PARCELLES EUCHARISTIQUES: PRÉSENCE RÉELLE DU CHRIST


Malgré les apparences contraires, ce problème est d'une extrême gravité car il concerne Dieu directement. En effet, le Christ, qui est vraiment présent dans la Sainte Eucharistie, est vraiment le Verbe de Dieu, le Fils bien-aimé du Père céleste dont il partage absolument, avec l'Esprit-Saint, tous les attributs divins.

La profanation de la Sainte Eucharistie a toujours été considérée dans l'Église comme étant très grave, si bien que le nouveau code de droit canonique maintient l'excommunication réservée au Souverain Pontife lorsqu'il s'agit d'une profanation intentionnelle (Can. 1367).

Mais il existe aussi des profanations de la Sainte Eucharistie qui ne sont pas perçues comme telles par les prêtres et les fidèles à cause d'une déformation doctrinale qui s'est infiltrée subrepticement dans la réforme liturgique demandée par Vatican II.

La Présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie constitue un dogme de foi, rappelé par plusieurs conciles : ne pas admettre cette vérité, c'est être hérétique et un hérétique n'est plus catholique. Cette Présence réelle se vérifie pour les Hosties consacrées qui sont conservées dans le Tabernacle et que les fidèles reçoivent par la Communion. Mais elle n'en existe pas moins dans les parcelles qui se sont détachées des Hosties après la Consécration.

À ce sujet, le problème qui se pose actuellement est celui-ci : la plupart des prêtres et des évêques ne s'occupent pratiquement plus des parcelles eucharistiques à cause de fausses théories qui ont fini par prévaloir dans la pastorale liturgique actuelle. Il s'agit là de l'une des plus graves tragédies de l'Église actuelle, comme il sera clairement démontré dans les réflexions qui vont suivre.

Comme principe de base absolument solide, irréfutable et intangible pour considérer ce problème, on peut recourir au concile de Trente qui a défini comme étant un dogme de foi que "le Christ est tout entier sous l'espèce du pain et sous la moindre parcelle de cette espèce" (Sess. 13, ch. 3).

Cette vérité est donc un dogme de foi; en conséquence, absolument personne ne peut la contredire : ni liturgistes, ni théologiens, ni les Congrégations romaines, ni le Souverain Pontife, ni même un autre concile œcuménique.

En effet, le premier concile du Vatican a encore défini ce qui suit : "Si quelqu'un dit qu'il est possible que les dogmes proposés par l'Église se voient donner parfois, suivant le progrès de la science, un sens différent de celui que l'Église a compris et comprend encore, qu'il soit anathème." (Sess. 3, ch. 4, can. 3)

Le concile de Trente affirme donc que "le Christ est tout entier sous l'espèce du pain et sous la moindre parcelle de cette espèce". Or, le Christ est homme mais surtout Dieu; en effet, s'il y a deux natures dans le Christ, l'humaine et la divine, il n'y a qu'une seule Personne, celle du Verbe de Dieu. Donc, Dieu est vraiment présent sous la moindre parcelle d'Hostie consacrée.

Or, Dieu - et donc le Christ présent sous la moindre parcelle eucharistique - vaut :
1) infiniment plus que toutes les richesses matérielles et même plus que tout l'univers matériel dont Dieu est le créateur; 2) infiniment plus que tous les hommes, tous les prêtres, tous les évêques et tous les papes; 3) infiniment plus que tous les anges et tous les saints, y compris la Vierge Marie, laquelle, malgré son incomparable grandeur par rapport aux autres créatures, s'est nommée "l'humble servante" du Seigneur.

En conséquence, la moindre parcelle d'Hostie consacrée vaut infiniment plus que toutes les créatures ensemble, y compris la Vierge Marie. Ainsi, ne pas considérer vraiment comme étant Dieu la moindre parcelle eucharistique est, au point de vue théorique, une hérésie, et, au point de vue pratique, une abominable profanation de Dieu.

Selon une autre définition dogmatique du concile de Trente sur la Sainte Eucharistie (Sess. 13, ch. 2), toute la substance du pain est changée au Corps du Christ et toute la substance du vin est changée en son Sang. Il y a donc changement d'une substance à une autre, alors que demeurent les apparences - appelées espèces ou accidents - du pain et du vin.

Le changement produit par la transsubstantiation est d'un caractère unique. Il ressemble aux changements que nous connaissons, mais alors que ceux-ci affectent surtout les formes extérieures, la transsubstantiation atteint le cœur même de l'être; c'est le changement de toute une substance, celle du pain et du vin, en toute la substance du Corps et du Sang du Christ. Ce changement n'est donc pas produit selon la forme ou selon l'apparence mais selon la substance.

Or, il faut bien remarquer que la substance est indivisible et qu'elle n'est pas susceptible de plus ou de moins. Le plus ou le moins changent la quantité, mais ils ne changent pas la substance.

En effet, comme l'affirme saint Thomas d'Aquin, "la totalité propre à la substance est contenue indifféremment dans une quantité grande ou petite". (Somme théol., 3 q. 76, a.1, sol.3)

Il faut donc considérer la moindre parcelle eucharistique comme étant vraiment le Christ, qui mérite notre plus grande vénération... et même notre adoration.

Un théologien

Retour à la première page