Le guide de la
PASSION
100 questions sur
La
Passion du Christ
par les rédacteurs de Catholic
Exchange
West Chester, PA
Encinitas, CA
Nihil obstat Bernardine Carr,
STL
Censor Librorum
1er mars 2002
Imprimatur +Robert H. Brom
Évêque de San
Diego
2 mars 2003
Traduction : Jean-Claude
Lemyze
Les textes des Écritures sont
tirés de la Traduction œcuménique de la
Bible (TOB) et du Catéchisme de
l’Église catholique (CEC).
Traduction française réalisée grâce à l’aimable
collaboration de l’Apostolat du Précieux Sang et de la Vie : www.preciousbloodandlife.org
Reproduction autorisée, sauf à
des fins commerciales.
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Première partie
100 questions et réponses
1)
Quel est le
sens du mot « Passion » en rapport avec ce film ?
« Passion » signifie « agonie » ou « souffrance ». On considère généralement que « la Passion du Christ » commence avec le dernier repas que Jésus a pris avec Ses douze apôtres (la Dernière Cène) ; elle se poursuit par Son agonie et Sa trahison dans le jardin de Gethsémani, Son procès devant Ponce Pilate, Sa flagellation, Son portement de la croix, et elle se termine par Sa crucifixion et Sa mort. Ce film ne représente que les dernières heures de la vie de Jésus.
2)
Où se
déroule la première scène du film ?
Dans le jardin de Gethsémani, situé juste à l’extérieur des portes de la ville de Jérusalem, au pied du mont des Oliviers. Il y a aujourd’hui encore dans ce jardin plusieurs oliviers vieux de plus de 3 000 ans – qui existaient donc au temps de Jésus et sont peut-être les arbres sous lesquels Il a prié. Le jardin de Gethsémani est un des sites les plus visités de la Terre Sainte.
3)
Les
chrétiens parlent de « l’agonie de Jésus dans le jardin ». Que signifie cette
expression et quelle est son importance ?
Les chrétiens considèrent que la prière de Jésus dans le jardin de Gethsémani est d’une intense souffrance spirituelle, émotionnelle et même physique. On croit généralement que Jésus, qui est pour tout chrétien Dieu incarné, savait quelle profonde souffrance – ou agonie – Il devrait bientôt subir et, comme tout être humain, Il était tourmenté par cette pensée. Il a dit aux trois disciples qui étaient avec lui, « Mon âme est triste à en mourir », et Il priait le Père, « S’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Pourtant, non pas comme Je veux, mais comme Tu veux ! » (Matthieu 26 38-39).
4)
Que
signifient les mots « Dieu incarné » en ce qui concerne Jésus ?
Incarné signifie « qui a pris chair ». Les chrétiens croient que Dieu, à un moment précis du temps (vers l’an 4 de notre ère), a pris chair sous forme humaine (non seulement un corps, mais aussi une âme). C’était une nature humaine réelle et complète, pas seulement une apparence humaine – pas un masque ou un « costume ». C’est le mystère de l’Incarnation et la raison pour laquelle les chrétiens attachent une telle importance à la célébration de Noël et, de plus en plus, à l’Annonciation – le moment où Dieu s’est fait homme en étant conçu dans le sein de la Vierge Marie (cf. Luc 1 26-28).
5)
Avant
d’aller plus loin, existe-t-il des preuves certaines que Jésus a réellement
existé et que les événements décrits dans le film ont véritablement eu
lieu ?
Oui, l’existence de Jésus est largement attestée et il existe des preuves que les événements généralement rapportés dans ce film se sont réellement produits au cours de l’histoire. Aucun historien sérieux, même parmi les plus séculiers, ne doute de l’existence de Jésus. Diverses sources séculières attestent de l’existence de Jésus et corroborent un grand nombre des événements décrits dans la Bible. (Pour plus d’information sur ce point, consultez la section Ressources à la fin de ce guide). Le témoignage principal nous vient cependant de la Bible elle-même, le livre le plus important et le plus soigneusement examiné de l’histoire humaine.
6)
Comment le
Nouveau Testament peut-il être historiquement précis lorsqu’il nous parle de la
Passion ? N’a-t-il pas été écrit longtemps après ces événements ?
Les premiers livres du Nouveau Testament (la partie de la Bible sur la vie de Jésus et les commencements de l’Église) ont probablement été écrits moins de vingt ans après la mort et la résurrection de Jésus. Ce sont les lettres de Paul envoyées aux églises qui ont déjà entendu l’essentiel de la Passion et de la Résurrection de Jésus. L’information contenue dans ces lettres montre que Paul et ses auditoires partageaient la même connaissance des faits que nous retrouvons dans les Évangiles (qui n’avaient pas encore été écrits).
Paul sait que Jésus est un Juif de la descendance du roi David (Romains 1 3) ; que Jean le Baptiste était Son précurseur et avait désavoué toute prétention à être le Messie (Actes 13 24-25) ; que Ses principaux disciples étaient Pierre, Jacques et Jean (Galates 2 9) ; qu’Il avait prédit Son retour « comme un voleur » (1 Thessaloniciens 5 4) ; qu’Il avait institué l’Eucharistie (1 Corinthiens 11 23-25) ; qu’Il avait été rejeté par les chefs des Juifs (1 Thessaloniciens 2 15) ; qu’Il avait rendu témoignage devant Ponce Pilate (1 Timothée 6 13) et avait été crucifié pour nous (Galates 3 1) ; qu’Il avait été mis au tombeau (Actes 13 29) ; qu’Il était ressuscité des morts et avait été vu par de nombreux témoins (1 Corinthiens 15 3-8) ; et qu’Il était monté aux cieux (Éphésiens 4 9-10). Comment Paul sait-il tout cela ? Sensiblement de la même façon que vous êtes au courant de la présidence de Ronald Reagan ou que vous avez entendu parler de John Lennon : 20 ans, ce n’est pas si long, et il existe encore bien des témoins que Paul connaît personnellement.
De fait, saint Paul écrivant à l’église qui est à Corinthe montre clairement qu’il existe encore plus de 500 témoins du Christ ressuscité et que la grande majorité d’entre eux sont encore vivants alors qu’il écrit ces lignes (fin des années cinquante). Et naturellement, Paul lui-même a vu le Christ ressuscité.
Les évangiles ont été écrits un peu plus tard que les lettres de Paul – au cours des années soixante et soixante-dix. Trois d’entre eux sont le produit de témoins oculaires des événements (Matthieu, Marc et Jean). L’évangile de Luc a été écrit par un proche compagnon de Paul qui a eu de multiples occasions d’entendre le témoignage de gens présents lors des événements relatés dans son évangile. Auriez-vous de la difficulté à croire que quelqu’un qui n’était pas présent lors des événements, et qui écrirait aujourd’hui, pourrait donner un compte rendu exact de l’administration du président Kennedy sur la base d’une quantité de sources écrites et d’interviews de témoins oculaires ?
Bref, les évangiles sont des comptes rendus éminemment fiables des événements du ministère du Christ, écrits assez peu de temps après les faits. De plus, ils se confirment les uns les autres de façon remarquable tout en conservant les mêmes sortes de différences auxquelles on pourrait s’attendre de la part de témoins oculaires quant à l’insistance sur les points essentiels.
7)
Ainsi, dans
le jardin, Jésus savait qu’Il allait mourir ?
Oui. Puisque Jésus est Dieu et que Dieu sait tout, Il savait qu’Il allait mourir. Mais parce qu’Il était aussi pleinement homme, Il a enduré une terrible angoisse à la pensée des tortures et de la mort qu’Il allait subir. Nous sommes vous et moi des êtres humains et nous possédons une nature humaine. Jésus cependant, Dieu incarné, possédait deux natures : humaine et divine. Par sa nature divine, Il savait des choses que seul Dieu pouvait connaître ; dans sa nature humaine, Il éprouvait toute chose comme nous, excepté le péché. Il avait faim, Il avait soif, et Il ressentait la douleur.
8)
Au fait,
pourquoi écrivez-vous « Il » avec une majuscule lorsque vous parlez de
Jésus ?
Pour témoigner notre respect envers Jésus comme Personne divine – en tant que Dieu, Créateur de l’univers.
9)
Jésus a-t-il
réellement sué du sang durant son agonie ?
Selon Luc, c’est bien ce qui serait arrivé : « Pris d’angoisse, Il priait plus instamment, et Sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient à terre » (Luc 22 43-44). Ce phénomène (qui porte le nom d’hémathidrose) n’est pas inconnu de la science médicale et a pu être observé chez d’autres personnes dans des moments d’intense stress mental, émotionnel ou physique. Il savait ce qui devait arriver et Il a malgré tout prié son Père que Sa volonté soit faite. Mais Il était véritablement un être humain. Il ressentait par conséquent le poids de tous les péchés – passés, présents et futurs – du monde entier, et le fardeau de ces transgressions était si lourd qu’Il a bien pu suer du sang.
10) Dans la scène du jardin de Gethsémani, peu
avant l’arrivée des soldats qui viennent L’arrêter, nous entendons Jésus
prononcer des paroles : « Père, si tu veux écarter de moi cette coupe… »
Qu’est-ce que cela signifie ?
Dans son humanité, Jésus demandait à Dieu le Père s’Il pouvait éviter la croix qu’Il allait bientôt embrasser. Cette « coupe » était celle des amères souffrances et de la mort. De fait, lorsque certains ont prétendu par la suite que Jésus n’était pas pleinement homme, c’est ce texte qu’on fit valoir pour prouver qu’Il avait réellement une volonté humaine : les êtres humains désirent naturellement éviter la souffrance et la mort. Mais comme Dieu, Jésus savait qu’Il ne pouvait l’éviter : il n’y avait pas d’autre moyen de réconcilier l’humanité déchue avec Dieu. Il devait prendre sur Lui une dette dont l’humanité ne pourrait jamais s’acquitter. Par un acte d’amour suprême, Il allait donner Sa vie pour Ses amis – pour nous. La Bible nous dit que Jésus a consenti à ce plan de rédemption (« pas Ma volonté, mais la Tienne ») et que Dieu le Père a envoyé des anges pour Le consoler dans Son agonie.
11) Pourquoi Dieu le Père a-t-il exigé que
Jésus prenne sur Lui des souffrances physiques et émotionnelles aussi
terribles ?
Dieu n’est pas un Père dur et dominateur qui exige la souffrance de Son Fils. Depuis Adam et Ève, les hommes ont librement dressé un mur entre eux et Dieu, à travers des siècles d’orgueil, de désobéissance et d’égoïsme. Jésus est venu librement dans le monde pour accomplir un acte d’humilité, d’obéissance et d’amour si intense qu’il détruirait ce mur (Jean 10 18). Les forces du péché des hommes et la furie démoniaque ont collaboré pour lancer à Jésus toutes les formes possibles de punition et de torture afin de le détourner de Sa mission. Mais en faisant cela, elles prouvaient sans le vouloir la perfection de Son amour et donnaient à Jésus la Croix, instrument même du salut.
12) Le film nous montre trois autres hommes
avec Jésus dans le jardin. Qui sont-ils ?
Ce sont Pierre, Jacques et Jean, les apôtres les plus importants si l’on en juge par les nombreuses mentions de leur nom dans la Bible et le nombre des expériences clés qu’ils ont partagées avec Jésus.
Pierre exerçait le métier de pêcheur. Il s’appelait Simon et Jésus lui a donné le nom de « Pierre » (Kephas en araméen, Petros en grec). Amené par son frère André et à l’invitation de Jésus, Pierre est devenu un disciple du Christ. Dans Matthieu 16 18, Jésus déclare qu’Il bâtirait Son Église sur Pierre, la « pierre », lui conférant ainsi une grande autorité. Les catholiques voient dans cet acte l’établissement de Pierre, comme chef des apôtres, à la tête de l’Église – le premier pape.
Jacques et Jean étaient frères, les fils de Zébédée. La Bible nous dit qu’ils étaient eux aussi des pêcheurs. Un des quatre Évangiles, le livre de l’Apocalypse et trois lettres du Nouveau Testament portent la signature de Jean.
13) Il y a un cinquième personnage dans le
jardin, que j’ai reconnu par la suite comme représentant le diable. Pourquoi le
diable est-il présent dans le jardin ?
Le diable est là pour tenter Jésus. En plaçant le diable dans le jardin, le réalisateur suit fidèlement l’évangile de Luc. Trois des évangiles montrent Jésus tenté par le diable au désert, mais Luc (4 13) dit (après les tentations au désert) que « le diable s’écarta de Lui jusqu’au moment fixé ». Luc, qui nous renseigne d’ailleurs plus sur les activités du diable que n’importe lequel des trois autres évangiles, ne nous reparle plus du diable avant la Dernière Cène, où l’on voit Judas influencé par le diable. Dans Luc, Jésus dit également au moment de Son arrestation que c’est maintenant l’heure du « pouvoir des ténèbres ». Il est par conséquent raisonnable de conclure que le « moment fixé » pour que le diable reprenne sa tentation est la Passion.
14) Au cours de cette scène dans le jardin, le
diable pose à Jésus une question : « Crois-tu vraiment qu’un homme puisse
porter tout le poids du péché ? » Cela s’est-il réellement produit ?
Cette interrogation du diable n’apparaît pas dans la Bible, et nous avons ici un exemple de liberté créative du réalisateur. Cependant, en se basant sur les autres exemples rapportés dans la Bible où Jésus est tenté par le diable, le fait que cet échange ait pu avoir lieu est tout à fait plausible. Le diable aime saisir ces « occasions en or » de miner notre détermination lorsque nous éprouvons de grandes souffrances.
15) Première phrase du dialogue entre le Christ
et le diable, dois-je comprendre par là que cette question sur
« le fardeau du péché » est fondamentale pour l’action tout
entière de ce film ?
Oui, cet échange établit en réalité la prémisse tout entière du film, le sens même des souffrances et de la mort que Jésus, comme Dieu, avait le pouvoir d’éviter. Jésus allait S’offrir Lui-même comme l’Agneau sans tache (c’est-à-dire sans péché) en sacrifice pour expier les péchés de l’humanité.
16) Mais pourquoi fallait-il que Jésus
meure ?
Comme nous l’avons dit, la mort est la juste conséquence de notre péché car en péchant, nous nous détournons de Dieu, source de notre vie. Jésus a pris sur Lui les conséquences de notre péché – la mort – à notre place.
Si horrible qu’ait été la mort de Jésus, il nous faut reconnaître une vérité fondamentale de l’existence humaine : un amour authentique exige le sacrifice. L’amour demande le don total de soi. Aimer peut même signifier « se dessaisir de sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15 13). Il y a donc une signification transcendante dans le sacrifice et la souffrance. Supportée pour le bien des autres, elle est véritablement sanctifiante et salvatrice. Pour un monde qui s’efforce d’éviter tous les désagréments, quels qu’ils soient, cela semble ridicule. Mais ce n’est là qu’un des nombreux exemples de la façon dont la Vérité va à l’encontre des attentes de l’homme. Ce qui, d’ailleurs a toujours été le cas. Les premiers à entendre l’histoire de Jésus ont été tout aussi frappés par son étrangeté que nous le sommes aujourd’hui. Saint Paul écrivait il y a 2000 ans : « Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Corinthiens 1 18).
17) Dieu n’aurait-il pas pu simplement déclarer
que la relation de l’humanité avec Lui était restaurée ? Pourquoi a-t-il
choisi un moyen aussi extrême et sanglant de réconcilier le monde avec
Lui ?
Dans la souffrance, il nous est effectivement possible de mieux comprendre l’insondable amour de Dieu. L’idée que Dieu révèle son amour pour nous par la Passion et la mort du Christ est clairement exprimée dans la Bible lorsque Jésus (après Sa résurrection) révèle à Ses disciples : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’Il entrât dans Sa gloire ? » (Luc 24 26). Pourquoi la souffrance était-elle nécessaire ? Afin de nous redonner ce que les premiers êtres humains (Adam et Ève) avaient perdu par leur désobéissance. Dans leur désobéissance, ils péchaient contre la loi de Dieu et commençaient à s’aimer eux-mêmes et à aimer les choses du monde plus qu’ils n’aimaient Dieu – qui devrait être le premier dans le cœur de tous. Ils ont perdu le privilège de la vie avec Dieu et en la perdant, ils l’ont perdue pour nous aussi.
L’amour exige le don de soi, le sacrifice de nos désirs égoïstes pour le bien d’un autre. Après la Chute, les désirs humains sont devenus égocentriques et désordonnés. La rédemption du Christ pour nous – en se chargeant du fardeau des péchés – n’a pas seulement rétabli notre relation avec Dieu, elle nous a également appris la véritable signification de l’amour : le sacrifice ; bref, que les paroles ne coûtent rien. C’est par nos actes que nous prouvons notre amour. Comprendre qu’il faut souffrir pour aimer, c’est comprendre Dieu. Comprendre Dieu, c’est comprendre la vie.
18) Je commence à comprendre. Le temps de la
Passion du Christ n’a-t-il pas quelque chose à voir avec la Pâque juive ?
Si, et cela explique bien des choses. Ceux qui connaissent la Bible (ou qui ont vu ce film à grand spectacle Les Dix Commandements) se rappelleront que Dieu a dit à Moïse de faire sortir son peuple d’Égypte (Exode 3 4-10). Cet événement, qui s’est produit environ 1200 ans avant la naissance de Jésus, est essentiel à la compréhension de la Passion du Christ, car la Passion est l’accomplissement du rituel de la Pâque juive.
Comme le dit l’Écriture, la nuit où les Hébreux furent libérés de l’esclavage d’Égypte, Dieu envoya l’ange de la mort pour frapper tout premier-né de chaque maison. Le Seigneur promit cependant que la mort « passerait » par-dessus son peuple choisi à condition qu’il répande le sang de l’agneau sur les montants et le linteau de la porte de ses maisons ; ce sang les sauverait (Exode 11-12). Après plus de mille ans de commémoration de l’événement salvateur de la Pâque par le peuple juif, Jésus est venu comme l’ultime offrande pascale pour en révéler la pleine signification : en versant Son Sang – le sang de l’Agneau de Dieu sans tache et sans péché – le péché et la mort sont finalement vaincus ; ils n’ont plus de pouvoir sur nous.
La Pâque de l’Exode est une annonce de la mort du Christ sur la croix. Le sang de Jésus, « Agneau » parfait, serait répandu sur la croix (les montants et le linteau) pour Ses disciples. Tous ceux qui acceptent le Christ et observent ses commandements seront sauvés par Son Sang ; la mort les « passera » car ils ont la vie éternelle. C’est exactement pourquoi Jésus a commencé Sa propre Passion en célébrant la Pâque avec Ses disciples, et en la transformant en Eucharistie, ce repas au cours duquel nous recevons maintenant Son Corps sous la forme du pain et la coupe de Son Sang sous la forme du vin qui nous sauvent de la mort éternelle.
19) Est-ce la raison pour laquelle il y a
tellement de sang dans ce film ?
Oui. Le sang est essentiel à la compréhension du sacrifice de l’Agneau – Jésus, qui a enlevé le péché du monde. Tout comme le sang est versé par les soldats qui donnent leur vie pour leur pays, ou par les mères à la naissance de l’enfant, l’amour sacrificiel exige souvent que l’on verse le sang. Ce n’est pas une coïncidence si la Passion du Christ a eu lieu précisément au moment de la Pâque juive. C’est un des nombreux accomplissements des prophéties de l’Ancien Testament, et c’est fondamental pour comprendre les actions de Dieu au cours de l’histoire pour sauver la race humaine.
20) Revenons au dialogue dans le jardin entre Jésus
et le diable. Le diable déclare que le prix à payer pour sauver les âmes serait
trop élevé. Que veut-il dire par là ?
Ce n’est qu’une vaine tentative du diable pour dissuader Jésus d’accepter la croix et de remplir Sa mission. Il disait à Jésus que la somme des souffrances qu’Il allait endurer serait un prix trop élevé à payer.
Ayant rejeté Dieu, le diable entretient assurément une immense haine envers le Créateur. Nous savons également par les Écritures qu’il a l’intention de mener une guerre spirituelle contre l’humanité, création spéciale de Dieu. Nous lisons dans la Genèse : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance » (Genèse 3 15). Cette hostilité signifie également le désir que les humains perdent leur salut. Il a donc fait tout ce qu’il a pu pour tenter de décourager Jésus et L’empêcher d’accomplir Sa mission salvatrice.
21) Le diable lâche un serpent dans le jardin
de Gethsémani et Jésus l’écrase sous Son pied. Quel est ici le symbolisme ?
Comme ce geste n’est pas mentionné dans la Bible, nous avons ici un autre exemple de liberté artistique prise par le réalisateur pour créer un effet dramatique. Cependant, le symbolisme du geste de Jésus est enraciné dans les Écritures. Dans le livre de la Genèse, Dieu révèle que la « descendance » de la femme (représentant à la fois l’humanité et, finalement, Jésus, qui est le ‘Fils de l’Homme’ représentatif de toute l’humanité) « meurtrira » le serpent à la tête (Genèse 3 15). Jésus est le « nouvel Adam » (1 Corinthiens 15 22), qui rétablit ce que le premier Adam avait perdu par le péché. La scène où Jésus écrase la tête du serpent est utilisée ici comme une annonce de la victoire du Christ sur le diable et sur le péché et la mort par sa souffrance, sa mort et sa résurrection.
22) Le personnage du diable dans le film est-il
censé représenter un véritable être spirituel ou est-il simplement une
représentation symbolique du « mal » dans le monde ?
Loin d’être une personnification abstraite du « mal », le diable est un être spirituel bien réel – un ange déchu (ou démon). Bien que cette idée paraisse vieillotte ou dépassée pour des esprits modernes, l’Église catholique a continuellement enseigné que le diable est un être réel doté d’une volonté et d’un intellect formidables. Étant un pur esprit, il n’est pas soumis aux lois du monde physique. Ses capacités intellectuelles naturelles dépassent de très loin celles des êtres humains. La Bible comme la Tradition de l’Église enseignent que le diable (appelé aussi Satan – ce qui signifie « adversaire », ou Lucifer -- « porteur de lumière ») était le plus glorieux des anges, mais que l’orgueil et l’envie les avaient amenés, lui et sa suite, à se rebeller contre Dieu. C’est après cette rébellion que Satan et les autres anges déchus (ou démons) ont été bannis de la présence de Dieu, une séparation qui vaudra pour toute l’éternité.
Étant donné son rejet, on peut imaginer le diable consumé de haine envers Dieu et contre tous ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu – les humains. Par conséquent, Satan est assurément implacable dans son désir incessant de nous faire perdre notre âme et de nous séparer éternellement de Dieu qui nous aime. Dans le film, et spécialement dans la scène du jardin, son but est de faire échouer la mission du Christ sur la terre – une mission d’amour, de vérité et de salut.
23) J’ai entendu des gens, et mêmes des
enseignants chrétiens, expliquer que Satan n’existait pas réellement.
Croire à l’existence du diable peut sembler dépassé pour certains esprits soi-disant « éclairés », mais c’est une grave erreur. Comme le montre C. S. Lewis dans Tactique du diable, ce refus largement répandu de croire à l’existence de Satan est en réalité une ingénieuse stratégie de la part du Malin. S’il arrive à convaincre les hommes qu’il n’existe pas, qu’il est aussi « réel » que le croque-mitaine – nous cesserons alors d’être sur nos gardes. Et si nous ne nous défions pas de lui, nous tomberons presque certainement dans ses pièges. Car la réalité, c’est qu’il veut désespérément votre âme.
Jésus parle souvent du diable dans les Écritures. Dans Matthieu 25 41, par exemple. Il condamne ainsi ceux qui refusent de suivre Sa volonté et d’aimer leur prochain : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Par ces paroles, Jésus fait ainsi partager le sort du diable – c’est-à-dire l’enfer -- à ceux qui refusent de faire Sa volonté. Dans sa première lettre, l’apôtre Jean expose clairement la mission essentielle de Jésus : « Voici pourquoi a paru le Fils de Dieu : pour détruire les œuvres du diable. » (1 Jean 3 8).
24) Puisque nous parlons du diable,
pourriez-vous me définir ce qu’est « le péché » ?
On appelle péché tout comportement libre et délibéré de notre part qui sciemment offense Dieu et transgresse Sa loi.
25) Pourquoi accorder une telle importance au
péché ?
Premièrement, parce que Dieu, notre Créateur, est un Père aimant qui a droit à tout notre amour, à notre respect et à notre obéissance. Il n’a pas réellement besoin de notre obéissance – nous, oui. Car il nous aime plus que nous nous aimons nous-mêmes, et Il nous connaît mieux que nous-mêmes. De sorte que chaque fois que nous disons « non » à Dieu et à Sa volonté, nous faisons tort à nous-mêmes et aux autres. Certains péchés, appelés véniels ou légers, affaiblissent notre relation avec Dieu. Les péchés mortels brisent notre relation avec Lui. On rétablit cette relation en se détournant du péché en recherchant Sa grâce.
26) Pourquoi y a-t-il tant de péchés et
d’opposition à Dieu ?
À cause du péché de nos premiers parents (le péché originel), nous héritons d’une humanité ayant une tendance naturelle au péché. Mais ce n’est pas tout. Satan est un maître dans l’art de la publicité trompeuse. Il rend le péché désirable et prestigieux, tout comme au jardin d’Eden (Genèse 3). Il essaie de nous convaincre que Dieu ne nous interdit pas certaines choses parce qu’elles sont mauvaises pour nous, mais parce qu’elles nous rendraient semblables à Lui et qu’Il veut nous garder soumis, asservis sous Ses pieds. C’est pourquoi Satan présente le péché comme une libération alors qu’il est toujours exactement le contraire – un esclavage. Nos premiers parents s’y sont laissé prendre, et nous aussi.
Les péchés des hommes sont enracinés dans l’orgueil, la colère, l’envie, l’avarice, la luxure, la gourmandise et la paresse, autrement dit « les sept péchés capitaux ». Alors qu’il peut être difficile de choisir la voie de la perfection, il est parfois très attrayant en ce monde de prendre la mauvaise route. Tout cela remonte à la chute de Lucifer, « Ange de Lumière » -- le Diable – qui s’est rebellé contre Dieu et a établi son royaume sur la terre. Dieu a ensuite donné aux hommes la liberté de choisir entre Sa voie de vérité, d’altruisme et de lumière, et la voie du diable, faite d’égoïsme, de mensonges et de ténèbres.
27) Si le péché est une chose aussi grave,
pourquoi ne nous en parle-t-on pas plus souvent ?
Nous vivons aujourd’hui dans une société permissive qui a fait du péché une vertu. Il y a les voies de Dieu et il y a les voies du monde – deux façons très différentes de vivre pour l’humanité. Les moyens de communication de masse nous transmettent souvent le message implicite que « tout est permis » et que le péché « n’a aucune importance ».
28) Je me suis rendu compte par la suite que la
personne qui embrasse Jésus dans le jardin est Judas, un des apôtres. Pourquoi
a-t-il trahi Jésus ?
En plus d’être motivé par l’argent (cf. Jean 12 6), Judas semble avoir attendu de Jésus qu’Il soit un messie différent, un messie temporel qui libérerait Israël du joug des oppresseurs romains. Ayant été témoin des miracles de Jésus, il est possible qu’il ait cru en la divinité de Jésus, ou qu’il ait compris au moins qu’Il était un prophète. Certains pensent que Judas a remis Jésus entre les mains des autorités pour Lui forcer la main – L’obliger à exercer Son autorité et rendre à la nation juive sa gloire terrestre.
29) Qui était Judas ?
En fait, l’Écriture nous dit peu de choses sur lui en dehors de son nom (Judas Iscariote) et de son rôle comme trésorier des apôtres. Après la trahison de Jésus, il a été pris de remords et s’est pendu.
« Iscariote » signifie « poignard », un nom intéressant étant donné son rôle dans la trahison de Jésus -- qu’il a « poignardé dans le dos », selon l’expression consacrée. On croit aussi que sa famille était originaire de Kerioth, une ville du sud de la Judée.
À partir de ce que nous dit la Bible, il est possible d’établir une sorte de profil psychologique de Judas. Il semblait très intéressé par les « choses de ce monde », comme le pouvoir et l’argent. Il a reproché à Marie de Béthanie d’avoir répandu sur les pieds de Jésus une huile de grande valeur. Judas dit alors en ronchonnant que cet argent aurait dû être utilisé pour les pauvres. Il était aussi le trésorier des disciples et la Bible nous apprend qu’il dérobait l’argent qu’on mettait dans la bourse (Jean 12 6).
Judas semble avoir éprouvé du remords après sa trahison de Jésus car, comme on le voit plus tard dans le film, il va jeter dans le Temple les trente pièces d’argent qu’il a reçues pour trahir Jésus (Matthieu 27 5). Il va même dire aux prêtres et aux scribes avec lesquels il a collaboré : « J’ai péché en livrant un sang innocent. » (Matthieu 27 4). Ce qui montre que Judas n’était pas totalement sans conscience. Pourtant, ce remords n’a pas été suivi de la vertu d’espérance – l’espérance qu’il pouvait être pardonné. La Bible révèle qu’après avoir jeté l’argent sur le sol du Temple, il se retira et alla se pendre (Matthieu 27 5). Il aurait pu devenir un grand saint s’il était revenu de son péché, comme fit Pierre. Au contraire, il a désespéré de la miséricorde de Dieu et a choisi la mort.
30) Une scène dans le jardin montre un
accrochage entre les gardes du Temple et les disciples de Jésus après la
trahison de Judas. Pierre tranche l’oreille d’un des gardes avec son épée, et
le garde est extasié par la manière dont Jésus l’a guéri. Cela est-il vraiment
arrivé ?
La Bible nous parle de cet accrochage, de la blessure et de sa guérison par Jésus (Matthieu 26 51 et Luc 22 51). Elle ne nous dit rien cependant concernant l’odyssée spirituelle que semble vivre le garde blessé.
Bien que cet épisode soit du domaine de l’imagination, il est cependant très logique. Un tel accrochage a sans doute été rapide et violent. Imaginez-vous à la place du garde du Temple. Vous ressentez la douleur cuisante de l’épée qui vous tranche l’oreille. Vous y portez immédiatement la main et vous sentez la chair à vif et le sang. Ébranlé, vous avez peine à y croire. Et voilà que tout à coup l’homme que vous êtes venu arrêter touche calmement votre oreille et la guérit.
La décision du metteur en scène de représenter le garde assis et perplexe quant à ce qui vient de lui arriver est tout à fait prenante et dramatiquement « juste ». Vous pouvez voir dans les yeux du garde l’étonnement avec lequel il contemple Jésus. Il est assez probable que ce garde du Temple, comme d’autres plus tard au cours de l’histoire, connaisse une sorte de conversion après avoir été guéri par Jésus.
31) Après que Pierre eut coupé l’oreille du
garde, Jésus lui commande de ranger son épée en prononçant les paroles célèbres
: « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Jésus a-t-il
réellement dit cela ?
Oui. On trouve ces paroles célèbres dans Matthieu 26 52. En plus du sens premier voulant que celui qui commet des actes violents mourra probablement de mort violente, il y a l’avertissement plus profond de mettre en péril son âme immortelle en transgressant le commandement : « Tu ne tueras pas. »
32) À quel groupe appartiennent les chefs des
Juifs qui payent Judas pour trahir Jésus ?
Ce sont les membres du Sanhédrin, conseil des chefs juifs formé de prêtres, de scribes et d’anciens. Ces groupes n’étaient pas toujours du même avis ; ils avaient chacun leur idée propre. Mais ils étaient généralement tous d’accord pour dire que Jésus était dangereux et qu’il fallait Le faire taire parce qu’Il menaçait leur pouvoir sur le peuple et auprès des Romains. Le chef du conseil était le grand prêtre. Le nom du grand prêtre à cette époque était Caïphe, et il a joué un rôle clé pour convaincre le conseil de condamner Jésus.
33) Pour quels motifs le Sanhédrin voulait-il
se débarrasser de Jésus ?
Il avait plusieurs raisons. Premièrement, la Bible nous révèle qu’il y avait un peu de jalousie de la part des chefs religieux. Jésus était un prédicateur itinérant. Il n’était pas un prêtre, un scribe ou un ancien. De plus, ils étaient sans aucun doute effrayés d’entendre dire que Jésus opérait d’incroyables miracles, comme guérir les aveugles et ressusciter les morts, et qu’Il dénonçait l’hypocrisie des scribes et des pharisiens. Il y avait aussi des cas où les gestes de Jésus, comme Sa guérison d’un homme le jour du Sabbat, semblaient contredire ce qu’ils comprenaient de l’enseignement de la Loi. Sa popularité menaçait leur rôle de leaders du peuple juif.
Mais il y avait surtout le fait que Jésus énonçait en termes très clairs qu’Il était le Fils de Dieu -- un blasphème impensable aux yeux du Sanhédrin. Il prétendait, par exemple, pardonner les péchés. Non seulement les péchés contre Lui-même, mais tous les péchés. Il s’est attribué le Nom de Dieu (« JE SUIS ») en disant : « Avant Qu’Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8 58). Il a dit qu’Il reviendrait à la fin des temps pour juger le monde. Il a accepté des titres messianiques comme « Fils de David », « Fils de l’Homme », et « Christ, Fils du Dieu vivant ». Ces paroles et ces actes ont sans aucun doute donné lieu à des débats passionnés entre Jésus et les chefs religieux des Juifs. Et cela a inévitablement conduit à une réunion du Sanhédrin au cours de laquelle il fut décidé que Jésus agitait le peuple, ce qui amènerait les Romains à les remplacer et à réprimer davantage la nation juive. C’est Caïphe qui énonça leur résolution : « C’est votre avantage qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière » (Jean 11 50 ).
Son jugement paraît presque raisonnable à la lumière de la dure oppression de l’autorité romaine, mis à part, bien sûr, le fait que l’on condamnait un innocent – un homme qui avait continuellement prouvé qu’Il était le Fils de Dieu par les miracles qu’Il opérait.
34) Ce film a soulevé la controverse dans
certains cercles en raison de l’image qu’il donne des chefs juifs. Les
catholiques croient-ils que le peuple juif est collectivement responsable de la
mort de Jésus ?
Absolument pas. L’enseignement officiel de l’Église catholique concernant la question « Qui est responsable de la mort de Jésus ? » est clair et sans équivoque. Certains chrétiens mal informés (dont malheureusement aussi quelques catholiques) pensent que « les Juifs sont collectivement responsables de la mort de Jésus » et qu’ils sont seuls à blâmer. Cette idée a été clairement répudiée par le Concile Vatican II : « Ce qui a été commis durant la Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps … Les Juifs ne doivent pas être représentés comme réprouvés par Dieu, ni maudits comme si cela découlait de la Sainte Écriture » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 597).
Pour comprendre qui est réellement responsable de la mort de Jésus, l’Église dit que le meilleur endroit où regarder est dans notre miroir. Le Catéchisme (au n. 598) nous dit : « L’Église … n’a jamais oublié que ‘les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu’endura le divin Rédempteur’. Tenant compte du fait que nos péchés atteignent le Christ Lui-même, l’Église n’hésite pas à imputer aux chrétiens la responsabilité la plus grave dans le supplice de Jésus, responsabilité dont ils ont trop souvent accablé uniquement les Juifs :
Nous devons regarder comme coupables de cette horrible
faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos
crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la
croix, à coup sûr ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal
‘crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu
par leurs péchés et le couvrent de confusion’. Et il faut le reconnaître, notre
crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au
témoignage de l’apôtre, ‘s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne
l’auraient jamais crucifié’. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le
connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque
sorte sur Lui nos mains meurtrières. » (CEC n. 598).
Cet enseignement n’est d’ailleurs pas une nouveauté ni une invention de l’Église des années soixante. La preuve ? Le texte cité plus haut, qui apparaît aussi dans le Catéchisme, est tiré des documents du Concile de Trente, vers le milieu du seizième siècle. La citation suivante est de saint François d’Assise, au treizième siècle, et elle s’adressait aux chrétiens, pas aux Juifs : « Et les démons, ce ne sont pas eux qui L’ont crucifié ; c’est toi qui avec eux L’as crucifié et Le crucifies encore, en te délectant dans les vices et les péchés. »
Bref, la responsabilité pour la mort du Christ repose sur tous les enfants pécheurs d’Adam et Ève. L’ironie est qu’en blâmant uniquement les Juifs pour la mort de Jésus, les chrétiens antisémites déclarent en fait : « Jésus n’est pas mort à cause de mes péchés. Il est mort à cause de ces gens là-bas. » Ce qui est absurde. La vérité est que, comme la foi catholique nous l’enseigne depuis toujours, « Tous les pécheurs sont les auteurs de la Passion du Christ ».
35) Le réalisateur utilise des « flashs-back »
pour rattacher la Passion à des aspects de la vie de Jésus. Le premier
flash-back nous montre Jésus charpentier, vivant chez Lui avec Sa Mère. Quel
était l’intention du réalisateur en créant cette scène ?
En plus d’apporter quelques instants de répit au milieu de scènes d’une intensité croissante, il semble que l’humanité de Marie et la divinité de Jésus soient toutes deux illustrées par le commentaire de Marie disant que les tables hautes (comme celles que nous utilisons chaque jour chez nous), ça ne marchera jamais !
Cette émouvante scène d’échange affectueux entre Jésus et Marie nous aide à réfléchir sur le fait merveilleux que Jésus a probablement vécu les trente premières années de sa vie avec Sa Mère. Bien qu’Il fût une Personne divine, Il était aussi très « humain » par Sa façon de vivre. Il a mangé. Il a travaillé comme charpentier. Il avait des voisins, de la famille et des amis avec lesquels Il a fraternisé comme tout le monde. Il a ri et sans doute plaisanté avec Sa Mère comme le montre la scène où ils s’aspergent d’eau mutuellement. Le fait de voir Marie manifester très normalement son affection maternelle envers Jésus nous permet aussi d’imaginer la profondeur de la douleur qu’elle a dû éprouver en assistant à Sa Passion.
36) Lorsque le film revient au présent –
c’est-à-dire lorsque commence la persécution de Jésus par les Romains – nous
voyons Marie dire résolument : « Seigneur, ça commence. Ainsi
soit-il. » Marie savait-elle vraiment ce qui allait arriver à son Fils ?
Fidèle femme juive et vierge à qui l’ange Gabriel était apparu, Marie devait être versée dans les prophéties concernant le Messie.
Alors que ni les disciples de Jésus ni les autres Juifs ne pensaient que le Messie aurait à souffrir pour régner dans la gloire, la connaissance que Marie avait des souffrances de Jésus venait probablement de la prophétie particulière qu’elle et Joseph avaient reçue lors de la présentation de Jésus au Temple. Le prophète Syméon lui avait dit : « Un glaive te transpercera l’âme » (Luc 2 35). C’était clairement lui prédire la douleur qu’elle éprouverait à cause de l’œuvre rédemptrice de son Fils.
37) Pourquoi Joseph, le père de Jésus,
n’apparaît-il pas dans le film ?
Peut-être que si le metteur en scène avait choisi d’inclure un autre flash-back sur l’enfance de Jésus, nous aurions pu apercevoir Joseph. Mais le fait est que nous n’entendons plus parler de Joseph dans la Bible après le recouvrement de Jésus au Temple, à l’âge de douze ans. La plupart des spécialistes croient que Joseph était mort lorsque Jésus a commencé Sa mission, ce qui paraît probable du fait que Jésus a confié Sa Mère aux soins de l’apôtre Jean.
38) Pourquoi nous montre-t-on Claudia, la femme
de Pilate, aussi préoccupée du sort de Jésus ?
Il y a probablement deux explications à cela : premièrement, nous avons de bonnes raisons de croire qu’elle était « secrètement » chrétienne. Pilate le savait, naturellement, mais quelques autres personnes aussi sans doute. Deuxièmement, elle fait preuve de compassion (ou au moins de sagesse) quant à la question de savoir si le Christ devrait être crucifié. Dans la Bible, elle avertit son mari : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste ! Car aujourd’hui j’ai été tourmentée en rêve à cause de lui » (Matthieu 27 19).
39) Lorsque Jésus est amené devant Caïphe et le
conseil des anciens, l’accusation finale portée contre Lui est le « blasphème
». Qu’est-ce qu’un blasphème ?
Selon le Catéchisme de l’Église catholique, le blasphème « s’oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu – intérieurement ou extérieurement – des paroles de haine, de reproches, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu » (CEC n. 2148). Le commandement contre le blasphème interdit aussi de parler en mal de l’Église, des saints ou des choses sacrées. Le blasphème est un péché grave.
40) Le châtiment pour le blasphème était-il
réellement la mort ? Cela semble terriblement sévère.
La punition pour avoir blasphémé le nom de Dieu est écrite dans le Lévitique : la mort par lapidation (Lévitique 24 16). Cette loi a été écrite au temps de Moïse alors que quelques Israélites adoraient le veau d’or au lieu de reconnaître le vrai Dieu qui les avait miraculeusement fait sortir de leur esclavage d’Égypte.
Les Juifs, à cause de l’occupation romaine, n’avaient pas le droit d’administrer la peine de mort. C’est la raison pour laquelle Jésus a été amené au gouverneur romain, Ponce Pilate. (Il est intéressant de noter que Caïphe a insisté pour obtenir un ordre de crucifixion plutôt que de lapidation. Ce qui laisse à penser qu’il était plus désireux de se débarrasser de Jésus par n’importe quel moyen que de le voir condamner en raison de la Loi. )
41) Un des hommes qui témoignait contre Jésus
prétendait que Jésus affirmait qu’Il était « le pain de vie » et qu’Il parlait
constamment de manger Sa chair et de boire Son sang. Où trouve-t-on cela dans
la Bible ?
Cela fait référence au long discours de Jésus dans l’évangile de Jean, au chapitre 6, où Jésus Se présente comme « le pain de vie » (Jean 6 48) et dit que « si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Homme et si vous ne buvez pas Son sang, vous n’aurez pas en vous la vie » (Jean 6 53). En réponse à cette déclaration, de nombreux disciples de Jésus ont cessé de Le suivre. Ce qui est intéressant c’est que Jésus a permis à ces disciples de Le quitter. Il ne les pas rappelés en disant : « Hé, attendez un peu. Je ne voulais pas dire littéralement. Je voulais dire symboliquement. » Il les a laissés partir parce qu’Il pensait réellement ce qu’Il disait.
Les catholiques, les orthodoxes et quelques églises protestantes acceptent que Jésus a voulu que cet enseignement soit compris littéralement – à savoir qu’Il voulait vraiment Se donner Lui-même à Ses disciples comme nourriture spirituelle. Mais cette nourriture allait nous être donnée sous l’humble forme du pain et du vin. Jésus a professé ce même enseignement la veille au soir, avant d’être trahi. Le Jeudi saint, lors de la Dernière Cène, Il prit le pain, le bénit, le rompit et le donna à Ses disciples en disant : « ‘Prenez, ceci est Mon corps.’ Puis Il prit une coupe et après avoir rendu grâce, Il la leur donna et ils en burent tous. Et Il leur a dit : ‘Ceci est Mon sang, le sang de l’alliance, versé pour la multitude » (Marc 14 22-24).
À première vue, cet enseignement paraît étrange (« si vous ne mangez pas Ma chair »). Mais en tenant compte du contexte, on comprend mieux. Vous vous rappelez peut-être que l’on célébrait la Pâque parce que l’ange de la mort envoyé par Dieu à l’époque des dix plaies d’Égypte « passait par-dessus » chaque maison des Hébreux où les montants de la porte avaient été aspergés du sang de l’agneau. Ce qui est moins connu, cependant, c’est que les familles qui avaient tué l’agneau et aspergé les montants de son sang devaient aussi manger l’agneau. Pour que le sacrifice pascal soit complet, ils devaient manger l’agneau immolé. Jésus est l’Agneau parfait. Pour participer pleinement à Son sacrifice sur la croix, les chrétiens sont invités à se nourrir de l’Agneau de Dieu qui est le Pain de Vie.
42) Au cours de ce simulacre de procès, deux
chefs juifs semblent prendre la défense de Jésus. Qui sont-ils ?
Bien que leur nom ne soit pas mentionné dans le film, ce sont probablement Nicodème et Joseph d’Arimathie. Ils sont tous deux identifiés dans les évangiles comme favorables à Jésus, des disciples secrets par crainte de leurs confrères membres du Sanhédrin. Nicodème est en fait venu trouver Jésus de nuit pour lui poser quelques questions (Jean 3). Nous voyons l’autre personnage, Joseph d’Arimathie, lorsque Jésus est descendu de la croix. Joseph, un riche disciple de Jésus, a offert son tombeau pour l’inhumation de Jésus.
43) Jésus était-Il vraiment coupable de
blasphème ?
Jésus a répondu aux questions des grands prêtres et des scribes en leur demandant de Le juger sur Son enseignement public. Mais lorsque le grand prêtre lui pose directement la question : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus déclare de façon absolue qu’Il est en vérité le Fils de l’Homme et, chose plus choquante encore, Il s’attribue délibérément le Nom de Dieu (« JE SUIS ; et vous verrez le Fils de l’Homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel » (Marc 14 62). Le grand prêtre se saisit de ces paroles, déchira ses vêtements et déclara qu’Il avait blasphémé. Mais il n’y aurait eu blasphème que si Jésus avait menti ! En fait, c’est Dieu incarné qui Se tenait devant eux -- tout comme la Vérité elle-même Se tenait devant Pilate -- et ils ne L’ont pas reconnu.
44) Les gens aujourd’hui prononcent souvent en
vain le nom de Dieu. Est-ce un blasphème ?
Pas exactement ; tout au moins, pas dans la plupart des cas. Mais même si prononcer le nom de Dieu en vain n’est pas à proprement parler blasphémer, le deuxième commandement nous interdit l’usage du nom de Dieu sans la plus grande révérence (cf. CEC n. 2146). Même si notre culture blasée n’y attache aucune importance de nos jours, nous pouvons être certains que Dieu était sérieux lorsqu’Il nous a donné ce commandement.
45) Selon la Bible, les reniements de Pierre
ont eu lieu lorsqu’il se réchauffait près d’un feu, ce qui semble être une
scène plutôt tranquille. Pourquoi le metteur en scène a-t-il rendu cette scène
de façon aussi différente dans le film ?
C’est un exemple de l’utilisation par le metteur en scène de sa liberté créative pour bien étoffer l’émotion du drame que Pierre, chef des disciples et futur chef de l’Église, est en train de vivre.
46) Pourquoi le metteur en scène a-t-il choisi
de montrer Pierre se jetant aux pieds de Marie en s’écriant : « Mère, je
L’ai renié ! » ?
L’intention ici est probablement de représenter l’enseignement catholique disant qu’il est acceptable de faire appel à la mère de Jésus lorsqu’on a offensé Dieu. Durant toute la période des rois d’Israël et de Juda, la Reine Mère était un personnage puissant et influent. Il est éminemment raisonnable de faire appel à la mère de notre Roi puisque son cœur et le Sien sont si étroitement unis.
47) Il y a une scène au cours de laquelle Marie
pénètre dans un lieu et trouve Jésus attaché à la voûte en dessous d’une
chaussée de pierre. Quelle est la signification profonde de cette scène ?
On peut imaginer que le metteur scène cherche à représenter par cette image le lien éternel unissant Jésus et Sa mère. Jésus, Messie et accomplissement de l’ancienne prophétie, et Marie, qui s’est abandonnée à la volonté de Dieu de la naissance à la mort de Jésus, sont unis de façon permanente.
48) Est-ce aller trop loin si l’on présume que
Marie a participé activement à la Passion du Christ ?
Pas du tout. Selon la Bible, Marie était présente à quelques-uns des miracles de Jésus et elle a de fait contribué à lancer Son ministère public en Lui demandant de fournir du vin à ses hôtes, vraisemblablement embarrassés, aux noces de Cana (Jean 2). La Tradition veut qu’elle ait rencontré Jésus sur le chemin du Golgotha (où Il a été crucifié) et l’Écriture nous la montre également au pied de la croix avec Marie Madeleine et saint Jean.
49) Pourquoi est-ce que des enfants démons
entourent Judas dans son tourment ?
C’est encore là un procédé ingénieux du réalisateur. Représenter d’une manière aussi distordue et terrifiante quelque chose d’aussi innocent que de jeunes enfants en train de jouer souligne les conséquences du péché qui déforme notre perception du bien, du vrai et du beau. Ce qui a une signification importante de nos jours alors que la société moderne, enracinée dans son égoïsme, en est venue à considérer les enfants comme un fardeau plutôt qu’un trésor, comme une malédiction plutôt qu’une bénédiction.
50) Je suppose que les soldats étaient des
soldats romains. Si tel est le cas, quels étaient leurs rapports avec les chefs
juifs ?
Voici une vue d’ensemble de la situation politique : Les Romains avaient conquis cette partie du monde environ cent ans auparavant. C’était loin d’être une partie importante de l’empire romain, comme on le voit lorsque Ponce Pilate se plaint d’être stationné là depuis onze longues années ! Une certaine hostilité existait entre le gouverneur romain du territoire de Judée et les chefs juifs. Les élites du Temple avaient comme atout dans leur manche la menace d’une émeute. Pilate était sous pression de la part de César à Rome pour conserver la paix. Comme le peuple juif s’attendait à ce que le Messie, annoncé dans leurs Écritures, soit un chef militaire qui les libérerait de l’occupant ennemi (à ce moment de l’histoire, les Romains), cette menace était d’un grand poids pour Pilate. Notons en passant que les Juifs étaient autorisés à une certaine présence policière, comme les gardes du Temple qui ont arrêté Jésus dans le jardin.
51) Les soldats romains étaient-ils les brutes
qu’on représente dans le film, ou est-ce là simplement une création
d’Hollywood ?
Des documents attestent de leur brutalité. La crucifixion était peut-être le moyen d’exécution le plus douloureux et le plus horrible jamais imaginé. Il était régulièrement pratiqué dans tout l’empire romain comme moyen de subjuguer les populations conquises. Le cas de Jésus était un bon exemple d’une situation qui pouvait être présentée comme une source potentielle de soulèvement. C’est pourquoi un chef des Juifs a faussement accusé Jésus d’inciter à la protestation contre l’impôt dû à César, de façon à provoquer la sentence romaine de la crucifixion.
52) Pilate envoie Jésus à un autre homme dans
l’espoir qu’il déciderait de l’innocence ou de la culpabilité de Jésus. Qui est
cet homme ?
Ce doucereux mais sinistre personnage est Hérode Antipas, ce roi juif qui avait fait arrêter Jean le Baptiste parce qu’il condamnait le mariage d’Hérode avec la femme de son frère. Un jour, Salomé, la belle-fille du roi, exécuta devant lui une danse qui le séduisit au point de le faire s’engager à lui donner tout ce qu’elle demanderait. Incitée par sa mère, elle demanda la tête de Jean le Baptiste. Hérode accéda à contrecœur à sa requête et fit exécuter Jean (Matthieu 14 3 12). À l’époque de Jésus, Hérode régnait sur la population juive de la région de Galilée, avec l’accord des Romains.
53) Pourquoi Pilate a-t-il envoyé Jésus au roi
Hérode ? Pourquoi ne L’a-t-il pas jugé lui-même ?
Probablement parce qu’il savait que Jésus était innocent et que les autorités juives L’avaient remis entre ses mains par jalousie. Il était par conséquent peu enclin à Le juger. Et Claudia, la femme de Pilate, lui avait dit de ne pas se mêler de l’affaire de ce juste (cf. Matthieu 27 19). Un point de procédure lui a d’abord permis de se tirer d’affaire : Jésus était de Galilée et se trouvait ainsi sous l’autorité principale du roi Hérode. Pilate a cependant finalement été forcé de Le juger après qu’Hérode eut refusé d’agir.
54) Les chrétiens devraient-ils condamner
Pilate ? Il semble avoir fait ce qu’il a pu étant donné les circonstances.
Bien que les décisions politiques puissent être difficiles à prendre, ceux qui ont la chance d’être dotés d’autorité sont appelés à suivre la voie étroite, à agir avec justice, à défendre ce qui est bien et vrai peu importe les conséquences. C’est la peur et l’intérêt personnel qui ont fait agir Pilate – il avait été nommé gouverneur pour maintenir la paix à Jérusalem et l’affaire semblait pouvoir tourner à l’émeute ; chose plus importante encore pour lui, il aurait des problèmes avec César et perdrait un poste si durement obtenu s’il ne livrait pas Jésus pour qu’on Le crucifie. Pilate a bien tenté à plusieurs reprises de libérer Jésus, mais il a finalement recherché son propre bien plutôt que le bien suprême. Il s’est « lavé les mains » de la condamnation et de la mort de Jésus, mais il en porte toujours une grande responsabilité. Il aurait pu déclarer Jésus innocent et Le libérer ; il a plutôt permis le meurtre de l’Auteur de la vie elle-même.
55) Pourquoi Jésus garde-t-Il le silence devant
Hérode ?
Cette attitude étrange a souvent été expliquée de cette façon : Hérode était si enfoncé dans la dépravation et le péché que toute tentative de Jésus pour l’atteindre aurait été vaine. Jésus savait assurément qu’Hérode avait pris pour épouse la femme de son frère et la part qu’il avait prise dans le meurtre de Jean le Baptiste. Essentiellement, comme Hérode ne voulait jouer aucun rôle dans les événements salvateurs qui allaient suivre, Jésus n’avait alors qu’à endurer ce sot sans engager la lutte avec lui directement. On peut également faire ici une remarque théologique d’une grande profondeur concernant le silence de Jésus – comme le note le Catéchisme, Jésus est « le Serviteur souffrant (cf. Isaïe 53 7) qui, silencieux, se laisse mener à l’abattoir » (CEC n. 608).
56) Le film inclut une scène au cours de
laquelle Pilate interroge sa femme au sujet de la « vérité » et lui demande
pourquoi il ne peut l’entendre ?
Pourquoi ?
Cette scène pleine de tendresse exprime merveilleusement la réalité que la vérité est inscrite dans le cœur de l’homme. Dans la Bible, le prophète Jérémie et l’apôtre Paul discutent de cette idée avec grande éloquence. Cette scène souligne également le fait que Pilate a pu être sincère en posant sa question à Jésus : « Qu’est-ce que la vérité ? » Elle donne l’impression que Pilate était profondément troublé – hanté, même – par Jésus et véritablement peiné du rôle qu’il était amené à jouer dans ce drame. Néanmoins, quelle que soit son affliction, il a quand même usé de son autorité pour faire crucifier l’Homme-Dieu innocent.
57) Après la proclamation par Pilate que ni lui
ni Hérode n’avaient trouvé contre Jésus aucun chef d’accusation, on nous
présente le criminel Barabbas. Pourquoi Pilate offre-t-il alors de libérer un
prisonnier ?
Il le fait simplement parce que c’était la coutume de libérer chaque année à Pâque un prisonnier en signe de « bonne volonté » de la part des Romains. C’était le moment idéal sur le plan des relations publiques pour faire un tel geste car Jérusalem était alors remplie de pèlerins venus de tous les pays pour célébrer la Pâque.
La libération de Barabbas est embarrassante car c’était un meurtrier reconnu et un zélote politique – véritable danger pour l’État romain. Sa libération mettait le comble à la mesure en ce sens que le peuple même de Jésus, celui pour lequel Il avait témoigné un si grand amour et opéré tant de miracles, choisissait de libérer un assassin plutôt que le Fils de Dieu innocent. (Il est intéressant de noter que le nom de Barabbas signifie littéralement « fils du père ». Ce qui est particulièrement ironique du fait que le véritable « Fils du Père » était là devant eux.
58) La partie du film la plus violente (et
franchement la plus difficile à regarder) est la flagellation de Jésus.
Pourquoi le réalisateur a-t-il rendu cette scène avec une telle violence ?
Les documents historiques nous apprennent que la pratique de la flagellation était horrible et très sanglante. Sur notre propre sol, le sort des esclaves afro-américains durant plusieurs centaines d’années d’esclavage témoigne de ce fait. De plus, les marques sur le Suaire de Turin – considéré par beaucoup comme le linceul véritable de Jésus – montrent que le dos de l’homme du suaire a été gravement meurtri et ensanglanté. L’intention déclaré du réalisateur en tournant La Passion du Christ était de montrer la réalité brutale de ce que le Christ avait vécu.
Il suffit de voir les instruments de la flagellation pour comprendre un peu de son horreur. Dans le livre de Pierre Barbet, La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous trouvons cette description :
… on utilisait un instrument typiquement romain :
le flagrum. Il avait un manche court auquel étaient
attachées de longues lanières, deux habituellement. Un peu avant leur
extrémité, on y insérait des balles de plomb ou de petits os de mouton … Ces
lanières découpaient la peau, et les balles et les petits os y creusaient des
plaies profondes. Ce qui provoquait beaucoup d’hémorragie et un affaiblissement
considérable de la résistance vitale.
Dans le film, le diable est présent au cours de la flagellation de Jésus. Nous voyons Satan qui tient un bébé démon dans ses bras et tourbillonne tout autour, incitant les tortionnaires à un maximum de violence et de brutalité. C’était l’heure du diable, le moment où il a cru être en train de gagner son combat contre Dieu.
59) Pourquoi la scène est-elle si longue ?
Parce que la flagellation a duré à peu près ce temps-là. Elle était si brutale qu’elle a presque réussi à tuer Jésus avant Sa crucifixion. La flagellation de Jésus n’est pas une chose que nous devrions chercher à éviter ou dont il faudrait se détourner : c’est une réalité puissante sur laquelle nous devrions méditer. Une façon de le faire avec fruit est de prier le Rosaire, qui est une méditation sur la vie du Christ. Cette prière féconde se divise en vingt « mystères ». Les mystères douloureux présentent les événements clés de la Passion de Jésus : Son agonie dans le jardin, la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix, la crucifixion et la mort. Prier ces mystères ouvrira votre cœur à la compréhension de la profonde signification de la Passion du Christ, et vous aidera à la mettre en pratique dans votre vie.
60) Quelle la signification de ce flash-back au
cours duquel Jésus lave les pieds de ses disciples ?
Jésus est venu pour servir et nous enseigner comment vivre. La leçon qu’Il nous donne dans cette scène est que, bien qu’Il soit Dieu, Il s’humilie Lui-même pour notre bien ; Lui, le Seigneur de l’Univers, est devenu un serviteur de Sa création. En lavant les pieds de Ses disciples, Jésus nous montre la nature de l’amour véritable : mourir à nous-mêmes et vivre pour les autres. En faisant cela, nous découvrons qui nous sommes vraiment. La voie de l’amour est le sacrifice – l’offrande de sa vie pour les autres par des actes petits et grands, y compris l’humble geste de se laver les pieds les uns aux autres.
61) Pourquoi voit-on la femme de Pilate donner à
Marie une brassée de linges ?
C’est un merveilleux procédé artistique qui exprime visuellement une dévotion au précieux sang du Christ – ce sang qui a été versé pour nous, ce sang qui nous sauve. La Bible nous dit : « Lui dont les meurtrissures vous ont guéris » (1 Pierre 2 24).
Marie, comme mère, démontre ici plus qu’un amour maternel pour son Fils ; elle témoigne de sa compréhension du caractère sacré de Son sang.
62) Dans la scène où Jésus épargne à la femme
adultère d’être lapidée, nous Le voyons écrire sur le sable. Quel est le sens
de ce geste ?
Cette scène est tirée directement du Nouveau Testament (Jean 8 3-11). Quelques théologiens et experts biblistes ont conjecturé que Jésus écrivait peut-être les péchés des hommes qui étaient prêts à la lapider. D’autres notent que le geste de Jésus rappelle Celui qui nous a premièrement donné la Loi sur le mont Sinaï, car on trouve dans le livre de l’Exode une description des Dix Commandements (y compris « Tu ne commettras pas d’adultère ») écrite dans la pierre par « le doigt de Dieu ». Il est par conséquent approprié que Celui qui a donné la Loi accorde maintenant Sa miséricorde. De toute façon, c’est cet incident qui nous a valu ces paroles provocatrices&nbs