LA MÉDAILLE DE SAINT BENOÎT

L'ORIGINE EXACTE DE LA MÉDAILLE nous est mal connue; ses principaux éléments (la croix et les inscriptions) remontent au XIVème siècle, et dans un évangéliaire enluminé provenant d'un monastère bavarois, on les trouve associés à saint Benoît. La médaille elle-même n'est attestée que vers le milieu du XVIIème siècle, et les Filles de la Charité l'adoptèrent alors pour leur chapelet. Mais depuis fort longtemps, les fidèles ont eu une grande confiance dans le pouvoir de la Croix et dans la protection de saint Benoît. Saint Grégoire-le-Grand, son biographe, ne rapporte-t-il pas en effet que plusieurs fois, le saint Patriarche triompha du démon et de ses suppôts par un simple signe de croix ? Les premiers disciples du saint, saint Maur et saint Placide, imitèrent leur maître, et après l'avoir invoqué, accomplirent eux aussi des miracles au moyen du signe de la croix. Au IXème siècle, le futur saint Léon IX est guéri miraculeusement d'une mystérieuse maladie après l'intervention de saint Benoît tenant une croix de sa main droite. C'est ainsi que le signe du Salut et l'invocation à saint Benoît furent associés par la dévotion des siècles de foi.

   Mais la raison profonde de ce rapprochement doit être recherchée dans le plan du salut que Dieu réalise à travers les siècles. Notre-Seigneur Jésus-Christ est au centre de ce plan: par sa mort sur la croix, il a arraché l'humanité au pouvoir de Satan et l'a fait entrer dans le royaume de son Père. Puis, pour répandre sur les hommes de tous les temps les fruits de sa Passion, le Christ a voulu utiliser le concours de ses disciples; munis du signe de la croix, ceux-ci obtiennent du Seigneur la puissance nécessaire pour combattre les ennemis de l'Évangile. Parmi ces disciples au Vème siècle, saint Benoît a un rang éminent: en effet, le monachisme bénédictin a puissamment contribué à répandre la foi et la civilisation chrétiennes dans toute l'Europe, et par l'Europe, dans le monde entier. On comprend alors que le Seigneur ait voulu glorifier saint Benoît pendant sa vie en lui accordant de faire de nombreux miracles par le signe de la croix, et que, pour continuer l'œuvre du Salut, il veuille se servir du Père des moines d'Occident, associé à l'image de la croix, ainsi que le présente la médaille.

LE PORT DE LA MÉDAILLE DE SAINT BENOÎT, que de nombreux faits merveilleux et bienfaisants ont recommandé depuis le XVIIème siècle, a pour effet de nous placer sous la protection spéciale de saint Benoît. Dom Guéranger, qui a restauré l'Ordre bénédictin en France, a rassemblé au siècle dernier de nombreux témoignages du pouvoir de la médaille: influences diaboliques repoussées, conversions subites et inattendues, guérisons corporelles, protection dans les dangers, bienfaits à l'égard des animaux domestiques, etc. Ce sont des grâces que peuvent demander à saint Benoît ceux qui portent la médaille. Mais, comme pour l'usage de tout objet de piété, l'obtention de la grâce dépend ici à la fois des dispositions intimes de celui qui y recourt, et de la Providence divine: la médaille n'est pas un talisman dont il faudrait attendre une protection automatique. Le moyen radical et nécessaire de se trouver dans une parfaite sécurité, c'est d'être dans l'amitié de Dieu, grâce à une vie de foi, d'espérance et de charité, par l'accomplissement des devoirs religieux (prière, Messe dominicale, réception des Sacrements) et des devoirs d'état. Si nous sommes dans ces conditions, et si une épreuve difficile à surmonter se présente, la dévotion à la médaille pourra providentiellement nous en délivrer. Mais encore faut-il que Dieu veuille cette délivrance, car pour nous sanctifier, il permet certaines souffrances et même des vexations diaboliques. Celles-ci, en fait. ne peuvent nous nuire réellement (au plan spirituel) si nous sommes unis à Dieu par la grâce sanctifiante.

   Il ne faut pas, d'ailleurs, attribuer tout malheur qui nous survient à une influence diabolique, ni même le juger trop vite insurmontable par nos propres forces. Souvent, nous sommes nous-mêmes la cause de nos maux, par notre négligence, notre imprudence et nos fautes. Nous en serons plus efficacement délivrés par un courageux effort sur nous-mêmes. Ici encore, cependant, la médaille de saint Benoît, portée avec foi et piété, nous sera d'un grand secours et le saint Patriarche nous aidera à triompher de nos vices et à progresser dans la vertu.

PRIÈRE A SAINT BENOÎT

   Modèle de vie céleste, Benoît. notre docteur et notre guide, vous dont l'âme unie au Christ exulte dans le ciel, gardez, pasteur plein de sollicitude, votre troupeau; fortifiez-le de vos saintes prières et par une voie de lumière faites-le entrer au ciel à votre suite.

   O Dieu, qui avez honoré de tant et de si glorieux privilèges la précieuse mort du très saint Père Benoît, daignez accorder, à nous qui honorons sa mémoire, la grâce d'être protégés contre les embûches de nos ennemis, à l'heure de notre mort, par sa bienheureuse présence. Par Jésus Notre-Seigneur. Amen.


EXPLICATION DES INITIALES


   La médaille de saint Benoît porte une croix et un ensemble de lettres. Au-dessus de la croix on trouve soit le monogramme I H S - ce sont les trois premières lettres du nom de Jésus en grec - soit le mot P A X (la paix) qui est comme la devise de l'Ordre bénédictin.

Entre les branches de la croix: les initiales

C S P B, CRUX SANCTI PATRIS BENEDICTI
(Croix du saint Père Benoît)

sur les branches de la croix:

C S S M L , CRUX SACRA SIT MIHI LUX
(Que la sainte croix soit ma lumière)
N D S M D, NON DRACO SIT MIHI DUX
(Que le dragon ne soit pas mon guide)

en bordure:

V R S N S M V , VADE RETRO SATANA , NUMQUAM SUADE MIHI VANA
(Retire-toi, Satan, ne me conseille jamais tes vanités)

S M Q L I V B, SUNT MALA QUAE LIBAS , IPSE VENENA BIBAS
(Le breuvage que tu offres, c'est le mal; bois toi-même tes poisons).


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