Une traduction nouvelle, en effet

 

          On n’en finirait pas de relever, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, les passages où le Seigneur nous prévient qu’il va nous mettre à l’épreuve, car « Yahvé éprouve le juste et l'impie » (Psaume 11:5).

 

          Dieu ne saurait être plus clair : « Mon fils, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l'épreuve. Fais-toi un cœur droit, arme-toi de courage, ne te laisse pas entraîner, au temps de l'adversité.  Attache-toi à lui, ne t'éloigne pas, afin d'être exalté à ton dernier jour. Tout ce qui t'advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l'or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l'humiliation » (Siracide 2:1-5).

 

          Tout cela, nous dit Pierre, « afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l'or périssable que l'on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d'honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ »  (1Pierre 1:7).

 

          Or on peut lire dans la « nouvelle » traduction du Notre Père, à la sixième demande, « ne nous mets pas à l’épreuve » !  La boucle est ainsi bouclée.  La version dite « œcuménique » du Notre Père nous avait déjà imposé « ne nous soumets pas à la tentation », comme si Dieu pouvait jouer le rôle du diable.  Voilà maintenant qu’on demande à Dieu de ne pas mettre les hommes à l’épreuve, alors que même les anges y ont été soumis !

 

          Je note également que dans le Discours sur la Montagne, la « tolérance », si chère à Voltaire, fait maintenant partie des Béatitudes.  Certes, les doux, les pacifiques et les miséricordieux seront naturellement tolérants, mais envers les personnes et non en matière de doctrine car, comme le disait si justement le cardinal Pie,  « Condamner la vérité à la tolérance, c'est la forcer au suicide ».

 

          Je n’ai fait que feuilleter la « nouvelle » traduction de la Bible, publiée aux Éditions Bayard et Médiaspaul. Ce que j’ai pu en lire jusqu’ici m’invite à la plus grande réserve.

 

Jean-Claude Lemyze, septembre 2001

Retour à la première page