne sont pas capables non plus de la com­prendre. Je Me servirai de ceux qui ont compris et qui n'ont pas refusé Ma grâce pour reconqué­rir Mon Église et elle redeviendra belle et pure et sainte parce que Mon Épouse ne peut être autrement. Je prépare les Miens au martyre et leur foi ne vacillera pas. Je prépare les Miens à la reconquête et Je les prépare à la croix. Je les aime parce qu'ils ne M'abandonnent pas et Je les aimerai éternellement. »

Soeur BEGHE, Dieu et les Hommes, Résiac, pp. 80-83

 

Les seuls ministres autorisés de la Sainte Communion

 

La Dispensation du Corps du Christ appartient au Prêtre pour trois raisons

    

1. Parce que, nous l'avons dit, c'est lui qui consacre en tenant la place du Christ Lui-même, comme Il a consacré son Corps à la Cène qu'Il l'a donné aux autres à manger. Donc, de même que la Consécration du Corps du Christ appartient au prêtre, de même, c'est à lui qu'en appartient la dispensation.

     2. Parce que le prêtre est établi intermédiaire entre Dieu et le peuple. Par conséquent, de même que c'est à lui qu'il appartient d'offrir à Dieu les dons du peuple, de même c'est à lui qu'il appartient de donner au peuple les dons sanctifiés par Dieu.

     3. Parce que par respect pour ce Sacrement, il n'est touché par rien qui ne soit consacré.

C'est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés et semblablement les mains du prêtre sont consacrées pour toucher ce Sacrement. Aussi, personne d'autre n'a le droit de le toucher sinon en cas de nécessité, par exemple si le Sacrement tombait à terre, ou dans un autre cas de nécessité.

Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa Pars

 

Les Mains

 

            « J'ai créé l'homme avec des mains afin que celles-ci soient constructrices du royaume béni de la terre dans lequel Je l'avais placé d'abord. Mais de ces mêmes mains, données pour cons­truire, l'homme s'est servi pour détruire ou pour se servir au lieu de servir Dieu. L'homme a pris en mains sa destinée et l'a asservie au lieu de la laisser entre les mains de Dieu.

            « J'ai béni les mains de Mes serviteurs en les consacrant dans le sacrement de l'Ordre et, à partir de cette bénédiction et de l'onction de ses mains, le prêtre devient le ministre de Dieu, de la Sainte Église et de la grâce. J'ai donné aux mains du prêtre la grâce d'être les mains bénies d'un être humain déchu mais rénové par les sacrements du Baptême, de la Confirmation et puis de l'Ordre, et après de si grandes grâces, les mains du prêtre sont spirituellement comme étaient les mains du premier homme avant le péché et comme étaient les mains très saintes et très douces du Seigneur Jésus-Christ. Les mains sont les outils du corps humain; un corps sain aura des mains saines et un corps saint aura des mains saintes, tandis qu'un corps avili aura des mains avilies et un corps déchu aura des mains déchues. Les mains des fidèles sont des mains de fidèles et les mains du prêtre sont des mains de prêtre et l'un et l'autre sont dissemblables à cause du sacrement infini­ment grand qui les différencie pour l'éternité.

            « Le sacrement de l'Ordre est propre à l'âme de l'homme (par opposition à la femme), mi­nistre de la Sainte Église, et les fidèles qui croient qu'ils peuvent, sous prétexte de manquer de prêtres, s'en passer en agissant à sa place et en son nom, sont condamnables de la même manière qu'un homme de la rue serait aussitôt délogé s'il devait s'asseoir sur le trône d'un monarque. Les mains de l'homme et de la femme sont des mains déchues et les mains du prêtre sont des mains d'homme déchu mais attitré à la tâche qu'il reçoit de Dieu Lui­-même, qui bénit, sanctifie et ordonne aux mains de Son serviteur d'agir à Sa place et en Son nom.

            « Le prêtre a reçu le mandat divin et ce mandat n'est pas limité aux seules mains du prêtre. Le mandat est étendu à la personne tout entière du prêtre: il va de ses mains à sa tête et à son corps tout entier afin d'être un autre Christ, un autre homme, un nouvel être. Ce nouvel être est appelé à vivre à l'exemple du Roi dont il est le ministre et le Roi n'est autre qu'un Homme et un Dieu: l'Homme a souffert, a aimé, a pardonné et Dieu a béni, a sanctifié, a donné la Vie. Le prêtre doit agir de même; comme homme, il doit se donner, aimer et pardonner, et comme ministre du Très-Haut, il doit bénir, donner la grâce sanctifiante et admi­nistrer les sacrements.

            « Le fidèle et le prêtre sont aussi différents spirituellement, que l'homme et la femme le sont corporellement et, de même que l'homme et la femme ont chacun leur place et leur rôle dans la société humaine, ainsi le fidèle et le prêtre ont chacun leur place et leur rôle dans la Sainte Église et dans la propagation de la vie surnaturelle. Et autant il est impossible à la femme de donner la vie et à l'homme de la recevoir, autant il est impossible à la Sainte Église de garder la Vie sans le concours et la participation généreuse du prêtre. »

Sœur Beghe, Dieu et les Hommes, Résiac, 1992, pp. 99-101

 

            Notons que les ouvrages de Sœur Beghe ont été présentés dans ce livre et publiés par son directeur spirituel. En soi, c'est déjà une recommandation qui a son prix. (J-Y.S.)

 

Une leçon pour notre temps

 

            Il y a beaucoup de leçons à tirer de cet ensei­gnement très riche. Entre autres, il est clair que la pratique de recevoir la communion dans la main, de même que le rôle du laïc dont les mains ne sont pas consacrées, comme ministre auxiliaire de la communion, est remis en question. A moins que l'on rejette les messages du Christ aux prophètes contemporains comme non conformes à la pratique courante. Faudrait-il alors comprendre que la façon « moderniste » de voir les choses, dans la célébration de la messe, dans la distribution de la communion, est tou­jours un critère de vérité et de rectitude, que la. Parole de Dieu et la Volonté du Saint-Père n'ont plus aucune valeur ? Que les messages prophéti­ques n'auraient plus aucune valeur, même s'ils sont conformes à la tradition deux fois millé­naire de l'Église, et correspondent à l'enseigne­ment explicite de saint Thomas d' Aquin sur le respect du Saint Sacrement dans la distribution de la Sainte Eucharistie. Voilà beaucoup de choses contredites par le modernisme.

 

            Et le Seigneur nous a dit dans le message cité aux premières pages de ce numéro, que l'ordre dans le monde dépend grandement de l'Ordre dans l'Église: le Sacrement de l'Ordre confié à l'Autorité de l'Église est la pierre angulaire de l'ordre dans le monde. Posons la question: Y a-t-il de l'Ordre dans le monde ? Y a-t-il de l'Ordre dans notre Église? Ajoutons le corol­laire: Y a-t-il de la Paix dans le monde ? Y a-t-il la Paix dans notre Église? Le Sacerdoce est-il respecté? La Très Sainte Eucharistie est-elle respectée? Toutes ces questions entraînent la même réponse: NON.

 

            Lorsque les gouvernants en sont rendus, après avoir rejeté Dieu, à détruire à la base la société en s'attaquent au mariage par les lois sur l'ho­mosexualité et le mariage des gais, après avoir accepté l'anéantissement des générations à venir par l'avortement légalisé, pouvons-nous aller plus loin dans la destruction de la planète, et c'est le plan de l'ennemi éternel de Dieu.

 

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            Je ne sors pas de mon sujet, bien au contraire. Le Christ nous a bien fait comprendre que le sacre­ment de l'Ordre, et donc, l'Eucharistie, - les deux se tiennent - est la pierre angulaire de l'ordre et de la paix, non seulement au plan spirituel, mais sur le plan humain, tout se tient.

                Nous avons vu dans les pages qui précèdent que la réception de l'Hostie dans la main, et la distribu­tion de la Sainte Communion par les fidèles sont remises en question. On aura remarqué que la réception de la communion dans la main a entraîné sa distribution par les fidèles. Dès que ceux-ci eurent la permission de recevoir la communion dans la main, ce ne fut qu'une question de temps pour eux avant de devenir "ministres" autorisés de la distribution. En prétextant le manque de prêtres.

                Après avoir attenté à la Tradition de l'Église, on n'eut plus qu'à étendre la "permissivité" sous de faux prétextes. Nous avons recouru plus haut à l'autorité de saint Thomas d'Aquin, un enseigne­ment qui mérite à lui seul de régler toute la ques­tion, mais quelle autorité aurait, de nos jours le grand Théologien de la Sainte Église, après qu'on ait renoncé à la Tradition, et tourné le dos aux prophètes de notre temps ?

                Insistons sur saint Thomas d'Aquin. Je sais bien qu'il n'a pas bonne presse dans certains milieux ecclésiastiques actuels, mais il méritait de prendre part au débat. Puisqu'il s'agit d'Eucharistie, rete­nons un bel hommage que le Christ lui a rendu peu avant sa mort. Comme il méditait régulièrement son enseignement devant le Saint Sacrement, un jour, Jésus lui donna le beau témoignage suivant, alors qu'il était en prière devant le Tabernacle. Jésus lui dit, en faisant allusion à ses enseigne­ments: « Tu as bien parlé de Moi, Thomas. » Quel bel hommage, en effet ! C'est presque une canoni­sation...

 

Ce qu'en pense S.S. Jean-Paul II

 

            N'allons pas oublier le principal intéressé dans ce débat, puisque les modernistes nous ont imposé ce sujet de discussion. Le Pape s'est-il prononcé sur le sujet ? Oui, deux fois plutôt qu'une. Mais la pratique étant devenue telle, on l'a bâillonné, il se sent obligé de se soumettre dans ses voyages à la coutume maintenant établie, après avoir fait savoir de façon explicite son opposition.

 

            Il n'approuve pas la pratique pour les fidèles de recevoir la Sainte Hostie dans la main, mais comme la majorité des fidèles, sauf d'heureuses exceptions noyées dans la masse, se soumet à la pratique imposée par le modernisme ambiant, le Pape doit subir cette grande souffrance pour lui.

Lors de son passage à Fulda, en novembre 1980, on lui a posé diverses questions auxquelles ü a répondu avec bienveillance. On lui a demandé:

 

            -  Saint-Père, quelle est votre opinion sur la prati­que de la communion reçue dans la main ?

            -  Il existe une lettre apostolique qui autorise cette permission spéciale. Mais je vous dirai que je n'y suis pas favorable... et je ne la recom­mande pas. Cette permission fut donnée en réponse aux demandes de certains évêques ...

 

            Lors de son voyage apostolique en France, en 1980, le Saint-Père a refusé de donner la Sainte

Communion dans la main, sur le parvis de Notre-­Dame de Paris, à des personnes connues... Ce fait est significatif ? Mais le Saint-Père a dû par la suite, céder ...

 

Actes du Saint-Père

 

            Conséquent avec lui-même, Jean-Paul II enseigne ce qu'il doit enseigner. Dans une lettre du 29 février 1980 adressée à tous les Évêques sur le Mystère et le culte de la Sainte Eucharis­tie, il écrivait:          « Toucher les Saintes Espèces, les distribuer de ses mains, est un privilège réservé aux Personnes Ordonnées... »

 

            Toujours fidèle à la coutume millénaire, le Souverain Pontife, lors de l'Année Mariale spéciale, fit afficher l'avis suivant à l'entrée de la Basilique Saint-Pierre:

 

Pour la Distribution de la Sainte Communion :

 

            Par ordre des Autorités Supérieures, il est prescrit que les très Révérends Prêtres qui célèbrent ou administrent dans cette Basilique Saint-Pierre ne doivent pas distribuer la Sainte Communion sous les deux espèces, ni déposer la Sainte Hostie dans la main des fidèles.

 

            Il est réaffirmé que tout Prêtre de n'importe quel rang ou lieu est tenu de se conformer

au Règlement de cette Basilique.

 

Ce règlement a-t-il été observé ? Nous l'ignorons...

 

            Voilà comment les hommes se sont interposés entre, d'une part l'Autorité du Pape et la Vo­lonté divine, qui coïncident, et d'autre part, une fausse permission prétendument donnée par l'Église. D'où vient cette permission, et de qui ?

 

            C'est là la question primordiale. Elle vaut la peine d'être posée et examinée !

 

La subversion contre l'Eucharistie

 

La Tradition catholique

 

            Dès avant l'Instruction Memoriale Domini, du 29 juin 1969, dont nous allons parler, dans certains diocèses, l'habitude avait déjà été introduite de donner aux fidèles le Saint Sacrement dans la main. De quel droit? Cette nouvelle pratique ne reposait sur aucun droit, sur aucune coutume antérieure. Une demande fut alors faite à Paul VI, de la permettre. Il y avait déjà une faute. Et on demandait au Souverain Pontife, l'Autorité dans l'Église, de se porter garant de cette faute en la permettant après coup. Cela ressemble beaucoup à de la subversion. Et cela, sur un sujet aussi grave que la Sainte Eucharistie.

 

            Le Saint-Père se montra bon prince devant une telle audace. II la prit en considération, et voulut aussi connaître le sentiment, l'état des esprits de la Sainte Église, avant toute décision. Il commanda donc un sondage parmi les évêques de l'Église latine.

 

            Cette enquête se révéla négative quant à la permission demandée, de rendre régulière ce qui existait déjà. Mais le Saint-Père agit selon son devoir: il réaffirma la tradition catholique et décida de s'en tenir à cette coutume confirmée depuis les origines, tout en publiant le sondage attestant que la volonté des fidèles, exprimée par les Évêques, était conforme à la tradition. Rien ne devait changer!

Voici donc la première partie de ce document, la lettre dont a fait état le Pape Jean-Paul II: l'Instruction de la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin.

 

MEMORIALE DOMINI

 

            L'Instruction Memoriale Domini, de la Congrégation pour le Culte Divin, du 29 juin 1969, signée par les cardinaux Gut, Préfet de la Congrégation, et son secrétaire, le cardinal Bugnini, comporte donc deux parties bien distinctes et contradictoires. D'une part, la volonté expresse du Souverain Pontife de conserver le mode traditionnel de distribution de la Sainte Communion: sur la langue, et à genoux. D'autre part, l'introduction de la supposée «permission de recevoir la Sainte Hostie dans la main». Cette seconde partie enfreint gravement la décision du Saint-Père, et c'est cette partie qui deviendra effective depuis maintenant plus de 35 ans. Cette façon de faire, on a prétendu qu'elle remonte aux origines de l'Église, mais cette prétention est fausse, c'est un prétexte pour faire accepter la volonté de quelques évêques dont l'inspiration en ce chapitre ne vient pas de la tradition catholique. On l'a vu dans les pages précédentes, dont l'enseignement de saint Thomas d'Aquin. Voici la première partie du document, la décision de Paul VI.

 

Avantage de la pratique traditionnelle

 

            « (...) Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la sainte communion doit être con­servée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie. Par ailleurs, cet usage ne blesse en rien la dignité personnelle de ceux qui s'approchent de ce sacrement si élevé, et i1 fait partie de la préparation requise pour recevoir le Corps du Seigneur d'une façon très fructueu­se.

            « Ce respect exprime bien qu'il s'agit non pas ‘d'un pain et d'une boisson ordinaires’ mais du Corps et du Sang du Seigneur, par lesquels ‘le peuple de Dieu participe aux biens du sacrifice pascal, réactualise l'alliance nouvelle scellée une fois pour toutes par Dieu avec les hommes dans le Sang du Christ, et dans la foi et l'espérance, dans le Royaume du Père.’

            « De plus, cette façon de faire, qui doit déjà être considérée comme traditionnelle, assure plus efficacement que la Sainte Communion soit distribuée avec le respect, le décorum et la dignité qui lui conviennent; que soit écarté tout danger de profanation des espèces eucharisti­ques, dans lesquelles ‘d'une façon unique, le Christ total et tout entier, Dieu et homme, se trouve présent substantiellement et sous un mode permanent’; et qu'enfin soit attentivement respecté le soin que l'Église a toujours recom­mandé à l'égard des fragments de pain consacré: ‘Ce que tu as laissé tomber, considère que c'est comme une partie de tes membres qui vient à te manquer.’ (S. Cyrille de Jérusalem).

 

L'enquête auprès des évêques de l'Église latine

 

            « Aussi, devant les demandes formulées par un petit nombre de Conférences épiscopales, et certains évêques à titre individuel, pour que sur leur territoire soit admis l'usage de déposer le Pain consacré dans les mains des fidèles, le Souverain Pontife a-t-il décidé de demander à tous les évêques de l'Église latine ce qu'ils pensent de l'opportunité d'introduire ce rite. En effet, des changements apportés dans une ques­tion si importante, qui correspond à une tradi­tion très ancienne et vénérable, non seulement touchent la discipline mais peuvent aussi com­porter des dangers qui, comme on le craint, naîtraient éventuellement de cette nouvelle manière de distribuer la sainte communion, c'est-à-dire: un moindre respect pour l'auguste sacrement de l'autel; une profanation de ce sacrement; ou une altération de la vraie doctri­ne.

 

            « C'est pourquoi trois questions ont été posées aux évêques, dont les réponses s'établissent ainsi à la date du 12 mars dernier [1969]:

 

            1. Pensez-vous qu'il faille exaucer le voeu que, outre la manière traditionnelle, soit également autorisé le rite de la réception de la communion dans la main ?

Réponses: Oui: 567; oui avec réserves: 315; non: 1233; non valides: 20.

            2. Aimeriez-vous que ce nouveau rite soit expérimenté d'abord dans de petites communau-

tés, avec l'autorisation de l'Ordinaire du lieu ?

Réponses: oui: 751; non: 1215; non valides: 70.

            3. Pensez-vous qu'après une bonne préparation catéchétique, les fidèles accepteraient volontiers ce nouveau rite ?

Réponses: oui: 835; non: 1185; non valides: 128.

 

            « Ces réponses montrent donc qu'une forte majorité d'évêques estimaient que rien ne devait être changé; et que si on apportait un change­ment, cela offenserait le sentiment et la sensi­bilité spirituelle de ces évêques et de nombreux fidèles.

 

Conséquence: la pratique traditionnelle doit être maintenue

 

            « C'est pourquoi, compte tenu des remarques et des conseils de ceux que «l'Esprit Saint a constitués intendants pour gouverner» les Égli­ses, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon tradition­nelle de distribuer la Sainte Communion aux fidèles.

            « Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respec­ter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en pre­nant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin, le bien commun de l'Église. »

 

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La Révolution dans l'Église

 

            Le document aurait normalement dû se terminer ici, par la signature de S.S. Paul VI. Trois autres pages s'ajoutent, intitulées: POSSIBILITÉ POUR LES FIDELES DE RECEVOIR LA COMMUNION DANS LA MAIN. Il s'agit donc bien d'un acte de subversion, d'un coup de force des récalcitrants contre l'auto­rité de la Sainte Église.

 

            Le dictionnaire Larousse définit ainsi le mot subversion: « action visant à saper les valeurs et les institutions établies ».

 

            Dans le cas présent, c'est le coeur même de l'Église qui est atteint; son Autorité, et comme conséquence, la dévotion des prêtres et des fidèles envers l'Eucharistie.

 

            Jusqu'ici, nous avions lu un document d'Autorité, un document pontifical, empreint d'un grand res­pect envers le Christ et envers le peuple de Dieu, un document véritablement pastoral.

 

            Il y aura par la suite changement d'interlocuteur; le ton change, la phraséologie, la terminologie sont différentes; ce n'est plus le Pape qui s'exprime paternellement, mais les représentants des « rebelles » qui se sont placés en dehors de la vénération due à l'Autorité, et qui vont devenir assez auda­cieux pour demander au Pape de cautionner leur désobéissance.

 

            Ils parlent de nouveaux besoins, de changements, de situation nouvelle, qu'ils ont créée eux-mêmes, et ils exigent que le Saint-Père régularise la présente situation, en se soumettant à leur volonté. Voyons cela en lisant attentivement la suite du document:

 

Mais la communion dans la main

peut être accordée par le Saint-Siège

aux Conférences épiscopales

 

            « Mais là ou s'est introduit un usage différent - celui de déposer la sainte communion dans la main - le Saint-Siège, afin d'aider les Conférences épis­copales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuel­les, confie à ces mêmes conférences la tâche et le devoir de peser avec soin les circonstances particu­lières qui pourraient exister, à condition cependant d'écarter tout risque de manque de respect ou d'opinions fausses qui pourraient s'insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie, et d'éviter soigneusement tous autres inconvénients.

 

            « De plus, en pareils cas, pour que cet usage s'établisse comme il faut, les Conférences épiscopales prendront, après prudent examen, le: décisions opportunes, par vote secret et à la majo­rité des deux tiers. Ces décisions seront ensuite soumises au Saint-Siège, pour en recevoir la néces­saire confirmation, accompagnées d'un exposé précis des causes qui les ont motivées. Le Saint Siège examinera chaque cas attentivement en tenant compte des liens existant entre les différentes églises locales, ainsi qu'entre chacune d'elles et l'Église universelle, afin de promouvoir le bien commun et l'édification commune, et afin que l'exemple mutuel accroisse la foi et la piété. »

 

(signé) Bruno Card. Gut, Préfet A. Bugnini, Secrétaire

Rome, 29 mai 1969 DOCUMENTATION CATHOLIQUE, N° , 1544, 20/7/1969

 

            Ce document, émis par la Sacrée Congrégation pour le culte divin, était donc signé par le préfet de la Congrégation et son secrétaire. II n'était pas signé par le Pape. On prétend qu'on avait mandat du Pape. Il y a pour le moins une équivoque quant à la validité du document: le Saint-Père exprime la volonté de maintenir la Tradition, et c'est lui l'Auto­rité. Les collaborateurs outrepassent la Volonté du Pape, et c'est leur décision qui prévaut: comment appeler cela ?

 

            Quel charabia que ces derniers paragraphes! Sous des dehors pieux de respect, de bien com­mun, on travaille à démolir la belle unité qu'il y avait dans la réception de la Sainte Eucharistie, et la commune piété des prêtres et des fidèles envers le Christ présent dans l'Hostie, et on nous parle d'unité, de piété, etc. On a pu remarquer aussi qu'une nouvelle « organisation » venait de naître, la « conférence épiscopale ». Cette organisation n'a rien de canonique, elle n'était pas alors dans le code catholique, on l'a créée de toutes pièces en lui donnant des pouvoirs. Dans l'Église, l'Autorité appartient depuis toujours au Pape et aux Évêques, chacun à son rang. Pour l'Église universelle, c'est le Pape et les évêques en communion avec le Saint­-Père. C'est aux Évêques que le Saint-Père Paul VI s'est adressé pour évaluer le sentiment de l'Église universelle sur la réception de la Sainte Commu­nion, et ce sont eux qui, après enquête, ont fait savoir au Pape que le peuple de Dieu voulait s'en tenir à la Tradition. Cette dernière partie du docu­ment témoigne qu'on se moquait souverainement de la Constitution de l'Église et donc, de l'Autorité du Souverain Pontife. Et l'Église vit depuis ce temps dans une situation de schisme ... au moins larvé.       

 

Les fruits:

 

            Quelles en sont les conséquences, après presque 40 ans de cette auto-démolition de la Sainte Église? Après cette atteinte grave à la dévotion eucharisti­que, en 1969, l'Église en récolte aujourd'hui les fruits: les séminaires se sont vidés, les communau­tés religieuses manquent de sujets, il n'y a plus de

vocations, les églises sont vides. Le Christ avait annoncé: « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ! »

 

La « Hiérarchie parallèle »

 

            Il faut insister sur ce point, car on a là un exemple caractéristique de la façon dont les modernistes introduisent des pratiques nouvelles, créent une situation de fait avec laquelle le Saint-Père doit ensuite composer. Un théolo­gien bien connu de chez nous, le P. Ovila Mélançon, nous donne sur ce point une précision importante. Dans un document manuscrit fort bien étoffé, on peut lire ce qui suit:       

            « Le but de cette permission de Paul VI (?) était de solutionner le problème des prêtres qui, en désobéissant, distribuaient la Communion dans la main. Le Pape voulait faciliter la tâche pastorale des évêques par rapport à ces prêtres désobéissants. »

 

            Il y avait donc des prêtres « désobéissants ? » qui anticipaient sur une « permission » qui n'avait pas été accordée, qui ne devait pas l'être, mais que certains évêques sollicitaient. Ces prélats étaient-ils du côté du Pape qui n'en voulait pas, ou du coté des prêtres désobéissants ?

 

            Voilà la question pertinente et la clé de l'opération. Or, ces prêtres "rebelles" appuyés de toute évidence par certains évêques, forcèrent la main du Souverain Pontife, l'obligeant malgré lui, à établir des normes pour « régulariser » une situation qui mettait en péril la bonne distribu­tion de la Sainte Communion. Voilà comment on a établi une « hiérarchie parallèle » dans l'Église; 1e Pape, les mains liées, ne peut plus gouverner selon la Tradition de l'Église et conformément à une majorité d'évêques et de fidèles en communion avec lui. Et depuis ces trente-cinq ans, on a continué de généraliser la pratique de la communion dans la main en s'autorisant d'une « fausse permission » de l'Égli­se.

 

La « fumée de Satan »

 

            Cette fausse permission, obtenue par des moyens illégitimes, est devenue la « règle géné­rale ». La plupart des fidèles, dont les jeunes, inconscients de la situation, suivent le mouve­ment, se croyant fidèles à l'Église, alors que les vrais fidèles à l'Église, qui respectent la Tradi­tion, deviennent les marginaux... Il s'ensuit une désaffection du mode traditionnel de la commu­nion demandé par l'Église, préféré par une majorité d'évêques et de fidèles, conforme au respect dû à l'Eucharistie, et exigée par le Christ.

 

            On me permettra d'insister et de répéter, c'est là un exemple classique dont la subversion travaille depuis tant d'années à neutraliser l'Autorité du Pape, Paul VI en a beaucoup souffert et s'en est plaint en parlant de la « fu­mée de Satan », quand il a dit: « La fumée de Satan est entrée dans le Temple de Dieu ». Et la manière dont on a introduit la « dialectique marxiste », ou « hiérarchie parallèle », la fausse autorité neutralisant la véritable, la lutte intes­tine dénoncée par Notre-Dame à Don Gobbi, en parlant de la Franc-Maçonnerie ecclésiastique (Messages de juin 1989).

 

Le Vendredi Saint de l'Église

 

            Voici un témoignage entendu d'un prédicateur au cours d'une retraite il y a vingt-cinq ans.

Le fait s'est passé pendant le Concile. Ce Père dominicain, très éclairé, était en conversation avec un évêque qui se demandait pourquoi le Concile ne prononcerait aucun anathème. Pourtant, les erreurs ne manquaient pas. Elles poussaient grassement sur la tige du néo-modernisme. Et le Concile semblait les ignorer. Le père dominicain répondit à l'évêque: « Monseigneur, nous sommes à la fin des Temps, nous entrons dans la « dernière semaine ». (fin de la citation)

 

            L'Église vit donc sa « dernière semaine », corres­pondant à la Semaine de la Passion que vécut le Christ. Or, depuis les débuts de sa vie publique, Notre-Seigneur avait enseigné, rétabli la saine doctrine et rectifié les erreurs. Il avait fait face à ses ennemis et au besoin, les avait dénoncés publique­ment. Il avait exercé son Autorité avec vigueur. Arrive le Dimanche des Rameaux: Il se laisse porter sur un âne. Quelque chose a changé. S’Il continue à enseigner dans le temple, Il le fait plus discrète­ment. Il ne s'expose plus comme précédemment. Son heure est venue. Il sera bientôt l'Agneau immolé. On le trouve soumis à ses bourreaux, silencieux devant ses juges, sauf si ces derniers font appel à leur autorité, comme Pilate. « Toute autorité vient de Dieu », avait-Il enseigné, Il doit donc répondre à l'Autorité. Jésus avait littéralement « déposé » Son Autorité.

 

            De nos jours, en ce « Vendredi Saint » de l'Église, le Pape n'a pas « déposé » son autorité, comme Jésus, on la lui a enlevée... Il ne peut plus gouver­ner comme il le voudrait; c'était vrai de Paul VI, ce l'est davantage de Jean-Paul II. C'est la rébellion presque généralisée dans l'Église, sauf quelques-uns restés fidèles. Le peuple est laissé à lui-même. Chacun est invité à prendre ses responsabilités. De là l'importance des prophètes, et la valeur de l'apostolat! Soyons apôtres! Soyons prophètes !

 

Grandeur et bienfaits

du mode traditionnel de communier

 

            Les modernistes installés dans l'Église préten­dent « faire avancer les choses », adapter l'Église à des conditions supposément nouvelles. Aucun argument valable ne vient autoriser la réception de la communion dans la main. Plus grande commodité pour le fidèle ? Pour le Ministre ? Plus grand respect pour le Saint Sacrement ? Symbolisme plus étroitement relié à la Réalité sacramentelle ? Rien de tout cela.

 

            Par contre, le mode traditionnel a pour lui tous les avantages, tant du côté du respect dû au Sacrement, que de la commodité et du symbolisme. Le symbolisme: ce mot revient tellement souvent dans la nouvelle « langue liturgique ». Qu'en est-il ? On parle beaucoup de repas, de rassemblement. Préférons plutôt l'expression « banquet eucharistique » à la banalité du mot « repas ». C'est du « Banquet » qu'a d'ailleurs parlé Paul VI dans sa lettre citée plus haut. Dans la mesure où la messe – d'abord renouvellement mystique du Sacrifice de la Croix – nous invite à nous nourrir, le terme suggérant 1a noblesse devrait être choisi, il s'adapte mieux à la solennité du rite auquel les fidèles sont invité à participer.

 

            Quand on est invité à manger chez un grand seigneur, on ne mange pas debout, à la sauvette comme au casse-croûte, pour repartir hâtivement, comme font tant de fidèles de nos jours. On se présente « à table ». Et si l'on est invité par le Roi des rois, par le Seigneur des seigneurs, et qu'Il nous offre ce qu'Il a de plus précieux, un « Nourriture Divine » la Sienne, le moins que l’on puisse faire c'est de se présenter dignement, « à table ». Et la position de celui qui est invité surtout s'il n'y a aucun droit, s'il a été « adopté » par pure miséricorde, c'est d'ajouter l'humilité à la dignité; de s'agenouiller devant le Roi de rois et Seigneur des seigneurs; de recevoir humblement, dignement, la « Divine Nourriture »; de prendre le temps de « la faire sienne » sans presse, dans l'adoration. Et non plus à 1a manière de celui qui entre au casse-croûte pressé, qui en sort de la même façon, la « bouchée à la main ».

 

            Après des tentatives qui ont peut-être pris bien du temps, je ne sais, l'Église avait fini par établir le « symbolisme » dans sa plus haute signification, avec la commodité et une Gran­deur, une Dignité que l'on ne pourra jamais dépasser: la « Table eucharistique », munie de la «nappe de communion», devant laquelle on s'agenouille humblement et avec piété, et que l'on ne quitte qu'après avoir adoré, reçu le « Pain des Anges » et rendu grâces. Ceux qui veulent reconstruire l'Église et ses rites séculai­res, peuvent-ils faire mieux ?

 

Des appuis contemporains: A San Damiano

 

            Le 9 novembre 1969, la Sainte Vierge appa­raissant à Rosa lui déclara: « Sacrilèges sur sacrilèges, la Communion dans la main. »

 

            Et le 4 août de la même année, Jésus appa­raissant au même endroit à des prêtres, leur dit: « Pensez que vous êtes Mes frères, vos mains sont consacrées, et tout votre être; que vous pouvez porter sur votre poitrine Jésus vivant et vrai, et vous pouvez donner Jésus aux âmes. Mais vous ! Personne d'autre ! C'est vous qui Me représentez sur cette terre... Réfléchissez... Réfléchissez ... »

 

            C'est précisément à cette époque que la rébellion contre Paul VI était amorcée...

 

            A Conchita, une voyante du Mexique, Notre­ Seigneur disait en 1970:

            « Il y a maintenant beaucoup de communions sacrilèges et bien des messes profanées... Ils font de la messe une foire païenne... Qu'ils se gardent de distribuer la Communion debout à la manière moderne. J'interdis absolument pareil­les irrévérences ! »

 

            Mère Térésa:

            Le R.P. Georges Rutler demanda un jour à Mère Térésa en présence de plusieurs prêtres, quel était selon elle le plus grave problème dans le monde d'aujourd'hui. Elle répondit sans hésiter: « Partout où je vais dans le monde entier, la chose qui m'attriste le plus est de voir les fidèles recevoir la Communion dans la main.  »

 

Les remèdes: Obéissance et Agenouillement

 

            Nous comprenons tous que cette bataille que mène la Sainte Église, Dieu ne peut pas y être indifférent. Mais c'est aussi notre affaire. Il nous faut donc coopérer. Et je me souviens ici que Monseigneur Gaume, qui fut un grand défenseur de la Sainte Église au XIXe siècle, enseignait que les défenseurs de l'Église, soit par la parole, soit par la plume, devaient surtout prendre la défense des principes qui étaient les plus vivement attaqués. C'est pourquoi je crois utile de terminer ce supplément en attirant l'attention sur deux points qui paraissent déficitaires de nos jours: l'obéissance et l'agenouillement. Ces deux attitudes, l'une intérieure, l'autre extérieure, prennent toutes deux racine dans l'humilité. Cette vertu est au centre et au fondement de la Sainte Vertu de Religion. On ne peut pas se rapprocher de Dieu sans humilité. Et si Marie est devenue la Mère de Dieu, c'est parce qu'Elle pouvait chanter: « Dieu a regardé l'humilité de Sa servante. »

 

            Un jour, le Père Éternel a dicté le message suivant sur la « Soumission au Pape » à un homme simple, sans instruction, ne sachant pas écrire, un message qu'il n'a pu livrer que par cassette. Et l'homme qui l'a traduit en français raconte qu'il a été « comme ravi » pendant tout le temps qu'a duré la traduction. Il a reçu des grâces particulières, qu'il méritait, c'est certain, et n'a pas laissé son nom... Autre marque d'humilité. Ce Message du Père Éternel, faisons-le nôtre:

 

La Soumission au Pape

 

            « Mes chers enfants, tous doivent savoir, et c'est Ma Volonté que vous le sachiez, l'impor­tance pour le destin de votre âme d'être fidèles et obéissants à votre Pontife, l'homme que J'ai choisi de toute éternité pour vous diriger, vous, mon Israël, mon peuple choisi, à travers le désert de ce temps du second exode. Cet hom­me, qui est assis sur la Chaire de Pierre, a reçu son autorité de Moi, et quiconque lui désobéit, lui fait obstruction ou rajoute au poids de sa croix n'échappera pas à Ma Justice.

            « Je suis un Dieu de miséricorde et de justice. Je puis aussi être un Dieu sévère. Si le ton des messages qui vous sont donnés par les prophètes d'aujourd'hui vous semble sévère, c'est parce qu'il reflète votre infidélité et votre orgueil qui vous amène à prendre le chemin de la perdition.

            «Vous avez reçu par l'Évangile de Mon Fils, par les prophètes de la Révélation et par l'inspiration de l'Esprit Saint, suffisamment de con­naissances pour comprendre que Mon Fils, conformément à Ma Volonté, avait choisi pour diriger Son Église, Pierre, un homme faible, rude et sans instruction. C'est justement à cause de ses déficiences qu'il fut choisi, en sorte que tous les hommes puissent voir et comprendre que l'Église de Mon Fils était guidée et dirigée par le Saint Esprit à travers son pontife, que c'était une institution de Dieu et non des hom­mes. Par l'orgueil que vous avez de votre intelligence et de votre savoir, vous avez fait une parodie de l'Église de Mon Fils. Tous les hommes choisis par Mon Fils pour aider à établir Son Église furent envoyés pour ensei­gner, établissant ainsi la trame et les fondements de l'Église visible. Ils comprenaient parfaite­ment le rôle de Pierre, et à la mort du pontife, un successeur lui fut choisi dans le groupe des hommes consacrés. La succession se poursuivit durant dix-neuf siècles malgré les efforts de Mon ennemi pour détruire l'Église de Mon Fils. Au cours des siècles, des hommes – loin d'être saints – se sont assis sur la Chaire de Pierre, mais le pouvoir et l'autorité ont continué de façon ininterrompue jusqu'à aujourd'hui et c'est un grand témoignage du rôle de guide joué par Mon Esprit Saint.

            « Celui qui siège maintenant dans la Chaire de Pierre a reçu avec cette Chaire la plus grande et la plus lourde croix jamais reçue par aucun homme depuis Adam jusqu'au dernier enfant né aujourd'hui... Le poids de sa croix surpasse celui de la croix de tous les patriarches, des prophètes, des prêtres et des rois, y compris des croix de Noé, Moïse, David et Pierre. En acceptant sa charge, votre pontife a reçu l'héri­tage d'une accumulation d'erreurs humaines de jugement, lequel une fois rajouté au poids d'en­seigner le véritable Évangile dans un monde dominé par Satan, fut la cause qui rendit sa croix la plus lourde depuis que Mon Fils porta Sa Croix jusqu'au Calvaire.

            « Je dis MALHEUR à tous ceux qui, dans l'Église de Mon Fils, se sont placés eux-mêmes hors de l'autorité de leur pape, remettant en question cette autorité, remettant en question son enseignement, et mènent les autres à la désobéissance. Malheur, malheur, malheur à tous ceux qui présentement, complotent contre lui, font obstruction à son enseignement, défient son autorité, et nient son infaillibilité quand, assis dans la chaire de Pierre, il enseigne la doctrine et la morale !

            « En tant que votre Dieu et Créateur, Je vous exhorte maintenant à vous soumettre avec une parfaite humilité à l'autorité et aux enseigne­ments de votre pontife avant que Ma main de justice ne tombe sur vous.

 

            « MA VOLONTÉ sera faite !

 

            « Mes Anges ont pris position et attendent. La séparation du blé d'avec la paille va commencer quand votre pontife, fatigué, montera au Cal­vaire et que, conformément à ce qui a été mis dans son coeur, il fera connaître les vérités qui diviseront l'Église même dont il est le pasteur.

            « Ceux qui, maintenant, ne le servent que du bout des lèvres, ceux-là briseront les rangs et se joindront à ceux qui, nombreux, complotent présentement afin de s'approprier son pouvoir pour eux-mêmes.

            « Voyant ceci comme sa plus grande chance, Satan lancera une grande attaque sur l'Église de Mon Fils afin de l'écraser une fois pour toutes. La souffrance de tous les fidèles deviendra la semence de laquelle jaillira une nouvelle, grande et glorieuse Église.

            « L'Église de Mon Fils marchera dans Ses pas jusqu'au Calvaire. ‘Le Pasteur sera frappé et le troupeau dispersé’. N'ABANDONNEZ PAS MON PONTIFE CHOISI ! ! ! Offrez même vos vies en holocauste, votre sacrifice Me sera agréable.

            « Puis viendra la résurrection ! ! ! Vous verrez la face de votre Père et vous vivrez ! Le roy­aume de Mon Fils atteindra sa maturité ! Je ferai descendre la Cité Sainte des nuages du Ciel. Elle sera entourée de splendeur et de gloire !

 

            « ALORS COMMENCERA LE REPAS DE NOCES MENTIONNÉ PAR MON FILS !!!

 

            « Allez maintenant avec REPENTIR recevoir JUSTICE et Ma MISÉRICORDE.

 

            « Ce sont Mes dernières paroles ! Votre Père qui vous aime. »

 

Message du Père Éternel à un fermier américain le 30 octobre 1995, à minuit et 1 minute texte manuscrit aux pages 66 à 68.

 

Jésus parle à JNSR :            Lundi 28 août 2000 - St Augustin

 

            « Alors aujourd'hui j'appelle Mes enfants Prêtres, Mes élus, les membres de Ma Sainte Église, tous ceux qui se sont déjà réveillés, Vous, les enfants de Mon Divin Sacerdoce, destinés à s'unir à Moi, JÉSUS le Christ, le Divin Crucifié d'Amour: venez vivre à chaque Messe Mon Saint Sacrifice. Unissez-vous à Celui qui s'est donné pour tous les pécheurs dans la Gloire du Très-Haut. Vous recevrez, dans vos mains, le Corps et le Sang, l'Ame et la Divinité du Fils de Dieu, Celui-là même qui, un jour, a goûté à la plénitude le la Souffrance d'Amour sur Sa Sainte Croix.

            « Oui, venez et goûtez à Mon Amour avant de M'offrir par vos mains sanctifiées et bénies par Dieu le Père qui vous donne à vous, les premiers dans vos coeurs de Prêtres, Son Fils, Sa Divine Hostie. Oui, offrez-Moi à Mes enfants dans un grand Respect. Devant Dieu, tous genoux se ploient. Je ne suis pas une marchandise qui passe de main en main.

            « Je descends dans les coeurs : pourquoi est-ce si difficile pour vous de comprendre ce Mystère ? Vous éviterez ainsi tant de profanations, car Mon Corps continue à se vendre devant la porte de vos églises de la Terre !

            « C'est pourquoi vous voyez Ma Sainte Mère pleurer encore des larmes de sang. N'a-t-Elle pas pleuré assez devant Son Fils en Croix ? Son Coeur transpercé par le Glaive de la Douleur ne cesse de saigner, invisiblement. Le Père Tout-Puissant était là Présent, laissant s'accomplir la Rédemption du Monde, devant Son Unique Fils, l'Agneau immolé et devant Sa Fille toute offerte à Dieu, qui devenait au pied de la Croix de la Rédemption, la Co-rédemptrice. »

 

JNSR: Témoins de la Croix, Actes des Apôtres, 4, 1ère  partie, Résiac;

JNSR: Sigle d'une messagère française à qui Dieu a demandé l'anonymat en utilisant ce sigle.

 

            Précédemment, à la même messagère, en date du 18 février 2000, Jésus avait utilisé le mot « blasphémer » en parlant de ceux qui reçoivent ou distribuent l'Eucharistie sans avoir les mains consacrées: « (...) On ne doit plus blasphémer Dieu dans Son Adorable Sacrement, ce mépris doit cesser. Si tu savais combien Je souffre lorsque des mains non consacrées Me touchent, tu en frémirais !... »

 

L'Agenouillement

 

            L'homme n'est grand qu'à genoux, a-t-on dit. Et pourtant, nombreux sont ceux qui n'osent plus s'agenouiller à l'église. Trop nombreux ceux qui oublient l'agenouillement pendant la Sainte Messe. Et qui oublient surtout le moment privilégié où Dieu descend sur l'autel. On se tient debout devant Dieu, comme l'égal de Dieu. Forme nouvelle d'idolâtrie que cette tendance à se faire l'égal de Dieu, à se faire dieu soi-même.

 

            La Vierge Elle-même n'hésitait pas à se mettre à genoux devant Son Fils. Elle était la Mère, Elle avait porté le Fils de Dieu, Elle l'avait mis au monde, l'avait donné au monde. Si une personne avait jamais été autorisée à mettre de côté l'agenouillement... Mais non, la Vierge se met à genoux. On L'a vue agenouillée dans certaines visions. Dans l'œuvre de Maria Valtorta entre autres, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé:

 

            Lors de l'apparition de Jésus ressuscité, Marie priait à genoux, et, apercevant Jésus, elle demeure prosternée devant Lui. Le Fils la relève pour lui donner le baiser du Ressuscité. (T. 10, p. 22)

Au moment de l'Ascension, Elle s'agenouille aux pieds du Fils pour recevoir Sa Bénédiction. (T. 10, p. 207)

 

            Anne-Catherine Emmerich a vu la Sainte Vierge communier à genoux.

 

            On trouve de nombreux autres exemples dans L'Évangile tel qu'Il m'a été révélé, d'agenouillements qui semblent tout naturels aux personnes concernées.

 

            Lors de la visite de Marie à sa cousine Élisa­beth, Zacharie, apprenant d'un ange qu'elle

porte le Messie, se prosterne à ses pieds en disant, tout ému: « J'adore en Toi le Dieu de Jacob». (T. 1, p. 145)

 

            Au moment de la Nativité, à Bethléem, Joseph se laisse prier pour prendre Jésus dans ses bras. Marie doit insister, tellement il se sent indigne de « toucher » le Verbe de Dieu fait chair. « Prends, lui dit Marie, personne n'est plus digne que toi." (T. !, pp. 172-173)

 

            A Bethléem encore, le berger qui, le premier, a vu l'ange, s'écrie: « Par terre, à genoux devant l'Ange de Dieu » (T., 1, pp. 180).

 

            Plus tard, en se remémorant la scène, l'un des bergers mentionne qu'au moment d'annon­cer: « C'est le Christ Seigneur, l'ange s'est incliné. » (T. 2, p. 621).

 

            Lors de la première rencontre de Jésus avec Lazare, celui-ci, l'apercevant, accourt et se jette à ses pieds dans une profonde prostration, et baise la frange de son vêtement. Il dit à Jésus: « Je ne suis pas digne d'un tel honneur, mais puisque ta sainteté s'abaisse jusqu'à ma misère, viens, mon Seigneur, entre et sois le Maître dans ma pauvre maison » (T. 2, p. 265).

 

            Lazare avait admirablement le sens de notre petitesse devant Dieu.

 

            Dans ses messages à Ancilla, la messagère de Bruxelles, le 17 octobre 1973, Notre-Seigneur lui dit: « Il faut persévérer à suivre les offices religieux dans la maison de Dieu, où l'on a gardé la liturgie dans la foi traditionnelle, et le respect de la Présence permanente de Jésus dans la Sainte Eucharistie, dans tous les taber­nacles du monde, et devant qui le chrétien doit se prosterner dans une adoration perpétuelle. »

 

            Aux périodes de foi intense, l'agenouillement devient une sorte de réflexe, tellement on a le sens de la transcendance de Dieu, tout en com­prenant que Dieu s'est fait l'un de nous, s'est fait proche de nous. La foi, une foi vivante et ferme, sait concilier les deux grands attributs de Dieu: Sa Miséricorde, son « humilité » qui fait de Lui le Bon Pasteur qui vient nous chercher un à un, et Sa Grandeur, Sa Puissance, Sa Perfection infinies, comme Créateur et Roi Souverain de l'univers. La sagesse des Saints, c'est de savoir concilier la confiance totale du petit enfant, comme Thérèse de Lisieux, et la conscience vive que Dieu est « DIEU », et non le serviteur ou l'ami que l'on traite ...cavalièrement.

 

            Un jour, lors de sa conversion, Louis Veuillot qui allait devenir l'un des grands militants de l'Église au XIXe siècle, arrivait à Rome. Il alla s'agenouiller à Saint-Pierre de Rome. Il raconte: (Le Parfum de Rome, p. 52)

 

            « Nous nous agenouillâmes auprès de Fra Gaudenzio [le prêtre guide] prosterné. Rome, du moins, ne laisse pas de respect humain à vain­cre, et l'on y peut sans donner de scandale, adorer Dieu en pleine rue.» Puis il rappelle Rousseau se moquant de la religion:

 

            « Le glorieux Rousseau, le glorieux compère de Thérèse Levasseur, disait à un sien disciple: ‘Pourquoi te mettre à genoux? Tu seras tou­jours assez près de la terre’ !

 

            « Glorieux Rousseau, je me mets à genoux, précisément parce que je me trouve trop près de la terre. L'homme n'est grand qu'à genoux. En s'agenouillant, il témoigne qu'il ne peut tenir tout entier dans l'exiguïté de lui-même.

 

            « Il confesse qu'il connaît, qu'il aime et qu'il adore un être plus grand, plus beau, plus noble, meilleur que lui et que le monde. Prosterné devant cet Etre supérieur, il entre en communi­cation avec sa majesté; il lui demande des sentiments qui l'agrandissent, une loi qui l'élè­ve.

 

            « Je ne me sens plus si voisin de la terre, si un avec elle, lorsque les genoux ployés, je deman­de au prêtre de me bénir, au saint de prier pour moi; lorsque, empruntant la parole du juste, je dis à Dieu: ‘Seigneur, parlez; votre serviteur écoute !’

 

            « Agenouillé pour adorer, loin de toucher la terre, je sens tomber les poids qui m'y atta­chent, je me sens pousser des ailes. Le phari­sien priait debout. Derrière lui, le publicain prosterné, se dépouillait de sa misère et se préparait à prendre son envol.

 

            « Quant à ceux qui ne s'abaissent point devant Dieu, je connais ces êtres fiers. Agenouillés ou non, je les vois partout plus que courbés devant quelqu'un ou devant quelque chose: il y en a devant l'Institut, il y en a devant les journaux; il y en a qui se tiennent ainsi devant eux-mê­mes, ou les hommes d'argent et les vedettes. »

 

            Voilà ce que pensait de l'agenouillement un grand capitaine de l'armée du Christ. S'il reve­nait de nos jours, il ajouterait sans doute: « Je crains fort que la perte du sens de la Souverai­neté de Dieu, la perte du sentiment de notre petitesse devant le Créateur, n'aboutisse pour ceux-là, à devoir s'agenouiller un jour devant les puissances infernales. » Le monde n'y est-il pas déjà tout prêt ?

 

Pour qu’Ils règnent

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Jean-Yves SIMARD

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