Le Royaume du Divin Fiat chez les créatures

LE LIVRE DU CIEL

Appel des créatures à revenir
à la place, au rang et au but
pour lesquels elles ont été créées par Dieu

Luisa Piccarreta

La Petite Fille de la Divine Volonté

Traduction

Jean-Claude Lemyze

Tomes 20 à 36

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Tome 20

17 septembre 1926 – Comment chaque chose créée par Dieu a sa place, que perd celle qui sort de la Divine Volonté. Importance du Royaume du divin Fiat.

            Mon Jésus, j’appelle ta sainte Volonté à venir elle-même mettre sur le papier les très pénétrantes et éloquentes paroles dans les termes les plus appropriés pour se faire comprendre et peindre le Royaume du Fiat suprême avec les plus magnifiques couleurs, la plus éclatante lumière, le caractère le plus attirant afin d’infuser une force magnétique et un aimant puissant dans les paroles que tu me feras écrire, de sorte que personne ne pourra s’empêcher d’être dominé par ta très sainte Volonté. Et toi, Maman, vraie Reine souveraine du Fiat suprême, ne me laisse pas seule ; viens guider ma main, donne-moi la flamme de ton Cœur maternel. Et alors que j’écris, garde-moi sous ton manteau azuré pour que je puisse accomplir tout ce que mon bien-aimé Jésus veut de moi.

            Je me sentais investie par le Vouloir suprême qui, en m’attirant dans son immense lumière, me faisait voir l’ordre de la Création – comment chaque chose restait à la place assignée par son Créateur. Mon esprit parcourait toute la Création, ravi d’y voir régner l’ordre, la magnificence et la beauté ; et mon doux Jésus qui m’accompagnait me dit : Ma fille, tout ce qui est sorti de nos mains créatrices, chaque chose créée, s’est vu assigner une place et une fonction distinctes, et tous restent à leur place, magnifiant par des louanges éternelles ce Fiat éternel qui les domine, les préserve et leur donne une vie nouvelle. L’homme avait lui aussi reçu sa place et son office souverain sur toutes les choses créées, avec la différence que si toutes les choses demeuraient telles que Dieu les avait créées, sans augmenter ni décroître – ma Volonté, accordant à l’homme la suprématie sur toutes les œuvres de nos mains et voulant témoigner davantage son amour envers l’homme, lui donna de croître continuellement en beauté, en sainteté, en sagesse et en richesse, au point de l’élever à la ressemblance avec son Créateur – à condition cependant de se laisser dominer et guider, et de laisser au Fiat suprême le champ libre pour former en lui sa Vie divine afin de pouvoir former cette croissance continuelle de biens et de beauté, dans un bonheur infini. En fait, sans la domination de ma Volonté, il ne peut y avoir ni croissance, ni beauté, ni bonheur, ni ordre, ni harmonie. Comme ma Volonté est l’origine, la maîtresse et le commencement de toute l’œuvre de la Création, où qu’elle règne, ma Volonté a la vertu de préserver la beauté de son œuvre comme elle l’a créée ; mais là où ma Volonté n’est pas présente, la communication de ses humeurs vitales pour préserver l’œuvre sortie de nos mains est absente. Tu comprends alors le grand mal que fut pour l’homme la sortie de notre Volonté ?

            Ainsi, toutes choses, même les plus petites, ont leur place. On peut dire qu’elles sont chez elles, en sécurité, et que personne ne peut les atteindre. Elles possèdent une abondance de biens, parce que ma Volonté qui demeure en elles possède la source de tous biens ; elles sont toutes dans l’ordre, l’harmonie et la paix de toutes. Par contre, en sortant de notre Volonté, l’homme a perdu sa place ; il s’est trouvé en dehors de notre Maison, exposé aux dangers. Tout peut l’atteindre et le blesser, les éléments eux-mêmes lui sont supérieurs parce qu’ils possèdent une Volonté suprême alors que lui ne possède qu’une volonté humaine dégradée qui ne put lui apporter que misères, faiblesses et passions. Et parce qu’il a perdu son origine, sa place, il reste sans ordre, en disharmonie avec les autres et sans connaître la paix, même avec lui-même. On peut dire qu’il est le seul être de la Création à qui rien n’est dû de droit parce que nous donnons tout à celui qui vit dans notre Volonté, car il est de notre Maison – il est de notre famille. Les relations, les liens de filiation qu’il possède en y vivant lui donnent droit à tous nos biens. Mais celui qui ne vit pas de la Vie de notre Volonté a brisé d’un coup tous les liens, toutes les relations, et nous le considérons alors comme une chose qui ne nous appartient pas. Oh ! si tous savaient ce que signifie rompre avec notre Volonté et dans quel abysse ils tombent – ils trembleraient tous de frayeur et s’efforceraient de revenir dans le Royaume du Fiat éternel afin de reprendre leur place assignée par Dieu !

            Ma fille, comme ma bonté éternelle veut redonner le Royaume du Fiat suprême à l’homme qui l’a si ingratement rejeté, ne crois-tu pas que c’est là le plus grand don que je puisse faire aux générations humaines ? Mais avant de l’accorder, il me faut le former, le constituer, et faire connaître ce qui jusqu’à présent n’était pas connu sur ma Volonté – et des connaissances telles, qu’elles feront que ceux qui connaîtront ma Volonté vont l’apprécier, l’aimer et désirer vivre en elle. Les connaissances seront les chaînes – mais non imposées ; ce sont plutôt les hommes qui, volontairement, se laisseront enchaîner. Ces connaissances seront les armes, les flèches victorieuses qui feront la conquête des nouveaux enfants du Fiat suprême. Mais sais-tu ce que possèdent ces connaissances ? Le changement de sa nature en vertu, en bien, en ma Volonté, de telle sorte qu’ils les auront en leur possession. En entendant cela, j’ai dit : « Mon Amour, Jésus, si ces connaissances de ton adorable Volonté contiennent tant de vertu, pourquoi ne les as-tu pas manifestées à Adam afin qu’en les faisant connaître à sa postérité, ils auraient aimé et apprécié davantage un bien si grand, et cela aurait disposé les cœurs pour les temps où toi, divin Réparateur, décréterait de nous accorder ce grand don du Royaume du Fiat suprême ? » Et Jésus, reprenant la parole, ajouta : Ma fille, tant qu’il restait dans le Paradis terrestre, vivant dans le Royaume de la Volonté suprême, Adam possédait toutes les connaissances, autant que cela est possible pour une créature, concernant ce qui appartenait au Royaume qu’il possédait. Mais dès qu’il en sortit, son intellect fut obscurci ; il avait perdu la lumière de son Royaume et ne pouvait plus trouver les paroles pour manifester les connaissances qu’il avait acquises sur la Volonté suprême, parce que ce même divin Vouloir qui lui communiquait les termes nécessaires pour manifester aux autres ce qu’il avait su, lui faisait défaut. Par ailleurs, chaque fois qu’il se souvenait de son retrait de ma Volonté et du très grand bien qu’il avait perdu, il était si rempli de tristesse qu’il en devenait taciturne, perdu dans le chagrin de la perte d’un Royaume si grand et du mal irréparable qu’il lui était impossible de corriger. En vérité, seul ce Dieu même qu’il avait offensé pouvait y remédier. Il ne recevait pas d’ordre de son Créateur, et à quoi bon manifester une connaissance qui ne lui donnerait pas le bien qu’elle contenait ? Je ne fais connaître un bien que lorsque je veux le donner. Cependant, même si Adam ne parlait pas beaucoup du Royaume de ma Volonté, il enseigna beaucoup de choses importantes sur ce Royaume ; si bien que durant les premiers temps de l’histoire du monde, jusqu’à Noé, les générations n’eurent pas besoin de lois, il n’y avait pas d’idolâtries (ni de diversité de langages), mais tous reconnaissaient leur Dieu un (une seule langue) parce qu’ils aimaient davantage ma Volonté. Mais en continuant à s’en éloigner, les idolâtries sont venues et ont dégénéré en de grands maux. Et c’est pourquoi Dieu vit la nécessité de proclamer ses lois pour préserver les générations humaines.

            Ainsi, celui qui fait ma Volonté n’a pas besoin de loi, parce que ma Volonté est vie, elle est loi – elle est tout pour l’homme. L’importance du Royaume du Fiat suprême est immense, et je l’aime tellement que je fais plus que dans une nouvelle Création et Rédemption. En fait, dans la Création, mon Fiat omnipotent ne fut prononcé que six fois pour disposer et émettre tout ce qu’il ordonnait. J’ai parlé dans la Rédemption, mais comme je ne parlais pas du Royaume de ma Volonté, qui contient des connaissances et des biens immenses, je n’avais pas autant de choses à dire parce que tout était d’une nature limitée et quelques mots suffisaient à la faire connaître. Mais pour faire connaître ma Volonté, ma fille, il faut beaucoup plus. Son histoire est extrêmement longue, elle enferme une éternité sans commencement ni fin ; par conséquent, j’ai toujours quelque chose à dire. C’est pourquoi je parle tant ! Ma Volonté est plus importante que tout, elle contient plus de connaissances, plus de lumière, plus de grandeur, plus de prodiges et demande par conséquent plus de mots. De plus, étant donné que plus je le fais connaître, plus j’étends les limites du Royaume que je veux donner aux enfants qui le posséderont. Par conséquent, tout ce que je manifeste concernant ma Volonté est une nouvelle Création que je fais dans mon Royaume pour ceux qui auront le bonheur de le connaître. Fais par conséquent très attention en le manifestant.

 

20 septembre 1926 - Celle qui ne fait pas la Volonté de Dieu est comme une constellation céleste qui ne garde pas sa place ; elle est comme un membre disloqué. Pour celle qui fait la Volonté de Dieu, c’est le plein jour ; pour celle qui ne la fait pas, c’est la nuit.

            Ayant terminé un tome et devant en commencer un autre, je ressentais le poids de l’écriture et, presque avec amertume, je soupirais. Mon doux Jésus se manifesta en moi et, hochant la tête, il me dit en soupirant : Ma fille, que se passe-t-il ? Tu ne veux pas écrire ? Et moi, presque tremblante en le voyant soupirer à cause de moi, je lui dis : « Mon Amour, je veux ce que tu veux. Il est vrai que c’est un sacrifice d’écrire, mais pour l’amour de toi, je ferais n’importe quoi. » Et Jésus ajouta : Ma fille, tu ne comprends pas bien ce que signifie vivre dans ma Volonté. Lorsque tu soupirais, la Création tout entière et moi-même avons soupiré avec toi, parce que pour ceux qui vivent dans ma Volonté, un est l’acte, un le mouvement, un l’écho. Tous doivent faire la même chose ensemble, car Dieu est le mouvement premier, et comme toutes les choses créées sont sorties d’un mouvement plein de vie, il n’est rien qui ne possède son mouvement, et toutes les choses tournent autour du mouvement premier de leur Créateur. Ainsi, toute la Création est dans ma Volonté, sa ronde est incessante, rapide, ordonnée ; et celle qui vit en elle a sa place au milieu des autres et tourne rapidement sans s’arrêter. Ma fille, ce soupir de mauvaise volonté de ta part a formé partout son écho. Et sais-tu ce que tous ont ressenti ? C’est comme si une constellation voulait quitter sa place – sortir de l’ordre, de sa ronde rapide autour de son Créateur. Et en voyant cette constellation céleste qui semblait vouloir les quitter, tous se sentirent entravés dans leur ronde, mais ils furent immédiatement rassurés par ta prompte adhésion et ont continué leur course rapide et ordonnée, magnifiant leur Créateur qui les garde serrés contre lui pour les faire tourner autour de lui. Que dirais-tu si tu voyais une étoile se détacher des autres et descendre d’en haut ? Ne dirais-tu pas : « Elle a quitté sa place, elle ne vit plus en communauté avec les autres, c’est une étoile perdue ? » Telle est l’âme qui, vivant dans ma Volonté, veut faire la sienne. Elle quitte sa place, descend de la hauteur des cieux ; elle perd la communion de la Sainte Famille. Loin de ma Volonté, elle perd la lumière, la force et la sainteté de la divine ressemblance ; elle se perd loin de l’ordre, de l’harmonie, et elle perd la rapidité de la ronde autour de son Créateur. Par conséquent, sois attentive, parce que dans le Royaume de ma Volonté, il n’y a ni réticence ni amertume, mais seulement de la joie. Il n’y a pas de contrainte, mais tout est spontanéité comme si la créature voulait faire ce que Dieu veut – comme si elle-même voulait le faire. » J’étais effrayée en entendant cela de mon doux Jésus et je comprenais le grand mal de vouloir faire sa propre volonté ; et je le priais de tout cœur de me faire la grâce de ne pas me laisser tomber dans un mal si grave.

            Mais pendant que je faisais cela, mon Dieu bien-aimé est revenu et s’est fait voir avec presque tous ses membres disloqués et qui lui causaient une douleur indicible. Et se jetant dans mes bras, il me dit : Ma fille, ces membres disloqués qui me causent tant de souffrances sont les âmes qui ne font pas ma Volonté. En venant sur terre, je me suis constitué chef de la famille humaine, et elles sont mes membres. Mais ces membres furent formés, reliés, réunis au moyen des humeurs vitales de ma Volonté. En s’écoulant en eux, ils sont mis en communication avec mon corps et sont affermis, chacun à sa place. Ma Volonté, tel un médecin compatissant, ne fait pas seulement couler ses humeurs vitales et divines pour former la circulation nécessaire entre la tête et les membres, mais forme aussi un assemblage parfait pour conserver les membres bien unis à leur tête. Mais comme ma Volonté n’est pas en eux, il leur manque ce qui donne la chaleur, le sang, la force et le commandement de la tête pour rendre les membres opérants – et tout leur manque. On peut dire que toutes les communications entre la tête et les membres sont rompues, et ils restent dans mon corps pour me faire souffrir. Seule ma Volonté peut faire que le Créateur et la créature, le Rédempteur et le rédimé, soient un, en accord et en communication. Sans ma Volonté, c’est comme si la Création et la Rédemption étaient pour eux sans importance, parce que ce qui fait couler la vie des biens qu’ils contiennent leur fait défaut. C’est pourquoi ma Volonté est tout ; sans elle, nos plus belles œuvres, nos plus grands prodiges demeurent étrangers aux pauvres créatures, parce que ma Volonté seule est dépositaire de toutes nos œuvres et que c’est par elle seule qu’elles peuvent prendre naissance pour les créatures. Oh ! si tous savaient ce que signifie faire ou ne pas faire ma Volonté, ils se mettraient tous en accord avec elle afin de recevoir tous les biens imaginables et la Vie divine elle-même !

            Après quoi je faisais mes actes habituels dans la Volonté suprême, et comme le jour était presque naissant, je dis : « Mon Jésus, mon amour, le jour se lève et, dans ta Volonté, je veux aller vers toutes les créatures afin qu’en sortant de leur sommeil, elles puissent toutes se lever dans ta Volonté pour te donner l’adoration de toutes les intelligences, l’amour de tous les cœurs, l’offrande de toutes leurs œuvres et de tout leur être dans la lumière que ce jour va faire briller sur toutes les générations. » Et alors que je disais cela et bien d’autres choses, mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, dans ma Volonté, il n’y a ni jour ni nuit, ni aube ni couchant, car son jour est un – toujours dans la plénitude de sa lumière. Et celle qui vit en elle peut dire : « Il n’y a pas de nuit en moi, car il fait toujours jour ; par conséquent, mon jour est un. Et comme elle agit en vue de faire ma Volonté et de passer sa vie en elle, elle forme autant de lumières très éclatantes durant le jour de sa vie, ce qui rend plus glorieux et plus beau le jour de ma Volonté en qui elle vit. Sais-tu pour qui le jour et la nuit, l’aube et le couchant sont formés ? Pour celle qui tantôt fait ma Volonté, tantôt la sienne. Si elle fait la mienne, elle forme le jour ; si elle fait la sienne, elle forme la nuit. Celle qui vit pleinement dans ma Volonté forme la plénitude du jour. Celle qui n’y vit pas pleinement, mais ne fait ma Volonté que sous pression, forme l’aube. Celle qui se lamente de ce que ma Volonté dispose, forme le couchant. Et pour celle qui ne fait pas du tout ma Volonté, c’est toujours la nuit – le commencement de cette nuit éternelle de l’enfer qui n’aura pas de fin.

 

23 septembre 1926 – Comment celle qui veut faire un bien universel doit compenser pour tous. Les trois plans de la Volonté de Dieu.

            Je me fusionnais tout entière dans le divin Vouloir avec la douleur dans l’âme de ne pas avoir mon doux Jésus. J’essayais de faire mes actes dans sa Volonté, mais comme je ne le sentais pas avec moi, oh ! combien je sentais qu’une partie de moi était déchirée. Je sentais ma pauvre petite existence mise en pièces sans Jésus, et je priais qu’il ait pitié de moi et revienne rapidement vers ma pauvre âme. Puis, après beaucoup d’efforts, il revint, mais très affligé en raison de la perfidie humaine. Les nations semblaient se disputer entre elles au point de préparer des dépôts d’armes pour se combattre entre elles. Quelle folie, quel aveuglement humain. On dirait qu’elles ne sont plus capables de voir le bien, l’ordre, l’harmonie, et qu’elles ne voient plus que le mal ; et cet aveuglement leur fait perdre la tête, de sorte qu’elles font des folies. En le voyant si affligé, je lui dis : « Mon amour, ne sois plus triste ; tu leur donneras la lumière et elles ne les feront pas. Et si mes souffrances sont nécessaires, je suis prête, pourvu qu’elles demeurent en paix. » Et Jésus me dit avec dignité et sévérité : Ma fille, je te garde pour moi afin de former en toi mon Royaume du Fiat suprême – et non pour elles. Je t’ai même fait trop souffrir pour épargner le monde, mais à cause de sa perfidie, il ne mérite pas que je continue à te faire souffrir pour lui. Et en disant cela, il semblait tenir à la main une barre de fer pour la jeter sur les créatures. J’étais effrayée et voulant soulager Jésus de sa peine, je lui dis : « Jésus, ma vie, pour le moment, occupons-nous du Royaume de ta Volonté afin de te soulager. Je sais que c’est pour toi une joie et une fête de pouvoir en parler. Par conséquent, tes actes coulent en moi de sorte qu’avec la lumière de ta Volonté, plus qu’un soleil, ils peuvent investir toutes les créatures et je peux me constituer moi-même un acte pour chaque acte, une pensée pour chaque pensée ; je vais tout enclore, je prendrai tous leurs actes comme en mon pouvoir afin de faire tout ce qu’ils ne font pas pour toi, et de cette manière, tu trouveras tout en moi et l’affliction quittera ton Cœur. » Et Jésus, condescendant à mes prières, m’accompagna et me dit : Ma fille, quelle puissance contient ma Volonté. Seule la lumière pénètre et s’étend partout, elle se donne à chaque acte, se multiplie à l’infini. Mais tout en faisant tant de choses et en se multipliant, elle demeure toujours une, conservant tous ses actes, sans en perdre un seul. Vois-tu, ma fille, la première action accomplie dans ma Volonté au nom de tous et pour toutes les créatures l’a été par la Reine souveraine ; et elle a obtenu pour toutes les créatures le très grand bien tant attendu de faire descendre sur terre le Rédempteur. Celui qui agit pour toutes, au nom de toutes, et compense pour toutes obtient un bien universel qui peut servir à toutes. La deuxième action accomplie dans ma suprême Volonté l’a été par mon Humanité. J’ai embrassé toutes les créatures et toutes choses comme si tout était un ; j’ai satisfait pour toutes, je n’ai pas laissé même un seul acte de la créature sans constituer en lui le mien afin que la gloire, l’amour, l’adoration de mon céleste Père puissent être complets pour chaque acte de la créature. Et ceci a obtenu le fruit de ma venue sur la terre, le salut et la sainteté pour toutes ; et si beaucoup ne les prennent pas, c’est leur faute – et non la faute du donateur. Par conséquent, ma vie a obtenu des biens universels pour toutes ; j’ai ouvert à toutes les portes du Ciel. Le troisième acte dans ma Volonté sera fait par toi ; et c’est pourquoi, en tout ce que tu fais, je te fais agir pour toutes, les embrasser toutes, compenser au nom de tous leurs actes. Ton action doit être égale à la mienne, elle doit être unifiée à celle de l’Impératrice céleste ; et cela servira à demander le Royaume du Fiat suprême. Rien ne doit échapper à celle qui doit faire un bien universel afin d’attacher à toutes les créatures le bien qu’elle veut donner. Afin de compenser pour toutes, les actes accomplis dans ma Volonté forment des doubles chaînes – mais des chaînes de lumière qui sont les plus fortes, les plus longues et non sujettes à se briser. Personne ne peut être capable de briser une chaîne de lumière. C’est plus qu’un rayon de soleil que personne ne peut briser et encore moins barrer la route à la longueur et à largeur que le rayon veut atteindre ; et ces chaînes de lumière engagent Dieu à donner des biens universels, et la créature à les recevoir.

 

26 septembre 1926 - La simple expression « Volonté de Dieu » contient un prodige universel. Comment tout se convertit en amour et en prière.

            Je me sentais tout immergée dans le Vouloir suprême et mon pauvre esprit pensait à tous les admirables effets qu’il produit. Et mon toujours aimable Jésus me dit : Ma fille, la simple expression « Volonté de Dieu » contient un éternel prodige que personne ne peut égaler. C’est un terme qui embrasse toute chose – le Ciel et la terre. Ce Fiat contient la fontaine créatrice, et il n’y a aucun bien qui ne puisse sortir d’elle. Aussi, celle qui possède ma Volonté acquiert en vertu de ma Volonté et par droit tous les biens que ce Fiat possède. Par conséquent, elle a droit à la ressemblance avec son Créateur, elle acquiert le droit à la sainteté divine, à sa bonté, à son amour. De droit, le Ciel et la terre lui appartiennent, parce que tout est venu à l’existence de ce Fiat. Avec raison, ses droits s’étendent sur tout. Ainsi, le plus grand don, la plus grande grâce que je puisse faire à la créature est de lui donner ma Volonté, parce que tous les biens possibles et imaginables y sont attachés – et de droit, parce que tout lui appartient.

            Après quoi mon doux Jésus se fit voir venant de mon intérieur et il me regardait ; mais il fixait ses regards sur moi comme s’il voulait se peindre et se graver lui-même dans ma pauvre âme. En voyant cela, je lui dis : « Mon amour, Jésus, aie pitié de moi ; ne vois-tu pas comme je suis laide ? Tes privations, ces derniers jours, m’ont rendue même encore plus laide. Je me sens comme une bonne à rien ; même les rondes dans ta Volonté, je les fais avec difficulté. Oh ! comme je me sens mal ! Ta privation est comme un feu qui me consume et qui, brûlant tout en moi, me prend même l’envie de faire le bien. Il me laisse seulement ton adorable Volonté qui, me liant tout entière à elle, ne me fait vouloir que ton Fiat, et ne voir et toucher que ta très sainte Volonté.

            Et Jésus reprit : Ma fille, lorsque ma Volonté est présente, tout est sainteté, tout est amour, tout est prière. Ainsi, puisque sa source est en toi, tes pensées, tes regards, tes paroles, tes palpitations et tous tes mouvements – tout est amour et prière. Ce n’est pas la forme des paroles qui forme la prière – non ; c’est ma Volonté opérante qui, en dominant tout ton être, fait de tes pensées, paroles, regards, palpitations et mouvements autant de petites fontaines qui sortent de la suprême Volonté ; et en montant jusqu’au ciel, dans leur langage muet, certaines prient, d’autres aiment, adorent, bénissent. En somme, ma Volonté fait faire à l’âme ce qui est saint – ce qui appartient à l’Être divin. Par conséquent, l’âme qui possède la suprême Volonté comme vie est le véritable ciel qui, même s’il est muet, proclame la gloire de Dieu et s’annonce lui-même comme l’œuvre de ses mains créatrices. Comme il est beau de voir une âme en qui règne ma Divine Volonté ! Ses pensées, regards, paroles, respirations et mouvements forment les étoiles qui ornent le ciel, racontent la gloire de celui qui l’a créée. Ma Volonté embrasse tout comme en un seul souffle et ne laisse rien perdre à l’âme de ce qui est bon et saint.

 

28 septembre 1926 - Luisa est très affectée par la publication de ses écrits. Jésus veut qu’ils soient confiés à ses soins. Jésus presse le père qui doit s’occuper de la publication.

            Je me sentais oppressée et comme écrasée sous le poids d’une profonde humiliation parce qu’on m’avait dit que non seulement ce qui concerne la Volonté de Dieu devait être publié, mais aussi tout ce que mon aimable Jésus m’avait dit. Je souffrais au point de ne pouvoir dire un seul mot pour qu’ils ne le fassent pas, et je ne pouvais pas non plus prier mon bien-aimé Jésus de ne pas le permettre. Tout était silence en moi et autour de moi. C’est alors que mon aimable Jésus se manifesta en moi, me serra contre lui pour me donner force et courage, puis me dit : Ma fille, je ne veux pas que tu considères ce que tu as écrit comme venant de toi, mais comme une chose qui ne t’appartient pas. Ne t’en occupe pas, je prendrai soin de tout. Par conséquent, je veux que tu confies tout à mes soins, et ce que tu écris, je veux que tu m’en fasses cadeau pour que je puisse en faire ce que je veux, et que tu ne gardes pour toi que ce qui est nécessaire pour vivre dans ma Volonté. Je t’ai donné autant de dons précieux que de connaissances que je t’ai manifestées ; et toi – tu ne veux pas me faire de cadeaux ?

            Je répondis : « Mon Jésus, pardonne-moi ; je voudrais moi-même ne pas avoir ce sentiment. La pensée que ce qui s’est passé entre nous doit être connu par les autres me dérange et me peine sans que je puisse m’en expliquer. Par conséquent, donne-moi la force, je m’abandonne en toi et je te donne tout. Et Jésus ajouta : Bien, ma fille. C’est ma gloire, le triomphe de ma Volonté qui veut tout cela ; mais elle veut, elle exige que tu sois son premier triomphe. N’es-tu pas heureuse de devenir la victoire, le triomphe de cette suprême Volonté ? Ne veux-tu pas faire n’importe quel sacrifice pour que ce Royaume suprême puisse être connu et possédé par les créatures ? Je sais que tu souffres beaucoup qu’après tant d’années de secrets entre moi et toi, durant lesquelles je t’ai jalousement gardée cachée, nos secrets sont maintenant dévoilés. Mais lorsque c’est moi qui le veux, tu dois le vouloir également ; par conséquent, soyons d’accord entre nous et ne t’inquiète pas.

            Après quoi il me fit voir le révérend père, et Jésus, près de lui, plaça sa sainte main droite sur sa tête pour lui infuser fermeté, secours et volonté en lui disant : Mon Fils, dépêche-toi, ne perds pas de temps. Je vais t’aider, je serai près de toi pour que tout se passe selon ma Volonté. Tout comme je veux que ma Volonté soit connue et tout comme j’ai dicté les écrits sur le Royaume du Fiat suprême avec une paternelle bonté, je vais aussi veiller à leur publication. Je serai avec ceux qui s’en occuperont pour que tout soit réglé par moi. Par conséquent, dépêchez-vous, dépêchez-vous.

 

2 octobre 1926 - Comment les générations sont reliées entre elles et que, par conséquent, certaines prient, d’autres reçoivent et d’autres encore possèdent. Comment Jésus accorde selon nos dispositions. Sa parole est une nouvelle Création. Comment au ciel, il n’y a pas de secrets.

            J’étais extrêmement amère à cause de la privation de mon doux Jésus. Oh ! comme j’allais mal ! Je ne pouvais plus le supporter, mais alors que j’atteignais le sommet de la douleur, il se manifesta en moi et, tout affligé, il me dit : Ma fille, je regarde combien je dois étendre les frontières du Royaume de ma Volonté pour en donner possession aux créatures. Je sais qu’elles sont incapables de saisir l’infini que contient le Royaume de ma Volonté parce qu’il ne leur a pas été donné, comme créatures, d’embrasser une Volonté qui correspond à un Royaume sans frontières. En fait, étant des créatures, elles sont toujours restreintes et limitées ; mais même limitées, je dispose des biens et de l’extension qu’elles doivent posséder selon leurs dispositions. Et je regarde ainsi la postérité – et les dispositions que les créatures auront ; et je regarde celles du présent pour voir quelles sont leurs dispositions parce que celles du présent doivent prier, solliciter et préparer le Royaume du Fiat suprême pour la postérité, et selon les dispositions de la postérité et pour le bien des créatures présentes, je continue à étendre les frontières de mon Royaume, parce que les générations sont si bien reliées entre elles qu’il en est toujours ainsi : l’une prie, une autre prépare, une autre demande et une autre possède. La même chose s’est passée avec ma venue sur terre pour former la Rédemption. Ce ne sont pas celles qui étaient présentes qui avaient prié, soupiré et pleuré pour obtenir ce bien – mais celles qui vivaient avant ma venue. Et selon les dispositions des créatures présentes et de celles du passé, j’ai étendu les frontières des biens de ma Rédemption. En fait, je n’accorde un bien que lorsqu’il peut être utile aux créatures ; mais pourquoi le donner s’il ne peut leur être d’aucune utilité ? Et cette utilité dépend de leurs dispositions. Mais sais-tu quand j’étends ses frontières ? Quand je te manifeste une nouvelle connaissance concernant le Royaume de ma Volonté. C’est pourquoi, avant de te la manifester, je regarde pour voir quelles sont leurs dispositions – si elle leur sera utile ou si ce sera comme si je n’avais rien dit. Et voyant que je veux étendre mes frontières davantage pour leur donner plus de biens, plus de joies, plus de bonheur, et qu’elles ne sont pas disposées, j’en suis affligé et j’attends vos prières, vos rondes dans ma Volonté, vos souffrances, afin de disposer les créatures présentes, comme celles de la postérité. Et je reviens alors aux nouvelles surprises des manifestations de ma Volonté. C’est pourquoi je suis affligé lorsque je ne te parle pas ; ma parole est le plus grand don, c’est une nouvelle Création et, incapable de la sortir de moi à cause des créatures qui ne sont pas disposées à la recevoir, je ressens en moi le poids du don que je veux faire et je demeure affligé et taciturne. Et mon affliction augmente encore plus en te voyant affligée à cause de moi. Si tu savais combien je ressens ta tristesse, et comme elle se déverse dans mon Cœur ! Ma Volonté l’entraîne au plus profond de mon Cœur, parce que je n’ai pas deux Volontés divines, mais une seule ; et comme elle règne en toi, en conséquence, elle apporte en moi tes afflictions. Par conséquent, prie et poursuis ton vol dans le Fiat suprême afin de demander que les créatures se disposent, et que je puisse recommencer à parler.

            Après quoi il garda le silence et je restais plus affligée qu’avant. Je ressentais tout le poids que Jésus supportait à cause du manque de disposition des créatures. Je pensais que Jésus ne voulait plus me parler plus longtemps, mais voulant me sortir de mon affliction et aussi pour se réjouir lui-même, il me dit : Ma fille, courage, crois-tu que tout ce qui s’est passé entre moi et toi sera connu ? Non, ma fille, je ferai connaître ce qui est nécessaire – ce qui concerne le Royaume du Fiat suprême. Ou plutôt, je serai encore plus généreux comparé à ce que les créatures prendront de ce Royaume, pour leur donner le champ libre afin d’avancer de plus en plus et de leur laisser étendre leur possession dans le Fiat suprême pour qu’elles ne puissent jamais dire : « C’est assez, nous n’avons pas d’autres endroits à atteindre. » Non, non, j’utiliserai une abondance telle que l’homme aura toujours quelque chose à prendre pour poursuivre son voyage. Mais en dépit d’une telle abondance, toutes ne connaîtront pas nos secrets, tout comme toutes ne connaissent pas ce qui s’est passé entre moi et ma Mère pour former le Royaume de Rédemption – les grâces surprenantes, les innombrables faveurs. Elles les connaîtront au ciel, où il n’y a plus de secrets, alors que sur terre, elles n’ont connu que ce que j’ai donné en surabondance pour leur bien. C’est ce que je ferai avec toi. Si j’ai regardé, c’était pour voir celles qui veulent venir vivre dans le Royaume de ma Volonté ; mais pour toi – pour la petite fille de ma Volonté, pour celle qui a formé ce Royaume avec moi par tant de sacrifices – mon amour sera-t-il jamais capable de dire « Assez » ? Ou de renier ma parole envers toi ? Ou de ne pas continuer à déverser en toi le flot de mes grâces ? Non, je ne le peux pas, ma petite fille ; ce n’est pas dans la nature de mon Cœur ni de ma Volonté qui contient un acte continuel, jamais interrompu, de donner – et de donner toujours de nouvelles surprises à celle qui ne connaît pas d’autre vie que la vie dans ma Volonté. Si tu me vois taciturne, ce n’est pas à cause de toi, parce que toi et moi n’avons pas besoin de mots pour nous comprendre – nous voir, c’est nous comprendre. Je me déverse tout entier en moi, et toi en moi ; et en me déversant, je verse en toi de nouvelles grâces et tu les prends, parce qu’il est nécessaire que tu sois la cause première pour former le Royaume du Fiat éternel, ce qui ne sera pas nécessaire pour celles qui n’auront qu’à vivre en lui. Avec toi, il ne s’agit pas seulement de vivre en lui, mais de le former et par conséquent, Jésus doit abonder en toi pour te donner les matériaux bruts nécessaires à la formation d’un Royaume si saint. C’est ce qui se passe également dans le bas monde : celui qui doit former un Royaume a besoin de beaucoup de moyens, de beaucoup de matériaux bruts, alors que celui qui ne veut former qu’une ville a besoin de beaucoup moins, et celui qui veut simplement y vivre peut le faire avec très peu de moyens. Les sacrifices que doit faire celui qui veut former un Royaume ne sont pas nécessaires pour celui qui prend la décision de vivre dans ce Royaume. Par conséquent, je veux que tu travailles à la formation du Royaume du Fiat suprême, et ton Jésus s’occupera du reste.

 

6 octobre 1926 - Nouveau martyre. Celui qui ne fait pas la Divine Volonté se prive de la Vie divine. Luisa est dépossédée de ses écrits. Jésus la console en lui montrant que tout est écrit dans les profondeurs de son âme.

            J’étais plongée dans une intense souffrance à cause de la privation de mon doux Jésus et je me disais : « Mon Jésus, comment peux-tu ne pas avoir compassion de ta petite fille qui, sans toi, sent qu’on lui arrache la vie. Ce n’est pas simplement une souffrance, ce qui serait supportable, mais c’est la vie elle-même qui me manque. Je suis petite, je suis faible, et à tout le moins à cause de mon excessive petitesse, tu devrais avoir eu compassion de cette pauvre petite qui sent toujours en elle la vie lui manquer, et qui ne la retrouve que pour se sentir mourir à nouveau. Mon Jésus, mon amour, quelle sorte de nouveau martyre est-ce là, jamais encore ressenti ? Mourir encore et encore, et cependant, ne jamais mourir ; sentir la vie qui me manque, sans le doux espoir de prendre mon envol vers ma céleste Patrie. » Je pensais cela lorsque mon toujours aimable Jésus se manifesta en moi et d’un ton très tendre, il me dit : Petite fille de ma Volonté, courage ; tu as raison de dire que c’est la vie qui te manque, parce qu’en étant privée de moi, tu sens que c’est la vie de ton Jésus qui est absente – qui se termine en toi. Et avec raison, petite créature que tu es, tu sens le dur martyre de la vie qui se termine en toi. Mais tu dois savoir que ma Volonté est vie, et chaque fois que les créatures ne font pas ma Volonté, la rejette, c’est une Vie divine qu’elles rejettent et détruisent en elles. Et crois-tu que la souffrance, le continuel martyre de ma Volonté soit peu de chose – sentir tant d’actes de vie que je veux faire naître dans les créatures avec tant de bonté être coupés de soi comme par une épée mortelle ? Et au lieu de cette Vie divine, les créatures laissent se lever en elles la vie des passions, du péché, des ténèbres, des faiblesses. Sans faire ma Volonté, c’est la Vie divine que perdent les créatures. Et c’est pourquoi, comme je règne en toi, ma privation te fait ressentir la souffrance des nombreuses Vies divines coupées par les créatures, afin que soient réparés et compensés en toi les nombreux actes de vie qu’elles me font perdre. Ne sais-tu pas que pour former le Royaume du divin Fiat, il doit trouver en toi autant d’actes qu’il a perdus ? Et c’est la raison pour les alternances de ma présence et de mon absence – pour te donner l’occasion de former de nombreux actes de soumission à ma Volonté, de faire entrer en toi les actes de Vie divine que les autres ont rejetés. Et as-tu oublié que lorsque je t’ai manifesté ta mission concernant le Fiat éternel, je t’ai demandé le sacrifice de souffrir autant de morts que de créatures venues au jour qui auront rejeté la Vie de ma Volonté ? Ah ! Ma fille, c’est la Vie divine que rejettent les créatures en ne faisant pas ma Volonté. Ce n’est pas comme ne pas pratiquer les vertus, où elles rejettent des joyaux, des pierres précieuses, des ornements, des vêtements dont on peut se passer si on ne les désire pas. Rejeter ma Volonté, c’est rejeter le moyen de vivre, c’est détruire la fontaine de vie ; c’est le plus grand mal qui puisse être. Par conséquent, la créature qui fait un si grand mal ne mérite pas de vivre ; au contraire, elle mérite de mourir à tous les biens. Ne veux-tu pas alors compenser ma Volonté pour toutes ces vies que les créatures lui ont enlevées ? Et pour cela, tu dois souffrir, non pas une souffrance, mais une absence de Vie divine – qui est ma privation. Pour former son Royaume en toi, ma Volonté veut trouver en toi toutes les satisfactions que les créatures ne lui ont pas données – toutes ces vies que ma Volonté voulait faire naître en elles ; autrement, ce serait un Royaume sans fondement, sans droits de justice et sans dues réparations. Sache, cependant, que ton Jésus ne te quittera pas trop longtemps, parce que je sais aussi que tu ne peux pas vivre sous la pression d’un martyre si dur.

            En plus, j’étais affligée parce que lorsque le révérend père est venu qui doit s’occuper de la publication des écrits sur la très sainte Volonté de Dieu, il voulait qu’on lui donne tous les écrits sans même me laisser ceux dont il avait déjà eu copie. Ainsi, la pensée que les choses très intimes entre moi et Jésus étaient sorties, et incapable même de revoir ce que Jésus m’avait dit sur sa sainte Volonté, me tourmentait. Jésus revint et me dit : Ma fille, pourquoi t’affliger à ce point ; tu dois savoir que ce que je t’ai fait mettre sur le papier, je l’ai moi-même écrit dans les profondeurs de ton âme, et ensuite je te l’ai fait écrire. De plus, il y a beaucoup plus de choses écrites en toi que sur le papier. Par conséquent, lorsque tu veux revoir ce qui concerne les vérités du Fiat suprême, regarde simplement en toi et tu verras immédiatement ce que tu veux. Et pour être certaine de ce que je te dis, regarde maintenant dans ton âme et tu verras, tout en ordre, ce que je t’ai manifesté.

            Alors qu’il disait cela, j’ai regardé en moi et je pouvais tout voir d’un seul coup d’œil. Je pouvais voir également ce que Jésus m’avait dit et que j’avais négligé d’écrire. J’ai remercié mon Dieu bien-aimé et je me suis résignée en lui offrant tout mon sacrifice, lui demandant en retour de me donner la grâce que sa Volonté soit connue, aimée et glorifiée.

 

9 octobre 1926 - Le Royaume de la Volonté est comme une nouvelle Création. Délice de Jésus lorsqu’il entend parler de sa Volonté.

            Je faisais comme d’habitude ma ronde dans le Vouloir suprême et Jésus me fit voir en moi un globe de lumière ; et comme je répétais mes actes dans le divin Fiat, le globe devenait plus grand et les rayons qui en sortaient s’allongeaient. Et mon toujours aimable Jésus me dit : Ma fille, plus tu fais tes rondes dans ma Volonté afin de répéter tes actes, plus la sphère de ce globe de lumière s’agrandit ; et plus sa puissance de lumière augmente, plus ses rayons s’étendent qui doivent illuminer le Royaume de la Volonté du Fiat éternel. Tes actes, fusionnés – dissous dans ma Volonté, formeront le soleil spécial qui doit illuminer un Royaume si saint. Ce soleil possédera la puissance créatrice et en étendant ses rayons, il laissera la marque de sa sainteté, de sa bonté, de sa lumière, de sa beauté et de sa ressemblance divine. Celles qui se laisseront illuminer par sa lumière sentiront la puissance d’une nouvelle Création de joies, de contentements et de biens infinis. Par conséquent, comme ma Volonté domine tous les actes de celles qui vivent en elle, le Royaume de ma Volonté sera une Création continuelle. Ainsi, la créature restera sous un acte continu de ce Vouloir suprême qui la gardera absorbée au point de ne lui laisser à elle-même aucun champ d’action. C’est pourquoi j’aime tellement que le Royaume de ma Volonté soit connu – à cause du grand bien que les créatures en recevront, et du champ d’action qu’elle aura. En fait, ma suprême Volonté est maintenant entravée par le propre ‘moi’ des créatures ; mais en devenant connue, ses rayons vivifiants, pénétrants et pleins de lumière vivante éclipseront la volonté humaine qui sera éblouie par sa lumière éclatante et, voyant le grand bien qui l’accompagne, elle laissera toute liberté d’action à ma Volonté. Ainsi, dans ce Royaume, une nouvelle ère, une nouvelle Création continue commencera pour ma Volonté. Elle sortira tout ce qui avait été établi pour les créatures si elles avaient toujours suivi ma Volonté, et qui avait été conservé durant de nombreux siècles, comme en dépôt, et qui est maintenant libéré pour le bien des enfants de son Royaume.

            Après quoi, j’ai continué à prier et j’ai vu alors mon très grand Bien, Jésus, sortir en hâte des profondeurs de mon intérieur, surmonté et comme éclipsé par un faisceau de lumière qui m’empêchait de le voir. Je lui dis : « Mon Jésus, pourquoi es-tu si pressé ? Est-ce si important pour toi ? » Et lui : Certainement, ma fille, c’est assurément ce qui m’importe le plus. Tu sais, de l’intérieur de toi, j’ai même entendu le père, celui qui a pris tes écrits, parler avec tant d’amour de ma Volonté à ceux qui l’entouraient que mon Cœur en était profondément touché. C’est pourquoi je voulais sortir de toi pour l’écouter. Ce sont les propres mots que j’ai utilisés pour parler de ma Volonté et qui résonnaient à mes oreilles. J’entends mon propre écho et, par conséquent, je veux me délecter en l’écoutant et que tu en fasses autant toi aussi en récompense pour le sacrifice que tu as fait.

            À ce moment, j’ai vu un rayon de lumière sortir de Jésus et qui s’étendait jusqu’à atteindre l’endroit où se trouvait le révérend père ; et en l’investissant, il le fit parler et Jésus était tout consolé de l’entendre parler de son adorable Volonté.

 

12 octobre 1926 - Ce que signifie être la fille première-née de la Divine Volonté. Comment Jésus se sent attiré par sa Volonté à visiter l’âme, en la disposant à être avec lui.

            Je me sentais immergée dans la mer de douleur de la privation de mon très grand Bien, Jésus, et plus je parcourais le ciel et la terre, moins il m’était possible de trouver celui après qui je soupirais tellement. Aussi, les eaux de souffrance montaient de plus en plus et me noyaient dans la douleur et la peine – mais de cette souffrance que seul Jésus peut causer à un pauvre petit cœur qui l’aime. Et parce qu’il est petit, il ne peut soutenir toute l’immensité des eaux amères de la souffrance de sa privation et, par conséquent, il reste noyé et opprimé en attendant celui après qui il languit tellement et depuis si longtemps. Alors que j’étais tout oppressée, mon toujours aimable Jésus se manifesta en moi dans un nuage de lumière et me dit : Fille première-née de ma Volonté, pourquoi es-tu si oppressée ? Si tu penses à la chance qui est la tienne, ton oppression va te quitter. Sais-tu ce que signifie être la fille première-née de ma Volonté ? Cela signifie être première dans l’amour de notre Père céleste, et première entre toutes à être aimée. Cela signifie être première fille de grâce, de lumière, première fille de gloire, première fille propriétaire des richesses de son divin Père, première fille de la Création. Comme fille première-née de la suprême Volonté, elle contient tous les liens, toutes les relations, tous les droits d’une fille première-née – liens de filiation, relations de communication à toutes les dispositions de son Père céleste, droit de possession de tous ses biens. Mais ce n’est pas tout. Sais-tu ce que signifie fille première-née nommée par ma Volonté ? Cela signifie non seulement être la première dans l’amour de toutes les choses de son Créateur, mais aussi comprendre en elle-même tout l’amour et tous les biens des autres enfants. Ainsi, si les autres posséderont chacun leur propre part, elle, comme première-née, possédera tous ensemble les biens des autres. Et cela, de droit et avec justice, parce que, comme fille première-née, ma Volonté lui a tout confié, tout donné, et qu’elle est par conséquent l’origine de toute chose, la raison pour laquelle fut créée la Création, le dessein pour lequel sont entrés en jeu l’amour et la divine action. Celle qui devait être la fille première-née de notre Volonté fut la cause première de toutes les œuvres d’un Dieu ; par conséquent, c’est d’elle que dérivent tous les biens – c’est d’elle qu’ils viennent et c’est à elle qu’ils retournent. Tu vois donc à quel point tu as de la chance ; tu ne peux pas pleinement comprendre ce que signifie avoir la primauté dans l’amour de toutes les choses de ton Créateur.

            En entendant cela, je lui dis : « Mon Amour, que dis-tu là ? Et de plus, quel bien me vient de cette grande chance dont tu me parles lorsque tu me prives de toi ? Tous les biens se changent en amertume sans toi. Et je t’ai dit souvent que c’est toi seul que je veux parce que tu me suffis en tout ; et si j’avais tout sans toi, tout se changerait en martyre et en souffrance indescriptible. L’amour, la grâce, la lumière, la Création tout entière me parlent de toi – ils me font savoir qui tu es, et si je ne te trouve pas, je délire. J’entre dans des angoisses mortelles. Par conséquent, la primauté, les droits de première-née – donne-les à qui tu voudras ; cela ne m’intéresse pas. Si tu veux me rendre heureuse, reste avec moi, toi seul – cela me suffit. Et Jésus ajouta : Ma fille, je dois être tout pour toi, mais je ne veux pas que tu dises que le reste ne t’intéresse pas. Non, non, si ce n’est pas assez pour moi de me donner à toi sans te donner toutes mes choses, si cela m’intéresse que tu aies la primauté de la fille première-née, tu dois le vouloir toi aussi. Ne sais-tu pas que mes visites fréquentes sont liées au fait que tu es ma fille première-née ? Ne sais-tu pas qu’aussi longtemps qu’Adam est resté le fils premier-né de ma Volonté, ayant par conséquent la primauté sur toutes choses, je lui rendais souvent visite ? Ma Volonté régnant en Adam lui administrait tout le nécessaire pour être avec moi comme un fils qui fait la consolation de son Père. Je lui parlais comme à un fils et lui me parlait comme à un Père. En se retirant de ma Volonté, il a perdu sa primauté, les droits de premier-né, et avec cela tous mes biens ; il n’avait plus la force de soutenir ma présence et je n’étais plus attiré par une force et une Volonté divines à aller vers lui. Tous ses liens avec moi furent brisés ; plus rien ne lui était dû de droit et il a cessé de me voir sans voile, mais seulement parmi des éclairs et éclipsé dans ma lumière – cette lumière de ma Volonté qu’il avait rejetée. Ne sais-tu pas que la primauté qu’Adam avait perdue comme premier-né de ma Volonté est passée sur toi et que c’est à toi que je dois encore tous les biens que je devais mettre en lui, s’il ne s’était pas retiré de ma Volonté ? Par conséquent, je te regarde comme la première créature sortie de nos mains, parce que celle qui vit dans ma Volonté est toujours première devant son Créateur, et même si elle naît plus tard dans le temps, cela ne veut rien dire : dans notre Volonté, celle qui n’en est jamais sortie est toujours première. Tu vois alors que tu dois t’intéresser à tout ; ma venue elle-même et la force irrésistible de ma Volonté qui m’attire vers toi et te dispose. Par conséquent, je veux de toi la plus grande gratitude pour avoir la chance d’être la fille première-née de ma Volonté.

            Je ne savais que répondre, je demeurais confuse et au plus profond de mon âme je dis : « Fiat, Fiat. »

 

13 octobre 1926 – Comment la Divine Volonté formera l’éclipse de la volonté humaine.

            Je me fusionnais tout entière dans le saint et divin Vouloir, le parcourant en faisant mes actes, et mon bien-aimé Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, chaque acte, chaque prière et chaque souffrance que l’âme fait entrer dans la lumière de ma Volonté devient lumière et forme un rayon de plus dans le Soleil du Vouloir éternel. Ces rayons forment la plus belle gloire que la créature puisse donner au divin Fiat, de telle sorte que, se voyant glorifié par sa propre lumière, il investit ces rayons de nouvelles connaissances qui, converties en voix, manifestent à l’âme d’autres surprises concernant ma Volonté.

            Mais sais-tu ce que ces connaissances forment pour la créature ? Elles forment l’éclipse de la volonté humaine. Plus la lumière est forte, plus il y a de rayons et plus la volonté humaine demeure éblouie et éclipsée par la lumière de mes connaissances ; de telle sorte qu’elle se sent presque incapable d’agir et laisse libre cours à l’action de la lumière de ma Volonté. La volonté humaine demeure occupée dans l’action de ma Volonté, et il lui manque le temps et le lieu pour faire ses propres actes.

            C’est comme l’œil humain lorsqu’il regarde le soleil : la force de la lumière investit la pupille et la rend incapable de voir d’autres choses ; mais l’œil n’a malgré tout pas perdu sa vision. C’est la force de la lumière qui a ce pouvoir : elle fait disparaître tous les autres objets et ne lui permet de voir que cette lumière. Je n’enlèverai jamais son libre arbitre à la volonté humaine – un grand don qu’il a reçu à la Création et qui rend les créatures capables de vouloir être ou non mes véritables enfants. Avec la lumière des connaissances sur ma Volonté, je veux plutôt former plus de rayons solaires et quiconque veut les connaître et les regarder sera investi par cette lumière ; de telle sorte que, éclipsée, la volonté humaine aimera regarder cette lumière et sera heureuse de voir l’action de cette lumière prendre la place de sa propre action. Et elle cessera d’aimer les autres choses. C’est pourquoi je parle tant de ma Volonté – afin de former cette puissante lumière, car plus elle sera forte, plus grande sera l’éclipse qu’elle formera pour occuper la volonté humaine.

            Regarde le ciel, il en est l’image. Si tu le regardes la nuit, tu le vois constellé d’étoiles ; mais si tu le regardes le jour, les étoiles n’existent plus pour l’œil humain. Cependant, elles sont toujours à leur place, tout comme durant la nuit. Qui donc a ce pouvoir de faire disparaître les étoiles durant le jour alors qu’elles sont toujours présentes ? Le soleil. Par la force de sa lumière, il les a éclipsées, mais sans les détruire ; et cela est si vrai que lorsque le soleil commence à se coucher, elle recommence à se faire voir dans la voûte des cieux. Elles semblent avoir peur de la lumière et se cachent pour laisser le champ libre à l’action de la lumière du soleil parce que, dans leur langage muet, elles savent que le soleil contient plus de bons effets pour la terre et qu’il est juste de laisser le champ à la grande action du soleil ; ainsi, pour lui rendre hommage, elles se laissent éclipser par sa lumière. Mais lorsque l’éclipse se termine, elles se font voir, présentes et à leur place. Il en sera ainsi avec le Soleil des connaissances sur le Fiat suprême et les volontés humaines qui se laisseront illuminer par les rayons de lumière de mes connaissances : elles amèneront l’éclipse des volontés humaines qui, en voyant le grand bien de l’action de sa lumière, auront honte et peur d’agir avec la volonté humaine, et elles laisseront le champ libre à l’action de la lumière de la Divine Volonté. Par conséquent, plus tu pries et souffres dans ma Volonté, plus tu attires en toi des connaissances et plus la lumière devient forte au point de former la douce éclipse de la volonté humaine. De cette manière, je serai capable d’établir le Royaume du Fiat suprême.

 

15 octobre 1926 - Comment l’âme possédera autant de gloire, de béatitude et de bonheur au Ciel qu’elle aura acquis de Divine Volonté sur la terre.

            Poursuivant ma ronde habituelle dans la suprême Volonté, je me disais : « Mon Jésus, ta Volonté embrasse et enclot toute chose, et moi, au nom de la première créature qui sortit de tes mains créatrices et jusqu’à la dernière qui sera créée, je veux réparer pour toutes les oppositions des volontés humaines à la tienne, et prendre en moi tous les actes de ton adorable Volonté que les créatures ont rejetés afin de te payer de retour en amour et en adoration ; de telle sorte qu’il ne puisse y avoir un acte de toi sans correspondance avec un acte de moi et qu’en trouvant mon petit acte comme en bilocation en chacun de tes actes, tu puisses être satisfait et venir régner triomphalement sur la terre. N’est-ce pas sur les actes humains que ton Fiat éternel veut trouver le lieu où dominer ? Par conséquent, en chacun de tes actes, j’offre le mien comme un champ sur lequel tu peux établir ton Royaume. »

            Je pensais et disais cela lorsque mon toujours aimable Jésus bougea en moi et me dit : Petite fille de ma Volonté, il est juste, il est nécessaire, il est juste des deux côtés – de ton côté et de celui de ma Volonté – que celle qui est son enfant suive la multiplicité des actes de ma Volonté, et que ma Volonté les reçoive dans ses actes. Un père serait malheureux s’il ne sentait pas son enfant à ses côtés pour être suivi par son enfant dans ses actes ; et l’enfant ne se sentirait pas aimé par le père si, le mettant de côté, le père ne permettait pas à son enfant de le suivre. Par conséquent, ‘Fille de ma Volonté et première-née en elle’ signifie précisément cela : suivre tous ses actes comme une fille fidèle. En fait, tu dois savoir que, dans la Création, ma Volonté entra dans le champ d’action des actes humains de la créature ; mais afin d’agir, elle veut l’acte de la créature dans le sien propre, afin de pouvoir poursuivre son opération et être capable de dire : ‘Mon Royaume est au milieu de mes enfants et tout au centre de leurs actes les plus intérieurs.’

            En fait, c’est dans la mesure où la créature prend ma Volonté que j’étends en elle mon Royaume et qu’elle étend son Royaume dans ma Volonté ; mais dans la mesure où elle me laisse dominer dans ses actes, j’étends ses frontières dans mon Royaume, et plus je donne, et plus elle prend de joie, de bonheur, de bienfaits et de gloire. En fait, il est établi que dans la céleste Patrie, elles recevront autant de gloire, de béatitude et de bonheur qu’elles auront enclos de Divine Volonté dans leur âme sur la terre. Leur gloire sera mesurée par la Volonté même que possédera leur âme ; elles ne pourront recevoir davantage parce que leur capacité et leur largeur sont formées par cette Divine Volonté qu’elles ont faite et possédée en vivant sur terre. Et même si ma libéralité voulait leur donner davantage, elles n’auraient pas l’espace pour le contenir et tout déborderait à l’extérieur. Ma fille, de tout ce que ma Volonté a établi de donner aux créatures, de tous ses actes, elles ont pris très peu – elles en savaient très peu jusqu’à maintenant, parce que son Royaume n’était ni connu, ni même possédé. Par conséquent, au ciel, le Père ne peut pas donner toute la gloire ou toutes les joies et tout le bonheur qu’il possède, parce qu’il se trouve parmi des enfants incapables et de petite stature. C’est pourquoi il attend le temps de son Royaume avec tant d’amour et de tendresse – afin d’avoir son plein empire et de pouvoir donner de son Fiat tout ce qu’il a établi de donner aux créatures, formant ainsi des enfants capables de recevoir tous ses biens. Et seuls ces enfants feront la gloire de tous les Bienheureux – car le Royaume de ma Volonté sera accompli dans la céleste Patrie par les enfants qui ont enclos ce que voulait ma Volonté, lui laissant libre cours et plein empire. Ils auront par conséquent la ‘gloire essentielle’, et tous ensemble, ils jouiront de la gloire complète et du bonheur entier de ma Volonté. Ainsi, le Royaume du Fiat suprême aura son plein triomphe au ciel et sur la terre.

            Je me dis alors en moi-même : « Dans le ‘Notre Père’, Notre Seigneur nous enseigne de dire en priant : ‘Que votre Volonté soit faite’. Alors, pourquoi dit-il qu’il veut que nous vivions en elle ? Jésus, toujours bienveillant, bougea en moi et me dit : Ma fille, ce ‘Que votre Volonté soit faite’ que j’ai enseigné dans le ‘Notre Père’ signifiait que tous devaient prier afin de pouvoir au moins faire la Volonté de Dieu. Et cela pour tous les chrétiens et pour tous les temps ; et qu’on ne puisse se dire chrétien si on ne se dispose pas à faire la Volonté du Père céleste. Mais tu n’as pas pensé à ce qui suit immédiatement : ‘Sur la terre comme au ciel’ et qui veut dire vivre dans la Divine Volonté ; cela veut dire prier pour que le Royaume de ma Volonté puisse venir sur la terre afin de vivre en lui. Au ciel, ils ne font pas ma Volonté, mais vivent en elle – ils la possèdent comme leur bien propre et leur propre Royaume. Et s’ils la faisaient, mais ne la possédaient pas, leur bonheur ne serait pas complet parce que le vrai bonheur commence dans le tréfonds de l’âme. Faire la Volonté de Dieu ne signifie pas la posséder, mais se soumettre à ce qu’elle commande, alors que vivre dans ma Volonté est possession. Par conséquent, dans le ‘Notre Père’, dans les paroles ‘Que votre Volonté soit faite’, c’est la prière que tous puissent faire la Volonté suprême, et dans ‘sur la terre comme au ciel’, que l’homme puisse retourner dans cette Volonté d’où il est venu, afin de retrouver son bonheur, les biens perdus, et la possession de ce divin Royaume.

 

17 octobre 1926 - Comment l’âme parcourt toute la Création et la Rédemption, tenant compagnie à la Divine Volonté dans tous ses actes et demandant son Royaume en chacun d’eux. Comment le Fiat est la fondation du Royaume de la Divine Volonté.

            Il semble que je ne puisse m’empêcher de continuer ma ronde dans la suprême Volonté. Elle semble être mon vrai chez-moi et je ne suis heureuse que quand je la parcours parce que j’y ai trouvé tout ce qui appartient à mon doux Jésus, et qu’en vertu de sa Volonté, tout ce qui est à lui est également à moi. Par conséquent, j’ai beaucoup à donner à mon Dieu bien-aimé. Mieux encore, j’ai tellement à lui donner que je n’en finis jamais. Je reviens alors toujours au désir de retourner et de continuer ma ronde pour être capable de lui donner tout ce qui appartient à son adorable Volonté. En faisant ma ronde et en pensant au grand bien que le Vouloir suprême apporte à l’âme, je priais Jésus de vouloir bientôt le faire connaître à tous pour qu’ils puissent participer à un si grand bien. Et pour l’obtenir, en allant à chaque chose créée, je disais à Jésus : « Je viens dans le soleil pour tenir compagnie à ta Volonté qui règne et domine en lui, avec toute la splendeur de sa majesté. Mais en te tenant compagnie dans le soleil, je prie pour que ton Fiat éternel soit connu et que tout comme il règne triomphalement dans le soleil, il puisse régner en triomphe parmi les créatures. Vois, le soleil te prie lui aussi – toute sa lumière tourne en prière et en se répandant sur la terre pour revêtir de sa lumière les plantes et les fleurs, les montagnes et les plaines, les mers et les rivières, il prie pour que ton Fiat puisse venir sur la terre, en harmonie avec toutes les créatures. Ainsi, je ne suis pas seule à prier, mais prie aussi avec la puissance de ta Volonté régnant dans le soleil. La lumière prie ; ses innombrables effets, les biens et les couleurs qu’elle contient prient – tous prient que ton Fiat puisse régner sur toutes choses. Peux-tu résister à une telle masse de lumière qui prie avec la puissance de ta propre Volonté ? Et moi, si petite que je sois, en te tenant compagnie dans ce soleil, je bénis, adore, glorifie ton adorable Volonté avec cette magnificence et cette gloire par laquelle ta propre Volonté se glorifie elle-même dans ses œuvres. Ainsi, ce n’est que dans les créatures que ta Volonté ne trouve pas la gloire parfaite de ses œuvres ? Par conséquent, viens – fais venir ton Fiat. » Mais en faisant cela, je sens toute la lumière du soleil prier que le Fiat éternel puisse venir ; ou plutôt, c’est sa très adorable Volonté qui, investissant la lumière, prie. Et moi, la laissant prier, je passe à d’autres choses créées pour faire ma petite visite, tenir un peu compagnie à l’adorable Volonté en chacun des actes qu’elle exerce en chaque chose créée. C’est pourquoi je parcours les cieux, les étoiles, la mer afin que les cieux puissent prier, que les étoiles puissent prier, que la mer puisse prier avec son murmure que le Fiat suprême soit connu et règne triomphalement sur toutes les créatures, tout comme il règne en eux. Puis, après avoir parcouru toutes les choses créées pour tenir compagnie au divin Fiat et avoir demandé, en chaque chose, qu’il puisse venir régner sur la terre – comme il est beau de voir et d’entendre la Création tout entière prier que son Royaume puisse venir parmi les créatures. Puis je descends en tout ce que mon Jésus a fait dans la Rédemption – dans ses pleurs, dans ses gémissements de petit enfant, dans ses œuvres, ses pas et ses paroles, dans ses souffrances, dans ses plaies, dans son Sang et même dans sa mort, afin que ses larmes puissent prier pour que vienne son Fiat, que ses gémissements et tout ce qu’il a fait, tous en chœur, puissent supplier que son Fiat soit connu et que sa mort elle-même puisse faire régner à nouveau la Vie de la Divine Volonté dans les créatures.

            Ensuite, alors que je faisais cela et bien d’autres choses – ce serait trop long si je voulais tout dire – mon doux Jésus, me serrant contre lui, me dit : Petite fille de ma Volonté, tu dois savoir que ma Volonté s’est laissé régner dans toute la Création pour permettre aux créatures d’y faire autant de visites que de choses créées. Elle voulait la compagnie de la créature dans le langage muet de l’univers tout entier. Comme il est dur l’isolement de cette Volonté si sainte, qui veut sanctifier et ne trouve personne avec qui partager sa sainteté ; elle était si riche et aspire à donner, mais sans trouver personne à qui donner, si belle, et sans trouver personne à embellir, si heureuse, et sans trouver personne à rendre heureux. Être capable de donner, vouloir donner, et ne trouver personne à qui donner est toujours une peine et une indicible douleur, et pour comble de souffrance, se retrouver seule. Par conséquent, en voyant une créature entrer dans le champ de la Création pour lui tenir compagnie, ma Volonté est ravie et sent que s’accomplit la raison pour laquelle elle s’est laissé régner en chaque chose créée. Mais ce qui la rend encore plus heureuse et plus glorifiée, c’est qu’en arrivant à chaque chose créée, tu demandes que son Fiat soit connu et règne sur toute chose, et tu animes ma Volonté elle-même dans le soleil, dans les cieux, dans la mer – et partout tu pries que le Royaume de ma Volonté puisse venir. En fait, puisque mon Fiat est en toi, on peut dire que c’est ma Volonté elle-même qui prie et anime toutes mes œuvres, et même mes larmes et mes soupirs, pour que puisse venir le Royaume de ma Volonté. Tu ne peux comprendre la satisfaction que tu me donnes, quelle percée se produit dans mon Cœur et dans ma Volonté elle-même, lorsque j’entends toutes nos œuvres prier parce qu’elles veulent notre Fiat. Tu vois alors ma satisfaction en voyant que tu ne cherches rien pour toi-même, ni gloire, ni amour, ni grâces. Et en voyant que la petitesse ne peut pas obtenir un Royaume si grand, tu parcours toutes mes œuvres, partout où est présent un acte de ma Volonté, et tu fais dire à mon propre Fiat : ‘Que ton règne vienne. Oh, je t’en prie, qu’il soit connu, aimé et possédé par les générations humaines !’ Une Divine Volonté qui prie avec nos œuvres et avec sa petite fille, c’est le plus grand prodige. C’est un pouvoir égal au nôtre qui prie, et il nous est impossible de ne pas lui accorder ce qu’il demande. Comme il est saint, pur, noble et pleinement divin, sans aucune ombre d’humain, le Royaume de notre Volonté. Notre propre Fiat sera sa base, son fondement et sa profondeur qui, en s’étendant parmi ces enfants de la céleste Famille, va affermir leurs pas et rendre inébranlable pour eux le Royaume de ma Volonté.

 

19 octobre 1926 - Le divin Fiat possède la source de nouveauté et l’âme qui se laisse dominer par lui est sous l’influence d’un acte nouveau et continu, jamais interrompu, et elle reçoit les effets et la vie de tout ce que la Divine Volonté a accompli.

            J’étais dans mon état habituel lorsque mon adorable Jésus se fit voir en moi, avec un soleil qui descendait du ciel et était centré dans sa poitrine ; comme je priais, respirais et agissais dans sa Volonté, je recevais la lumière et Jésus s’étendit davantage dans mon âme, occupant plus d’espace. J’étais surprise en voyant que tout ce que je faisais recevait cette lumière de la poitrine de Jésus et j’en étais de plus en plus remplie. Après quoi, Jésus me dit : Ma fille, ma Divinité est un acte nouveau et continu, et comme ma Volonté est son régime, l’exécutrice de nos œuvres, la porteuse de cet acte nouveau, elle possède la plénitude de cet acte et elle est par conséquent à jamais nouvelle dans ses œuvres, nouvelle dans son bonheur, dans la joie, et à jamais nouvelle dans les manifestations de ses connaissances.

            C’est pourquoi elle te dit des choses toujours nouvelles sur mon Fiat – parce qu’elle possède la source de nouveauté. Et si beaucoup de choses semblent se ressembler, se tenir la main, c’est à cause de la lumière infinie qu’elles contiennent, qui est indivisible, et elles semblent alors des lumières reliées entre elles. Et tout comme dans la lumière il y a la substance des couleurs qui sont comme de nombreux actes distincts que possède la lumière, on ne peut pas dire qu’il y ait seulement une couleur, mais toutes les couleurs avec la variété des nuances : pâles, vives et foncées ; cependant, ce qui embellit ces couleurs et les rend plus brillantes, c’est le fait qu’elles sont investies par la puissance de la lumière, sinon elles seraient comme des couleurs sans attrait et sans beauté – de la même manière, les nombreuses connaissances données concernant ma Volonté, parce qu’elles proviennent de sa lumière infinie, sont investies de lumière et semblent par conséquent se tenir la main, se ressembler. Cependant, dans leur substance, elles sont plus que des couleurs – à jamais nouvelles dans les vérités, nouvelles dans la voie, nouvelles dans le bien qu’elles apportent, nouvelles dans la sanctification qu’elles communiquent, nouvelles dans les images, nouvelles dans les beautés. Et une seule parole nouvelle de plus contenue dans les différentes manifestations sur ma Volonté est toujours une couleur divine, un acte éternel nouveau, qui apporte à la créature un acte qui ne finit jamais dans la grâce, dans les biens et dans la gloire. Et sais-tu ce que signifie posséder ces connaissances sur ma Volonté ? C’est comme si l’on possédait une pièce de monnaie qui a la vertu d’en faire surgir autant que l’on veut ; et si l’on possède la source d’un bien, la pauvreté n’existe plus. De la même manière, mes connaissances possèdent la lumière, la sainteté, la force, la beauté et les richesses qui surgissent continuellement. Ainsi, ceux qui les possèdent auront la source de lumière, de sainteté ; par conséquent, les ténèbres, les faiblesses, les laideurs du péché, la pauvreté des biens divins, seront terminées pour eux. Tous les maux finiront et ils posséderont la source de sainteté.

            Regarde, cette lumière que tu vois centrée dans ma poitrine est ma suprême Volonté. En émettant tes actes, la lumière surgit et se communique à toi, apportant de nouvelles connaissances sur mon Fiat qui, en te vidant, agrandit l’espace où je peux m’étendre davantage en toi. Et à mesure que je m’étends, ta vie naturelle, ta volonté – ton être tout entier prennent fin, parce que tu fais place au mien, et je m’emploie à former et à étendre de plus en plus en toi le Royaume du Fiat suprême, et tu auras ainsi un plus grand champ à parcourir pour m’aider dans l’œuvre nouvelle de formation de mon Royaume au sein des créatures.

            Puis j’ai poursuivi mes actes dans le ciel infini du divin Vouloir, et je pouvais toucher de mes propres mains que, en tout ce qui sortait du Fiat éternel, en Création, en Rédemption et en Sanctification, on y trouve de nombreux êtres, des choses innombrables – tous nouveaux et distincts entre eux. Tout au plus peut-on dire qu’ils se ressemblent, se tiennent par la main, mais il n’y a pas un être ou une chose qui puisse dire : « Je suis identique à l’autre. » Même le plus petit insecte, la plus petite fleur, porte la marque de la nouveauté. Je me disais alors : « Il est réellement vrai que le Fiat de la divine Majesté contient la vertu, la source d’un acte nouveau et continu. Quel bonheur de se laisser dominer par ce Fiat omnipotent – d’être sous l’influence d’un acte nouveau, jamais interrompu. » Je pensais cela lorsque mon doux Jésus revint et, me regardant avec un amour ineffable, il appela toutes choses autour de lui. À son appel, toute la Création et tous les biens de la Rédemption entourèrent Jésus et il lia ma pauvre âme à toute la Création et à la Rédemption pour me laisser recevoir tous les effets de tout ce que son adorable Volonté avait fait. Et il ajouta : Ma fille, celle qui se laisse dominer par ma Volonté est sous l’influence de tous ses actes, et reçoit les effets et la vie de ce que j’ai fait dans la Création et la Rédemption. Tout est en relation avec elle, et lié à elle.

 

22 octobre 1926 - Le grand bien que le Royaume du divin Fiat apportera. Comment il sera le préservateur de tous les maux. Tout comme la Vierge, qui n’a accompli aucun miracle, a fait le grand miracle de donner un Dieu aux créatures, celle qui doit faire connaître le Royaume accomplira le grand miracle de donner une Divine Volonté.

            Je pensais au saint et divin Vouloir, et je me disais : « Mais, quel sera le grand bien de ce Royaume du Fiat suprême ? » Et Jésus, interrompant ma pensée, bougea rapidement en moi et me dit : Ma fille, quel sera le grand bien ? ! Quel sera le grand bien ? ! Le Royaume de mon Fiat contiendra tous les biens, tous les miracles, tous les prodiges les plus sensationnels ; plus encore, il les surpassera tous ensemble. Et si un miracle signifie rendre la vue à un aveugle, redresser un infirme, guérir un malade, ressusciter un mort, etc., le Royaume de ma Volonté aura l’aliment préservateur, et pour toutes les créatures qui y entreront, il n’y aura aucun risque de devenir aveugle, infirme ou malade. La mort n’aura plus aucun pouvoir sur l’âme ; et si elle l’aura encore sur le corps, ce ne sera plus une mort, mais un passage. Sans la nourriture du péché et une volonté humaine dégradée qui produisaient la corruption, et, avec l’aliment préservateur de ma Volonté, les corps ne seront plus sujets à la décomposition et à devenir horriblement corrompus au point de semer la peur, même parmi les plus forts, comme c’est maintenant le cas ; mais ils resteront composés dans leur sépulcre en attendant le jour de la résurrection de tous. Crois-tu que c’est un plus grand miracle de donner la vue à un aveugle, de redresser un infirme, de guérir un malade, ou bien d’avoir un moyen de préservation de sorte que l’œil ne puisse jamais perdre la vue, qu’on puisse toujours marcher bien droit, être toujours en bonne santé ? Je crois que le miracle de préservation est plus grand que le miracle qui survient après un malheur. Voilà la grande différence entre le Royaume de Rédemption et le Royaume du Fiat suprême : dans le premier, le miracle était pour les pauvres créatures à qui, comme aujourd’hui, il arrive un malheur ou un autre ; et c’est pourquoi j’ai donné l’exemple, extérieurement, d’opérer différentes sortes de guérisons qui étaient un symbole des guérisons que je donnais aux âmes, lesquelles retourneront facilement à leur infirmité. Le second sera un miracle de préservation, parce que ma Volonté possède le pouvoir miraculeux, et celles qui se laissent dominer par lui ne seront plus sujettes au mal. Par conséquent, il ne sera pas nécessaire de faire des miracles parce que toutes seront toujours gardées en bonne santé, belles et saintes – dignes de cette beauté sortie de nos mains créatrices en créant la créature. Le Royaume du divin Fiat fera le grand miracle du bannissement de tous les maux, de toutes les misères, de toutes les peurs, parce qu’il n’accomplira pas un miracle selon le temps et les circonstances, mais gardera les enfants de son Royaume en lui-même avec un acte de miracle continuel, et pour les préserver de tous les maux en faisant d’eux les enfants de son Royaume. Cela, dans les âmes ; mais il y aura aussi de nombreuses modifications dans les corps, parce que c’est toujours le péché qui est la nourriture de tous les maux. Le péché enlevé, il n’y aura plus d’aliment pour le mal ; de plus, comme ma Volonté et le péché ne peuvent coexister, la nature humaine aura également ses effets bénéfiques. Ma fille, ayant à préparer le grand miracle du Royaume du Fiat suprême, je fais avec toi, fille première-née de ma Volonté, ce que j’ai fait avec la Reine souveraine, ma Maman, quand j’ai dû préparer le Royaume de Rédemption. Je l’ai attirée tout près de moi. Je l’ai gardée si occupée dans son intérieur afin de pouvoir former avec elle le miracle de la Rédemption pour lequel il y avait un si grand besoin. Il y avait tant de choses que nous devions faire, refaire, et compléter ensemble, que j’ai dû cacher dans son apparence extérieure tout ce qui pourrait être appelé miracle, à l’exception de sa parfaite vertu. En cela, je l’ai rendue plus libre afin de lui laisser traverser la mer infinie du Fiat éternel, et qu’elle puisse avoir accès à la divine Majesté pour obtenir le Royaume de Rédemption. Qu’est-ce qui serait le plus grand : que la céleste Reine eût rendu la vue aux aveugles, la parole aux muets, et ainsi de suite, ou est-ce le miracle de faire descendre le Verbe éternel sur la terre ? Les premiers auraient été des miracles accidentels, passagers et individuels ; le second est un miracle permanent – il est là pour toutes celles qui le veulent. Par conséquent, les premiers auraient été comme des riens par rapport au second. Elle était le vrai soleil, celui qui, éclipsant toutes choses, éclipsant le Verbe même du Père en elle-même, tous les biens, tous les effets et les miracles que la Rédemption a produits, a fait germer d’elle la lumière. Mais, comme le soleil, elle produisit des biens et des miracles sans se laisser voir elle-même ni désigner comme la cause première de toute chose. En fait, tout le bien que j’ai fait sur la terre, je l’ai fait parce que l’Impératrice du ciel est parvenue au point d’avoir son empire dans la Divinité ; et par son empire, elle m’attira du ciel pour me donner aux créatures. Je fais maintenant la même chose avec toi pour préparer le Royaume du Fiat suprême. Je te garde avec moi, je te fais traverser sa mer infinie pour te donner accès au Père céleste afin que tu puisses le prier, le conquérir, avoir sur lui son empire pour obtenir le Fiat de mon Royaume. Et afin de remplir et de consumer en toi toute la puissance miraculeuse nécessaire pour former un Royaume si saint, je te garde continuellement occupée dans ton intérieur par l’œuvre de mon Royaume ; je t’envoie continuellement faire des rondes afin de refaire, de compléter tout ce qui est nécessaire, et que toutes devraient faire pour former le grand miracle de mon Royaume. Extérieurement, je ne laisse rien de miraculeux apparaître en toi, sinon la lumière de ma Volonté. Certains pourraient dire : ‘Comment cela se peut-il ? Jésus béni manifeste tant de prodiges à cette créature concernant son Royaume du divin Fiat, et les biens qu’il apportera surpasseront la Création et la Rédemption, mieux encore, ce sera la couronne de l’un et de l’autre ; mais malgré un si grand bien, rien de miraculeux ne peut se voir en elle, extérieurement, en confirmation du grand bien de ce Royaume du Fiat éternel, alors que les autres saints, sans le prodige de ce grand bien, ont fait des miracles à tous les pas.’ Mais s’ils considèrent ma chère Maman, la plus sainte de toutes les créatures, et le grand bien qu’elle avait en elle à apporter aux créatures, personne ne peut se comparer à elle qui opéra le grand miracle de concevoir en elle le Verbe divin, et le prodige de donner Dieu à chaque créature. Et devant ce grand prodige jamais encore ni vu ni entendu, de pouvoir donner le Verbe éternel aux créatures, tous les autres miracles mis ensemble sont comme de petites flammes devant le soleil. Celui qui peut le plus, peut le moins. De la même manière, face au miracle du Royaume de ma Volonté restauré chez les créatures, tous les autres miracles seront de petites flammes devant le grand Soleil de ma Volonté. Toute parole, vérité et manifestation sur ce Royaume est un miracle sorti de ma Volonté en préservateur de tous les maux ; c’est comme attacher les créatures à un bien infini, à une très grande gloire et à une nouvelle beauté – pleinement divins.

            Chaque vérité sur mon Fiat éternel contient plus de puissance et de prodigieuse vertu que si un mort était ressuscité, un lépreux guéri, un aveugle recouvrait la vue ou un muet pouvait parler. En fait, mes paroles sur la sainteté et la puissance de mon Fiat vont faire revenir les âmes à leur origine ; elles les guériront de la lèpre de la volonté humaine. Elles leur donneront la vue pour voir les biens du Royaume de ma Volonté, car jusqu’à maintenant, elles étaient aveugles. Elles rendront la parole à beaucoup de créatures muettes qui, si elles pouvaient dire beaucoup d’autres choses, étaient comme beaucoup sans paroles seulement pour ma Volonté ; et elles opéreront le grand miracle de pouvoir donner à chaque créature une Divine Volonté qui contient tous les biens. Que ne leur donnera pas ma Volonté lorsqu’elle sera en possession de tous les enfants de son Royaume ? C’est pourquoi je veux que tu continues à œuvrer en vue de mon Royaume – et il y a beaucoup à faire pour préparer le grand miracle que ce Royaume du Fiat soit connu et possédé. Par conséquent, sois attentive en traversant la mer infinie de ma Volonté, afin que soit établi l’ordre entre le Créateur et la créature ; ainsi, à travers toi, je serai capable de faire le grand miracle du retour vers moi de l’homme – vers son origine.’

            Je pensais alors à ce qui est écrit ci-dessus, spécialement que chaque parole et manifestation sur la suprême Volonté est un miracle. Et Jésus, pour me confirmer dans ce qu’il avait dit, ajouta : Ma fille, quel est selon toi le plus grand miracle lorsque je suis venu sur terre : ma parole, l’Évangile que j’ai annoncé, ou le fait que j’aie rendu la vie aux morts, la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, etc. ? Ah ! ma fille, ma parole, mon Évangile, fut un plus grand miracle ; d’autant plus que les miracles eux-mêmes sont sortis de ma parole. Le fondement, la substance de tous les miracles sortit de ma parole créatrice. Les Sacrements, la Création elle-même, miracles permanents, avaient la vie de ma parole ; et mon Église elle-même a ma parole, mon Évangile, comme régime et comme fondement. Ainsi, ma parole, mon Évangile, était un plus grand miracle que les miracles eux-mêmes qui n’avaient la vie qu’à cause de ma parole miraculeuse. Par conséquent, sois certaine que la parole de ton Jésus est le plus grand miracle. Ma parole est comme un vent puissant qui court, martèle l’ouïe, entre dans les cœurs, réchauffe, purifie, illumine, passe de nation à nation ; il couvre le monde entier et parcourt tous les siècles. Qui pourrait tuer et enterrer une seule de mes paroles ? Personne. Et s’il semble parfois que ma parole soit silencieuse et comme cachée, elle ne perd jamais la vie. Lorsqu’on s’y attend le moins, elle sort et se fait entendre partout. Des siècles vont passer durant lesquels tout – les hommes et les choses – sera englouti et disparaîtra, mais ma parole ne passera jamais parce qu’elle contient la Vie – le pouvoir miraculeux de Celui d’où elle est sortie. Par conséquent, je confirme que chaque parole et manifestation que tu reçois sur mon Fiat éternel est le plus grand des miracles qui servira le Royaume de ma Volonté. Et c’est pourquoi je te presse tellement et que je tiens tant à ce que chacune de mes paroles soit manifestée et écrite –  parce que j’y vois un miracle qui me revient et qui apportera tant de bien aux enfants du Royaume du Fiat suprême.

 

24 octobre 1926 - Comment rien n’est plus saint et porteur de tous les bonheurs que la Divine Volonté. Comment tous les actes de la Création et de la Rédemption ont pour dessein d’établir le Royaume du Fiat suprême.

            Je faisais ma ronde habituelle dans le divin Vouloir, plaçant en chaque chose un ‘Je vous aime’, et je demandais que le Royaume du Fiat vienne et soit connu sur la terre. Et en arrivant à tous les actes que mon doux Jésus accomplit dans la Rédemption, demandant en chaque acte ‘Que votre règne vienne’, je me disais : « Avant, en parcourant toute la Création et la Rédemption, je plaçais seulement mon ‘Je vous aime’, mon adoration et mon ‘Je vous remercie’. Et maintenant, pourquoi dois-je absolument demander le Royaume du Fiat ? J’ai le sentiment de vouloir submerger toutes choses – les petites comme les grandes, le ciel et la terre, les actes de Jésus et Jésus lui-même – et de les forcer afin que tous et toutes choses puissent redire ensemble avec moi : « Nous voulons le Royaume du Fiat suprême. Nous voulons qu’il règne et domine sur nous. » Plus encore, comme tous le veulent, les actes mêmes de Jésus, sa vie, ses larmes, son sang, ses plaies redisent : « Que notre Royaume vienne sur la terre. » Et ainsi  j’entre dans l’acte de Jésus et répète avec lui : « Que le Royaume du divin Fiat vienne bientôt. »

            Je pensais cela lorsque mon bien-aimé Jésus se manifesta en moi et avec une indicible tendresse, il me dit : Ma fille, la créature qui est née dans ma Volonté sent la vie couler en elle et, comme naturellement, elle veut pour toutes les autres ce qu’elle-même possède. Et comme ma Volonté est immense et qu’elle enclot tous et toute chose, celle qui la possède la parcourt tout entière et la prie de descendre sur la terre pour former son Royaume. Cependant, tu dois savoir que pour pouvoir leur faire dire ce que tu veux, tu dois d’abord les connaître et les aimer afin que l’amour puisse te donner le droit de les posséder et de leur faire dire et faire ce que tu veux. C’est pourquoi, avant, en parcourant toutes mes œuvres, tu voulais imprimer tes ‘Je vous aime, Je vous adore, Je vous remercie’– et c’étaient les connaissances de mes œuvres que tu acquérais, et leur possession que tu obtenais. Maintenant, après la possession, quelle chose plus grande, plus sainte et plus belle, plus porteuse de tous les bonheurs aux générations humaines peux-tu demander parmi mes œuvres et, avec elles, que la venue du Royaume de ma Volonté ? D’autant plus que dans la Création comme dans le Royaume de Rédemption, c’était le Royaume du Fiat que je voulais établir au sein des créatures. Tous mes actes, ma vie elle-même, leur origine, leur substance – dans leur tréfonds, c’était le Fiat qu’ils demandaient et pour le Fiat qu’ils étaient accomplis. Si tu pouvais voir en chacune de mes larmes, en chaque goutte de mon sang, en chaque souffrance et dans toutes mes œuvres, tu trouverais en elles le Fiat qu’elles demandaient et comment elles étaient dirigées vers le Royaume de ma Volonté. Et même si, apparemment, elles semblaient dirigées vers la Rédemption et le salut de l’homme, c’était la voie qu’elles suivaient pour atteindre le Royaume de ma Volonté.

            C’est aussi ce qui arrive avec les créatures lorsqu’elles décident de vouloir prendre possession d’un royaume, d’une maison, d’une terre : elles ne se trouvent pas immédiatement en sa possession, en un instant, mais elles doivent trouver leurs voies. Qui sait combien de souffrances, de combats et d’escalades pour y arriver et en prendre possession. Ma fille, si tous les actes et toutes les souffrances de mon Humanité n’avaient pas eu comme origine, substance et vie, la restauration du Royaume de mon Fiat sur la terre, je m’en serais éloigné et j’aurais perdu le but de la Création – ce qui ne se peut, parce que lorsque Dieu lui-même s’est fixé un but, il doit et peut l’obtenir. Et si en tout ce que tu fais, souffres et dis, tu ne demandes pas mon Fiat et que tu n’as pas ma Volonté comme origine et substance, tu t’éloignes de ta mission et tu ne la remplis pas. Et il est nécessaire que tu parcoures encore et encore ma Volonté, parmi mes œuvres, pour demander, toutes en chœur, la venue du Fiat suprême – afin que, avec toute la Création et avec toutes mes œuvres accomplies dans la Rédemption, tu puisses être remplie jusqu’à ras bord de tous les actes nécessaires devant le Père céleste pour faire connaître et demander le Royaume de ma Volonté sur la terre.

            Tu dois savoir que toute la Création et toutes mes œuvres accomplies dans la Rédemption sont lassent d’attendre et se trouvent dans la condition d’une noble et riche famille dont les enfants sont tous de belle stature, beaux, intelligents, toujours bien habillés et d’une tenue soignée. Ils font toujours très bonne impression sur les autres. Mais après tant de bonheur, cette famille a un grand malheur : un de ses enfants, en se dégradant, descend de sa noblesse et se promène partout avec des vêtements sales, fait des choses indignes et viles qui déshonorent la noblesse de la famille, et quoi qu’ils fassent pour le faire ressembler aux autres frères, c’est sans succès ; au contraire, il va de mal en pis au point de devenir la risée de tous. Toute la famille est dans la tristesse, et bien qu’ils ressentent le déshonneur de ce fils, ils ne peuvent le détruire et dire qu’il ne leur appartient pas, qu’il ne vient pas du même Père que celui auquel ils appartiennent. Telle est la condition dans laquelle toute la Création et toutes les œuvres de ma Rédemption se trouvent. Tous d’une famille céleste, leur origine est de noblesse divine ; tous ont la Volonté de leur céleste Père comme insigne, règle et vie, et par conséquent, ils maintiennent tous leur noblesse belle, pure, d’une beauté enchanteresse et digne de cette Volonté qui les possède. Après tant de gloire et d’honneur pour cette famille céleste, ils ont le malheur qu’un seul d’entre eux – l’homme – qui est venu du même Père, se soit dégradé ; et au milieu de cette gloire et de cette beauté, qu’il est toujours sale et commet des folies – des actes indignes et vils. Ils ne peuvent pas nier qu’il soit un des leurs, mais ils ne le veulent pas parmi eux aussi sale et stupide. Par conséquent, bien que fatigués, ils prient tous pour que le Royaume de ma Volonté puisse venir parmi les créatures afin que la noblesse, l’honneur et la gloire de cette famille soient un. Et en voyant que la petite fille de ma Volonté vient parmi eux, les anime et fait que chacun demande la venue du Royaume du Fiat suprême parmi les créatures, ils sont tous ravis que leur tristesse soit près de prendre fin.

 

26 octobre 1926 - Comment tous les actes de Jésus avaient pour but le Royaume du divin Fiat. Adam sent que l’honneur qu’il avait perdu lui est rendu.

            Je continuais de m’unir aux actes que Jésus avait accomplis dans la Rédemption, et mon toujours aimable Jésus me dit : Ma fille, vois comment tous les actes que j’ai faits en rédimant l’homme, et même les miracles que j’ai accomplis durant ma vie publique, n’avaient d’autre but que de ramener le Royaume du Fiat suprême parmi les créatures ; et ce faisant, je demandais au Père céleste de le faire connaître et de le restaurer dans les générations humaines. Si je rendais la vue aux aveugles, mon acte premier était de chasser l’obscurité de la volonté humaine, cause première de la cécité de l’âme et du corps, afin que la lumière de ma Volonté puisse illuminer les âmes de tous les aveugles pour qu’ils puissent voir ma Volonté et l’aimer, et que leur corps puisse également ne pas perdre la vue. Si je rendais l’ouïe aux sourds, je demandais premièrement au Père qu’ils puissent acquérir l’ouïe pour entendre les voix, les connaissances, les prodiges de ma Divine Volonté et qu’elle puisse entrer dans leur cœur pour les dominer, et qu’il n’y ait plus de sourds dans le monde – dans l’âme ou dans le corps. Dans les morts que j’ai ressuscités, je demandais que l’âme puisse renaître dans ma Volonté éternelle – même ceux qui étaient putréfiés et rendus comme des cadavres par la volonté humaine. Et quand j’ai pris des cordes pour chasser les profanateurs du temple, c’est la volonté humaine que je chassais pour que ma Volonté puisse entrer, régner et dominer, et qu’ils puissent être véritablement riches dans leur âme et plus jamais sujets à la pauvreté naturelle. Et même lorsque, triomphant, j’entrais à Jérusalem parmi le triomphe des foules, entouré d’honneur et de gloire, c’était le triomphe de ma Volonté que j’établissais dans le peuple.

            Il n’y a pas un seul acte accompli sur terre dans lequel je ne plaçais ma Volonté comme acte premier à être établi à nouveau parmi les créatures, parce que c’est à cela que je tenais le plus. Sinon, si en tout ce que j’ai fait et souffert je n’avais pas le Royaume du Fiat suprême comme acte premier à être restauré parmi les créatures – ma venue sur la terre aurait amené aux générations la moitié d’un bien – non pas un bien complet, et la gloire de mon Père céleste n’aurait pas été complètement réintégrée par moi. En fait, comme ma Volonté est à l’origine de chaque bien et la seule raison de la Création et de la Rédemption, elle est par conséquent l’accomplissement ultime de toutes mes œuvres. Sans elle, nos plus belles œuvres restent dans un cadre et inachevé, parce que ma Volonté seule est la couronne de nos œuvres et le sceau que notre œuvre est accomplie. Par conséquent, pour l’honneur et la gloire de l’œuvre même de Rédemption, elle devait avoir, comme acte premier, le dessein du Royaume de ma Volonté.

            Après quoi je commençais ma ronde dans la Divine Volonté et en entrant dans l’Éden terrestre où Adam avait fait le premier acte de retrait de sa volonté de la Divine Volonté, je dis à mon doux Jésus : « Mon Amour, je veux annihiler ma volonté dans la tienne pour qu’elle ne puisse jamais avoir de vie et que ta Volonté puisse avoir la vie en toute chose et à jamais, afin de réparer le premier acte d’Adam et de rendre toute la gloire à ton Vouloir suprême comme si Adam ne s’en était jamais retiré. Oh ! combien je veux lui rendre l’honneur qu’il a perdu en faisant sa propre volonté et en rejetant la vôtre ! Et je veux faire cet acte autant de fois que toutes les créatures ont fait leur propre volonté - cause de tous les maux - et ont rejeté la vôtre, origine et source de tous les biens. Je prie par conséquent que le Royaume du Fiat suprême puisse venir bientôt afin que tous, depuis Adam jusqu’à toutes les créatures qui ont fait leur propre volonté, puisse recevoir l’honneur et la gloire qu’elles ont perdus et que votre Volonté puisse recevoir le triomphe, la gloire et son accomplissement. » Je disais cela lorsque mon très grand Bien, Jésus, ému et touché, rendit présent devant moi mon premier père Adam et lui laissa dire lui-même, avec beaucoup d’amour : « Bienheureuse fille, finalement, mon Seigneur Dieu, après tant de siècles, a donné la lumière du jour à celle qui devait penser à me rendre l’honneur et la gloire que j’avais perdus, hélas, en faisant ma volonté. Combien je sens mon bonheur redoublé. Jusqu’à présent, personne n’avait pensé à me rendre cet honneur perdu. Je remercie donc profondément Dieu de t’avoir donné le jour et je te remercie, toi, ma très chère fille, de prendre l’engagement de rendre à Dieu la gloire comme si sa Volonté n’avait jamais été offensée par moi, et à moi le grand honneur que le Royaume du Fiat suprême soit établi de nouveau parmi les générations humaines. Il est juste que je te donne la place qui m’avait été destinée comme première créature sortie des mains de notre Créateur. »

             Après quoi, mon aimable Jésus, me serrant contre lui me dit : Ma fille, non seulement Adam, mais le ciel tout entier attend tes actes dans ma Volonté afin de recevoir l’honneur que la volonté humaine leur a enlevé. Tu dois savoir que j’ai placé en toi plus de grâces que je n’en ai mis en Adam afin que ma Volonté puisse te posséder et te dominer avec triomphe et que la tienne puisse se sentir honorée de ne jamais avoir vie et de céder la place à ma Volonté. Je n’avais pas placé en Adam mon Humanité pour lui donner secours et force, et comme cortège de ma Volonté, parce que je ne l’avais pas encore. Mais j’ai placé mon Humanité en toi pour te procurer tout le secours nécessaire afin que ta volonté puisse rester à sa place et que la mienne puisse régner et, avec toi, suivre tes rondes dans mon éternel Vouloir afin d’établir son Royaume.

            En entendant cela, surprise, je lui dis : « Mon Jésus, que dis-tu là ? Il me semble que tu veux me tenter et te moquer de moi. Comment est-il possible que tu aies placé plus de grâces en moi qu’en Adam ? Et Jésus répondit : Certainement, certainement, ma fille. Il fallait que ta volonté soit soutenue par une autre Humanité divine afin de ne pas chanceler, mais de rester ferme dans ma Volonté. Aussi, je ne me moque pas de toi, mais je te dis cela pour que tu correspondes à moi et sois attentive.

 

29 octobre 1926 - Comment dans toutes les choses créées Dieu à centralisé son amour envers l’homme. Effusion d’amour dans sa Création. Comment le Fiat a fait vivre l’homme dans les reflets de son Créateur.

            Je poursuivais ma ronde dans la Création afin de suivre chaque acte de la Volonté suprême en chaque chose créée ; et mon toujours aimable Jésus sortit de mon intérieur pour m’accompagner à travers tout l’espace de la voûte des cieux. Et en arrivant à chaque chose créée, Jésus avait des sursauts de joie et d’amour. Puis, en s’arrêtant, il me dit : Ma fille, j’ai créé les cieux et j’ai centralisé mon amour pour l’homme dans les cieux ; et afin de lui donner un plus grand délice, je les ai constellés d’étoiles. Je n’aimais pas les cieux, mais l’homme dans les cieux, et c’est pour lui que je les ai créés. Combien mon amour était grand et fort en étendant cette voûte azurée par-dessus la tête de l’homme, ornée des plus étincelantes étoiles, comme un pavillon tel que ni les rois ni les empereurs ne peuvent en avoir de semblable. Mais je ne me suis pas contenté de centraliser mon amour pour l’homme dans les cieux, qui devaient lui servir de pur délice. Voulant avoir mon délice d’amour avec lui, j’ai voulu créer le soleil en centralisant tant d’amour pour l’homme dans ce soleil. J’aimais l’homme dans le soleil – et non le soleil, c’est pourquoi j’ai placé en lui un amour de nécessité parce que le soleil était nécessaire à la terre, ayant à servir les plantes et le bien-être de l’homme ; amour de lumière, qui devait l’illuminer ; amour de feu, qui devait le réchauffer ; et tous les effets que produit cette sphère et qui sont innombrables – un miracle continuel placé dans la voûte des cieux, qui descend avec sa lumière pour le bien de tous. J’ai centralisé tant de spécialités d’amour envers l’homme dans le soleil pour tous les biens et les effets qu’il produit. Oh ! si au moins les créatures prêtaient attention à mon amour que leur apporte le soleil, combien je me sentirais payé de retour pour le grand amour que j’ai placé dans ce divin conteur et porteur de mon amour et de ma lumière. Tandis que ma Volonté suprême opérait en se constituant vie de toutes les choses créées afin de se donner elle-même à travers elles comme vie aux générations humaines, mon amour, par mon éternel Fiat, se centralisa lui-même pour aimer l’homme. Ainsi, dans chaque chose créée – dans le vent, dans la mer, dans la petite fleur, dans le petit oiseau qui chante – en toutes choses, je centralisais mon amour pour que chaque chose puisse lui apporter l’amour. Mais pour entendre, comprendre et recevoir ce langage d’amour, l’homme était censé m’aimer ; autrement, toute la Création resterait comme muette et sans vie pour lui. Après avoir créé toutes choses, j’ai formé la nature de l’homme avec mes propres mains créatrices ; et en formant les os, le cœur, j’ai centralisé mon amour. Et après l’avoir revêtu de chair, formant la plus belle statue qu’aucun autre artisan n’aurait jamais pu faire, je l’ai regardé, et je l’ai tellement aimé, qu’incapable de contenir mon amour, il déborda ; et en soufflant sur lui, je lui infusais la vie. Mais nous n’étions pas encore satisfaits. Dans un excès d’amour, la sacro-sainte Trinité voulut le doter en lui donnant l’intellect, la mémoire et la volonté ; et selon sa capacité de créature, nous l’avons enrichi de toutes les particules de notre Être divin. La Divinité tout entière était résolue à aimer l’homme et à se déverser en lui. Dès le premier instant de sa vie, il a ressenti toute la force de notre amour et du tréfonds de son cœur, il exprima, de sa propre voix, son amour pour son Créateur.

            Oh ! combien nous étions heureux d’entendre notre œuvre, la statue que nous avions faite, parler, nous aimer – et d’un amour parfait ! C’était le reflet de notre amour qui sortait de lui. Cet amour n’avait pas été contaminé par sa volonté et, par conséquent, son amour était parfait parce qu’il possédait la plénitude de notre amour. Jusqu’alors, de toutes les choses créées par nous, aucune ne nous avait encore dit qu’elle nous aimait. En entendant que l’homme nous aimait, notre joie, notre satisfaction, étaient si grandes que pour l’accomplissement de notre fête, nous l’avons constitué roi de tout l’univers et le plus magnifique joyau de nos mains créatrices. Combien l’homme était beau dans les premiers temps de sa création. Il était notre reflet, et ces reflets lui donnaient une beauté propre à ravir notre amour et le rendaient parfait dans tous ses actes : parfaite était la gloire qu’il rendait à son Créateur ; parfaite son adoration, parfait son amour, parfaites ses œuvres. Sa voix était si harmonieuse qu’elle résonnait dans toute la Création, parce qu’il possédait la divine harmonie et celle de ce Fiat qui lui avait donné la vie. Tout en lui était ordre parce que notre Volonté lui apportait l’ordre de son Créateur ; cela le rendait heureux et le faisait grandir dans notre ressemblance et selon nos paroles : ‘Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance.’ Chacun de ses actes, accomplis dans l’unité de la lumière du Fiat suprême, était une nuance de beauté divine qu’il acquérait. Chacune de ses paroles était une note harmonieuse de plus qui résonnait. Tout en lui était amour ; en toutes choses, il chantait les louanges de notre gloire, de notre puissance et de notre sagesse infinie ; et toutes choses – les cieux, le soleil et la terre – lui apportaient les joies, le bonheur et l’amour de celui qui l’avait créé.

            Si vous pouviez former une statue la plus belle possible et que vous vous déversiez tout entier, lui donnant toutes les humeurs vitales, et si avec l’empire de votre amour vous lui donniez la vie – combien ne l’aimeriez-vous pas ? Et combien ne voudriez-vous pas qu’elle vous aime ? Quelle serait votre jalousie d’amour pour qu’elle reste tout entière à votre disposition, et sans tolérer qu’un seul battement de son cœur ne soit pour vous ? Ah ! vous vous verriez vous-même dans votre statue, et par conséquent, à chaque petite chose qui ne serait pas faite pour vous, vous ressentiriez en vous-même un déchirement. Tel est mon cas. Tout ce que la créature ne fait pas pour moi est un déchirement que je ressens ; plus encore, puisque la terre qui soutient la créature est mienne, le soleil qui l’illumine et la réchauffe est à moi, l’eau qu’elle boit, la nourriture qu’elle prend m’appartiennent. Tout est à moi –  elle vit à mes dépens et alors que je lui donne tout, elle – la magnifique statue – n’est pas pour moi. Quels doivent être alors le chagrin, l’affront et l’offense que cette statue me cause ? Penses-y toi-même, ma fille. Or, tu dois savoir que seule ma Volonté peut me rendre ma statue aussi belle que je l’ai faite, parce que ma Volonté est préservatrice de toutes nos œuvres, porteuse de tous nos reflets, de telle sorte que l’âme qui vit de nos reflets, si elle aime, ma Volonté lui administre la perfection de notre amour, si elle travaille, la perfection de nos œuvres. En somme, tout ce qu’elle fait dans ma Volonté est parfait, et cette perfection lui donne tant de nuances de beautés différentes propres à charmer le Créateur qui l’a formée. C’est pourquoi je désire tellement que le Fiat suprême soit connu et forme son Royaume parmi les générations humaines – pour rétablir l’ordre entre le Créateur et la créature, et revenir mettre nos biens en commun avec elle. Et seule notre Volonté a ce pouvoir ; sans elle, il ne peut y avoir beaucoup de bien, et notre statue ne peut pas non plus nous revenir aussi belle qu’elle est sortie de nos mains créatrices.

 

1er novembre 1926 - Ce que le Fiat suprême fait en chaque chose créée, et les leçons qu’il donne aux créatures pour venir régner parmi elles.

            Je faisais ma ronde habituelle dans la Création afin de pouvoir aimer et glorifier comme le divin Fiat lui-même aime et glorifie dans toutes les choses créées. Et je me disais : « Mon doux Jésus m’a fait parcourir toute la Création comme pour atteindre sa Volonté dans tous ses actes et lui tenir compagnie pour lui donner un de mes ‘Je vous aime, Je vous remercie, Je vous adore’ et demander que son Royaume vienne bientôt. Mais je ne sais pas tout ce que ce divin Vouloir fait en chaque chose créée ; je voudrais le savoir afin que mon acte puisse être un avec le ciel. »

            Je pensais cela lorsque mon toujours aimable Jésus, toute bonté, sortit de mon intérieur et me dit : Il est juste que la petite fille de ma Volonté sache ce que fait celui qui est à son origine. Tu dois savoir que mon Fiat éternel ne remplit pas seulement toute la Création et qu’il est la vie de chaque chose créée, mais conserve aussi toutes nos qualités répandues dans la Création tout entière. En fait, la Création devait servir de paradis terrestre à la famille humaine, et devait être par conséquent l’écho des béatitudes et des bonheurs du ciel. Si elle ne contenait pas les joies et les satisfactions de la Patrie céleste, comment pourrait-elle former le bonheur de la patrie terrestre ? D’autant plus que la Volonté étant une – ce qui béatifiait et le ciel et ce qui devait rendre heureuse la terre ne faisait qu’un. Si tu veux savoir ce que ma Volonté fait dans les cieux – dans cet azur qui apparaît toujours ferme et étendu par-dessus votre tête, il n’y a pas un point où il n’est pas possible de voir les cieux ; de jour comme de nuit, ils restent toujours à leur place. Ainsi, notre Volonté garde étendue notre éternité, notre fermeté qui jamais ne change ; elle demeure toujours en parfait équilibre sans jamais changer à cause des circonstances. Et en aimant et glorifiant notre éternité, notre Être immuable, elle rend la terre heureuse et dit à l’homme : ‘Regarde – et prends comme modèle les cieux qui sont toujours étendus au-dessus de toi. Sois toujours ferme dans le bien, tout comme je suis toujours étendu ici pour te protéger afin que toi aussi, comme un deuxième ciel peuplé d’étoiles – qui à tes yeux semblent si bien reliées aux cieux que l’on peut dire que les étoiles sont filles des cieux – pour que tu sois également ferme dans le bien, et que les cieux de ton âme soient constellés d’étoiles comme d’autant de filles nées de toi.’

            Aussi, en faisant une ronde dans la Création, lorsque tu arrives aux cieux, toi aussi, unie avec notre Volonté, aime et glorifie notre éternité, notre Être inébranlable qui jamais ne change et prie afin qu’il puisse rendre les créatures fermes dans le bien, qu’elles puissent être le reflet des cieux et jouir du bonheur apporté par un bien continu et jamais interrompu. Ensuite, poursuivant ta ronde dans l’espace de la Création, tu arriveras au soleil, une sphère qui est plus près de la terre que les cieux pour apporter aux créatures la source du bonheur terrestre et les images des béatitudes et des saveurs de bonheur de la Patrie céleste.

            Veux-tu savoir ce que ma Volonté fait dans le soleil ? Elle glorifie notre lumière infinie, nos innombrables saveurs ; elle aime et glorifie l’infinité de notre douceur, les indescriptibles nuances de nos beautés ; et avec sa chaleur, il fait écho à notre amour immense. Oh ! comme le soleil chante nos louanges, aime et glorifie notre Être divin ! Tout comme notre Divinité, dévoilée, béatifie toute la Patrie céleste par des actes toujours nouveaux, de la même manière, le soleil, écho fidèle de son Créateur, céleste porteur de la suprême Majesté, voilé par sa lumière dans laquelle ma Volonté domine et règne, apporte le bonheur terrestre à la terre. Il apporte sa lumière et sa chaleur ; il apporte douceur et saveurs, presque innombrables, aux plantes, aux herbes, aux fruits ; il apporte couleur et fragrance aux fleurs, et tant de différentes nuances de beauté propres à ravir et embellir toute la nature. Oh ! combien le soleil – ou plutôt ma Volonté dans le soleil – à travers les plantes, les fruits et les fleurs, offre un véritable bonheur terrestre aux générations humaines. Et si elles n’en profitent pas pleinement, c’est parce qu’elles se sont écartées de cette Volonté qui règne dans le soleil ; et la volonté humaine, en s’opposant à la divine, brise son bonheur. Et ma Volonté, voilée dans la lumière du soleil, aimant et chantant les louanges de nos divines qualités, du haut de sa sphère, dit à l’homme : ‘En tout ce que tu fais, sois toujours lumière, tout comme moi, pour que la lumière puisse te convertir entièrement en chaleur et que tu puisses devenir telle une flamme d’amour pour ton Créateur. Regarde-moi : en étant toujours lumière et chaleur, je possède la douceur ; si bien que je la communique aux plantes, et des plantes à toi. Toi aussi, en étant toujours lumière et chaleur, tu posséderas la douceur divine ; tu n’auras plus d’amertume ni de colères dans le cœur ; tu posséderas les saveurs et les différentes nuances de beauté de l’Être suprême. Tu seras un soleil comme moi ; de plus, puisque Dieu m’a fait pour toi et que tu as été faite pour lui, il est par conséquent juste que tu sois plus soleil que moi.’

            Vois, ma fille, combien de choses tu dois faire unie à ma Volonté dans cette sphère du soleil. Tu dois chanter les louanges, l’amour et la gloire de notre lumière, de notre amour, de notre infinie douceur, de nos innombrables saveurs et de notre incompréhensible beauté. Et tu dois demander pour les créatures toutes les divines qualités que contient le soleil afin qu’en trouvant ces qualités parmi elles, ma Volonté puisse venir régner sans voile, avec son triomphe complet parmi les générations humaines.

            Et maintenant, ma fille, descendons dans la partie basse de la terre ; allons dans la mer où s’accumulent les masses immenses d’eau cristalline – symbole de la pureté divine. Ces eaux sont toujours en mouvement – elles n’arrêtent jamais. Elles sont sans voix, et elles murmurent ; elles sont sans vie, mais puissantes au point de former des vagues si hautes qu’elles submergent et détruisent des navires, des gens et des choses, envahissant leurs rives après avoir renversé les choses qu’elles recouvrent – et, paisiblement, comme si elles n’avaient rien fait, continuent leur murmure habituel. Oh ! comme ma Volonté dans la mer chante les louanges, aime et glorifie notre puissance, notre force, notre mouvement éternel qui jamais ne s’arrête. Et si notre justice forme ses justes vagues mugissantes pour renverser cités et gens, comme une mer paisible après la tempête, notre paix n’est jamais troublée, et ma Volonté, voilée par les eaux de la mer, dit à l’homme : ‘Sois pur comme ces eaux cristallines. Mais si tu veux être pur, va toujours vers le ciel, sinon tu vas te putréfier, tout comme ces eaux très pures se putréfieraient si elles n’étaient pas toujours en mouvement. Que le murmure de la prière soit continuel si tu veux être fort et puissant comme moi – si tu veux renverser les ennemis les plus forts et ta volonté rebelle qui m’empêchent de me dévoiler et de sortir de cette mer pour venir régner et étendre en toi la mer paisible de ma grâce. Est-il possible que tu veuilles rester en dessous de cette mer qui me glorifie tant ?’ Toi aussi, créature, chante les louanges, aime et glorifie notre pureté, notre puissance, notre force et notre justice, en restant unie à ma Volonté qui t’attend dans la mer comme sa propre fille ; ainsi que notre mouvement éternel envers les créatures pour leur bien, et que le murmure continue de notre amour à travers les choses créées, qui, en murmurant son amour, veut le retour du murmure d’amour continu des créatures. Et prie ma Volonté de leur donner les qualités divines qu’elle exerce dans la mer, pour qu’elle puisse venir régner parmi celles qui la rejettent maintenant dans toute la Création. Si tu veux savoir ce que ma Volonté fait dans toute la Création, parcours-la, et mon Fiat, trouvant sa fille dans toutes les choses créées, se dévoilera et te dira ce qu’il fait pour la divine Majesté, ainsi que l’appel et les leçons qu’il veut donner aux créatures.

 

2 novembre 1926 - Cacher ses actes dans les actes de la Maman céleste. Comment la Rédemption ne servira plus de nourriture aux malades, mais d’aliment aux créatures en bonne santé.

            Je continuais ma vie dans le divin Fiat et en faisant mes actes en lui, j’absorbais la lumière ; et alors qu’il formait ses reflets, de nombreux fils de lumière en sortaient qui formaient un filet de lumière par-dessus la terre pour attraper les créatures. Et Jésus, se manifestant en moi, me dit : Ma fille, chaque fois que tu fais ta ronde dans ma Volonté, tu acquiers plus de lumière pour former le filet avec lequel je prends les créatures. Et sais-tu ce qu’est ce filet ? Il est formé de mes connaissances. Plus je te manifeste de connaissances sur mon Fiat éternel, plus je dispose et étends le filet servant à prendre les âmes qui doivent vivre dans mon Royaume ; et cela dispose le Seigneur à te les donner. Lorsque tu fais ta ronde dans notre Volonté, en vertu de cette Volonté, tes actes deviennent lumière et s’étendent jusqu’à toucher la Divinité et à attirer plus de lumière de vérité parmi les créatures.

            Puis, poursuivant ma ronde en tout ce qui fut fait dans la suprême Volonté, j’arrivai à tout ce que ma céleste Maman y avait fait et je lui dis : « Reine souveraine, je viens cacher mon petit amour dans la grande mer de votre amour, mon adoration envers Dieu dans l’immense océan du vôtre. Je cache mes actions de grâces dans la mer des vôtres ; je cache mes supplications, mes soupirs, mes larmes et mes souffrances dans la mer des vôtres, afin que ma mer d’amour et la vôtre soient une, mon adoration et la vôtre soient une, que mes actions de grâces acquièrent l’immensité des vôtres ; que mes supplications, mes larmes et mes souffrances puissent devenir une seule mer avec la vôtre, afin que je puisse moi aussi avoir mes mers d’amour, d’adoration, etc. Et que tout comme votre souveraine Grandeur demandait ainsi le Rédempteur tant attendu, je puisse moi aussi me présenter devant la divine Majesté, avec toutes ces mers, pour demander, supplier, implorer le Royaume du Fiat suprême. Ma Maman Reine, je dois utiliser votre propre vie, vos propres mers d’amour et de grâces pour faire la conquête du Fiat et lui faire concéder son Royaume sur la terre, tout comme vous l’avez conquis pour faire descendre le Verbe éternel. Ne voulez-vous pas aider votre petite fille en lui donnant vos mers afin que je puisse obtenir que le Royaume du Fiat suprême vienne bientôt sur la terre ?

            Tout en faisant et en disant cela, je me disais : « Ma céleste Maman n’a pas cherché ni manifesté beaucoup d’intérêt pour le Royaume du Fiat suprême afin qu’il puisse régner sur la terre. Son intérêt se portait sur le Rédempteur tant attendu, et elle l’a obtenu. Quant au divin Fiat, qui était plus nécessaire, et qui devait rétablir un ordre parfait entre le Créateur et la créature, elle ne s’en préoccupa pas ; elle devait, comme Reine et Mère, réconcilier la volonté humaine et la  Volonté Divine pour que celle-ci puisse régner et triompher pleinement. »

            À ce moment, mon toujours aimable Jésus se manifesta en moi et, toute bonté, il me dit : Ma fille, la mission de mon inséparable Maman concernait le Rédempteur tant attendu, et elle l’a remplie parfaitement. Cependant, tu dois savoir que la substance, la source et la cause première de tout ce que nous avons fait elle et moi, c’était le Royaume de ma Volonté. Mais comme la Rédemption était nécessaire pour que cela arrive, même si le Royaume du Fiat était dans nos actes, extérieurement, nous nous occupions essentiellement du Royaume de Rédemption. Par contre, ta mission est exclusivement en vue du Royaume de la suprême Volonté, et tout ce que la Reine souveraine et moi avons fait est à ta disposition pour t’aider et te permettre avoir accès à la divine Majesté afin de demander sans cesse la venue du Royaume du Fiat éternel. Il aurait fallu, pour recevoir le bien du Rédempteur tant attendu, que tu fasses ta part ; mais comme à cette époque tu n’étais pas là, ma Maman était là pour toi. À présent, tu dois être là pour elle, et sa part, pour le Royaume de ma Volonté. Ainsi, la Maman était là pour la fille, et la fille est là pour la Maman. De plus, comme la Reine du ciel fut la première fille de ma Volonté, et parce qu’elle a toujours vécu dans notre espace, elle a formé ses propres mers d’amour, de grâce, d’adoration et de lumière. À présent que tu es la seconde fille de ma Volonté, ce qui est à elle est à toi, parce que ta Maman te garde comme une naissance sortie d’elle-même et elle se réjouit de voir sa fille dans ses propres mers pour demander le Royaume tant attendu du divin Fiat sur la terre. Par conséquent, vois combien ta Maman te soutient en te donnant tout ce qu’elle a ; mieux encore, elle se sent honorée que ses mers immenses puissent te servir à demander un Royaume si saint.

            Après quoi je suivis dans la Divine Volonté ce que Jésus avait fait dans la Rédemption, et mon doux Jésus revint et ajouta : Ma fille, ma Rédemption est venue comme un remède pour l’homme, et il sert par conséquent de médecine, de nourriture, pour les malades, les aveugles, les muets, et pour toutes sortes de maladies. Et parce que les hommes sont malades, ils ne peuvent ni prendre ni recevoir toute la force que contiennent tous les remèdes que je leur ai apportés pour leur bien. Le Sacrement eucharistique que je leur ai laissé en nourriture pour une santé parfaite, beaucoup le mangent encore et encore, mais paraissent toujours malades. Pauvre nourriture de ma propre Vie, cachée sous les voiles des accidents du pain – combien de palais corrompus, combien d’estomacs paresseux qui empêchent les créatures de goûter ma nourriture et de digérer toute la force de ma Vie sacramentelle. Aussi, elles restent infirmes et fiévreuses, et prennent cette nourriture sans appétit. C’est pourquoi je désire tellement que vienne sur la terre le Royaume du Fiat suprême – parce qu’alors, tout ce que j’ai fait en venant sur la terre servira de nourriture à celles qui sont en parfaite santé. Quelle n’est pas la différence entre une personne malade qui prend la même nourriture, et une autre qui jouit d’une santé parfaite ? Celle qui est infirme la prend sans appétit, sans goût, et elle lui permet de se soutenir et de ne pas mourir. La personne en bonne santé mange avec appétit et parce qu’il y prend plaisir, elle en reprend et se maintient forte et en bonne santé. Aussi, quelle ne sera pas ma satisfaction en voyant que, dans le Royaume de ma Volonté, tout ce que j’ai fait ne servira plus de nourriture aux malades, mais d’aliment aux enfants de mon Royaume, qui seront tous pleins de vigueur et en parfaite santé ! De plus, en possédant ma Volonté, ils auront en eux ma Vie permanente, tout comme les Bienheureux la possèdent dans le ciel. Ainsi, ma Volonté sera le voile qui cachera ma vie en eux. Et tout comme les Bienheureux me possèdent en eux-mêmes comme leur propre vie, parce que le bonheur véritable a son origine dans l’âme, et que le bonheur qu’ils reçoivent continuellement de la Divinité est semblable à leur bonheur intérieur, ce pourquoi ils sont toujours heureux, de la même manière, l’âme qui possède ma Volonté aura en elle-même ma vie pérenne qui lui servira de nourriture continuelle – et non pas une fois par jour comme la nourriture de ma vie sacramentelle. En fait, ma Volonté ne va pas se satisfaire de se donner une fois par jour, mais continuellement, car elle sait que ceux qui ont un palais pur et un estomac solide peuvent goûter et digérer à tout moment la force, la lumière, la vie divine. Et les Sacrements, ma vie sacramentelle, serviront d’aliment et de bonheur nouveau à la vie du Fiat suprême qu’ils posséderont.

            Le Royaume de ma Volonté sera l’écho véritable de la Patrie céleste où, tandis que les Bienheureux possèdent leur Dieu comme leur propre vie, ils le recevront en eux de l’extérieur. Ainsi, ils possèdent en eux-mêmes la vie divine et ils la reçoivent de l’extérieur. Quelle ne sera pas ma joie de me donner sacramentellement aux enfants du Fiat éternel et de trouver en eux ma propre vie ? Ma vie sacramentelle aura alors son fruit complet et, les espèces consommées, je n’aurais plus la peine de laisser mes enfants sans la nourriture de ma vie continuelle, parce que ma Volonté, plus que les accidents sacramentels, maintiendra toujours sa vie divine dans sa pleine possession. Dans le Royaume de ma Volonté, il n’y aura pas interruption, mais permanence de nourriture et de communion ; et tout ce que j’ai fait dans la Rédemption ne servira plus de remède, mais de délices, de joie, de bonheur, et de beauté toujours plus grands. Ainsi, le triomphe du Fiat suprême donnera pleinement fruit ou Royaume de Rédemption.

 

3 novembre 1926 - Plus une âme a vécu dans la Divine Volonté sur la terre, plus elle a ouvert de voies pour recevoir des suffrages au Purgatoire. Plus une âme possède de Divine Volonté, plus ses prières, ses œuvres et ses souffrances ont de la valeur.

            Je continue à vivre tout abandonnée dans l’adorable Volonté et tout en priant, je me disais : « Comme je voudrais descendre dans les prisons des âmes pénitentes pour les libérer toutes, et dans la lumière de la Volonté éternelle, les amener toutes dans la Patrie céleste. » À ce moment, mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, plus les âmes qui sont passées dans la vie future ont été soumises à ma Volonté et plus elles y ont accompli leurs actes, plus elles se sont constitué des voies pour recevoir des suffrages de la terre. Si elles ont accompli ma Volonté, formant ainsi des chemins de communication pour les biens présents dans l’Église et qui m’appartiennent, aucun de ces chemins ne manquera de leur apporter un soulagement, une prière, ou une diminution de peine. Les suffrages empruntent ces chemins royaux de ma Volonté pour apporter à chaque âme le mérite, le fruit et le capital qu’elle a formé pour elle-même dans ma Volonté. Par conséquent, sans ma Volonté, il n’y a pas de voies ni de moyens pour recevoir des suffrages. Même si les suffrages et tout ce que fait l’Église descendent toujours dans le Purgatoire, ils vont vers celles qui se sont formé des chemins. Pour les autres, celles qui n’ont pas fait ma Volonté, les voies sont fermées ou n’existent pas du tout ; et si ces âmes ont été sauvées, c’est parce qu’au moins au moment de la mort, elles ont reconnu le règne suprême de ma Volonté, qu’elles l’ont adorée et qu’elles s’y sont soumises – et c’est ce dernier acte qui les a sauvées ; autrement, elles n’auraient pas pu être sauvées. Pour l’âme qui a toujours fait ma Volonté, il n’y a pas de voies vers le Purgatoire – son chemin mène tout droit au Ciel. Et celle qui a reconnu ma Volonté et s’y est soumise, non pas toujours et en toutes choses, mais en grande part, elle a formé pour elle-même tant de voies et elle reçoit tellement que le Purgatoire l’envoie rapidement au Ciel.

            Tout comme les âmes pénitentes devaient former leurs voies pour recevoir des suffrages, les âmes pèlerines doivent faire ma Volonté pour former leurs voies et que leurs suffrages descendent au Purgatoire. Si elles forment des suffrages en étant loin de ma Volonté, comme il leur manque la communication avec ma Volonté qui seule unit et réunit, leurs suffrages ne trouveront pas de voies pour monter, leurs pieds pour marcher, leur force pour apporter un soulagement. Ce seront des suffrages sans vie parce qu’il leur manque la vie de ma Volonté qui seule a la vertu de donner vie à tous les biens. Plus l’âme possède ma Volonté, plus ses prières, ses œuvres, ses souffrances ont de la valeur, et elle peut ainsi apporter un soulagement à ces âmes blessées. Je mesure et donne de la valeur à tout ce que l’âme peut faire en fonction de ma Volonté qu’elle possède. Si ma Volonté court dans tous ses actes, la mesure que je prends est immense ; mieux encore, je cesse de mesurer et lui accorde tant de valeur que son poids ne peut être calculé. Par contre, pour l’âme qui n’accomplit guère ma Volonté, la mesure est faible et la valeur de peu d’importance. Et pour celle qui ne fait pas du tout ma Volonté, je n’ai ni mesure ni valeur à donner. Par conséquent, si elles n’ont pas de valeur, comment peuvent-elles apporter un soulagement à ces âmes qui, au Purgatoire, ne reconnaissent rien et ne peuvent rien recevoir, excepté ce que produit mon Fiat éternel. Mais sais-tu qui peut apporter tous les soulagements, la lumière qui purifie, l’amour qui transforme ? Celle qui possède la vie de ma Volonté en toutes choses et en qui elle domine triomphalement. Cette âme n’a même pas besoin de chemins, parce qu’en possédant ma Volonté, elle a droit à tous les chemins. Elle peut aller partout parce qu’elle possède en elle la voie royale de ma Volonté pour se rendre dans cette profonde prison et apporter à tous soulagements et libération. D’autant plus qu’en créant l’homme, nous lui avons donné notre Volonté en héritage spécial et que nous reconnaissons tout ce qu’il a fait dans les limites de l’héritage dont nous l’avons doté. Rien ne peut être reconnu ni autorisé à entrer dans le Ciel qui n’a pas été fait par les créatures, soit dans notre Volonté, ou tout au moins afin de l’accomplir. Comme la Création est sortie de notre Fiat éternel, notre Volonté, jalouse, n’autorise aucun acte à rentrer dans la Patrie céleste qui ne soit passé par son Fiat. Oh ! si tous savaient ce que signifie la Volonté de Dieu et comment toutes les œuvres, même celles qui semblent bonnes, mais sont vides de ma Volonté, sont des œuvres vides de lumière, vides de valeur, vides de vie ; et les œuvres sans lumière, sans valeur et sans vie n’entrent pas au Ciel. Oh ! comme ils seraient attentifs à faire ma Volonté en toute chose et à jamais !

 

4 novembre 1926 - Comment la Très Sainte Vierge était la copie fidèle de son Créateur et de toute la Création. Comment la Divine Volonté a la vertu de changer les gouttes d’eau en mer. La Divine Volonté voilée dans les choses créées.

            J’étais dans mon état continuel dans la suprême Volonté, priant ma Maman Reine de m’aider à demander ce Royaume du Fiat éternel ; et mon doux Jésus, se manifesta en moi et me dit : Ma fille, la copie la plus parfaite des enfants du Royaume de ma Volonté fut ma céleste Maman ; et parce que mon Royaume avait en elle sa première fille, la Rédemption est venue ; autrement, si nous n’avions pas eu la première fille de notre Volonté, moi, le Verbe éternel, ne serais jamais descendu du Ciel. Pour descendre sur la terre, je n’aurais jamais pu faire confiance à des enfants étrangers à notre Volonté. Ainsi, tu vois qu’il fallait une fille de notre Volonté pour la venue du Royaume de Rédemption, et parce qu’elle était fille du Royaume du Fiat éternel, elle était la copie fidèle de son Créateur et la copie parfaite de toute la Création. Elle devait enclore tous les actes que la suprême Volonté exerce dans toutes les choses créées, et parce qu’elle avait la suprématie et la souveraineté sur toute la Création, elle devait enclore en elle-même les cieux, les étoiles, le soleil et toute chose, afin que la copie des cieux, du soleil, de la mer, et également de la terre tout en fleurs, puissent se trouver dans sa souveraineté. Aussi, en regardant ma Maman, on pouvait voir en elle des prodiges jusqu’alors inconnus. On pouvait voir des cieux, on pouvait voir un soleil resplendissant, on pouvait voir une mer de cristal où nous nous reflétions pour voir notre fille. On pouvait voir la terre au printemps, toujours florissante, qui attirait le céleste Créateur pour s’y promener. Oh ! que notre céleste Souveraine était belle, en qui nous ne voyions pas seulement notre copie, mais toutes nos œuvres ! Et ceci parce qu’elle avait en elle notre Volonté.

            Or, pour la venue du Royaume du Fiat suprême, il fallait une autre fille de notre Volonté, parce que si elle n’était pas notre fille, notre Volonté ne pouvait pas lui confier ses secrets, ni ses peines, ni ses connaissances, ses prodiges, sa sainteté, son empire. Tout comme un père et une mère se réjouissent de faire connaître leurs biens à leurs enfants et de leur en donner la possession – plus encore, ils voudraient posséder davantage pour les rendre encore plus riches et heureux – ma Volonté se réjouit de faire connaître ses biens à ses enfants pour les rendre riches et heureux, d’un bonheur sans fin. Or, dans le Royaume du Fiat suprême, nous aurons les copies de la Reine souveraine. Elle aussi soupire après ce divin Royaume sur la terre pour avoir ses copies. Quel magnifique Royaume ce sera – un Royaume de lumière, de richesses infinies, un Royaume de sainteté et de règne parfaits. Nos enfants de ce Royaume seront tous des rois et des reines ; ils seront tous membres de la famille divine et royale. Ils renfermeront en eux toute la Création ; ils auront la ressemblance, la physionomie de notre Père céleste et seront par conséquent l’accomplissement de notre gloire et la couronne sur notre Tête.

            Je pensais à ce que Jésus m’avait dit et je me disais : « Avant de savoir qu’elle allait être la Mère du Verbe, ma Mère n’avait ni souffrance ni tristesse, et vivant dans les domaines de la suprême Volonté, elle était heureuse. Par conséquent, parmi les nombreuses mers qu’elle possédait, il n’y avait pas de mer des douleurs. Cependant, sans cette mer de souffrance, elle demanda le Rédempteur tant attendu. » Et Jésus, reprenant la parole, ajouta : Ma fille, même avant de savoir qu’elle allait être ma Mère, ma chère Maman avait sa mer de douleur, et cette mer était les offenses faites à son Créateur. Oh ! combien elle en souffrait. Et cette souffrance était animée par une Divine Volonté qu’elle possédait et qui contient la vertu d’une source qui est celle de changer tout ce qui est fait en elle – les plus petites choses, les gouttes d’eau même – en mer infinie. Ma Volonté ne sait pas faire de petites choses, mais seulement de grandes. Et cela est si vrai qu’il nous suffit d’ouvrir notre bouche et de dire un Fiat pour étendre un ciel dont on ne voit pas les limites, un Fiat pour former un soleil qui inonde la terre entière de lumière, et bien d’autres choses. Cela explique clairement que si ma Volonté opère ou investit un atome, un petit acte, cet atome, ce petit acte, devient une mer. Et si ma Volonté s’abaisse à faire de petites choses, elle compense par sa vertu régénératrice en les faisant en si grand nombre que personne ne parvient à les compter toutes. Qui peut arriver à compter combien de poissons et combien d’espèces contient la mer ? Combien d’oiseaux et combien de plantes remplissent la terre ? Par conséquent, le petit ‘Je vous aime’ devient un océan d’amour ; la petite prière, une mer de prières ; le ‘Je vous adore’ une mer d’adoration ; la petite souffrance, une mer de souffrances. Et si l’âme répète son ‘Je vous aime’, son adoration, ses prières dans ma Volonté, et souffre en elle, ma Volonté s’élève, forme de gigantesques vagues d’amour, de prières et de souffrances qui vont se déverser dans la mer infinie de l’Éternel pour mettre en commun l’amour de Dieu et celui de la créature parce qu’une est la Volonté de l’un et de l’autre. Par conséquent, celle qui se laisse dominer par ma Volonté possède autant de mers que d’actes accomplis en elle ; et bien qu’elle fasse peu, elle obtient beaucoup. Elle a un divin Vouloir qui prend plaisir à transformer en mer le petit acte de la créature, et c’est uniquement avec ces mers qu’elle peut demander le Royaume tant attendu du divin Fiat. C’est pourquoi notre nouvelle-née, la petite fille de ma Volonté, était nécessaire afin qu’en changeant ses petites souffrances, son ‘Je vous aime’ et tout ce qu’elle fait en mers qui communiquent avec la mer de l’Éternel, elle puisse avoir l’ascendance pour demander le Royaume de ma Volonté.

            Après quoi, je me disais : « Lorsque mon doux Jésus parle de sa Volonté, il évoque presque toujours la Création. Pourquoi cela ? » Et Jésus reprit : Ma fille, celle qui doit vivre dans le Royaume de mon Fiat suprême doit commencer par savoir tout ce que ma Volonté a fait et continue de faire par amour pour elle. En fait, ma Volonté n’est pas aimée parce qu’elle n’est pas connue. La Création est la parole vivante de ma Volonté. Dans toutes les choses créées, ma Volonté est cachée comme une noble Reine qui, avant de sortir, veut être connue. La connaissance déchirera le voile qui la cache et lui permettra de sortir et de régner sur ses enfants. Et qui mieux que la Création peut faire connaître ce que ma Volonté fait pour l’amour des créatures, une Création qui peut être vue et touchée par tous ? Ma fille, regarde l’amour passionné de cette noble Reine. Elle va jusqu’à se voiler elle-même de la terre pour la rendre ferme afin que l’homme puisse la parcourir en sécurité. Et lorsqu’il marche sur le voile de la terre qui la cache, elle prend la plante de ses pieds dans ses nobles et royales petites mains pour que l’homme ne trébuche pas et affermir son pas. Et en serrant fermement la plante des pieds de l’homme contre sa noble poitrine, elle voudrait sortir, ôter le voile de la terre qui la recouvre, mais l’homme marche sur elle sans même remarquer qui soutient son pas – qui maintient si fermement pour lui cette grande masse de terre afin qu’il ne trébuche pas. Et la noble Reine reste voilée de la terre et, avec une indicible patience que seule possède une Divine Volonté, elle attend d’être reconnue pour être aimée et raconter sa longue histoire – tout ce que, voilée par cette terre, elle a fait pour l’amour de l’homme. Et son Amour est si grand que souvent elle ressent la nécessité de déchirer ce voile de terre qui la recouvre et, utilisant son empire, elle secoue la terre et cache dans son sein des villes et des gens afin que l’homme puisse savoir que dans cette terre, sous ses pieds, il y a une Volonté qui règne et domine, qui aime et n’est pas aimée, et qui, tristement, tremble pour se faire connaître. Dans l’Évangile, on peut lire avec étonnement que, prostré aux pieds de mes apôtres, j’ai lavé leurs pieds ; je n’ai pas même évité le perfide Judas. Cet acte, dont l’Église se souvient, était certainement très humble et d’une indicible tendresse, mais je n’ai fait cet acte qu’une seule fois. Mais ma Volonté descend encore plus bas ; elle se place sous leurs pieds par un acte continu, afin de les soutenir, de rendre ferme la terre pour qu’ils ne tombent pas dans l’abîme. Et pourtant, rien n’y fait. Cette noble Reine attend avec une invincible patience, voilée depuis tant de siècles dans les choses créées, que sa Volonté soit connue. Et lorsqu’elle sera connue, elle déchirera les nombreux voiles qui la cachent et fera savoir ce qu’elle a fait durant tant de siècles pour l’amour de l’homme. Elle racontera des choses inouïes, des excès d’amour inimaginables. C’est pourquoi, en parlant de ma Volonté, je parle souvent de la Création – parce que ma Volonté est la vie de toutes les choses créées, et cette vie veut être connue pour que le Royaume du Fiat éternel puisse venir. Ma Volonté voilée est partout. Elle est voilée dans le vent et, de ses voiles, elle apporte à l’homme sa fraîcheur, comme pour le caresser, et son souffle régénérateur pour le régénérer continuellement à une vie nouvelle toujours croissante en grâce. Mais la noble Reine, voilée dans le vent, sent ses caresses rejetées par des offenses, sa fraîcheur par des ardeurs de passions humaines et son souffle régénérateur reçoit en retour un souffle mortel pour sa grâce. Alors ma Volonté agite ses voiles et le vent se tourne en furie ; et avec sa force, il emporte les gens, les villes et les régions comme des plumes, en montrant la puissance de la noble Reine cachée dans le vent. Il n’y a pas une seule chose créée en qui ma Volonté n’est pas voilée, c’est pourquoi elles attendent toutes que ma Volonté soit connue et que vienne le Royaume et le plein triomphe du Fiat suprême.

 

6 novembre 1926 - Jésus promet d’amener Luisa au ciel lorsqu’il aura terminé sa manifestation. Les nouveaux apôtres du Fiat. Comment celle qui vit en lui centralise les cieux, le soleil et toutes choses en elle-même.

            Je me sentais oppressée sous le poids de la privation de mon doux Jésus. Oh ! comme je soupirais après la Patrie céleste où je ne le perdrai plus jamais de vue – ne serai plus jamais sujette au dur martyre de me sentir mourir ! J’étais fatiguée et épuisée d’attendre lorsque ma douce vie, mon cher Dieu, mon doux Jésus, bougea en moi, mais, tout affligé, comme s’il envoyait des châtiments sur la terre et que, pour ne pas me faire plus de peine, il ne voulait pas que je le sache. Mais en le voyant, j’ai compris les châtiments qu’il envoyait. Et, en soupirant, il me dit : Ma fille, courage, laisse-moi te manifester ce qui est nécessaire concernant le Royaume de ma Volonté afin que rien ne manque pour le former dans la famille humaine. Alors, lorsque tout sera terminé, je t’amènerai rapidement dans notre Patrie. Crois-tu que tu verras le plein triomphe du Royaume du Fiat éternel avant de venir au ciel ? C’est du ciel que tu vas voir son plein triomphe. Il en sera pour toi comme pour moi avec le Royaume de Rédemption. J’ai fait tout ce qu’il fallait ; j’ai établi la fondation, j’ai donné les lois et les conseils nécessaires ; j’ai institué les Sacrements, j’ai laissé les Évangiles comme norme de leur vie, j’ai enduré des souffrances inouïes jusqu’à la mort ; mais lorsque j’étais sur terre, je n’ai vu que très peu ou presque rien des fruits et de l’accomplissement de la Rédemption. Après avoir tout fait, et n’ayant plus rien d’autre à faire, j’ai tout confié aux Apôtres afin qu’ils puissent être les annonceurs du Royaume de Rédemption et que les fruits des œuvres que j’ai accomplies pour le Royaume de Rédemption puissent venir.

            La même chose se passera pour le Royaume du Fiat suprême. Nous le ferons ensemble, ma fille. Tes souffrances, tes longs sacrifices, tes incessantes prières pour que mon Royaume puisse venir bientôt, et mes manifestations concernant ce Royaume – j’unirai tout cela avec moi pour en faire les fondations. Et lorsque tout sera terminé, je confierai mon Royaume à mes ministres afin que, tels des seconds apôtres du Royaume de ma Volonté, ils puissent en être les annonciateurs. Crois-tu que la venue du Père di Francia, qui témoigne tant d’intérêt et qui a pris à cœur la publication de ce qui concerne ma Volonté, soit arrivée par hasard ? Non, non – je l’ai moi-même organisée. C’est un acte providentiel de la suprême Volonté qui le veut comme premier apôtre et programmateur du divin Fiat. Et comme il se trouve être le fondateur d’un ordre, il est plus facile pour lui de contacter les évêques, les prêtres et les gens, et également dans son propre institut, afin de proclamer le Royaume de ma Volonté. C’est pourquoi je l’aide tellement et que je lui donne une lumière spéciale, parce que pour comprendre ma Volonté, il faut de grandes grâces – pas de petites lumières, mais un soleil pour comprendre une Volonté divine, sainte et éternelle, de même qu’une grande disposition de la part de celui à qui est confié cette charge. C’est moi également qui ai organisé la venue quotidienne du prêtre afin de pouvoir trouver rapidement les premiers apôtres du Fiat de mon Royaume, et qu’ils puissent proclamer ce qui concerne ma Volonté éternelle. Par conséquent, laisse-moi terminer afin que, lorsque j’aurai fini, je puisse tout confier aux nouveaux apôtres de ma Volonté ; et tu pourras venir au ciel, et voir de là-haut les fruits du Royaume tant attendu du Fiat éternel.

            Je continuais alors de faire mes actes habituels dans le suprême Vouloir et je me disais : « Mon pauvre esprit parcourt la mer, le soleil, les cieux – afin de suivre partout les actes que son adorable Volonté a accomplis dans la Création. Mais après avoir terminé, je me retrouve en bas, dans mon dur exil. Oh ! comme je voudrais au moins pouvoir rester dans l’azur et remplir l’office d’une étoile pour mon Créateur. Mais alors, je disparaîtrais au milieu des étoiles parce que je ne suis ni aussi belle ni aussi brillante que les étoiles ; et elles me rejetteraient toutes et me précipiteraient en bas – dans mon long exil. Je pensais à cela lorsque mon doux Jésus bougea en moi et me dit : Ma fille, celle qui vit dans ma Volonté est dans l’unité de son Créateur qui garde en lui-même, dans son unité, la Création tout entière. Et tout comme il garde la Création, il garde aussi dans son unité l’âme qui vit dans le Fiat éternel. Et cette unité apporte à l’âme les reflets de son Créateur de même que son unité avec toute la Création, de sorte que l’image vivante de celui qui l’a créée peut se voir dans l’âme. Et en manifestant son unité avec toutes choses, il conserve cette âme dans les reflets de toutes les choses qu’il a créées ; et ces reflets forment la mer, le soleil, les cieux, les étoiles et toutes les variétés enchanteresses de la nature au tréfonds de l’âme. Ainsi, l’âme qui vit dans ma Volonté, placée dans l’azur des cieux, serait le plus bel ornement de cette voûte azurée et ferait l’étonnement du ciel et de la terre. Elle aurait en elle son Créateur, un ciel, un soleil, une mer – comme en son bien propre ; et il ne lui manquerait pas même la terre, tout en fleurs, le doux chant des oiseaux, porteur de la joie et de la musique harmonieuse de leur Créateur, parce que chaque chose créée contient une note divine. C’est pourquoi, au lieu de te précipiter en bas, elles chercheraient à te garder parmi elles, parce qu’au nombre de tous les prodiges que contient ma Volonté, se trouve le pouvoir de représenter toutes nos œuvres dans l’âme et de centraliser en elle tous ses actes. Ma Volonté n’est satisfaite que si elle voit sa beauté dans l’âme et qu’elle y trouve son écho, sa joie et son être tout entier.

 

10 novembre 1926 - Comment celle qui vit dans la Divine Volonté contient en elle toute la Création, est le reflet de son Créateur. Deux effets du péché.

            Mes jours alternent toujours entre les privations et les courtes visites de mon doux Jésus ; et souvent, il est comme un éclair qui s’enfuit ; et lorsqu’il s’enfuit, je reste avec ces clous qui me transpercent : quand reviendra-t-il ? Et en soupirant, je l’appelle : « Mon Jésus, viens – reviens à ta petite exilée ; reviens une fois pour toutes. Reviens pour m’emmener au ciel ; ne me laisse pas plus longtemps dans ce long exil, car je ne peux plus le supporter. » Mais j’eus beau l’appeler, mes appels furent vains. Alors, m’abandonnant dans son divin Vouloir, j’ai fait autant que j’ai pu mes actes habituels en parcourant toute la Création. Et mon doux Jésus, pris de compassion pour ma pauvre âme qui n’en pouvait plus, sortit un bras de mon intérieur et, toute pitié, il me dit : Ma fille, courage, n’arrête pas, continue ton envol dans ma Volonté éternelle. Tu dois savoir que ma Volonté poursuit sa fonction continue dans toutes les choses créées et son acte est distinct en chaque chose – elle ne fait pas dans les cieux ce qu’elle fait dans le soleil, ni dans le soleil ce qu’elle fait dans la mer. Ma Volonté a un acte spécial pour chaque chose ; et bien que ma Volonté soit une, ses actes sont innombrables. Or, l’âme qui vit en elle enferme en elle-même tous les actes que ma Volonté accomplit dans toute la Création. Aussi, l’âme doit faire ce que ma Volonté fait dans les cieux, dans le soleil, dans la mer, etc. Elle doit tout enclore en elle afin de pouvoir suivre tous les actes de ma Volonté – mais aussi pour que ma Volonté puisse recevoir un acte de retour d’amour de la créature. Par conséquent, si ton acte n’est pas continu, ma Volonté ne t’attend pas – elle poursuit sa course, mais laisse en toi le vide de ses actes et il reste une certaine distance et dissemblance entre toi et ma Volonté.

            Or, tu dois savoir quel grand bien est celui qui t’habite lorsque tu enfermes en toi tout ce que ma Volonté a fait dans la Création. En suivant ses actes, tu reçois le reflet des cieux, qui se forment et s’étendent en toi ; tu reçois le reflet du soleil, et le soleil est formé en toi ; tu reçois le reflet de la mer, et la mer est formée en toi. Tu reçois le reflet du vent, de la fleur, de toute la nature – en somme, de toute chose ; et, oh ! combien les cieux qui protègent, le soleil qui illumine, réchauffe et féconde, la mer qui inonde et forme ses vagues d’amour, de miséricorde, de grâce et de puissance pour le bien de tous, le vent qui purifie et apporte la pluie sur les âmes brûlées par les passions, la fleur de l’adoration perpétuelle à ton Créateur, s’élèvent tous des profondeurs de ton âme. C’est pour cette raison que c’est le prodige des prodiges ; la vie dans ma Volonté est le véritable triomphe du Fiat suprême – parce que l’âme devient le reflet de son Créateur et de toutes nos œuvres. En fait, c’est seulement lorsqu’elle place dans l’âme ce qu’elle peut et sait faire – que notre Volonté triomphe complètement. Elle veut voir dans l’âme non seulement celui qui l’a créée, mais toutes ses œuvres ; elle n’est pas satisfaite s’il y manque la plus petite chose qui lui appartient. Les âmes du suprême Fiat seront nos œuvres – non pas incomplètes, mais entières ; elles seront les nouveaux prodiges que ni la terre ni les cieux n’ont encore jamais vus ni connus. Quels ne seront pas l’enchantement, la surprise des Bienheureux eux-mêmes, en voyant la première fille du divin Fiat entrer dans leur Patrie céleste ? Quelle ne sera pas leur satisfaction et leur gloire en la voyant porter en elle son Créateur avec toutes ses œuvres – les cieux, le soleil, la mer, toute la floraison de la terre avec ses multiples beautés ? Ils reconnaîtront en elle l’œuvre complète de la Volonté éternelle, car elle seule peut accomplir ces prodiges et ces œuvres complètes.

            Je poursuivis ensuite mon abandon dans le Fiat éternel pour recevoir ses reflets, et mon doux Jésus ajouta : Ma fille, ma céleste Maman fut la première à occuper la première place au ciel en Fille du Vouloir suprême ; et parce qu’elle était la première, elle avait tout autour d’elle la place pour tous les enfants du Fiat suprême. Ainsi, autour de la Reine du ciel, on peut voir beaucoup de places vides qui ne peuvent être occupées que par ses copies. Et comme elle était la première de la génération de ma Volonté, le Royaume du Fiat sera également appelé ‘Royaume de la Vierge’. Oh ! combien la souveraineté sur toute la Création sera reconnue dans nos enfants. En fait, en vertu de ma Volonté, ils jouiront de liens indissolubles avec toutes les choses créées ; ils seront en relation continue de communication avec elles. Ils seront les vrais enfants en qui le Créateur éternel se sentira honoré, glorifié de les avoir comme enfants, parce qu’il reconnaîtra en eux sa divine Volonté à l’œuvre, qui a reproduit ses véritables images.

            Après quoi, je me disais : « Avant de pécher, mon premier père Adam possédait tous ces liens et toutes ces relations de communication avec toute la Création, car en possédant la suprême Volonté tout entière, il était pour lui naturel de ressentir en lui, partout où il agissait, toutes les communications. Mais en se retirant de cette Volonté si sainte, n’a-t-il pas ressenti d’un seul coup la déchirure faite dans toute la Création, la rupture de toutes communications et le bris de tous ses liens avec elle ? Si simplement du fait de me demander si je dois ou non accomplir un acte, et si seulement en hésitant, je sens les cieux trembler, le soleil se retirer, et toute la Création ébranlée et sur le point de me laisser seule, si bien que je tremble moi-même avec eux, et, effrayée, immédiatement, sans hésiter, je fais ce que je dois faire – comment Adam a-t-il pu faire cela ? N’a-t-il pas ressenti cette déchirure, si douloureuse et si cruelle ?

            Et Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, Adam a ressenti cette cruelle déchirure, mais il tomba malgré tout dans le labyrinthe de sa volonté qui ne lui laissa plus de paix, ni à lui ni à sa postérité. Toute la Création se retira de lui d’un seul souffle et le bonheur, la paix, la force, la souveraineté – tout disparu. Il se retrouva seul avec lui-même. Pauvre Adam, combien il lui en a coûté de se retirer de ma Volonté. Simplement du fait de se sentir isolé, sans être entouré du cortège de la Création tout entière, sa frayeur et son horreur furent si grandes qu’il devint un homme craintif. Il avait peur de tout – même de ses propres œuvres et avec raison, car il est dit : ‘Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.’ Comme il n’était plus relié aux choses, elles devaient en toute justice se mettre contre lui. Pauvre Adam, il mérite bien notre compassion. Il n’avait aucun exemple de quelqu’un qui était tombé et du grand mal qui lui était arrivé, pour qu’il puisse prendre garde à ne pas tomber lui-même. Il n’avait aucune idée du mal. En fait, ma fille, le mal, le péché, la chute d’une créature a deux effets : à celle qui est mauvaise et veut tomber, elle sert d’exemple, d’encouragement et d’incitation à tomber dans l’abîme du mal ; pour celle qui est bonne et ne veut pas tomber, elle sert d’antidote, de dissuasif, d’aide et de défense afin de ne pas tomber. De fait, voir le grand mal, le malheur de quelqu’un d’autre, sert d’exemple pour ne pas tomber et ne pas suivre le même chemin afin de ne pas se retrouver soi-même dans le même malheur. Ainsi, le péché d’un autre nous permet d’être attentifs et sur nos gardes. Par conséquent, la chute d’Adam est pour toi d’un grand secours, une leçon et un appel, alors que lui n’avait pas cette leçon du mal parce qu’alors, le mal n’existait pas.

 

14 novembre 1926 - Comment, ne suivant pas la Divine Volonté dans la Création, l’âme n’aurait pas le reflet de ses œuvres. Comment il est nécessaire d’avoir de grandes grâces pour la sainteté de vivre dans le saint Vouloir.

            Je continuais mes actes dans la Divine Volonté et je me disais : « Si je passais une seule journée sans faire ces actes, quel serait le bien que je perdrais et le mal que je ferais ? » Et mon toujours aimable Jésus me dit : Ma fille, sais-tu ce que tu ferais ? En ne faisant pas tes actes dans ma Volonté, il te manquerait le reflet de toute la Création ; parce que tu n’aurais pas son reflet, ce jour-là, les cieux ne s’étendraient pas en toi, le soleil ne se lèverait pas, la mer ne coulerait pas et la terre ne laisserait pas venir ce jour-là la nouvelle floraison, et l’on n’entendrait pas non plus en toi la joie, la musique, le chant des habitants de l’air, la douce symphonie des sphères. Ma Volonté ne trouverait pas en toi son écho et serait par conséquent triste que la petite fille de son Vouloir ne lui ait pas rendu un retour d’amour parce qu’il lui manquait le reflet de son ciel ; elle n’avait pas fait se lever le soleil en retour pour sa lumière éternelle ; elle ne lui avait pas laissé entendre le mouvement de la mer, ni son doux murmure, ni les roulements des habitants muets des vagues. Ma Volonté sentirait l’absence de tous ses actes, du reflet de ses œuvres, elle ne pourrait pas former en toi son écho. Et dans sa tristesse, elle dirait : ‘Ah ! aujourd’hui ma petite fille ne m’a pas donné un ciel comme je lui avais donné, ni un soleil, une mer, des fleurs, des chants, de la musique et de la joie comme je lui avais donné. Ainsi, elle est sortie de ma ressemblance ; ses notes ne se sont pas harmonisées avec les miennes. Je l’ai aimée par de nombreuses manifestations et d’un amour incessant – elle ne l’a pas fait.’ Voilà ce que tu ferais ! Ma Volonté ne tolérerait pas en toi, sa petite fille, le vide de ses œuvres.

            En entendant cela, je dis : « Mon Jésus, mon amour, que jamais je ne puisse faire cette peine à ton adorable Volonté. Tu m’y aideras ; tu me donneras plus de grâces et je serai plus attentive afin de recevoir ce reflet, cet écho, que produit ta sainte Volonté dans toute la Création, et que je puisse y correspondre avec le mien. »

            Et Jésus reprit la parole et ajouta : Tu dois savoir que de grandes grâces sont nécessaires pour former dans l’âme la sainteté de la vie dans ma Volonté. Les autres saintetés peuvent être formées avec de petites grâces, parce que ce n’est pas une immense et éternelle Volonté qu’elles doivent embrasser et posséder, mais de petites particules des commandements de cette Volonté, son ombre. Par contre, dans cette sainteté, les créatures doivent posséder ma Volonté comme leur propre vie, elles doivent former son cortège et faire ses actes comme les leurs propres ; par conséquent, des mers de grâces sont nécessaires pour former cette sainteté. Ma Volonté doit se bilocaliser afin d’étendre sa mer dans les profondeurs de l’âme, puis étendre une autre mer d’elle-même afin de recevoir ce qui convient à cette sainteté, sa lumière infinie, son immensité sans frontières. La bonne volonté de l’âme n’est rien d’autre que le fond de la mer qui, formant le rivage, entoure les eaux afin de former la mer.

            Ma fille, il faut beaucoup de choses pour soutenir et préserver une Divine Volonté dans l’âme ; et la Divinité, sachant que la créature n’a pas les choses convenables à une Volonté si sainte, ne lui refuse rien – tout est mis en elle, à sa disposition, afin de former la sainteté de la vie dans ma Volonté. Dieu lui-même agit comme premier acteur et spectateur ; mon Humanité donne tout – tout ce qu’elle a fait, souffert et conquis, et qui constitue des mers sans fin en aide à cette sainteté pleinement divine. La Maman Reine elle-même place ses mers de grâces, d’amour et de souffrances à sa disposition pour l’aider, et se sent honorée qu’elles servent la Volonté suprême à accomplir la sainteté du Fiat éternel dans la créature. Le ciel et la terre veulent donner, et ils donnent, car se sentant tout investis par cette Volonté, ils désirent – ils veulent ardemment aider l’heureuse créature à remplir le dessein de la Création – l’origine de la sainteté que la suprême Volonté voulait de la créature. Par conséquent, rien ne manquera de la part de ton Jésus ; mieux encore, puisque c’est mon désir de toujours, tant désiré et attendu depuis 6000 ans : voir notre image reproduite dans la créature, notre sainteté imprimée, notre Volonté opérante, nos œuvres encloses en elle, et notre Fiat accompli. Je voulais la joie et le plaisir de voir notre réflexion dans la créature ; autrement, la Création serait pour nous sans joie, sans amusement, sans harmonie. Notre écho n’y trouverait pas la voix pour y résonner, notre sainteté le lieu où s’imprimer, notre beauté l’endroit où briller, notre Amour le lieu où se déverser, notre sagesse et notre maîtrise ne trouveraient pas où agir et se déployer. Aussi, l’action de tous nos attributs serait entravée parce qu’ils ne trouveraient pas le matériau nécessaire à la formation de leur œuvre, afin d’avoir leur reflet. Par contre, dans l’âme où elle règne, ma Volonté la dispose à devenir ce matériau pour que nos attributs puissent exercer leur art merveilleux.

 

16 novembre 1926 - Comment chaque acte de la volonté humaine est un voile qui empêche l’âme de connaître la Divine Volonté. Jalousie de la Divine Volonté. Comment elle assume toutes les fonctions pour l’âme. Menaces de guerres et de châtiments.

            Mon état habituel d’abandon dans le Fiat suprême continue, mais j’appelle en même temps celui qui constitue tout mon bonheur, ma vie, mon tout. Et Jésus, se manifestant en moi, me dit : Ma fille, plus tu t’abandonnes dans le Vouloir suprême, plus tu progresses dans ses voies, plus tu acquiers de connaissances, et plus tu prends possession des biens qui sont dans la Divine Volonté ; car en elle, il y a toujours quelque chose à apprendre et à prendre. Héritage premier donné par Dieu à la créature et possédant les biens éternels, ma Volonté a le devoir de toujours donner à celle qui vit dans cet héritage. Et ce n’est que lorsqu’elle trouve la créature à l’intérieur des limites de son Vouloir que ma Volonté est satisfaite et commence l’activité de son office ; et se mettant en fête, elle accorde de nouvelles choses à son héritière. Ainsi, l’âme qui vit en elle est la fête de ma Volonté. Au contraire, celles qui vivent en dehors la font souffrir parce qu’elles la rendent incapable de donner, d’exercer son office et de remplir sa tâche. De plus, chaque acte de la volonté humaine est un voile que l’âme place devant ses yeux et qui l’empêche de voir avec clarté ma Volonté et les biens qu’elle contient. Et comme la plupart des créatures vivent continuellement de leur volonté propre, et elles forment tellement de voiles qu’elles deviennent presque aveugles à cet héritage de choix qui devait les rendre heureuses dans le temps et l’éternité. Oh ! si les créatures pouvaient comprendre le grand mal de la volonté humaine et le grand bien de la mienne, elles détesteraient tellement leur volonté qu’elles donneraient leur vie pour pouvoir faire la mienne.

            La volonté humaine rend l’homme esclave ; elle le met en manque de tout. Il sent la force et la lumière lui manquer continuellement ; son existence est toujours en danger et il n’obtient ce qu’il veut qu’à force de prière et avec difficulté. Aussi, l’homme qui vit de sa volonté est véritablement un mendiant. Par contre, celui qui vit dans la mienne ne manque de rien ; il a tout à sa disposition. Ma Volonté lui donne l’empire sur lui-même et, par conséquent, il est possesseur de force et de lumière – et non pas de force et de lumière humaines, mais divines. Son existence est toujours en sécurité, et comme il est propriétaire, il peut prendre tout ce qu’il veut et n’a pas besoin de demander pour recevoir. Cela est si vrai qu’avant qu’Adam ne se retire de ma Volonté, la prière n’existait pas. C’est le besoin qui fait naître la prière ; mais il n’avait besoin de rien, il n’avait rien à demander ou à souhaiter. Ainsi, il aimait, il louait, il adorait son Créateur ; la prière n’avait pas sa place dans l’Éden terrestre. La prière est venue après le péché comme un besoin extrême du cœur de l’homme. Lorsqu’il prie, cela veut dire qu’il a besoin de quelque chose et qu’il espère, il prie afin d’obtenir. Par contre, l’âme qui vit dans ma Volonté vit en propriétaire dans l’opulence des biens de son Créateur ; et si elle désire quelque chose, se voyant parmi tant de biens, c’est de vouloir donner aux autres son bonheur et les biens de sa grande fortune. Image véritable de son Créateur qui lui a tant donné sans aucune restriction, elle voudrait l’imiter en donnant aux autres ce qu’elle possède. Oh ! comme il est beau le ciel de l’âme qui vit dans ma Volonté. C’est un ciel sans tempêtes, sans nuages, sans pluie, parce que l’eau qui apaise sa soif, qui la féconde, qui lui donne sa croissance et sa ressemblance avec celui qui l’a créée, est ma Volonté. Sa jalousie est telle que l’âme ne voudrait rien prendre qui ne vienne d’elle, elle est si grande qu’elle remplit tous les offices : si elle veut boire, elle fait elle-même l’eau qui la rafraîchit et étanche toutes les autres soifs de sorte que sa seule soif puisse être sa Volonté ; si elle a faim, elle fait sa propre nourriture qui, en apaisant sa faim, lui enlève tout appétit pour les autres aliments ; si elle veut être belle, elle fabrique elle-même le pinceau qui brosse une beauté telle que ma Volonté en demeure ravie devant une beauté si rare imprimée par elle dans la créature. Elle doit être capable de dire au ciel tout entier : ‘Voyez comme elle est belle. C’est la fleur, c’est le parfum, c’est la couleur de ma Volonté qui la rend si belle.’ En somme, ma Volonté lui donne sa force, sa lumière, sa sainteté – et tout cela afin de pouvoir dire : ‘Elle est une œuvre entièrement de ma Volonté ; par conséquent, je veux qu’elle ne manque de rien pour être comme moi et me posséder.’ Regarde en toi-même pour voir l’œuvre de ma Volonté – comment nos actes, investis par sa lumière, ont changé la terre de ton âme. Tout est lumière qui s’élève en toi et vient blesser celui qui t’a investie. Par conséquent, le plus grand affront que je puisse recevoir des créatures est de ne pas faire ma Volonté.

            Après quoi, il me transporta en dehors de moi pour me faire voir le grand mal des générations humaines ; et reprenant la parole, il ajouta : Ma fille, vois tout le mal que la volonté humaine a produit. Ils se sont rendus aveugles, ils ont préparé des guerres et des révolutions terribles. Cette fois, ce ne sera pas seulement l’Europe, mais d’autres races vont s’y joindre. Le cercle sera plus grand ; d’autres parties du monde vont y participer. Combien de mal peut faire la volonté humaine – elle aveugle l’homme, elle l’appauvrit, elle fait de lui son propre meurtrier. Mais je me servirai de cela pour mon plus grand bien, et la réunion de tant de races servira à faciliter la communication des vérités afin qu’elles puissent se disposer au Royaume du Fiat suprême. Ainsi, les châtiments qui ont eu lieu ne sont que le prélude à ceux qui viendront. Combien de villes seront détruites, combien d’habitants enterrés sous les ruines et plongés dans les abysses ! Les éléments rendront le parti de leur Créateur. Ma Justice a atteint ses limites ; ma Volonté veut triompher et voudrait que ce soit par l’amour qu’elle établisse son Royaume. Mais l’homme ne veut pas venir rencontrer cet amour et, par conséquent, il est nécessaire de faire œuvre de Justice.

            Et en disant cela, il me montra un immense brasier de feu sortant de la terre ; et ceux qui étaient près de ce brasier étaient recouverts par ce feu et disparaissaient. J’étais effrayée et je priais dans l’espoir que mon Dieu bien-aimé puisse se calmer.

 

19 novembre 1926 – Comment la Divine Volonté se tourmente parmi les créatures et veut sortir de cet état.

            Mon toujours aimable Jésus m’attira dans son adorable Volonté et me fit voir et ressentir les douloureuses conditions dans lesquelles il est placé par l’ingratitude des créatures, et soupirant avec tristesse, il me dit : Ma fille, les douleurs de ma Divine Volonté sont indicibles et inconcevables pour la nature humaine. Ma Volonté est dans toutes les créatures, mais c’est dans le cauchemar d’une terrible et atroce tourmente, parce qu’au lieu de la laisser régner, de lui laisser vivre sa vie en elles, les créatures la répriment, ne lui laissant aucune liberté d’agir, de respirer, de palpiter. Alors, c’est la volonté humaine qui agit, respire librement, palpite comme elle veut, tandis que la mienne n’est là que pour les servir, contribuer à leurs actes et y demeurer, tourmentée et suffoquée depuis de longs siècles. Ma Volonté se tord de douleur dans les créatures et ses convulsions sont les remords de conscience, les désillusions, les revers, les croix, la lassitude de vivre et tout ce qui peut gêner les pauvres créatures ; car il est juste que, puisque les créatures gardent la Divine Volonté crucifiée et toujours dans la tourmente, la Divine Volonté les appelle à travers ses convulsions, incapable de faire autrement puisqu’on l’empêche de régner. Qui sait si, rentrant en elles-mêmes et voyant le malheur que leur mauvaise volonté leur apporte, les créatures n’accorderaient pas un peu de répit à son tourment.

            Ce supplice de ma Volonté est si douloureux que mon Humanité, qui voulut souffrir dans le Jardin de Gethsémani, a atteint le point de rechercher l’aide de mes Apôtres eux-mêmes – et même cela lui fut refusé ; le spasme était tel que j’ai sué le sang. Et me sentant succomber sous le poids énorme de la souffrance de ma Divine Volonté, j’ai invoqué l’aide de mon céleste Père en disant : ‘Père, si c’est possible, que ce calice passe loin de moi.’ Dans toutes les autres souffrances de ma Passion, si atroces qu’elles aient pu être, je n’ai jamais dit : ‘Si c’est possible, que cette souffrance s’éloigne.’ Au contraire, sur la Croix, j’ai crié : ‘J’ai soif.’ – J’ai soif de souffrances. Mais dans cette souffrance de la suprême Volonté, je ressentais tout le poids d’un aussi long supplice, tout le tourment d’une Divine Volonté qui souffre – qui se tord de douleur dans les générations humaines. Quel tourment ! Il n’en existe pas de semblable.

            Mais le Fiat suprême veut maintenant en sortir. Il est las, et veut à tout prix quitter ce tourment continuel ; et si tu entends parler de châtiments, de villes détruites, de destructions, ce ne n'est rien d’autre que les convulsions de son tourment. Incapable de le supporter plus longtemps, mon Fiat veut faire sentir à la famille humaine sa douleur et combien il souffre en elle, sans que personne n’ait de compassion pour lui. Et en faisant usage de violence, par ses convulsions, il veut leur faire sentir qu’il existe dans les créatures, mais qu’il ne veut plus souffrir – il veut la liberté, le règne ; il veut vivre sa vie en elles.

            Quel désordre dans la société, ma fille, parce que ma Volonté n’y règne pas ! Leurs âmes sont comme des maisons en désordre – tout est sens dessus dessous ; la puanteur est horrible, pire que celle d’un cadavre putréfié. Et ma Volonté, étant ce qu’elle est, avec son immensité, ne peut se retirer même d’une seule palpitation des créatures et elle souffre au milieu de tant de maux. Et cela se produit partout en général, mais plus encore dans l’ordre religieux, dans le clergé, chez ceux qui se disent catholiques, où ma Volonté non seulement souffre, mais est tenue dans un état de léthargie, comme si elle était sans vie. Oh ! combien cela m’est davantage pénible. Au moins, lorsque je souffre, je peux me tordre de douleur, faire entendre que j’existe dans les créatures, même si c’est dans la souffrance. Mais dans cet état de léthargie, il règne une immobilité totale – c’est un état de mort continuelle. Et il ne reste que les apparences, l’habit d’une vie religieuse, parce qu’ils gardent ma Volonté en léthargie ; et leur vie intérieure est alors somnolente, comme si le bien et la lumière n’étaient pas pour eux. Et lorsqu’ils font quelque chose extérieurement, cette action est vide de Vie divine et se perd dans les fumées de la vaine gloire, de l’amour-propre, du désir de plaire aux autres ; et moi, dans ma Volonté suprême, bien que vivant en eux, je sors de leurs œuvres.

            Ma fille, quel affront. Comme je voudrais que tous ressentent mon terrible tourment, la léthargie dans laquelle ils tiennent ma Volonté parce que c’est leur volonté qu’ils veulent faire et non la mienne ; ils ne veulent pas qu’elle règne, ils ne veulent pas la connaître. Et c’est pourquoi ma Volonté veut sortir de ses rivages avec son tourment et que, s’ils ne veulent pas la recevoir par les voies de l’Amour, ils puissent la connaître par la voie de la Justice. Lasse d’un tourment qui dure depuis des siècles, ma Volonté veut sortir et, par conséquent, prépare deux voies : la voie du Triomphe, représentée par ses connaissances, ses prodiges et tout le bien que le Royaume du Fiat suprême apportera ; et la voix de la Justice, pour les créatures qui ne veulent pas la reconnaître comme Volonté triomphante. C’est aux créatures qu’il appartient de choisir la voie par où elles veulent la recevoir.

 

20 novembre 1926 – Comment tous les divins attributs ont pour fonction de former la nouvelle petite mer de leurs qualités dans l’âme. Comment chacun a un mouvement.

            Je faisais ma ronde habituelle dans la Création pour y suivre les actes de la suprême Volonté et mon toujours aimable Jésus, me laissant entendre sa douce voix dans chaque chose créée, me dit : Qui est celle qui appelle mon amour afin qu’il puisse descendre en elle, ou que son propre amour puisse monter dans le mien pour s’y fusionner et ne former qu’un seul amour en lui donnant le champ d’action pour faire se lever dans l’âme la nouvelle petite mer de son amour ? Car l’amour triomphe et célèbre lorsqu’on lui donne une ouverture et son champ d’action. En arrivant dans le soleil, dans les cieux, dans la mer, j’entendais sa voix qui disait : Qui appelle ma lumière éternelle, ma douceur infinie, mon incomparable beauté, mon inébranlable fermeté, mon immensité, afin de former leur cortège et de leur donner le champ d’action pour faire se lever dans la créature autant de mers de lumière, de douceur, de beauté, de fermeté – pour leur donner la satisfaction de ne pas être oisives, mais de se servir de la petitesse de la créature pour y enclore toutes leurs qualités ? Qui est-elle ? Ah ! c’est la petite fille de notre Volonté.

            Puis, après l’avoir entendu dire en chaque chose créée « Qui m’appelle ? », mon doux Jésus sortit de moi et, me serrant contre lui, il me dit : Ma fille, lorsque tu parcours ma Volonté pour y trouver chaque chose créée, tous mes attributs entendent ton appel et entrent en jeu pour former, l’un après l’autre, la petite mer de leurs qualités. Oh ! combien ils triomphent en se voyant actifs – et capables de former chacun sa propre petite mer. Mais leur plaisir s’accroît de pouvoir former dans la petite créature leur mer d’amour, de lumière, de beauté, de tendresse et de puissance. Ma sagesse agit en artisan talentueux et avec une merveilleuse ingéniosité pour placer ses qualités immenses et infinies dans la petitesse. Oh ! combien l’âme qui vit dans ma Volonté s’harmonise avec mes attributs. Chacun d’eux assume sa fonction pour établir sa qualité divine. Si tu savais le grand bien que tu acquiers en suivant ma Volonté dans tous ses actes, et l’art qu’elle déploie en toi, tu serais toi aussi dans la joie d’une fête continuelle.

            Après quoi je continuais à suivre la Création et je pouvais voir ce mouvement éternel qui jamais ne cesse en s’écoulant partout, et je me disais : « Comment puis-je suivre le Vouloir suprême partout s’il court si rapidement en toutes choses ? Je n’ai ni sa vertu ni sa rapidité ; par conséquent, je dois rester derrière sans pouvoir suivre son murmure éternel en toutes choses. » Mais mon doux Jésus, se manifesta alors en moi et me dit : Ma fille, toutes les choses ont un mouvement continu parce que, sorties d’un Être suprême qui contient un mouvement plein de vie, toutes les choses sorties de Dieu devaient en conséquence posséder un mouvement vital qui jamais ne cesse. Et s’il cesse, cela signifie que la vie s’arrête. Tu as toi-même en toi un murmure, un mouvement continuel. De plus, la Divinité, en créant la créature, lui a donné une ressemblance aux trois Personnes divines. Elle a placé en elle trois mouvements qui devaient murmurer continuellement pour s’unir à ce mouvement et à ce murmure continuel d’amour de leur Créateur, et ce sont : le mouvement des battements de cœur qui jamais ne cessent, le sang qui circule sans jamais s’arrêter, la respiration du souffle qui jamais n’arrête. Et cela, dans le corps. Dans l’âme, il existe trois autres mouvements de plus qui murmurent continuellement : l’intellect, la mémoire et la volonté. Par conséquent, tout est en lien avec le mouvement de votre Créateur afin de murmurer de concert avec son mouvement éternel. C’est ainsi que tu suis ma Volonté dans son mouvement incessant, dans ses actes qui jamais ne cessent, et tu fais revenir ton mouvement dans le sein de ton Créateur qui attend avec tant d’amour le retour de ses œuvres, de son amour, et de son murmure. En créant les créatures, la Divinité agit comme un père qui envoie ses enfants, pour leur bien, l’un vers une ville, un autre à un champ, un autre à travers la mer – certains dans des endroits proches et d’autres vers des lieux éloignés – en donnant à chacun une tâche à remplir. Mais en les envoyant, il attend avec impatience leur retour ; il regarde toujours pour voir s’ils reviennent. Lorsqu’il parle, c’est de ses enfants ; s’il aime, son amour court vers ses enfants ; ses pensées volent vers ses enfants. Pauvre père, il se sent crucifié parce qu’il a envoyé ses enfants au loin et il languit de les voir revenir. Et si – puisse cela n’a jamais se produire – il ne les voit pas tous revenir, il est inconsolable ; il pleure et gémit de douleur à tirer des larmes des cœurs les plus durs. Et c’est seulement lorsqu’il les voit tous revenir dans son sein paternel et peut les serrer contre sa poitrine qui brûle d’amour pour ses enfants, qu’il est satisfait. Oh ! combien notre Père céleste, plus qu’un père, soupire, brûle, délire pour ses enfants, parce qu’il les a sortis de son sein et qu’il attend leur retour pour les serrer dans ses bras. Et le Royaume du Fiat suprême est précisément cela : le retour de nos enfants dans nos bras paternels ; et c’est pourquoi nous languissons tant après lui.

            Je me sentis alors tout immergée dans l’adorable Volonté de Dieu et je me disais quel grand bien ce serait si tous connaissaient et accomplissaient un Fiat si saint, et quel grand contentement ils donneraient à notre Père céleste. Et mon doux Jésus, reprenant la parole, ajouta : Ma fille, en créant la créature, en la formant de nos mains créatrices, nous sentions une joie, une satisfaction sortir de notre sein, parce qu’elle devait servir à maintenir notre amusement sur la face de la terre, et notre fête continuelle. Aussi, en formant ses pieds, nous pensions qu’ils devaient servir nos baisers, parce qu’ils devaient rejoindre nos pas et être notre moyen de rencontre pour nous amuser ensemble. En formant ses mains, nous pensions qu’elles devaient servir nos étreintes et nos baisers, parce que nous devions voir en lui le répétiteur de nos œuvres. En formant sa bouche et son cœur, qui devaient servir l’écho de notre parole et de notre amour, en infusant en lui la vie de notre souffle, en voyant que cette vie était sortie de nous – qu’elle était entièrement nôtre, nous l’avons serré contre notre sein et embrassé, en confirmation de notre œuvre et de notre amour. Et pour qu’il puisse se maintenir tout entier dans nos pas, dans nos œuvres, dans l’écho de notre parole et de notre amour, et de la vie de notre image imprimée en lui, nous lui avons donné en héritage notre Divine Volonté pour qu’elle puisse le préserver tel que nous l’avions créé et pouvoir continuer nos amusements, nos baisers affectueux, nos douces conversations avec l’œuvre de nos mains. Lorsque nous voyons notre Volonté dans la créature, nous la voyons dans nos pas, nos œuvres, notre Amour, nos paroles, notre mémoire et notre intellect, parce que nous savons que notre suprême Volonté ne laissera rien entrer qui ne soit nôtre. Par conséquent, comme elle est nôtre, nous lui donnons tout – baisers, caresses, faveurs, amour, tendresse plus que paternelle et nous ne voulons pas la quitter d’un seul pas, puisque que la moindre distance nous empêche de former les continuels amusements, d’échanger des baisers, de partager des joies et des secrets très intimes. Par contre, dans l’âme où nous ne voyons pas notre Volonté, nous ne pouvons pas nous amuser parce que nous n’y voyons rien qui nous appartienne. On ressent dans cette âme un tel manque d’harmonie, une telle dissemblance de pas, d’œuvres, d’amour, qu’elle se tient elle-même à distance de son Créateur, et si nous voyons que le puissant aimant de notre Volonté n’est pas présent, lequel nous fait oublier la distance infinie qui existe entre le Créateur et la créature, nous dédaignons de nous amuser avec elle et de la combler de nos baisers et de nos faveurs. Aussi, en se retirant de notre Volonté, l’homme a interrompu nos amusements et détruit les desseins que nous avions en formant la Création ; et c’est uniquement par le règne de notre Fiat suprême, en rétablissant son Royaume, que nos desseins peuvent se réaliser et que peuvent reprendre nos amusements sur la terre.

 

21 novembre 1926 - Tendresse de Jésus au moment de la mort. Comment la créature qui vit dans la Divine Volonté à la primauté sur toutes choses.

            J’étais tout affligée à cause de la mort soudaine d’une de mes sœurs. La peur que mon aimable Jésus puisse ne pas l’avoir avec lui tourmentait mon âme, et Jésus, mon très grand Bien, vint et je lui fis part de ma souffrance ; et lui, toute bonté, me dit : Ma fille, n’aie pas peur, n’est-ce pas ma Volonté qui compense pour tout, pour les sacrements eux-mêmes et pour tous les secours qui peuvent être donnés à une pauvre mourante ? Bien plus encore lorsqu’il n’y a pas la volonté de la personne de ne pas vouloir recevoir les sacrements et tous les secours que l’Église, en mère, donne à ce moment extrême. En l’enlevant soudainement de la terre, ma Volonté m’a fait l’entourer avec la tendresse de mon Humanité. Mon Cœur, humain et divin a placé mes plus tendres fibres dans le champ d’action, de sorte que ses défauts, ses faiblesses, ses passions ont été regardés et pesés avec une finesse de tendresse infinie et divine. Et lorsque je place ma tendresse dans le champ d’action, je ne peux m’empêcher d’avoir de la compassion et de la laisser passer en lieu sûr, comme triomphe de la tendresse de ton Jésus. De plus, ne sais-tu pas que si les secours humains font défaut, les aides divines abondent ? Tu as peur qu’il n’y ait eu personne autour d’elle et que si elle voulait du secours, elle n’avait personne à qui le demander. Ah ! ma fille, les secours humains cessent à ce moment ; ils n’ont ni valeur ni effet parce que les mourants entrent dans l’acte unique et premier avec leur Créateur, et il n’est permis à personne d’entrer dans cet acte premier. Et pour une créature qui n’est pas pervertie, une mort soudaine sert à empêcher l’action du diable d’entrer en jeu avec les tentations et les peurs qu’il fait naître avec un si grand art chez les mourants, car il sent qu’ils lui sont enlevés sans qu’il puisse les tenter ou les suivre. Par conséquent, ce qui est considéré par les hommes comme une disgrâce est bien souvent plus qu’une grâce.

            Après quoi je m’abandonnais tout entière dans le suprême Vouloir et mon doux Jésus, reprenant la parole, me dit : Ma fille, celle qui vit dans ma Volonté a la primauté sur toutes choses et sur tous les actes des créatures ; son acte d’amour est premier devant son Créateur. Ainsi, si les autres créatures aiment, l’âme qui vit dans ma Volonté est première en amour ; les autres viennent en second, d’autres arrivent troisièmes, quatrièmes, selon l’intensité de leur amour. Si les autres créatures m’adorent, me glorifie, me prient, l’âme qui vit dans ma Volonté est première dans son adoration, sa glorification, sa prière. Et cela est naturel parce que ma Volonté est vie et acte premier de toutes les créatures, et par conséquent celle qui vit en elle se trouve dans son acte premier et elle est première devant Dieu, avant toutes les créatures, en faisant tous leurs actes et tous ceux qu’elles ne font pas. Ainsi, la Reine souveraine qui n’a jamais donné vie à sa propre volonté, mais avait sa vie entièrement dans ma Volonté, possède ainsi le droit de primauté. Elle est ainsi première en nous aimant, en nous glorifiant, en nous priant. Si nous voyons que les autres créatures nous aiment, c’est derrière l’amour de la céleste Reine ; si elles nous glorifient et nous prient, c’est derrière la gloire et les prières de celle qui a la primauté et, par conséquent, l’empire sur toute chose. Comme il est beau de voir que lorsque les créatures nous aiment, elle n’abandonne jamais sa première place dans l’amour. Mieux encore, elle se place comme acte premier, elle fait couler sa mer d’amour autour de la Majesté de sorte que les autres créatures restent derrière la mer d’amour de la céleste Maman, avec leurs petites gouttes d’amour ; et ainsi de suite pour tous les autres actes. Ah ! ma fille, vivre dans ma Volonté est un mot, mais un mot qui pèse autant que l’éternité – c’est un amour qui embrasse tout et toutes choses.

 

23 novembre 1926 - Menaces de châtiments. Comment celles qui vivent dans la Divine Volonté forment le vrai Soleil. De quoi est formé ce Soleil.

            J’étais dans mon état habituel et mon aimable Jésus se fit voir en moi, le visage penché hors de ma poitrine, les yeux étincelants de lumière et regardant au loin. Dans cette lumière, je pouvais voir moi aussi des rivières débordantes, des mers envahissant leur rivage, des bateaux emportés, des villes submergées, des ouragans balayant tout et beaucoup d’autres maux qui, alors qu’ils semblaient se calmer en certains points, reprenaient leur furie en d’autres. Oh ! qu’il était effrayant de voir l’eau, le vent, la mer, la terre, armés par la divine Justice, frapper les pauvres créatures. Je priais alors mon très grand Bien de s’apaiser et de retirer l’ordre de faire justice qu’il avait donné à ces éléments. Et mon doux Jésus, jetant ses bras autour de mon cou, me serra très fort contre lui et me fit sentir sa Justice : Ma fille, je suis à bout ; il faut que ma Justice suive son cours. Toi, ne t’inquiète pas de ce que tu vois, mais occupe-toi plutôt du Royaume de mon Fiat éternel.

            Toujours affligée à cause des grands maux qui vont arriver, je m’abandonnais dans l’adorable Volonté de mon Jésus, j’y enfermais toutes les pensées, les regards, les paroles, les œuvres, les pas et les battements de cœur afin que tous puissent aimer et demander de concert avec moi que le Royaume du Fiat suprême puisse venir et être bientôt établi dans les générations humaines. Et mon Dieu bien-aimé, reprenant la parole, ajouta : Ma fille, la vie dans ma Volonté forme le vrai Soleil entre le ciel et la terre. Ses rayons investissent chaque pensée, regard, parole, œuvre et pas ; et en les reliant avec sa lumière, il forme avec eux une couronne autour de lui en la gardant fermement pour que rien ne puisse en sortir. Ses rayons montent et investissent le ciel tout entier, tous les Bienheureux, et les tenant tous dans sa lumière, ne laisse rien sortir afin que, triomphant, le Soleil puisse dire : ‘Je contiens tout. Rien ne manque des œuvres de mon Créateur et de ce qui lui appartient. Avec mes ailes de lumière, je recouvre tout, j’embrasse tout, je triomphe de tout – même de mon Créateur éternel, parce que dans la lumière de sa Volonté, il n’y a rien qu’il veuille et que je ne lui apporte pas, il n’y a pas un seul acte que je ne fasse pour lui, il n’y a pas un amour que je ne lui donne. Avec mes ailes de lumière, que mon Fiat éternel m’administre, je suis le vrai Roi qui, investissant toute chose, domine sur tout.’ Qui peut résister aux rayons du soleil ou s’en libérer lorsqu’il est à l’extérieur ? La puissance de la lumière est irrésistible ; là où elle s’étend, personne ne peut échapper à son toucher qui imprime gentiment ses baisers de lumière et de chaleur et, triomphant, les garde investis sous l’impression de sa lumière. Il peut y avoir des ingrats qui ne font pas attention à cette lumière et ne disent même pas ‘Merci’, mais la lumière ne s’en préoccupe même pas ; elle remplit sa fonction de lumière et continue à donner fermement le bien qu’elle possède. De plus, le Soleil de ma Volonté n’est pas comme le soleil que l’on peut voir dans la voûte des cieux, dont la sphère de lumière est limitée. Si cette sphère était grande au point de former un deuxième ciel, la terre, en tournant, verrait toujours son Soleil et, par conséquent, il n’y aurait jamais d’obscurité et de nuit sur la terre ; et tout comme la terre ne perd jamais de vue le ciel qui s’étend partout, elle ne perdrait jamais de vue le soleil et il ferait jour continuellement sur la terre.

            La sphère du Soleil de ma Volonté n’est pas limitée et possède par conséquent le plein jour. La créature qui vit en elle embrasse tous les temps, toutes les générations, et investit tous les actes ; elle forme un seul acte, un seul amour et une seule gloire pour son Créateur. Mais sais-tu de quoi est formé ce Soleil de ma suprême Volonté ? Mes attributs sont les rayons de ce Soleil qui, bien que différents entre eux dans leur qualité et leur fonction, sont lumière dans leur substance. Et ma Volonté est la lumière combinée qui assume ensemble toutes ces lumières et est la directrice de tous mes attributs. Ainsi, lorsque les créatures méritent d’être frappées, je dirige le rayon de ma Justice et, prenant la défense de mes droits, il frappe les créatures.

 

27 novembre 1926 - Comment celle qui remplit une mission peut être appelée mère ; et pour être appelé fille, il faut être générée en elle. Comment les autres saintetés sont lumières, alors que la Sainteté de la Divine Volonté est Soleil. Comment le fondement de cette Sainteté est l’Humanité de Notre-Seigneur.

            J’étais tout abandonnée dans les bras de l’adorable Volonté et je priais mon doux Jésus d’utiliser un acte de sa Puissance pour que le Vouloir suprême puisse investir les générations humaines et s’y attacher pour y former ses premiers enfants qu’il désire tant. Et Jésus, mon très grand Bien, bougea en moi et me dit : Ma fille, lorsque quelqu’un a une mission spéciale, cette personne est appelée mère, ou père. La personne qui vient de cette mission, lorsqu’elle est remplie, peut être appelée fille de cette mère. Être vraiment mère signifie donner naissance à un être de son sein, le former de son propre sang, accepter les souffrances, les sacrifices et, si nécessaire, offrir sa propre vie pour donner vie à une naissance de son propre sein. Et lorsque cette naissance est arrivée à terme dans son sein et qu’elle est venue au jour, alors, avec justice, de droit, et avec raison, cette naissance est appelée fils, et celle qui l’a généré, mère. Par conséquent, pour être mère, il est nécessaire de former premièrement tous les membres en soi-même – de les générer de son propre sang, et les actes de ses enfants doivent être générés du cœur même de leur mère. Or, ma fille, pour être fille de ma Volonté, tu as été générée en elle. C’est en elle que tu as été formée et, en te formant, la lumière, l’amour de ma Volonté, plus que le sang, a greffé en toi ses voies, son attitude, son opération, te faisant embrasser tous les hommes et toutes choses. Cela est si vrai qu’étant née de ma Volonté, elle t’appelle tantôt la ‘nouvelle-née de ma Volonté’, tantôt sa ‘petite fille’. Seule celle qui a été générée par ma Volonté peut générer des enfants de ma Volonté ; par conséquent, tu seras la mère de la génération de ses enfants.

            Je lui dis : « Mon Jésus, que dis-tu là ? Je ne suis pas une bonne fille – comment puis-je être mère ? » Et Jésus : Cependant, c’est de toi que doit venir la génération de ces enfants. Quelle mère a autant souffert ? Qui a été clouée au lit durant quarante années et davantage, pour l’amour de donner naissance à la génération de ses enfants ? Personne. Quelle mère, si bonne soit-elle, a sacrifié son existence tout entière au point d’enclore en elle les pensées, les palpitations, les œuvres, afin que tout puisse être réordonné dans la naissance qu’elle portait et donner vie, non pas une seule fois, mais à chaque acte de son enfant ? Personne. Toi-même, ne sens-tu pas en toi les générations de ces enfants en suivant leurs pensées, leurs paroles, leurs œuvres et leurs pas pour les réordonner tous dans ma Volonté ? Ne te sens-tu pas toi-même vouloir donner vie à tous, pourvu qu’ils connaissent ma Volonté et soient régénérés en elle ? Tout ce que tu fais et que tu souffres n’est rien d’autre que la formation et la maturation de cette naissance, toute céleste. C’est pourquoi je t’ai souvent dit que ta mission est grande, sans égale, et demande la plus grande attention.

            Après quoi je me sentais oppressée parce que j’avais appris que le révérend père di Francia faisait publier les mémoires de mon enfance et tout ce qui la suit ; et dans ma peine, je disais à mon bien-aimé Jésus : « Mon Amour, regarde un peu ce que tu me fais – en faisant connaître ce que tu m’as dit au sujet des vertus et de ton adorable Volonté, ils ajoutent maintenant ce qui me concerne. Ils pourraient au moins faire cela après ma mort – et pas maintenant. Je suis seule à connaître cette confusion et cette grande peine ; mais pour les autres, rien. Ah ! Jésus, donne-moi la force de faire ta sainte Volonté également en cela. » Et Jésus, me prenant dans ses bras pour me donner de la force, toute bonté, me dit : Ma fille, ne t’afflige pas tant. Tu dois savoir que les autres saintetés sont de petites lumières formées dans l’âme, et ces lumières sont susceptibles de croître ou de décroître, et même de s’éteindre ; par conséquent, il n’est pas juste de le mettre par écrit lorsque la créature vit encore dans le temps, avant que la lumière ne soit plus sujette à s’éteindre après son passage dans l’autre vie. Quelle impression ferait-on si l’on apprenait que cette lumière a cessé d’exister ? Par contre, la Sainteté de la vie dans ma Volonté n’est pas une lumière, mais un Soleil ; il n’est par conséquent pas sujet à s’appauvrir en lumière ni à s’éteindre. Qui pourra jamais toucher le soleil ? Qui peut lui enlever une seule goutte de lumière ? Personne. Qui peut éteindre un atome de sa chaleur ? Qui peut le faire descendre d’un millième de centimètre de la hauteur où il règne et domine la terre entière ? Personne. Si elles n’étaient pas le Soleil de mon Fiat suprême, je n’aurais pas permis qu’elles soient imprimées. Mais au contraire, je me hâte, parce que le bien que peut faire un soleil ne peut pas être fait par une lumière. En fait, le bien d’une lumière est trop limité, et ce n’est ni un grand bien s’il est exposé, ni un grand mal si on ne lui permet pas de s’élever. Par contre, le soleil embrasse toute chose, il fait du bien à tous, et ne pas lui permettre de s’élever aussitôt que possible, est un grand mal ; et c’est un très grand bien de le laisser s’élever même un jour plus tôt. Qui peut dire le grand bien qu’un jour ensoleillé peut produire ? Bien plus encore si c’est le Soleil de mon éternelle Volonté. Aussi, plus le retard est grand, plus il y a de jours ensoleillés enlevés aux créatures et plus le Soleil doit restreindre ses rayons à l’intérieur de notre Patrie céleste.

            Mais en dépit de tout ce que Jésus disait, mon oppression continuait et mon pauvre esprit s’attristait à la pensée que ma pauvre et insignifiante existence – qui méritait d’être enterrée sans que personne ne remarque que j’avais été sur terre – devez être mise sous les yeux et entre les mains de Dieu sait combien de personnes. Mon Dieu, mon Dieu – quelle tristesse. Mais c’est alors que mon toujours aimable Jésus se fit voir en moi, à plat ventre, comme si sa sainte Humanité se faisait le fondement de ma pauvre petite âme. Et reprenant la parole, il me dit : Ma fille, ne sois pas distraite. Ne vois-tu pas que la fondation du Royaume du Fiat éternel en toi est formée par mes pas, par mes œuvres, par mes palpitations d’amour, pour l’honneur de ma Volonté, par mes ardents soupirs et par les larmes brûlantes de mes yeux ? Toute ma vie repose en toi pour former cette fondation ; par conséquent, il ne convient pas que ton petit travail sur cette fondation si solide et si sainte soit accompli avec distraction, ou que tes rondes dans le Vouloir suprême soient faites dans l’ombre. Non, non, ma fille, je ne veux pas cela pour toi. Ne crains pas, tu resteras enfermée dans le Soleil de ma Volonté. Qui donc, plus que lui, pourra t’éclipser de telle sorte que personne ne te remarque ? Le Soleil du Fiat suprême y veillera, de sorte que la petite lampe de ton âme entourée par ses rayons, le Soleil puisse apparaître en elle tout en gardant la lampe cachée en lui. Par conséquent, sois en paix si tu veux rendre heureux ton Jésus ; abandonne-moi tout et je prendrai soin de tout.

 

29 novembre 1926 - Comment la suprême Volonté, qui est Reine, agit en servante de la volonté humaine parce que les créatures ne la laissent pas régner.

            Mon abandon habituel dans l’adorable Volonté continuait et toute la Création se rendait présente avec la suprême Volonté qui coulait, dominante et triomphante, comme lumière et comme vie première, dans les grandes comme dans les petites choses. Quel enchantement, quel ordre, quelle rare beauté, quelle harmonie en elles, car une est la Volonté qui les domine et, coulant en elle, les relie de telle sorte que l’une ne peut être sans l’autre. Et mon doux Jésus, interrompant mon admiration, me dit : Ma fille, ma Volonté est restée telle une vie opérante en chaque chose créée afin de pouvoir dominer librement et avec plein triomphe. Ainsi, ma Volonté a la vie opérante de la lumière et de la chaleur dans le soleil, la vie opérante de son immensité et de la multiplicité de ses œuvres dans le ciel, la vie opérante de sa puissance et de sa justice dans la mer. En fait, ma Volonté n’est pas comme la volonté des créatures qui, même si elles le veulent, comme elles n’ont pas de mains, ne peuvent travailler ; n’ayant pas de pieds, ne peuvent marcher ; muettes ou aveugles, ne peuvent ni parler ni voir. Ma Volonté, par contre, accomplit tous les actes en un seul : alors qu’elle opère, elle marche ; ayant tous les yeux pour voir, elle a en même temps la voix pour parler avec une éloquence sans égale ; elle parle dans le tumulte du tonnerre, dans la foudre, dans le sifflement du vent, dans le tumulte des vagues de la mer, dans le petit oiseau qui chante. Elle parle partout afin que tous puissent entendre sa voix – tantôt forte, tantôt douce, tantôt rugissante. Ma Volonté, combien tu es admirable ! Qui peut prétendre avoir aimé les créatures comme tu les as aimées ? Mon Humanité – oh ! combien elle reste derrière toi. Je demeure éclipsé en toi et tu poursuis ton opération qui n’a ni commencement ni fin. Tu es toujours à ta place, donnant vie à toutes les choses créées pour apporter ta vie aux créatures. Oh ! si toutes savaient ce qu’il fait pour elles, combien il les aime, combien son souffle vital leur apporte la vie – oh, combien elles l’aimeraient et se rassembleraient toutes autour de mon Fiat éternel pour recevoir la vie qu’il veut leur donner.

            Mais sais-tu, ma fille, pourquoi mon Vouloir suprême domine en chaque chose créée pour y accomplir sa fonction distincte ? Parce que c’est lui-même qu’il veut servir – sa propre Volonté – qui était de vivre et de régner dans la créature pour qui il avait créé toutes choses. Il agissait comme un roi qui, voulant se former une résidence où régner et avoir sa demeure, y aménage de nombreuses chambres ; il installe de nombreuses lumières pour combattre l’obscurité ; de petites fontaines d’eau très fraîche ; pour son agrément, il y fait entendre de la musique ; et sa résidence est entourée de magnifiques jardins – en somme, il installe tout ce qui peut le rendre heureux et qui est digne de sa royauté. Comme il est roi, il doit avoir ses serviteurs, ses ministres, ses soldats. Mais que se passe-t-il ? On lui dénie sa royauté et au lieu que ce soit le roi, ce sont les serviteurs, les ministres et les soldats qui dominent. Quelle ne serait pas la tristesse de ce roi en voyant que ses œuvres ne le servent pas, mais, injustement, sont au service de ses serviteurs et qu’il est obligé de se faire serviteur de ses serviteurs, car lorsqu’un service, une œuvre, ne sert que soi-même, on ne peut pas être appelé serviteur. Or, ma Volonté devait se servir elle-même dans les créatures et elle demeurait par conséquent telle une noble Reine dans toutes les choses créées afin que rien ne manquât à sa royauté de Reine dans la créature. Personne ne pouvait être digne de servir dignement ma Volonté, si ce n’est ma Volonté elle-même ; elle n’aurait pas pu davantage s’adapter à être servie par des serviteurs, car personne n’aurait eu ses nobles et divines manières pour la servir.

             Écoute alors la grande tristesse de ma suprême Volonté ; il est juste que toi, qui es sa fille, tu connaisses les douleurs de ta Mère, de ta Reine, et de celle qui est ta Vie. Dans la Création, elle agit comme la servante des serviteurs ; elle sert la volonté humaine parce que la mienne ne règne pas dans les créatures. Comme il est dur de servir les serviteurs – et durant de longs siècles. Lorsque l’âme se retire de ma Volonté pour faire la sienne, elle place ma Volonté en servitude dans la Création. Et sa douleur est grande quand, de Reine, elle agit en servante sans que personne ne puisse apaiser une douleur si amère. Et si elle continue à demeurer dans la Création en servante des serviteurs, c’est parce qu’elle attend ses enfants ; elle attend ce temps où ses œuvres serviront les enfants de son Fiat éternel et qui, la laissant régner et dominer sur leur âme, la laisseront servir sa propre noblesse. Oh ! Seuls ses enfants pourront apaiser une souffrance si longue et si amère ; ils sécheront ses pleurs de tant de siècles de servitude ; ils lui rendront les droits de sa royauté. C’est pourquoi il est si nécessaire de faire connaître ma Volonté – ce qu’elle fait, ce qu’elle veut, combien elle est toute chose et contient tous les biens, et combien elle souffre continuellement de ne pas pouvoir régner.

            Après quoi mon esprit demeurait si pénétré par la souffrance de la suprême Volonté que, toute la Création se dressant devant mon esprit, je pus voir avec une immense tristesse cette noble Reine, voilée en chaque chose créée, servant les créatures. Elle agissait comme servante dans le soleil, donnant aux créatures lumière et chaleur ; elle agissait comme servante dans l’eau, en s’offrant à leurs lèvres pour étancher leur soif ; elle agissait comme servante dans la mer, leur offrant les poissons ; elle agissait comme servante dans la terre, leur donnant des fruits, des aliments de toutes sortes, des fleurs, et bien d’autres choses. En somme, je pouvais la voir en toutes choses, voilée avec tristesse, car il n’était pas convenable qu’elle servît les créatures. Au contraire, il était inconvenant à sa noblesse de Reine d’agir comme la servante de créatures ingrates et perverties qui acceptaient sa servitude sans même y porter attention, sans même un « Merci » ni la moindre rétribution, comme c’est normalement le cas avec les serviteurs. Qui peut dire ce que je comprenais de cette souffrance du Fiat éternel, si longue et si intense ?

            J’étais plongée dans cette souffrance lorsque mon Jésus adoré bougea en moi, se pressant contre moi et, toute tendresse, il me dit : Ma fille, il est extrêmement triste et humiliant pour mon Vouloir suprême d’agir en serviteur des créatures qui ne le laissent pas régner chez elles. Mais il se sentira encore plus glorifié et aimé chez celles qui le laisseront régner. Regarde en toi – combien il est heureux de te servir. Il règne en toi lorsque tu écris, il se sent honoré et heureux de te servir en guidant ta main afin que tu puisses mettre sur le papier les mots qui le feront connaître. Il place sa sainteté à ton service dans ton esprit afin de t’administrer les idées, les termes, les plus tendres exemples concernant ma suprême Volonté afin d’ouvrir ses voies parmi les créatures pour former son Royaume. Il sert ton regard pour te laisser voir ce que tu écris ; ta bouche pour te nourrir de ses paroles, ton cœur pour le faire palpiter de son propre Vouloir. Quelle différence ! Il est heureux de te servir parce qu’il se sert lui-même – il sert à former sa Vie ; il sert la connaissance de lui-même, de sa propre sainteté ; il sert à former son Royaume. Ma volonté règne en toi lorsque tu pries et elle te sert en te faisant voler en elle, en te laissant accomplir ses actes et en te laissant prendre possession de ses biens. Cette façon de servir de ma Volonté est glorieuse, triomphante, dominante ; et ma Volonté souffrirait uniquement si l’âme ne lui permettait pas d’être servie par elle complètement et en toutes choses.

 

3 décembre 1926 - Comment la Divine Volonté éclipse l’Humanité de Jésus dans l’âme. Comment la volonté humaine met une distance entre Dieu et l’âme. Comment nous sommes des rayons de lumière sortis de Dieu. Comment l’emprisonnement de Jésus symbolise la prison de la volonté humaine.

            Poursuivant dans mon état habituel d’abandon dans mon adorable Fiat suprême, je soupirais après Jésus, mon très grand Bien. Dans cette lumière infinie du Vouloir éternel dont les frontières sont invisibles – sans commencement ni fin – j’étais tous yeux pour voir si je pouvais apercevoir celui que j’attendais avec tant d’impatience. Et Jésus, pour calmer mon agitation, sortit de moi et je lui dis : « Mon Amour, comme tu me fais lutter et soupirer pour ton amour – tu attends vraiment le moment où je n’en peux plus. Ce qui montre clairement que tu ne m’aimes plus comme avant. Pourtant, tu m’as dit que tu m’aimeras de plus en plus, que tu seras toujours avec moi, et maintenant tu me laisses parfois même durant un jour entier en proie à ma souffrance et sous la pression de ta privation, seule et abandonnée.

            Jésus m’interrompit et me dit : Ma fille, courage, ne désespère pas – je ne te quitte pas. Et c’est si vrai que c’est toujours de l’intérieur de toi que je viens pour passer un peu de temps avec toi ; et si tu ne me vois pas toujours, c’est pour te permettre de suivre l’acte unique de ma Volonté qui contient tous les actes ensemble. Ne vois-tu pas que la lumière de mon Vouloir suprême s’écoule de ton cœur, de ta bouche, de tes yeux, de tes mains et de tes pieds – de ton être tout entier ? Mon Vouloir m’éclipse en toi et tu ne me vois pas toujours parce que, étant infini – ce que n’est pas mon Humanité – il a la puissance de m’éclipser et j’aime cette éclipse de mon Vouloir suprême ; et, de l’intérieur de toi, je vois ton envol, tes actes dans le divin Fiat. Si je me faisais toujours voir pour passer du temps avec moi pour jouir de ma douce et aimable présence, tu ne t’occuperais que de mon Humanité ; nous échangerions notre amour et tu n’aurais pas le cœur de me quitter pour suivre le vol de ma Volonté dans la Création et dans les actes mêmes que mon Humanité a accomplis dans la Rédemption. Par conséquent, pour te permettre d’accomplir la mission qui t’a été confiée, pour te rendre plus libre, je reste caché en toi pour suivre tes actes dans le Fiat éternel. As-tu oublié que c’est ce que j’ai dit à mes Apôtres eux-mêmes – qu’il était nécessaire qu’ils se détachent de mon Humanité qu’ils aimaient tant et ne pouvaient pas quitter ? Cela est si vrai que tant que j’ai vécu sur terre, ils ne m’ont pas quitté pour parcourir le monde, prêcher l’Évangile et faire connaître ma venue sur la terre. Mais après mon départ pour le ciel, investis de l’Esprit divin, ils reçurent cette force de quitter la région pour faire connaître les biens de la Rédemption et même offrir leur vie par amour pour moi. Ainsi, mon Humanité aurait été un obstacle à la mission de mes Apôtres. Je ne dis pas que c’est ce qui se passe avec toi parce qu’entre toi et moi, il n’y a pas cet obstacle. En fait, un obstacle survient lorsque deux êtres sont séparables ; mais lorsqu’ils se sont tellement identifiés l’un à l’autre que l’un vit dans l’autre, l’obstacle disparaît, parce que partout où l’un peut aller, l’autre se trouve également. Aussi, comme ils sont ensemble, l’une peut aller sans effort partout où elle veut puisque le bien-aimé est en elle et la suit partout. Je dis simplement que l’éclipse survient souvent à cause de la forte lumière de ma Volonté qui, en te dominant toi et mon Humanité en toi, elle nous éclipse et nous fait suivre ses actes. Cela ne veut pas dire que je ne t’aime plus comme avant et que je peux être sans toi – pas du tout. Au contraire, ma Volonté te donne l’amour éternel et total de ton Jésus, et en se plaçant autour de moi comme un mur avec sa lumière, elle ne permet pas, même pour un seul instant, que je puisse m’éloigner de toi.

            Sais-tu ce qui crée une distance entre Dieu et l’âme ? La volonté humaine ! Chacun de ses actes est un pas de distance entre le Créateur et la créature. Plus la volonté humaine opère, plus l’âme s’éloigne de celui qui l’a créée ; elle le perd de vue ; elle déchoit de son origine ; elle brise tous les liens avec la céleste Famille. Imagine qu’un rayon de soleil puisse se détacher du centre de sa sphère : en s’éloignant du soleil, il se sent disperser la lumière et s’écarter au point de perdre complètement de vue le soleil ; ce rayon disperse toute sa lumière et devient ténèbres. Converti en ténèbres, ce rayon sent en lui un mouvement de vie, mais il n’est plus capable de donner la lumière, car il n’en possède plus ; par conséquent son mouvement, sa vie, ne peuvent que répandre une profonde obscurité. Telles sont les créatures – des rayons de lumière sortis de la sphère du Soleil de la Divinité : en s’éloignant de la Volonté, ils se vident de lumière parce qu’il appartenait à ma Volonté de préserver la lumière de ces rayons ; et ils se transforment alors en ténèbres. Oh ! si tous savaient ce que signifie ne pas faire ma Volonté – Oh ! comme ils prendraient soin de ne pas laisser le poison de la volonté humaine, destructeur de tout bien, entrer en eux.

            Après quoi je suivis mon Jésus passionné dans sa douloureuse prison. Attaché d’une façon barbare à une colonne, il ne pouvait se tenir droit et, les jambes pliées, il oscillait de gauche à droite. M’accrochant à ses genoux pour le maintenir droit, je replaçai ses cheveux qui couvraient son adorable visage tout couvert encore des crachats qui le salissaient. Oh ! comme j’aurais voulu le détacher, le délivrer de cette position si douloureuse et humiliante. Et mon prisonnier Jésus, tout affligé, m’a dit : Ma fille, sais-tu pourquoi j’ai permis d’être mis en prison au cours de ma Passion ? Pour libérer l’homme de la prison de sa volonté humaine. Vois combien cette prison est horrible. C’était un endroit étroit contenant les déchets et les excréments des créatures ; la puanteur était intolérable, l’obscurité épaisse – ils ne m’ont même pas laissé une petite lampe. Ma position était insoutenable – couvert de crachats, les cheveux en désordre, souffrant de tous mes membres, attaché sans même pouvoir me tenir bien droit, je ne pouvais rien faire, pas même écarter les cheveux de mes yeux. Cette prison est l’image véritable de la prison formée par la volonté humaine des créatures. La puanteur qui en émane est horrible, l’obscurité épaisse ; bien souvent, il ne leur reste même pas la petite lampe de la raison. Elles y sont toujours agitées, dérangées, salies par les plus misérables passions. Oh ! combien il faudrait pleurer sur cette prison de la volonté humaine ; avec quelle force je ressentais, dans cette prison, le mal qu’elle avait fait aux créatures. Ma douleur était si grande que je versais des larmes amères et priais mon Père céleste de libérer les créatures de cette prison, si douloureuse et ignominieuse. Toi aussi, prie avec moi que les créatures puissent se libérer de leur volonté.

 

6 décembre 1926 - Pacte entre Jésus et l’âme. Comment un acte ne peut être appelé parfait que lorsque la Divine Volonté y règne.

            Ce matin, il me semblait que mon doux Jésus ne m’avait pas fait travailler autant pour sa venue ; il a même passé beaucoup de temps avec moi, ce qu’il n’avait pas fait depuis longtemps. En fait, lorsqu’il vient, sa visite est toujours très courte et il ne me laisse pas beaucoup de temps pour lui parler. C’est lui seul qui parle pour me dire ce qu’il veut, ou alors il me parle sans arrêt de la lumière éternelle de son Vouloir, si bien que Jésus lui-même demeure éclipsé dans cette lumière, et moi avec lui. Et nous nous perdons de vue tous les deux, parce que cette lumière est si forte et si éblouissante que la petitesse et la faiblesse de ma vue ne peuvent la soutenir ; par conséquent, je perds tout – et également Jésus. Aujourd’hui, lorsqu’il était avec moi, son agitation était telle que son Cœur battait très fort. Inclinant sa poitrine contre la mienne, il me fit sentir l’ardeur de ses battements et, approchant ses lèvres des miennes, il versa en moi une partie de ce feu qui le brûlait. C’était comme un feu liquide, mais très doux, d’une douceur indescriptible. Cependant, parmi ces petits ruisseaux qui coulaient de sa bouche dans la mienne comme de petites fontaines, il y avait des filets d’amertume que l’ingratitude humaine envoyait dans le Cœur de mon doux Jésus. Il y a longtemps que Jésus n’avait pas fait ce qu’il avait l’habitude de faire presque chaque jour.

            Après avoir déversé en moi ce qu’il avait dans son très saint Cœur, il me dit : Ma fille, nous devons faire un pacte – que tu ne dois rien faire sans moi et que moi, je ne doive rien faire sans toi.

            Et moi : « Mon Amour, c’est merveilleux, j’aime ce pacte – de ne rien faire sans toi. Et lorsque tu ne viens pas, que dois-je faire ? Je dois alors rester oisive, mais tu placeras alors ta Volonté dans la mienne et je serai alors incapable de faire quelque chose que tu ne veux pas. Ainsi, tu gagneras toujours et tu feras tout ce que tu veux – et sans moi. » Et Jésus, toute bonté, reprit la parole : Ma fille, lorsque je ne viens pas, tu ne dois pas rester sans rien faire – non, non ; tu dois continuer à faire ce que nous faisons ensemble – ce que j’ai dit que je voudrais que tu fasses. Cela ne veut pas dire faire des choses sans moi, parce qu’elles se sont déjà passées entre toi et moi et c’est alors comme si tu les faisais toujours avec moi. De plus, ne veux-tu pas que je gagne toujours ? La victoire de ton Jésus est aussi ta victoire ; ainsi, en gagnant, tu perds ; en perdant, tu gagnes. Cependant, sois certaine que je ne ferai rien sans toi. C’est pourquoi je t’ai placée dans ma Volonté avec ma Lumière, ma Sainteté, mon Amour, ma Force – afin que, si tu veux ma Lumière, ma Sainteté, mon Amour, ma Force, tu puisses en disposer et prendre la Lumière que tu veux, et la Sainteté, l’Amour, la Force que tu veux posséder. Comme il est beau de voir que tu possèdes mes biens, ce qui me permet de ne rien faire sans toi. Je ne peux conclure ces pactes qu’avec une créature en qui ma Volonté domine et règne.

            Après quoi je faisais mes actes habituels dans le suprême Fiat et pensais que je voulais cacher mon petit amour, ma maigre adoration, et tout ce que je pourrais faire, dans le premier acte qu’Adam avait fait lorsqu’il possédait l’unité de la lumière de la Divine Volonté, et aussi dans les actes de la Maman Reine, qui étaient tous parfaits. Et mon Jésus adoré ajouta : Ma fille, ce n’est que lorsqu’un acte enferme en lui-même tous les autres actes ensemble – qu’il peut être appelé parfait. Et seule ma Volonté contient cet acte parfait – qui d’un seul acte produit tous les actes imaginables existant au ciel et sur la terre. Cet acte unique de ma Volonté est symbolisé par une fontaine : cette fontaine est unique, mais d’elle sortent les mers, les rivières, le feu, la lumière, le ciel, les étoiles, les fleurs, les montagnes et la terre. Tout sort de cette unique fontaine. Or Adam, dans son état d’innocence, et la Reine souveraine, en possédant ma Volonté, lorsqu’ils aimaient, enfermaient dans cet amour adoration, gloire, louange, bénédictions et prière. Rien ne manquait à leur plus petit acte où coulait la multiplicité des qualités d’un acte unique de mon Vouloir suprême qui les faisait embrasser toutes choses ; ainsi, en un seul acte, ils donnaient à leur Créateur tout ce qui lui convenait. S’ils aimaient, s’ils adoraient ; s’ils adoraient, ils aimaient. Les actes isolés qui n’embrassent pas tous les actes ensemble ne peuvent pas être appelés parfaits – ce sont de maigres actes de la volonté humaine. Et par conséquent, c’est uniquement dans le Fiat que l’âme peut trouver la vraie perfection dans ses actes et offrir un acte divin à son Créateur.

 

8 décembre 1926 - Comment celle qui vit dans la Divine Volonté est l’écho et le petit soleil. Comment ces écrits viennent du Cœur de Notre-Seigneur. Les œuvres de Notre-Seigneur sont des voiles qui cachent la noble Reine de la Divine Volonté.

            Je faisais mes actes habituels dans le Vouloir éternel et mon toujours aimable Jésus bougea en moi et me dit : Ma fille, tu es notre écho. Lorsque tu entres dans notre Volonté pour aimer, louer, demander la venue de notre Royaume, nous entendons en toi l’écho de notre amour, l’écho de notre gloire, l’écho de notre Fiat qui veut venir régner sur terre, qui veut être prié encore et encore, et pressé de venir régner sur la terre comme il règne au ciel. Et lorsque tu parcours toute la Création pour y suivre les actes de la Volonté suprême, nous entendons ton écho dans la mer, dans les vallées, sur les montagnes, dans le soleil, dans les cieux et dans les étoiles – en toutes choses. Que cet écho est beau – il est notre écho qui résonne en toutes nos choses. Dans cet écho, nous entendons celui de notre voix, le mouvement de nos œuvres, la trace de nos pas, les mouvements et les battements de notre Cœur, et nous faisons nos délices de ta petitesse lorsque dans ton écho, tu imites notre voix, tu copies les mouvements de nos œuvres, tu imites le bruit de nos pas, et tu aimes avec nos propres battements de Cœur.  

            Puis, en soupirant, il ajouta : Ma fille, si le soleil avait la raison et voyait une plante, un être qui voulait devenir soleil, il augmenterait sa lumière, sa chaleur et tous ses effets sur cet être pour le faire devenir soleil. Et même alors, il ne refuserait pas sa lumière et ses effets sur les autres êtres – car c’est dans la nature de la lumière de se diffuser et de faire du bien à tous, quels qu’ils soient – et l’être fortuné qui recevrait tout ensemble tous les reflets et tous les biens que le soleil contient, deviendrait soleil. Quelle gloire, quelle satisfaction le soleil ne connaîtrait-il pas en étant capable de former un autre soleil ? La terre entière, depuis bien des siècles, n’a jamais reçu autant de gloire, autant d’amour, en recevant ses nombreux effets, que cet être qui serait devenu soleil.

            En vivant dans notre Fiat, l’âme ne fait qu’imiter son Créateur et le Soleil éternel consacre tous ses reflets sur elle, de telle sorte qu’elle devient le petit soleil à la ressemblance du Soleil divin. Cela n’était-il pas précisément notre dessein en disant : ‘Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance.’ Créer l’homme sans qu’il doive être comme nous et porter en lui l’image de celui qui l’a créé, cela ne serait ni convenable ni digne d’une œuvre de nos mains ; ce ne serait pas non plus digne de la Puissance de ce souffle régénérateur sorti de notre sein que de générer un être différent de nous. Que dirait-on d’une mère qui générerait non pas un enfant avec des yeux, une bouche, des mains, des pieds, et qui lui ressemblerait en tout – plus petit qu’elle, mais sans que lui manque un seul des organes de la mère – mais qui générerait une plante, un oiseau, une pierre, toutes choses qui lui sont dissemblables ? Ce serait incroyable – contre nature et indigne pour une mère qui n’aurait pas été capable d’infuser son image et tous ses membres dans son nouveau-né. Si toutes les choses génèrent et forment des choses qui leur ressemblent, c’est bien plus encore ce que fait Dieu, premier Générateur, dont l’honneur et la gloire en formant les créatures étaient de créer des êtres à sa ressemblance. Par conséquent, ma fille, que ton envol dans ma Volonté soit continu afin qu’elle puisse concentrer ses rayons sur toi pour qu’en te traversant, elle puisse faire de toi son petit soleil.

            Après quoi je me sentais fatiguée et sans pouvoir me résoudre à écrire ce que mon Jésus adoré m’avait dit. Et Jésus, à ma surprise, pour me donner la volonté et la force de le faire, me dit : Ma fille, ne sais-tu pas que nos écrits viennent du tréfonds de mon Cœur et que je fais couler en eux la tendresse de mon Cœur pour toucher ceux qui les liront, et la fermeté de mon discours divin pour les fortifier dans les vérités de ma Volonté ? Dans toutes les paroles, les vérités, et tous les exemples que je te fais écrire, je fais couler la dignité de ma céleste sagesse, de telle sorte que ceux qui les lisent ou qui les liront, s’ils sont en grâce, vont ressentir en eux ma tendresse, la fermeté de ma parole et la lumière de ma sagesse ; et comme entre des aimants, ils seront entraînés dans la connaissance de ma Volonté. Quant à ceux qui ne sont pas en grâce, ils ne pourront nier que c’est une lumière ; et la lumière fait toujours du bien, elle ne fait jamais de mal ; elle illumine, elle réchauffe, elle fait découvrir les choses les plus cachées et porte à les aimer. Qui peut dire que le soleil ne lui fait pas de bien ? Personne. Plus que le soleil, je fais sortir ces écrits de mon Cœur pour qu’ils puissent faire du bien à tous. C’est pourquoi je m’intéresse tant à ce que tu écris – à cause du grand bien que je veux faire à la famille humaine ; si bien que je les considère comme mes propres écrits, parce que je suis toujours celui qui dicte et tu es la petite secrétaire de la longue histoire de ma Volonté.

            Je suivais ensuite dans la Divine Volonté tout ce que mon doux Jésus avait fait lorsqu’il était sur terre dans son Humanité, et je demandais en chacun de ses actes que son Fiat soit connu et qu’il vienne régner en triomphe parmi les créatures. Et mon très grand Bien, bougeant en moi, me dit : Ma fille, tout comme la Création est un voile qui cache ma Volonté, de la même manière, mon Humanité et toutes mes œuvres, mes larmes et mes souffrances sont autant de voiles qui cachent mon Fiat suprême. Il régnait dans mes actes, triomphant et dominateur, et il posa les fondations dans le but de venir régner dans les actes humains des créatures. Mais sais-tu qui déchire ces voiles pour le laisser venir dominer dans son cœur ? Celle qui le reconnaît en chacun de mes actes et l’invite à sortir. Elle déchire le voile de mes œuvres, elle entre en elles, elle reconnaît la noble Reine et elle la prie – elle la presse de ne plus rester cachée ; et lui ouvrant son cœur, elle l’invite à entrer. Elle déchire le voile de mes larmes, de mon Sang, de mes souffrances, le voile des Sacrements, le voile de mon Humanité et en s’y soumettant, elle l’implore de ne plus rester voilée, mais de se faire reconnaître comme Reine – ce qu’elle est – afin d’établir son empire et de former les enfants de son Royaume. D’où la nécessité d’aller partout dans notre Vouloir et dans toutes nos œuvres pour trouver la noble Reine de notre Volonté cachée en elles, et la prier de se dévoiler, de sortir de ses appartements afin que tous puissent la connaître et la laisser régner.

 

10 décembre 1926 - Comment la Divine Volonté est un acte continu qui jamais ne cesse. Comment la Vierge se laisse dominer par cet acte et lui laisse former sa vie en elle. Comment, au ciel, durant les fêtes de la Vierge, ils célèbrent la Divine Volonté.

            Mon pauvre esprit baignait dans la mer infinie du Vouloir éternel, et mon adorable Jésus montra, tel le plus grand des prodiges, comment sa très Sainte Volonté, tout en étant aussi immense, se restreignait dans la créature en restant immense, afin de la dominer et de former sa vie en elle. La créature qui restait immergée sous un acte continu de cette Divine Volonté était le miracle des miracles et le prodige jusqu’alors inconnu. Et mon aimable Jésus, toute bonté, me dit : Très chère fille de ma Volonté, tu dois savoir que seule mon Vouloir possède un acte continu qui jamais ne cesse. Cet acte est plein de vie et donne par conséquent la vie à tout ce qui est ; il préserve et maintient l’équilibre en lui-même et en toutes choses. Lui seul peut se vanter de posséder cet acte continu de toujours donner la vie et d’aimer toujours – sans jamais cesser un seul instant. Mon Humanité elle-même, si elle possède cet acte continu, c’est parce que coulait en elle l’acte continu du Fiat suprême. Combien de temps la vie de mon Humanité a-t-elle duré sur la terre ? Elle fut extrêmement courte. Dès qu’elle eut accompli ce qui était nécessaire pour la Rédemption, je suis parti vers la Patrie céleste et mes actes sont restés. Mais s’ils restaient, c’est parce qu’ils étaient animés par l’acte continu de ma Volonté. Par contre, ma Volonté ne s’en va jamais ; elle est toujours à sa place, préexistante, sans jamais interrompre son acte de vie sur tout ce qui est sorti d’elle. Oh ! si ma Volonté quittait la terre et toutes les choses créées, elles perdraient toute la vie et retourneraient au néant. Car ma Volonté a créé toutes choses à partir de rien et si elle se retirait, elles perdraient toutes leur existence.

            Veux-tu savoir qui est celle qui se laissa dominer par cet acte continu de ma suprême Volonté et qui, sans jamais donner vie à sa volonté propre, a reçu cet acte continu de vie de la Divine Volonté, de manière à former en elle une vie pleinement divine et à la ressemblance de son Créateur ? Ce fut la céleste et souveraine Reine. Dès le premier instant de son immaculée Conception, elle reçut cet acte de vie de la Divine Volonté, pour le recevoir ensuite continuellement durant toute sa vie. Ce fut le très grand prodige, le miracle inouï : la vie de la Divine Volonté dans l’Impératrice du ciel. En fait, un seul acte de vie de ce Fiat peut créer des cieux, des soleils, des mers, des étoiles et tout ce qu’il veut ; ainsi, tous les actes humains placés devant un seul acte de ma Volonté sont comme autant de gouttes d’eau qui se dissolvent dans l’océan, comme autant de petites flammes devant le soleil, comme autant d’atomes dans le grand espace de l’univers. Imagine alors toi-même à quelle hauteur doit être la Reine immaculée avec cette vie d’acte continu de Divine Volonté en elle – une Vie divine, une Volonté immense et éternelle qui possède tous les biens possibles et imaginables.

            Par conséquent, dans toutes les fêtes où l’Église honore ma Maman, le ciel tout entier célèbre, glorifie, loue et remercie la suprême Volonté, parce qu’il voit sa Vie en elle – la cause première par laquelle elle a obtenu le Rédempteur tant attendu ; et parce que ce Fiat avait la vie qui régnait et dominait en elle, le ciel se trouve en possession de la Jérusalem céleste. C’est précisément la Divine Volonté formant sa vie dans cette Créature d’excellence qui a ouvert le ciel qui avait été fermé par la volonté humaine. C’est donc avec justice que lorsqu’ils célèbrent la Reine, ils célèbrent le Fiat suprême qui a créé sa Reine, a régné en elle, formé sa vie et est la cause première de son bonheur éternel. Ainsi, une créature qui permet à ma Volonté de dominer et lui laisse le champ libre pour former sa vie en elle, est le plus grand des prodiges. Elle peut toucher le ciel et la terre, et Dieu lui-même, comme si elle ne faisait rien alors qu’elle fait tout, et elle seule peut obtenir les choses les plus importantes, abattre tous les obstacles, et faire face à n’importe quoi parce qu’une Divine Volonté règne en elle. Et tout comme la toute-puissance du Fiat dans la créature était nécessaire pour demander la Rédemption, et que mon Humanité, qui possédait cette Puissance, était nécessaire pour la former, de la même manière, pour demander la venue du Royaume de mon Fiat lui-même une autre créature était nécessaire qui le laisserait demeurer en elle et lui donnerait le champ libre pour former sa vie afin que ma Volonté elle-même, à travers cette créature, puisse accomplir l’unique et le plus important prodige – sa venue pour régner sur la terre comme au ciel. Et parce que c’est la chose la plus importante et qui rétablira l’équilibre dans la famille humaine, je fais en toi de grandes choses. Je centralise en toi tout ce qu’il est nécessaire et convenable de connaître sur ce Royaume : le grand bien qu’il veut donner, le bonheur de ceux qui vivent en lui, sa longue histoire, sa longue souffrance – et durant bien des siècles, parce qu’il veut venir régner parmi les créatures pour les rendre heureuses, elles ne lui ouvrent pas les portes, elles ne languissent pas après lui, elles ne l’invitent pas ; et ne le connaissent pas alors qu’il est présent parmi elles. Seule une Divine Volonté pouvait supporter avec une invincible patience d’être parmi les créatures et de leur donner la vie sans être connue. Ma Volonté est grande, éternelle et infinie, et veut faire, là où elle règne, des choses dignes de sa grandeur, de sa Sainteté et de la Puissance qu’elle contient. Par conséquent, ma fille, sois attentive – il ne s’agit pas d’une chose quelconque ou de former une sainteté, mais de former un Royaume pour mon adorable Divine Volonté.

 

12 décembre 1926 - Lamentation de Jésus dans sa Passion en voyant sa tunique tirée au sort. Comment Adam, avant le péché, était habillé de lumière et a éprouvé le besoin de se couvrir après avoir péché.

            Je faisais mes actes habituels dans le Fiat suprême et mon Jésus adoré sortit de moi et me dit : Ma fille, au cours de ma Passion, une lamentation est sortie de moi des profondeurs de mon Cœur tourmenté avec une immense tristesse : ‘Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique.’ Combien j’ai souffert de voir mes vêtements partagés entre mes bourreaux, et ma tunique tirée au sort. C’était le seul objet que je possédais et qui m’avait été donné, avec tant d’amour, par ma douloureuse Maman ; et maintenant, non seulement ils m’en dépouillaient, mais ils en faisaient un jeu. Mais sais-tu ce qui me transperçait le plus ? Dans ces vêtements, Adam me devenait présent, revêtu du vêtement de l’innocence et couvert de l’invisible unique de ma suprême Volonté. En le créant, la Sagesse incréée agit mieux qu’une mère très aimante ; plus qu’avec une tunique, elle le revêtit de la lumière éternelle de ma Volonté – un vêtement qui n’est pas susceptible d’être défait, divisé ou enlevé ; un vêtement qui devait servir à l’homme de préserver en lui l’image de son Créateur, les dons qu’il avait reçus et qui devaient le rendre admirable et saint en toutes choses. De plus, il était ainsi revêtu du vêtement de l’innocence. Et Adam, en Éden, par ses passions, a divisé les vêtements d’innocence et tiré au sort la tunique de ma Volonté – un vêtement incomparable et d’une radieuse lumière.

            Ce que fit Adam en Éden a été répété sous mes yeux sur le Mont du Calvaire. En voyant mes vêtements divisés et ma tunique tirée au sort – symbole du vêtement royal donné à l’homme, ma souffrance était si intense que j’en ai fait une lamentation. J’y voyais les créatures, faisant leur propre volonté et tirer ma Volonté au sort, et toutes les fois où elles divisent le vêtement d’innocence par leurs passions. Tous les biens sont enclos en l’homme en vertu de ce vêtement royal de la Divine Volonté ; une fois tirée au sort, l’homme n’est plus couvert, il perd tous les biens parce qu’il lui manque le vêtement qui les gardait enclos en lui. Ainsi, aux nombreux maux que font les créatures en faisant leur propre volonté, elles ajoutent le mal irréparable de tirer au sort le vêtement royal de ma Volonté – un vêtement qui ne peut pas être remplacé par un autre vêtement.

            Ensuite, mon doux Jésus se montra lui-même en train de placer ma petite âme dans un soleil, et de me maintenir de ses saintes mains dans cette lumière qui, me couvrant complètement en dehors comme en dedans, m’empêchait de voir autre chose que de la lumière. Et mon Bien adoré ajouta : Ma fille, en créant l’homme, la Divinité l’a placé dans le Soleil de la Divine Volonté, et toutes les créatures avec lui. Ce Soleil servait de vêtement non seulement à son âme, mais ses rayons couvraient également son corps de sorte que plus qu’un vêtement, ils le rendaient si beau et si magnifiquement vêtu que jamais ni rois ni empereurs ne furent revêtus d’une aussi resplendissante lumière. Ceux qui disent qu’avant de pécher Adam était nu, se trompent. C’est faux, faux. Si toutes les choses que nous avons créées sont toutes ornées et vêtues, celui qui était notre joyau et pour qui toutes choses furent créées – ne devait-il pas avoir le plus beau vêtement et le plus bel ornement de toutes ? Il convenait donc qu’il reçût le magnifique vêtement de la lumière du Soleil de notre Volonté ; et comme il possédait ce vêtement de lumière, il n’avait pas besoin de vêtements matériels pour se couvrir. En se retirant du divin Fiat, la lumière se retira elle aussi de son âme et de son corps ; il perdit son magnifique vêtement et, ne se voyant plus entouré de lumière, il se sentit nu. Honteux de voir qu’il était seul à être nu parmi toutes les choses créées, il sentit le besoin de se couvrir et se servit de choses superflues, de choses créées, pour couvrir sa nudité. Cela est si vrai qu’après la très grande tristesse de voir mes vêtements partagés et ma tunique tirée au sort, mon Humanité ressuscitée n’a pas pris d’autres habits et je me suis revêtu du très resplendissant vêtement du Soleil de ma suprême Volonté. C’était le même vêtement que possédait Adam lorsqu’il fut créé parce que pour ouvrir le ciel, mon Humanité devait porter le vêtement de la lumière du Soleil de ma suprême Volonté – un vêtement royal ; et comme il mettait entre mes mains l’empire et l’insigne de Roi, j’ai ouvert le ciel à tous les rachetés ; et me présentant devant le Père céleste, je lui offrais les vêtements de sa Volonté, entiers et magnifiques, avec lesquels mon Humanité était couverte afin de lui faire reconnaître comme nos enfants tous les rachetés. Ainsi, en même temps qu’elle est vie, ma Volonté est le vêtement véritable de la création de la créature et possède par conséquent tous les droits sur elle. Mais que ne font-elles pas pour échapper à cette lumière ? Aussi, reste dans ce Soleil de mon éternel Fiat et je t’aiderai à te maintenir dans cette lumière.

            En entendant cela, je lui dis : « Mon Jésus et mon Tout, comment est-ce possible ? Si Adam dans l’état d’innocence n’avait pas besoin de vêtements parce que la lumière de ta Volonté était plus qu’un vêtement, la Reine souveraine, cependant, possédait ta Volonté tout entière et tu étais toi-même ta propre Volonté ; cependant, ni toi ni la céleste Maman ne portaient des vêtements de lumière et vous aviez tous deux des vêtements de matière pour vous couvrir. Pourquoi cela ? » Et Jésus poursuivit en disant : Ma fille, ma Maman et moi avons établi des liens fraternels avec les créatures ; nous sommes venus relever une humanité déchue et avons par conséquent adopté les misères et les humiliations où elle était tombée afin d’expier pour les créatures au prix de notre vie. Si elles nous avaient vus revêtus de lumière, qui aurait osé nous approcher et nous fréquenter ? Et au cours de ma Passion, qui aurait osé me toucher ? La lumière du Soleil de ma Volonté les aurait aveuglés et terrassés. Je devais par conséquent faire un plus grand miracle en cachant la lumière dans le voile de mon Humanité et apparaître comme un des leurs, parce que mon Humanité représentait non pas Adam innocent, mais Adam déchu, et je dus alors me soumettre à ses maux, les prenant sur moi comme s’ils étaient les miens afin d’expier pour eux devant la divine Justice. Mais en ressuscitant après la mort, représentant Adam innocent, le nouvel Adam, j’arrêtai le miracle de garder cachés les vêtements du Soleil resplendissant de ma Volonté dissimulés sous le voile de mon Humanité, et je suis resté revêtu d’une très pure lumière ; et c’est avec ce vêtement royal éblouissant que j’ai fait mon entrée dans la Patrie céleste, laissant la porte ouverte, qui était demeurée fermée jusqu’alors, pour laisser entrer ceux qui m’avaient suivi. Par conséquent, en ne faisant pas notre Volonté, il n’y a pas de bien que la créature ne perde, et il n’y a pas de mal que la créature n’acquière.

 

15 décembre 1926 - La petite note d’amour. Comment chaque acte de la Volonté de Dieu accompli par la créature est plus qu’un acte de béatitude.

            Je poursuivais ma ronde dans la Création afin de suivre la suprême Volonté dans toutes les choses créées ; mais en faisant cela, je me disais : « Quel bien est-ce que je fais, quelle gloire est-ce que je rends à cet adorable Fiat en parcourant toutes les choses créées, comme pour en faire la revue et placer en elles juste un petit ‘Je vous aime’ ? Qui sait si cela ne pourrait pas être une perte de temps. » Je pensais cela lorsque mon doux Jésus bougea en moi et me dit :

            Ma fille, qu’est-ce que tu dis là ? Avec ma Volonté, on ne perd jamais de temps, au contraire, en la suivant, on gagne le temps éternel. Tu dois savoir que chaque chose créée contient un délice particulier, chacun étant différent des autres ; et ces délices qui ont été placés par nous devaient servir à faire notre délice comme celui de la créature. Notre amour court en chaque chose créée et en les parcourant, tu fais courir ta petite note d’amour. Ne veux-tu donc pas, devant tant d’amour de notre part, placer tes petites notes, tes points, tes virgules, tes petites cordes qui disent « amour » et en s’harmonisant avec notre amour, forment le délice voulu par nous pour nous-mêmes et pour toi ?Plus la compagnie est nombreuse, plus la joie augmente. L’isolement en fait perdre le goût. Par conséquent, la compagnie que tu nous donnes en faisant ta ronde dans la Création nous rappelle tous les délices que nous avons placés en chaque chose créée. Elle nous fait revivre nos joies et en faisant notre délice, nous faisons le tien. Et voudrais-tu peut-être laisser notre Volonté isolée ? Non, non, la petite fille ne doit jamais laisser sa Mère seule et doit toujours être sur ses genoux pour la suivre dans tous ses actes.

            Après quoi mon pauvre esprit nageait dans la mer immense du Fiat éternel, et mon aimable Jésus ajouta :

            Ma fille, parmi les nombreuses qualités et propriétés que contient ma Volonté, se trouve un acte de béatitude qui n’est jamais interrompu, et tous les actes accomplis dans ma Volonté sont autant d’actes de béatitude que l’âme prend en elle-même. Par conséquent, plus elle agit dans ce Fiat, plus elle en devient propriétaire et plus elle augmente en elle le capital de ces béatitudes qui lui donnent une très grande paix sur la terre, et elle connaîtra au ciel tous les effets et toutes les joies de ces béatitudes qu’elle aura formées en elle. Tu vois, c’est comme naturel : lorsque tu es sur terre, ma Volonté au ciel sort d’elle-même un acte toujours nouveau de béatitude infinie.

            Or qui sont ceux qui prennent cet acte nouveau qui jamais ne cesse ? Les Saints et les Anges qui vivent au ciel dans la Divine Volonté. Cependant, il n’est pas juste que celle qui est en exil et vit dans ma Volonté perde tous ces actes de béatitude; c’est donc avec justice qu’ils sont placés comme en réserve dans son âme afin que, lorsqu’elle partira pour la Patrie céleste, elle puisse en jouir tous ensemble et rattraper les autres en recevant ce nouvel acte de béatitude qui jamais ne cesse. Tu vois donc ce que peut signifier un acte de plus ou de moins dans ma Volonté ? C’est avoir autant d’actes supplémentaires de béatitude que d’actes accomplis dans ma Volonté, et de perdre ces actes pour autant de fois que l’âme a agi dans sa volonté. Et elle ne prend pas seulement de nombreux actes de béatitude, mais beaucoup d’actes de sainteté, de science divine, bien des actes différents de beauté et d’amour pour autant d’actes qu’elle a accomplis dans ma Volonté. Et si elle a toujours été dans mon Fiat éternel, elle aura en elle la sainteté qui ressemble à celle de son Créateur. Oh ! comme elle sera belle ! Au ciel, on entendra dans cette heureuse créature l’écho de nos béatitudes, l’écho de notre sainteté, l’écho de notre amour. En somme, elle a été notre écho sur la terre et elle sera notre écho dans la céleste Patrie.

 

19 décembre 1926 – Comment la Divinité a bilocalisé sa Volonté dans la Création. La nature de la Divine Volonté est le bonheur. Comment elle s’est constituée acte de toute chose. La possession qu’elle veut donner à la créature.

            Je continue mon état d’abandon dans le Vouloir suprême, et alors que je faisais en esprit le tour de toute la Création pour la suivre dans toutes les choses créées et rendre ma volonté une avec la sienne pour former avec elle un seul acte, mon toujours aimable Jésus  m’arrêta pour me dire :

            Ma fille, dans la Création, la Divinité a bilocalisé sa Volonté dont l’une est demeurée avec nous pour être notre régime, notre joie, notre bonheur, notre satisfaction et les béatitudes innombrables et infinies que nous possédons, car notre Volonté tient la première place dans tous nos actes. L’autre Volonté bilocalisée est sortie de nous dans la Création pour nous donner, extérieurement la gloire et les honneurs divins, des joies et des bonheurs innombrables. En fait, notre Volonté possède les joies, les bonheurs et les béatitudes comme ses qualités propres – cela est sa nature ; et si elle ne libérait pas d’elle-même les innombrables béatitudes et bonheurs qu’elle possède, ce serait pour elle une chose contre nature. La Majesté suprême,  en plaçant notre Volonté bilocalisée dans toute la création afin qu’elle puisse constituer la vie et l’acte de chaque chose créée, tira d’elle-même des richesses innombrables, des béatitudes et des joies sans limites que seule la puissance de mon Fiat éternel pouvait préserver et maintenir afin qu’elles ne perdent jamais leur intégrité et leur beauté.

            Mais alors que ces propriétés, sorties de nous, nous glorifiaient, nous donnant la gloire d’actes continus et divins pour chaque chose créée venue à la lumière du jour, elles étaient établies comme propriété des créatures qui, unifiant leur volonté à la nôtre, devaient avoir leur acte en chaque acte de notre Volonté – de telle sorte que, tout comme nous devions avoir l’acte divin de notre Volonté en chaque chose créée, nous devions avoir aussi l’acte de la créature, transfusé, comme s’ils n’étaient qu’un seul acte. La créature connaîtrait alors ses richesses ; en les connaissant, elle les aimerait et acquerrait le droit de les posséder. Combien d’actes divins ma suprême Volonté ne fait-elle pas en chaque chose créée sans que la créature ait même la moindre connaissance de ces actes ? Et si elle ne les connaît pas, comment peut-elle les aimer et les posséder, s’ils lui sont inconnus ? Aussi, toutes les richesses, tous les bonheurs que les actes divins présentent dans la Création tout entière sont inactifs et sans vie pour les créatures ; et si elles reçoivent quoi que ce soit, ce n’est pas comme propriété, mais comme un effet de la suprême Volonté qui toujours donne de ce qui est à elle. Elle donne également, en aumône, à celles qui n’ont aucun droit de possession ; d’autres les prennent par usurpation. En fait, pour posséder ces biens que le Père céleste a mis dans la Création, la créature doit faire son chemin ; elle doit s’élever à une union avec la Divine Volonté afin de travailler avec elle, d’accomplir les mêmes actes, les connaître afin de les faire et de pouvoir dire : ‘Ce qu’elle fait, je le fais moi aussi.’ Elle acquiert ainsi le droit de possession dans tous les actes de cette suprême Volonté, et lorsque deux volontés ne forment plus qu’une, le ‘mien’ et le ‘ tien’ n’existent plus ; au contraire, de droit, ce qui est mien est tien, et ce qui est tien est mien.

            C’est la raison pour laquelle ma Volonté suprême t’appelle – et t’attend en chaque chose créée pour te faire connaître les richesses qui sont en elle, te faire répéter ses actes divins avec elle, et te donner le droit de possession. Tu deviens toi-même sa propriété ; tu restes dissoute dans ses immenses richesses et dans ses actes. Oh ! combien le divin Fiat aime te rendre propriétaire de ses immenses richesses. Son désir de constituer une héritière est si grand qu’il est doublement heureux lorsqu’il voit une créature qui connaît ses possessions et fait siens ses actes divins ; si bien que lorsqu’il vit que l’homme, en se retirant de sa Volonté, eut perdu le moyen de prendre possession de ses empires, le divin Fiat n’en resta pas là et dans l’excès de son amour et de sa longue souffrance en voyant ses richesses inactives pour le bien des créatures, dès que le Verbe éternel se fût revêtu de chair humaine, il se constitua Vie de chacun de ses actes afin de former pour les créatures davantage de biens, des aides puissantes et des remèdes efficaces plus à la portée d’une humanité déchue, afin de réaliser le dessein de les rendre propriétaires de la Création. Rien ne sort de nous sans le dessein de ramener la créature dans notre Volonté. Sinon, nous serions nous-mêmes étrangers à nos propres œuvres. Ainsi, ma fille, la Création et la Rédemption ont comme objectif premier que tout soit notre Volonté, au ciel comme sur la terre ; c’est pourquoi elle est présente et coule  partout et en tous lieux pour que tout devienne sien et qu’elle puisse donner tout ce qui est à elle. Par conséquent, sois attentive en suivant nos œuvres ; donne satisfaction au désir si insistant de ma suprême Volonté qui veut celles qui possèdent ses biens.

 

22 décembre 1926 – Signes que l’on appartient à la famille céleste. Comment c’est la façon habituelle pour Dieu d’accomplir ses œuvres une par une avec une créature. C’est ainsi qu’il agit avec sa Maman. Plus l’œuvre que Jésus accomplit est grande, plus elle porte en elle l’image de l’unité divine.

            Je pensais au suprême Fiat et je priais mon doux Jésus de me donner la grâce, si grande, de me faire accomplir entièrement et complètement sa très sainte Volonté, et de la faire connaître au monde entier afin qu’il puisse être réintégré dans la gloire que les créatures lui refusent. Je pensais à cela et à d’autres choses lorsque mon doux Jésus bougea en moi et me dit : Ma fille, pour quelle raison veux-tu que ma Volonté soit faite en toi et connue par tous ?

            Et moi : « Je le veux parce que tu le veux. Je le veux pour que l’ordre divin de ton Royaume puisse être établi sur la terre. Je le veux pour que la famille humaine ne vive plus séparée de toi, mais puisse être ralliée à nouveau à la Divine famille dont elle est issue. Et Jésus, en soupirant, ajouta : Ma fille, ta raison et la mienne sont une. Lorsqu’un fils poursuit le même but que son père, il veut ce que son père veut, il ne demeure jamais dans la maison d’un autre, il travaille dans les champs de son père et lorsqu’il se trouve avec d’autres personnes, il parle de la bonté, de l’ingéniosité et des grands projets de son père. On dit de ce fils qu’il aime son père, qu’il en est la copie parfaite, que l’on voit clairement qu’il appartient à cette famille, qu’il est un digne fils qui porte en lui, avec honneur, la génération de son père.

            Tels sont les signes montrant que l’on appartient à la Famille Céleste – avoir le même but que le mien, vouloir la même Volonté, demeurer en elle comme en sa propre maison, travailler pour la faire connaître. Et si l’on parle, on ne peut dire que ce qui est fait et voulu dans notre céleste Famille. Cette créature est clairement reconnue, de tous côtés et avec raison, justice et droit, comme une fille qui nous appartient, qui est de notre Famille, qui n’est pas déchue de son origine, qui préserve en elle l’image, les manières, les comportements, la vie de son Père – de celui qui l’a créée. Aussi, tu es de notre Famille ; et plus tu fais connaître ma Volonté, plus tu es distinguée, devant le ciel et la terre, comme une fille qui nous appartient.

            Par contre, celui qui ne poursuit pas le même but ne demeure que très peu, sinon pas du tout, dans le palais Royal de notre Volonté ; il ne cesse de se promener, tantôt dans une maison, tantôt dans un vil taudis ; il ne cesse de vagabonder dans les passions du dehors, accomplissant des actes indignes de sa famille. S’il travaille, c’est dans des champs étrangers ; s’il parle, l’amour, la bonté, l’ingéniosité, les grands desseins de son Père ne résonnent jamais sur ses lèvres. Par tout son comportement, on ne peut reconnaître qu’il appartient à cette famille. Celui-là peut-il être appelé fils de cette famille ? Et s’il vient de cette famille, il est un fils dégénéré qui a brisé tous les liens qui le reliaient à cette famille. Par conséquent, seul celui qui fait ma Volonté et vit en elle, peut être appelé mon enfant, membre de ma divine et céleste Famille. Tous les autres sont des enfants dégénérés et comme étrangers à notre Famille.

            Ainsi, lorsque tu t’occupes de mon divin Fiat, si tu parles, si tu circules en lui, tu nous mets en fête parce que nous sentons que c’est quelqu’un qui nous appartient – nous sentons que c’est notre fille qui parle, qui circule, qui travaille dans le champ de notre Volonté. Et pour ses propres enfants, les portes sont ouvertes – aucun appartement ne leur est fermé parce que ce qui appartient au Père appartient aux enfants, et que dans les enfants est placée l’espérance de la longue génération du Père. De la même manière, c’est en toi que j’ai placé l’espérance de la longue génération des enfants de mon éternel Fiat.

            Mon esprit continuait à penser à la suprême Volonté et je me disais : « Mais, comment se peut-il qu’à moi seule – un petit être si insignifiant et bon à rien qui n’a ni dignité, ni autorité, ni supériorité avec quoi je pourrais, peut-être, m’imposer – je puisse me diffuser et parler pour faire connaître ce Soleil de la Divine Volonté et former les enfants de sa génération ? » Je pensais cela lorsque mon doux Jésus interrompit mes pensées et sortit de mon intérieur pour me dire : Ma fille, c’est ma manière habituelle de réaliser mes plus grandes œuvres, premièrement et une par une avec une seule créature. En fait, ma Maman était seule et c’est uniquement avec elle que j’ai accompli toute l’œuvre du grand prodige de mon Incarnation. Personne n’est entré dans nos secrets et personne n’a pénétré dans le sanctuaire de nos appartements pour voir ce qui se passait entre moi et la céleste Souveraine ; elle n’occupait pas non plus un poste d’autorité ou de dignité dans le monde. En fait, lorsque je fais un choix, je ne cherche jamais les dignités ou les supériorités, mais plutôt le petit individu en qui je peux regarder en face ma Volonté, ce qui est la plus grande dignité et la plus haute autorité. Même si elle n’avait ni position, ni dignité, ni supériorité dans ce bas monde, le ciel et la terre reposaient sur la hauteur de la petite fille de Nazareth, car elle possédait ma Volonté. Le destin de l’humanité était dans ses mains, et celui de ma gloire que je devais recevoir de toute la Création. Il n’était pas suffisant que le mystère de l’Incarnation soit formé dans cette créature choisie, dans l’Unique, pour que les autres soient capables d’en recevoir le bien. Une était mon Humanité et d’elle est venue la génération des rédimés. Par conséquent, il est suffisant de former tout le bien que l’on veut dans une créature pour en faire sortir la génération de ce bien, tout comme un seul grain de semence suffit pour multiplier par milliers et par milliers la génération de cette semence. Ainsi, toute la puissance nécessaire pour une vertu créatrice, c’est de former la première semence ; une fois formée, elle agit comme la levure pour en former la génération. De la même manière, une seule âme me suffit qui me donnerait la liberté absolue de former en elle le bien que je veux, d’y former le Soleil du Fiat suprême, pour que ce Soleil répande ses rayons sur la surface de la terre et forme la génération des enfants de ma Volonté. Tu dois savoir que toutes nos plus grandes œuvres portent en elles l’image de la divine unité, et plus elles sont destinées à faire du bien, plus elles contiennent de bien dans cette suprême unité. Tu peux aussi voir dans la Création des exemples de divine unité – des œuvres qui, tout en étant uniques, font tant de bien que la multiplicité de nos autres œuvres toutes mises ensemble n’en font pas autant. Regarde sous la voûte des cieux – un est le soleil, mais combien de biens ne contient-il pas ? Combien n’en fait-il pas sur la terre ? On peut dire que la vie sur la terre dépend du soleil. Alors que le soleil est un, il embrasse avec sa lumière le monde entier ; il porte tout dans son giron de lumière et donne un acte distinct à chaque chose. Selon la variété des choses qu’il investit, il communique fécondité, développement, couleur, douceur, beauté ; cependant, le soleil est un, alors que les étoiles sont multiples, mais sans faire le grand bien que fait le soleil à la terre, bien qu’il soit un. La puissance d’un seul acte animé par la Puissance créatrice est incompréhensible, et il n’est pas de bien qui ne puisse en sortir. Elle peut changer la face de la terre – d’un désert aride à un printemps fleuri. Le ciel est un, et il s’étend partout. L’eau est une, et bien qu’elle paraisse divisée en bien des points différents de la terre, formant des mers, des lacs et des rivières, en descendant du ciel, elle apparaît sous une seule forme et il n’y a pas un point de la terre où l’eau ne se trouve. Ainsi, les choses créées par nous et qui portent en elles l’image de la divine unité, sont celles qui font le plus de bien ; elles sont les plus nécessaires, et la terre ne pourrait pas avoir la vie sans elles.

            Par conséquent, ma fille, ne pense pas que tu sois seule – c’est l’unité d’une grande œuvre que je dois accomplir en toi ; ou que tu n’as pas de dignité extérieure et d’autorité – cela ne signifie rien. Ma Volonté est plus que tout ; sa lumière semble muette, mais dans son mutisme, elle investit les intelligences et fait parler avec une éloquence qui stupéfie les plus érudits et les réduit au silence. La lumière ne parle pas, mais elle permet de voir ; elle fait connaître les choses les plus cachées. La lumière ne parle pas, mais avec sa douce et tendre chaleur, elle adoucit les choses les plus dures, les cœurs les plus obstinés. La lumière ne contient pas de semence ni de matière – tout en elle est pur ; on ne peut voir qu’une vague de lumière argentée, resplendissante, mais elle peut pénétrer jusqu’à générer, développer et féconder les choses les plus stériles. Qui peut résister à la puissance de la lumière ? Personne. Même les aveugles, s’ils ne la voient pas, ressentent sa chaleur. Les muets, les sourds, sentent et reçoivent le bien de la lumière.

            Qui pourra résister à la lumière de mon Fiat éternel ? Toutes ses connaissances seront plus que les rayons de lumière de mon Vouloir, qui viendront battre la surface de la terre et, pénétrant dans les cœurs, apporteront le bien que la lumière de ma Volonté contient et peut faire. Cependant, ses rayons doivent avoir leur sphère d’où commencer ; ils doivent être centrés en un point unique, d’où surgir afin de former l’aube, le jour, l’après-midi et le coucher dans les cœurs, pour se lever à nouveau. La sphère, le point unique, c’est toi ; les rayons centrés dans ce point sont mes connaissances qui donneront la fécondité à la génération des enfants du Royaume de ma Volonté.

            C’est pourquoi je te répète toujours, ‘Sois attentive’ – pour qu’aucune de mes connaissances ne soit perdue. Cela ferait perdre un rayon de ta sphère, et tu ne peux imaginer quel bien il contient, car chacun d’eux contient une spécialité de bien qu’il doit faire aux enfants de ma Volonté. Tu me priverais de la gloire de ce bien pour mes enfants, et tu te priverais aussi de la gloire de répandre un rayon de plus de ta sphère.

 

24 décembre 1926 - Lamentations et souffrances à cause de la privation de Jésus. Souffrances de Jésus dans le sein maternel. Celle qui vit dans la Divine Volonté est comme un membre relié à la Création.

            J’étais tout agitée parce que mon doux Jésus ne venait pas. Mais dans mon délire, je disais des bêtises, et dans l’intensité de ma souffrance, je répétais : « Jésus, tu as changé – je n’aurais jamais cru que tu en viendrais au point de me priver de toi aussi longtemps. » Mais alors que je déversais mon chagrin, mon doux Jésus vint comme un petit enfant et, se jetant dans mes bras, il me dit : Ma fille, dis-moi – et toi, as-tu changé ? Aimes-tu peut-être quelqu’un d’autre ? Ne veux-tu plus faire ma Volonté ?

            Ces questions de Jésus m’ont piquée au vif et, désolée, je lui dis : « Jésus, que veux-tu dire par là ? Non, non, je n’ai pas changé et je n’ai pas d’autre amour. Et je préférerais mourir plutôt que de ne pas faire ta très sainte Volonté. » Et mon doux Jésus ajouta : Ainsi, tu n’as pas changé ? Eh bien alors, ma fille, si toi qui as une nature sujette au changement, tu n’as pas changé, pourrais-je moi-même changer, moi qui suis immuable ?

            J’étais confuse et ne savais que répondre. Mon Jésus, toute bonté, ajouta : Veux-tu voir comment j’étais dans le sein de ma souveraine Maman et ce que j’ai souffert en elle ? Et en disant cela, il se plaça en moi, au milieu de ma poitrine, allongé, dans un état de parfaite immobilité. Ses petites mains et ses petits pieds étirés faisaient pitié à voir. Il n’avait aucun espace pour bouger, ouvrir les yeux, respirer librement ; et le plus dur était de le voir mourir continuellement. Quelle souffrance de voir mourir mon petit Jésus. Je me suis senti placée avec lui dans le même état d’immobilité. Puis, après quelque temps, le petit bébé Jésus me pressa contre lui et me dit : Ma fille, mon état dans le sein maternel était très douloureux. Ma petite Humanité avait un parfait usage de sa raison et de son infinie sagesse ; par conséquent, dès le premier instant de ma conception, je comprenais mon douloureux état, l’obscurité de la prison maternelle – sans le moindre rayon de lumière ! Quelle longue nuit de neuf mois ! L’étroitesse de l’endroit m’obligeait à être d’une immobilité parfaite, toujours en silence ; et je ne pouvais ni gémir ni sangloter pour exprimer ma peine… Que de larmes n’ai-je pas versées dans le sanctuaire du sein de ma Maman, sans faire le moindre mouvement. Et cela n’était rien. Ma petite Humanité avait pris l’engagement de mourir autant de fois qu’il le fallait pour satisfaire la divine Justice, autant de fois que les créatures avaient laissé mourir la Divine Volonté en elles et commis le grand affront de donner vie à la volonté humaine. Oh ! combien ces morts m’ont coûté. Mourir et vivre, vivre et mourir – était pour moi la plus douloureuse et continuelle souffrance ; d’autant plus que même si ma Divinité était une avec moi et inséparable de moi, en recevant de moi ces satisfactions, elle prenait l’attitude de justice, et bien que mon Humanité fût sainte et pure, elle était la petite lampe devant le Soleil de ma Divinité, et je sentais tout le poids des satisfactions que je devais donner à ce divin Soleil ainsi que la douleur d’une humanité déchue qui devait renaître en moi au prix de tant de morts. C’est le rejet de la Divine Volonté en donnant vie à sa propre volonté qui a entraîné la ruine de l’humanité déchue ; et je devais garder mon Humanité et ma volonté humaine dans un état de mort continuelle afin que la Divine Volonté puisse avoir une vie continuelle en moi et étendre en moi son Royaume. Dès l’instant où je fus conçu, j’ai pensé à étendre le Royaume du Fiat suprême dans mon Humanité, au prix de ne pas donner vie à ma volonté humaine et faire renaître l’humanité déchue lorsque ce Royaume serait fondé en moi, et que je puisse préparer les grâces, les choses nécessaires, les souffrances, les satisfactions voulues pour le faire connaître et le fonder au sein des créatures. Par conséquent, tout ce que tu fais, tout ce que je fais en toi pour ce Royaume, n’est que la continuation de ce que j’ai fait dès le moment de ma conception dans le sein de ma Maman. Alors, si tu veux que je transporte le Royaume du Fiat éternel en toi, laisse-moi libre et ne donne jamais vie à ta Volonté.

            Après quoi je poursuivis mes actes dans le Vouloir éternel et mon doux Jésus ajouta : Ma fille, ma Volonté est l’âme, et toute la Création en est le corps. Et tout comme l’âme est une dans le corps, une est sa volonté, alors que le corps a beaucoup de sens différents et, comme autant de clefs différentes, chacune interprète sa petite sonate et chaque membre exerce sa fonction distincte ; cependant, il y a en eux tant d’ordre et d’harmonie que lorsqu’un membre exerce sa fonction, tous les autres se concentrent sur le membre actif, et ils souffrent ensemble si ce membre souffre, et ils jouissent ensemble s’il jouit, parce que une est la volonté qui les anime, une la force qu’ils possèdent. Telle est la Création tout entière : elle est comme un corps animé par ma Volonté, et même si chaque chose accomplit son office distinct, elles sont toutes unies entre elles pour être plus que les membres d’un corps. Comme c’est ma Volonté seule qui les anime et qui les domine, une est la force qu’elles possèdent. Celle qui fait ma Volonté et vit en elle est un membre qui appartient au corps de la Création et possède par conséquent la force universelle de toutes les choses créées, incluant même celle de son Créateur, parce que ma Volonté circule dans les veines de toute la Création plus que le sang dans le corps – un sang qui est pur, saint, vivifié de lumière et qui va jusqu’à spiritualiser le corps lui-même. L’âme est tout absorbée dans l’œuvre de la Création, pour faire ce qu’elle fait, être en communication avec tous ses actes ; et toute la Création est attentive à pour recevoir ses actes, parce que la fonction, la petite sonate de ce membre au sein de la Création est si belle que tous veulent l’entendre. Par conséquent, la vie dans ma Volonté et la plus heureuse et la plus indescriptible destinée ; ses actes, son point d’origine, sont toujours dirigés vers le ciel et sa vie au sein des sphères.

 

25 décembre 1926 - Comment le petit Bébé s’est fait voir, nouveau-né, à sa Maman. La lumière que le petit Bébé irradiait apportait à tous le salut de sa venue sur la terre. Différence entre la grotte et la prison de la Passion.

            J’attendais impatiemment le petit Bébé Jésus et, après bien des soupirs, il finit par arriver ; et se jetant comme un petit Bébé entre mes bras, il me dit : Ma fille, veux-tu voir comment mon inséparable Maman m’a vu lorsque je suis sorti de son sein maternel ? Regarde-moi, et vois.

            Je le regardai et je vis un petit bébé d’une rare et ravissante beauté. De toute sa petite Humanité, de ses yeux, de ses mains et de ses pieds émanaient de resplendissants rayons de lumière qui non seulement l’enveloppaient, mais s’étendaient jusqu’à pouvoir toucher le cœur de chaque créature, comme pour leur donner le premier salut de sa venue sur la terre – le premier toc toc frappé à la porte leur cœur pour qu’elles lui ouvrent et le laissent entrer. Ce coup était doux, mais pénétrant ; cependant, étant un coup de lumière, il ne faisait pas de bruit, tout en se faisant entendre avec force, plus que n’importe quel autre son. Aussi, ce soir-là, tous ont senti quelque chose d’inhabituel dans leur cœur, mais rares sont ceux qui lui en ont ouvert la porte pour le recevoir. Et le tendre petit Enfant, sentant qu’on ne lui rendait pas son salut et que personne ne lui ouvrait malgré ses appels répétés, les lèvres livides et tremblant de froid, se mit à pleurer ; il sanglotait, gémissait et soupirait. Mais alors que la lumière qui sortait de lui faisait tout cela avec les créatures et recevait les premiers rejets, dès qu’il sortit du sein de sa céleste Maman, il se lança dans ses bras maternels pour lui donner la première étreinte, le premier baiser. Et comme ses petits bras ne pouvaient l’étreindre entièrement, la lumière qui sortait de ses petites mains l’a entourée, de sorte que la Mère et le Fils étaient enveloppés de la même lumière. Oh ! combien la Maman Reine a répondu à l’étreinte et au baiser de son Fils, et ils restaient si bien enlacés qu’ils semblaient fusionnés l’un dans l’autre. Par son amour, elle compensa pour le premier rejet des cœurs des créatures reçu par Jésus, et le cher et charmant petit Bébé a placé les premières grâces de sa naissance, sa première douleur, dans le Cœur de sa Maman, de sorte que ce qui était vu dans le Fils pouvait être vu dans sa Maman.

            Après quoi le gracieux petit Bébé est venu dans mes bras et en me serrant très fort, j’ai senti qu’il entrait en moi, et moi en lui. Puis il me dit : Ma fille, je voulais t’embrasser comme j’ai embrassé ma chère Maman à ma naissance, pour que tu puisses recevoir le premier acte de ma naissance et ma première souffrance, mes premières larmes et mes premiers gémissements, et que tu puisses être prise de compassion pour mon douloureux état à ma naissance. Si je n’avais pas eu ma Maman en qui pouvoir placer tout le bien de ma naissance et diriger en elle la lumière de ma Divinité que moi, Verbe du Père, je contenais, je n’aurais trouvé personne en qui placer le trésor infini de ma naissance, ou vers qui diriger la lumière de ma Divinité qui émanait de ma petite Humanité. Vois par conséquent combien il est nécessaire que lorsque la suprême Majesté décide qu’un grand bien doit être fait aux créatures, et qui doit servir de bien universel, nous en choisissions une à qui donner tant de grâce qu’elle puisse recevoir en elle tout le bien que toutes les autres doivent recevoir. En fait, si les autres ne les reçoivent pas toutes, ou seulement une partie d’entre elles, notre œuvre ne demeure pas suspendue et sans fruit, mais l’âme choisie reçoit tout ce bien en elle-même et notre œuvre reçoit le retour de son fruit. Ainsi, ma Maman fut dépositaire non seulement de ma vie, mais de tous mes actes. Par conséquent, dans tous mes actes, j’ai regardé d’abord, avant de les faire, si je pouvais les déposer en elle. J’ai déposé en elle mes larmes, mes vagissements, le froid et les souffrances que j’endurais ; elle faisait écho à tous mes actes et recevait tout avec d’incessantes actions de grâce. C’était une compétition entre la Mère et le Fils – moi qui donnais, elle qui recevait. Lorsque ma petite Humanité a fait sa première entrée sur cette terre, ma Divinité voulait en rayonner afin d’aller partout faire sa première visite sensible à toute la Création. Le ciel et la terre – tout a reçu la visite de son Créateur, excepté l’homme. Ils n’avaient jamais reçu autant d’honneur et de gloire que lorsque tous ont pu voir leur Roi, leur Créateur, venu parmi eux ; tous se sentaient honorés, car ils devaient servir celui dont ils avaient reçu l’existence, et par conséquent, tous étaient en fête. Ainsi ma naissance fut une joie et une gloire très grandes pour ma Maman et pour toute la Création ; mais elle fut pour moi une grande douleur de la part des créatures. C’est pourquoi je suis venu vers toi – pour sentir les joies de ma Maman se répéter en moi, et placer en toi les fruits de ma naissance.

            Je pensais après cela combien devait être triste cette petite grotte où le Bébé Jésus était né ; combien elle était exposée à tous les vents et au froid, au point d’être transi. À la place des hommes, il y avait des animaux pour lui tenir compagnie. Et je me disais : « Quelle prison fut la plus triste et la plus douloureuse, la prison de la nuit de sa Passion ou la grotte de Bethléem ?  »

            Et mon doux Bébé ajouta : Ma fille, la tristesse de la prison de ma Passion ne peut être comparée avec la grotte de Bethléem. Dans la grotte, j’avais ma Maman près de moi, corps et âme. Elle était avec moi, par conséquent, j’avais toutes les joies de ma chère Maman, et elle avait toutes celles de son Fils, qui formaient notre Paradis. Les joies d’une mère qui possède son enfant sont grandes ; les joies de posséder une mère sont même encore plus grandes. Je trouvais tout en elle, et elle trouvait tout en moi. Et puis il y avait mon cher saint Joseph, qui me servait de père, et je sentais toutes les joies qu’il ressentait à cause de moi. Par contre, dans ma Passion, nos joies furent toutes interrompues parce que nous devions céder la place à la souffrance et, entre la Mère et le Fils, nous éprouvions la grande douleur de la séparation prochaine, séparation au moins sensible, qui devait avoir lieu à ma mort entre la Mère et le Fils. Dans la grotte, les animaux me reconnaissaient, m’honoraient et tentaient de me réchauffer de leur souffle. Dans la prison, même les hommes ne me reconnaissaient pas et, pour m’insulter, ils m’ont couvert de crachats et d’opprobres. Il n’y a donc aucune comparaison possible entre les deux.

 

27 décembre 1926 – Comment celle qui ne fait pas la Divine Volonté voudrait traverser la lumière et former pour elle l’obscurité. Comment le vrai bien doit avoir son origine en Dieu. Comment l’âme qui vit dans la suprême Volonté reçoit en elle son équilibre et est présente dans toute la Création, vivant la vie avec elle.

            Mon esprit baignait dans le Soleil du Vouloir éternel, et mon Jésus bien-aimé me dit : Ma fille, l’affront que commet une créature en ne faisant pas ma Volonté est grand. Ma Volonté est plus que la lumière solaire, elle envahit tout et toutes choses et personne ne peut échapper à sa lumière infinie ! En faisant sa propre volonté, la créature veut traverser cette lumière et former en elle son obscurité ; mais ma Volonté s’élève et poursuit sa course de lumière en laissant la créature dans les ténèbres de sa volonté. Si quelqu’un traversait la lumière du soleil et se formait en lui une longue nuit, ne dirait-on pas qu’il est fou et qu’il commet un grand mal ? Pauvre malheureux, il mourrait de froid, ne recevant plus la chaleur et la lumière du soleil ; il mourrait d’ennui, incapable d’agir parce qu’il lui manquerait le bienfait de la lumière. Il mourrait de faim, n’ayant ni lumière ni chaleur pour cultiver et féconder son petit champ recouvert par l’obscurité de sa volonté. On dirait de lui : ‘Il aurait mieux valu qu’un être aussi malheureux ne fût jamais né !’

            Tout cela se produit dans l’âme qui fait sa volonté. Le mal le plus déplorable est par conséquent de ne pas faire ma Volonté, car lorsqu’on enlève ma Volonté, l’âme meurt de froideur pour tous les biens célestes ; elle meurt d’ennui, de fatigue, de faiblesse, parce que ma Volonté est absente, elle qui fait la joie, la force et la vie de la divine opération. L’âme meurt de faim, parce que la lumière est absente qui vient féconder le petit champ qui forme la nourriture dont elle doit vivre. Les créatures pensent que ne pas faire ma Volonté n’est pas un grand mal, alors qu’il renferme tous les maux ensemble.

            Après quoi il ajouta : Ma fille, chaque bien, pour être un bien, doit avoir son origine en Dieu. Par conséquent, l’amour, le fait lui-même de faire le bien, la souffrance, l’héroïsme des créatures qui se lancent tête première pour accomplir quelque chose, l’étude des sciences, sacrées et profanes – en somme, tout ce qui n’a pas son origine en Dieu, enfle la créature, la vide de la grâce. Et tous ces biens qui n’ont pas leur origine en Dieu ne commencent qu’avec une origine humaine et sont comme des œuvres balayées par un grand vent qui, avec sa puissance, réduit en un tas de poussières les cités, les villas, les somptueuses résidences. Combien de fois un vent puissant ne détruit-il pas les plus belles œuvres d’art et d’ingéniosité, se riant, avec sa furie, de ses œuvres si vantées et admirées ! Combien de fois le vent puissant de l’amour-propre, de la gloire personnelle, n’abat-il pas les plus belles œuvres, et je sens la nausée que me donne ce bien lui-même ! Il n’y a par conséquent pas de remède qui soit plus efficace, plus approprié et qui bloque la furie de ces vents dans l’âme, que la puissance de la lumière de ma Volonté et l’éclipse qu’elle forme. Chaque fois que cette puissance, cette éclipse formée par la divine lumière est présente, ces vents sont empêchés de souffler et la créature vit sous l’influence vitale d’une Divine Volonté, de telle sorte que le sceau du Fiat peut être vu en tous ses actes, petits et grands. Sa devise est donc : ‘Dieu le veut, je le veux. Si Dieu ne le veut pas, moi non plus.’ De plus, ma Volonté maintient un équilibre parfait dans la Création. Elle maintient l’équilibre de l’Amour, de la Bonté, de la Miséricorde, du Courage, de la Puissance et même de la Justice. Par conséquent, lorsque tu entends parler de châtiments et de troubles, ce n’est que l’effet de ma Volonté équilibrée qui, malgré son amour des créatures, n’est pas sujette au déséquilibre ; elle serait sinon défectueuse et faible si elle perdait son équilibre. Tout l’ordre et la sainteté de ma Volonté est en cela : son équilibre parfait – toujours le même, sans jamais changer.

            Ma fille, première-née de ma Volonté, écoute quelque chose de beau sur mon Fiat suprême. Avec l’âme qui vit en elle et lui permet de régner pour y former son Royaume, ma Volonté, en se bilocalisant, transfert en cette âme son équilibre parfait. L’âme se sent équilibrée en amour, en bonté, en miséricorde, en courage, en puissance et en justice. Et comme la Création est extrêmement vaste où mon Vouloir exerce son acte distinct d’équilibre en chaque chose, comme l’âme possède cet équilibre, ma Volonté l’élève et l’étend au point de trouver dans tous ses actes l’équilibre des uns et des autres en les unifiant pour les rendre inséparables. Ainsi, la créature se trouve elle-même dans le soleil, pour faire les actes équilibrés que ma Volonté accomplit en lui ; elle se trouve dans la mer, dans les cieux, dans la petite fleur qui fleurit, pour y apporter sa fragrance ; dans le petit oiseau qui chante pour réjouir la Création tout entière avec l’équilibre de la joie. Elle se trouve dans la furie du vent, de l’eau, des tempêtes, pour l’équilibre de justice. En somme, ma Volonté ne peut pas être sans cette créature ; elles sont inséparables et vivent ensemble. Et crois-tu que ce soit peu de chose que l’âme puisse dire : ‘Je suis étendue jusque dans les cieux afin de les préserver pour le bien de mes frères. Je suis présente dans le soleil pour faire germer et féconder, pour donner de la lumière et préparer la nourriture pour toute l’humanité.’ ; et ainsi de suite pour tout le reste ? Qui peut jamais dire : ‘J’aime mon Dieu comme il s’aime lui-même, j’aime tout le monde et je fais tout le bien que mon Créateur fait à toute la famille humaine’ ? Celle-là seule qui reçoit l’équilibre de ce divin Fiat et lui permet de régner en elle.

 

29 décembre 1926 – Comment le Royaume de la suprême Volonté fut formé dans l’Humanité de Notre-Seigneur.

            Mon doux Jésus, en arrivant, se fit voir portant un Soleil au centre de sa poitrine, le tenant bien serré dans ses bras. S’approchant de moi, il prit ce Soleil du centre de sa poitrine et de ses mains, il le plaça au centre de la mienne ; puis il prit mes mains dans les siennes pour tenir le Soleil bien serré, en me disant : Ce Soleil est ma Volonté – tiens-le bien et ne le laisse jamais s’échapper, car il a le pouvoir de te convertir toi et tous tes actes en lumière, afin de t’incorporer complètement en lui pour ne former qu’un seul Soleil.

            Après quoi je pensais à tout ce que mon doux Jésus avait fait en venant sur la terre pour la Rédemption, afin de m’unir à ses actes et de lui demander, pour l’amour de ses propres actes, de faire connaître sa Volonté pour qu’elle règne. Et mon Jésus adoré ajouta : Ma fille, lorsque mon Humanité fut conçue, une nouvelle Création a commencé afin d’y déposer le Royaume de ma Volonté en tous les actes accomplis par mon Humanité. Tous mes actes, à l’intérieur comme à l’extérieur de mon Humanité, étaient animés par une Divine Volonté qui contenait la Puissance créatrice ; ils se convertissaient donc en actes de Divine Volonté et j’ai étendu son Royaume en moi et en tous mes actes externes. En fait, qui a détruit et rejeté ce Royaume de ma Volonté dans l’homme ? C’est sa volonté humaine, qui rejeta la mienne et se laissa dominer et animer par la sienne propre pour former en l’homme un royaume de misères, de passions et de ruines. Mon Humanité devait avant toutes choses refaire et rappeler en moi, dans ma nature humaine, ce Royaume de la suprême Volonté afin d’être prête à former la Rédemption et de pouvoir donner à l’humanité les remèdes qui la sauveraient. Si je n’avais pas mis ce Royaume en sûreté en moi, si je ne lui avais pas donné le droit de régner, je n’aurais pas formé le bien de la Rédemption. Ma Divine Volonté aurait été inexorable et je n’aurais pas eu le droit primordial de former son Royaume en moi ; c’est alors seulement qu’elle m’a accordé les remèdes pour sauver les créatures. Ma suprême Volonté s’est alignée dans tous mes actes ; elle dominait et, triomphante, elle investissait de sa Puissance créatrice mes larmes, mes gémissements, mes soupirs, mes palpitations, mes pas, mes œuvres, mes paroles et mes souffrances – en somme, toutes choses. Et en les investissant, elle les décorait de sa lumière infinie en formant la nouvelle Création de son Royaume dans tous mes actes. Par conséquent, le divin Fiat étendit avec chacun de mes actes les frontières de son Royaume dans mon Humanité.

            Si la Création a été formée à partir de rien par ma parole créatrice qui parla, créa et commanda que toutes les choses prennent leur place avec ordre et harmonie, dans la Création du Royaume de la Volonté suprême, ma Volonté ne se contenta pas de former le Royaume à partir de rien, mais elle voulut, en garantie de sûreté, la base, les fondations, les murs et les actes de souffrance de ma très sainte Humanité pour former la Création de son Royaume. Tu peux voir ainsi combien ce Royaume de ma Volonté m’a coûté ; combien d’amour j’y ai mis. Par conséquent, ce Royaume existe – il ne me reste plus qu’à le faire connaître avec tous les biens qu’il contient. Ainsi, ce que je veux de toi, c’est que tout comme mon Humanité a laissé ma Volonté libre de former son Royaume, tu puisses me laisser libre, sans rien me refuser, afin que je ne trouve en toi aucune opposition et que mes actes puissent couler en toi, prendre leur place d’honneur et s’aligner bien en ordre pour continuer en toi la vie du Royaume de ma Volonté.

            Après quoi mon doux Jésus s’échappa comme l’éclair et je voulus le suivre, mais je vis avec beaucoup d’amertume que des maladies contagieuses allaient se répandre dans toutes les nations, y compris en Italie. Il me semblait que les hommes allaient en mourir partout et dépeupleraient les foyers. Le fléau serait plus violent dans plusieurs nations, mais presque toutes seraient touchées. Il me semble que les hommes se donnent la main pour offenser le Seigneur, et Notre-Seigneur les affecte tous des mêmes fléaux. Mais j’espère qu’il se calmera et que les gens auront moins à souffrir.

 

1er janvier 1927 - La volonté de l’âme en cadeau pour l’Enfant Jésus. Comment sa vie entière fut le symbole et l’appel de la Divine Volonté. Comment les connaissances sont le moyen de hâter la venue du Royaume de sa Volonté.

            (Je méditais sur l’année qui se terminait et la nouvelle qui commençait.)

            Je continue mon envol dans la lumière de la Divine Volonté et je priais le bel Enfant Jésus que, tout comme l’année qui se termine ne renaîtrait jamais, il ferait mourir ma volonté pour ne jamais renaître ; et que comme cadeau pour le nouvel an, il me donnerait sa Volonté tout comme je lui donnais la mienne comme tabouret pour ses tendres petits pieds, et que je ne puisse plus avoir d’autre vie que sa seule Volonté. Je disais cela et d’autres choses encore lorsque mon doux Jésus sortit de moi et me dit : Fille de ma Volonté, combien je veux, aime, et désire que ta volonté puisse mourir en toi. Oh, comme j’accepte ton présent ! Quel plaisir j’aurai à m’en servir de tabouret pour mes pieds. En fait, aussi longtemps qu’elle reste dans la créature, hors de son centre qui est Dieu, la volonté humaine est dure ; mais lorsqu’elle rentre à nouveau dans le centre d’où elle est sortie, pour servir de tabouret aux pieds de ton petit Enfant Jésus, elle devient douce, et je m’en sers pour m’amuser. N’est-il pas juste que, si petit que je sois, j’aie un amusement ? Et qu’au milieu de tant de souffrances, de privations et de larmes, j’ai ta volonté pour me faire plaisir ?

            Tu dois savoir que la créature qui met fin à sa propre volonté retourne à son point d’origine et que la vie nouvelle, la vie de lumière, la vie éternelle de ma Volonté commence alors en elle. Lorsque je suis venu sur la terre, j’ai voulu donner beaucoup d’exemples sur la façon de mettre un terme à la volonté humaine. J’ai voulu naître à minuit pour briser la nuit de la volonté humaine avec le jour resplendissant de la mienne. Et même si la nuit continue à minuit, elle ne se termine pas, elle n’est que le commencement d’un jour nouveau ; et mes Anges, pour honorer ma naissance et montrer à tous le jour de ma Volonté, à partir de minuit, on réjouit la voûte des cieux avec de nouvelles étoiles et de nouveaux soleils pour transformer la nuit en lumière plus brillante que le jour. Ce fut l’hommage que les Anges ont rendu à ma petite Humanité, en qui résidait le plein jour du Soleil de ma Divine Volonté, et l’appel de la créature à venir dans sa pleine lumière. Tout petit encore, je me suis soumis à la cruelle blessure de la circoncision qui m’a fait pleurer des larmes amères – et non seulement à moi, mais à ma Maman et à mon cher saint Joseph. C’était la coupure de la volonté humaine que je voulais faire, pour que la créature puisse laisser couler dans cette coupure la Divine Volonté, et qu’une volonté brisée ne puisse jamais renaître à la vie – sinon la mienne, qui avait coulé dans cette coupure pour y recommencer sa vie.

            Petit encore, j’ai voulu fuir en Égypte. Une volonté tyrannique et inique voulait me tuer – symbole de la volonté humaine qui veut tuer la mienne ; et j’ai fui, afin de dire à tous : ‘Fuyez la volonté humaine, si vous ne voulez pas que la mienne soit tuée.’ Ma vie entière n’était rien d’autre que l’appel de la Divine Volonté dans l’humanité. En Égypte, j’ai vécu comme un étranger au milieu de ce peuple – symbole de ma Volonté qu’ils conservent comme étrangère parmi eux ; et symbolisant le fait que quiconque veut vivre en paix et uni à ma Volonté, doit vivre comme étranger à la volonté humaine. Sinon, il y aura toujours la guerre entre les deux ; ce sont deux volontés irréconciliables. Après mon exil, je suis rentré dans ma patrie – symbole de ma Volonté qui, après un long exil de siècles en siècles, revient dans sa chère patrie pour y régner parmi ses enfants. Et en traversant ces étapes de ma vie, je formais son Royaume en moi et je l’appelais par d’incessantes prières, dans la douleur et dans les larmes, pour venir régner parmi les créatures. Je suis rentré dans ma patrie et j’y ai vécu caché et inconnu. Oh ! combien cela symbolise la douleur de ma Volonté vivant cachée et inconnue. Et dans cet anonymat, je demandais que soit connue la suprême Volonté, qu’elle puisse recevoir l’hommage et la gloire qui lui sont dus. Chaque chose que je faisais symbolisait une souffrance de ma Volonté, la condition où les créatures la plaçaient, et un appel à revenir dans son Royaume. Et c’est ce que je veux que soit ta vie : le constant rappel du Royaume de ma Volonté parmi les créatures.

            J’ai parcouru ensuite toute la Création pour ramener les cieux, les étoiles, le soleil, la lune, la mer – en somme toute la Création aux pieds de l’Enfant Jésus pour lui demander, tous ensemble, la venue prochaine de ce Royaume de sa Volonté sur la terre. Et dans mon désir, je lui disais : « Vois, je ne suis pas seule à te prier, mais les cieux prient avec la voix de toutes les étoiles ; le soleil, avec la voix de sa lumière et de sa chaleur ; la mer, avec son murmure – tous prient que ta Volonté vienne régner sur la terre. Comment peux-tu résister à toutes ces voix qui te prient ? Ce sont des voix innocentes – des voix animées par ta Volonté elle-même qui te prient. »

            Je disais cela lorsque mon petit Jésus est sorti de moi pour recevoir l’hommage de toute la Création et écouter son langage muet ; et en se serrant contre moi, il me dit : Ma fille, les meilleurs moyens pour hâter la venue de ma Volonté sur la terre sont les connaissances. Les connaissances apportent la lumière et la chaleur, et elles forment en elles l’acte premier de Dieu en quoi la créature trouve le premier acte sur lequel former le sien. Si elle ne trouvait pas le premier acte, la créature n’ayant pas la vertu de former l’acte premier, il lui manquerait les choses les plus nécessaires pour former ce Royaume. Tu vois ainsi ce que signifie une connaissance supplémentaire sur ma Volonté. En portant en elles l’acte premier de Dieu, les créatures apportent une force magnétique, un puissant aimant, qui attire les créatures à répéter l’acte premier de Dieu. Avec sa lumière, elles pourront désillusionner la volonté humaine ; avec sa chaleur, elles amèneront les cœurs les plus durs à se plier devant l’acte divin ; et les créatures se sentiront captivées et voudront se modeler sur cet acte. Par conséquent, plus je manifeste de connaissances sur ma Volonté, plus vite le Royaume du divin Fiat viendra sur la terre.

 

4 janvier 1927 - Comment chaque acte de Divine Volonté apporte une Vie divine. Comment celle qui veut entendre la vérité, mais refuse de l’exécuter, en demeure brûlée. Difficultés de la Divine Volonté dans les âmes.

            Mon pauvre cœur gémissait à cause de la douleur de la privation de mon cher et bien-aimé Jésus. Les heures me paraissent des siècles, et les nuits sont interminables sans lui. Le sommeil fuit mes yeux. Si au moins je pouvais dormir – ma douleur s’endormirait et je trouverais peut-être un peu de soulagement. Mais non ; au lieu de dormir, je garde les yeux bien ouverts. Mes pensées sont des yeux qui veulent pénétrer pour voir où est celui que je cherche et que je ne trouve pas ; mes yeux sont des oreilles, pour entendre– qui sait – le doux bruit de ses pas, le doux et gentil écho de sa voix. Mes yeux regardent – qui sait, ils verront peut-être l’éclair de sa fugitive venue. Oh ! combien sa privation me coûte. Oh ! combien je languis après lui.

            J’étais dans ces lamentations lorsque mon doux Jésus bougea en moi et se fit voir, assis à une petite table de lumière, tout occupé à examiner l’ordre de ce qu’il avait manifesté sur sa très sainte Volonté. Tout ce qui concernait son Vouloir, les mots, les connaissances, tout était comme un rayon de lumière dans la main de Jésus et qu’il disposait sur ce bureau de lumière ; et il était si absorbé que j’avais beau lui parler et l’appeler, il ne s’occupait pas de moi. J’ai donc gardé le silence en me contentant d’être près de lui et de le regarder. Puis, après un long silence, il me dit : Ma fille, lorsqu’il est question de choses qui concernent ma Volonté, les cieux et la terre observent un silence déférent pour être spectateurs d’un nouvel acte de cette suprême Volonté. Chacun de ces actes apporte une Vie divine, une force, un bonheur, une ravissante beauté de plus. Par conséquent, lorsqu’il est question de ma Volonté, nous devons toi et moi mettre tout de côté et nous concentrer uniquement sur le Fiat éternel. Il ne s’agit pas de réordonner en toi une volonté humaine ou une vertu quelconque, mais une Volonté divine et opérante. Par conséquent, il faut apporter toute notre attention à ce qui concerne le grand bien d’un acte nouveau de cette suprême Volonté et c’est pourquoi je ne réponds pas à tes appels, car lorsque l’on fait de grandes choses, les petites sont mises de côté.

            Après quoi j’ai suivi mon Jésus passionné dans la Passion et, arrivée au point où Hérode l’accablait de questions alors qu’il restait silencieux, je me suis dit : « Si Jésus avait parlé, peut-être se serait-il converti. » Et Jésus, bougeant en moi, me dit : Ma fille, Hérode ne me posait pas de questions pour savoir la vérité, mais par curiosité et pour se moquer de moi ; et si j’avais répondu, je l’aurais ridiculisé parce que lorsqu’il n’y a pas la volonté de connaître la vérité et de la mettre en pratique, la disposition pour recevoir la chaleur que la lumière de mes vérités apporte avec elle est absente de l’âme. Ne trouvant pas l’humidité pour faire germer et féconder les vérités, cette chaleur brûle encore davantage et fait périr le bien qu’elle produit. C’est comme avec le soleil : lorsqu’il ne trouve pas l’humidité sur les plantes, sa chaleur les flétrit et brûle la vie des plantes ; mais s’il trouve l’humidité, le soleil fait des prodiges. La vérité est belle, elle est aimable, elle fait revivre les âmes et les féconde ; avec sa lumière et sa chaleur, elle forme des prodiges de développement, de grâce et de sainteté – mais cela pour les âmes qui l’aiment afin de l’exécuter. Par contre, avec celles qui ne l’aiment pas pour l’exécuter, c’est plutôt la vérité qui se moque d’elles.

            Pendant que je notais cela, j’étais si épuisée que j’écrivais avec difficulté ; je ne sentais pas non plus que Jésus m’inspirait pour me faciliter la tâche, ni la plénitude de la lumière mentale qui, comme une mer, se forme dans mon esprit de sorte que je n’ai qu’à prendre de petites gouttes de lumière pour mettre sur le papier, car autrement, si je voulais tout mettre, je serais comme une personne qui entrerait dans la mer et voudrait la contenir tout entière dans sa main ; mais si elle veut ne prendre que quelques gouttes, elle peut y parvenir. Ainsi, tout était difficulté dans mon âme comme dans mon corps. Me sentant malade, je me disais : « Peut-être que ce n’est plus la Volonté de Dieu que j’écrive ; autrement, il m’aurait aidée comme avant. Au contraire, la difficulté, l’effort que je dois faire sont si grands que je ne peux plus continuer. Par conséquent, si Jésus ne le veut plus, moi non plus. »

            Je pensais cela lorsque mon doux Jésus sortit de mon intérieur et me dit : Ma fille, celle qui doit posséder le Royaume de ma Volonté doit non seulement la faire et vivre en elle, mais doit sentir et souffrir ce que ma Volonté ressent et souffre dans les âmes. Ce que tu sens n’est rien d’autre que la condition dans laquelle je me trouve moi-même dans les créatures. Avec quelle difficulté coule ma Volonté ; quels efforts ne doit-elle pas faire pour subjuguer les créatures. Combien les créatures la tiennent réprimée dans leur propre volonté ; elles lui enlèvent le meilleur de sa vie, son énergie, sa joie, sa force, et elle est obligée d’agir sous la pression d’une volonté humaine mélancolique, faible et inconstante. Oh ! en quel douloureux, amer et écrasant cauchemar les créatures gardent ma Volonté. Ne veux-tu donc pas participer à ses souffrances ? Ma fille, tu dois être une clef, et quel que soit le son que ma Volonté veut que tu produises, tu dois te prêter à former le son que ma Volonté veut sortir. Et lorsqu’elle aura formé en toi tous les sons qu’elle possède – sons de joie, de force, de bonté, de douleur, etc. – sa victoire sera complète, ayant ainsi constitué en toi son Royaume. Par conséquent, pense plutôt que c’est une sonate distincte et différente qu’elle veut jouer en toi – que c’est une clef de plus qu’elle veut ajouter à ton âme parce que, dans le Royaume du Fiat suprême, elle veut trouver toutes les notes du concert de la céleste Patrie afin que même la musique ne soit pas absente de son Royaume.

 

6 janvier 1927 - L’âme qui vit dans la Divine Volonté est toujours égale à elle-même. L’ordre de la Providence dans l’Incarnation et dans les manifestations des saints Mages.

            J’accomplissais mes actes habituels dans le Vouloir suprême et mon doux Jésus sortit de mon intérieur, tendit les bras vers moi et m’embrassa en me serrant si fort contre lui que j’étais complètement couverte de Jésus. Et il me dit : Ma fille, je ne suis pas satisfait si je ne te vois pas complètement recouverte de moi, et si dissoute en moi que je ne peux plus te différencier de moi, ni moi de toi. Puis il ajouta : Ma fille, l’âme qui vit dans la Divine Volonté est toujours égale à elle-même. Ses actes sont symbolisés par la lumière qu’elle diffuse devant, derrière, à droite et à gauche. Si elle contient une plus grande intensité de lumière, elle s’étend d’autant plus, mais elle diffuse toujours également en étendant la circonférence de lumière autour d’elle. Les actes accomplis dans ma Volonté sont symbolisés par la lumière. Lorsque l’acte de la créature entre dans ma Volonté, il embrasse le passé, le présent et l’avenir ; et possédant la plénitude de lumière, il s’étend partout et inclut toutes choses dans la circonférence de sa lumière infinie. Par conséquent, personne, quel que soit le bien qu’on puisse faire, ne peut dire à celle qui vit dans le divin Fiat : ‘Je suis semblable à toi.’ Mais seule cette âme peut dire : ‘Je suis semblable à celui qui m’a créée – tout ce qu’il fait, je le fais aussi. Une est la lumière qui nous investit, une la force, une la Volonté.’

            Après quoi je pensais aux Saints Mages qui ont rendu visite au petit Enfant Jésus dans la grotte de Bethléem ; et mon toujours aimable Jésus me dit : Ma fille, vois l’ordre de ma divine Providence : pour le grand prodige de mon Incarnation, j’ai choisi une Vierge humble et pauvre ; et comme gardien, qui agissait pour moi comme un père, un homme vierge, saint Joseph, si pauvre qu’il avait besoin de travailler pour soutenir notre famille. Tu vois que dans les plus grandes œuvres – et le mystère de mon Incarnation ne pouvait être plus grand – nous choisissons toujours des personnes qui n’attirent pas l’attention, parce que les dignités, les sceptres et les richesses sont toujours des fumées qui aveuglent l’homme et l’empêchent de pénétrer dans les mystères célestes pour recevoir un grand acte de Dieu, et Dieu lui-même. Mais afin de manifester aux créatures la venue du Verbe de Dieu sur la terre, j’ai voulu l’autorité royale d’hommes savants et érudits afin que par leur autorité, ils puissent diffuser les connaissances du Dieu qui est né et l’imposer eux-mêmes aux peuples. Mais si l’étoile a été vue par tous, seuls trois l’ont remarquée et suivie. Ce qui signifie qu’ils étaient les seuls à avoir sur eux-mêmes un empire, et à avoir formé en eux un petit espace leur permettant de recevoir à travers l’étoile l’écho de mon appel. Et sans se soucier des sacrifices, des commérages et des moqueries – car ils se mettaient en route vers un lieu inconnu et devaient entendre bien des critiques – ils ont suivi l’étoile unie à mon appel qui résonnait en eux, les illuminait, les attirait et leur parlait de Celui auquel ils devaient rendre visite ; et, ivres de joie, ils ont suivi l’étoile.

            Tu vois donc que pour accorder le grand don de l’Incarnation, il fallait une Vierge qui n’eût pas de volonté humaine, qui fût plus du ciel que de la terre, de même qu’un miracle continuel qui la disposât à ce grand prodige. Ainsi, nous n’avions pas besoin de choses externes et d’apparences humaines qui auraient pu attirer l’attention des peuples. Cependant, pour me manifester, je voulais des hommes qui soient maîtres d’eux-mêmes et pourraient former en eux un petit espace pour y faire résonner l’écho de mon appel. Mais quelle ne fut pas leur surprise en voyant l’étoile s’arrêter, non pas au-dessus d’un palais royal, mais sur un misérable taudis. Ils ne savaient que penser et étaient persuadés que c’était un mystère – non pas humain, mais divin. Animés par la foi, ils sont entrés dans la grotte, se sont agenouillés pour m’adorer et je me suis révélé en laissant resplendir ma Divinité de ma petite Humanité, et ils m’ont reconnu comme le Roi des rois – celui qui venait pour les sauver ; et, promptement, ils ont offert de me servir et d’offrir leur vie pour l’amour de moi. Mais ma Volonté s’est fait connaître et les a renvoyés dans leurs régions afin d’être, parmi les peuples, les annonciateurs de ma venue sur la terre. Tu vois combien est nécessaire l’empire sur soi-même et le petit espace dans le cœur pour y laisser résonner mon appel et être en mesure de connaître la vérité et de la manifester aux autres.

 

9 janvier 1927 - Comment celle qui fait la Volonté de Dieu en possède l’équilibre et possède un acte de lumière pour toutes choses. Comment une note de douleur fut placée, et c’est pourquoi la Divine Volonté et la volonté humaine se verront d’un mauvais œil. Comment les premiers fruits sont ceux que l’on préfère.

            Je faisais ma ronde habituelle pour suivre la Divine Volonté dans toute la Création et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit : Ma fille, combien l’âme qui opère dans ma Volonté est merveilleuse. Tout comme le Fiat maintient l’équilibre en faisant écho au mien dans la Création tout entière, cette âme forme l’équilibre dans toutes les créatures et dépose en elles le Royaume de ma Volonté. Elle est comme la lumière qui descend du ciel et, se fixant en chacune, y dépose le Royaume de l’amour de ma Volonté, de l’adoration, de la gloire, et de tout ce que ma Volonté possède. Mais en descendant comme la lumière pour que rien ne lui échappe, elle monte également comme la lumière et apporte l’équilibre de tous les actes de la Création, de tous les temps et de tous les cœurs à son Créateur. Par l’équilibre de tous les actes humains où l’âme a laissé entrer l’acte de la Divine Volonté, elle fait le vide de tous les actes humains pour y laisser entrer la Divine Volonté comme acte premier. Et la Divine Volonté y dépose son Royaume parce que cette âme désire de tout son cœur que la lumière de la Divine Volonté entre dans tous les actes humains afin que l’humain disparaisse et que seule la Divine Volonté puisse réapparaître en toute chose. C’est pourquoi, ma fille, je te fais toucher à presque tout de ta main, car je veux que tu t’étendes partout pour répandre le Royaume de ma Volonté. Il est cependant possible d’échapper à cette lumière tout comme on échappe à la lumière du soleil ; mais cela ne dérange en rien le soleil qui, possédant l’équilibre de la lumière, contient un acte de lumière pour tous et pour toute chose. Ainsi, en apportant partout la lumière, le soleil maintient l’équilibre de la gloire de tous les actes de lumière pour son Créateur et demeure par conséquent dans l’ordre parfait, alors que ceux qui échappent à la lumière sortent de l’ordre. De la même manière, l’âme ayant l’unité de la lumière du Fiat suprême en possède tous les actes de lumière et peut par conséquent donner son acte de lumière de la Divine Volonté à tous les actes humains et étendre ainsi partout son divin Royaume. Si des créatures y échappent, la lumière de ma Volonté se diffuse quand même et je vois, en mes élues, mon Royaume poursuivre sa route, s’étendre et s’établir. Par conséquent, je veux voir tes actes dans ma Volonté en chaque pensée des créatures, en chaque parole, chaque palpitation, chaque pas et chaque travail – en toute chose. Pour le moment, pensons à former notre Royaume ; lorsqu’il sera formé, nous penserons à ceux qui y ont échappé et qui restent pris dans le filet de la lumière de ma Volonté.

            Je me sentais alors très fatiguée parce que fiévreuse depuis plusieurs jours et j’avais à peine pu écrire ce qui précède. Alors, n’ayant plus la force de continuer à écrire je me suis arrêtée et j’ai commencé à prier. Et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me serra contre lui et me dit avec compassion : Ma fille est malade, ma fille est malade… Tu dois savoir que de la part des créatures, une note de chagrin fut placée dans le Royaume de ma Volonté – une note que personne, durant bien des siècles, n’a jamais pensé à guérir ; une note trop douloureuse pour le Fiat suprême et la raison pour laquelle la Divine Volonté et la volonté humaine vont se voir d’un mauvais œil. Mais la fille première-née de ma Volonté doit équilibrer toutes les parties avant de venir dans notre Patrie ; elle doit remplir tous les vides pour établir mon Royaume parmi les créatures. En étant malade, ma fille formera en ce Royaume celui de la divine souffrance qui, coulant comme une vague de lumière et de chaleur, servira à adoucir la note douloureuse. Ne sais-tu pas que la lumière et la chaleur ont le pouvoir de convertir en un très doux nectar les choses les plus amères ? Il t’est donné, ma fille, toi qui vis dans notre Vouloir, de laisser tes douleurs, ta fièvre, les souffrances intimes de ma privation qui te font mourir sans mourir, couler dans notre infinité afin d’investir du divin Fiat cette note si douloureuse, et former en elle un son très doux et harmonieux, de sorte que les deux volontés ne se verront plus d’un mauvais œil, mais seront réconciliées. Puis il ajouta : Ma fille, tu ne peux pas comprendre mes sentiments envers toi – les joies, le bonheur que je ressens parce que je trouve en toi les premiers fruits du Royaume de ma Volonté. J’ai trouvé les délices des premiers fruits, les premiers fruits de la musique que seule la créature qui vit dans ma Volonté peut produire, parce qu’elle prend toutes les notes qui sont dans notre Volonté, qu’elle les fait siennes, et forme la merveilleuse musique dans mon Royaume. Et moi – oh combien j’aime l’écouter ! Je trouve les premiers fruits de l’ordre, les premiers fruits de l’amour véritable que ma Volonté lui a accordés ; je trouve les premiers fruits de beauté qui me ravissent tant que je ne peux en détacher mon regard. Ainsi, je trouve tous tes actes comme des actes premiers que personne encore ne m’a donnés avant toi. Les premiers fruits sont toujours ce que l’on préfère, ceux qui attirent et que l’on aime le plus. Et si d’autres choses semblables viennent après les premiers fruits, c’est en vertu de l’acte premier qu’ils ont pu être formés ; toute la gloire revient à l’acte premier. Par conséquent, tu auras toujours les premiers fruits du Royaume du divin Fiat ; rien ne se fera en lui qui ne devra son commencement à ton acte premier. Tout sera tourné vers toi – à toi le commencement de la gloire. Par conséquent, je veux que tout commence par toi afin de former mon Royaume suprême.

 

13 janvier 1927 - Jésus prie Luisa d’écrire. Comment sa parole est bonheur. Comment celle qui vit dans la Divine Volonté est vue comme venant de la céleste Patrie. Luisa prie avec la Création tout entière ; comment Jésus promet que tout lui sera accordé.

            Poursuivant avec ma fièvre, je parvenais à écrire avec une telle difficulté que j’avais décidé de ne plus écrire avant de pouvoir le faire moins difficilement, et également de pouvoir écrire plus complètement ce que mon Jésus béni manifeste à sa petite fille. En fait, à cause de la difficulté, j’essaie de condenser autant que possible. Et tandis que je ne pensais pas du tout que j’allais devoir écrire, étant donné ma décision, mon toujours aimable Jésus se manifesta en moi et, comme en une prière, il me dit : Ma fille, écris un petit peu ; je préfère un peu plutôt que rien. Lorsque tu le pourras, tu écriras davantage. Et dans ce que tu écriras, je t’aiderai – je ne te laisserai pas seule ; et quand je verrai que tu ne peux pas aller plus loin, je dirai moi-même ‘C’est assez’, parce que je t’aime beaucoup – et parce que ta nature est aussi la mienne et que je ne veux pas te fatiguer au-delà de tes forces. Mais ne m’enlève pas ce plaisir de continuer à écrire cette correspondance toujours nouvelle que je veux te communiquer. Tu sais qu’il n’existe pas dans le monde entier un seul point où je puisse partager mes joies et les recevoir en retour. Ce point de mon bonheur dans le monde, c’est toi, et mon bonheur est formé par ma parole. Lorsque je peux parler avec une créature, me faire comprendre, c’est pour moi une joie, et un bonheur complet et surabondant pour celle qui m’écoute ; de plus, étant donné qu’en parlant avec toi, comme tu es dans ma Volonté, c’est dans ma Volonté elle-même que je parle, non à l’extérieur, et je suis certain d’être compris ; plus encore, en parlant avec toi de mon Vouloir, je sens en toi le bonheur de mon Royaume, l’écho du bonheur de la céleste Patrie. Sais-tu, ma fille, ce qui arriverait ? Étant donné que je te garde dans le Fiat suprême, je te vois comme appartenant à ma céleste Patrie. Que dirais-tu si une âme qui vit déjà dans le ciel ne voulait pas recevoir les joies nouvelles que je sors naturellement de mon sein pour le bonheur de tous les Bienheureux ? En fait, c’est dans ma nature de donner toujours de nouvelles béatitudes. Cette âme serait un obstacle à mon bonheur, elle enfermerait dans mon sein les joies que je veux dispenser. C’est cela qui arriverait avec toi – tu serais un obstacle à mon bonheur, aux joies toujours nouvelles que possède ma Volonté. D’autant plus que je suis plus heureux lorsque je rends la petite fille de ma Volonté plus heureuse, elle qui se trouve dans ce bas exil uniquement à cause de nous – uniquement pour nous donner le champ où former notre Royaume parmi les créatures et restaurer pour nous les droits et la gloire de l’œuvre de toute la Création. Crois-tu que mon Cœur pourrait tolérer de ne pas rendre heureuse ma petite fille ?

            Et moi : « Certainement, ô Jésus ; et si tu savais combien tu me rends malheureuse lorsque tu me prives de cette joie – combien je ressens le vide d’un bonheur sans fin que rien d’autre, si beau et si bon que ce soit, ne pourrait remplacer. Et Jésus : Par conséquent, ma fille, puisque ma parole te rend heureuse, je ne veux pas que mon bonheur demeure uniquement dans ton vide intérieur, mais je veux qu’elle serve à établir mon Royaume ; et en confirmation de ma parole et du bonheur qui vient de moi, je veux qu’elle soit mise sur le papier en confirmation de notre correspondance.

            Après quoi j’ai commencé à prier en amenant la Création tout entière avec moi devant la Majesté suprême – c’est-à-dire les cieux, les étoiles, le soleil, la mer – en somme, toute chose, pour que ma prière puisse être animée par tous les actes que le Fiat suprême exerce dans toute la Création. Mon doux Jésus se plaça près de moi, et appuyant sa tête contre la mienne, il mit son bras autour de mon cou comme pour me soutenir. Et je lui dis : « Mon Amour, Jésus, je ne suis pas seule à te prier, mais il y a avec moi ta Volonté opérant dans toute la Création, priant pour que ton Royaume arrive. Elle veut ses droits, entiers et complets, sur tous et toute chose ; et c’est uniquement avec la venue du Royaume du Fiat suprême sur la terre que tous ses droits lui seront rendus. Écoute, ô Jésus, combien touchante est la voix de ton Fiat dans tout l’azur des cieux ; combien éloquente dans le soleil ; combien attirante et forte dans la mer. Partout on peut entendre sa voix qui résonne en demandant les droits de son Royaume. Je t’en prie, écoute ton propre Fiat ; écoute ta petite fille qui, faisant siens tous ses actes, prie et supplie pour que ton Royaume arrive. Et bien que je ne sois qu’une nouvelle-née, je veux moi aussi mes droits ; et sais-tu, ô Jésus, ce qu’ils sont ? Que je rende à ta Volonté toute la gloire et l’honneur comme si personne ne l’avait offensée, comme si tous l’avaient accomplie, adorée et aimée. Si je suis sa fille, je veux que ses droits lui soient rendus, et je veux également que mon premier père Adam retrouve son honneur comme s’il ne s’était jamais retiré de ta Volonté. »

            Et mon très doux Jésus se manifesta en moi et me dit : À ma petite fille qui prend tellement à cœur les droits de mon divin Fiat et qui utilise la puissance même de ce Fiat pour frayer un chemin vers mon Cœur, tout sera accordé. Comment ne pas te satisfaire, ma fille ? À toi, tout sera accordé ; nous ajusterons même ce qui regarde ma Volonté et ce qui regarde les créatures. N’es-tu pas heureuse ? Regarde, ma fille – dès le moment où ma Volonté est entrée dans le champ de la Création, elle a toujours été ferme et inébranlable pour faire le bien, en dépit des innombrables verbiages et offenses des créatures. Triomphant de tout, elle a poursuivi sa course de toujours, et toujours en faisant le bien. Pour que les créatures accèdent à nouveau à la fermeté, au bien éternel et à l’immuabilité de ma Volonté, je veux établir parmi elles mon Royaume. Tu vois ainsi que je t’ai placée dans la fermeté et l’immuabilité du Fiat afin de te permettre de déposer en lui ce Royaume. Et tout comme ma Volonté triomphe de tout avec sa fermeté, tu triompheras de tout avec sa fermeté et dans l’immuabilité de ses actes, et tu réordonneras l’ordre divin entre les deux volontés – la Divine Volonté sera réintégrée dans sa gloire et la volonté humaine se placera à nouveau dans l’ordre établi par Dieu.

            Après avoir écrit ce qui précède, je me disais que ce qui était écrit n’était pas nécessaire ; d’autant plus que, toujours fiévreuse, j’écris avec difficulté et seulement un peu pour faire plaisir à Jésus. Et mon doux Jésus, bougea en moi et me dit : Ma fille, pour vivre dans ma Volonté, l’âme doit s’élever ; et pour s’élever dans ma Volonté, elle doit quitter ce qui n’appartient pas à ma Volonté. Elle doit quitter ses misérables haillons, ses habitudes vulgaires, sa nourriture exécrable, ses misères. Elle doit tout quitter pour adopter les vêtements royaux, les divines habitudes, les aliments précieux et nourrissants, les infinies richesses – en somme, tout ce qui appartient à ma Volonté. Ce que tu as écrit te sert à toi pour le moment – et sert le Royaume du Fiat suprême ; puis ce sera la règle pour celles qui doivent vivre dans son Royaume – comment elles doivent se servir de tous les actes opérants de ma Volonté pour se maintenir dans les limites de mon Royaume. Par conséquent, ce qui à toi ne semble pas nécessaire, est nécessaire pour la formation de mon Royaume suprême.

 

16 janvier 1927 - Comment dans le Royaume du Fiat toutes choses sont complètes, jusqu’aux nuances de toutes les couleurs. Celle qui vit en lui prend tout d’un seul bloc.

            Je continuais à me plonger dans le suprême Vouloir et mon doux Jésus s’est fait voir en appuyant sa tête contre la mienne ; et comme je souffrais, je lui ai dit : « Mon l’amour, regarde, je suis dans ton aimable Volonté, et comme je veux venir au ciel avec toi, c’est ta Volonté même – et non la mienne qui demande que tu me prennes avec toi. Par conséquent, contente ta Volonté qui, étant partout, te prie partout – dans les cieux, dans le soleil, dans la mer, de ne pas garder plus longtemps ta petite fille en exil, loin de toi, mais qu’après tant de difficultés et de privations de toi, tu la laisses atterrir dans ta céleste Patrie. Oh, je t’en prie ! Aie pitié de moi et de ta Volonté qui te prie. »

            Et Jésus, toute compassion, me dit : Pauvre fille, tu as raison – je sais combien te coûte ton exil ; et pour me persuader, tu me fais prier par ma propre Volonté. Il ne pourrait pas y avoir de moyen plus puissant. Mais sache, ma fille, que le Fiat suprême veut quelque chose d’autre de toi – il veut, de ta part, que toutes les beautés, toutes les variétés des teintes multicolores, toutes leurs nuances, soient formées dans son Royaume. Les beautés sont là, les couleurs dans toutes leurs variétés sont toutes en ordre, mais il y manque les nuances et je veux que de ton côté rien ne manque pour le décorum et la beauté de mon Royaume. Si tu savais combien une nuance se détache, combien elle embellit… Et sais-tu comment ces nuances peuvent être formées ? Une parole de plus de ma part peut être une nuance supplémentaire dans les variétés de couleurs – une petite ronde de ta part dans ma Volonté, une petite souffrance, une offrande, une prière dans le Fiat sont autant de nuances que tu ajouteras et que mon Vouloir se fera une joie de t’administrer. Dans ma Volonté, toutes les choses sont complètes, et elle ne tolérerait pas que sa première fille ne prenne pas tous ses actes complets, autant que cela est possible pour une créature, pour former son divin Royaume.

            Après quoi, j’ai poursuivi mon envol dans le suprême Vouloir et mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, celle qui vit dans la Divine Volonté prend tout ensemble, comme d’un seul bloc. En fait, étant donné que ma Volonté est partout, rien ne peut lui échapper, sa vie est éternelle, son immensité ne connaît pas de limites ni de circonférences et, par conséquent, l’âme qui vit en elle prend le Dieu éternel, tous les cieux, le soleil, tout ce qui existe, la Vierge, les Anges, les Saints – en somme, tout. Et lorsqu’elle prie, palpite, respire ou aime, son acte devient commun à tous ; ainsi, tous palpitent de sa palpitation, tous respirent avec son souffle, tous aiment avec son amour parce que partout où s’étend ma Volonté, elle amène chaque chose à accomplir l’acte de celle qui vit en elle. Il s’ensuit que puisque la Reine souveraine occupe la première place dans le divin Fiat, elle sent tout près d’elle la petite fille qui vit en lui ; et s’associant à elle, la Reine répète ce qu’elle fait avec elle et met en commun ses mers de grâces, de lumière et d’amour, car une est la Volonté de la Mère et de la petite fille. Plus encore, la hauteur de la Souveraine du ciel se sent honorée en elle par des actes d’une Divine Volonté ; elle sent que cette petite fille entre dans ses mers et en les agitant par ses actes, les fait grossir, les redouble et les étend. Mais pour faire quoi ? Pour que le Créateur reçoive une gloire et un amour divin redoublés de ses mers d’amour ; et pour placer comme en banque les mers de sa céleste Maman afin qu’elle puisse en recevoir une gloire redoublée.

            Par conséquent, bien que petite, cette créature touche toute chose et s’impose sur tout ; tous la laissent faire ; tous ressentent la puissance du bien qu’elle veut donner à tous. Ainsi, elle est petite et forte ; elle est petite et présente partout ; elle est petite et sa prérogative est petite, par conséquent elle ne possède rien – pas même sa volonté parce que, volontairement, elle l’a donnée à celui qui avait un droit sur elle. Et la Divine Volonté lui donne tout – il n’est rien qu’elle ne lui confie. Par conséquent, les prodiges de la vie dans ma Volonté sont indescriptibles et innombrables. Oh ! si tous savaient ce que signifie vivre dans ma Volonté, le bien qu’elles en reçoivent – qu’il n’y a pas de bien qu’elles ne puissent prendre ni de bien qu’elles ne puissent  faire – ils rivaliseraient entre eux et languiraient de vivre dans mon adorable Vouloir.

 

20 janvier 1927 - Comment la communion de la Divine Volonté n’est pas sujette à être consommée ; ses voiles sont intangibles. Elle soupire après ciel, et par conséquent elle est mélancolique et place toute la Création dans la mélancolie.

            J’avais reçu la Communion et je restais affligée et désespérée parce que les quintes de toux étaient si fortes et si nombreuses que j’en suffoquais sans pouvoir penser ni être avec Jésus comme d’habitude. Après plus d’une heure de toux violente, je me suis calmée et me disais : « Il y a déjà plus d’une heure que j’ai reçu Jésus et je n’ai pas été capable de me recueillir pour être seule avec lui. Les accidents de l’Hostie sont maintenant consommés, Jésus est parti et je ne sais pas où le retrouver. Alors, pour moi aujourd’hui c’est comme si je n’avais pas reçu la sainte Communion. Mais après tout, en cela, j’embrasse, j’adore et je bénis le Fiat suprême.

            Je pensais cela lorsque mon doux Jésus sortit de mon intérieur, appuyant sa tête contre mon épaule et me soutenant de son bras pour me donner de la force, car j’étais épuisée et je me sentais mourante. Et toute bonté, il me dit : Ma fille, ne sais-tu pas qu’il y a une communion qui est éternelle, si grande, et qui n’est pas sujette à diminuer ou à être consommée ? Ses voiles qui les cachent aux créatures ne sont pas susceptibles de périr comme les voiles de l’Hostie sacramentelle. Elle se donne à chaque instant, à chaque souffle, à chaque palpitation et en toutes circonstances. Mieux encore, on doit toujours garder la bouche ouverte pour la recevoir – c’est-à-dire avec la volonté de toujours vouloir recevoir cette communion si grande et continuelle qui, en se donnant, n’est pas sujette à diminuer ou à être consommée. Autrement, elle reste souvent à l’extérieur de l’âme sans y entrer.

            Tu as déjà compris ce qu’est cette communion si grande et si continuelle : c’est mon divin Fiat qui coule comme une vie dans ton âme ; comme une chaleur pour te féconder et te faire grandir ; comme un aliment pour te nourrir. Elle coule dans le sang de tes veines, dans le battement de ton cœur – en tout ; elle est toujours dans l’acte de se donner à toi si tu veux la recevoir. Elle te noierait dans les communions tant elle désire se donner à toi, si tu veux la recevoir. Avec raison, avec justice et de droit, la communion de ma Volonté devait être sans limites et non sujette à être consommée, parce qu’elle est l’origine, le moyen et la fin de la créature, et que par conséquent la créature devait être capable de la recevoir de telle sorte que jamais – jamais je ne lui manquerais. En fait, ce qui est origine, moyen et fin doit être dans l’acte continu de se donner et d’être reçu. Sinon, son origine de vie et le moyen de se soutenir manqueraient aux pauvres créatures ; et elles perdraient la fin qu’elles doivent atteindre. Par conséquent, ma Sagesse infinie ne permettrait jamais que la communion à ma Volonté leur soit limitée.

            Par contre, la Communion sacramentelle n’a pas été donnée comme origine des créatures, ni comme fin, mais comme un moyen, une aide, un rafraîchissement et un remède ; et les moyens, les secours, etc. sont donnés de façon limitée – ils ne sont pas perpétuels. C’est pourquoi les voiles des accidents sacramentels sont sujets à être consommés ; d’autant plus que si les créatures aiment me recevoir continuellement, il y a la grande communion du Fiat éternel qui est dans l’acte de se donner continuellement à elles. Cependant, tu étais affligée et presque troublée en pensant que les espèces sacramentelles étaient consommées. Tu n’avais aucune raison de t’affliger parce qu’en toi et en dehors de toi il y a la communion de ma Volonté qui n’est sujette à aucune consommation. Sa Vie est toujours dans sa plénitude et mon amour ne pourrait tolérer que la petite fille de notre Volonté soit incapable de recevoir notre Vie divine, toujours nouvelle et continuelle.

            Je continuais cependant de me sentir malade et en faisant la ronde dans la Création pour suivre les actes de la Volonté suprême, j’ai ressenti en moi une note de tristesse parce que l’obéissance m’avait imposé d’obéir en m’enlevant ma maladie, alors que je soupirais pour le ciel. J’aurais voulu faire un saut du milieu de la Création afin d’atteindre ma Patrie tant désirée, en priant les cieux, les étoiles, le soleil et toutes les choses créées de m’accompagner. En fait, comme un était le Fiat qui nous donnait la vie, j’avais des droits disant qu’ils ne devaient pas me laisser seule, mais qu’ils devaient me suivre jusques aux portes éternelles en attendant que cette Volonté qui m’avait possédée sur la terre me reçoive premièrement dans le ciel ; ensuite, après mon entrée dans la céleste et béatifique Volonté, ils pourraient se retirer, chacun à sa place. Mais comme je ne pouvais pas faire cela, j’étais mélancolique en parcourant toute la Création. C’est alors qu’une voix puissante, harmonieuse et argentée se fit entendre du centre de la Création en disant : « Ta note de tristesse s’est communiquée à toutes les choses créées ; tu nous a tous plongés aujourd’hui dans la mélancolie. Sois bien sûre que nous allons tous t’accompagner au ciel – il est juste que celle qui a été parmi nous, qui nous a tenu compagnie, ne puisse entrer au ciel sans notre compagnie. Mais toute la Création restera sans celle qui y apporte la gaieté, qui la garde en fête. Ton écho ne résonnera plus parmi nous, qui nous permettait, par ta voix, de glorifier et d’aimer cette Divine Volonté qui nous a créés et nous préserve. Nous perdrons celle qui nous rend visite et nous tient compagnie. » La voix s’est tue et je me suis sentie mélancolique. J’ai pensé que j’avais commis un péché pour avoir plongé toute la Création dans la mélancolie et dans ma tristesse. J’ai alors désiré la venue de mon doux Jésus pour lui dire le mal que j’avais fait ; pour lui dire que la raison pour laquelle il m’avait fait écrire tant de choses concernant la divine volonté, c’était afin qu’elles puissent parvenir aux créatures de telle sorte que, en vivant dans ce divin Fiat, elles puissent posséder un Royaume si saint. Je pensais cela et bien d’autres choses lorsque mon bien-aimé Jésus se manifesta en moi et me dit : Ma fille, tu as raison de vouloir venir, mais il faudra du temps avant que toutes les connaissances de ma Volonté sortent et suivent leur cours. Et c’est pourquoi la Création a raison de dire qu’elle sera à nouveau plongée dans le silence. Cependant, je ne veux pas t’opprimer – abandonne-toi en moi et laisse faire en tout ton Jésus.

            Et moi : « Mon amour, lorsque tu me prendras au ciel, je prie que ce soit pour bientôt pour qu’ils n’aient pas le temps de me m’imposer cette obéissance. » Mais alors que je disais cela, il m’a semblé voir les cieux, le soleil et toute la Création s’incliner autour de moi pour me rendre hommage ; et Jésus ajouta : Ma fille, lorsque tu mourras, la Création tout entière t’investira et tu passeras au ciel comme l’éclair. N’es-tu pas heureuse ?

 

23 janvier 1927 - Comment le divin Fiat est un aimant puissant qui attire Dieu vers la créature. Comment la volonté humaine est plus qu’un tremblement de terre et comment elle est exposée à tous les voleurs. 

            Je continuais à être plus malade qu’habituellement et mon doux Jésus se fit voir – non pas seul, mais avec les trois Personnes divines. Elles m’entouraient et j’étais avec elles, mais sans rien voir d’autre que leur Suprême Hauteur et la lumière immense qui les entourait. Et toutes les trois me dirent : « Nous sommes venues rendre visite à notre fille qui est malade. Notre Volonté, plus qu’un aimant puissant, nous attirait et nous appelait du ciel pour nous faire venir à toi ; et il nous fallait venir pour réconforter celle qui est la fille première-née de notre Volonté et lui tenir un peu compagnie dans ses souffrances. La force de notre Fiat nous est irrésistible et c’est une joie pour Nous de succomber à sa force. »

            Qui peut dire ce que je ressentais et comprenais en étant parmi Elles ? Je n’ai pas les mots pour m’exprimer. Alors, puisque l’obéissance m’a dit que je devrais avoir quelque chose à manger, comme je ne pouvais rien prendre, pour obéir, avant que Jésus ne vienne, j’ai pris quelques cuillerées de bouillon et je les sentais dans ma gorge, incapable de les faire descendre jusqu’à mon estomac. J’ai dit à Jésus de me laisser obéir, et Jésus, toute bonté, passa sa sainte main de ma gorge à mon estomac en les faisant descendre pour que je puisse les digérer ; de sorte que je ne les ai pas rendues, comme je le faisais d’habitude avec tout ce que je prenais. Bonté infinie de Jésus pour moi qui suis la plus petite et la plus pauvre des créatures. Ensuite, je restais affligée parce que je pensais qu’Elles ne me prendraient pas avec Elles, et comme Elles ne l’avaient pas fait, j’étais triste. Et Jésus, pour me réconforter, plaça son visage devant ma poitrine est une lumière sortie de son souffle qui ne recomposa pas seulement mon âme, mais mon corps tout entier. Lorsque son souffle s’arrêtait, mon corps s’effondrait ; et Jésus, pour me rassurer, me dit : Ma fille, courage, ne vois-tu pas que le simple souffle et la lumière de ma Volonté recomposent ton corps tout entier ? Si mon souffle s’arrête ton corps va se décomposer et tu prendras immédiatement le chemin de notre Céleste Patrie.

            Et moi : « Mon Amour, je suis inutile et bonne à rien ; ne vaudrait-il pas mieux que tu te débarrasses de moi en m’envoyant vers la céleste Jérusalem ? Et Jésus, toute bonté, ajouta : Ma fille, tout m’est utile pour construire, même les gravats et les petites pierres. Cela vaut aussi pour toi : tout ton corps est un ensemble de gravats ; mais vivifiés par le fluide vital du Fiat éternel, tous deviennent précieux et d’une incalculable valeur, de sorte que je peux construire les villes les plus fortes et les plus imprenables à partir de ces précieux gravats. Tu dois savoir que lorsque l’homme s’est retiré de la Divine Volonté en faisant la sienne, ce fut comme un grand tremblement de terre qui frappe une ville. Le puissant tremblement ouvre des abîmes dans la terre qui en certains endroits engouffre des maisons et en d’autres les démolies complètement. La puissance du tremblement ouvre les coffres les plus sûrs, et déverse les diamants, les pièces, les choses précieuses de telle sorte que les voleurs peuvent entrer et prendre ce qu’ils veulent. La pauvre ville en est réduite à un tas de pierres, de ruines, de gravats et de décombres. Si un roi veut reconstruire cette ville, il utilise ces tas de pierres, de décombres et de gravats ; et comme il fait toutes choses nouvelles, il forme un style moderne en lui donnant une beauté et un art somptueux que nulle autre ville ne peut égaler. Et il fait de cette ville la capitale de son royaume.

            Ma fille, la volonté humaine a été pour l’homme plus qu’un tremblement de terre, et ce tremblement dure encore – tantôt plus fort, tantôt un peu moindre, de sorte qu’il fait sortir de lui les choses les plus précieuses que Dieu avait placées dans le tréfonds de l’homme. Ainsi, ce tremblement de terre de sa propre volonté sème la pagaille. La clef du Fiat suprême qui gardait et conservait tout en sécurité n’existe plus pour eux. Par conséquent, comme ils n’ont plus de portes ni de clés, mais des murs en ruines, les voleurs de leurs passions se livrent au pillage et les hommes restent exposés à tous les maux ; et souvent, on peut à peine reconnaître dans les décombres les villes que leur Créateur avait construites. Or, comme je veux reconstruire le Royaume de ma Volonté parmi les créatures, je veux faire usage de vos ruines et de vos décombres ; et en les revêtant du fluide vital de ma Volonté créatrice, je formerai la capitale du Royaume du Fiat suprême. C’est en cela que tu m’es utile. N’es-tu pas heureuse ?

 

25 janvier 1927 – Jésus pousse Luisa à écrire. Celle qui vit dans la Divine Volonté respire le Tout. L’âme qui vit en elle copie Dieu en elle-même et elle reste copiée en Dieu.

            Je me sentais malade et incapable d’écrire ce que mon Jésus béni manifestait à sa petite fille ; alors je suis restée sans écrire durant quelques jours. Jésus m’incitait intérieurement à écrire, mais je refusais en raison de ma grande faiblesse. Finalement, ce matin, sortant de mon intérieur, il me dit : Ce soir, ma fille doit écrire, parce que même si elle était mourante, je veux qu’elle donne les derniers éclats de lumière, forte et éblouissante, des connaissances sur le Fiat suprême afin que tous puissent savoir que ma Volonté l’a toujours gardée occupée pour elle et pour son Royaume, et que son dernier souffle ne sera qu’un dernier et puissant éclat de lumière qui restera comme un dernier témoignage d’amour et de manifestations pour le Royaume de ma Volonté. Par conséquent, je t’aiderai à écrire et la petite fille de ma Volonté ne refusera rien à son Jésus et à ce Fiat qui, avec tant d’amour, te garde sur son giron pour te confier tous ses secrets.

            Je me suis alors décidée à écrire, même un petit peu, parce que mon doux Jésus se contente de tout. Puis il me dit : Ma fille, celle qui vit dans ma Divine Volonté respire le Tout ; et tout comme le souffle est pris et rendu, qu’on le reçoit et qu’on le rend immédiatement, celle qui respire le Tout, qui est Dieu, en rendant son souffle, rend le Tout qu’elle a respiré. Ainsi, elle prend Tout et elle rend Tout. Elle donne le Tout à Dieu, donnant Dieu à Dieu, et elle donne le Tout aux créatures, pour respirer Dieu à nouveau et tout ce que Dieu fait. Il est naturel que celle qui prend Tout puisse Tout donner. C’est seulement dans la Divine Volonté que la Vie de l’Être suprême est continuellement bilocalisée de la part des créatures.

            Et moi : « Mon Jésus, j’ai l’impression de ne rien faire et tu me dis que dans ton Fiat je prends Tout et je donne Tout ? Et Jésus ajouta : Ma fille, lorsque le Tout opère, le rien reste à sa place – il ne fait que se rendre disponible à recevoir le Tout. De plus, ne sens-tu pas en toi la force de ce Tout qui, en te faisant tout embrasser et tout envahir – les cieux, les étoiles, le soleil, les mers et la terre – et embrasse tous les actes que mon Fiat exerce dans toute la Création, te fait tout apporter à ton Créateur, comme en un seul souffle, pour lui rendre tout et toutes choses ? Y a-t-il jamais eu quelqu’un qui ait pu donner et dire : ‘Je donne tout à Dieu, même Dieu lui-même, parce que comme je vis dans sa Volonté, Dieu est à moi, les cieux sont à moi, le soleil et tout ce qu’a fait ce Fiat suprême est à moi. Ainsi, tout est à moi, je peux tout donner et je peux tout prendre’ ? Or il se trouve que celle qui vit dans la Volonté a possession du Tout, et cela forme et attire le Royaume de la Divine Volonté sur la terre ; parce que pour former un royaume, il faut la force et la puissance du Tout.

            Après quoi il se fit voir comme un petit enfant qui fixait sur moi son regard, comme si je l’impressionnais ; et il voulait que je le regarde au point de rester moi-même impressionnée par lui. Puis tout amour et tendresse, il me dit : Ma fille, telle est l’image véritable de la vie dans mon Vouloir éternel : l’âme copie en elle la Divine Volonté et la suprême Volonté copie l’âme, de telle sorte que ton Créateur conserve la copie de ton image imprimée en son sein. Elle lui est très chère, parce qu’il la voit exactement comme elle est sortie à son origine ; elle n’a rien perdu de sa fraîcheur et de sa beauté. Ses traits paternels sont imprimés sur cette copie ; et cette copie, dans le sein paternel de Dieu, chante pour lui les louanges de toute la Création avec toutes ses œuvres, et murmure continuellement à son oreille : ‘Tu as tout fait pour moi. Tu m’as aimée et tu m’aimes tant, et je veux tout convertir – par amour pour toi.’ Cette copie est le prodige de Dieu dans son sein ; elle est la mémoire de toutes ses œuvres. Telle est la copie de l’âme en Dieu et la copie de Dieu dans l’âme, et l’exercice de la Vie divine dans la créature. Que le Royaume de ma Volonté est beau – le rien dissout dans le Tout, le Tout fusionné dans le rien ; la bassesse de la créature élevée dans la Hauteur divine, la Hauteur divine descendue dans la profondeur de la créature. Ce sont deux êtres unis ensemble, inséparables, transfusés, identifiés, si bien que l’on peut à peine reconnaître que ce sont deux vies qui palpitent ensemble. Toute la magnificence, la sainteté, la sublimité, les prodiges du Royaume de ma Volonté seront précisément cela : la copie fidèle de l’âme en Dieu, et la copie de Dieu, belle et entière, dans l’âme. Par conséquent, les enfants du Royaume du divin Fiat seront comme autant d’images de petits dieux dans mon Royaume.

 

28 janvier 1927 - Comment Notre Seigneur aura trois Royaumes. Le royaume du Fiat suprême sera l’écho de la Création. Comment la pauvreté et le malheur seront bannis. Comment dans Notre-Seigneur et dans la Vierge, il n’y avait pas de pauvreté volontaire, ni forcée. Comment la Divine Volonté prend soin avec jalousie de sa fille.

            Je me sentais tout abandonnée dans le Fiat suprême, suivant ses actes dans la Création et mon doux Jésus est venu de mon intérieur et m’a dit : Ma fille, vois combien est merveilleusement beau l’ordre des cieux. De la même manière, lorsque le Royaume de la Divine Volonté aura son empire sur la terre parmi les créatures, l’ordre de la terre sera lui aussi beau et parfait. J’aurai alors trois Royaumes –  un de la céleste Patrie, un autre dans la Création, et un troisième parmi les créatures – et chacun d’eux sera l’écho de l’autre, le reflet de l’autre. Toutes les choses créées auront leur place d’honneur, toutes ordonnées et en harmonie entre elles, et aucune n’aura besoin de l’autre parce que chacune aura en abondance et surabondance les biens que Dieu lui a donnés en la créant. En fait, ayant été créées par un Être heureux et immensément riche, et dont les richesses ne diminuent jamais en les distribuant, toutes les choses créées portent la marque du bonheur et de l’abondance des biens de leur Créateur. Tout comme les choses créées, tous les enfants du Royaume du Fiat suprême ont leur place d’honneur, leur décorum et leur territoire ; et en possédant l’ordre du ciel mieux encore que les sphères célestes, étant en harmonie parfaite entre elles, l’abondance des biens que possédera chaque enfant sera si grande que pas un d’entre eux n’aura besoin de l’autre – puisque chacun aura en lui la source des biens et du bonheur éternel de son Créateur. Par conséquent, la pauvreté, le malheur, les besoins et les maux seront bannis des enfants de ma Volonté. Il ne serait pas convenable que ma Volonté, si immensément riche et heureuse, puisse avoir des enfants manquant de quelque chose et ne jouissant pas de toute l’opulence de ses biens continuellement renouvelés.

            Que dirais-tu en voyant le soleil pauvre en lumière et qui n’enverrait que quelques lueurs à la terre ? Et si tu voyais une partie du ciel avec seulement quelques étoiles et tout le reste sans l’enchantement de l’azur des cieux ? Ne dirais-tu pas : ‘Celui qui a créé le soleil ne possède pas l’immensité de la lumière et par conséquent, il n’éclaire la terre que de quelques lueurs. Il n’a pas le pouvoir d’étendre les cieux partout, et par conséquent, il n’en a placé qu’une bande au-dessus de nos têtes.’ ? Tu penserais alors que Dieu est pauvre en lumière et qu’il n’a pas le pouvoir d’étendre partout les œuvres de ses mains créatrices. Mais au contraire, en voyant que le soleil possède une abondance de lumière et que les cieux s’étendent partout, tu es persuadée que Dieu est riche et possède la source de la lumière, qu’il n’a rien perdu en dotant le soleil de tant de lumière, et que sa puissance n’a pas été diminuée par l’étendue des cieux.

            De la même manière, si les enfants de ma Volonté ne possédaient pas tout en abondance, on pourrait dire que ma Volonté est pauvre et n’a pas le Pouvoir de rendre heureux les enfants de son Royaume – ce qui ne peut jamais être. Au contraire, parce que ce sera l’image du Royaume que ma Volonté a dans la Création, tout comme les cieux s’étendent partout avec une abondance d’étoiles, et que le soleil abonde en lumière, l’air en oiseaux, la mer en poissons, la terre en plantes et en fleurs, de la même manière, puisque le Royaume du Fiat suprême est l’écho de la Création, les enfants de mon Royaume seront heureux et disposeront de tout en abondance. Par conséquent, chacun d’eux possédera la plénitude des biens et du bonheur là où la Volonté suprême l’aura placé ; quelle que soit la condition où la fonction qu’ils occuperont, tous seront heureux de leur destinée. Et puisque le Royaume du Fiat suprême sera l’écho parfait du Royaume que ma Volonté possède dans la Création, on verra un soleil en haut et un autre soleil en bas parmi les créatures qui posséderont ce Royaume. L’écho des cieux sera vu dans ces enfants fortunés, et ils les peupleront d’étoiles par leurs actes. De plus, chacun sera un ciel et un soleil distinct, parce que là où ma Volonté est présente, elle ne peut pas être sans ciel et sans soleil ; en prenant possession de chacun de ses enfants, ma Volonté formera son ciel et son soleil parce qu’il est dans sa nature que partout où elle a sa possession stable, sa sainteté, sa lumière infinie, c’est comme un ciel et un soleil qu’elle forme et multiplie partout.

            Mais, ce n’est pas tout. La Création, écho de la Patrie céleste, contient la musique, la marche royale, les sphères, les cieux, le soleil, la mer, et tous possèdent entre eux un ordre et une harmonie parfaite, et ils tournent continuellement. Cet ordre, cette harmonie et ce mouvement, sans jamais s’arrêter, forment une si admirable symphonie comparable au souffle du Fiat suprême dans toutes les choses créées comme autant d’instruments de musique pour former les plus belles de toutes les mélodies, de telle sorte qu’en les entendant, les créatures seraient en extase. Le Royaume du Fiat suprême aura l’écho de la musique de la Patrie céleste et l’écho de la musique de la Création. L’ordre, l’harmonie et leur mouvement continuel autour de leur Créateur seront si grands que chaque acte, chaque parole et chaque pas sera une mélodie distincte, comme autant d’instruments de musique différents qui recevront le souffle du divin Vouloir, de telle sorte que tout ce qu’ils feront seront comme autant de concerts qui feront la joie et la fête continuelle du Royaume du divin Fiat. Pour ton Jésus, il n’y aura plus de différence entre le fait de rester dans la Patrie céleste et celui de descendre parmi les créatures dans le Royaume du Fiat suprême sur la terre. Notre œuvre de Création criera alors victoire et connaîtra un triomphe complet, et nous aurons les trois Royaumes en un seul – symbole de la sacro-sainte Trinité, parce que toutes nos œuvres portent la marque de Celui qui les a créées.

            Je me suis dit alors : « Bien que les enfants véritables du Fiat suprême seront heureux et dans l’abondance, pourtant, ma Maman Reine et Jésus lui-même, qui étaient la Divine Volonté même, étaient pauvres sur cette terre ; ils souffraient les misères et les difficultés de la pauvreté. » Et mon doux Jésus ajouta : Ma fille, la pauvreté véritable, c’est lorsqu’une créature est dans le besoin – on veut prendre et il n’y a rien à prendre, et l’on est obligé de demander aux autres le strict nécessaire pour vivre. Cette pauvreté est de nécessité et presque forcée ; au contraire, avec moi et ma céleste Maman, en qui il y avait la plénitude du Fiat éternel, ce n’était pas une pauvreté de nécessité et encore moins forcée, mais une pauvreté volontaire, spontanée, inspirée de l’amour divin. Tout nous appartenait ; nous aurions pu faire surgir des palais somptueux et des banquets garnis de mets inconnus. Et de fait, si nécessaire, il suffisait d’un simple souhait pour que même les oiseaux nous servent et nous apportent des fruits, des poissons et d’autres choses dans leur bec, en se faisant une joie de servir leur Créateur et leur Reine. Avec leurs trilles, leurs chants et leurs gazouillis, ils nous jouaient les plus belles mélodies si bien que pour ne pas attirer l’attention des créatures, nous devions leur demander de partir et de poursuivre leur vol sous la voûte des cieux où notre Volonté les attendait ; et, obéissants, ils se retiraient. Par conséquent, notre pauvreté était une marque d’amour – c’était la pauvreté de l’exemple pour enseigner aux créatures le détachement envers toutes les choses basses de la terre. Ce n’était pas une pauvreté de nécessité et elle n’aurait pu l’être de façon absolue parce que là où règne la vie de ma Volonté, règne la plénitude et tous les maux perdent leur vie et disparaissent d’un seul coup.

            Ensuite, comme le révérend père Di Francia avait entendu dire que j’étais fiévreuse, il m’a fait savoir que, en cas de besoin, je pouvais puiser dans l’argent qu’il m’avait laissé pour ses œuvres. Et mon aimable Jésus, en venant, presque dans un sourire, me dit : Ma fille, dis au Père de ma part que je le remercie et que je le récompenserai des bontés qu’il a envers toi. Cependant, dis-lui que la fille de ma Volonté n’a besoin de rien, car ma Volonté lui procure tout en abondance ; plus encore, ma Volonté est jalouse, car elle veut être seule à pouvoir donner quelque chose à sa fille. En fait, là où règne ma Divine Volonté, il n’y a pas à craindre que les moyens naturels et l’abondance des biens puissent  faire du tort ; au contraire, plus elle a de moyens et plus elle est dans l’abondance, plus elle y voit la Puissance, la Bonté, les richesses du Fiat suprême, et elle convertit tout en or très pur de la Divine Volonté. Ainsi, plus ma Volonté donne à la créature, plus elle se sent glorifiée en accomplissant sa vie en elle, en offrant ses propres choses à celle qui la laisse dominer et régner. Il serait absurde pour un père très riche d’avoir des enfants pauvres – et un tel père mériterait d’être condamné. En outre, quelle serait la raison d’être de ses richesses si ce qui naissait de lui – ses propres enfants – menait une existence de difficultés et de misères ? Ne serait-ce pas un déshonneur pour ce père et une insupportable amertume pour ses enfants de savoir que, alors que leur père est extrêmement riche, ils manquent de tout et peuvent à peine apaiser leur faim ? Si cela était un déshonneur est une absurdité pour un père dans l’ordre naturel, ce le serait bien plus dans l’ordre surnaturel du Fiat suprême. Le Fiat suprême est plus qu’un père, car il contient la fontaine de tous les biens et, par conséquent, là où il est présent, le bonheur règne ainsi que l’abondance. D’autant plus qu’avec l’âme qui a la possession de la Divine Volonté, le Fiat fait régner l’abondance et administre à l’âme et au corps un regard aigu et pénétrant, de sorte que l’âme pénètre les choses naturelles qui cachent le Fiat comme un voile ; et en déchirant ces voiles, l’âme voit dans les choses naturelles la noble Reine de la Divine Volonté qui règne et domine en elle. Ainsi, les choses naturelles disparaissent pour cette âme, et elle trouve en toute chose l’adorable Volonté qu’elle possède ; elle l’embrasse, elle l’adore, et tout devient Divine Volonté pour cette âme. Par conséquent, chaque chose naturelle additionnelle est pour elle un acte nouveau the Divine Volonté qu’elle possède. Ainsi, les choses naturelles sont des moyens pour celle qui est une enfant de ma Volonté afin de faire mieux connaître ce que ma Volonté fait, peut faire, et possède, et jusqu’à quel excès elle aime la créature. Veux-tu donc savoir pourquoi les créatures manquent de moyens naturels, et pourquoi ils lui sont souvent enlevés pour la réduire à la plus sordide misère ? Premièrement, parce que les créatures ne possèdent pas la plénitude du Fiat suprême ; deuxièmement, parce qu’elles confondent les choses naturelles et mettent la nature à la place de Dieu ; elles ne voient pas la Volonté suprême dans les choses naturelles et s’y attachent avec cupidité pour se former une vaine gloire, une estime qui les aveugle, une idole pour leur cœur. Cela étant, il est nécessaire que les choses naturelles leur manquent pour mettre leur âme en sécurité. Mais pour celle qui est une enfant de ma Volonté, tous ces dangers n’existent pas et je veux par conséquent qu’elle soit dans l’abondance et ne manque de rien.

 

30 janvier 1927 - Pourquoi Jésus n’a pas écrit. Comment dans ces manifestations il n’y a ni menaces ni frayeurs, mais l’écho de la céleste Patrie. Quand viendra ce Royaume. Comment les souffrances de la très Sainte Vierge et celles de Notre-Seigneur étaient des souffrances de fonction, et comment ils possédaient le vrai bonheur. Puissance des souffrances volontaires ; bonheur du Royaume du Fiat suprême.

            Je me disais : « Mon doux Jésus me dit souvent que je devais l’imiter en toute chose ; cependant, il n’écrit jamais. Il est dit dans les Évangiles qu’il n’a écrit qu’une seule fois, et même pas avec une plume, mais avec son doigt ; mais moi, il veut que j’écrive. Il veut donc me faire sortir de son imitation – puisqu’il n’a pas écrit du tout et que moi, je dois tellement écrire. » Je pensais cela lorsqu’il est venu, tel un gracieux petit enfant. Et en se plaçant dans mes bras, son visage tout contre le bien, il me dit : Ma fille, donne-moi tes baisers et je te donnerai les miens.

            Je l’ai embrassé plusieurs fois, et il m’a incitée à l’embrasser encore, puis il me dit : Ma fille, veux-tu savoir pourquoi je n’ai pas écrit ? Parce que je devais écrire à travers toi. C’est moi qui anime ton intelligence, qui t’inspire les mots, qui anime ta main avec la mienne, pour te faire tenir la plume et écrire les mots sur le papier. Ainsi, c’est moi qui écris, et non pas toi. Tu ne fais que faire attention à ce que je veux que tu écrives. Par conséquent, tout ton travail est d’être attentive – le reste, je le fais moi-même. Ne vois-tu pas que souvent, tu n’as pas la force d’écrire et que tu décides de ne pas le faire ; et afin de te faire sentir de ta propre main que c’est moi qui écris, je t’investis, je t’anime de ma propre vie, et j’écris moi-même ce que je veux ? Combien de fois cela n’est-il pas arrivé ? Or, puisqu’un âge devait passer avant de faire connaître le Royaume du Fiat suprême, pour laisser passer un certain temps avant de faire connaître le Royaume de la Rédemption, puis le suivant, celui du divin Fiat, j’ai décrété de ne pas écrire durant ce temps-là, mais d’écrire à travers toi lorsque ce Royaume serait plus proche ; et aussi pour faire une nouvelle surprise aux créatures de l’excès d’amour de ma Volonté – ce qu’elle a fait, ce qu’elle a souffert, et ce qu’elle veut faire pour l’amour des créatures.

             Souvent, ma fille, les nouveautés apportent une vie nouvelle, des biens nouveaux, et les créatures sont très attirées par ces nouveautés, et elles se laissent comme emporter par ce qui est nouveau. D’autant plus que les nouveautés des nouvelles manifestations sur ma Divine Volonté – qui ont une force divine et un doux enchantement, et qui tomberont comme une rosée céleste sur les âmes brûlées par la volonté humaine – seront porteuses de bonheur, de lumière et de biens infinis. Il n’y a pas de menaces ni de frayeur dans ces manifestations ; et s’il y a quelque chose à craindre, c’est pour celles qui veulent demeurer dans le labyrinthe de la volonté humaine. Mais dans tout le reste, on ne peut voir que l’écho, le langage de la Patrie céleste, le baume d’en haut qui sanctifie, divinise et verse l’acompte du bonheur qui règne uniquement dans la Patrie céleste. C’est pourquoi j’ai tant de plaisir à écrire sur le divin Fiat – parce que j’écris sur des choses qui sont de ma Patrie. Grandes seront la perfidie et l’ingratitude de celles qui ne reconnaîtront pas dans ces manifestations l’écho du Ciel, la longue chaîne d’amour de la suprême Volonté, la communion des biens de notre céleste Père qu’il veut donner aux créatures ; et comme s’il voulait mettre de côté tout ce qui s’est passé dans l’histoire du monde, il veut inaugurer une ère nouvelle, une nouvelle Création, comme si la nouvelle histoire de la Création ne faisait que commencer. Par conséquent, laisse-moi faire, car tout ce que je fais est de la plus haute importance.

            Après quoi je lui dis : « Mon Amour, il me semble que tu aimes plus que tout ce Royaume du Fiat éternel ; c’est en lui que tu concentres tout ton amour, toutes tes œuvres, et tu te fais presque une gloire de ce qu’elles serviront ce Royaume. Si tu aimes tant ce Royaume, quand viendra-t-il ? Pourquoi ne hâtes-tu pas sa venue ? Et Jésus ajouta : Ma fille, lorsque les connaissances sur ma Divine Volonté auront terminé leur cours, étant donné le grand bien qu’elles contiennent – des biens auxquels aucune créature n’avait pensé jusqu’à maintenant, que le Royaume de ma Volonté va répandre du Ciel, l’écho du bonheur céleste, la plénitude des biens terrestres – alors, en vue de ce grand bien, unanimement, elles languiront, elles demanderont que mon Royaume vienne bientôt. Et c’est ce que fait la Création tout entière dans son langage muet – muet seulement en apparence parce qu’il a en lui ma Volonté qui demande d’une voix puissante et éloquente que ses droits soient reconnus et que ma Volonté domine et règne partout. Par conséquent, un sera l’écho d’un bout à l’autre de la terre, un le soupir, une la prière qui sortira de tous les êtres : ‘Que vienne le Royaume du Fiat suprême.’ Alors, triomphant, il viendra parmi les créatures. D’où la nécessité des connaissances : elles seront les incitations, elles aiguiseront l’appétit des créatures pour goûter à une nourriture si délicieuse ; et elles éprouveront toute la volonté, le désir, de vivre dans un Royaume si heureux afin de se libérer de la tyrannie et de l’esclavage où leur propre volonté les tenait. Et en progressant dans la connaissance de toutes les manifestations, des biens contenus dans le Fiat suprême, elles trouveront tes normes – comment tu as mis le ciel et la terre sens dessus dessous, en allant partout pour demander que le Royaume puisse venir bientôt. Tu trouveras alors que tu as souffert pour leur obtenir un si grand bien, comment elles doivent se conduire, et ce qu’elles doivent faire pour pouvoir vivre dans ce Royaume. Il est par conséquent nécessaire que tout soit connu afin que mon Royaume puisse être complet, que rien n’y manque, de la plus grande à la plus petite chose. Ainsi, certaines choses qui te semblent petites peuvent être un rocher divin transformé en or très pur qui fera partie des fondations du Royaume de ma suprême Volonté.

            Je me suis dit alors : « Mon doux Jésus chante tellement les louanges du bonheur du Royaume du Fiat suprême ; cependant, lui qui est la Divine Volonté même, et ma céleste Maman qui la possédait entièrement, ne furent pas heureux sur terre ; ils ont plutôt été ceux qui ont le plus souffert sur la terre. Et moi-même – il dit que je suis la fille première-née de sa Volonté pourtant, il m’a gardée pendant quarante-trois ans et plus clouée au lit, et seul Jésus sait ce que j’ai souffert. Il est vrai que j’ai été également une heureuse prisonnière et que je n’échangerais pas mon heureux destin même si on m’offrait des sceptres et des couronnes, parce que ce que Jésus m’a donné m’a rendue plus qu’heureuse ; cependant, apparemment, pour un œil humain, ce bonheur disparaît. Par conséquent, il me semble que ce bonheur dont Jésus a parlé détonne si l’on pense à ses souffrances, à celles de la Reine souveraine, et à mon propre état, moi la plus petite de ses créatures. »

            Je pensais cela lorsque mon doux Jésus me surprit et me dit : Ma fille, il y a une immense différence entre celle qui doit former un bien, un royaume, et celle qui doit le recevoir pour en profiter. Je suis venu sur la terre pour expier, pour racheter, pour sauver l’homme ; et pour cela j’ai dû recevoir les souffrances des créatures et les prendre sur moi comme si elles étaient miennes. Ma divine Maman, qui devait être corédemptrice, ne devait pas être différente de moi ; les cinq gouttes de sang qu’elle m’a données de son Cœur très pur pour former ma petite Humanité sortaient de son Cœur crucifié. Les souffrances étaient pour nous des fonctions que nous devions remplir ; elles étaient toutes par conséquent des souffrances volontaires et non les impositions d’une nature fragile.

            Cependant tu dois savoir qu’en dépit de tant de souffrances que nous supportions afin de remplir notre fonction, un très grand bonheur, des joies toujours nouvelles et infinies, un Paradis continuel étaient inséparables de moi et de ma Maman Reine. Il était plus facile pour nous de nous séparer de nos souffrances, parce qu’elles n’étaient pas des choses qui nous étaient intrinsèques, des choses de nature, mais des choses de fonction – que de nous séparer de la mer de bonheur immense et des joies que la nature de notre Divine Volonté, que nous possédions, produisait en nous comme des choses qui nous étaient propres et intrinsèques. Tout comme la nature du soleil est de donner de la lumière, celle de l’eau d’étancher la soif, celle du feu de réchauffer et de transformer tout en feu – et s’ils ne le faisaient pas, ils perdraient leur nature – telle est la nature de ma Volonté de rendre joyeux et heureux, et de faire surgir le Paradis partout où elle règne. Volonté de Dieu et malheur, cela n’existe pas et ne peut exister ; ou alors la plénitude de sa Volonté n’existe pas et c’est pourquoi les ruisselets de la volonté humaine engendrent l’amertume pour la pauvre créature. Comme la volonté humaine n’avait en nous aucun accès, le bonheur était toujours à son sommet, et les mers de joie étaient inséparables de nous. Même lorsque j’étais sur la Croix et que ma Maman était crucifiée à mes pieds divins, le bonheur parfait ne nous quittait jamais ; et pour cela, il aurait fallu que je sorte de la Divine Volonté, que je me dissocie de la nature divine et n’agisse qu’avec la volonté humaine et la nature. Par conséquent, nos souffrances étaient toutes volontaires, conformément à la fonction que nous étions venus remplir – elles n’étaient pas des fruits de la nature humaine, de la fragilité, ou de l’imposition d’une nature dégradée. Et de plus, as-tu oublié que tes souffrances sont également des souffrances de fonction – des souffrances volontaires ? En fait, lorsque je t’ai appelée à l’état de victime, je t’ai demandé si tu accepterais volontairement ; et toi, de toute ta volonté, tu as accepté et prononcé le Fiat. Le temps a passé et je t’ai répété mon refrain – te demandant si tu acceptais de vivre dans et avec ma Divine Volonté ; et tu as répété le Fiat qui, te régénérant à une vie nouvelle, a fait de toi sa fille pour te donner la fonction et les souffrances qui conviennent à l’accomplissement du Royaume du Fiat suprême.

            Ma fille, les souffrances volontaires ont un tel pouvoir sur la Divinité qu’elles possèdent la force, l’empire, de déchirer le sein du Père céleste et de cette déchirure qu’elles forment en Dieu, de faire déborder des mers de grâces formant le triomphe de la suprême Majesté et le triomphe de la créature qui possède l’empire sur ses souffrances volontaires. Par conséquent, pour le grand prodige de la Rédemption et pour celui du Royaume de mon Fiat, les souffrances volontaires étaient nécessaires – souffrances de fonction qui devait être animée par une Divine Volonté ; et en ayant l’empire sur Dieu et sur les créatures, elles devaient donner le grand bien que comportait leur fonction. C’est pourquoi, le bonheur du Royaume du divin Fiat ne détonne pas, comme tu dis, simplement parce que j’étais la Divine Volonté même et que je souffrais, et simplement parce que je t’ai gardée au lit si longtemps. Celui qui doit former un bien, un royaume, doit faire une chose – souffrir, préparer les choses nécessaires, et conquérir Dieu afin d’obtenir ce royaume ; ceux qui doivent le recevoir doivent faire quelque chose d’autre – c’est-à-dire le recevoir, l’apprécier, et être reconnaissants envers celui qui a combattu et souffert, et qui après l’avoir obtenu, leur donne ses conquêtes pour les rendre heureux. Par conséquent, le Royaume de ma Volonté parmi les créatures apportera l’écho du bonheur du Ciel, car une sera la Volonté qui doit régner et dominer au Ciel et chez les créatures. Et tout comme mon Humanité a été formée du sang très pur du Cœur crucifié de la Reine souveraine, et que la Rédemption fut formée par ma crucifixion continue, que j’ai placé sur le Calvaire le sceau de la croix du royaume des rachetés, de la même manière, le Royaume du Fiat suprême viendra d’un cœur crucifié lorsque ma Volonté, crucifiant le tien, fera surgir son Royaume et le bonheur pour les enfants de son Royaume. C’est pourquoi, depuis que je t’ai appelée à l’état de victime, je t’ai toujours parlé de la crucifixion ; et tu pensais que c’était la crucifixion des mains et des pieds, et je t’ai laissée dans la pensée de cette crucifixion. Mais ce n’était pas celle-là ; elle n’aurait pas été suffisante pour faire venir mon Royaume. La crucifixion complète et continue de ma Volonté dans ton être tout entier était nécessaire ; et c’était précisément ce dont j’avais l’intention de te parler – que ta volonté subirait continuellement la crucifixion par ma Volonté afin de faire venir le Royaume du Fiat suprême.

 

3 février 1927 - Comment, dans le Royaume du divin Fiat, une sera la Volonté. Comment une communication sur la Divine Volonté peut être une clef, une porte, un chemin. Comment la suprême Volonté forme de nombreux seins dans toutes les choses créées afin que ses enfants puissent s’y nourrir de connaissances.

            Mon toujours aimable Jésus, m’attirant à lui, me dit : Ma fille, le Royaume du divin Fiat aura une seule Volonté en son centre – la Volonté divine ; par conséquent, une sera la Volonté de tous qui, se diffusant en tous et embrassant toutes choses, donnera le bonheur, l’ordre, l’harmonie, la force et la beauté à tous. Ainsi, ce sera le Royaume d’une seule Volonté – une Volonté pour tous, et tous pour une Volonté. Qu’est-ce qui rend la céleste Patrie heureuse, sinon la Volonté de Dieu et la Volonté de tous ? Oh ! si une autre volonté qui ne serait pas celle de Dieu pouvait entrer dans le Ciel – ce qui ne peut être – les Saints perdraient leur paix éternelle et sentiraient le désordre d’une volonté qui n’est pas divine, qui ne contient pas tous les biens, n’est ni sainte ni porteuse de bonheur et de paix ; aussi, unanimement, ils la rejetteraient au-dehors. Par conséquent, le Royaume du Fiat aura uniquement ma Volonté, et elle seule, comme loi, comme régime, comme empire ; et en vertu de cela, tous seront heureux, d’un bonheur unique ; il n’y aura jamais de disputes, mais une paix éternelle.

            En raison du grand effort que je faisais pour écrire et de la difficulté que j’éprouvais, je me demandais si je devais ou non continuer. Et mon bien-aimé Jésus m’y incita en me disant : Ma fille, chaque parole additionnelle sur ma Volonté peut être une clef de plus pour ouvrir le Royaume du Fiat suprême. Chaque connaissance peut être une nouvelle porte pour faciliter l’entrée aux enfants de son Royaume. Chaque comparaison concernant ma Volonté est un chemin de plus qui est formé afin de faciliter les communications de ce Royaume. La plus petite chose concernant mon Fiat est une palpitation de son cœur que je veux former au sein des enfants de son Royaume ; et il n’est pas approprié, ma fille, d’étouffer cette palpitation. Ce battement de cœur apportera une vie nouvelle et divine, bilocalisée de ce battement de cœur, pour le bonheur de ceux qui auront la bonne fortune de posséder ce Royaume. Ne sais-tu pas que pour pouvoir dire qu’un royaume existe, il faut premièrement le former, et ensuite dire qu’il existe ? Il est par conséquent nécessaire de former les chemins, les portes de sécurité, les clés d’or non forgées avec un métal quelconque, afin de faciliter l’entrée dans le Royaume de ma Volonté. Un chemin de moins, une clef introuvable, une porte fermée à clef peuvent rendre l’entrée dans ce Royaume plus difficile. Par conséquent, tout ce que je te dis sert non seulement à former ce Royaume, mais aussi à faciliter le travail de celles qui veulent le posséder. Ainsi, la fille première-née de ma Volonté doit s’efforcer de faciliter tout ce qui concerne le Royaume du Fiat éternel.

            Je poursuivais alors mes actes dans le suprême Vouloir et me trouvant en dehors de moi-même, je parcourais toute la Création pour suivre la Divine Volonté en chaque chose créée. Et en faisant cela, le voile de chaque chose créée était déchiré et je pouvais voir en elle la sainte Volonté accomplissant chaque acte que contient chaque chose créée – toujours en opération sans jamais s’arrêter. Et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit : Ma fille, vois l’amour exubérant de ma Volonté – toujours stable, toujours opérant, toujours dans l’acte de donner, sans jamais retirer quelque chose de ce qu’elle a établi de faire quand le Fiat suprême résonnait dans la Création. Ma Volonté a pris l’engagement de pratiquer tous les arts, d’accomplir toutes les fonctions, d’exécuter toutes les servitudes, de prendre n’importe quelle forme pour rendre l’homme heureux. Plus encore, elle agissait encore mieux qu’une très tendre mère en disposant presque toutes les choses créées comme autant de seins où elle se cachait pour que l’homme puisse s’y allaiter. Ainsi, elle s’est faite soleil pour l’allaiter de sa lumière ; elle s’est faite cieux pour l’allaiter de l’amour vital de l’immutabilité ; elle s’est faite étoiles pour l’allaiter de la variété des biens que ses œuvres contiennent ; elle s’est faite eau, plantes et fleurs pour l’allaiter de l’eau de la grâce, pour apaiser sa soif et le nourrir de sa douceur et de ses chastes fragrances. Ma Volonté a pris toutes les formes – de l’oiseau, de l’agneau, de la colombe – en somme, de toute chose, pour atteindre la bouche de l’homme et pouvoir l’allaiter, pour lui donner le bien que contenait chaque chose créée. Seule une Divine Volonté qui a créé toutes choses dans un débordement de son amour pouvait prendre autant de formes, exécuter autant de fonctions, être aussi persistante, sans jamais cesser d’accomplir ses actes. Et pourtant, qui s’efforce de pénétrer en chaque chose créée pour voir qui est celle qui lui offre son sein pour lui donner son lait, allaiter les créatures et les amuser pour les rendre heureuses ? Presque personne. Ma Volonté se donne continuellement, elle place sa vie en chaque chose créée pour donner la vie, et les créatures ne daignent même pas la regarder et voir Celle qui les aime tant et qui est la vie de leur vie ! Aussi, la douleur de ma Volonté est grande de tous ces rejets des créatures. C’est pourquoi, avec une divine et invincible patience, elle attend ses enfants qui, la reconnaissant, pourront déchirer le voile des choses créées qui la cache, reconnaîtront le sein de leur Maman et, avec reconnaissance, iront se nourrir comme de vrais enfants à ces seins divins. Ainsi, la gloire de toute la Création, de toute la Rédemption, de ton Jésus et du Fiat éternel sera complète lorsque les enfants de son Royaume s’attacheront à sa poitrine pour s’y allaiter. L’ayant reconnue, ils ne s’en détacheront plus, elle leur donnera tous les biens et elle aura la gloire et la satisfaction de voir tous ses enfants heureux ; et ces enfants auront l’honneur et la gloire d’imiter la Mère qui, avec tant d’amour, les gardes sur son giron pour les nourrir de son lait divin.

            Ma Volonté se trouve actuellement dans les conditions du soleil lorsque les nuages empêchent la plénitude de sa lumière de recouvrir la terre de tout son éclat. En raison des nuages, le soleil ne peut pas déployer toute la lumière qu’il contient, comme si les nuages empêchaient la gloire du soleil de donner libre cours à sa lumière – pourtant toujours la même. De la même manière, les nuages de la volonté humaine empêchent la course que le Soleil de ma Volonté voudrait poursuivre vers les hommes ; et parce qu’il ne peut pas communiquer tous les biens qu’il contient, à travers la Création ou directement, sa gloire est interceptée par les nuages de la volonté humaine. Mais lorsqu’ils connaîtront le Fiat suprême et deviendront ses enfants, ces nuages seront enlevés et ma Volonté pourra donner les biens qu’elle possède. Notre gloire sera alors complète chez les créatures.

 

 6 février 1927 - Tout est présent là où se trouve la Divine Volonté ; rien ne peut lui échapper. Comment celle qui la possède vit dans la communion des biens de son Créateur ; elle reçoit amour et bonheur, elle donne amour et bonheur.

            J’étais tout immergée dans le Vouloir suprême, suivant ses actes afin de me constituer moi-même l’acte de chaque créature ; et mon doux Jésus sortit de mon intérieur et, tendant les bras vers moi, il m’enlaça en me serrant fortement contre lui. Tandis que Jésus m’enlaçait, toutes les choses créées – les cieux, le soleil, la mer – et même le plus petit oiseau entouraient Jésus et nous enlaçaient en voulant répéter son acte. Elles semblaient rivaliser entre elles – et aucune ne voulait être laissée en arrière. J’étais confuse en voyant que la Création tout entière accourait vers moi pour m’étreindre, et Jésus me dit : Ma fille, lorsque l’âme vit dans ma Volonté et que j’accomplis un acte envers elle – même un simple baiser, un petit mot – toute la Création, à commencer par la Reine souveraine et jusqu’au moindre des plus petits êtres, tous se mettent en branle pour répéter mon acte. En fait, comme ma Volonté est une – celle de l’âme, la mienne, et la leur propre – toutes ont le droit de s’associer à moi et de faire ce que je fais. Par conséquent, ce n’était pas seulement moi, mais tous les êtres en qui ma Volonté existe, qui étaient avec moi pour t’étreindre. Ainsi, chaque fois que je fais un acte de plus avec celle qui vit dans ma Volonté, je donne une fête nouvelle à toute la Création ; et chaque fois qu’il y a une nouvelle fête et que je me prépare à te faire un don ou à te dire une parole, tous accourent pour y participer, répéter mon acte, recevoir la nouvelle fête et faire pour toi la fête de leurs actes. N’était-ce pas pour toi une fête de sentir l’étreinte de la céleste Maman, celle de la lumière du soleil, des vagues de la mer, et même du tout petit oiseau qui étendait ses ailes pour t’étreindre ? Ma fille, là où se trouve ma Volonté, il y a tout – rien ne peut lui échapper.

            J’ai continué à suivre ses actes dans le Vouloir suprême et mon doux Jésus ajouta : Ma fille, pour celle qui possède ma Volonté, c’est comme si elle avait centré en elle le soleil – mais pas celui que l’on peut voir dans les cieux ; c’est un Soleil divin, celui-là même qui est centré en Dieu. Étendant ses rayons, il se centre dans l’âme qui devient propriétaire de la lumière parce qu’elle possède en elle la vie de la lumière avec tous les biens et tous les effets qu’elle contient. Par conséquent, elle est en communion de biens avec son Créateur. Tout est en communion avec celle qui possède ma Volonté : communion de l’amour, communion de la sainteté, communion de la lumière – tout est en communion avec elle. De plus, comme son Créateur la considère comme une naissance de sa Divine Volonté, elle est déjà sa fille et il se réjouit de mettre ses biens en commun avec elle. Et si cela ne pouvait pas se faire, il en souffrirait comme un père qui, immensément riche, se trouverait dans l’impossibilité de partager ses biens avec ses fidèles enfants ; incapable de donner ce qu’il possède, il serait obligé de les voir pauvres. Ce père, dans l’opulence de ses richesses, mourrait de chagrin, empoisonné dans sa propre amertume parce que la joie d’un père est de donner et de rendre ses enfants heureux de son propre bonheur. Si un père terrestre qui serait incapable de mettre ses biens en commun avec ses enfants peut tellement souffrir, au point de mourir de chagrin, combien plus encore le Créateur éternel souffrirait, plus encore que le plus tendre des pères, s’il ne pouvait pas mettre ses biens en commun avec celle qui possède le divin Fiat et qui, étant sa fille, a tous les droits de posséder cette communion des biens avec son Père. Et s’il n’en était pas ainsi, ce serait en contradiction avec l’Amour qui ne connaît pas de limites et avec la bonté, plus que paternelle, qui est le triomphe continuel de toutes nos œuvres.

            Par conséquent, lorsque l’âme en vient à posséder le Fiat suprême, le premier acte de Dieu est de mettre ses biens en commun avec elle ; et centrant son Soleil en elle, par le courant de sa lumière, il fait descendre ses biens dans les profondeurs de l’âme où elle prend tout ce qu’elle veut ; et à travers ce même courant de lumière qu’elle possède, elle fait remonter ces biens vers son Créateur comme un très grand hommage d’amour et de gratitude ; et ce même courant les faire redescendre à nouveau vers elle. Ainsi, ces biens montent et descendent continuellement, comme une assurance et un sceau de communion entre le Créateur et la créature. Telle était la condition d’Adam lorsqu’il fut créé, jusqu’à ce qu’il pèche – ce qui était nôtre était sien ; la plénitude de la lumière était centrée en lui parce que sa volonté, une avec la nôtre, lui apportait la communion de nos biens. Combien nous sentions notre bonheur redoublé de la part de la Création – pour la simple raison que nous pouvions voir Adam, notre fils, heureux de notre propre bonheur. En fait, comme sa volonté était une avec la nôtre, notre Volonté pouvait déverser sur lui en torrents nos biens et notre bonheur ; si bien que, incapable de contenir parce qu’il n’avait pas la capacité de son Créateur, rempli à ras bord jusqu’au point de déborder, Adam faisait remonter tout le reste vers celui dont il avait tout reçu. Et que faisait-il remonter ? L’amour parfait qu’il avait reçu de Dieu ; la sainteté, la gloire qu’il possédait en commun avec nous, comme un prêté pour un rendu de bonheur, d’amour et de gloire. Nous lui avions donné du bonheur – il nous redonnait du bonheur ; nous lui avions donné de l’amour, de la sainteté et de la gloire – il nous redonnait de l’amour, de la sainteté et de la gloire. Ma fille, posséder une Divine Volonté est une chose étonnante ; la nature humaine ne peut pas entièrement la comprendre – elle la ressent, elle la possède, et ne sait comment l’exprimer.

 

9 février 1927 - Incapacité d’écrire. Tout comme le soleil donne toujours de la lumière, le Vouloir suprême veut toujours donner la lumière de ses manifestations. Lorsqu’on néglige d’écrire ce que dit Jésus.

            Je ne voulais pas écrire parce que je m’en sentais incapable. De plus, la prostration de mes forces était telle et si grande que je sentais que je ne le pouvais ; et la pensée m’est venue : « Peut-être que ce n’est plus la Volonté de Dieu que j’écrive, sinon il me viendrait plus en aide et me donnerait plus de force. De plus, si Jésus le veut, il peut écrire lui-même – sans moi. » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit : Ma fille, le soleil donne toujours de la lumière et jamais il ne se lasse de suivre son cours ni d’investir la surface de la terre ; et son triomphe est de trouver de la semence pour la faire germer, la développer pour qu’elle se multiplie ; la fleur, pour donner sa couleur et sa fragrance ; le fruit, pour donner sa douceur et son goût. En communiquant ses effets, le soleil montre, par des faits, qu’il est le véritable roi de la terre et que, par conséquent, il triomphe lorsqu’il trouve ce à quoi il peut communiquer ses effets, exercer sa fonction royale sur toute la nature. Par contre, en certaines terres sur lesquelles il ne trouve ni semences, ni fleurs, ni plantes, ni fruits, il ne peut communiquer ses effets ; il les garde tous en lui-même et se retrouve par conséquent sans triomphe. Il est comme un roi sans sujets, qui ne peut exercer sa fonction ; et ainsi, comme indigné de ne pas pouvoir communiquer ses effets, le soleil brûle cette terre au point de la rendre stérile et incapable de produire le moindre brin d’herbe.

            Ma fille, le soleil est le symbole de ma Volonté et, par sa nature même, ma Volonté veut poursuivre son cours de lumière dans l’âme où elle règne. Et comme sa lumière possède d’innombrables effets, elle ne se fatigue ni ne s’épuise jamais et veut par conséquent communiquer ses effets et son triomphe lorsqu’elle trouve en toi les dispositions. Alors, mieux qu’à une semence, à une fleur ou un fruit, elle peut communiquer ses effets – la fragrance, la couleur, la douceur qui, converties en connaissances lui appartenant, forment l’enchantement de son jardin. Et mon divin Fiat, plus que le soleil, se sent comme un roi capable d’exercer son office royal ; il voit qu’il n’a pas seulement ses sujets, mais aussi sa fille à qui, en communiquant ses effets, ses manifestations, il communique également l’image d’une reine. Et c’est là tout son triomphe – transformer l’âme en reine et la revêtir de vêtements royaux. Et puisque toutes mes manifestations sur le Fiat suprême formeront le nouveau jardin des enfants de mon Royaume, il veut toujours placer ses effets en toi avec sa lumière pour la rendre riche et luxuriante de toutes les espèces de fleurs, de fruits et de plantes célestes de telle sorte que, attirés par la variété de tant de beautés, tous en seront enchantés et s’efforceront de vivre dans mon Royaume.

            S’il te manquait les dispositions pour recevoir les communications des effets du Soleil de ma Volonté et de les mettre en ordre afin de les écrire pour faire connaître le bien qu’elle contient et ses prodiges inouïs, ma Volonté agirait comme le soleil – elle te brûlerait et tu deviendrais comme une terre stérile et infertile. De plus, comment puis-je écrire seul – sans toi ? Mes manifestations doivent être tangibles, et non invisibles ; elles doivent tomber sous le sens des créatures. L’œil humain n’a pas la vertu de voir des choses invisibles ; c’est comme si je te disais : ‘Écris sans encre, sans plume et sans papier.’ Ne serait-ce pas absurde et déraisonnable ? Puisque mes manifestations doivent servir à l’usage des créatures, formées d’un corps et d’une âme, j’ai besoin moi aussi de matière pour écrire – et c’est toi qui dois me la procurer. Tu dois me servir d’encre, de plume et de papier pour former en toi mes caractères ; et toi, les ressentant en toi, tu les rends tangibles en les écrivant sur le papier. Par conséquent, tu ne peux pas écrire sans moi, car il te manquerait la matière, le sujet, la dictée à recopier et tu serais incapable de dire quoi que ce soit ; et moi, je ne peux pas écrire sans toi, car il me manquerait l’essentiel pour pouvoir écrire : le papier de ton âme, l’encre de ton amour, la plume de ta volonté. C’est donc un travail que nous devons faire ensemble, d’un commun accord.

            Alors, en écrivant, je me disais : « Avant d’écrire certaines petites choses que Jésus me dit, il me semble qu’elles sont de fort peu d’importance et qu’il n’est pas nécessaire que je les mette sur le papier. Mais alors que je suis dans l’acte de les écrire, la façon dont Jésus les ordonne en moi change la perspective et, bien que petites en apparence, elles semblent être d’une grande importance dans leur substance. Étant donné tout cela, quel compte devront rendre à Dieu tous ceux qui ont et ont eu autorité sur moi, et qui ne se sont pas imposés par obéissance, de me faire écrire ? Combien de choses j’ai négligées en ne recevant pas d’ordre ? Et Jésus, bougeant en moi, me dit : Ma fille, ils auront en vérité des comptes à me rendre. S’ils croyaient que c’était moi, le compte sera très strict, parce que croire que c’est moi et ne pas tenir compte d’une seule de mes paroles, c’est comme s’ils voulaient faire obstacle à une mer de biens pour les créatures, parce que ma parole vient toujours de la force de ma Puissance créatrice. En fait, j’ai prononcé un Fiat dans la Création, et j’ai étendu des cieux constellés d’innombrables millions d’étoiles ; un notre Fiat, et j’ai formé le soleil. Je n’ai pas prononcé vingt mots pour former tant de choses dans la Création, mais un seul Fiat m’a suffi. Ma parole contient toujours sa Puissance créatrice, et ni toi ni personne ne peut savoir si ma parole est dirigée pour former un ciel, une étoile, une mer, un soleil pour les âmes. Par conséquent, ne pas en tenir compte et ne pas la présenter aux créatures, c’est comme me retourner ce ciel, ce soleil, ces étoiles et cette mer, alors qu’ils pourraient faire tant de bien aux créatures. Et le tort qui s’ensuivrait serait imputé à celui qui, faute de prendre en considération ma parole, l’a étouffée en moi. Par ailleurs, s’ils ne croient pas que c’est moi, c’est encore pire, car ils sont alors aveugles au point de ne pas avoir les yeux pour voir le Soleil de ma parole ; et l’incrédulité mène à l’obstination et à la dureté de cœur, alors que la croyance adoucit le cœur, dispose à être gagné par la grâce et à recevoir la vue pour comprendre mes vérités.

 

11 février 1927 - Là où règne la Divine Volonté, Jésus ordonne les cordes de ses attributs. Comment nous devons pouvoir dire : « Ceci est mon Ciel. » Comment les enfants du Fiat seront des rois et des reines, et seule celle qui possède le divin Fiat a le droit de demander son Royaume.

            J’étais dans mon état habituel et mon adorable Jésus me fit voir en moi de nombreuses cordes – les unes à côté des autres et partant d’une sphère placée au milieu de ces cordes. Il y avait sous cette sphère un espace vide où se trouvait mon doux Jésus qui touchait ces cordes et produisait une musique si belle et si harmonieuse qu’il est impossible de la décrire. Après avoir joué sa petite sonate, il me dit : Ma fille, ces cordes sont le symbole de l’âme où règne ma Volonté. Je prends moi-même plaisir à les former et à les ordonner. Vois comme elles sont belles. Chaque corde a une couleur distincte, revêtue d’une lumière, de sorte que toutes ensemble, elles forment le plus bel arc-en-ciel, rayonnant de lumière. Mais veux-tu savoir pourquoi chaque corde a une couleur distincte ? Parce que chacune symbolise une de mes divines qualités – c’est-à-dire, mes attributs. Ainsi, j’ai tout disposé en ordre – la corde de l’Amour, la corde de la Bonté, la corde de la Puissance, de la Miséricorde, de la Force, de la Sagesse, de la Pureté – en somme, de toute chose ; je n’ai rien exclu, pas même la corde de la Justice. Ainsi, lorsque je veux aimer et être aimé, je touche la corde de l’Amour. Oh ! comme le son en est doux – pénétrant, délicieux, propre à remuer les Cieux et la terre et à investir les fibres les plus intimes de tous les êtres en qui règne ma Volonté. Et j’aime, et je suis aimé, parce que ce bruit attire et ravi tous ceux qui m’aiment ; et moi-même, enchanté par mon propre Amour, j’aime et envoie des océans d’amour. Ce son est si mélodieux qu’il me fait tout tolérer et supporter les plus grands maux de ce pauvre monde.

            Ce son me pousse ensuite à toucher la corde de la Bonté et attire l’attention de tous pour recevoir les biens que ma Bonté veut dispenser aux créatures. Des voix parlent dans ce son ; il fait que tous écoutent attentivement – sons de surprise et d’admiration en entendant, dans ce bruit de voix, les biens que je veux donner. Ce son me fait sortir mes biens et dispose également les créatures à les recevoir. Aussi, chaque fois que je veux mettre à l’œuvre un de mes attributs, je touche la corde qui lui correspond et je le place en attitude. Mais sais-tu pourquoi j’ai disposé toutes ces cordes en toi ? Parce que là où règne ma Divine Volonté, je veux me trouver tout entier avec toutes les choses qui m’appartiennent ; de telle sorte que, quoi que je fasse au Ciel, je dois être en mesure de le faire dans l’âme où domine et règne mon Fiat suprême. Je dois avoir mon trône, mes mélodies, afin de pouvoir faire vibrer le son de Miséricorde pour convertir les âmes, le son de Sagesse pour me faire connaître, le son de ma Puissance et de ma Justice pour me faire craindre. Je dois pouvoir dire : ‘Voilà mon Ciel.’

            Après quoi je faisais ma ronde dans la Création et en imprimant mon « Je vous aime » sur chaque chose créée, je demandais qu’en vertu de cette Divine Volonté qui les préserve belles et entières, le Royaume du Fiat suprême puisse venir sur la terre. Mais en même, je me disais : « Les choses créées sont inanimées, elles n’ont par conséquent pas la vertu de demander un Royaume si saint. » Je pensais cela lorsque mon Jésus bien-aimé sortit de mon intérieur et me dit : Ma fille, il est vrai que les choses créées n’ont pas d’âme ; cependant, la vie de ma Volonté court en chacune d’elles et c’est en vertu de ma Volonté qu’elles se maintiennent aussi belles, tout comme elles furent créées. Les choses créées sont toutes de nobles reines qui appartiennent à ma famille royale ; et en vertu de ma Volonté qui les anime et de tous les actes que ma Volonté exerce sur elles, les choses créées ont le droit de demander la venue de mon Royaume parce que c’est aussi leur Royaume. Pour avoir le droit de demander la venue du Royaume du divin Fiat, il est nécessaire de faire partie de notre famille en qui notre Volonté a sa première place, son trône, sa vie. C’est pourquoi je t’ai fait d’abord naître en elle, afin que ma Volonté puisse avoir ses droits de paternité sur toi, et que tu puisses avoir les droits de filiation, et avoir ainsi le droit de demander son Royaume ; et non seulement toi, mais aussi en vertu de toutes les choses créées – c’est-à-dire de tous les actes innombrables que notre Volonté exerce dans toute la Création – pour demander que notre Royaume et le tien puissent venir.

            Ma fille, qui peut aspirer à avoir le droit d’être roi, sinon le fils du roi ? De plus, chacun voit en lui le droit que le royaume sera le sien. Et si l’on voit un serviteur, un paysan, aspirer à ce royaume, qui n’appartient pas à la famille royale et qui dit qu’il a le droit d’être roi et que le royaume sera sien, on le considère alors comme un fou et il mérite toutes les moqueries. De la même manière, celui qui voudrait demander mon Royaume et en qui ma sainte Volonté ne règne pas, se trouvant dans la condition de serviteur, n’a pas le droit de demander mon Royaume. Et s’il le demande, c’est simplement une façon de parler et sans y avoir droit. Supposons à présent qu’un roi ait des centaines, des milliers d’enfants, appartenant tous de façon légitime à sa famille royale. Tous n’ont-ils pas le droit d’occuper de nobles positions – conformes à leur état ; et de dire : ‘Le royaume de notre père est notre royaume parce que c’est son sang royal qui coule dans nos veines ?’ Or, dans toute la Création, dans les enfants qui appartiennent au Royaume du divin Fiat, il coulera, plus que le sang, mais la vie de ma Volonté qui leur donnera le droit d’appartenir à la royale et céleste famille, de telle sorte que tous seront rois et reines – tous occuperont de nobles positions, dignes de la famille à laquelle ils appartiennent.

            Par conséquent, les choses créées – parce qu’elles sont toutes filles du Ciel et qu’elles ont les actes de ma Volonté même qui le demande en elles – ont plus de droit que vienne le Royaume de ma Volonté que les créatures elles-mêmes qui, en faisant leur volonté, se sont réduites à la condition de servantes. Par conséquent, lorsque toi, au nom des cieux, du soleil, de la mer et de toutes les autres choses créées, tu demandes que vienne le Royaume de mon Fiat éternel, tu obliges ma Volonté elle-même à demander la venue de son Royaume. Et crois-tu que ce soit peu de chose qu’une Divine Volonté prie en chaque chose créée lorsque tu demandes son Royaume ? Par conséquent, continue et ne ralentis jamais. Tu dois même savoir que c’est ma Volonté elle-même qui te met sur le chemin de toute la Création afin d’avoir sa fille avec elle dans tous ses actes – pour te faire faire ce qu’elle fait et ce qu’elle veut de toi.

 

13 février 1927 - Tant que la Divine Volonté ne sera pas connue et n’aura pas son Royaume, la gloire de Dieu dans la Création sera incomplète. Exemple d’un roi.

            Je suivais la Divine Volonté et ses actes dans la Création, et un doute me vint à l’esprit : « Comment se peut-il que Jésus dise que jusqu’à ce que le Royaume de sa Volonté vienne sur la terre, la gloire de la Création et de la Rédemption sera incomplète ? Comment cela se peut-il ? La suprême Volonté n’a-t-elle pas la vertu de se glorifier elle-même ? Elle possède bien cette vertu, et qui est plus que suffisante pour sa gloire. Cependant, il dit que si sa Volonté n’étend pas son Royaume chez les créatures, sa gloire, de la part de la Création, sera incomplète. » Je pensais cela lorsque mon adorable Jésus me fit la surprise d’une très brillante lumière sortant de lui, et me dit : Ma fille, la chose est très claire en elle-même ; jusqu’à ce que ma Volonté soit connue et qu’elle ait sa première place d’honneur et son empire en chaque être sorti de nos mains créatrices, sa gloire sera toujours incomplète. La raison en est très claire. En fait, le dessein premier dans la Création était qu’en sortant de nous cette suprême Volonté qui, bilocalisée dans toute la Création, s’étendait partout – dans les cieux, dans le soleil, dans la mer, dans les fleurs, dans les plantes et même dans la terre et en chaque être sorti de nos mains créatrices – se constituant la vie de toutes choses afin de former sa vie en chaque être et que, se bilocalisant en chaque créature, ma Volonté puisse avoir autant de vies et de royaumes à dominer que de créatures qui viendraient à la lumière.

            Or ma Volonté ne s’est pas retirée – il n’est pas un point où sa Vie divine ne s’étende ; il n’est pas une créature qui ne soit investie de cette suprême Volonté. Mais alors qu’elle s’étend partout et investit chaque chose et chaque créature, elle ne peut pas former sa vie. Combien de vies divines sont étouffées dans les créatures ; combien lui refusent la première place dans leurs actes ; combien la placent derrière des actes vils et indignes, lui refusant d’exercer sur elles son empire. Et crois-tu que ce soit peu de chose que la destruction dans les créatures de tant de vies divines de cette Volonté qui est mienne, de tant de ses actes, nobles et sublimes qu’elle voit détruire alors que ces créatures se servent d’elle pour former de déplorables vies humaines, des monstres qui serviront l’enfer ? Le tort causé à notre gloire par la Création est grand et incalculable et tel que le bien de la Rédemption ne pouvait le réparer, parce que même avec la Rédemption, l’homme n’est pas revenu dans l’unité de notre Volonté qui ne règne pas pleinement dans les créatures. Combien de vies que l’on dit bonnes et saintes sont partagées entre la Divine Volonté et la volonté humaine. Par conséquent, notre gloire dans la Création n’est pas complète ; et c’est seulement lorsque les choses créées par nous serviront notre propre Volonté, qu’elles lui donneront la première place d’honneur, la reconnaîtront en toutes choses, la laisseront régner dans tous leurs actes, la constitueront Reine absolue et Roi dominateur – c’est alors seulement qu’elle sera complète.

            Ne crois-tu pas qu’il est juste et de droit qu’étant donné que tout appartient à ma Volonté, quelle est partout et pour tous la vie première de toute chose, tous devraient la reconnaître et vouloir devenir Divine Volonté puisque tous lui appartiennent ? Imagine un roi avec son royaume ; toutes les terres, les maisons et les villes sont sa propriété exclusive. Il n’est rien qui ne lui appartienne – non seulement du fait que ce royaume est le ciel, mais aussi par le droit de propriété faisant que ces choses lui appartiennent. Or, ce roi, par bonté d’âme, veut voir son peuple heureux et lui distribue gratuitement ses fermes, ses villas et ses terres, lui fournissant une habitation gratuite dans ses villes de telle sorte que tous peuvent être riches, chacun selon sa condition. Et il accorde ce grand bien à son peuple dans le seul but que tous le reconnaissent comme roi, lui accordent un empire absolu et reconnaissent que les terres qu’ils occupent leur ont été données gratuitement par le roi afin qu’il puisse être glorifié, reconnu et aimé pour le bien qu’il leur a fait. Et voilà que ce peuple, ingrat, ne le reconnaît pas comme roi et réclame un droit de propriété sur les terres en niant qu’elles lui ont été données par le roi. Ce roi ne serait-il pas frustré de la gloire du bien qu’il a fait à son peuple ? Et si tu ajoutes qu'ils utilisent ses terres sans bénéfice pour eux-mêmes – que certains ne les travaillent pas, que d’autres en ôtent les plantations les plus belles, que certains rendent sordides les jardins les plus agréables, de telle sorte qu’ils se fabriquent eux-mêmes leur propre malheur et leur misère – tout cela mis ensemble constituerait un déshonneur et une douleur que nul ne pourrait apaiser, au détriment de la gloire du roi.

            Cela n’est que l’ombre de ce qu’a fait et fait encore ma suprême Volonté. Personne ne nous a donné un centime pour recevoir le bien du soleil, de la mer, de la terre ; nous avons tout donné gratuitement et uniquement pour les rendre heureux et afin qu’ils reconnaissent mon Fiat suprême qui les a tant aimés et ne veut rien d’autre que leur amour et son règne. Qui pourrait dédommager ce roi pour la perte de gloire que ce peuple ne lui a pas donnée, et apaiser son immense chagrin ? Supposons à nouveau que quelqu’un de ce même peuple, se revêtant de la juste douleur de son roi et voulant lui rendre sa gloire, commence à rénover la terre qu’il occupe de façon en faire le jardin le plus beau et le plus agréable du royaume. Puis il va dire à tous que son jardin est un don que lui a fait le roi parce qu’il l’aime ; puis il appelle le roi dans son jardin et lui dit : ‘Ce sont vos terres. Il est juste qu’elles soient toutes à votre disposition.’ Le roi est si ravi de cette loyauté qu’il lui dit : ‘Je veux que tu sois roi avec moi et que nous régnions ensemble.’ Oh ! comme il voit sa gloire restaurée et son chagrin apaisé par ce membre de son peuple. Mais cet homme ne s’arrête pas là ; il parcourt tous les chemins du royaume et, réveillant les gens par sa parole, il amène une bonne partie d’entre eux à l’imiter et à former le peuple royal qui accorde le droit de régner à son roi. Et le roi se sent rétabli dans sa gloire et, en récompense, il leur donne le titre d’enfants du roi et leur dit : ‘Mon royaume est le vôtre – régnez, mes enfants.’

            Tel est mon dessein – que dans mon Royaume il n’y ait pas des serviteurs, mais mes enfants, rois avec moi. Cela viendra avec ma Divine Volonté. Oh ! comme elle attend que lui soit rendue sa gloire complète dans la Création ; et que l’on reconnaisse que tout lui appartient afin de pouvoir dire : ‘Tout est à vous – régnons ensemble.’ Combien elle attend que ses connaissances sur le Fiat suprême parcourent les chemins afin de réveiller, d’appeler – de presser les créatures à venir dans mon Royaume pour y constituer mes vrais enfants à qui je peux donner le titre de rois. C’est pourquoi je m’intéresse tellement à ce que ces manifestations sur ma Divine Volonté soient connues – parce qu’il s’agit de mon plus grand acte, qui est l’accomplissement de ma gloire et le bien complet des créatures.

 

16 février 1927 - Comment le Fiat place toute chose en communication, partout où il règne. Exemple des épouses. L’opération de la Divine Volonté est la plénitude des actes et le triomphe de l’acte divin dans l’humain.

            Je parcourais toute la Création afin d’amener toutes les choses créées avec moi devant la suprême Majesté, en hommages, louanges et adorations, parce qu’elles sont les œuvres de ses mains créatrices, dignes de Celui-là seul qui les a créées, car elles sont animées par sa Divine Volonté. Mais en faisant cela, je me disais : « Les choses créées ne se déplacent pas, elles restent à leur place – elles ne viennent pas avec moi ; il est donc inutile de dire que je les amène avec moi, puisqu’elles ne viennent pas. » Je pensais cela lorsque mon doux Jésus sortit de mon intérieur et me montra en même temps ma petite âme, avec de nombreux rayons centralisés en elle et qui maintenaient la communication avec chaque chose créée, de telle sorte qu’elles étaient en communication avec moi, et moi avec elles. Mais le point principal d’origine d’où provenaient ces rayons était Dieu qui maintenait la communication avec tous et toutes choses. Et mon aimable Jésus me dit : Ma fille, là où elle règne avec sa lumière à laquelle personne ne peut résister parce qu’elle est immense et pénétrante, ma Volonté place toutes choses en communication. Chaque rayon part du centre divin où ma Volonté a sa résidence principale. Les rayons ne sont rien d’autre que les actes que le divin Fiat sort de lui-même pour investir chaque chose créée, y former sa vie et autant de résidences secondaires en chacune d’elles. Il est naturel que pour l’âme en qui règne ma Volonté, lorsqu’elle forme ses actes dans mon Vouloir, toutes les choses créées reçoivent la communication de cet acte en vertu de la lumière qui les unit, et en suivant le parcours de cette lumière, elle s’unisse afin de suivre l’acte que fait cette âme en qui règne ma Volonté. En fait, une est la Volonté qu’elles possèdent – une la force, et par conséquent un est l’acte qu’elles veulent accomplir. C’est ma Volonté qui anime toutes choses et fait que l’acte soit un, et l’acte de tous. Sois par conséquent certaine que même si les choses créées restent à leur place, elles te suivent toutes. Ma Volonté elle-même les met en route vers toi afin que tu ne sois pas seule, et qu’elles puissent toutes t’accompagner.

            C’est comme dans un mariage : la mariée et le marié s’avancent et sont suivis par tous les invités. Tu es la mariée avec laquelle ma Volonté a voulu former son mariage royal ; elle voulait abattre la division, les obstacles qui existaient entre toi et elle-même afin de former le plus heureux des couples qui fût jamais. Ce sont donc des jours de fête pour toi et pour ma Volonté ; tes actes animés par le divin Fiat sont des invitations continuelles que tu envoies à toutes les choses sorties de nos mains créatrices. Par conséquent, ton invitation est extrêmement vaste et personne ne peut la refuser parce que c’est une Divine Volonté qui appelle toutes ses œuvres à son banquet, y compris même ma céleste Maman ; et toutes se sentent honorées et triomphantes d’assister à ce mariage et de participer au banquet nuptial de ma suprême Volonté. C’est pourquoi elles attendent avec grande impatience tes actes, tes invitations, tes appels, pour venir s’asseoir au banquet et célébrer les deux époux. Ainsi, toi – tu marches en avant avec ma Volonté devant la suprême Majesté ; mes œuvres te suivent en arrière. Et c’est avec justice, parce que dans les choses créées, c’est à la créature que nous avons accordé la suprématie sur toutes nos œuvres – c’est-à-dire à la créature en qui notre divin Fiat devait régner pleinement, non à la créature dégradée par sa volonté. Celle-là est la dernière de toutes et n’a ni droit ni communication ; tandis que la créature en qui règne ma Volonté a le droit d’être la première à les appeler et à être suivie par toutes les autres.

            L’opération de ma Volonté est donc le plus grand des miracles, la plénitude de tous les actes réunis et le triomphe de l’acte divin dans l’acte humain, parce que ma Volonté était comme stérile parmi les créatures et elle est à présent rendue heureuse par sa première fille en qui elle voit venir à la lumière ses nombreuses naissances. Ma Volonté ne vivra donc plus comme une mère stérile au milieu de son peuple, mais comme une mère féconde parmi tous ses enfants. Elle était autrefois veuve, parce qu’en créant le premier homme ma Volonté épousa la nature humaine, la dotant de ses immenses richesses comme sceau du mariage qu’elle formait avec l’homme. Lorsqu’il s’est retiré d’elle, ma Volonté est demeurée veuve durant bien des siècles ; mais elle a maintenant enlevé le deuil de son veuvage et, mariée à nouveau, elle a revêtu sa parure de mariée et renouvelé sa dot ; et le sceau de cette dot, ce sont les connaissances sur ma Volonté comme don des richesses qu’elle possède. Aussi, ma fille, sois attentive, prends soin de préserver tes vêtements de mariée et jouis des empires que ma Volonté t’a apportés en dot.

 

19 février 1927 - Jésus l’invite à combattre. Comment Jésus combat avec ses connaissances, ses exemples et ses enseignements, alors que l’âme combat en les recevant et en suivant les actes de sa Volonté dans la Création et la Rédemption.

            Je poursuivais mon envol dans le divin Fiat et mon doux Jésus se fit voir en sortant de mon intérieur et, joignant ses mains aux miennes, il m’invita à me battre avec lui. J’étais si petite et je ne me sentais pas la capacité ni la force de combattre avec lui ; d’autant plus qu’une voix sortait d’une lumière est disait : « Elle est trop petite – comment peut-elle gagner ce combat ? » Et Jésus répondit : au contraire, c’est parce qu’elle est petite qu’elle peut gagner, car toute la force est dans la petitesse.

            J’étais découragée et je n’osais pas combattre avec Jésus ; et lui, m’incitant au combat, il me dit : Ma fille, courage – essaye ; si tu gagnes, tu remporteras le Royaume de ma Volonté. Et tu ne devrais pas arrêter parce que tu es petite, car j’ai mis à ta disposition toute la force des choses créées. Ainsi, se joint à ton combat toute la force contenue dans les cieux, dans le soleil, dans l’eau, dans le vent et dans la mer ; tous me livrent bataille. Elles me combattent pour que je leur livre le Royaume du divin Fiat ; elles combattent les créatures avec les armes que chacune a en son pouvoir afin que les créatures reconnaissent ma Volonté et puissent la laisser régner comme elles-mêmes la laissent régner parmi elles. Et dans leur désir de gagner, les choses créées se sont toutes placées en ordre de bataille ; et voyant que les créatures résistent, voulant gagner à tout prix parce qu’elles ont avec elles la force de cette Volonté qui les anime et les domine, avec les armes qu’elles possèdent, elles abattent les gens et les villes avec une telle puissance que personne ne peut leur résister. Tu ne peux comprendre toute la force et la puissance que contiennent tous les éléments ; elle est telle que, si ma Volonté ne les restreignait pas, la bataille serait si terrible qu’ils réduiraient la terre en un monceau de poussière.

            Or cette force est aussi la tienne ; par conséquent – parcours les choses créées pour les mettre en ordre de bataille ; que tes actes, ta demande continuelle pour le Royaume du Fiat suprême appellent toute la Création à se tenir prête. Et ma Volonté agit alors en elle et met en branle tous ses actes pour que vienne son Royaume parmi les créatures. C’est par conséquent mon Vouloir lui-même qui combat – qui livrent bataille avec ma propre Volonté pour le triomphe de son Royaume. Ton combat est ainsi animé par ma Volonté qui possède une force suffisante irrésistible pour vaincre. Par conséquent, va et combats, car tu gagneras ; de plus, ton combat pour obtenir le Royaume du Fiat suprême est le plus saint qui puisse exister ; c’est la bataille la plus juste et la plus légitime qui puisse être livrée. Cela est si vrai que ma Volonté elle-même a commencé ce combat en formant la Création ; et ce n’est qu’après une victoire complète qu’elle se rendra.

            Mais veux-tu savoir quand tu luttes avec moi et moi avec toi ? Je lutte lorsque je te manifeste les connaissances sur mon Fiat éternel. Chaque parole, chaque connaissance, chaque comparaison est un combat et une bataille que je livre avec toi afin de gagner ta volonté, la mettre à sa place, créée par nous, et l’appeler, presque à force de la combattre, dans l’ordre et le Royaume de mon divin Vouloir ; et lorsque je livre ce combat avec toi afin de soumettre ta volonté, je le commence parmi les créatures. Je lutte avec toi lorsque je t’enseigne la voie que tu dois suivre, ce que tu dois faire pour vivre dans mon Royaume, et les bonheurs et les joies que tu posséderas. En somme, je combats à force de lumière que contiennent mes connaissances ; je combats à force d’amour et par les plus touchants exemples, de telle sorte que tu ne peux pas me résister ; je combats au moyen de promesses de bonheur et de joie infinies. Mon combat est persistant et je ne me lasse jamais – mais pour gagner quoi ? Ta volonté, et avec la tienne, celles qui reconnaîtront la mienne afin de vivre dans mon Royaume. Et tu luttes avec moi lorsque tu reçois mes connaissances, que tu les places en ordre dans ton âme pour former en toi le Royaume de mon Fiat suprême ; et en combattant avec moi, tu t’efforces de gagner mon Royaume. Chacun de tes actes accomplis dans ma Volonté est un combat que tu me livres. Dans chaque ronde à travers toutes les choses créées, pour t’unir à tous les actes que ma Volonté accomplit dans toute la Création, tu appelles toute la Création à livrer bataille afin de gagner mon Royaume, mettant en œuvre ma Volonté elle-même dans toutes les choses créées, pour mener le combat contre ma Volonté elle-même afin d’établir son Royaume. C’est pourquoi, en ces temps, le vent, l’eau, la mer, la terre et les cieux sont tous plus que jamais en mouvement, livrant bataille contre les créatures lorsque se produisent de nouveaux phénomènes – et combien d’autres vont se produire – qui détruiront des gens et des villes : parce que dans les combats, il est nécessaire de se disposer à souffrir des pertes, et souvent également de la part du vainqueur. Il n’y a jamais eu de royaumes conquis sans combat, et s’il y en eut, ils n’ont pas duré longtemps. Tu luttes avec moi lorsque, investissant tout ce que j’ai fait et souffert dans mon Humanité – tu y imprimes ton ‘Je vous aime’, et que pour chacun de mes actes tu demandes la venue du Royaume de mon Fiat suprême. Qui peut dire le combat que tu livres contre moi ? Tu amènes mes propres actes à livrer bataille contre moi afin que je puisse me rendre et t’accorder mon Royaume.

            C’est pourquoi je te combats et tu me combats. Ce combat est nécessaire – pour toi, afin de gagner mon Royaume ; et pour moi, afin de gagner ta volonté et de commencer le combat parmi les créatures pour y établir le Royaume de ma suprême Volonté. J’ai ma propre Volonté et toute sa Puissance, sa Force, et son Immensité pour remporter la victoire ; tu as ma Volonté elle-même à ta disposition, toute la Création et tout le bien que j’ai fait dans la Rédemption afin de lancer une formidable armée pour livrer bataille et gagner le Royaume du Fiat suprême. Vois, chaque mot que tu écris est aussi un combat que tu me livres – un soldat de plus qui rejoint l’armée qui doit gagner le Royaume de ma Volonté. Par conséquent, sois attentive, ma fille, car ce sont des temps de combat et il est nécessaire d’user de tous les moyens pour gagner.

 

21 février 1927 - La raison pour le grand intérêt de Jésus à vouloir faire connaître la Divine Volonté.

            Mon pauvre esprit parcourait les nombreuses connaissances sur le Vouloir suprême, et je me disais : « Pourquoi Jésus est-il si intéressé à faire connaître sa Divine Volonté et à ce qu’elle règne parmi les créatures ? » Je disais cela lorsque mon toujours aimable Jésus sortit de mon intérieur et me dit : Ma fille, veux-tu savoir pourquoi je tiens tellement à faire connaître ma Volonté et à ce qu’elle règne parmi les créatures ? C’est qu’elle est le seul moyen de pouvoir refaire la créature et de nous permettre – moi, de donner, et elle, de recevoir. Tant que ma Volonté ne retournera pas triomphante et dominatrice au sein des créatures, je ne serai pas capable de donner ce que je veux, et elles n’auront pas la capacité, l’espace pour être capables de recevoir ce que je peux et veux donner. En fait, seule ma Volonté a cette vertu, ce pouvoir – qu’en établissant l’ordre et l’équilibre entre le Créateur et la créature, elle ouvre entre elles toutes les voies de communication : Dieu a sa voie royale pour pouvoir envoyer ses dons sans danger, descendre quand il veut, et apporter, personnellement, ses plus grands biens à la créature ; et la créature, possédant cette même voie, peut le recevoir, ou monter afin de prendre elle-même ce que son Seigneur veut lui donner.

            Si riche et puissant que puisse être un roi, s’il ne trouve personne à qui donner, il n’aura jamais le contentement, la satisfaction de pouvoir donner ; ses richesses resteront oisives, isolées, abandonnées. Il vivra peut-être noyé dans ses propres richesses, mais il n’aura jamais le contentement, le bonheur de donner et de faire profiter les autres de ses biens, parce qu’il ne trouve personne à qui les donner. Ce roi sera un roi isolé, abandonné, sans cortège ; il n’y aura personne pour lui sourire, lui dire un ‘Merci’ ; il ne sera jamais à la fête, parce que la fête c’est de donner et de recevoir. Ainsi, avec toutes ses richesses, ce roi aura dans le cœur un clou, l’abandon, la monotonie ; il sera riche, mais sans gloire, sans héroïsme, sans nom. Quelle douleur pour ce roi, avec toutes ses richesses !

            Or, ma fille, la raison pour laquelle nous avons fait la Création et créé l’homme était de pouvoir donner nos richesses, afin que la gloire éternelle de nos œuvres puisse s’unir à la gloire interne et au bonheur immense que nous possédons. Aussi, comme la créature n’est pas dans notre Volonté, nous la sentons loin de nous ; personne ne nous entoure pour nous dire ‘Merci’, personne pour nous sourire avec délice pour nos œuvres. Tout est isolement ; nous sommes entourés d’immenses richesses, mais parce que nos créatures sont loin de nous, nous n’avons personne à qui les donner ; nous n’avons personne pour admirer nos œuvres et pour en jouir. Nous sommes heureux, mais en raison de nous-mêmes, et personne ne pourrait le moindrement troubler notre bonheur ; mais nous sommes forcés de voir le malheur des créatures parce que, sans être unies à nous, elles ne peuvent rien prendre et nous ne pouvons rien leur donner. La volonté humaine a formé les barrières et condamné les portes de communication. Donner est libéralité, héroïsme, amour – recevoir est grâce ; et la créature, en faisant sa propre volonté, entrave notre libéralité, notre héroïsme, notre Amour. Et si quelque chose est donné, c’est toujours de façon restreinte et à force de pressions, d’intrigues, car lorsque l’ordre est absent entre les créatures et nous, les choses ne marchent pas librement. Nous ne sommes pas capables de souffrir – notre Être est intouchable par tous les maux ; mais si nous étions capables de souffrance, la créature empoisonnerait notre existence. C’est là toute la raison de notre intérêt à vouloir faire connaître notre Volonté et à la faire régner parmi les créatures : nous voulons donner, nous voulons les voir heureuses de notre propre bonheur ; et seule notre Volonté peut faire tout cela – réaliser le dessein de la Création et nous laisser mettre nos biens en commun.

            Ô Volonté de Dieu, combien admirable, puissante et désirable tu es. Oh, je t’en prie, avec ton empire, fais notre conquête, fais-toi connaître et que tous s’abandonnent à toi !

            Deo gratias.


 

 

LE LIVRE DU CIEL

 

Tome 21

 

23 février 1927 - Un fils qui aime son père réunit tous ses frères et sœurs et surprend le père.

            Privée de mon doux Jésus, je sentais mon pauvre cœur douloureusement broyé. Oh ! comme il souffrait et gémissait ! Et en faisant ma ronde habituelle dans toute la Création pour suivre en elle les actes de sa Volonté, arrivée à la mer, j’appelai mon Jésus et je lui dis :

            « Mon Jésus, viens, reviens ! Ta petite fille t’appelle dans la mer. Je t’appelle par le murmure dans l’immensité de l’eau. Je t’appelle dans l’éclair argenté des poissons, je t’appelle avec la puissance de ta Volonté qui s’étend dans cette eau. Si tu ne veux pas écouter ma voix qui t’appelle, écoute toutes les voix innocentes qui sortent de cette mer et qui t’appellent. Oh ! ne m’oblige pas à te presser davantage ! Je ne peux plus le supporter ! » Mais hélas, malgré toutes les voix de la mer, Jésus n’est pas venu ; j’ai dû par conséquent continuer vers le soleil et je l’ai appelé de là. Je l’ai appelé dans l’immensité de sa lumière. Je l’ai ainsi appelé en toutes choses, je l’ai appelé dans le nom de chaque chose créée et avec sa propre Volonté qui règne sur elles. Puis, parvenue sous la voûte des cieux, je lui dis : « Écoute, Jésus, je t’apporte toutes tes œuvres. N’entends-tu pas la voix du ciel tout entier, les innombrables voix des étoiles qui t’appellent ? Elles veulent t’entourer et rendre visite à leur Créateur et Père, et tu veux les renvoyer ? » Et comme je disais cela, mon doux Jésus est venu se placer au milieu de toutes ses œuvres, et il m’a dit :

            Ma fille, quelle belle surprise tu me fais aujourd’hui ! Tu as amené toutes mes œuvres pour me rendre visite, je sens ma gloire et mon bonheur redoubler en me voyant entouré par toutes mes œuvres que je reconnais comme mes enfants. Tu as agi aujourd’hui comme une fille qui aime beaucoup son père et reconnaît que son père aime se voir entouré et visité par tous ses enfants. Cette fille les appelle tous, et il aime chacun d’eux. Elle réunit tous ses frères et sœurs et surprend son père. Pas un ne manque à l’appel et le père reconnaît tous les membres de sa famille. Oh ! comme il se sent glorifié par tous ses enfants ! Son bonheur atteint son sommet et pour combler sa joie, il prépare une fête plantureuse. Tous ensemble, le père et ses enfants font la fête. Dans la plénitude de son bonheur, le père reconnaît la fille qui a rassemblé toute sa famille pour le surprendre et lui procurer tant de bonheur. Cette fille sera aimée davantage parce qu’elle est la raison d’une si grande joie.

            Ma fille, lorsque tu m’appelais dans la mer avec toutes ses voix, j’écoutais et je disais : Qu’elle aille parmi toutes les choses créées jusqu’à ce qu’elle les ait toutes rassemblées, et alors je me laisserai trouver. Ainsi, j’aurai toutes mes œuvres qui sont autant de mes enfants. Ils me rendront heureux, et je les rendrai heureux.

            La vie dans ma Volonté contient d’indescriptibles surprises. Je peux dire que là où elle règne, l’âme devient mon bonheur, ma joie, ma gloire, et je prépare pour elle un banquet de la connaissance de ma Volonté. Nous avons plaisir à être ensemble, nous étendons le Royaume du Fiat suprême afin qu’il soit connu, aimé et glorifié. C’est pourquoi j’attends souvent ces surprises de ma fille qui me rend visite avec toute ma famille.

            De plus, toutes nos divines qualités sont répandues dans la Création, et chaque chose créée occupe une fonction de nos attributs. L’une est l’enfant de notre puissance, l’autre de notre justice, une autre encore de notre lumière, de notre paix ; bref, chaque chose créée est l’enfant d’un de nos attributs. Aussi, lorsque tu m’apportes l’ensemble de la Création, tu es porteuse de mon bonheur répandu en elle. Et je reconnais mon enfant dans la lumière du soleil, l’enfant de ma justice dans la mer, l’enfant de mon empire dans le vent, et l’enfant de ma paix dans la floraison de la terre. En somme, je reconnais chacun de mes attributs dans toutes les choses créées et je prends plaisir à reconnaître mes enfants que m’amène la petite fille de ma Volonté. Je fais comme le père qui a un très grand nombre d’enfants, et chacun occupe une place d’honneur : l’un est un prince, un autre est juge, un autre encore est représentant, celui-ci est sénateur et celui-là gouverneur. Le père se sent le plus heureux lorsqu’il reconnaît en chaque enfant le rang honorifique élevé que chacun d’eux occupe. Ainsi, tout comme les choses ont toutes été créées pour rendre heureux les enfants du Fiat suprême, en voyant que tu nous apportes toutes nos œuvres, nous reconnaissons en toi notre dessein. Oh, comme nous aimons te voir faire tes rondes pour réunir toutes nos œuvres afin de nous apporter le bonheur répandu dans toute la Création ! Par conséquent, que tes envols dans ma Volonté soient continuels.

            Puis, ayant reçu la sainte Communion, je dis à mon bien-aimé Jésus : « Mon amour et ma vie, ta Volonté a la vertu de pouvoir multiplier ta Vie pour autant de créatures qui existent et existeront sur la terre. Et moi, dans ta Volonté, je veux former autant de Jésus afin de te donner à chaque âme du Purgatoire, à chaque bienheureux dans le ciel, et à chaque créature sur la terre. » Je disais cela lorsque mon céleste Jésus me dit :

            Ma fille, pour quiconque vit dans ma Volonté, la Divine Volonté multiplie les actes de l’âme pour autant de créatures qui existent. L’âme reçoit la divine attitude et ses actes deviennent les actes de tous. C’est exactement l’œuvre de la Divinité : un acte accompli par l’âme est multiplié et chacun peut faire sien cet acte comme s’il avait été accompli par lui-même, bien que ce ne soit qu’un seul acte. L’âme où règne ma Volonté se place dans la même condition que Dieu lui-même, que ce soit pour la gloire ou pour la souffrance, selon que la créature reçoive ou rejette cet acte. La gloire de cet acte peut apporter à chacun le bienfait et la vie de Jésus. Cet acte est grand, exubérant et infini. La souffrance de ce que toutes les créatures n’acceptent pas ce bien et que ma vie demeure suspendue sans apporter les bienfaits de ma Vie divine est une souffrance qui surpasse toutes les souffrances.

 

26 février 1927 - Là où règne ma Volonté, elle forme trois cordes d’or pur. La Divine Volonté apparaît dans toute la Création.

            Mon aimable Jésus me fait souffrir en attendant son retour. Oh ! comme ma petite âme se languit de lui et à quoi se voit-elle réduite sans lui ! Elle est comme une terre sans eau et sans soleil, qui meurt de soif dans une obscurité si grande que je ne sais où faire un pas pour retrouver le seul qui puisse me donner de l’eau, étancher ma soif et faire que le soleil se lève pour éclairer mes pas afin de pouvoir trouver celui qui m’a quittée.

            Ah ! Jésus ! Jésus ! Reviens ! Ne sens-tu pas mon cœur qui bat en toi, qui appelle et peine à battre sans ce qui le fait vivre, et qui n’a plus la force de t’appeler ? Je disais tout cela lorsque mon très grand bien, Jésus, se manifesta en moi et me fit voir trois cordes. Elles étaient assemblées et fixées dans les profondeurs de mon âme. Ces cordes descendaient du ciel où elles étaient reliées à trois cloches. Je voyais Jésus comme un petit enfant qui, avec des grâces infinies, tirait très fort sur ces cordes qui résonnaient alentour et tous venaient voir qui faisait sonner ces cloches avec tant de force pour attirer l’attention du ciel tout entier. J’étais moi-même stupéfaite, et Jésus me dit :

            Ma fille, dans l’âme où règne ma Volonté, il y a trois cordes d’or pur qui descendent de la puissance du Père, de la sagesse du Fils et de l’amour du Saint-Esprit. Et lorsque cette âme travaille, aime, prie et souffre, je prends en main les cordes et je mets en branle notre puissance, notre sagesse et notre amour pour le bien et la gloire de tous les bienheureux et de toutes les créatures. Le son de ces cloches est si fort et si harmonieux qu’il invite tout le monde à la fête. C’est pourquoi chacun accourt pour célébrer ton acte. Ainsi, tu peux voir que les actes de l’âme où règne ma Volonté sont formés au ciel dans le sein de ton Créateur et qu’ils descendent sur terre par le moyen de ces trois cordes de notre puissance, de notre sagesse et de notre amour, avant de retourner à leur source pour rendre gloire à la Divinité ; et je prends plaisir à tirer sur ces cordes pour que tous entendent le son de ces cloches mystérieuses.

            Après quoi j’entendis que l’on exposait le Saint-Sacrement dans mon église, et je me disais que pour moi, il n’y avait ni service religieux ni exposition du Saint-Sacrement. Et mon doux Jésus, sans me donner le temps d’ajouter une autre pensée, vint me dire :

            Ma fille, l’exposition du Saint-Sacrement n’est pas nécessaire pour toi, car quiconque fait ma Volonté a la plus grande et la plus continuelle exposition que puisse avoir ma Volonté dans toute la Création. De fait, chaque créature animée par ma Volonté forme toutes les expositions pouvant exister. Qu'est-ce qui forme ma Vie divine dans l’Eucharistie ? Ma Volonté. Sans ma suprême Volonté qui anime l’hostie, il n’y aurait pas en elle de Vie divine ; ce ne serait qu’une simple hostie blanche qui ne mériterait pas l’adoration des fidèles.

            Or, ma fille, ma Volonté est exposée dans le soleil. Et tout comme l’hostie est recouverte d’un voile qui cache ma Vie, le soleil a lui aussi un voile de lumière qui la cache. Et pourtant, qui s’agenouille, qui envoie un baiser d’adoration, qui remercie ma Volonté exposée dans le soleil ? Personne. Quelle ingratitude ! Et malgré tout, ma Volonté ne s’arrête pas, elle continue à faire le bien sous son voile de lumière. Elle suit les pas de l’homme. Elle revêt ses actions. Où qu’il aille, sa lumière est devant lui et derrière lui, pour offrir de le prendre triomphalement dans son sein de lumière et lui donner ce qui est bon. Et elle est disposée à lui donner ce bien et cette lumière, même s’il n’en veut pas. Oh, ma Volonté ! Combien tu es invincible, aimable, admirable et immuable pour faire le bien, inlassablement et sans jamais te retirer.

            Vois-tu la différence entre l’exposition de l’Eucharistie et l’exposition continuelle de ma Volonté dans toutes les choses créées ? Pour l’adoration eucharistique, l’homme doit se déranger. Il doit s’en approcher et se disposer à recevoir ses bienfaits ; sinon, il ne reçoit rien. Mais pour l’exposition de ma Volonté dans les choses créées, ce sont les choses qui vont vers l’homme. C’est elle qui se dérange, et en dépit du fait qu’il n’y soit pas même disposé, ma Volonté se montre généreuse et l’inonde de ses biens. Et cependant, personne n’est là pour adorer ma Volonté éternelle dans toutes ses expositions.

            Dans le soleil, symbole de l’Eucharistie, ma Volonté répand sa lumière, sa chaleur et ses innombrables bienfaits, mais toujours en silence, sans jamais dire un mot ni même faire un reproche malgré les horribles péchés qu’elle peut voir. Dans la mer, cependant, sous les voiles de l’eau, ma Volonté présente ses expositions de manière différente .Elle semble parler dans les murmures de l’eau. Elle commande le respect par le tumulte retentissant des brisants ; elle peut renverser les navires et emporter les hommes sans que personne ne puisse résister. Ma Volonté dans la mer donne une exposition de sa puissance et s’exprime dans le murmure des vagues. Elle parle dans les hautes vagues en appelant l’homme à l’aimer et à la craindre, et voyant qu’elle n’est pas écoutée, ma Volonté fait une exposition de la Justice divine et change ses voiles en tempêtes qui déferlent irrésistiblement sur les hommes.

            Oh ! si les créatures prêtaient attention à toutes les expositions de ma Volonté dans la Création tout entière, ils seraient alors toujours dans un acte d’adoration devant ma Volonté exposée dans les champs de fleurs où elle répand son parfum, dans les arbres chargés de fruits aux multiples saveurs. Car il n’est pas une seule chose créée où ma Volonté ne fasse une divine et spéciale exposition. Et comme les créatures ne lui rendent pas les honneurs auxquels ma Volonté a droit dans la Création, c’est à toi qu’il revient de maintenir l’adoration perpétuelle du Fiat suprême exposé dans toute la Création. Tu es ma fille, celle qui s’offre comme adoratrice perpétuelle de cette Volonté qui n’a pour l’instant personne pour l’adorer et qui ne reçoit pas d’échange d’amour de la part des créatures.

 

3 mars 1927 - L’âme qui laisse régner la Divine Volonté appelle Dieu pour travailler avec elle. Les actions de l’âme offertes à Dieu sont purifiées.

            J’offrais mes petits actes en hommage d’adoration et d’amour à la suprême Volonté, et je me disais : « Est-il vrai que tout ce que fait l’âme qui vit dans la Divine Volonté est fait par Dieu lui-même ? » Et mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, ne me sens-tu pas en toi qui suis tes actes ? Où que règne ma Volonté, toutes les actions, même les plus petites et les plus naturelles sont converties en délices pour la créature et pour moi. Parce qu’elles sont l’effet de la Divine Volonté régnant en elle, une Volonté qui ne saurait produire même la plus petite ombre d’un malheur. Tu dois savoir que dans la Création, notre suprême Volonté a établi tous les actes humains en les revêtant de délice, de joie et de bonheur, de sorte que le travail lui-même ne devait pas être un labeur pour l’homme, ni une cause de fatigue, car en possédant ma Volonté, il avait la force qui jamais ne se fatigue et jamais ne diminue. Vois comment cela est symbolisé dans les choses créées : le soleil est-il jamais fatigué ou affaibli de toujours donner sa lumière ? Bien sûr que non. La mer se fatigue-t-elle de murmurer, de former des vagues, de nourrir et de multiplier les poissons ? Évidemment non. Le ciel est-il fatigué de s’étendre, la terre est-elle lasse de faire germer et de fleurir ? Certainement pas. Mais pourquoi aucune de ces créatures ne se fatigue-t-elle pas ? Parce qu’il y a en elles la puissance du divin Fiat dont la force est inépuisable. De la même manière, tous les actes humains accomplis dans la Divine Volonté entrent dans l’ordre de toutes les choses créées et reçoivent le sceau du bonheur : travailler, manger, parler, chaque regard et chaque pas – tout. Tant que l’homme demeurait dans notre Volonté, il se maintenait saint et en bonne santé, plein de vigueur et d’une inépuisable énergie. Il était capable de ressentir le bonheur de ses actes et de rendre heureux celui qui lui procurait tant de bonheur. Mais dès qu’il s’est retiré de notre Volonté, il s’est senti malade et a perdu son bonheur, sa force inépuisable et la capacité de jouir du bonheur de ses actes – tout ce que la Divine Volonté lui avait amoureusement accordé. C’est ce qui se passe également entre une personne qui est en bonne santé et une autre qui est malade. La première mange avec plaisir, travaille énergiquement et aime s’amuser, parler et marcher. Celle qui est malade déteste manger, n’a pas la force de travailler, s’ennuie, ne trouve aucun plaisir à marcher et à parler, tout l’importune. Sa maladie a transformé sa nature humaine et ses actions en souffrance.

            Imagine à présent que ce malade retrouve la santé, récupère ses forces et retrouve plaisir à tout ce qu’il fait. La raison de sa maladie était d’être sorti de ma Volonté. En lui permettant de régner à nouveau, il retrouvera l’ordre du bonheur de ses actes et permettra à la Divine Volonté d’y prendre place. En offrant son travail, la nourriture qu’il prend et tout ce qu’il fait, le délice que ma Volonté a placé dans ces actes humains resurgit et s’élève jusqu’à son Créateur pour lui rendre la gloire et la joie qu’il avait disposées dans ces actes. C’est pourquoi l’âme où règne ma Volonté m’appelle non seulement pour travailler avec elle, mais elle me donne en plus l’honneur et la gloire de cette joie dont nous avons revêtu tous les actes humains. Même si la créature ne possède pas la plénitude de l’unité de la lumière de ma Volonté, pourvu qu’elle offre tous ses actes à son Créateur en hommage et en adoration, étant donné que la créature est le malade et non pas Dieu, Dieu recevra la gloire du bonheur de ses actes humains.

            Supposons qu’un malade confie à une personne en bonne santé un travail qu’il est incapable de faire, ou qu’il lui donne sa nourriture. La personne en bonne santé ne ressentira pas comme le malade la fatigue de ce travail ni son dégoût pour la nourriture. Au contraire, elle jouira dans la plénitude de sa santé du bien, de la gloire et du bonheur de ce travail, et elle prendra avec plaisir la nourriture que le malade lui a donnée. De la même manière, l’offrande faite à Dieu des actions de l’homme les purifie, et Dieu reçoit la gloire qui lui est due. Et en échange, Dieu permet à cette gloire de descendre sur la créature qui lui offre ses actions.

5 mars 1927 - Comment la constance dans le bien n’appartient qu’à Dieu. Un acte accompli par Dieu ne s’arrête jamais. Les effets de cette constance. L’humanité de Notre Seigneur était le remède, le modèle, qui reliait ensemble tous les temps. Il veut mettre en sûreté les droits de la Divine Volonté.

            Je me sentais au comble de la tristesse à cause de la privation de mon doux Jésus, et je me disais : « Mon amour et ma vie, tu es parti sans même me dire adieu et tu ne m’as même pas montré où je devais aller pour te trouver. On dirait même que tu as brouillé les pistes, car où que j’aille et que je t’appelle, tu ne m’écoutes pas. Tous les chemins sont fermés et je suis épuisée. Je suis obligée de m’arrêter et de pleurer celui que je voudrais trouver à tout prix. Ah ! Jésus ! Jésus ! Reviens ! Viens vers celle qui ne peut pas vivre sans toi ! » Alors que j’épanchais ma souffrance, Jésus se manifesta faiblement en moi et, sentant sa présence, je lui dis : « Mon Jésus, ma vie, tu m’as fait attendre au point où je ne peux plus le supporter. Et si tu te laisses voir, ce n’est que pour un instant et tu ne me parles même pas. Cela rend l’obscurité encore plus profonde. Je reste là confuse et dans un délire de souffrance, je te cherche, je t’appelle, mais c’est en vain que je t’attends. » Et Jésus éprouvant de la compassion pour moi, me dit :

            Ma fille, n’aie pas peur, je suis ici avec toi. Mon désir est que tu ne quittes jamais ma Volonté et que tu poursuives tes actes sans jamais quitter les limites du Royaume du Fiat suprême. C’est ce qui te donnera la constance qui te fera à la ressemblance de ton Créateur, alors qu’un acte a la vertu de continuer sans fin. Un acte ininterrompu n’appartient qu’à Dieu, et ses actes ne connaissent pas d’interruption. Par conséquent, notre constance est inébranlable et notre immensité qui s’étend partout rend nos actes ininterrompus. Et partout où nous allons, nous trouvons notre constance qui nous rend le plus grand honneur, nous fait reconnaître comme l’Être suprême, le Créateur de toutes choses en qui tout subsiste sans fin. Ma fille, la constance a une nature divine et elle est un don divin. Il est donc juste que nous donnions cette participation et cette dot à celle qui doit être la fille de notre divin Fiat et qui doit vivre dans notre Royaume. Ainsi, en poursuivant sans interruption tes actes dans la Divine Volonté, tu montres que tu es déjà en possession du don de notre constance. Combien de choses nous dit la constance ! Elle dit que l’âme n’agit que pour Dieu. Elle dit que l’âme agit avec raison et avec un pur amour, et non avec passion et par intérêt personnel. Cette âme est consciente et sait le bien qu’elle fait. Par conséquent, sois constante dans tes actes et tu auras toujours notre divine constance dans tes œuvres.

            Je continuais ensuite mes actes dans la suprême Volonté, et arrivant au point où je suivais les actes de Jésus depuis le temps de sa conception dans le sein de la Vierge immaculée jusqu’à sa mort sur la croix, mon adorable Jésus se fit entendre à nouveau et me dit :

            Ma fille, mon Humanité est venue sur terre afin de réunir le passé, lorsque dans la Création la plénitude de ma Volonté régnait dans l’homme : tout lui appartenait ; l’homme avait son Royaume partout avec lui, ainsi que sa vie divine opérante. En moi était enclose la plénitude de ma Divine Volonté, et en la reliant au temps présent, je devins le modèle, le premier à former le remède, le secours et les enseignements nécessaires à la guérison des créatures. Puis je réunis les descendants d’Adam à la plénitude de cette Divine Volonté qui régnait au commencement de la Création. Ma venue sur terre était ce qui reliait et réunissait tous les temps, le remède qui formait ce lien afin de permettre au Royaume du divin Fiat de régner à nouveau parmi les créatures. Ma venue était le modèle que je laissais pour que chacune, en le suivant, puisse demeurer dans les liens que je créais pour elles. C’est pourquoi je t’ai parlé de ma venue sur terre avant de te parler de ma Volonté. Je t’ai parlé de ce que j’ai fait et souffert pour vous donner les remèdes et le modèle de ma vie, puis je t’ai parlé de ma Volonté. Ce sont des liens que j’ai formés en toi, et dans lesquels j’ai formé le Royaume de ma Volonté. Comme preuve de cela, il y a la connaissance que je t’ai manifestée sur ma Volonté, sur sa souffrance de ne pas régner en plénitude parmi les créatures, et tous les bienfaits promis aux enfants de son règne.

            J’ai ensuite continué à prier et je me sentais un peu somnolente, lorsque j’ai soudain entendu quelqu’un parler à voix haute en moi. J’ai bien regardé et j’ai vu que c’était mon Jésus bien-aimé, les bras étendus comme pour m’embrasser. Il me dit d’une voix forte :

            Ma fille, je ne te demande rien, sinon d’être la fille, la mère et la sœur de ma Volonté et de mettre en sûreté en toi ses droits, son honneur et sa gloire.

            Il disait cela d’une voix forte. Puis, baissant le ton et m’embrassant il me dit :

            La raison, ma fille, pour laquelle je veux mettre en sûreté les droits de mon éternel Fiat, c’est que je veux enclore la Très Sainte Trinité en ton âme. Et seule notre Divine Volonté peut nous procurer l’endroit et la gloire qui soient dignes de nous. Ensuite, grâce à elle, nous pourrons répandre en toi tout le bien de la Création, et rendre les choses encore plus belles parce qu’avec notre Volonté dans l’âme, nous pouvons tout faire. Sans notre Volonté, il nous manquerait la demeure où résider pour répandre nos œuvres et, n’étant pas libres, nous resterions dans nos célestes demeures. Il en va comme d’un roi qui aime excessivement un de ses sujets. Il veut venir vivre avec lui dans sa pauvre hutte, mais il veut être libre. Il veut disposer dans cette pauvre hutte tous ses avoirs royaux. Il veut commander. Il veut partager avec son sujet ses mets délicats et tout ce qui est bon. En un mot, il veut vivre sa vie de roi. Mais son serviteur ne veut pas être revêtu de vêtements royaux, il ne veut pas que le roi règne et refuse de s’adapter aux mets royaux. Là où ma Volonté ne règne pas, je ne suis pas libre. Il y a un conflit continuel entre la volonté humaine et la Divine Volonté. Par conséquent, sans avoir nos droits en sécurité, nous ne pouvons pas régner et nous restons dans notre palais royal.

 

10 mars 1927 - Dans la Création, Dieu donna aux hommes le droit de posséder le Royaume de la Divine Volonté.

            Comme d’habitude, je suivais les actes de la Volonté suprême dans la Création. Arrivée au moment où Dieu créa l’homme, je m’unis aux premiers actes parfaits accomplis par Adam et je continuai, après qu’il eut péché, à aimer et à adorer avec la même perfection qu’il aurait eue dans l’unité du Fiat suprême. Mais en faisant cela, je me disais : « Est-ce que nous avons droit à ce Royaume de la Divine Volonté ? » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tu dois savoir qu’Adam, avant de pécher, accomplissait ses actes dans le Divin Fiat. Cela veut dire que la Trinité lui avait donné possession de ce Royaume. Pour pouvoir posséder un royaume, il est nécessaire qu’il y ait quelqu’un pour le former, quelqu’un pour le donner, et quelqu’un pour le recevoir. C’est la Divinité qui l’a formé et donné, et c’est l’homme qui l’a reçu. Adam possédait donc ce Royaume et le divin Fiat depuis le moment de la Création. Et comme il était le chef de la génération humaine tout entière, toutes les créatures ont reçu ce droit de possession, même si Adam, en se retirant de notre Volonté, a perdu la possession de ce Royaume, car en faisant sa propre volonté, il se mettait en guerre avec le Fiat éternel. Et le pauvre Adam, trop faible pour livrer bataille et sans une armée capable de lutter contre une aussi sainte Volonté dont la force est invincible et qui possède une formidable armée, fut vaincu et perdit le Royaume que nous lui avions donné. La force qu’il possédait avant la chute était la nôtre et il disposait même de notre armée. Après son péché, sa force est revenue à sa source et l’armée l’a abandonné pour se mettre à notre disposition, mais cela n’a pas enlevé à ses descendants le droit de reconquérir le Royaume de ma Volonté. C’est semblable à ce qui pourrait arriver à un roi qui aurait perdu son royaume après avoir perdu une guerre. N’est-il pas possible qu’un de ses fils, par une autre guerre, puisse reconquérir le royaume de son père qu’il a déjà possédé ?

            C’est moi, le divin vainqueur, qui suis venu sur terre afin de reconquérir ce que l’homme a perdu. Et après avoir trouvé quelqu’un à qui donner ce royaume, je restaure sa force et je place à nouveau mon armée à sa disposition afin de maintenir l’ordre et la gloire dans ce royaume. Et quelle est cette armée ? Merveilleuse et formidable armée qui maintient la vie de ce royaume, elle est formée de toute la Création. En chaque chose créée, la Vie de ma Volonté s’est dédoublée. Comment l’homme pourrait-il perdre l’espoir de reconquérir ce royaume ? S’il avait vu disparaître totalement cette invincible armée de la Création, l’homme aurait pu dire alors que Dieu avait retiré de la surface de la terre sa Volonté qui vivifie, embellit et enrichit son royaume, et qu’il n’y avait plus aucun espoir que ce royaume puisse lui être rendu. Mais aussi longtemps que cette armée de la Création existe, ce n’est qu’une question de temps avant que nous ne trouvions quelqu’un qui veuille le recevoir.

            Car s’il n’y avait plus d’espoir de posséder ce Royaume du Divin Fiat, il n’aurait pas été nécessaire que Dieu te manifeste tant de connaissances à son sujet, ni son désir de le voir régner, ni l’étendue de sa souffrance parce qu’il ne règne pas encore. Lorsqu’une chose est impossible, il est inutile d’en parler, et je n’aurais eu par conséquent aucun intérêt à te dire tant de choses concernant ma Divine Volonté. Le simple fait d’en parler est donc le signe que je veux en redonner la possession.

 

13 mars 1927 - La Divine Volonté n’abandonne personne. Elle possède le pouvoir régénérateur et tient toute chose dans la paume de sa main.

             Ma pauvre existence vit sous le pressoir de la privation de mon doux Jésus. Les heures semblent des siècles et je ressens tout le poids de mon dur exil. Oh mon Dieu ! Quelle souffrance ! Vivre sans celui qui est ma vie, mon cœur et ma respiration ! Jésus, quel cruel martyre que ton absence ! Tout est arrêté et obstrué. Comment la bonté de ton tendre cœur peut-elle supporter de me voir si restreinte à cause de toi ? Est-ce que mes soupirs ne te blessent plus ? Mes gémissements et mes plaintes ont-ils cessé de t’émouvoir alors qu’ils ne te recherchent que pour trouver la vie ? C’est la vie que je veux, rien d’autre, et tu me la refuses. Jésus ! Jésus ! Qui aurait pu penser que tu allais me laisser seule si longtemps ? Oh ! Reviens ! Reviens ! Je ne peux plus le supporter !

            J’épanchais ainsi ma tristesse lorsque mon cher Jésus, ma vie, se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, tu as l’impression que je t’ai abandonnée, mais ne sentais-tu pas ma vie en toi ? Ma Volonté ne t’a pas quittée. Au contraire, sa vie en toi avait atteint sa plénitude. Ma Volonté n’abandonne personne, pas même les damnés en enfer où elle accomplit son inexorable et irréconciliable justice, car en enfer, il n’y a pas de réconciliation et elle constitue leur tourment. Il est juste que quiconque n’en a pas voulu pour être aimé, ravi et glorifié, la reçoive pour en être tourmenté.

            Ma Volonté n’abandonne personne, que ce soit au ciel, sur terre, ou en enfer. Elle a toute chose dans la paume de sa main et rien ne peut lui échapper, que ce soit l’homme, le feu, l’eau, le vent ou le soleil. Elle régit et étend sa vie partout, règne et domine sur toute chose. Si elle n’abandonne rien et revêt toute chose, comment pourrait-elle jamais quitter sa fille première-née en qui son amour, sa vie et son règne sont centralisés ? Ma Divine Volonté s’étend partout et règne sur tout, mais si la créature l’aime, ma Volonté devient alors tout amour et elle donne son amour. Si la créature la veut comme vie, ma Volonté forme en elle sa vie divine et si la créature veut son règne, elle forme son royaume dans la créature. Ma Volonté déploie ses actes selon les dispositions des créatures. Par son pouvoir générateur, elle régénère sa vie divine, sa sainteté, sa paix, sa réconciliation et son bonheur. Elle régénère sa beauté et sa grâce. Ma Volonté sait comment faire toute chose, elle se donne à tous et elle s’étend partout. Ses actes sont innombrables et multipliés à l’infini. Elle donne à chaque créature un acte nouveau selon sa disposition. Sa diversité est inexprimable. Qui pourrait échapper à ma Volonté ? Personne ! Ma Création pourrait-elle sortir de ma Volonté ou ne pas avoir été créée par nous ? Cela ne se peut, puisque le droit de créer n’appartient qu’à Dieu.

            C’est pourquoi ma Volonté ne te quittera jamais, que ce soit dans la vie ou dans la mort, ni même après la mort. D’autant plus qu’après t’avoir régénérée comme son enfant spéciale, les deux volontés désirent son règne, et là où est ma Volonté, je suis là moi aussi en plein triomphe. Ma Volonté peut-elle être sans la personne qui possède cette Volonté ? Certainement pas ! Ne sois pas étonnée s’il te semble souvent que ma vie cesse d’exister en toi ; tu as le sentiment que c’est fini, mais ce n’est pas vrai. C’est ce qui se passe avec les choses créées : elles semblent mourir, mais elles renaissent à nouveau. Le soleil semble mourir lorsqu’il se couche, mais il reste toujours à sa place. Cela est si vrai que la terre en tournant retrouve le soleil comme s’il naissait à une vie nouvelle. Sur la terre, tout semble mourir : les plantes, les jolies fleurs, les fruits délicieux ; mais tout se réveille et acquiert alors une vie nouvelle. Même la nature humaine semble mourir dans le sommeil, mais elle sort de son sommeil pour vivre une vie nouvelle, plus vigoureuse et rafraîchie. De toutes les choses créées, seul le ciel demeure fixé et ne meurt jamais : il est le symbole des bienfaits stables de la Patrie céleste. Ils ne sont pas sujets au changement. Mais toutes les autres choses, l’eau, le feu, le vent, tout semble mourir, mais se relève animé par ma Volonté qui n’est pas sujette à la mort. Et qui possède cet acte capable de faire que toute chose se réveille autant de fois qu’elle le désire ? Bien qu’elles semblent mourir, les choses ont une vie pérenne en vertu du pouvoir régénérateur de ma Volonté.

            C’est ce qui se passe avec toi. Il te semble que ma vie cesse en toi, mais ce n’est pas vrai, car avec ma Volonté en toi il y a aussi la vertu régénératrice qui me relève aussi souvent qu’elle le désire. Là où se trouve mon Fiat, il ne peut y avoir de mort ni de bienfait qui soit temporaire, mais il y a la vie pérenne qui n’est pas sujette à la mort.

 

16 mars 1927 - Par sa conception, Jésus a formé les liens entre son Royaume et les créatures. Dans la Divine Volonté se trouvent les actes universels nécessaires pour implorer sa venue.

            Je pensais au Fiat suprême et à la façon dont ce Royaume pourrait venir et être réalisé. Et mon aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, j’ai relié à nouveau par ma Conception le Royaume de ma Divine Volonté avec la créature. Ma Volonté devait exercer un règne absolu pour agir librement dans mon Humanité et y étendre son Royaume. Ainsi, tout ce que j’ai fait : travaux, prières, respirations, battements de cœur et toutes mes souffrances, tout formait des liens qui unissaient le Royaume de mon Fiat à la créature. Je représentais le nouvel Adam qui devait non seulement apporter les remèdes pour sauver les créatures, mais je devais refaire et restaurer ce qu’Adam avait perdu. Il me fallait par conséquent prendre une nature humaine afin d’enclore en elle ce que la créature avait perdu et pouvait retrouver à travers moi. La justice demandait que la Divine Volonté ait à sa disposition une nature humaine qui ne lui présente aucune opposition pour que le Royaume de ma Volonté puisse à nouveau étendre son règne parmi les créatures. Car si c’est une nature humaine qui avait enlevé à ma Volonté son droit de régner, il fallait une autre nature humaine pour lui rendre ce droit.

            C’est pourquoi ma venue sur terre n’était pas seulement en vue de la Rédemption. La raison première était plutôt de former le Royaume de ma Volonté dans mon Humanité afin de pouvoir la redonner à nouveau à la créature. Sinon, ma venue sur terre aurait été incomplète et indigne de Dieu sans une restauration de l’ordre originel des choses dans l’œuvre de la Création telle qu’elle est sortie de nos mains créatrices, à savoir notre Volonté régnant sur toute chose.

            Pour que les liens que mon Humanité avait formés avec mon Royaume soient valides et qu’ils aient la vie et la connaissance, il me fallait choisir une créature à qui donner la fonction spéciale de faire connaître ce Royaume de ma Volonté. Liée par les liens que ma Volonté avait formés avec mon Humanité, je lui donnais la force de transmettre ces liens de mon règne aux autres créatures. Je suis par conséquent dans le tréfonds de ton âme pour maintenir la vie du Fiat suprême afin de nouer ces liens et d’étendre son règne. Je t’en parle beaucoup, ce que je n’ai fait pour aucune autre personne jusqu’à maintenant. Par conséquent, sois attentive, car il s’agit de quelque chose de très grand, c'est-à-dire la restauration de l’ordre de la Création entre le Créateur et la créature. Il fallait également commencer par choisir une créature qui vivrait dans le divin Fiat pour recevoir d’elle des actes universels, car ma Volonté est universelle, elle est partout et il n’est pas de créature qui ne reçoive sa Vie.

            L’homme, en se soustrayant à ma Volonté, a rejeté un bien universel. Il a perdu la gloire, l’adoration et l’amour universels de Dieu. Pour pouvoir retrouver ce Royaume et ces bienfaits universels, il faut premièrement, de droit, qu’une créature vivant dans ce Fiat communique cet acte universel aux autres créatures. Et quand cette créature aime, adore, rend gloire et prie avec cette Volonté, elle fait naître un amour, une adoration et une gloire universels pour toutes les créatures. Sa prière se diffuse comme si toutes les autres priaient ; elle prie d’une manière universelle pour que le Royaume du divin Fiat vienne s’établir parmi les créatures. Lorsqu’un bien est universel, il faut pour l’obtenir des actes universels et ceux-ci ne se trouvent que dans ma Volonté. En aimant dans ma Volonté, ton amour s’étend partout et ma Volonté ressent partout ton amour. Se sentant suivie partout, elle sent en toi le premier amour tel qu’il avait été établi au commencement dans la créature pour aimer ma Volonté. Elle sent son écho dans ton amour qui ne sait pas comment aimer d’un amour fini et limité, mais qui aime d’un amour infini et universel. Ma Volonté ressent le premier amour d’Adam avant son péché, amour qui ne faisait que répéter l’écho de la Volonté de son Créateur. Et ces actes universels qui la suivent partout font que ma Volonté se sent attirée à venir régner à nouveau parmi les créatures.

            C’est donc toi que j’ai choisie, ma fille, parmi les descendants d’Adam, non seulement pour manifester la connaissance, le bien et les prodiges de ce Fiat, mais afin qu’en vivant dans ma Volonté et avec tes actes universels, tu puisses contraindre ma Volonté à venir pour régner à nouveau parmi les créatures tout comme au commencement de la Création. C’est donc à toi qu’il est donné d’unir toutes les créatures, de les embrasser toutes, afin qu’en trouvant en toi toutes choses – car en ma Volonté se trouvent toutes choses – tout sera de nouveau en harmonie, elles échangeront le baiser de paix et mon règne sera restauré parmi les créatures. C’est pourquoi il est nécessaire de faire connaître les merveilles de mon Fiat suprême pour disposer les créatures, les attirer et les amener à désirer et vouloir ce Royaume, et languir après les biens qu’il contient. Il fallait d’abord choisir une créature qui vivrait dans mon Fiat et qui, avec ses actes universels qui sont divins, accomplirait ma Volonté et implorerait le Royaume de mon Fiat pour les créatures.

            J’agis comme un roi dont le peuple s’est rebellé contre ses lois. Faisant usage de sa puissance, il met celui-ci en prison, envoie celui-là en exil, et enlève à cet autre tous ses biens. Bref, chacun a ce qu’il mérite selon la justice. Après un temps, le roi éprouve de la compassion pour son peuple. Dans sa tristesse, il choisit un de ses plus fidèles ministres et lui dit : « Tu as ma confiance, et j’ai décidé de te confier le mandat de rappeler ces pauvres exilés, de libérer les prisonniers et de rendre à tous les possessions que je leur avais prises ; et s’ils me sont fidèles, je redoublerai leurs biens et leurs bienfaits. » Le roi et son fidèle ministre discutent donc longuement et tout est changé, d’autant que ce ministre était toujours auprès du roi en le priant pour son peuple afin qu’il lui accorde la grâce du pardon et de la réconciliation.

            Ainsi, après avoir tout arrangé ensemble dans le secret, ils appellent les autres ministres et leur donnent l’ordre d’annoncer au peuple, aux prisonniers et aux exilés la bonne nouvelle que le roi veut faire la paix avec eux, qu’il veut que chacun reprenne sa place et retrouve tous les biens que le roi veut leur donner. Cette bonne nouvelle est annoncée, le peuple l’attend avec un grand désir et chacun se dispose par ses actes à recevoir sa liberté et le Royaume perdu. Et pendant qu’il répand cette bonne nouvelle, le fidèle ministre est toujours en contact avec le roi, le pressant par d’incessantes prières afin que le peuple reçoive les bienfaits qu’ils ont tous deux décidé de lui accorder.

            C’est exactement ce que j’ai fait. Car ce qui peut être accompli dans le secret de l’amour et de la souffrance entre deux êtres qui s’aiment vraiment ne peut pas l’être avec un grand nombre. Une douleur secrète et l’amour de ton Jésus unis à une âme que je choisis possèdent un tel pouvoir : moi, celui de donner, et elle, de supplier pour obtenir ce qui est nécessaire. Le secret entre toi et moi a permis la maturation des connaissances que je t’ai données sur le Royaume de mon divin Fiat et a fait monter jusqu’à lui tes nombreux actes. Le secret entre toi et moi m’a permis d’épancher ma longue tristesse pour tous ces siècles où ma Volonté, alors qu’elle était parmi les créatures et constituait la vie de chacun de leurs actes, était inconnue et demeurait dans un état de souffrance continuelle.

            Ma fille, ma souffrance épanchée dans le secret du cœur de celui qui m’aime possède la vertu de changer la justice en miséricorde et mon amertume en douceur. Je me suis donc confié à toi et après avoir tout décidé ensemble, j’ai appelé mes ministres en leur donnant l’ordre de faire connaître au peuple la bonne nouvelle de mon Fiat suprême, de toutes ses connaissances et de l’appel lancé à tous de venir dans mon Royaume, de sortir des prisons, de revenir de l’exil de leur propre volonté, et de prendre possession des biens qu’ils avaient perdus, afin de ne plus vivre malheureux et esclaves de la volonté humaine, mais heureux et libres dans ma Divine Volonté. Et tout comme ce secret possédait la vertu de nous faire converser cœur à cœur en révélant toutes les merveilles de ce Fiat éternel longtemps tenues secrètes, leur révélation frappera le peuple et ils viendront prier pour que mon règne vienne, ce qui mettra fin à tous leurs maux.

 

19 mars 1927

            Préoccupation. Celui qui ne finit pas sa mission sur la terre l’accomplira au ciel. La mission du Fiat sera très longue. L’ordre de la sagesse infinie.

            J’étais inquiète concernant la santé du R. P. Di Francia. Les lettres que je recevais de lui étaient presque alarmantes. Je pensais à l’avenir de mes écrits. Pourquoi tenait-il tant à les emporter avec lui ? Que vont-ils devenir ? Si Notre Seigneur le rappelait dans la Patrie céleste, la mission de la publication et de la connaissance du Fiat ne porterait aucun fruit, car il n’a pratiquement encore rien fait. Il a commencé, tout au plus. Il a la volonté de les publier, mais c’est un très long travail et qui sait combien de temps cela prendra. Quant au Père, si Jésus le rappelle tout au début de cette mission, elle ne portera aucun fruit ; et ce sera la même chose pour moi si j’ai la chance de partir pour ma Patrie éternelle. Quels seront les fruits de ma mission ? À quoi bon tous ces sacrifices, ces nuits entières passées à écrire ? Les nombreux intérêts de Jésus seront eux aussi sans fruit, car il a dit lui-même qu’un bienfait n’apporte ses fruits que s’il est connu. Par conséquent, si ces écrits ne sont pas connus, ils seront comme des fruits cachés sans personne pour recevoir les biens qu’ils contiennent. Je pensais à tout cela lorsque mon Jésus, se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, si quelqu’un a reçu une mission et qu’il a eu à peine le temps de commencer à la remplir ou qu’il ne l’a pas complètement achevée et qu’à ce moment je l’appelle au ciel, c’est de là-haut qu’il complétera sa mission. C’est qu’il aura en lui dans les profondeurs de son âme le dépôt du bien de la connaissance qu’il aura acquise dans sa vie, et il le comprendra plus clairement au ciel. Et comprenant le grand bien de la connaissance du Fiat suprême, il priera et fera prier le ciel tout entier pour que mon Fiat soit connu sur la terre, et suppliera qu’une lumière plus claire soit accordée à ceux qui travailleront à le faire connaître. De plus, chaque connaissance de ma Volonté sera une gloire de plus pour l’âme, un bonheur plus grand, et à mesure que ma Volonté deviendra connue sur la terre, la gloire et le bonheur de l’âme seront redoublés, car ce sera l’accomplissement de sa mission qu’elle désirait remplir. Il est juste qu’à mesure que sa mission s’accomplit sur la terre, elle reçoive le fruit de cette mission. C’est pourquoi je lui ai dit de se hâter. Je l’ai rendu attentif à ne pas perdre de temps, car je voulais non seulement qu’il commence, mais qu’il accomplisse une grande partie de la publication des connaissances du Fiat éternel afin qu’il n’ait pas à tout faire du haut du ciel. Par contre, celui qui a rempli sa mission sur la terre peut dire : « Ma mission est terminée. » Quiconque n’a pas terminé sa mission sur terre doit le faire au ciel.

            Quant à toi, ta mission est très longue et tu ne peux pas la compléter sur la terre. Tant que toutes les connaissances sur le Royaume de la Divine Volonté ne seront pas connues sur la terre, ta mission ne sera pas terminée. Au ciel, tu auras beaucoup à faire. Ma Volonté qui t’a fait beaucoup travailler sur la terre pour son règne ne te laissera pas sans rien faire au ciel et travaillera avec toi. Elle te tiendra toujours compagnie. Tu ne feras donc rien d’autre que d’aller et venir entre le ciel et la terre afin d’aider à établir mon règne avec décorum, honneur et gloire. Ce sera pour toi une grande satisfaction, un grand honneur et une haute gloire de voir que ta petitesse unie à ma Volonté a transporté le ciel sur la terre et la terre au ciel. Tu ne pourrais recevoir un plus grand bonheur. Bien plus, tu verras la gloire de ton Créateur accomplie par sa créature, l’ordre rétabli, toute la Création dans sa pleine splendeur, et l’homme, notre trésor, à sa place d’honneur. Quelle ne sera pas l’immensité de notre satisfaction, de notre joie et de notre bonheur à tous deux en voyant réalisé le dessein de la Création ! Nous te donnerons alors le titre de rédemptrice de notre Volonté en te constituant mère de tous les enfants de notre Fiat. N’en seras-tu pas heureuse ?

            Après quoi je suivais les actes dans la Divine Volonté, et ne trouvant pas mon doux Jésus, je me disais qu’il ne m’aimait plus comme autrefois, car il semblait alors ne pas pouvoir se passer de moi. Il ne faisait qu’aller et venir, et maintenant, il me laisse seul des jours entiers. Il avait l’habitude de m’emmener au ciel et puis de me ramener sur terre, à mon grand désespoir. Maintenant, tout est terminé. Mais je pensais cela lorsqu’il se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, tu m’offenses en pensant que je ne t’aime plus comme avant. Ce n’est rien d’autre que l’ordre de mon infinie sagesse. Tu dois également savoir que mon inséparable Mère, dans ses premières années, était plus souvent au ciel que sur la terre, car elle devait recevoir de nous des mers de grâces, d’amour et de lumière afin de former en elle le ciel où le Verbe éternel serait conçu et établirait sa demeure. Et lorsque le ciel fut formé dans la Reine souveraine, il n’a plus été nécessaire qu’elle vienne aussi souvent dans la céleste Patrie parce qu’elle avait en elle ce qui était le ciel. J’ai fait la même chose avec toi. Ce qui était nécessaire avant ne l’est plus aujourd’hui. Et qu’est-ce qui est préférable : me posséder dans les profondeurs de ton âme sous le beau ciel de ma Volonté formée en toi, ou visiter souvent la céleste Patrie ? Je crois qu’il est mieux d’en avoir la possession. Par conséquent, ce que j’ai fait en toi durant de nombreuses années n’était rien d’autre que former mon ciel en toi ; après l’avoir formé, il est juste que j’en profite et que tu te réjouisses avec moi d’avoir le ciel que Jésus a établi dans ton âme.

 

22 mars 1927 - Luisa cherche partout Jésus. Celui qui vit dans la Divine Volonté vit dans l’écho de la voix de Jésus. Les effets du soleil de la Divine Volonté lorsqu’il se lève dans l’âme.

            Poursuivant dans mon état habituel, je suivais la Divine Volonté dans la Création allant d’une chose créée à une autre, et j’appelais ma douce vie, mon cher Jésus, pour qu’il vienne suivre avec moi les actes de sa Volonté dans toutes les choses créées. Ne le voyant pas, je sentais le clou de sa privation me transpercer et, dans ma douleur, je lui dis : « Mon Jésus, je ne sais pas quoi faire pour te trouver. Je demande à ta justice de t’appeler dans la mer et à ta puissance dans le fracas des vagues, et tu ne m’écoutes pas. Je le demande à la lumière du soleil et à l’intensité de sa chaleur, qui symbolise ton amour, et tu ne viens pas. Je dis à l’immensité de tes œuvres dans l’immensité de la voûte des cieux de t’appeler, et c’est en vain. Que puis-je faire pour te trouver ? Si je ne te trouve pas au milieu de tes œuvres, dans les limites de ta Volonté même, où puis-je trouver ma vie ? » J’épanchais ainsi ma peine lorsqu’il se manifesta en moi et me dit :

            Comme tu es belle, ma fille, qu’il est beau de voir ta petitesse perdue dans ma Volonté, me chercher au milieu de mes œuvres sans me trouver !

            Et je lui dis : « Mon Jésus, tu me fais mourir. Dis-moi, où te caches-tu ? » Et Jésus :

            Je suis caché en toi. Lorsque tu entends la voix de quelqu’un, tu te dis qu’en entendant la voix de cette personne, elle doit être près de toi. Ma Volonté est l’écho de ma voix. Si tu restes dans ma Volonté et que tu fais ta ronde parmi les œuvres de mon Fiat, tu es déjà dans l’écho de ma voix et je suis alors près de toi ou en toi. Je te fais le don avec mon Fiat de te rendre jusqu’où parvient ma voix et aussi loin que s’étend mon Fiat.

            Surprise, je lui dis : « Mon amour, ta voix s’étend très loin parce qu’il n’existe pas de lieu où ta Volonté ne soit pas. » Et Jésus ajouta :

            Certainement, ma fille, il ne peut y avoir ni volonté ni voix s’il n’y a pas quelqu’un pour les émettre. C’est pourquoi ma Volonté est partout. Il n’y a pas de lieu où ma voix, qui porte mon Fiat à toute chose, ne parvient pas. Par conséquent, si tu te trouves dans ma Volonté au milieu de mes œuvres, tu peux être sûre que ton Jésus est avec toi.

            Je pensais après cela au grand bien que la Divine Volonté nous apporte, et alors que j’étais totalement immergée en elle, mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, lorsque le soleil se lève, il chasse l’obscurité et fait apparaître la lumière. L’humidité de la nuit qui a recouvert les plantes les a alourdies et abattues. Au lever du soleil, cette rosée nocturne est changée en perles qui décorent toutes choses : les plantes, les fleurs et toute la nature. Sa splendeur argentée leur redonne joie et beauté, et chasse la torpeur de la nuit. Sa lumière enchantée semble aider toute la nature à se revitaliser, à s’embellir et à reprendre vie. La nuit, la mer, les rivières et les sources évoquent la crainte, mais le soleil vient montrer la diversité et la vivacité de leurs couleurs. De la même manière, lorsque ma Volonté se lève, tous les actes humains sont revêtus de lumière ; ils viennent prendre leur place d’honneur dans ma Volonté. Chacun d’eux prend une beauté distincte et la brillance des couleurs divines, de telle sorte que l’âme en demeure transfigurée et recouverte d’une indescriptible beauté. Lorsque se lève le soleil de ma Volonté, il disperse tous les maux de l’âme. Il chasse la torpeur que les passions avaient produite. Devant la lumière du divin Fiat, ces passions elles-mêmes se nourrissent de cette lumière et aspirent à se convertir en vertu pour rendre hommage à mon éternelle Volonté. Lorsque ma Volonté se lève, tout devient joyeux. Les peines sont comme la mer la nuit qui instille la peur. Si ma Volonté se lève, elle chasse la nuit de la volonté humaine, chasse toutes les peurs, et forme dans ces peines une fondation d’or dans l’âme. Elle revêt de sa lumière les larmes amères de ces peines et les cristallise en une mer de douceur, de manière à former un horizon admirable et enchanteur. Y a-t-il une chose que ma Volonté ne puisse faire ? Elle peut tout faire et peut tout donner. Là où ma Volonté se lève, elle apporte des choses dignes nos mains créatrices.

 

26 mars 1927 - Celui qui possède la Divine Volonté en rappelle tous les actes. La vie divine se lève dans la créature chaque fois qu’elle accomplit ses actes dans la Divine Volonté. Celui qui ne fait pas la Divine Volonté est le chapardeur de la Création.

            Je me disais : « Lorsque je fais ma ronde dans la suprême Volonté en suivant tous ses actes dans la Création et la Rédemption, j’ai l’impression que tout me parle. Chaque chose a quelque chose à dire sur cette admirable Volonté ! Par contre, lorsque je suis préoccupée par d’autres choses, tout est silence. On dirait qu’elles n’ont alors rien à dire. » Mais tandis que je pensais cela, le soleil pénétra dans ma petite chambre et sa lumière tombait sur mon lit. Je me suis sentie revêtue de cette lumière et de cette chaleur. Puis une lumière sortit de moi et, plongeant dans la lumière du soleil, les deux s’embrassèrent. J’étais surprise, et mon doux Jésus me dit :

            Ma fille, comme elle est belle ma Divine Volonté dédoublée en toi et dans le soleil. Lorsqu’elle réside en toi et s’unit amoureusement avec ses œuvres, elle se réjouit. Elle s’immerge dans les actes qu’elle exerce dans les choses créées. La lumière de l’âme et la lumière de ma Volonté s’embrassent, et l’une d’elles demeure tandis que l’autre retourne triomphalement d’où elle vient pour exercer la fonction que ma Volonté veut lui confier. Ainsi, l’âme qui possède ma Volonté appelle tous ses actes et, lorsqu’ils se rencontrent, ils se reconnaissent immédiatement. C’est pourquoi toutes les choses te parlent lorsque tu fais ta ronde dans la Création et la Rédemption. Ces actes ne sont rien d’autre que ma Volonté qui te parle, car il est juste que l’âme qui possède ma Volonté connaisse sa Vie. Elle peut sembler divisée et distincte dans tant de choses créées, mais elle n’est pourtant qu’un seul acte. Il est nécessaire que celui qui possède ma Volonté prenne conscience de tous les actes de ma Volonté afin d’en former un acte seul et unique.

            Suivant ensuite les actes que le Fiat suprême avait accomplis dans la Rédemption, j’arrivais au moment où mon doux Jésus ressuscitait des morts. Et je disais : « Mon Jésus, tout comme mon Je t’aime t’a suivi dans les limbes pour en revêtir tous les habitants, et que tous ensemble nous t’avons demandé de hâter la venue du Royaume du Fiat suprême sur la terre, je veux également imprimer mon Je t’aime sur la tombe de ta Résurrection. Et tout comme ta Divine Volonté a fait se lever ton Humanité en accomplissement de la Rédemption comme une Nouvelle Alliance par quoi tu restaurais le Royaume de ta Volonté sur la terre, je veux, avec mes incessants Je t’aime qui suivent les actes que tu as accomplis dans ta Résurrection, te demander, te prier et t’implorer de faire se lever ta Volonté dans les âmes afin que ton Royaume soit établi parmi les créatures. » J’étais en train de dire cela et d’autres choses lorsque mon Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, à chacun des actes accomplis dans ma Volonté, l’âme s’élève dans la vie divine. Plus elle en accomplit, plus la vie divine grandit et c’est ainsi que la gloire de la Résurrection est menée à son terme : sa fondation, sa substance, sa lumière, sa beauté et sa gloire sont formées par les actes accomplis dans ma Volonté. Plus ma Volonté entre en contact avec l’âme, plus elle peut lui donner, l’embellir et l’agrandir. De fait, quiconque aura toujours vécu dans ma Volonté possédera toujours l’acte de mon Fiat qui est toujours nouveau puisqu’il règne sur tous les actes de la créature. Ainsi, la créature recevra non seulement de Dieu l’acte nouveau et continuel des béatitudes, mais, en vertu de ma Volonté qu’elle avait sur la terre, elle possédera le nouvel acte des béatitudes qui, émanant d’elle-même, revêtira toute la céleste Patrie. Par conséquent, l’harmonie sera telle entre le nouvel acte de Dieu et le nouvel acte de la créature qui possédait ma Volonté, qu’il formera le plus bel enchantement de ce séjour céleste. Les prodiges de ma Volonté sont éternels et toujours nouveaux.

            Je me disais alors : « Comment se fait-il qu’Adam, créé en un lieu si élevé, soit tombé si bas après avoir péché ? » Et mon aimable Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, dans la Création, la Volonté qui décida de créer toutes choses était une. Il était juste que ma Volonté ait son règne et le développement de sa vie en chaque chose, puisqu’elle les avait créées. Lorsque l’homme s’est retiré de notre Volonté, il n’y avait plus une seule et unique Volonté qui régnait sur la terre, mais deux. Comme la volonté humaine est inférieure à la Divine Volonté, elle s’est privée de tous les biens du Fiat suprême et l’homme, en faisant sa propre volonté, a pris la place de la Divine Volonté et ce fut un très grand malheur. D’autant plus que cette volonté humaine avait été créée par la Divine Volonté pour qu’elle lui appartienne et puisse régner sur elle.

            Or en se retirant de notre Volonté, l’homme s’est rendu coupable du vol des droits divins, et les choses créées par le Fiat cessèrent de lui appartenir. Il lui fallait donc trouver un endroit extérieur à nos œuvres créatrices, mais c’était impossible. Cet endroit n’existe pas. Et comme il n’avait plus notre Volonté, il s’est servi des œuvres de notre Création pour vivre. Il s’est servi du soleil, de l’eau, des fruits de la terre, de tout le créé. Ce sont toutes des choses qu’il a volées. Ainsi, l’homme, en cessant de faire notre Volonté, est devenu le chapardeur de tous nos biens. Comme il était douloureux de voir que la Création allait servir tant de déserteurs, tant de créatures qui n’appartenaient pas au Divin Fiat. Et notre Volonté a perdu autant de places sur la terre que de créatures qui ne devaient pas vivre dans notre Royaume sous le règne de notre Volonté.

            C’est ce qui arrive dans une famille lorsqu’au lieu d’être sous le commandement du père, ce sont les enfants qui règnent et font la loi, et ils ne s’entendent même pas entre eux. Les uns commandent ceci, et les autres, autre chose. Quelle n’est pas la douleur de ce pauvre père en voyant son commandement enlevé par ses enfants ? Quelle confusion et quel désordre dans cette famille ! C’était même encore plus douloureux encore pour mon Fiat suprême de voir l’œuvre de ses mains créatrices soustraite à son règne par la créature qui, en faisant sa propre volonté opposée à la sienne, lui enlevait le droit de régner. Ma fille, ne pas faire ma Volonté est le mal qui comprend tous les maux, et l’effondrement de tous les biens. C’est la destruction du bonheur, de l’ordre, de la paix, et la grande perte de mon divin Royaume.

 

31 mars 1927 - L’âme qui vit dans ma Divine Volonté est son triomphe. Menaces de guerre. Des hommes de toutes races.

            Je me sentais totalement immergée et abandonnée dans la Divine Volonté et je suivais ses actes lorsque mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, le triomphe de ma Divine Volonté, c’est l’âme vivant en elle. Lorsque l’âme accomplit ses actes en ma Volonté, sa vertu se répand sur toute la Création pour y diffuser sa vie divine. L’âme qui vit dans ma Volonté me donne l’occasion de répandre ma vie autant de fois que l’âme accomplit des actes en elle. C’est pourquoi non seulement ma Volonté triomphe-t-elle en cette âme, mais elle en reçoit plus d’honneur que de toute la Création. En chaque chose créée, Dieu a placé une ombre de sa lumière, une note de son amour, une image de sa puissance ou une caresse de sa beauté. Chaque chose créée a donc quelque chose appartenant à son Créateur. Mais dans l’âme qui vit dans le Divin Fiat, Dieu place tout de lui-même et centralise tout son être en cette âme. En se dédoublant dans cette âme, il remplit la Création tout entière des actes accomplis par l’âme dans sa Volonté afin de recevoir de l’âme amour, gloire et adoration pour chaque chose sortie de ses mains créatrices. L’âme qui vit dans ma Volonté établit un rapport avec toutes les choses créées, et prenant à cœur l’honneur de son Créateur, l’âme envoie un échange pour tout ce que le Créateur a fait en chaque chose créée, de la plus petite à la plus grande. C’est pourquoi tous les moyens de communication sont ouverts entre l’âme et Dieu ; la créature entre dans l’ordre divin et jouit d’une harmonie parfaite avec l’Être suprême, et c’est pourquoi elle est le vrai triomphe de ma Volonté.

            Par contre, l’âme qui n’est pas dans ma Volonté vit avec la volonté humaine et ferme par conséquent toutes les communications avec l’Être suprême. Tout est désordre et discordance. Le rapport de l’âme est avec ses passions, et ses actes ressortent dans ses passions. Elle ne comprend rien à ce que dit son Créateur. Elle rampe sur la terre comme un serpent et vit dans le désordre des choses humaines. L’âme qui vit dans sa volonté est par conséquent le déshonneur de ma Volonté et la défaite du divin Fiat dans l’œuvre de la Création. Quelle souffrance, ma fille ! Quel malheur que la volonté humaine veuille vaincre la Volonté de son Créateur, une Volonté qui l’aime tant et désire le triomphe de sa Volonté dans la créature !

            Je me plaignais à Jésus de ses privations. Maintenant plus que jamais, il me fait subir son absence durant de longues périodes de temps, et pourtant, il dit qu’il m’aime. Qui sait s’il ne finira pas par me quitter pour de bon. Mais je pensais cela lorsque mon doux Jésus se manifesta en moi et m’entoura de sa lumière. Dans cette lumière, il me fit voir des guerres et des révolutions violentes, des civils combattant des catholiques. On voyait toutes les races combattre et toutes préparaient d’autres guerres. Et Jésus, très triste, me dit :

            Ma fille, tu ne sais pas à quel point mon cœur brûlant veut courir avec amour vers les créatures, mais dans sa course, elles le rejettent. Au contraire, elles se précipitent brutalement contre moi pour m’offenser avec d’horribles faux semblants. Mon amour se voyant persécuté appelle alors ma justice qui le défend et frappe de fléaux ceux qui le persécutent. Leurs faux semblants à mon égard ainsi qu’entre les nations sont découverts, et leur imposture est révélée. Au lieu de s’aimer, ils se haïssent férocement. Ce siècle peut être appelé le siècle du plus grand mensonge en ce qui concerne toutes les classes sociales, et par conséquent, elles ne s’entendront jamais. Elles font semblant de se mettre d’accord, mais en réalité elles préparent de nouvelles guerres. Les faux semblants n’ont jamais engendré un vrai bien, que ce soit en matière civile ou religieuse. Il y a tout au plus une ombre de bien, qui disparaît. La paix qui est louée en paroles et non en actions est convertie en préparatifs pour la guerre.

            Comme tu le vois déjà, beaucoup de races différentes se réunissent pour le combat. Sous un prétexte ou un autre, d’autres encore vont se réunir. Je vais me servir de l’union de ces différentes races, car pour que vienne le Royaume de ma Divine Volonté, il faut une union de ces différentes races au moyen d’une autre guerre qui s’étendra bien plus loin que la dernière et où l’Italie était financièrement impliquée. Avec l’union de ces races, ils en viendront à se connaître et, après la guerre, il sera plus facile de diffuser le Royaume de ma Volonté. Alors, sois patiente pour endurer ma privation et le vide que veut former ma justice pour défendre mon amour persécuté. Prie et offre tout cela pour que vienne bientôt le Royaume de mon Fiat.

 

3 avril 1927 - Les effets d’un amour qui aime librement, et de celui qui est forcé. Les actes accomplis dans la Divine Volonté sont entiers, complets et exubérants.

             J’étais totalement dans l’affliction à cause de sa privation et à demi pétrifiée de douleur en me voyant abandonnée par mon bien-aimé Jésus, lorsqu’il sortit de moi et posa ses mains sur mes épaules. Il plaça sa tête sur ma poitrine et, respirant avec force, il me dit : « Tous attendent tes actes. » Puis il inspira en lui tous mes actes accomplis dans la Divine Volonté et il ajouta :

            Ma fille, les actes accomplis dans ma Divine Volonté m’appartiennent ; c’est pourquoi je suis venu les prendre dans mon souffle. Tous ces actes que tu as accomplis étant miens, tous les attendent, y compris moi, pour les diffuser dans toute la Création et recevoir ainsi dans tout l’univers l’honneur d’un acte libre de la créature. Cette volonté de la créature, librement et non forcée, vient dans ma Volonté et agit ; je reçois alors l’honneur d’une volonté libre qui est pour moi le plus grand honneur qui soit, digne d’un Dieu. Une volonté libre qui s’anéantit afin de faire la mienne et d’agir en elle est la grande merveille de la Création. Tout a été créé pour être au service de cette volonté libre qui m’aime sans y être forcée. Et cette volonté devait régner sur toute la Création et être la volonté de toutes les choses créées, car elles n’avaient pas une volonté en propre. La créature devait leur servir de volonté afin que la liberté de sa volonté et de son amour soit en chaque chose créée. Et ce n’est que dans ma Volonté que la volonté humaine peut nous défendre en toute chose afin de donner ce grand amour à son Créateur.

            Ma fille, une volonté qui ne m’aime pas librement, mais par force, dit qu’il existe une distance entre la créature et le Créateur ; elle dit esclavage et servitude ; elle dit dissemblance. Au contraire, une volonté libre qui fait la mienne dit qu’il y a union entre l’âme et Dieu. Elle dit filiation, et ce qui est à Dieu est aussi à l’âme. Elle dit qu’il y a similitude de sainteté et d’amour, de telle sorte que ce que l’un fait, l’autre le fait aussi, et que là où l’un peut se trouver, on y voit l’autre également. J’ai créé l’homme afin qu’il puisse recevoir ce grand honneur qui est digne d’un Dieu. Je ne sais que faire d’une volonté forcée de m’aimer et de se sacrifier. Je ne la reconnais même pas et elle ne mérite aucune récompense. C’est pourquoi tous mes regards se portent sur l’âme qui, spontanément, vit avec sa volonté dans la mienne. Un amour forcé appartient aux hommes, et non à Dieu, car les hommes se contentent des apparences et ne descendent pas dans les profondeurs où est l’or de la volonté pour y trouver un amour sincère et loyal.

            Si un roi se contente de la sujétion de ses sujets parce qu’ils forment son armée et qu’il ne s’inquiète pas de savoir si la volonté de ses soldats est loin de lui, il aura une armée, mais il ne sera pas en sécurité. Cette armée pourrait bien comploter contre lui et en vouloir à sa couronne et à sa vie. Un seigneur peut avoir beaucoup de serviteurs, mais s’ils ne le servent que par nécessité ou par peur, ou pour obtenir des biens, ces serviteurs qui mangent sa nourriture peuvent devenir ses premiers ennemis. Mais ton Jésus, qui voit dans les profondeurs de la volonté, ne se satisfait pas des apparences. Et si cette volonté désire spontanément vivre dans la mienne, ma gloire et toute la Création se sentent en sécurité, car ce ne sont pas des serviteurs, mais mes enfants qui possèdent et aiment tant ma Volonté. Ils sont la gloire de leur Père céleste et ils seraient prêts et honorés de donner leur vie pour son amour.

            Je me sentais totalement immergée dans son Fiat éternel et mon bien-aimé Jésus ajouta :

            Ma fille, dans ma Volonté, tous les actes sont accomplis dans la plénitude de la lumière et ils sont par conséquent comblés de biens. Ces actes sont complets et il ne leur manque rien. Ils sont si exubérants qu’ils débordent pour le bien de tous. Vois comment, dans ma Volonté, lorsque tu as appelé ma céleste Maman, les anges et tous les saints à m’aimer, j’ai entendu répéter en toi l’amour de ma Mère, des anges et du ciel tout entier. Lorsque tu as appelé autour de moi le soleil, le ciel, les étoiles, la mer et toutes les choses créées pour me rendre la gloire de mes œuvres, j’ai senti répété en toi ce que j’ai fait en créant le soleil, le ciel, les étoiles, la mer et tout l’amour que j’ai exprimé dans toute la Création. L’âme qui vit dans ma Volonté reproduit mes actes et me redonne ce que je lui ai donné. Oh ! combien ton Jésus aime voir la petitesse de la créature lui donner l’honneur, l’amour et la gloire de ses propres actes entiers, complets et exubérants !

 

8 avril 1927 - Les figures et les symboles de l’Ancien Testament symbolisent les enfants de la Divine Volonté. Adam est tombé de la plus haute place à la plus basse.

            Je suivais les actes que la Divine Volonté avait accomplis dans toute la Création. Je recherchais aussi les actes qu’elle avait accomplis dans le premier père, Adam, ainsi que tous ceux des saints de l’Ancien Testament, spécialement lorsque la suprême Volonté avait démontré sa puissance, sa force et sa vertu vivifiante. Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, si les grandes figures de l’Ancien Testament annonçaient le Messie à venir, elles réunissaient toutes ensemble les dons symbolisant tous les dons que les enfants du Fiat suprême allaient posséder. Lorsqu'Adam fut créé, il était la véritable et parfaite image des enfants de mon Royaume. Abraham était le symbole des privilèges et de l’héroïsme des enfants de ma Volonté. Et la manière dont j’ai appelé Abraham vers une terre promise où coulait le lait et le miel, en le faisant maître d’une terre si fertile qu’elle faisait l’envie de toutes les nations, était le symbole de ce que je voulais donner aux enfants de ma Volonté. Jacob était un autre symbole des douze tribus d’Israël d’où devait sortir le futur Rédempteur qui rétablirait le Royaume du divin Fiat pour mes enfants.

            Joseph était le symbole du pouvoir qui aurait été celui des enfants de ma Volonté ; et tout comme il n’a pas laissé les autres - ni même ses frères ingrats - périr de faim, les enfants du divin Fiat auront eux aussi ce pouvoir. Ils seront la raison pour laquelle le peuple ne périt pas, et tous leur demanderont le pain de ma Volonté.

            Moïse était une figure de puissance et Samson symbolisait la force des enfants de ma Volonté. David symbolisait leur règne. Tous les prophètes symbolisaient les grâces, les communications, les intimités avec Dieu qui auraient été plus nombreuses encore pour les enfants de mon Divin Fiat. Tu le vois, ils n’étaient que les figures et les symboles de mes enfants. Qu’en sera-t-il lorsque tous ces symboles prendront vie ?

            Après tous ceux-là est venue la céleste Dame, l’Impératrice souveraine, l’Immaculée, ma Mère. Elle n’était ni une figure ni un symbole, mais la réalité, la vie véritable, la première fille privilégiée de ma Volonté. Et dans la Reine du Ciel, j’ai vu la génération des enfants de mon Royaume. Elle était la première incomparable créature qui possédait la vie intégrale de ma suprême Volonté ; elle méritait par conséquent de concevoir le Verbe éternel et d’amener à maturité la génération des enfants du Fiat éternel. Alors est venue ma vie en laquelle devait s’établir le Royaume que devaient posséder ces fortunés enfants.

            Tu peux comprendre à partir de tout cela qu’en tout ce que Dieu a fait depuis le commencement de la Création du monde, en tout ce qu’il fait et fera, sa raison principale est de former le Royaume de sa Volonté parmi les créatures. C’est l’objet principal de notre attention, c’est notre Volonté. Et tous nos biens, toutes nos prérogatives et toute notre ressemblance seront donnés à ces enfants. Et si je t’appelle à suivre les actes que ma Volonté a accomplis dans la Création du monde comme dans la génération des créatures, sans exclure les actes de ma céleste Mère ni ceux que j’ai accomplis durant ma vie, c’est pour centraliser en toi tous les actes de ma Volonté et t’en faire don afin que puissent sortir de toi tous les biens que possède une Divine Volonté. Je pourrai ainsi former avec décorum, honneur et gloire le Royaume du Fiat éternel. Par conséquent, sois attentive à suivre ma Volonté.

            Je me disais : « Comment se fait-il qu’Adam, en se retirant de la Divine Volonté, soit tombé d’un lieu aussi élevé à un lieu aussi bas ? » Et Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tout comme dans l’ordre naturel, celui qui tombe d’un lieu très élevé va mourir ou demeurer si difforme et brisé qu’il lui sera impossible de retrouver son état précédent, sa santé, sa beauté et son importance. Il restera un pauvre infirme, courbé et boiteux. Et s’il devient père, ses descendants formeront une génération d’infirmes, d’aveugles, de bossus et de boiteux. Il en va de même dans l’ordre surnaturel. Adam est tombé d’un lieu très élevé. Il avait été placé en si haut lieu par son Créateur qu’il surpassait en hauteur le ciel, les étoiles et le soleil. En vivant dans ma Volonté, il avait sa demeure au-dessus de tout, en Dieu lui-même. Vois-tu d’où il est tombé ? De cette hauteur, c’est un miracle qu’il ne se soit pas tué. Mais s’il n’est pas mort, le coup qu’il a reçu dans sa chute était si rude qu’il était impossible de ne pas en sortir brisé et infirme, sa rare beauté devenue difforme. Il avait perdu tous ses biens. Il était indolent dans ses actions et hébété dans son entendement. Une fièvre débilitante et continuelle affaiblissait toutes les vertus et il n’avait plus la force de se dominer. La plus belle caractéristique de l’homme, sa maîtrise sur lui-même, avait disparu et les passions ont pris sa place pour l’oppresser et le rendre inquiet et triste. Comme il était père et chef de toutes les générations humaines, il a engendré une famille d’infirmes. Beaucoup pensent que ne pas faire ma Volonté est de peu d’importance. C’est au contraire la ruine de la créature. Et plus la créature agit selon sa propre volonté, plus le mal grandit et plus l’abysse dans lequel elle tombe devient profond.

            Je pensais alors en moi-même : « Si Adam, en se retirant de la Divine Volonté seulement une fois est tombé si bas et a changé sa fortune en misère et son bonheur en amertume, qu’adviendra-t-il de nous qui nous retirons si souvent de cette adorable Volonté ? » Mais mon seul et bien-aimé Dieu ajouta :

            Ma fille, Adam est tombé si bas parce qu’il s’est retiré de la Volonté expresse de son Créateur qui voulait éprouver ainsi sa fidélité envers celui qui lui avait donné la vie et tous les biens qu’il possédait. Plus encore, de tous les biens qu’il lui avait gracieusement donnés, Dieu ne lui avait pas demandé de se priver de beaucoup de fruits, mais d’un seul, et pour l’amour de Celui de qui il les avait reçus. Et par ce petit sacrifice qui lui était demandé, Dieu lui avait fait connaître qu’il voulait simplement s’assurer de son amour et de sa fidélité. Adam aurait dû se sentir honoré que son Créateur voulût s’assurer de l’amour de la créature. Qui aurait jamais pu croire que celui qui devait l’attirer et causer sa chute n’était pas un être supérieur à lui, mais un vil serpent, son principal ennemi. Sa chute a entraîné de plus graves conséquences parce qu’il était la tête de toutes les générations ; il était donc naturel que tous ses membres subissent les effets de leur tête.

            Tu vois par conséquent que lorsque c’est ma Volonté expresse qui est commandée et voulue, le péché est grave et les conséquences irréparables, et que seule ma Divine Volonté peut réparer un mal aussi grand que celui d’Adam. Par contre, lorsque ma Volonté n’est pas exprimée expressément, qu’il y a du bien dans l’acte de la créature et qu’il ait été accompli purement pour ma gloire, le mal n’est pas si grand et il est plus facile d’y porter remède. Mais bien que ma Volonté ne lui soit pas exprimée de façon expresse, la créature a cependant le devoir de prier pour connaître ma Volonté dans ses œuvres. Je fais cela avec chaque créature afin de mettre à l’épreuve sa fidélité et d’être assuré de l’amour qu’elle a pour moi. Qui ne veut pas être assuré de l’autorité qui est la sienne avant de tout mettre par écrit ? Qui ne veut pas avoir l’assurance de la fidélité d’un ami ou de la loyauté d’un serviteur ? Ainsi, pour être sûr, je fais savoir que je veux de petits sacrifices, qui apporteront avec eux la sainteté et tous les biens. Nous réaliserons ainsi le dessein pour lequel l’homme a été créé. En revanche, s’ils sont réticents, tout en eux sera bouleversé et ils seront accablés de tous les maux. Mais c’est toujours un mal de ne pas faire ma Volonté, un mal plus ou moins grand selon la connaissance que l’âme peut avoir.

 

12 avril 1927 - La Divine Volonté est équilibrée. Dans la Création, Dieu a établi un rapport entre l’homme et les choses créées. Exemple d’une cité. Le nuage illuminé.

            Mon pauvre état est plus douloureux en raison de la privation de mon doux Jésus. Le cher et tendre espoir de trouver ma vie ressemble à un dur martyre et à la mort. La peine de l’avoir perdu stupéfie, pétrifie, et répand sur mon âme comme une rosée douloureuse. Exposée aux rayons d’une douleur cuisante, cette rosée, au lieu de me donner la vie, semble me vider de mes fluides vitaux. C’est comme la gelée sur les plantes, elle ne me fait pas mourir, mais elle me flétrit et m’enlève ce qu’il y a de plus beau dans ma vie. Oh ! combien la mort serait douce en comparaison ! Ce serait pour moi la plus belle fête, car je retrouverais celui que j’aime et qui peut guérir toutes mes blessures. Oh ! privation de mon plus grand bien, Jésus, comme tu es douloureuse et sans pitié !

            C’est ainsi que dans l’adorable Volonté, je demande à tous de pleurer mon sort douloureux. Je demande au ciel avec son immensité de pleurer celui que j’attends. Je demande aux étoiles qui scintillent de pleurer avec moi jusqu’à ce que leurs larmes amènent Jésus vers moi et que je cesse de souffrir. Je demande au soleil de convertir ses rayons en larmes et sa chaleur en flèches brûlantes pour assaillir Jésus et lui dire : « Dépêche-toi, ne vois-tu pas qu’elle n’en peut plus et que nous versons tous des larmes pour celle qui t’aime tant, et comme sa volonté est une avec la nôtre, nous sommes contraints de pleurer avec elle. » Je demande à toute la Création de dire sa tristesse et de pleurer avec moi. Qui ne serait pas en pleurs devant une douleur aussi grande et incalculable que celle de ta privation ? Oh ! comme je voudrais pouvoir t’assourdir en convertissant l’éclair argenté des poissons et les murmures de la mer en voix douloureuses ! Afin de t’émouvoir, je voudrais changer en soupirs les chants des oiseaux. Jésus ! Jésus ! combien tu me fais souffrir ! Oh ! combien me coûte ton amour ! Mais alors que j’épanchais ma peine, ma douce vie se manifesta en moi en me dit :

            Ma fille, je suis ici, n’aie pas peur. Si tu savais combien j’ai mal en te voyant souffrir à cause de moi ! Tes souffrances me sont plus pénibles que toutes celles des créatures réunies, car elles sont celles de notre fille, qui est membre de notre Famille céleste, et je les ressens plus que si elles étaient miennes. Lorsque notre Volonté est dans la créature, tout devient commun et inséparable de nous.

            Je souffrais pendant que j’entendais cela et je lui dis que si c’était vrai en paroles, ça ne me paraissait pas vrai en réalité. « Comment se fait-il que tu me tortures en me faisant attendre ton retour, et que ton absence est si longue que je ne sais plus que faire ni vers qui me tourner ? Tu me rends incapable de te trouver même dans ta Volonté, car elle est si vaste que tu te caches dans son immensité et je perds la trace de tes pas. Alors, ce sont de bien belles paroles, mais où sont les faits ? Si tu as souffert à cause de mes souffrances, tu devrais le prouver en ayant la bonté de revenir vers celle qui ne connaît pas d’autre amour ni d’autre vie que toi. » Et Jésus, touché, me pressa contre lui et dit :

            Ma pauvre fille, courage. Tu ne sais pas tout ce que signifie vivre dans ma Volonté. Elle possède l’équilibre parfait et tous ses attributs sont en plein accord, aucun n’est inférieur à l’autre. Lorsqu’il est nécessaire de punir le peuple à cause de ses nombreux péchés, ma justice exige ces absences où tu es privée de moi afin qu’elle puisse s’équilibrer en envoyant les fléaux qu’ils méritent. Ma justice te met ainsi à part dans ma vie, et elle suit son cours dans ma Volonté. Combien de fois mon Humanité gémissante n’a-t-elle pas rencontré ma justice avec ces obstacles, et il m’a cependant fallu céder pour l’amour de l’équilibre de ma Volonté ! Voudrais-tu être dans ma Volonté en rompant l’équilibre de mes attributs ? Non, non, ma fille. Laisse ma justice suivre son cours et ton Jésus sera avec toi comme avant. Ne savais-tu pas que dans ma Volonté, tu dois faire l’expérience de ce que mon Humanité a subi, et qui était si exigeant et inexorable à cause de la Rédemption ? De la même manière, pour toi aussi ma justice est exigeante et inexorable à cause du Royaume du Divin Fiat. Mon humanité est cachée parce que ma justice veut suivre son cours et maintenir son équilibre.

            Mon bien-aimé Jésus se tut, puis il reprit :

            Ma fille, dans la Création, ma Volonté a créé des liens entre les choses de telle sorte que tout était relié ensemble. Chaque chose créée possédait un moyen de communication avec une autre. L’homme possédait autant de moyens de communication qu’il y avait de choses créées, car étant le roi de tout, il était juste et nécessaire qu’il soit en communication avec toute la Création pour y régner. Lorsqu’il s’est retiré de la Divine Volonté, il a perdu même le premier moyen de communication. C’est comme une ville dont la ligne principale d’alimentation électrique est brisée ; aucune autre ligne n’est alimentée et la ville est dans l’obscurité. Et même si les fils électriques sont toujours là, ils n’ont pas la vertu de fournir de la lumière à toute la ville parce que la source d’où provenait la lumière est dans l’obscurité. Adam est ainsi devenu une ville dans la noirceur. Les liens de communication ne fonctionnaient plus. La source de lumière s’était retirée de lui parce qu’il avait lui-même rompu les communications et il s’est retrouvé comme un roi détrôné et sans royaume. Il ne régnait plus. Chaque lumière de la ville s’est éteinte et il s’est retrouvé enveloppé par les ténèbres de sa propre volonté.

            Lorsqu’une âme possède ma Volonté, elle représente une ville pleine de lumière et capable de communiquer avec toutes les parties du monde ; ses communications s’étendent même jusqu’à la mer, au soleil, aux étoiles et jusqu’au ciel tout entier. Des demandes lui parviennent de toutes les parties du monde, et comme elle est la plus riche, elle peut tout procurer grâce à ses moyens de communication et elle est connue du ciel et de la terre. Tous se tendent vers cette âme et elle est la plus aimée. C’est tout le contraire pour celui qui ne vit pas dans ma Volonté : son existence est dure, il souffre de la faim, ne reçoit quelques miettes que par pitié et ses ennemis le pillent souvent. Il souffre de cette obscurité et vit dans la plus extrême pauvreté.

            Je me sentais oppressée à cause de la privation de mon doux Jésus, et à cela venait s’ajouter d’autres souffrances. J’offrais tout à l’adorable Volonté pour obtenir le triomphe de son règne. Tout en faisant cela, je regardais le ciel que parcouraient des nuages blancs et lumineux, et mon doux Jésus se manifestant en moi me dit :

            Ma fille, regarde comme ces nuages sont beaux, vois comme ils recouvrent le ciel et forment un magnifique ornement sur le bleu de la voûte. Mais qui a changé leur grisaille et chassé leur obscurité pour les transformer en nuages blancs et resplendissants ? Le soleil, en les revêtant de sa lumière, leur a fait perdre leur noirceur pour les transformer en nuages de lumière. Oui, ce sont toujours des nuages, mais ils ne sont plus sombres et ils éclairent la terre. Avant d’être revêtus par le soleil, ils semblaient enlaidir les cieux par leur obscurité en masquant la beauté d’un ciel d’azur, maintenant ils l’honorent et constituent son plus bel ornement. Ma fille, les souffrances, les mortifications, mes privations et les circonstances pénibles sont autant de nuages qui assombrissent l’âme. Mais si l’âme laisse tout cela couler dans ma Volonté, mieux qu’un soleil, elle revêtira l’âme et convertira ces sombres nuées en nuages de lumière resplendissante, de telle sorte qu’ils deviendront le plus bel ornement du ciel de cette âme.

            Dans ma Volonté, toute chose perd cette obscurité qui oppresse et semble se jouer de la pauvre créature ; tout concourt alors à l’éclairer et à l’orner d’une resplendissante beauté. Je vais alors redire au ciel tout entier : « Voyez comme elle est belle la fille de ma Volonté, toute parée de ces blancs et brillants nuages. Elle est nourrie de lumière, et ma Volonté la revêt de ma lumière qui convertit la sienne en une resplendissante clarté. »

 

14 avril 1927 - Notre Seigneur est venu sur terre pour souffrir tous les maux causés par la volonté humaine. La parole de Jésus est vie.        

            Je pensais à la Divine Volonté et au mal causé par la volonté humaine et mon Jésus bien-aimé, très affligé, me dit :

            Ma fille, tout ce que j’ai souffert dans mon Humanité n’était rien d’autre que le mal que la volonté humaine avait amené dans la pauvre créature. Il constituait sa prison, lui enlevait la possibilité de s’élancer vers Dieu, jusqu’au ciel, et partout où elle voulait aller. La créature était incapable de faire le bien et était entourée d’une épaisse ténèbre. Je suis venu sur la terre et je me suis enfermé dans la prison du sein de ma chère Mère, et même si cette prison était sainte, il est indéniable que c’était la prison la plus étroite et la plus obscure du monde, si bien qu’il m’était impossible d’étendre une main ni de faire un pas, ou même d’ouvrir un œil. Voilà ce que la volonté humaine avait fait aux créatures, et moi, dès l’instant de ma conception, je suis venu souffrir la douleur d’abattre la prison de la volonté humaine et de restaurer ce qui était perdu.

            Je voulais naître dans une étable et connaître la plus extrême pauvreté, car la volonté humaine avait formé ces étables, et les passions avaient accumulé du fumier dans l’âme des pauvres créatures en soufflant sur elles un vent glacé qui les engourdissait intérieurement. Tout cela influençait la nature de la pauvre créature au point de lui ôter non seulement tout bonheur terrestre, mais de lui faire connaître la pauvreté de l’âme aussi bien que du corps. Et je voulais souffrir le froid, la pauvreté extrême et l’odeur du fumier de cette étable. Et en ayant près de moi deux bêtes, j’ai eu la douleur de voir que la volonté humaine avait presque converti en un animal notre œuvre la plus belle, notre précieux joyau, notre chère image, l’homme. Il n’y a pas de souffrance que j’aie endurée qui n’ait eu sa source dans la volonté humaine, et je me suis soumis à tout afin de rétablir la créature dans le Royaume du Divin Fiat.

            Dans ma Passion même j’ai voulu souffrir la douleur d’être dépouillé pour la flagellation, écartelé nu sur la croix au point que tous mes os pouvaient être comptés, au milieu de la confusion, de l’abandon et d’une indescriptible amertume. Tout cela n’était rien d’autre que le produit de la volonté humaine qui avait dépouillé l’homme de tous les biens et qui, de son souffle empoisonné, l’avait couvert de confusion et de disgrâce au point de le transformer de si horrible façon qu’il devenait la risée de ses ennemis. Ma fille, si tu veux connaître tous les maux engendrés par la volonté humaine, examine soigneusement ma vie, énumère une par une toutes les souffrances, et tu verras imprimée en lettres noires la sinistre histoire de la volonté humaine. Tu ressentiras une telle horreur en la lisant que tu seras heureuse de mourir plutôt que d’en laisser entrer en toi une seule syllabe.

            Après quoi Jésus se tut ; il était triste, pensif et affligé. Il regarda autour de lui et au loin comme s’il voulait juger des dispositions des créatures et, ne les voyant pas disposées, il garda un profond silence. J’ai alors passé quelques jours de privation, comme s’il ne voulait plus vivre en moi. Puis, tel un soleil qui se lève, je l’ai senti qui se manifestait en moi et il me dit :

            Ma fille, lorsque je parle, une vie sort de moi, et qui est le plus grand des cadeaux. Je dois voir s’il existe, de la part des créatures, une disposition où cette vie puisse être placée et, ne la voyant pas, je suis contraint de garder le silence, car il n’y pas d’endroit où je peux déposer ce grand don. C’est pourquoi, souvent, je ne parle pas, car ce qui concerne le divin Fiat n’est pas seulement pour toi, mais servira aussi aux autres créatures. C’est en toi principalement que mon divin Fiat formera son centre, afin d’être transmis pour le bien des autres. Aussi, lorsque je garde le silence, prie pour que soit connu le Royaume de ma Volonté et souffre de te voir privée de moi, ta vie. Vivre sans vie est le plus grand des martyres. Ces souffrances et ces prières feront mûrir le don, et en me faisant ouvrir la bouche pour en faire sortir la vie nouvelle de ma Divine Volonté, elles disposent les créatures à la recevoir. Ces souffrances sont supérieures aux rayons du soleil qui font venir à maturité les champs, les fruits et les fleurs. Par conséquent, tout est nécessaire : silence, souffrances et prières pour le décorum des manifestations de ma Volonté.

 

16 avril 1927 - Notre Seigneur a déposé sa vie sacramentelle dans le cœur de la Très Sainte Vierge Marie. Le grand bien que peut faire une vie animée par la Divine Volonté. Dans ses souffrances, la Très Sainte Vierge Marie trouvait le secret de la force dans la Divine Volonté.

            Je faisais l’heure où Jésus institua la très sainte Eucharistie et, se manifestant en moi, il me dit :

            Ma fille, lorsque j’accomplis un acte, je commence par regarder s’il existe une créature en qui je peux déposer cet acte, quelqu’un capable de prendre le bien que je fais, de veiller sur lui et de le protéger. Lorsque j’ai institué le Saint Sacrement, j’ai cherché une créature et ma Reine Mère s’est offerte pour recevoir cet acte et le dépôt de ce grand don en disant : « Mon Fils, si je t’ai offert mon sein pour veiller sur toi et te défendre, je t’offre maintenant mon cœur maternel pour recevoir ce grand dépôt. Je dispose autour de ta vie sacramentelle mes affections, les battements de mon cœur, mon amour, mes pensées et mon être tout entier pour te défendre, t’accompagner, t’aimer et te faire réparation. Je m’engage à te récompenser pour le don que tu nous fais. Confie-toi à ta Mère et je veillerai à défendre ta vie sacramentelle. Et puisque tu m’as constituée Reine de toute la Création, j’ai le droit de disposer autour de toi toute la lumière du soleil pour te rendre hommage et adoration. Je place autour de toi pour te rendre amour et gloire les étoiles, le ciel, la mer et tous les habitants de l’air. »

            Assuré de savoir où placer le grand dépôt de ma vie sacramentelle et faisant confiance à ma Mère qui m’avait donné toutes les preuves de sa fidélité, j’instituai le Très Saint Sacrement. Elle était la seule créature digne d’en avoir la garde, de le défendre et de faire réparation pour mon acte. Tu vois donc que lorsque les créatures me reçoivent, je descends en elles accompagné des actes inséparables de ma Mère, et c’est uniquement à cause de cela que je peux supporter ma vie sacramentelle. C’est pourquoi il est nécessaire, lorsque je veux opérer une grande œuvre digne de moi, que je commence par choisir une créature afin d’avoir premièrement un lieu où déposer mon don et, ensuite, d’obtenir réparation. C’est la même chose dans l’ordre naturel : si le fermier veut semer, il ne répand pas ses graines au milieu de la route. Il commence par chercher une parcelle, puis il travaille la terre, y creuse des sillons avant de semer. Et pour que sa semence soit en sécurité, il la recouvre en attendant avec impatience la récolte en échange de son travail et des grains qu’il a confiés à la terre. C’est ce que j’ai fait avec toi : je t’ai choisie, préparée, puis je t’ai confié le grand don des manifestations de ma Volonté. Et tout comme j’ai confié à ma Mère bien-aimée le sort de ma vie sacramentelle, j’ai voulu te confier à toi aussi le sort du Royaume de ma Volonté.

            Je continuais à penser à tout ce que mon Dieu bien-aimé avait fait et souffert dans le cours de sa vie, et il ajouta :

            Ma fille, ma vie fut très brève sur terre et la plus grande partie fut cachée. Mais bien que très courte, comme une Divine Volonté animait mon Humanité, que de bien elle a fait. L’Église tout entière dépend de ma vie et s’abreuve à ma doctrine. Chacune de mes paroles est une fontaine qui désaltère le chrétien. Chaque exemple est plus qu’un soleil qui illumine, réchauffe, enrichit et fait croître les plus grandes saintetés. Si l’on devait prendre tous les saints, les plus grandes âmes, toutes leurs souffrances et leur héroïsme, et les comparer à ma très courte vie, ils ne seraient toujours que de petites flammes en face d’un grand soleil. Et comme la Divine Volonté régnait en moi, toutes les souffrances, les humiliations, les confusions, les oppositions et les accusations de mes ennemis au cours de ma vie et de ma Passion ont servi à leur humiliation et à leur plus grande confusion. Comme la Divine Volonté était en moi, ce qui arrivait était comparable à ce qui se passe avec le soleil lorsque des nuages s’étirent dans le ciel et semblent vouloir obscurcir la surface de la terre en masquant momentanément l’éclat de la lumière solaire. Le soleil se moque des nuages, car leur existence dans l’air n’est pas éternelle, leur vie est passagère et un léger souffle de vent suffit à les disperser, alors que le soleil est toujours triomphant dans la plénitude de sa lumière qui domine et remplit toute la terre. Il en est de même pour moi : tout ce que mes ennemis ont pu me faire et ma mort même, c’étaient autant de nuages qui recouvraient mon Humanité, mais quant au soleil de ma Divinité, ils ne pouvaient l’atteindre. Et dès que le vent de la puissance de ma Divine Volonté a soufflé, les nuages ont été dispersés et, mieux qu’un soleil, je ressuscitai triomphalement et glorieusement en laissant mes ennemis plus humiliés que jamais. Ma fille, dans l’âme où règne ma Volonté dans toute sa plénitude, les minutes de vie sont des siècles et des siècles de plénitude de tous les biens ; et là où elle ne règne pas, les siècles de vie contiennent à peine quelques minutes de biens. Et si l’âme où règne ma Volonté souffre des humiliations, des contradictions et des peines, elles ne sont que des nuages que le vent de mon divin Fiat chasse sur ceux qui les causent et ils seront leur honte pour avoir osé toucher aux porteurs de mon éternelle Volonté.

            Je pensais ensuite à la souffrance de ma Mère, douloureuse et le Cœur transpercé, lorsqu’elle se sépara de son Jésus en le laissant mort dans son sépulcre. Et je me disais : « Comment est-il possible d’avoir assez de force pour le quitter ? Il est vrai qu’il était mort, mais c’était toujours le corps de Jésus. Comment son amour maternel ne l’a-t-il pas consumée et empêchée de s’éloigner même d’un seul pas de son corps sans vie ? Quel héroïsme ! Quelle force ! » Mais je pensais cela lorsque mon cher Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, veux-tu savoir comment ma Mère a eu la force de me quitter ? Le secret de sa force était dans ma Volonté qui régnait en elle. Elle vivait d’une Volonté divine, non humaine, et elle avait par conséquent une force incommensurable. Or tu dois savoir que lorsque ma Mère transfixée m’a laissé dans le sépulcre, ma Volonté l’a gardée immergée dans deux mers immenses : l’une de douleurs, et l’autre, plus vaste, de joies et de béatitudes. Et si la mer de douleurs lui faisait souffrir tous les martyres, l’autre mer de joies lui donnait le bonheur et sa belle âme me suivait dans les limbes pour participer à la fête organisée pour moi par les patriarches, les prophètes, sa mère et son père, et notre cher saint Joseph. Par ma présence, les limbes sont devenus un paradis, et je ne pouvais faire moins que lui permettre, à elle qui me fut inséparable dans mes douleurs, d’assister à la première fête des créatures. Sa joie était si grande qu’elle eut la force de se séparer de mon corps, pour se retirer et attendre l’accomplissement de ma Résurrection et l’achèvement de ma Rédemption. La joie la soutenait dans son chagrin, et son chagrin la soutenait dans sa joie. Quiconque possède ma Volonté ne peut jamais manquer de force ni de joie, et a tout à sa disposition. N’en fais-tu pas toi-même l’expérience lorsque tu es privée de moi et que tu te sens consumée ? La lumière du divin Fiat forme alors sa mer de bonheur et te donne la vie.

 

18 avril 1927 - La Rédemption a donné aux créatures le droit de ressusciter. La différence entre celui qui agit dans et en dehors de la Divine Volonté.

            Je suivais la Divine Volonté dans l’acte de résurrection glorieuse et triomphante de Jésus d’entre les morts, et mon aimable Jésus, se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, la résurrection de mon Humanité a donné le droit à toutes les créatures de ressusciter pour la gloire et la béatitude éternelle non seulement dans leur âme, mais dans leur corps. Le péché leur avait enlevé ce droit et mon Humanité, par sa résurrection, le leur a rendu. Mon Humanité contenait en elle-même le germe de la résurrection pour tous et c’est en vertu de cette semence que chacun a reçu le bienfait de pouvoir ressusciter des morts. Celui qui accomplit le premier acte doit avoir en lui la vertu de pouvoir enclore en lui-même tous les autres actes que doivent accomplir les autres créatures, si bien qu’à partir de ce premier acte les autres puissent l’imiter et l’accomplir à leur tour. Quel bien mon Humanité n’a-t-elle pas apporté en donnant à chacun le droit de ressusciter ! En se retirant de ma Volonté, l’homme avait tout perdu ; il avait brisé le lien qui le rattachait à Dieu et abandonné tous les droits aux bienfaits de son Créateur. Mon humanité, par sa Résurrection, a rétabli ce lien d’unité et l’a rétabli dans ses droits à la résurrection. C’est à mon Humanité qu’appartiennent la gloire, l’honneur et la béatitude. Si je n’étais pas ressuscité, personne n’aurait pu ressusciter. C’est avec ce premier acte qu’est venue la succession des actes, qui sont semblables au premier. Vois quelle est la puissance d’un premier acte : ma Mère a accompli le premier acte de ma conception. Pour me concevoir, moi, le Verbe éternel, elle a pris en elle tous les actes des créatures pour les offrir à Dieu de telle sorte qu’elle a pu dire à son Créateur : « Je suis celle qui vous aime, vous adore, et satisfait pour toutes les créatures. » Trouvant ainsi toutes les créatures en ma Mère, et bien que ma conception fût unique, j’ai pu ainsi devenir la vie de chaque créature.

            Ainsi, ma fille, en faisant les premiers actes dans ma Volonté, les autres créatures reçoivent le droit d’y entrer et de répéter tes actes pour en recevoir les mêmes effets. Combien il est nécessaire que le premier acte soit accompli, même par un seul, pour que la porte soit ouverte et que soit préparé ce qui doit servir de modèle pour donner vie à cet acte ! Lorsque le premier est accompli, il est plus facile pour les autres de l’imiter. C’est la même chose dans le monde : celui qui fabrique le premier objet doit travailler plus fort, faire plus de sacrifices, préparer tous les matériaux nécessaires et faire de nombreux essais. Lorsqu’il est fait, non seulement les autres obtiennent-ils le droit de l’imiter, mais il leur est beaucoup plus facile de le reproduire. Mais la gloire appartient à celui qui l’a fait le premier, car sans ce premier acte, les autres n’auraient jamais vu le jour. Par conséquent, sois attentive en formant les premiers actes si tu veux que vienne le Royaume du divin Fiat et qu’il règne sur la terre.

            Me fusionnant dans la sainte et Divine Volonté, j’appelai alors tous les actes des créatures pour qu’ils ressuscitent en elle, et mon doux Jésus me dit :

            Ma fille, quelle grande différence il y a entre l’acte accompli dans ma Volonté ou en dehors d’elle, même si cet acte est bon. Dans le premier, coule la vie divine ; cette vie remplit le ciel et la terre et cet acte reçoit la valeur d’une vie divine. Dans le second, c’est une vie humaine qui coule et elle est limitée, restreinte, et souvent sa valeur disparaît une fois que l’acte est terminé. S’il existe une valeur dans cet acte, elle est humaine et périssable.

 

22 avril 1927 - Dans la Création, toutes les choses sont des ornements des œuvres divines. Impossibilité de pouvoir le comprendre. La grande satisfaction de Dieu dans la création de l’homme.

            Poursuivant dans mon état habituel, j’ai vu mon doux Jésus sous l’apparence d’un Petit Enfant très abattu. Il était triste au point d’avoir l’impression qu’il allait mourir. Je l’ai serré contre mon cœur en le couvrant de baisers. Que n’aurais-je fait pour le réconforter ! Et Jésus, en soupirant, me dit :

            Ma fille, vois comme la Création est belle ! Quelle fascination de lumière, quel enchantement de variétés, quelle rare beauté ! Ce ne sont pourtant que des ornements de notre Être divin et s’il en est ainsi, notre Être surpasse infiniment nos propres ornements et la créature est dans l’impossibilité de le comprendre, tout comme l’œil est incapable de recevoir en lui-même l’immensité de la lumière du soleil. L’œil voit la lumière, il est rempli de cette lumière dans les limites de ses possibilités, mais quant à la contenir tout entière, à mesurer la longueur et la largeur de l’espace où elle s’étend, cela lui est impossible. Notre Être est pour l’homme ce que le soleil est pour l’œil, comme les ornements que l’homme peut voir et toucher. L’homme voit le soleil, sa lumière l’atteint et il lui permet de sentir sa chaleur. L’homme voit l’immensité de l’eau dans la mer, il contemple la voûte des cieux avec toutes les étoiles. Mais qui peut dire de quoi est faite la lumière ? Combien de lumière les cieux contiennent-ils ? Combien d’eau dans la mer ? Combien d’étoiles dans le ciel et qui a formé la voûte des cieux ? À cela, l’homme ne sait quoi répondre. Il voit et il en profite, mais il est le grand ignorant en ce qui concerne l’arithmétique des poids et des mesures. Et si cela est vrai pour nos ornements, ce l’est bien plus encore pour notre Être divin.

             Tu dois savoir que toute la Création, comme chaque chose créée, est une leçon pour l’homme. Elles racontent nos qualités divines et chacune donne une leçon sur les qualités qu’elles contiennent. Le soleil donne une leçon de lumière et enseigne que pour être lumière, il faut être pur et libre de tout ce qui est matériel ; la lumière est toujours unie à la chaleur, car on ne peut séparer la lumière de la chaleur. Si tu veux être lumière, tu ne dois aimer que ton Créateur et, comme le soleil, cela t’apportera la fécondité de tous les biens. Le ciel est une leçon de ma Paternité céleste. Il t’appelle continuellement à ton Créateur. Il te donne une leçon de détachement pour ce qui est terrestre et une leçon sur les hauteurs de sainteté auxquelles tu dois arriver. Tu dois t’orner mieux que les étoiles de toutes les vertus divines. Chaque chose donne sa leçon et appelle l’homme à se mirer en elle pour la copier et l’imiter. Je n’ai pas créé tous mes ornements dans le seul but de les voir, mais pour que la créature, en les imitant, puisse être embellie. Et pourtant, qui prend la peine d’entendre toutes ces leçons ? Presque personne.

            Il était très triste et gardait le silence. J’ai ensuite suivi la Divine Volonté alors que l’Être divin créait l’homme afin que, en compagnie de mon premier père Adam, je puisse aimer mon Créateur avec ce même amour du premier instant où il fut créé. Je voulais recevoir ce souffle divin, cette effusion d’amour afin de pouvoir le rendre à mon Créateur. Je pensais à cela lorsque mon doux Jésus, très heureux, me dit :

            Ma fille, pour celui qui vit dans ma Volonté, il n’existe pas d’acte qui ne soit présent et il n’est pas un acte que nous ayons accompli qui ne puisse être reçu. Reçois mon souffle et mon effusion d’amour. Quel plaisir a été pour nous ce premier acte de la création de l’homme. Nous avions créé le ciel et la terre, mais nous ne sentions rien de nouveau en nous. C’était différent avec la création de l’homme. C’est une volonté qui était créée, et cette volonté était libre. Nous avons mis en elle notre Volonté, la déposant comme dans une banque pour en retirer des intérêts d’amour, de gloire et d’adoration. Oh ! que nous débordions d’amour, que nous tremblions de joie en créant cette volonté libre pour l’entendre dire Je vous aime ! Et lorsque l’homme, comblé de notre amour, prononça ce premier Je vous aime, combien grande fut notre satisfaction, car c’était comme s’il nous rendait les intérêts de tous les biens que nous avions placés en lui.

            Cette volonté libre que nous avions créée était l’endroit où nous avions déposé le capital d’une Divine Volonté et nous étions satisfaits de recevoir ce petit intérêt sans jamais penser à reprendre notre capital. C’est pourquoi la douleur de la chute de l’homme a été grande, car il nous rendait le capital pour ne pas avoir à nous verser ce petit intérêt. Sa banque s’est retrouvée vide et comme son ennemi avait conclu un marché avec lui, il la remplit de passions et de misères, et le pauvre homme se retrouva en faillite.

            Or, ma fille, l’acte de la création de l’homme fut un acte solennel qui nous donna la plus grande satisfaction, et c’est toi que nous appelons afin de répéter la solennité de cet acte en plaçant dans ta volonté le grand capital de notre Volonté. Et en faisant cela, nous sommes débordants d’amour et tremblants de joie, car nous voyons ainsi la réalisation de notre dessein. Assurément, tu ne nous refuseras pas ce maigre intérêt et tu ne rejetteras pas notre capital, n’est-ce pas ? Chaque jour, je viendrai relever mon état de compte : je t’appellerai dans ce premier acte où nous avons créé cette volonté libre pour que tu me verses l’intérêt, et moi, je verrai si je peux ajouter quelque chose à mon capital.

            Mon esprit était perdu dans le Divin Fiat, et je me disais : « Oh ! comme j’aimerais vivre ce premier acte de Création, cette effusion d’amour divin et intense déversé sur la première créature lorsqu’elle fut créée ! Je voudrais recevoir ce souffle tout-puissant afin de pouvoir rendre à mon Créateur tout cet amour et toute cette gloire qu’il devait recevoir de la créature. » Et mon Jésus, me serrant contre lui, me dit :

            Ma fille, c’est précisément pour cela que je viens si souvent te rendre visite, au point que cela puisse paraître inhabituel, car je ne l’ai encore fait pour personne d’autre. Tout est dans le but de réordonner le premier acte par lequel j’ai créé la créature. Je reviens donc et je reste avec toi comme un père aimant agirait avec sa fille. Combien de fois n’ai-je pas soufflé en toi jusqu’au point où tu ne pouvais plus contenir mon souffle tout-puissant ? J’ai déversé en toi mon amour réprimé au point de remplir ton âme à ras bord. Tout cela n’était rien d’autre que le renouvellement de l’acte solennel de Création. Je voulais éprouver à nouveau cette grande satisfaction de la création de l’homme, et c’est pourquoi je viens vers toi non seulement pour la ressentir, mais aussi pour rétablir l’ordre, l’harmonie et l’amour entre le Créateur et la créature comme à l’instant où elle fut créée. Au commencement de la création de l’homme, il n’y avait pas de distance entre lui et moi, tout nous était commun. Dès qu’il m’appelait, j’étais présent. Je l’aimais comme un fils et j’étais attiré vers lui. Je ne pouvais rien faire de moins que d’être très souvent près de lui. Je renouvelle en toi le commencement de la Création, par conséquent, sois attentive à recevoir un tel bien.

 

24 avril 1927

            Dévastation générale en vue de rétablir le Royaume du Fiat. L’état d’amour divin et comment la Création continue à exister. Toute la Création était centrée dans l’âme.

            La privation de mon doux Jésus me rendait amère, et je soupirais après son retour lorsqu’il se manifesta en moi, mais tellement triste qu’il en faisait pitié, et je lui dis : « Dis-moi, pourquoi es-tu si triste ? » Il répondit :

            Ah ! ma fille, de graves choses doivent arriver pour que soit rétabli l’ordre d’un royaume ou d’une maison. Une dévastation générale va avoir lieu et bien des choses vont périr. Certains vont y gagner, d'autres vont y perdre. Ce sera le chaos, la tension sera extrême et il faudra beaucoup souffrir avant que les choses soient rétablies et renouvelées pour donner une forme nouvelle au royaume ou à la maison. La souffrance est plus grande et le travail plus important quand il faut démolir avant de construire. Ce sera la même chose pour la reconstruction du Royaume de ma Volonté. Combien de rénovations sont nécessaires ! Il va falloir tout bouleverser, tout abattre, et détruire des êtres humains. Il sera nécessaire de remuer la terre, le ciel, la mer, l’air, le vent, l’eau et le feu afin de mettre tout en œuvre pour renouveler la face de la terre et amener l’ordre nouveau du Royaume de ma Divine Volonté parmi les créatures. Il se passera par conséquent bien des choses graves et moi, en voyant cela, en constatant le chaos je me sens triste. Mais en regardant au-delà, en voyant l’ordre et le nouveau Royaume rétablis, cette profonde tristesse se transforme en une joie si grande que tu ne pourrais la comprendre. C’est la raison pour laquelle tu me vois tantôt triste et tantôt dans la joie de ma Patrie céleste.

            J’étais très triste à cause de cette dévastation dont Jésus m’avait parlé. Ces choses graves étaient terrifiantes : des émeutes, des révolutions et des guerres. Oh ! que mon pauvre cœur gémissait ! Et Jésus, pour me consoler, me prit dans ses bras, me serra très fort contre son très saint Cœur et me dit :

            Ma fille, pour nous consoler, regardons plus loin. Je veux que les choses reviennent en l’état où elles étaient au commencement de la Création, qui n’était rien d’autre qu’une effusion d’amour. Et cet état existe encore, car ce que nous faisons est fait pour toujours et n’est jamais interrompu. Répéter un acte ne nous cause aucune fatigue, et ce que nous faisons une fois, nous aimons le faire toujours. Telle est l’œuvre de Dieu : un acte qui dure pour les siècles des siècles, et même pour toute l’éternité. Ainsi, notre épanchement d’amour et notre souffle émanent continuellement de notre sein divin et s’écoulent pour souffler sur les générations de créatures. Notre effusion d’amour qui souffle sur toute la Création recouvre le ciel et la terre, le soleil et la mer, le vent et l’eau, et court vers les créatures. S’il n’en était pas ainsi, le ciel rétrécirait, les étoiles s’éparpilleraient, le soleil s’appauvrirait, l’eau manquerait, et la terre ne produirait plus de plantes ni de fruits, car il lui manquerait la vie de notre amour qui souffle sur toute chose. Ils se retireraient de notre source d’où ils sont sortis. Si notre souffle venait à manquer, la génération des créatures finirait, car les créatures ne sont rien d’autre que les étincelles qui sortent de notre souffle pour féconder la suite des générations.

            Or les créatures prennent des choses créées ce qui est matériel en laissant la vie d’amour qui souffle sur toute chose, et cette vie d’amour demeure suspendue au-dessus de toute chose sans pouvoir se donner. C’est comme se promener dans un champ de fleurs ou un jardin plein d’arbres chargés de fruits précieux en regardant les fleurs sans les cueillir ; vous ne recevrez pas le plaisir et la vie du parfum des fleurs. Et si vous ne cueillez pas les fruits, vous ne goûterez ni ne recevrez leur vie. Il en est ainsi dans la Création : l’homme la regarde, mais il ne reçoit pas la vie d’amour que Dieu a placée en toutes les choses créées. La raison en est que l’homme n’utilise pas sa volonté et n’ouvre pas son cœur pour recevoir cette effusion d’amour de son Créateur. Malgré tout, notre effusion d’amour ne cesse pas et notre souffle régénérateur est toujours à l’œuvre. Nous attendons le Royaume de notre divin Fiat pour que notre amour descende parmi les créatures et, en recevant de nous cette vie divine, elles formeront leur épanchement d’amour pour Celui qui la leur a donnée.

            C’est pourquoi, ma fille, toute la Création est centrée sur toi. Je te regarde du haut du ciel étoilé et je t’envoie cette effusion d’amour. Je te regarde du soleil et je souffle sur toi pour t’envoyer ma vie divine. Je te regarde de la mer et de ses vagues écumantes je t’envoie mon amour qui, parce qu’il est réprimé, tombe sur toi en vagues impétueuses. Je te regarde du vent et je déverse sur toi mon amour puissant, purifiant et brûlant. Je te regarde des montagnes et je t’envoie l’effusion de mon amour ferme et immuable. Il n’est pas une seule chose créée d’où je ne te regarde pour répandre sur toi mon amour, car, ma Volonté étant en toi, tu attires mes regards de partout, et ma Volonté augmente ta capacité à recevoir continuellement cet épanchement d’amour.

            Là où règne ma Divine Volonté, je peux tout donner, tout centraliser, et une compétition s’établit entre le Créateur et la créature : je donne et la créature reçoit. Je donne à qui me donne de façons surprenantes. C’est pourquoi je te veux toujours dans ma Volonté afin de pouvoir toujours entrer en compétition avec toi.

 

30 avril 1927

            La gloire de l’unité dans la Divine Volonté. Comment l’action dans la Divine Volonté est toujours une manière divine d’agir. Le travail et les sacrifices accomplis par Jésus dans l’âme pour former le Royaume du Divin Fiat.

            Je faisais ma ronde dans la Création afin de suivre les actes de la Divine Volonté dans toutes les choses créées, et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, ma Volonté à l’œuvre dans la Création était une, mais elle s’est répandue et multipliée en chaque chose créée. Et l’âme qui parcourt la Création pour suivre ses actes et les embrasser tous ensemble rassemble la Divine Volonté dispersée en chacune, la rend une, et me rend la gloire de l’unité dans ma Volonté. Puis, en la dispersant à nouveau, elle me donne la gloire de ma Divine Volonté multipliée et dédoublée en chaque chose.

            C’est une grande chose, ma fille, que la petitesse d’une créature réunissant tout ensemble ma Volonté dédoublée et multipliée en un si grand nombre de choses pour me dire : « Un est l’amour, l’honneur et la gloire que je veux vous rendre, car mon acte contient toutes choses, il est parfait et digne seulement de vous. » Puis, poursuivant de nouveau ces amoureux stratagèmes, la créature me donne la gloire du Fiat suprême multiplié et dédoublé en toutes choses. Et je lui permets de faire tout cela, je fais mes délices de ses stratégies amoureuses, car étant dans ma Volonté, la créature est dans ma maison et elle ne peut faire que ce qui appartient à ma céleste Famille. Sa façon de faire les choses est toujours divine et elle seule peut me plaire et me rendre une gloire et un amour parfaits.

            Plus tard, comme les privations de mon Jésus étaient plus longues, je me sentais oppressée. Je ressentais tout le poids de mon long exil et la douleur d’être si loin de ma patrie. Une profonde tristesse envahissait ma pauvre âme et mon Jésus bien-aimé, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, nous devons tous deux être patients et penser au travail pour la formation du Royaume de la Divine Volonté, car personne ne sait ce que nous sommes en train de faire, les sacrifices qui sont nécessaires, les actes continuels et les prières que demande un si grand bien. Personne ne prend part à nos sacrifices, personne ne nous aide à former ce Royaume qui leur apportera tant de bien. Ils ne nous accordent aucune attention et ne pensent pendant ce temps-là qu’à jouir de cette misérable vie sans même se disposer à recevoir le bien que nous préparons. Oh ! si les créatures pouvaient voir ce qui se passe dans le secret de notre cœur, combien grande serait leur surprise ! C’est ce qui se passait lorsque nous étions sur terre ma Mère et moi. Alors que nous préparions le Royaume de la Rédemption, tous les remèdes qui permettraient à chacun de trouver le salut, nous y consacrions tous les sacrifices, tous les travaux, toutes les prières et toute notre vie. Et tandis que nous pensions à chacun pour donner la vie à tous, personne ne pensait à nous, personne ne savait ce que nous faisions.

            Ma céleste Mère était la dépositaire du Royaume de la Rédemption et a par conséquent pris part à tous mes sacrifices et à toutes mes souffrances. Seul saint Joseph savait ce que nous étions en train de faire, mais il n’a pas participé à toutes nos souffrances. Oh ! quelle douleur pour nos cœurs de voir que pendant que la Mère et le Fils se consumaient de douleur et d’amour afin de former tous les remèdes possibles et imaginables pour les guérir et les mettre en sécurité, non seulement ils ne pensaient pas à nous, mais ils nous offensaient, nous méprisaient, pendant que d’autres complotaient pour m’enlever la vie dès ma naissance ! Je répète cela avec toi, ma fille, pour former le Royaume du Divin Fiat. Le monde profite de nous bien qu’il ne nous connaisse pas, et seul mon ministre qui nous aide sait ce que nous sommes en train de faire, mais il ne participe pas à nos sacrifices et à notre œuvre. Nous sommes seuls ; aussi sois patiente dans ce long travail que nous accomplissons. Plus nous travaillerons, plus nous profiterons des fruits de ce céleste Royaume.

 

4 mai 1927 - L’âme qui accomplit la Divine Volonté est toujours comme le ciel, et ne se fatigue jamais.

            Les privations de mon doux Jésus me tourmentaient et m’affaiblissaient. Ma pauvre âme semblait exposée à un soleil brûlant qui est la Divine Volonté. Tout me paraît flou et je me sens misérable. Mais une force suprême me contraint malgré tout à demeurer sous ce soleil du divin Fiat sans pouvoir bouger, et sans celui qui pourrait m’apporter un peu d’eau, rendre ces rayons moins brûlants et soulager mon cœur meurtri. Comme je suis malheureuse sans Jésus ! Tout est changé en moi et il ne me reste comme seul héritage que la Divine Volonté que personne ne peut m’enlever, pas même Jésus. Elle seule est ma vie, mon séjour, mon tout. Tout le reste est fini, tout le monde m’a quittée et je n’ai plus personne vers qui me tourner, ni au ciel ni sur la terre. Mais j’étais en train d’épancher ma douleur lorsque mon Dieu bien-aimé, celui qui me donne la vie et la mort, qui rend mon existence heureuse et malheureuse, se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, le ciel est toujours ciel, il ne change pas et il ne bouge pas. Les nuages peuvent l’obscurcir parfois, s’étirer et masquer le beau ciel bleu, mais ils ne peuvent toucher le ciel et ne font que s’étendre sous lui. Il y a une grande distance entre le ciel et les nuages. Le ciel ne perdra jamais sa beauté à cause des nuages, car il est intangible. S’il existe un changement, c’est pour la terre ; et l’œil humain, au lieu de voir le ciel, ne voit que les nuages et l’atmosphère obscurcie.

            Telle est l’âme qui fait ma Volonté : elle est plus que le ciel. Ma Volonté s’étend dans l’âme plus qu’un ciel bleu parsemé d’étoiles, et elle demeure ferme et immuable. Elle reste en place, règne et domine sur toutes choses avec une telle majesté que les plus petits actes de la créature, en vertu de la lumière de ma Volonté, sont plus que les étoiles et que le plus brillant soleil. Les souffrances, les privations, sont des nuages formés au fond de la nature humaine et qui semblent obscurcir. Le ciel de ma Volonté, cependant, demeure intangible et son soleil qui resplendit dans l’âme envoie avec plus de force ses rayons brûlants ; si bien que tout te semble obscur. Mais tout cela se passe en surface et dans la bassesse de la nature humaine, mais en ton âme, le soleil du divin Fiat ne subit aucun changement. Qui pourrait jamais toucher ma Volonté ? Personne ! Elle est immuable et inébranlable ; et là où elle règne, c’est là qu’elle forme son séjour de lumière, de paix et d’immutabilité. Par conséquent, ne crains pas. Il suffit d’un souffle de vent pour dissiper les nuages qui recouvrent ta nature humaine, et chasser l’obscurité qui semble occuper ton âme.

            Et moi : « Mon Jésus, comme tu as changé ! On dirait même que tu ne veux plus rien me dire concernant ta Divine Volonté. » Et Jésus ajouta :

            Ma fille, ma Volonté ne se fatigue jamais. Si moi je ne t’en dis rien, toutes les choses créées t’en parlent ; même les pierres, le ciel, le soleil et la mer feront entendre leur voix. Toute la Création a beaucoup à dire sur mon éternelle Volonté, car toutes les choses créées sont remplies de sa vie, elles ont toutes quelque chose à dire sur la vie de ma Volonté que possèdent toutes les choses créées. C’est pourquoi un peu d’attention accordée à quelque chose que tu regardes ou que tu touches te permettra d’entendre une nouvelle leçon de ma Volonté.

 

8 mai 1928 - La Divine Volonté est immense et tout ce qu’elle fait porte l’empreinte de la Divine Volonté.

             Dans les privations de mon doux Jésus, malgré ce dur martyre, je m’abandonne dans les bras de la Volonté suprême comme sa petite fille qui grandit assise sur ses genoux pour se nourrir à son sein afin de vivre de sa vie et de lui ressembler. Et mon bien-aimé Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, ma Volonté est immense et tout ce qui en sort porte le sceau de son immensité. L’immensité du ciel avec toutes les étoiles est sortie d’une seule parole de ma Volonté ; d’une seule parole est sorti le soleil avec l’immensité de sa lumière, et il en est ainsi pour toute chose. Pour créer l’immensité de la lumière dans le monde, il m’a fallu d’abord créer l’espace où placer cette immensité de la lumière et du ciel. Lorsque ma Volonté veut parler, elle regarde d’abord s’il y a l’espace où placer le grand don de sa Parole qui peut être un ciel, une mer ou un soleil nouveau et même plus grand encore. C’est pourquoi ma Volonté est souvent silencieuse, car il manque dans les créatures l’espace où placer l’immensité de sa Parole. Et avant de pouvoir parler, ma Parole commence par dédoubler sa Volonté qui ensuite parle et dépose ses immenses dons.

            C’est la raison pour laquelle, en créant l’homme, nous lui avons fait le plus grand des dons, le plus riche et le plus précieux héritage : ma Volonté placée en dépôt en lui afin de pouvoir lui parler des surprises des immenses dons contenus dans notre Fiat. Mais comme notre Volonté dédoublée a été rejetée, nous n’avons plus trouvé d’espace où déposer en lui le grand don de notre Parole créatrice, et l’homme s’est retrouvé pauvre avec toutes les misères de la volonté humaine. Tu vois donc qu’entre tous les événements de mon Humanité, le plus grand miracle fut de restreindre en elle toute l’immensité de ma Divine Volonté. Les autres miracles que j’ai opérés ne sont rien en comparaison. D’autant plus qu’il était naturel pour moi de ressusciter les morts, de rendre la vue aux aveugles, la parole aux muets et d’accomplir toutes sortes de miracles, car il était dans ma nature de faire autant de bien que je voulais. C’était tout au plus un miracle pour la créature qui le recevait, mais pour moi, le grand miracle était de restreindre en moi ma Divinité, l’immensité de ma Volonté, son interminable lumière, sa beauté et sa sainteté inimitables. C’était là le prodige des prodiges que seul un Dieu pouvait accomplir.

            En comparaison du grand don de ma Volonté, tout ce que je pouvais donner à la créature n’était que peu de chose, car tu peux voir dans ma Volonté des cieux nouveaux, les soleils les plus resplendissants, des choses inouïes et des surprises inimaginables. Le ciel et la terre tremblent et s’agenouillent devant une âme qui possède le grand don de ma Volonté. Et c’est à juste titre, car ils voient sortir de cette âme la vertu, la force vivifiante et créatrice contenues dans cette vie nouvelle qui a été créée par Dieu. Oh ! puissance de ma Volonté ! S’ils te connaissaient, combien ils aimeraient ton grand don et comme ils donneraient leur vie pour te posséder !

            Je continuai ensuite mes actes dans la Divine Volonté et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, la créature qui vit dans ma Volonté a en elle cette même Divine Volonté qui domine et qui règne, et son âme possède alors sa puissance, sa force, sa sainteté, sa lumière et ses biens. La Divine Volonté règne dans l’âme et comme elle a en elle sa puissance, les faiblesses humaines, les passions, les misères humaines et la volonté humaine deviennent sujettes à la puissance et à la sainteté de la Volonté suprême. Par conséquent, face à cette puissance, elles sentent que leur vie leur est enlevée. La faiblesse sent qu’elle a été vaincue par la force irrésistible du Divin Fiat, la ténèbre sent qu’elle est envahie par la lumière, les misères sont remplacées par ses richesses infinies, les passions surmontées par ses vertus, et la volonté humaine est vaincue par la Divine Volonté.

            Quelle différence entre la créature qui vit dans ma Volonté et celle qui fait simplement ma Volonté ! La première la possède et la tient à sa disposition. La seconde est sujette à ma Volonté et ne la reçoit qu’en fonction de sa disposition. Et entre le fait de la posséder et celui de la recevoir, la distance est aussi grande qu’entre le ciel et la terre, la différence semblable à la créature qui possède d’immenses richesses et celle qui ne reçoit chaque jour que ce qui lui est absolument nécessaire. C’est pourquoi celle qui fait ma Volonté, mais ne vit pas en elle, est contrainte de ressentir des faiblesses, des passions, et toutes les autres misères qui forment l’héritage de la volonté humaine.

            Telle était la condition d’Adam avant qu’il ne se retire de la Divine Volonté. Son Créateur lui avait fait ce grand don qui contenait tous les autres. Il possédait la Divine Volonté et régnait sur elle, car Dieu lui en avait lui-même donné le droit. Il était ainsi le propriétaire de la force, de la lumière, de la sainteté et de la félicité de cet éternel Fiat. Mais en se retirant de la Divine Volonté, Adam en a perdu la possession et le règne, et s’est trouvé réduit à ne recevoir les effets de ma Volonté que dans la mesure de ses dispositions. La créature qui se trouve dans cette situation est toujours pauvre ; elle n’est jamais riche, car ceux qui sont riches possèdent, ils ne reçoivent pas et sont en mesure de donner aux autres une partie de leurs biens.

 

12 mai 1927 - Notre Seigneur a fait plus en formant la Rédemption que s’il nous avait simplement libérés de tous châtiments, et cela est vrai également pour qui doit former le Royaume du Divin Fiat. Comment une puissance hostile empêche l’âme de mourir. Les âmes sont appelées à faire les lois et à gouverner le monde.

            Je me sentais oppressée non seulement à cause de la privation de mon doux Jésus, mais aussi par les menaces de graves châtiments à venir, de guerres et de révolutions, de combats infernaux et horrifiants. Mon Dieu ! quelle souffrance d’être obligée par un pouvoir suprême de voir tous ces maux, l’aveuglement des dirigeants qui veulent la destruction des peuples, et mon impuissance à m’opposer à la Justice divine avec mes souffrances pour leur épargner tant de malheurs ! Je ressentais tout le poids de la vie et j’aspirais ardemment à partir pour la Patrie céleste puisque je ne pouvais pas arrêter ces malheurs avec mes souffrances. Et mon doux Jésus, se manifestant au-dedans de moi, me dit :

            Ma fille, crois-tu que nous aurions fait plus en leur épargnant les châtiments que méritaient leurs nombreuses fautes plutôt qu’en leur apportant la Rédemption ? Les châtiments sont des souffrances temporaires. La Rédemption est un bien éternel qui ne finit jamais. Si je leur avais épargné les châtiments, je ne leur aurais pas ouvert le Ciel ni donné droit à la gloire. En formant la Rédemption, j’ai ouvert les portes du Ciel et je les ai mis sur la voie de la Patrie céleste en leur rendant la gloire perdue. Lorsque l’on a en vue un grand bien, il faut accepter de mettre de côté un moins grand bien, d’autant plus que le plus grand doit servir à équilibrer ma Justice. Et jamais mon Humanité ne pourrait ni ne voudrait s’opposer à cet équilibre divin.

            De plus, les châtiments devaient servir de rappel aux créatures, de voix pour les réveiller de leur sommeil coupable et les inciter à reprendre le droit chemin, et servir de lumière pour les guider. Ces châtiments étaient aussi des moyens de les aider à recevoir les biens de la Rédemption. Je ne voulais pas détruire ces guides et, par conséquent, avec ma venue sur terre, les châtiments qu’ils méritaient ne leur ont pas été épargnés.

            À présent, ma fille, tu penses que tu aurais fait plus si tu les avais délivrés des châtiments qu’ils méritent en ces temps-ci, et voyant qu’il n’en est rien, la vie te semble pénible et tu voudrais venir au Ciel. Ma pauvre fille, comme tu connais mal les véritables grands biens, incalculables et infinis, et si différents des autres qui sont petits et finis ! N’est-il pas plus grand de former le Royaume de ma Divine Volonté, de le faire connaître, d’en ouvrir la voie pour les y faire entrer, et de leur donner la lumière de sa connaissance pour les guider, de rendre aux créatures leur bonheur, la condition première de leur Création, et de les enrichir de tout le bien que contient la Divine Volonté ? Si tu avais épargné aux créatures tous leurs châtiments, comparé au grand bien du Royaume du Fiat suprême, cela aurait été comme si tu n’avais rien fait. C’est pourquoi, si tu te trouves dans la même situation, tu dois être heureuse de former le Royaume de la Divine Volonté qui surpasse toute chose. Quant aux châtiments, tu dois les laisser au moins en partie suivre leur cours. D’autant plus que je te garde sur terre pour le Royaume de ma Volonté, ce qui est ta mission spéciale.

            Mais la terreur que j’éprouvais après les terribles malheurs que Jésus m’avait fait voir était si grande que je ne voulais pas rester sur cette terre, et je me disais : « On dirait qu’un ennemi éloigne de moi la mort et me contraint à traverser cet exil. Je crois souvent que je vais mourir. Il y a quelques mois encore, je pensais que j’allais arriver dans ma Patrie céleste, mais tout est parti en fumée. Cet ennemi me résiste et je dois rester dans la misérable prison de mon humanité. Quel est ce pouvoir qui me combat ? Et quel est celui qui s’oppose à mon bonheur ? Qui freine mes pas, empêche mon envol, me barre la route de façon si cruelle et si dure, et me fait reculer ? » Je pensais à cela lorsque mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, ne sois pas triste. Tu te fais de la peine et je souffre de te voir tant souffrir. Veux-tu savoir qui est cette grande puissance hostile ? C’est le Ciel tout entier qui t’empêche de prendre ton envol vers la Patrie céleste après quoi tu soupires depuis longtemps. Mais sais-tu pourquoi ? Parce qu’ils veulent voir le Royaume de ma Volonté accompli en toi. Tous les habitants du Ciel veulent être rétablis dans l’honneur et la gloire qui leur manquent, parce que ma Volonté n’était pas accomplie en eux lorsqu’ils étaient sur la terre. Ils veulent par conséquent que ma Volonté soit accomplie en toi afin qu’à travers toi, ils puissent recevoir leur complète gloire. Aussi, lorsqu’ils te voient sur le point de prendre ton envol, toutes les puissances du Ciel s’y opposent, et elles te font obstacle de la manière la plus énergique. Mais sache que cette puissance céleste n’est pas hostile, mais amicale. Elle t’aime beaucoup et agit pour ton propre bien.

            Sais-tu, ma fille, que celle qui forme le Royaume de ma Volonté sur terre formera la couronne complète de leur gloire au Ciel ? Et cela te semble-t-il peu de chose qu’ils attendent d’une de leurs sœurs cette gloire complète du Fiat suprême ? Par conséquent, ma fille, redis avec moi, Fiat, Fiat !

            J’étais triste, mais totalement immergée dans la Divine Volonté, et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, lorsque j’appelle des âmes de façon spéciale et extraordinaire, j’agis comme un roi qui nomme ses ministres et qui avec eux, légifère, règne et gouverne son royaume. C’est ce que je fais moi aussi : j’appelle ces âmes à faire partie de mon Royaume et j’établis les lois qui gouverneront le monde. Et comme je t’ai appelée de façon spéciale à vivre dans la cour de ma Volonté, elle te fait partager ses secrets les plus intimes et te fait voir les maux, les guerres et les préparatifs infernaux qui détruiront bien des villes. Et comme ta petitesse n’est pas capable de supporter la vue de ces maux, il est juste que tu désires venir au Ciel. Mais tu dois savoir que souvent les ministres dissuadent le roi d’instituer des lois punitives, et s’ils n’obtiennent pas tout ce qu’ils demandent, ils obtiennent toujours quelque chose. Ce sera la même chose pour toi : si tout ne t'est pas accordé sur terre, tu obtiendras cependant quelque chose. Alors courage, et que ton envol dans ma Volonté soit continuel.

 

18 mai 1927 - La valeur des actes accomplis dans la Divine Volonté. Celui qui vit en elle possède la source de tous les biens. Dieu ne peut pas faire les choses à moitié. Victoires des deux côtés.

             Je suivais la Divine Volonté en faisant ma ronde dans la Création et j’ai vu mon doux Jésus qui rassemblait tous mes actes en moi. Ils étaient comme des lumières, toutes plus belles les unes que les autres. Jésus appela les anges et leur fit connaître une partie de ces actes. Ils rivalisaient entre eux pour les recevoir et les emporter triomphalement vers la voûte des cieux. Jésus, toute bonté, me dit :

            Ma fille, la valeur de ces actes accomplis dans ma Volonté est si grande que les anges considèrent comme une faveur de les recevoir. Ils voient en eux la vertu créatrice et perçoivent en ces actes l’écho du Divin Fiat. Ces actes de lumière sont des voix divines, et ces voix divines sont musique, beauté, béatitudes, sainteté et science divine. Et comme ma Volonté est la vertu du ciel, les anges s’empressent d’apporter ces actes accomplis en elle dans leur céleste séjour. Rien de ce qui est fait dans ma Volonté suprême ne peut demeurer sur terre. Ces actes peuvent tout au plus être faits ici-bas, mais ma Volonté, tel un aimant, les attire vers leur source et les entraîne dans la Patrie céleste.

            Je sentais mon pauvre esprit absorbé dans le Fiat éternel et je me disais : « Comment est-il possible que des actes accomplis dans la Divine Volonté aient une telle puissance ? » Et mon aimable Jésus ajouta :

            Ma fille, pourquoi le soleil donne-t-il sa lumière à la terre entière ? Parce qu’il est plus grand que la terre et possède une force unique et complète, source de couleurs, de fécondité et d’une variété de douceurs. C’est pour cela que le soleil, étant plus grand que la terre, peut lui donner la lumière, une variété de couleurs dans les fleurs et de douceurs dans les fruits. Le soleil, dans sa grandeur et sa magnificence, est un dans son acte, mais il accomplit tant de choses dans cet acte unique qu’il fascine toute la terre en donnant à chaque chose son acte distinct.

            Ma Volonté est plus que le soleil, et puisque sa lumière est infinie, elle produit en un seul acte la fécondité de tous les actes réunis. L’âme qui vit dans ma Volonté possède la source de ses actes et de sa fécondité. C’est pourquoi, dans l’âme où elle règne et domine, ma Volonté ne change ni son régime ni sa façon d’opérer. L’âme qui agit dans ma Volonté produit la multiplicité et la fécondité de ses actes divins. Tous les actes de Dieu sont comme un seul et, embrassant toute chose, tous les actes sont accomplis tous ensemble.

            Considère la création de l’homme lorsque d’un seul acte sont sortis tout ensemble sainteté, puissance, connaissance, amour, beauté et bonté. En un mot, de ce qui est sorti de nous, il n’est rien qui n’ait été infusé dans l’homme. Nous lui avons donné de participer à toute chose, car lorsque nous agissons, nous ne faisons jamais rien à moitié. Et lorsque nous donnons, nous donnons tout. De plus, ma Volonté est lumière infinie, et c’est une vertu de la lumière que de descendre au plus profond des abysses, de s’élever vers les sommets les plus hauts, et de s’étendre partout. Il n’est aucun lieu où elle ne parvienne ; mais dans la lumière, aucune matière ne peut pénétrer ni aucune chose qui lui soit étrangère. Ma lumière est intangible ; elle a pour fonction de donner sans jamais s’arrêter.

            Telle est la condition de l’âme qui vit dans ma Divine Volonté. L’âme devient lumière avec la lumière de la Divine Volonté et, par conséquent, elle descend dans la profondeur des cœurs et apporte avec elle le bien de cette lumière. Ma Volonté s’étend partout et sur toute chose comme pour apporter à tout et à tous les effets que contient sa lumière. L’âme se sentirait trahie si elle ne pouvait pas s’étendre à tous et à toute chose. Si bien que l’âme s’élève dans les hauteurs et, pénétrant au-delà de la voûte azurée des cieux, elle fait écho à ma Volonté qui règne dans la Patrie céleste. Ma Volonté qui règne dans l’âme et cette même Volonté qui règne dans la Patrie céleste descendent ensemble et s’étendent pour former cette pluie de joies, de béatitudes et de bonheurs nouveaux qui tombe sur tous les bienheureux.

            La vie dans ma Volonté est admirable et elle est un continuel prodige. Elle contient tous les biens, elle est le germe qui se multiplie à l’infini. Sa fécondité est inimitable et c’est pourquoi la terre et le ciel tout entiers en rêvent. Elle est la victoire de Dieu sur la créature, et la victoire de l’homme sur son Créateur. Comme il est beau de voir l’Être suprême, l’éternelle Majesté, et la petitesse de la créature chanter victoire ! Et par la vertu de cette Divine Volonté, le petit et le grand, le faible et le fort, le riche et le pauvre rivalisent entre eux, et les deux crient victoire !

            C’est pourquoi j’ai un si grand désir que ma Divine Volonté soit connue, que son règne arrive, pour accorder à la créature sa victoire et sa place au même niveau que moi. Sans le règne de ma Volonté dans la créature, cela ne peut pas être ; il y aura toujours une distance entre moi et la créature et jamais elle ne pourra vaincre ni chanter victoire. L’œuvre de nos mains ne sera pas à notre image.

 

22 mai 1927 - Le nombre total de toutes les choses et de tous les actes humains a été établi à la Création. Comment Jésus a tout pris en lui.

            Je me fusionnais avec mon doux Jésus dans sa Divine Volonté pour multiplier mes pensées par les siennes et je me plaçais en chaque pensée des créatures afin de pouvoir donner à mon Créateur des actes d’hommage, de gloire et d’amour pour toutes les pensées de chaque créature. Mais en faisant cela, je pensais : « Comment mon bien-aimé Jésus a-t-il pu faire des actes pour tous les actes, toutes les pensées et tous les pas que les créatures allaient faire ? » Et mon Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tout comme dans la Création, ma Divine Volonté a établi le nombre de toutes les choses créées, tel que le nombre des étoiles, des plantes et des espèces, et jusqu’au nombre des gouttes d’eau, ma Volonté a également établi celui des actes humains des créatures. Rien ne peut être perdu ou augmenté conformément à l’ordre établi par le Divin Fiat. Les créatures, en vertu du libre arbitre qui leur a été accordé, pouvaient faire que ces actes soient bons ou mauvais, mais non qu’ils soient supérieurs ou inférieurs en nombre ; cela ne leur a pas été accordé. Tout est établi par la Divine Volonté.

            Dans la Rédemption, le Fiat éternel qui régnait dans mon Humanité connaissait tous les actes que devaient accomplir les créatures : toutes les pensées, tous les mots et tous les pas, rien n’y manquait. Il n’est donc pas surprenant que j’aie multiplié tous mes actes pour chacun des actes des créatures afin que la gloire du Père céleste puisse être complétée de ma part au nom de chaque créature et pour chacun de ses actes. Et le bien que j’implorais pour elles était complet, de telle sorte que chaque acte de la créature, chaque pensée, parole ou pas devait avoir l’aide de mon acte. Chacune de mes pensées devait aider et donner la lumière à chacune de ses pensées, et ainsi de suite pour toutes les autres créatures.

            Tout est compris en moi. J’ai formé en moi la nouvelle Création de tous les actes des créatures afin de pouvoir à nouveau tout leur rendre. Rien ne manquait ; autrement, si même une seule pensée avait manqué, ce n’aurait pas été une œuvre digne de ton Jésus. La créature aurait trouvé un vide dans mes pensées et n’aurait pas eu l’aide, la force et la lumière de cette pensée quand elle l’aurait voulu. Or, ma fille, ma Divine Volonté a formé avec moi cette nouvelle Création de tous les actes humains des créatures afin de pouvoir implorer le Royaume du Fiat suprême de mon Père céleste. Et les créatures trouveront ce triple secours de force et de lumière dans tous leurs actes pour que revienne le Royaume de ma Volonté. Et ce triple secours universel sera constitué des actes de la Reine Souveraine, des actes de ton Jésus, et de ceux de la petite fille de la Divine Volonté.

            Je me demandais après cela ce que pouvait être cette Divine Volonté. Et Jésus ajouta :

            Ma fille, la Divine Volonté signifie donner Dieu à Dieu. C’est une effusion divine qui transforme la nature humaine en nature divine. C’est la communication de la vertu créatrice qui embrasse l’infini, s’élève dans l’éternel et prend dans la paume de sa main l’éternité afin de pouvoir dire à Dieu : « Je t’aimais de toute éternité. Ta Volonté n’a pas de commencement. Elle est éternelle avec toi et moi ; en elle, je t’aimais d’un amour qui n’a ni commencement ni fin. » Qu’est-ce que ma Volonté ? Ma Volonté est tout.

 

24 mai 1927 - L’offrande de son travail dans la Divine Volonté. La créature qui vit en elle forme de nombreux actes de vies divines et possède la vertu de dédoublement.

            J’offrais mon travail en disant : « Jésus, mon amour, je veux tes mains dans les miennes afin de donner à notre Père céleste cet amour et cette gloire que tu lui as donnés individuellement par tes travaux lorsque tu étais sur terre. Je veux aussi m’unir à toi lorsque toi, le Verbe du Père, tu participais de toute éternité avec le Père à ses propres œuvres et que tu aimais d’un amour réciproque et une égalité parfaite. Je veux te glorifier de cette même gloire avec laquelle vous vous glorifiez entre les Trois Personnes Divines. Mais je ne suis pas encore heureuse ; je veux placer mes mains dans les tiennes afin de pouvoir me couler avec toi dans ta Volonté. Je veux me couler dans le soleil pour te donner la gloire de la lumière, de la chaleur et de la fécondité du soleil. Je veux me couler dans la mer pour te donner la gloire de ses vagues et de son continuel murmure. Je vais dans l’air pour te donner la gloire du chant des oiseaux, dans le ciel bleu pour te donner la gloire de son immensité, et ma voix coule dans le scintillement des étoiles pour te dire Je t’aime. Je veux me couler dans les champs de fleurs pour te donner la gloire et l’adoration de leurs parfums. Il n’y a pas d’endroit où je ne veux aller pour que tu puisses entendre ta petite fille qui t’adore, t’aime et te glorifie partout. » Je disais cela et bien d’autres choses lorsque mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, je sens en toi ma propre gloire, mon amour, ma vie et mes travaux. Ma Volonté centralise tout en toi. Mais aussi, lorsque tu travailles, ma Volonté te prend dans le soleil et tu agis avec sa lumière. Tes mouvements coulent dans les rayons du soleil et, lorsque sa lumière est diffusée, tu diffuses la gloire et l’amour de ton Créateur. Comme il est beau de voir ma fille dans toutes mes œuvres pour me donner l’amour et la gloire que contient chacune d’elles. Et comme ma Volonté possède la vertu de dédoublement, elle te dédouble également pour que tu puisses te trouver dans la mer, dans l’air, dans les étoiles – partout – afin de m’aimer et d’être aimée et glorifiée.

            Ma fille, pour chaque acte que la Divine Volonté accomplit en union avec l’âme, une Vie divine est formée, et comme ma Volonté est divine, elle ne peut faire moins que former des Vies divines dans tes actes. De telle sorte que là où elle règne, lorsque l’âme travaille, parle, pense, que son cœur bat, etc., ma Divine Volonté est à l’œuvre, et ses pensées, ses paroles et ses battements de cœur coulent dans ceux de la créature afin d’y former premièrement son acte, sa parole, pour ensuite donner une place à sa Vie divine. Ainsi, des Vies divines surgissent de tout ce que l’âme fait de telle sorte que le ciel et la terre sont peuplés d’autant d’images de Vies divines. L’âme devient la reproductrice de la Vie divine et la fait se dédoubler partout.

            Ma Volonté n’est pas moins puissante dans l’âme où elle règne qu’elle ne l’est au sein des Trois Personnes Divines. Et c’est pourquoi, possédant la vertu de dédoublement, ma Volonté forme non seulement dans l’âme autant de Vies divines qu’elle désire, mais elle y forme aussi son ciel, son soleil, ses mers d’amour, ses champs de fleurs, et fait que l’âme peut dire à son Dieu : « Tu m’as donné un ciel et je te donne un ciel, tu m’as donné un soleil et je te donne aussi un soleil, tu m’as donné des mers, des champs de fleurs et je te donne aussi des mers et des champs de fleurs. »

            Oh ! puissance de ma Volonté ! Que ne peut-elle pas faire dans l’âme où elle règne ! Par conséquent, là où elle règne, ma Volonté fait ses délices de placer l’âme au même niveau que nous, car elle sait que c’est notre Volonté que la créature soit à notre image et à notre ressemblance ; et notre Volonté, fidèle exécutrice, la rend telle et nous appelons cette créature là où règne notre Fiat suprême. C’est notre gloire, notre amour et notre vertu ; et c’est uniquement dans notre Volonté que l’âme peut y parvenir. Sans ma Volonté, il existe une grande distance entre le Créateur et la créature. C’est pourquoi j’ai un si grand désir que la Divine Volonté règne dans la créature afin de laisser un grand champ d’action à notre Volonté pour qu’elle puisse y dédoubler nos œuvres, nos vies, et élever la créature jusqu’au dessein en vue duquel elle a été créée. La créature est sortie de notre Volonté. Il n’est que juste qu’elle marche dans les pas de notre Volonté et retourne à son Créateur par le même chemin d’où elle sortie, toute belle et enrichie par les prodiges de notre Fiat éternel.

 

26 mai 1927 - Dieu a formé dans la Création toutes ces chambres afin que l’homme puisse toujours y trouver Dieu et qu’il puisse lui donner ses attributs. Jésus dissipe les doutes. Ce qui est impossible pour l’âme est aisé pour Dieu. L’âme se plaint et Jésus la rassure.

            Mon état d’abandon dans la divin Fiat continue, et après avoir suivi ses actes dans la Création, je pensais à la manière de réordonner devant la suprême Majesté toutes les relations entre le Créateur et la créature que l’ingratitude humaine avait brisées. Et mon Jésus adoré, se manifestant au-dedans de moi, me dit :

            Ma fille, regarde toute la Création : le ciel, les étoiles innombrables, le soleil, le vent, la mer, les champs de fleurs, les montagnes et les vallées sont tous des chambres que j’ai formées, et en chacune d’elles se trouve un palais royal où je demeure. J’ai fait cela pour que l’homme puisse facilement trouver son Dieu, immédiatement et partout. Et son Dieu s’est installé en chacune de ces chambres pour y attendre l’homme. Les chambres n’étaient pas fermées et l’homme n’avait même pas besoin de frapper à la porte et pouvait entrer librement aussi souvent qu’il le désirait. Dieu était prêt à recevoir l’homme. Le Créateur du ciel et de la terre ne s’était pas installé dans une seule chambre, mais partout, afin que l’homme puisse toujours le trouver. Il a disposé ces chambres très près les unes des autres, car il ne devrait pas y avoir de distance entre le Créateur et la créature, mais uniquement proximité et familiarité. Par conséquent, toutes ces chambres étaient et sont encore des liens, des moyens et des chemins entre Dieu et l’homme.

            Mais qui devait entretenir ces liens, consolider ces relations et veiller à ce que les portes soient ouvertes ? C’est notre Volonté régnant dans l’âme qui devait avoir l’importante responsabilité de maintenir l’ordre de notre Création. Mais lorsque l’homme s’est séparé du divin Fiat, ces liens ont perdu de leur force, les relations se sont relâchées, les chemins ont été barrés et les portes fermées. L’homme a perdu son héritage, il a été dépouillé de tous ses biens et ses pas ne rencontraient que des pièges pour le faire chuter. En ne faisant pas ma Volonté, l’homme perdait tout et il ne lui restait rien de bon ; en faisant ma Volonté, il acquiert tout et il n’est aucun bien qui ne lui soit rendu.

            Que n’a pas fait dans la Création la bonté paternelle du Créateur pour l’amour de l’homme ? Non seulement le Créateur a-t-il fait de nombreuses chambres, mais il les a faites différentes les unes des autres afin d’être trouvé de bien des façons différentes par celui qu’il aimait. Dans le soleil, le Créateur se laissait trouver revêtu de lumière, toute majesté, brûlant d’amour, attendant de donner à l’homme sa lumière pour qu’il puisse le comprendre, de donner à l’homme son amour pour qu’il puisse trouver son Dieu en entrant dans cette chambre et devenir lumière et amour. Dans la mer, l’homme pouvait trouver son Dieu fort qui lui donnait la force. Dans le vent, il le trouvait qui régnait et dominait pour donner à l’homme l’empire sur toute chose. Bref, en toute chose créée, Dieu attendait l’homme afin de le faire participer à ses qualités.

            Après quoi, je me disais : « Jésus aime tellement sa Volonté et on dirait qu’il veut tellement qu’elle soit connue pour qu’elle puisse régner et dominer. Mais il me semble difficile que sa Volonté soit connue parce que personne ne s’en préoccupe, personne ne s’y intéresse. C’est seulement Jésus qui s’y intéresse, mais pas les créatures. Alors, si les créatures ne rendent pas gloire à Dieu et si la plénitude des biens ne leur est pas donnée, comment ce règne du Fiat éternel peut-il être connu ? » Je pensais à cela lorsque mon doux Jésus se manifesta au-dedans de moi et me dit :

            Ma fille, ce qui te paraît difficile n’est pas difficile pour Dieu. Tout comme dans la Rédemption, toutes les difficultés et les perfidies humaines n’ont pu faire obstacle au cours de notre amour, et moins encore à accomplir la décision par notre Volonté de venir racheter la génération humaine. Lorsque la Divinité décide d’accomplir un acte, de réaliser une œuvre, quels que puissent être les circonstances, les raisons ou les obstacles, elle triomphe de tout, l’emporte sur tout, et fait ce qui a été établi. Le point culminant et le plus important pour Dieu est d’établir ce qu’il veut faire ; ayant fait cela, il a tout fait.

            Par conséquent, s’il a été établi en nous que notre Volonté doit être connue et que son Royaume doit venir sur la terre, la chose est déjà faite. La Rédemption a été accomplie parce que nous l’avions établi, et ce sera la même chose pour notre Volonté. De plus, dans la Création, ce Royaume est sorti de notre Divinité ; l’ordre y était total, car notre Volonté régnait et dominait. À la chute de l’homme, ce Royaume n’a pas été détruit ; il est intact et existe encore maintenant, mais il reste suspendu pour l’homme. Dans la Rédemption, j’ai tout rétabli. J’ai tout fait pour que l’homme soit racheté et j’ai tout fait également pour effacer cette suspension afin que la créature puisse entrer dans le Royaume du Divin Fiat, d’abord en accordant la première place à ma Rédemption puis, avec le temps, à ma Volonté. Il est difficile de construire un royaume, de réaliser une œuvre, mais une fois la chose faite, il est facile de la faire connaître. Et ce n’est pas la puissance qui manque à ton Jésus. Je peux omettre de faire ou de ne pas faire quelque chose, mais je ne peux jamais manquer de puissance. Je disposerai les choses, les circonstances, les créatures et les événements qui rendront facile la connaissance de ma Volonté.

            Je me sentais véritablement très triste et je pensais : « Que mon état est difficile à supporter, j’ai l’impression de ne pas pouvoir continuer. La Divine Volonté est inexorable, immuable, et ce n’est pas une plaisanterie que d’avoir affaire à son Fiat. On ressent tout le poids de son immuabilité qui demeure imperturbable et impassible devant tout. La Divine Volonté vous place toujours dans la condition de vouloir ce qu’elle veut, même des châtiments et les privations mêmes de Jésus qui me coûtent tant. Il faut lui donner tout ce qu’elle demande, mais quant à ce que l’âme désire, rien ne doit lui être accordé, pas même la plus petite chose. » Je pensais à cela lorsque mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, ma Volonté veut être libre dans l’âme et, par conséquent, elle ne veut pas voir la moindre petite chose de ce que l’âme désire, même si cette chose est sainte. Elle ne veut pas voir de limites dans cette âme. Elle veut étendre son empire sur toute chose et ce que veut ma Volonté, l’âme doit le vouloir également et elle doit le faire. Ainsi, l’âme ressent le poids de l’immuabilité de ma Volonté afin de devenir immuable et ne plus être sujette au changement si elle voit des créatures souffrir ou parce qu’elles manquent temporairement d’un bien. Ce serait alors sortir de son immuabilité, et c’est une sainteté humaine.

            La sainteté de ma Divine Volonté est une sainteté divine qui ne se permet pas de telles faiblesses. Si ma Divine Volonté y était sujette, notre Justice serait sans vie dans notre Être suprême, ce qui ne peut être. Si tu savais dans quelle condition se trouve ma Justice en ces temps-ci ! Si elle devait se décharger sur toi, tu serais écrasée et ma Volonté ne veut pas que tu sois écrasée, mais elle veut que les créatures participent à sa douleur afin que leurs yeux s’ouvrent et qu’elles comprennent dans quel aveuglement elles sont tombées.

            Toutes les grandes nations vivent chargées de lourdes dettes ; si elles ne contractaient pas des dettes, elles ne pourraient pas vivre. Et pourtant elles festoient et n’économisent sur rien. Elles préparent des guerres, ce qui occasionne d’énormes dépenses. Ne vois-tu pas toi-même dans quel aveuglement et dans quelle folie elles sont tombées ? Et toi, ma petite enfant, tu voudrais que ma Justice ne les frappe pas, que je leur accorde encore plus de biens temporels pour qu’elles deviennent encore plus aveugles et plus folles. Et voyant que ma Volonté n’accède pas à toutes tes demandes, tu te plains, tu as le sentiment que ma Volonté a pris toute la place en ton âme sans te laisser la liberté de faire quoi que ce soit et tu ressens la force de la sainteté et de l’immuabilité de ma Divine Volonté. Je t’ai souvent dit que mes privations ne sont pas autre chose que les vides de ma Justice qui se prépare à frapper les peuples.

            Aussi, ma fille, ne te décourage pas. Tu ne sais pas à quel point je t’aime et combien de trésors j’ai déposés en toi. Je ne peux pas te quitter, je dois veiller sur les trésors que j’ai placés en toi. Tu dois savoir que chaque parole est un don divin. Et combien de paroles ne t’ai-je pas dites ? Et lorsque je fais un don, je ne le reprends jamais ; et pour être sûr que mes dons sont en sécurité, je veille sur eux et sur l’âme qui les possède. Par conséquent, laisse-moi libre d’agir et laisse ma Volonté régner librement en toi.

 

DEO GRATIAS !

 


 

LE LIVRE DU CIEL

 

Tome 22

 

1er juin 1927 - Comment Jésus peut accomplir tous les miracles, sauf celui de nous séparer de sa propre Volonté. Tristesse à la mort du père Di Francia. Le bien de celui qui met en pratique les vérités qu’il a apprises. Jésus permet à Luisa de voir cette âme bienheureuse, et il lui en parle.

            Je suis de plus en plus longtemps privée de mon doux Jésus ; je sens que je ne peux plus continuer ainsi. Ah ! si on m’accordait le droit de m’envoler vers ma Patrie céleste, là où il n’y a plus de séparations d’avec Jésus, comme je serais heureuse de sortir de la dure et sombre prison de mon corps ! Jésus ! Jésus ! Comment peux-tu ne pas avoir pitié de moi, pauvre prisonnière ? Comment est-ce possible ? Tu m’as laissée sans même venir me rendre souvent visite dans la sombre prison où je suis. Oh ! Jésus ! Sans toi, comme il devient plus douloureux, plus lugubre et plus terrible cet emprisonnement où tu m’as placée en me disant que je devais y rester pour l’amour de toi et pour faire ta Volonté – mais que tu ne m’y laisserais pas seule, que tu viendrais m’y tenir compagnie. Et maintenant ? Maintenant tout est fini ! Je n’ai plus ton sourire pour me réconforter, ta parole pour briser mon long silence, ni ta compagnie pour rompre ma solitude. Je suis seule, emprisonnée et enchaînée par toi dans cette prison ; et pour finir, tu me quittes. Jésus ! Jésus ! Je ne m’attendais pas à cela de toi. Mais alors que j’épanchais tout mon chagrin, il est sorti du dedans de moi et m’a embrassée pour me soutenir, car j’étais à bout de forces ; puis il m’a dit :

            Ma fille, courage, je ne te quitte pas. Au contraire, tu dois savoir que ton Jésus peut accomplir n’importe quel miracle, mais pas celui de te séparer de sa propre Volonté. Si ma Divine Volonté est en toi, comment puis-je te quitter ? Et si cela était, je serais Jésus sans vie. C’est au contraire l’infini de mon Fiat qui me cache ; et alors que tu sens la vie de mon Fiat, tu ne vois pas ton Jésus qui est en lui.

            Après quoi je me suis sentie très malheureuse, non seulement parce que j’étais privée de mon doux Jésus, mais aussi parce que j’avais appris de façon inattendue la nouvelle de la mort du R. P. Di Francia. Il était le seul être qui me restait et à qui je pouvais ouvrir ma pauvre âme. Comme il me comprenait bien ! C’est à un saint que je pouvais me confier, et qui comprenait très bien le prix de tout ce que Jésus m’avait dit sur la Divine Volonté. Il s’y intéressait tellement qu’il avait insisté pour emporter chez lui tous les écrits afin de les publier. Je me disais alors : « Jésus a permis qu’il emporte les écrits, ce qui a été pour moi un grand sacrifice parce que je ne le voulais pas, et c’est seulement parce qu’il était un saint que j’ai dû accepter… Et maintenant Jésus l’a emporté au Ciel. » Je me sentais torturée par la douleur – mais Fiat ! Fiat ! Fiat ! – tout a une fin ici-bas. J’éclatais en sanglots en recommandant à Jésus son âme bienheureuse qui avait tant souffert et tant travaillé pour lui ; et c’est alors que mon doux Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit :

            Ma fille, courage, tu dois savoir que tout ce qu’a pu faire cette âme qui m’est si chère, toutes les connaissances qu’elle a acquises sur ma Volonté, sont autant de lumières qu’elle a pu enclore en elle-même. Chaque connaissance additionnelle est ainsi une lumière plus grande qui lui appartient, et chaque connaissance dépose en l’âme une lumière distincte – des lumières toutes plus belles les unes que les autres – ainsi que la semence d’un bonheur distinct que contient chaque lumière. De fait, par sa volonté de mettre en pratique chaque bien qu’elle peut connaître, l’âme demeurera alors en possession de ce bien qu’elle connaît. Mais si l’âme n’a pas la volonté de mettre en pratique les connaissances acquises, il en sera pour elle comme de l’homme qui touche une fleur ou se lave dans une eau très fraîche : il sentira le parfum de la fleur ou la fraîcheur de l’eau, mais comme il ne possède ni la fleur ni la fontaine d’eau fraîche, ce parfum s’évanouira peu à peu ainsi que la sensation agréable de l’eau fraîche, et il se retrouvera alors privé du parfum et de la fraîcheur qu’il aimait. Tel est le sort des connaissances lorsqu’on a le bonheur de les apprendre, mais sans les mettre en pratique. Cette âme avait la volonté de les mettre en pratique, si bien qu’en voyant tout le bien qu’elle en retirait, elle voulait le faire connaître aux autres en les publiant. Aussi longtemps qu’il est resté sur la terre, son corps, mieux qu’un mur, enfermait cette lumière ; mais dès que son âme sortit de la prison de son corps, elle se trouva revêtue de la lumière qu’elle possédait. Et comme les nombreuses semences de bonheur se développaient – lesquelles sont les effets des connaissances de ma Divine Volonté – il commença à vivre les vraies béatitudes. Et en se plongeant dans la lumière éternelle de son Créateur, il s’est retrouvé dans la Patrie céleste où il poursuivra sa mission sur ma Volonté en accordant lui-même son aide du haut du Ciel.

            Si tu savais toute la différence, en gloire, en beauté et en bonheur, entre celui qui, en mourant, apporte la lumière de la terre avec les semences de nombreux bonheurs, et celui qui ne fait que recevoir cette lumière de son Créateur… La distance entre eux est si grande qu’elle surpasse celle qui sépare le Ciel et la terre. Oh ! si les mortels connaissaient la grandeur du bien qu’ils acquièrent en connaissant un vrai bien ou une vérité, et en faisant de ce bien leur propre sang afin de l’absorber dans leur propre vie, ils se battraient entre eux, ils oublieraient tout pour connaître une seule vérité et ils donneraient leur vie pour la mettre en pratique !

            Pendant que Jésus parlait, je voyais devant moi, à côté de mon lit, l’âme bienheureuse du père Di Francia. Revêtu de lumière, sans toucher le sol, il me fixait sans dire un mot. Je restai moi aussi muette devant lui, et Jésus ajouta :

            Regarde-le. Vois comme il est transformé. Ma Volonté est lumière, et elle a changé cette âme en lumière ; ma Volonté est belle, et elle lui a communiqué toutes les nuances de la beauté parfaite ; elle est sainte, et il a été sanctifié. Ma Volonté possède toutes les sciences, et son âme a été revêtue de la science divine. Il n’y a rien que ma Volonté ne lui ait donné. Oh ! si tous comprenaient ce que signifie la Divine Volonté, ils mettraient toutes choses de côté, ils ne voudraient rien faire d’autre, et leur seul désir serait de faire uniquement ma Volonté !

            Après quoi, je me disais : « Mais pourquoi mon bienheureux Jésus n’a-t-il pas fait un miracle pour le père Di Francia ? » Et Jésus me dit intérieurement :

            Ma fille, dans la Rédemption, la Reine du Ciel n’a opéré aucun miracle, car sa condition ne lui permettait pas de rendre la vie aux morts ou la santé aux malades. En fait, comme sa Volonté était celle de Dieu lui-même, tout ce que son Dieu voulait et faisait, elle le voulait et le faisait également. Elle ne possédait pas non plus une autre Volonté pour demander à Dieu des miracles et des guérisons, car elle n’a jamais donné vie à sa volonté humaine, et pour demander des miracles à cette Divine Volonté, elle aurait dû se servir de la sienne – ce qu’elle ne voulait pas faire parce que cela signifiait descendre dans l’ordre humain. Mais la Reine du Ciel n’a jamais voulu rien faire en dehors de l’ordre divin, et celui qui demeure dans l’ordre divin doit faire et vouloir tout ce que fait et veut son Créateur. D’autant plus qu’avec la vie et la lumière de cette Divine Volonté, elle pouvait voir que tout ce que son Créateur voulait et faisait était pour les créatures ce qu’il y avait de mieux, de plus parfait et de plus saint. Comment aurait-elle donc pu descendre des hauteurs de l’ordre divin ? C’est pourquoi elle n’a accompli que le grand miracle qui renferme tous les miracles – la Rédemption – un miracle voulu par cette Volonté qui l’animait elle-même et qui apportait le bien universel à tous ceux qui le désiraient. Si, durant sa vie, la grande Mère du Ciel n’a pas accompli de miracles visibles, comme ressusciter des morts ou guérir des malades, elle opère cependant des miracles chaque jour et à chaque instant, car lorsque les âmes se préparent par la repentance, elle donne elle-même la disposition pour le repentir et apporte partout son Jésus, le fruit de son sein, le donnant tout entier à chaque âme en confirmation du grand miracle que cette céleste Créature a accompli par la Volonté de Dieu. Les miracles que Dieu veut faire lui-même sans intervention de la volonté humaine sont des miracles perpétuels, car ils proviennent de la fontaine divine qui ne tarit jamais, et il suffit de les vouloir pour les recevoir.

            Tes conditions sont maintenant celles de l’incomparable Reine du Ciel. Comme tu dois former le royaume du Fiat suprême, tu ne dois vouloir et faire que ce que ma Divine Volonté veut et fait, et ta volonté ne doit pas avoir de vie, même s’il te semble que tu pourrais faire quelque bien aux créatures. Et tout comme ma Maman ne voulait pas faire d’autres miracles que celui de donner son Jésus aux créatures, il en va de même pour toi : le miracle que la Divine Volonté veut que tu accomplisses, c’est de donner ma Volonté aux créatures et de la faire connaître afin qu’elle puisse régner. Tu accompliras par ce miracle plus que tout ce qui peut se faire ; tu assureras le salut, la sainteté et la noblesse des créatures, et tu banniras également leurs maladies corporelles causées par le fait que ma Divine Volonté ne règne pas. Plus encore, tu placeras en sûreté une Divine Volonté au milieu des créatures, et tu lui rendras toute la gloire et tout l’honneur dont l’a privée l’ingratitude humaine. C’est pourquoi je ne t’ai pas permis de faire le miracle de le guérir ; mais tu as accompli pour lui le grand miracle de lui faire connaître ma Volonté, et il a pu quitter la terre en sa possession. Il est maintenant dans la joie et l’océan de lumière de la Divine Volonté – et cela est plus que tout.

 

8 juin 1927 - Car tous les temps et tous les lieux appartiennent à l’âme qui fait la Divine Volonté. Comment elle a en son pouvoir l’éternité. Comment Dieu ne perd rien, car il est parfait dans l’amour.

            Je suivais la Divine Volonté en toutes ses actions, en tout ce qu’elle avait fait dans l’ordre de la Création, depuis le commencement du monde jusqu’au moment présent. Mais en faisant cela, je me disais : « Ce qui est passé n’est plus en mon pouvoir, et il me semble par conséquent que c’est une perte de temps de retracer ce qui est passé. » Mon doux Jésus se manifesta alors en moi pour me dire :

            Ma fille, pour l’âme qui fait ma Volonté et vit en elle, tous les temps et tous les lieux lui appartiennent. Ma Volonté suprême ne perd rien de ce qu’elle fait, et avec son propre et unique pouvoir, elle accomplit un acte et le préserve en elle, intact et merveilleux, tout comme elle l’a créé. Ainsi, celle qui vit dans ma Divine Volonté peut y trouver l’ordre de tous les actes qu’elle a accomplis, comme si elle les faisait à l’instant même ; et l’âme, en union avec elle, fait ce que fait ma Volonté.

            C’est tout le délice, toute la satisfaction et la gloire de ma Volonté – que ses actes étant éternels, la petitesse de la créature qui vit en ma Volonté a l’éternité en son pouvoir ; et trouvant les actes de son Créateur comme si elle les répétait avec lui, la créature aime et glorifie l’éternité des actes de celui qui l’a créée ; et c’est ainsi qu’un concours d’œuvres, un concours d’amour et de gloire a lieu entre les deux. Les temps de la Création sont par conséquent mis à sa disposition ainsi que le lieu du Paradis terrestre ; la créature a les temps de mon Incarnation et de ma Passion, et Bethléem, Nazareth et le Calvaire ne sont pas loin d’elle. Le passé, la distance, n’existent pas pour elle, et tout devient proche et présent. Plus encore, tu dois savoir que ma Volonté donne à l’âme l’unité de toutes choses, et tout comme ma Volonté, étant une, fait toutes choses de la même manière, l’âme qui possède cette divine unité contient en elle les pensées de tous, les paroles, les pas et les battements de cœur de tous, comme si tout était un, de telle sorte que ma Volonté trouve en elle toutes les générations et chaque acte de chacune d’elles, tout comme ma Volonté les trouve en elle-même. Oh ! comme il est facile de reconnaître les pas de cette créature choisie – elle porte la trace des pas de toutes les créatures dans les siens. Sa voix contient les notes de toutes les voix humaines et, oh ! quelle merveilleuse harmonie elle forme dans notre Volonté. Son cœur qui bat projette autant de petites flammes que de créatures venues à l’existence. Oh ! comme elle nous ravit ! Nous nous amusons avec elle ; elle est notre cher joyau, le reflet de notre œuvre, l’image de notre vie. C’est pourquoi je veux que ma Volonté règne dans la créature afin de la remplir de tous ses actes. En fait, lorsque ma Volonté ne règne pas, le vide de ses actes se forme dans la créature, et – ô combien terrible peut être le vide de la Divine Volonté dans la créature ! Elle est alors comme une terre aride, couverte de roches, sans soleil et sans eau, terrible à voir. Comme ils sont nombreux ces vides dans la créature ; et lorsque j’en vois une qui vit dans ma Volonté, je fais une fête, car je peux la combler de tous les actes de ma Volonté.

            Je pensais à ce que je venais d’écrire et mon Jésus ajouta :

            Ma fille, notre amour est parfait dans toutes nos œuvres, et comme il est parfait, nous ne perdons rien de ce que nous faisons. Nos œuvres servent par conséquent de triomphe, de gloire et de couronne éternelle à notre Être divin, et tout ce qui est fait dans la perfection de notre amour parfait n’est pas sujet à disparaître ou à perdre sa complétude ou sa beauté. Bien différente est l’œuvre de la créature qui ne possède pas l’amour parfait de nos œuvres. Elle travaille et produit ses œuvres – mais elle n’a ni la vertu ni l’espace pour les préserver en elle, et c’est pourquoi elle en perd un grand nombre ; et comme il leur manque l’amour et la vie de celles qui les ont formées, les œuvres humaines n’ont pas la vertu de demeurer belles, intactes et à jamais nouvelles, telles qu’elles ont été faites.

            Par conséquent, avec l’âme qui vit dans notre Divine Volonté, nous prenons plaisir à lui montrer tous nos actes qui semblent être tous présents et en train d’être faits. Et nous disons à l’âme : « Répète notre acte, de sorte que ce que nous faisons, tu puisses le faire toi aussi, afin de mettre l’acte du Créateur en commun avec la créature. » Il en est comme de celui qui possède un grand nombre de belles choses, mais les garde sous clef dans des chambres séparées ; personne ne sait qu’il possède tant de choses d’une beauté si diverse. Mais voilà qu’un deuxième personnage gagne les faveurs du premier, lui donne des preuves de sa fidélité et se montre incapable de modifier d’un iota sa volonté. Il conquiert le cœur du premier qui sent fondre son cœur, car son amour envers cet autre le pousse avec une force irrésistible à lui montrer les biens qu’il possède, la variété et la rareté de tant de choses précieuses. Il lui ouvre par conséquent les chambres secrètes et lui dit : « Mon amour est divisé si je ne te fais participer à mes secrets, si je ne te laisse voir ce que je possède afin que nous puissions ensemble les posséder et en jouir. » Ces choses semblent toutes nouvelles au second personnage, car il n’avait jamais vu de choses semblables ; mais pour le premier, elles étaient anciennes. C’est ce qui arrive avec celui qui vit dans notre Volonté : les portes sont ouvertes, nos secrets sont révélés, la créature prend connaissance de toutes nos plus belles œuvres. Avoir des secrets pour elle, lui cacher nos actes, serait un poids sur notre Cœur ; ce serait continuer à la traiter comme une étrangère. Oh ! comme cela nous ferait de la peine ! De fait, l’amour véritable et parfait ne tolère aucune séparation dans les œuvres et dans les biens ; au contraire, ce qui est à moi est à toi, ce que je sais, tu le sais également. Plus encore, tu dois savoir que ma Volonté forme l’écho de ses œuvres, de son amour et de sa parole dans l’âme où elle règne, de telle sorte qu’en entendant son écho, l’âme répète l’œuvre, l’amour et la parole du divin Fiat.

 

12 juin 1927 - Relations existantes entre le Créateur et la créature, le Rédempteur et les rachetés, le Sanctificateur et les sanctifiés. Qui sera capable de lire les divins caractères ?

            Je suivais à ma manière habituelle les actes du divin Fiat afin de réparer et rétablir les relations entre le Créateur et la créature, le Rédempteur et les rachetés, le Sanctificateur et les sanctifiés, relations brisées par la volonté humaine, et mon bien-aimé Jésus me dit :

            Ma fille, celle qui veut connaître toutes les relations qui existent entre le Créateur et la créature, et conserver les liens existants, doit laisser ma Divine Volonté régner en elle de façon absolue. En fait, puisque la vie de ma Volonté est présente dans toute la Création, elle formera une seule et unique vie pour toutes les choses créées, et comme la vie est une, elle comprendra leur langage et les relations qui existent avec son Créateur. Chaque créature parle avec son Créateur et possède les caractères lisibles de mon divin Fiat. Mais sais-tu qui est capable d’entendre leur voix, de comprendre leur langage céleste et de lire les divins caractères que chaque chose créée a imprimés en elle ? C’est celle qui possède ma Volonté. Cette créature a l’ouïe qui lui permet d’entendre leur voix, l’intelligence pour les comprendre, les yeux pour lire les divins caractères qu’avec tant d’amour son Créateur a imprimés en chaque chose créée. Par contre, la créature qui ne laisse pas régner en elle ma Volonté se trouve dans l’état de celui qui est sourd et ne peut pas entendre, stupide et ne peut pas comprendre, et qui n’a pas étudié la variété des langues ; on peut bien lui parler, mais il ne comprend rien.

            De la même manière, pour maintenir les relations existantes entre le Rédempteur et les rachetés, et pour les connaître, il faut étudier ma vie. Chacune de mes paroles, de mes œuvres et de mes souffrances, chacun de mes pas et de mes battements de cœur étaient des liens avec lesquels je suis venu m’attacher les rachetés. Mais qui est attaché ? Celui qui étudie ma vie et cherche à m’imiter. En m’imitant, la créature reste attachée à mes paroles, à mes œuvres, à mes pas, etc. ; elle reçoit leur vie et aura l’ouïe pour être capable d’écouter tous mes enseignements, l’esprit pour les comprendre et les yeux pour lire tous les caractères imprimés en moi lorsque je suis venu racheter l’humanité. Et si la créature ne fait pas cela, les caractères de la Rédemption seront pour elle illisibles ; ce sera pour elle un langage étranger et les relations et les liens de la Rédemption ne seront pas en vigueur. La créature sera toujours l’aveugle-née de tous nos biens dont nous voulions l’enrichir. Et celle qui veut connaître et recevoir tous les liens et les relations de sainteté doit aimer le Sanctificateur. Le Saint-Esprit dépose ses flammes sur le chemin de celle qui aime vraiment, et il la lie avec les relations de sa sainteté. Sans amour, il n’y a pas de sainteté, parce que les liens d’une sainteté véritable sont déjà brisés.

            Mon Jésus a gardé le silence, mais je suis restée tout immergée dans le Fiat suprême. Puis mon Dieu bien-aimé a ajouté :

            Ma fille, celui qui vit dans ma Volonté voit de la lumière, et tout comme la lumière est ainsi faite que celui qui la voit s’en réjouit, d’autres peuvent aussi la voir et s’en réjouir ; il en est ainsi pour ma Volonté : en se donnant à l’âme comme lumière et en la revêtant complètement, ma Volonté, sans quitter celle qui la possède, se transporte entièrement au-dehors et illumine chaque pensée de la créature ; elle transporte sa parole au-dehors et illumine les paroles des autres ; elle transporte au-dehors ses œuvres et ses pas, et illumine les œuvres et les pas des autres. La lumière possède la véritable et parfaite ubiquité, et tout en étant une, elle a la vertu de se transporter à l’extérieur pour tous ceux qui veulent en profiter et la voir. Le soleil n’est-il pas un ? Et pourtant, combien peuvent le voir et en profiter ? Bien plus encore le soleil de ma Volonté que l’âme voit en se remplissant entièrement de sa lumière : bien que ce soleil soit un, il possède la vertu de se transporter au-dehors pour chaque parole, chaque pas, etc., et il forme l’enchantement de sa divine lumière.

 

17 juin 1927 - Comment la Volonté de Dieu est tout. Luisa voit de nouveau le père Hannibal qui lui parle de ses surprises.

            Je sentais mon pauvre esprit comme fixé au centre du Fiat suprême et, tournant autour de ce centre, je me répandais dans tous ses actes, embrassant toutes les créatures et toutes choses dans l’infini de sa lumière. Mais en faisant cela, je me disais : « Pourquoi embrasser toutes les créatures et toutes choses en étant dans la Divine Volonté ? » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, ma Volonté est tout et il n’est rien qui ne reçoive d’elle la vie, il n’est aucun lieu où elle ne soit présente, aucun bien qui ne vienne d’elle ; tout lui appartient, tout dépend d’elle. Par conséquent, dans l’âme où elle règne, elle veut trouver toutes les créatures et toutes les choses qui lui appartiennent, et si elle ne les trouvait pas, elle se sentirait divisée dans son empire, séparée de ses actes – ce qui ne se peut pas. C’est pourquoi, en ressentant en toi la vie du divin Fiat, tu sens également toutes les créatures et tout ce qui existe ; tu sens la vie du soleil qui donne la lumière, laquelle réchauffe et féconde, ainsi que la terre qui, en respirant cette lumière, produit la végétation, s’habille de plantes et de fleurs, et, main dans la main, le soleil et la terre nourrissent et réjouissent toutes les générations. C’est ma Volonté qui donne vie au soleil, fait respirer la terre pour acclamer la Création tout entière, faisant chanter l’oiseau, gambader et bêler l’agneau, et tout ce qui se passe dans l’univers. Voudrais-tu peut-être ne pas ressentir tout ce que fait ma Volonté ? Englobant toutes choses en toi, comme en un centre unique, ma Volonté te fait ressentir les palpitations du cœur humain, l’esprit qui pense, les mains qui agissent ; mais en donnant vie à tout cela, comme les créatures ne sont pas toutes pour ma Volonté, elle ne trouve pas le retour de ses actes divins dans les actes de la créature, et ma Volonté veut de toi ce que les créatures ne font pas. Elle veut que chacun de ses actes soit rempli par toi des actes de sa très divine Volonté. Par conséquent, tu as une grande tâche et qui demande la plus grande attention.

            Après quoi je me suis retrouvée en dehors de moi-même, et en cherchant mon doux Jésus, j’ai rencontré le père Di Francia. Il était tout joyeux et il me dit :

            Sais-tu combien de magnifiques surprises j’ai trouvées ? Je ne pensais pas qu’il en serait ainsi lorsque j’étais sur terre, même si je pensais avoir bien agi en publiant Les Heures de la Passion. Mais les surprises que j’ai trouvées sont merveilleuses, ravissantes, d’une rareté encore jamais vue ; tous les mots de la Passion de Notre Seigneur se sont transformés en lumières, toutes plus belles les unes que les autres – toutes entrelacées ; et ces lumières s’intensifient à mesure que les créatures font Les Heures de la Passion, de sorte que d’autres lumières s’ajoutent aux premières. Mais ce qui m’a le plus étonné, ce sont les quelques commentaires que j’ai publiés concernant la Divine Volonté : chaque commentaire est devenu un soleil, et ces soleils, revêtant de lumières leurs rayons, forment un tel émerveillement de beauté que l’on en demeure ravi, enchanté. Tu ne peux imaginer ma surprise en me retrouvant au milieu de ces lumières et de ces soleils – à quel point j’étais heureux ; et je remerciais notre Dieu Très-Haut, Jésus, qui m’avait donné l’occasion et la grâce de faire cela. Toi aussi, remercie-le pour moi.

            J’étais stupéfaite en entendant cela et j’ai fait mes prières au divin Fiat en désirant que les bienheureux y prennent part eux aussi ; et mon aimable Jésus me dit :

            Ma fille, même si l’âme ne place pas cette intention, tout le monde participe à tout ce qui est fait dans ma Divine Volonté – et bien plus encore les bienheureux qui vivent dans l’unité de ma Divine Volonté. Ma Volonté a partout son courant et, avec sa force unificatrice, elle apporte à tous, comme un acte qui lui est propre, tout ce que la créature fait en elle. Mais il y a une différence : si l’âme qui agit dans la Divine Volonté sur la terre place l’intention de rendre une gloire spéciale à ceux qui vivent dans la patrie céleste, les bienheureux entendent qu’ils sont appelés du Ciel, dans l’unité de ma Volonté, par celui qui veut les ravir et les glorifier plus encore. Ils regardent cette âme avec tant d’amour et de plaisir qu’ils étendent sur elle leur protection spéciale. Par contre, l’âme qui n’agit pas dans l’unité de mon Fiat reste en bas, car elle n’a pas la force de monter ; ses œuvres n’ont ni la force de se communiquer ni celle de s’élever ; les courants sont fermés et vides de lumière. Si tu connaissais la différence entre l’âme qui opère dans l’unité de ma Volonté et celle qui œuvre en dehors, même en faisant le bien, tu ne ferais pas la moindre chose en dehors de ma Volonté, même au prix de ta vie.

            Puis, regardant avec amour au tréfonds de mon être, il ajouta : Ma fille, je suis venu voir et examiner les propriétés de mon amour que j’ai déposées dans ton âme, pour savoir si elles sont toutes en ordre et intactes, comme je les y ai placées.

            Puis, après avoir regardé partout en moi, il disparut.

 

20 juin 1927 - Comment Dieu, en créant l’homme, lui avait donné un pays fertile et magnifique. La raison pour laquelle il garde Luisa en vie. Comment tout ce qui est fait dans la Divine Volonté a la vie continuelle.

            Je me sentais oppressée et tout anéantie en moi-même – bonne à rien. Il arrive si souvent que les privations de mon Jésus bien-aimé me rendent incapable de quoi que ce soit ; et si d’une part je les ressens distinctement qui lacèrent mon âme, elles me laissent d’autre part hébétée, pétrifiée, comme si j’étais sans vie, ou ne ressentais la vie que pour me sentir mourir. Oh ! mon Dieu ! quelles souffrances – elles sont sans miséricorde ni pitié ! Pour vivre dans le cauchemar d’une souffrance qui m’impose un poids infini, éternel et immense – je n’ai nul endroit où aller ni rien que je puisse faire pour ne pas ressentir le poids énorme de cette terrible douleur.

            Aussi, je me suis dit : « Je ne suis plus bonne à rien sinon à ressentir le poids du grand malheur d’être sans celui que tous les autres semblent posséder. C’est à moi seule qu’était réservée cette souffrance, si douloureuse, de ne pas posséder ma Vie, mon Tout, mon Jésus. Ah ! Jésus ! Reviens vers celle que tu as blessée et livrée à la souffrance de la plaie que tu lui as toi-même infligée. Et pourquoi aussi me garder en vie alors que je ne suis plus bonne à rien ? » Mais alors que je répandais ma tristesse, mon Dieu Très-Haut, Jésus, se manifesta en moi et, me serrant tout contre lui, il me dit :

            Ma fille, la terre, créée par Dieu belle et fertile, avec un soleil éclatant qui l’illuminait et la ravissait, est devenue pierreuse et remplie d’épines à cause du péché ; la volonté humaine a chassé mon soleil et d’épaisses ténèbres l’ont recouverte. Je te garde en vie parce que tu dois enlever toutes les pierres de la terre et la rendre à nouveau fertile. Chaque acte de la volonté humaine a été une pierre recouvrant la belle terre que j’avais créée ; chaque péché véniel a été une épines, chaque péché grave un poison, et chaque bonne action accomplie en dehors de ma Volonté a été comme du sable répandu sur le sol et qui, en l’envahissant complètement, a empêché la végétation, même de la plus petite plante ou des quelques brins d’herbe qui pourraient pousser sous les pierres. Mais à présent, ma fille, chacun de tes actes accomplis dans ma Volonté doit enlever une pierre – et combien il faut d’actes pour les enlever toutes ! Et en ne donnant jamais vie à ta volonté, tu rappelleras les rayons resplendissants du soleil du Fiat suprême pour qu’il brille sur ces terres ténébreuses, et ces rayons rappelleront le puissant vent de grâce qui, avec autorité, remuera tout ce sable – c’est-à-dire, tout ce bien accompli non pour faire ma Volonté, ni en elle, ni par amour pour moi, mais ce bien accompli pour gagner l’estime humaine, la gloire et l’intérêt personnel. Oh ! combien est pesant ce bien apparent – plus lourd que le sable qui empêche la végétation des âmes et les rend stériles au point d’inspirer la pitié. Alors, le soleil de ma Volonté, avec sa fécondité, changera les épines en fleurs et en fruits, et le vent de ma grâce sera le contrepoison qui déversera la vie dans les âmes.

            Tu dois donc être convaincue que je te garde encore en vie afin de réordonner l’œuvre de la Création, et tout comme une volonté humaine, en se plaçant en dehors de la mienne, apporte partout le désordre au point de changer la face de la terre, de la même manière, une autre volonté humaine qui entre dans la mienne doit, par ses actes incessants et répétés, réordonner toutes choses et me rendre le doux enchantement, l’harmonie et la beauté des premiers temps de la Création. Ne sens-tu pas en toi la grandeur du champ d’action ? Et comme si tu retournais dans l’Éden terrestre où ma Divine Volonté célébrait les premiers actes de l’homme et jouissait avec lui de la belle et fertile terre qu’elle lui avait donnée, je t’appelle pour lier ces premiers actes et te faire parcourir toutes les terres envahies par la volonté humaine, afin qu’en embrassant tous les temps, tu puisses aider à ôter les pierres, les épines et le sable avec lesquels la volonté humaine a réduit ces terres à un état propre à inspirer la pitié.

            Mon pauvre esprit est donc reparti vers l’Éden dans la Divine Volonté pour entrer dans l’unité de cet acte unique qui ne peut se trouver que là, et descendre dans les tout derniers temps afin que mon amour, mon adoration, etc., puissent s’étendre à tous les temps et à tous les lieux, au nom de tous et de chacun. Mais tandis que je pensais et faisais cela, je me disais : « Quelle sottise je suis en train de dire – j’espère, dans les derniers temps et avec la grâce de Dieu, me retrouver là-haut dans la Patrie céleste ; comment serai-je capable d’aimer dans le temps tout en étant dans l’éternité ? » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Tout ce qui est fait dans ma Volonté a une vie continuelle, parce que tout ce qui est fait en elle a pour origine l’amour du Créateur, lequel n’est pas sujet à prendre fin – il a aimé et aimera toujours, et personne ne peut interrompre cet amour. Aussi, celui qui aime, qui adore dans ma Volonté, ne fait que suivre cet amour éternel, cette adoration parfaite des Personnes divines qui n’a ni commencement ni fin. En entrant dans ma Volonté, l’âme pénètre au milieu de nos actes et continue d’aimer avec notre amour, d’adorer avec notre adoration ; cette âme demeure liée à notre amour réciproque, à notre Volonté, qui a la vertu d’être incessante dans ses actions, et tout ce que les autres peuvent faire n’est rien d’autre que la continuation de l’acte accompli dans notre Divine Volonté. Les actes accomplis en elle ont une vie continuelle et perpétuelle. Par conséquent, ton amour dans les derniers temps ne sera en rien différent de ton amour d’aujourd’hui ; et si d’autres aiment, ils aimeront dans et avec ton amour, car ce sera le premier acte ayant son origine en Dieu. C’est pourquoi, de la Patrie céleste, tu aimeras dans le temps et dans l’éternité ; ma Volonté gardera jalousement ton amour tout comme elle garde le sien, et partout où elle se répand et où elle a sa vie, ma Volonté te fera aimer et adorer. Car pour l’âme qui vit dans ma Volonté, tous ses actes ont pour commencement et fin tous les actes divins, notre façon même d’agir. Ainsi, l’âme ne fait rien d’autre que suivre ce que Dieu fait. La Reine Souveraine, qui vivait la vie parfaite dans le palais de notre Volonté, n’avait pas d’autre amour que le nôtre, pas d’autre adoration que la nôtre. Tous ses actes peuvent être vus fusionnés dans les nôtres, car ce qui dans nos actes est nature, en elle est grâce ; et puisque ses actes n’avaient pas leur origine dans sa volonté mais dans la nôtre, elle a de droit primatie sur tous les actes des créatures. Par conséquent, si tu aimes, la Reine du Ciel a la primatie sur ton amour ; tu suis son amour tout comme tu suis le nôtre, et nous et la grande Dame continuons à aimer dans ton amour ; et il en est ainsi pour tout ce que tu peux faire dans notre Volonté. Ainsi, lorsque tu viendras dans la patrie céleste, ton amour ne quittera pas la terre, mais continuera à aimer en chaque créature. Par conséquent, même à partir de maintenant, mon divin Fiat te fait étendre son amour jusque dans le passé, le présent et l’avenir ; il te donne le droit d’étendre ton amour partout et dans tous les temps, et peut ne jamais cesser d’aimer. Telle est la grande différence entre l’âme qui vit dans ma Volonté et celle qui vit en dehors.

 

26 juin 1927 - Comment toutes les choses de Dieu ont un poids égal. Comment tout ce que Dieu a fait dans la Création est orné de son amour, et comment cela est ressenti par celui qui vit dans la Divine Volonté.

            Je faisais la ronde habituelle dans le divin Fiat et, en parcourant la Création tout entière, je me disais en moi-même : « Combien de lumière et de chaleur doit avoir le Créateur s’il a pu en dégager autant en créant le soleil ! Oh ! comme il doit se sentir lui-même brûlé par sa propre chaleur puisqu’il en contient tant ! » Mais alors que je pensais à cela, mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, il existe dans toutes les choses qui sont en nous une mesure parfaite. Il y a autant d’amour, de chaleur et de lumière que de fraîcheur, de beauté, de puissance, de douceur, etc. Le poids de toutes choses est un, et la chaleur est par conséquent nourrie par la fraîcheur et la fraîcheur par la chaleur ; la lumière est nourrie par la beauté et la beauté nourrit la lumière, de telle sorte que l’une tempère l’autre. La force nourrit la douceur et la douceur la force, et il en est ainsi pour le reste de nos choses divines, de sorte que chacune d’elles nous rend heureux. Par elles-mêmes, nos qualités pourraient nous oppresser, mais ensemble, étant dans une égalité parfaite, elles nous servent de bonheur, de joies et de contentements, rivalisant entre elles pour nous rendre heureux. La chaleur nous apporte le bonheur de l’amour, et la fraîcheur les joies de ce qui est beau, de ce qui est frais. La lumière nous apporte la joie de la clarté, et la beauté, tempérant l’éclat de la clarté, nous apporte le bonheur de ce qui est beau, bon, saint, immense. La lumière entrelace toutes nos qualités pour nous les rendre belles, aimables et admirables. La force nous apporte le bonheur de ce qui est fort, et la douceur, en l’envahissant entièrement, nous apporte les joies d’un mélange de force et de douceur. Et tout ce qui peut être vu dans la Création n’est rien d’autre que l’effusion d’une abondance de lumière, de chaleur, de fraîcheur, de beauté et de force que nous possédons en nous-mêmes ; et nous avons permis ces effusions afin de nourrir et de ravir les créatures de nos propres épanchements pour les rendre heureuses ; et à force de les nourrir de nos qualités, les créatures allaient devenir semblables à nous, et porteuses de joies et de bonheur pour leur Créateur. Comme ce devait être beau de les voir lumineuses comme le soleil, plus belles que des champs de fleurs et qu’un ciel étoilé, fortes comme un vent puissant, ornées d’une fraîcheur divine qui les rendait toujours nouvelles et fraîches, sans changement. Notre Volonté leur apportait tous nos épanchements unis ensemble, de telle sorte que l’un faisait les délices de l’autre. Mais parce que l’homme s’est retiré du divin Fiat, il reçoit nos effusions séparées les unes des autres, et c’est pourquoi la chaleur le brûle, la lumière le voile, le froid le rend gourd, le vent lui fait mal et souvent le renverse et l’emporte. Ne voyant plus en l’homme ni le facsimilé de leur Créateur ni le lien d’union avec le divin Fiat, nos qualités agissent séparément sur lui et il ne reçoit plus le bonheur qu’elles contiennent lorsqu’elles sont unies. C’est pourquoi, avec ma Volonté, la créature aurait été le plus heureux des êtres, alors qu’elle est, sans ma Volonté, le plus malheureux qui soit.

            J’ai poursuivi mon envol dans la Divine Volonté et, planant au-dessus de chaque pensée et de chaque acte de la créature, par-dessus chaque plante et chaque fleur, et survolant toutes choses, j’ai imprimé mon Je vous aime et j’ai demandé que vienne le Royaume du divin Fiat. Mais en faisant cela, je me disais : « Quelle longue histoire dans mon pauvre esprit, et il me semble que je ne peux pas non plus en sortir – je dois retracer tous les temps, tous les lieux, tous les actes humains et même les plantes, les fleurs et tout ce qui est, pour y imprimer un Je vous aime, un Je vous adore, un Je vous bénis, un Je vous remercie, et lui demander son Royaume. » Mais alors que je pensais cela, mon doux Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit :

            Ma fille, crois-tu être celle qui fait tout cela ? Non, non – c’est ma Volonté qui retrace tous ses actes qu’elle a accomplis dans la Création, ornant chaque acte, chaque pas, chaque pensée et chaque parole, de son Je vous aime ; et ce Je vous aime parcourt chaque acte et chaque pensée de chaque créature. Celle qui est dans ma Volonté ressent cet amour de Dieu répandu partout. Son amour est caché dans les plantes et dans les fleurs, et même sous la terre dans leurs racines ; mais la terre est incapable de contenir cet amour et Dieu l’entrouvre afin d’orner les plantes et les fleurs de son Je vous aime pour manifester son ardent amour des créatures. Et lorsque ma Volonté règne dans les âmes, elle veut continuer son Je vous aime de Création et vous appelle par conséquent à poursuivre son amour éternel ; et appelant chaque pensée et chaque acte ainsi que tous les éléments créés, elle dit et te fait dire Je vous aime ; et par sa Volonté même, Dieu te fait demander son Royaume afin de l’unir à nouveau aux créatures. Quel enchantement, ma fille, de voir tes Je vous aime unis à ceux de ma Volonté s’écouler dans chaque pensée et chaque acte de la créature et demander mon Royaume ; de voir ce Je vous aime s’écouler dans la force du vent, s’étendre dans les rayons du soleil, se faire entendre dans le murmure de la mer et le rugissement des vagues, s’imprimer sur chaque plante et s’élever avec une magnifique adoration dans les parfums des fleurs ; et, d’une voix plus que tremblante, d’entendre répéter Je vous aime dans le doux scintillement et l’étincellement des étoiles – en somme, partout dans l’univers. La créature qui ne vit pas dans ma Divine Volonté n’entend pas ce langage de mon amour éternel dans tous ses actes et en toute chose créée ; mais celle qui vit en elle se sent appelée à aimer autant de fois que son Créateur l’a aimée. Et toutes choses parlent avec une sainte éloquence de mon amour. Quelle ingratitude, si la créature ne suivait pas le langage amoureux de mon éternel Fiat !

 

29 juin 1927 - Comment Dieu a le regard fixé sur notre intérieur. Tout devient Volonté de Dieu pour celui qui vit dans la Divine Volonté.

            Je pensais au fait que je ne faisais rien de grand pour glorifier mon bien-aimé Jésus, et lui, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, je ne regarde pas ce que tu fais extérieurement, mais je regarde si la fontaine de ton intérieur est remplie de mon amour seul – et si bien qu’il déborde dans tes actes extérieurs de telle sorte qu’ils soient eux aussi ornés, comme d’une rosée céleste, par la fontaine de mon amour que tu contiens en toi. Mon regard est donc toujours fixé sur ton intérieur et si mon amour, uni à ma Divine Volonté, murmure toujours en toi, tu es toujours belle à mes yeux ; belle si tu pries, belle si tu travailles et si tu souffres, belle si prend de la nourriture, si tu parles, si tu dors ; tu es toujours belle pour moi. En chacun de tes actes, quoi que tu fasses, tu reçois une nouvelle nuance de beauté de ma Volonté, de façon à te faire paraître plus belle à mes yeux ; et mon amour grandit dans la fontaine de ton âme, de telle sorte que tes actes extérieurs respirent mon amour, plus que l’air, et exhalent des  parfums qui me sont si agréables, qui m’apportent tant de plaisir que je fais en toi mes délices.

            Je continuai à penser à la Divine Volonté et à m’abandonner en elle. Et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, pour la créature qui vit dans ma Volonté, toute chose devient ma Volonté ; en tout ce qu’elle fait, touche et voit, elle touche, voit et fait ma Volonté. Si elle pense et vit dans ma Volonté, elle sentira la sainteté de l’intelligence de la Divine Volonté la revêtir et couler en son esprit. Si elle parle, elle sentira la sainteté du Fiat dans sa parole – ce Fiat qui, lorsqu’il parle, crée. Qu’elle travaille ou qu’elle marche, elle sentira la sainteté des œuvres divines et les pas de l’éternel Fiat couler dans ses travaux et dans ses pas. Si elle dort également, elle sentira en elle le repos éternel de son Créateur, et tout rivalisera pour lui apporter ma Volonté : le soleil avec sa lumière, le vent avec sa fraîcheur, le feu avec sa chaleur, l’eau avec ses rafraîchissements, la fleur avec son parfum, l’oiseau avec son chant et son gazouillis, la nourriture avec ses saveurs, le fruit avec sa douceur ; en somme, une chose n’attendra pas l’autre, apportant tous les actes que ma Volonté accomplit en chaque chose créée, de sorte que l’âme sera comme une reine recevant les actes innombrables de la Divine Volonté dans toute la Création. Vivant et régnant en cette âme, la Divine Volonté attirera tous les actes qu’elle exerce en toutes choses ; un doux enchantement se formera dans la pupille de son œil pour lui faire découvrir en toute chose cette Divine Volonté qui court vers l’âme par tant de chemins différents afin qu’elle devienne tout entière la Volonté de Dieu.

            Je me disais en moi-même après cela : « Comment se fait-il qu’en faisant ma ronde dans la Création tout entière pour suivre les actes de la Volonté suprême, je sens une lumière sortir de moi et que même si je ne vois pas mon Jésus bien-aimé, cela me dit toujours quelques vérités concernant le divin Fiat ?  » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, il se passe en toi la même chose que lorsqu’un récipient est rempli d’eau ou d’un autre liquide et qu’on y dépose un morceau de pain : l’eau déborde et s’écoule tout autour. Ou bien comme avec la mer : le vent soulève les eaux et forme des vagues, comme s’il voulait faire voir à tout le monde les eaux de la mer. C’est ce qui arrive avec toi : ton entrée dans les actes de ma Volonté, dans ta ronde, est plus que le morceau de pain plongé dans le récipient plein d’eau et plus que le vent qui fait se lever la lumière de ma Volonté, laquelle, en s’élevant, déborde autour de toi ; en te parlant dans son langage de lumière, elle te parle de cette lumière même dont tu es remplie en voulant faire connaître, par ses vagues de lumière, qui elle est, ce qu’elle peut et ce qu’elle veut faire. En plaçant le vent de tes actes dans ma Volonté, sa lumière se met en mouvement, forme des vagues de lumière au point de déborder hors de toi et de faire connaître, non seulement à toi, mais aussi aux autres, ses vagues de lumière, c’est-à-dire ses vérités.

            Tout ce que je t’ai manifesté concernant ma Volonté fut dit également à la Reine du Ciel, car elle ne faisait rien d’autre que faire se lever ma Volonté pour en tirer ses manifestations, les connaître, les posséder et les aimer plus que sa propre vie. Mais elles ne débordaient pas à l’extérieur d’elle-même : elles demeuraient en elle, car elle n’avait pas le mandat de faire connaître ma Divine Volonté ; ce n’était pas sa mission et c’est pourquoi elle gardait dans son Cœur les vérités les plus petites comme les plus grandes, telles de précieuses reliques, des dépôts sacrés, en t’attendant, toi, qui devais avoir une mission toute spéciale, afin de t’administrer également son vent, pour que tu puisses faire se lever les vagues de lumière de la Divine Volonté de façon à ce que, en débordant autour de toi, la Reine du Ciel puisse avoir sa part et participer à faire connaître ma Volonté.

 

1er juillet 1927 - Comment de grands sacrifices sont nécessaires pour accomplir une grande œuvre.

            Mon adorable Jésus se cache de plus en plus, et même lorsque j’écris. Je ne ressens plus sa lumière comme j’en avais l’habitude, presque jusqu’à aujourd’hui, lumière qui me murmurait les mots concernant ce qu’il voulait que j’écrive. Pour un seul mot qu’il me disait au cours de la petite visite qu’il rendait à mon âme, il murmurait alors tant de mots en moi lorsque j’écrivais – au point d’entendre sa voix très douce résonner sur mes lèvres – que je n’arrivais pas à les écrire tous. Et maintenant, tout est un combat, tout demande un effort, tout est pauvreté – pauvreté de lumière, des mots, des termes nécessaires. Mes pauvres yeux s’alourdissent de sommeil et je dois faire des efforts incroyables pour écrire quelques lignes ; et ces efforts m’épuisent, ils m’affaiblissent tellement que je ne peux plus continuer. Oh ! comme il me manque celui qui était pour moi parole de lumière, souffleur, maître, et qui me tenait si bien éveillée que mes yeux ne pouvaient se fermer avant que mon bien-aimé Jésus ne vienne me prendre avec lui !

            C’est pourquoi, après tout cela, après avoir écrit au prix d’une incroyable lutte, je me disais que ce n’était peut-être plus la Volonté de Dieu que je mette sur le papier ce que mon bienheureux Jésus me disait ; et si Dieu ne le veut pas, moi non plus. Mais alors que je me disais cela, mon Jésus sortit du dedans de moi comme pour me soutenir, car j’avais l’impression de mourir après l’effort que j’avais fourni pour écrire quelques lignes ; et il me dit :

            Ma fille, plus l’œuvre est grande, plus elle doit apporter de bien à la famille humaine et plus elle demande des efforts héroïques. Combien de sacrifices, de souffrances, de peines – et même la mort –  n’ai-je pas endurés pour former l’œuvre de Rédemption des créatures ? Parce que l’œuvre était grande, tout devait être grand : les peines, les souffrances inouïes, les plus infâmes humiliations, un amour invincible, une force héroïque et une patience sans égale. Tout devait être grand parce que lorsqu’une œuvre est grande, les créatures sont prises de tous côtés afin qu’elles puissent recevoir le bien que contient en elle-même une grande œuvre, sauf pour la créature qui, obstinée et perfide, veut s’échapper de force. Par contre, lorsqu’une œuvre est petite, de grands sacrifices ne sont pas exigés, et en conséquence, avec une petite œuvre, toutes les créatures n’en recevront pas le bien ; en fait, étant donné qu’il y manque ce qui est grand, quelques-unes ne trouveront pas la voie ; pour certaines le sol manquera sous leurs pieds, pour d’autres la lumière, et à d’autres encore il manquera la force exaltante d’un amour de sacrifice et de souffrance. En somme, rares sont celles qui pourront recevoir le bien d’une petite œuvre, car il lui manque la vie et la substance la rendant capable de se donner à qui veut la recevoir.

            Ma fille, l’œuvre du Royaume de la Divine Volonté est la plus grande des œuvres, et si elle va de pair avec l’œuvre de Rédemption, à cause de la gloire divine, du bien et de la sainteté qu’elle apportera aux créatures, elle surpasse la Rédemption même. C’est pourquoi de grands sacrifices, des douleurs et des souffrances innombrables, des prières incessantes sont nécessaires. Par conséquent, il me fallait choisir une créature qui, volontairement, accepterait le long sacrifice de nombreuses années, de bien des souffrances différentes ; et je ferai connaître aux enfants de mon Royaume combien ce Royaume de ma Volonté nous coûte, à toi et à moi, pour qu’il soit tel que tous puissent y entrer, leur offrant des voies ouvertes de tous côtés et de toutes sortes, afin de les gagner et qu’ils y viennent : des voies de lumière, des voies de souffrances, des voies de toutes les manifestations et vérités que je leur ai données ; et je montrerai l’effort incroyable que tu fais en écrivant afin que rien ne manque, qu’ils puissent trouver un chemin solide et des voies sûres pour les attirer avec une force invincible, et prendre possession du Royaume du Fiat suprême.

             Lorsque les générations humaines auront toutes les connaissances sur la Divine Volonté, sur le grand bien de mon Royaume, et qu’elles connaîtront la durée des sacrifices endurés par celle qui l’a demandée, mes connaissances et tes sacrifices, unis ensemble, seront de puissants aimants, d’irrésistibles aiguillons, d’incessants appels, une pénétrante lumière, des voix assourdissantes qui, rendant ces générations sourdes à toute autre chose, ne leur laisseront que l’oreille pour entendre les doux enseignements du divin Fiat et accepter un Royaume demandé pour elles au prix de si nombreux sacrifices. Il y a par conséquent beaucoup à faire et à souffrir pour former une grande œuvre – et tout est nécessaire ; ce qui t’apparaît comme une souffrance sans signification peut être pour d’autres une voix qui inspire la pitié de sorte que, émus par cette voix, ils reconnaîtront qu’il serait par trop ingrat de ne pas accepter un bien si grand qui nous a tant coûté à cause d’eux. Aussi, tu dois me laisser faire et me laisser libre de faire ce que je veux.

 

4 juillet 1927 - L’offrande de la Communion. Comment nos volontés sont les accidents en qui Jésus est multiplié. Comment l’âme qui vit dans la Divine Volonté contient la source de tous les sacrements.

            Je faisais mon action de grâce, car j’avais reçu la sainte Communion, et je pensais en moi-même que je voulais l’offrir à tous les habitants du Ciel, à chaque âme du Purgatoire, à tous ceux qui vivent et qui vivront. Et non seulement à eux, mais je voulais donner mon Jésus sacramentel aux cieux étoilés, aux champs de fleurs – en somme, à toute chose créée, de façon à lui rendre la gloire et le triomphe de ses œuvres. Mais en disant cela, je pensais : « Encore des bêtises. Comment puis-je former autant de Jésus ? C’est impossible. » Et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tout comme dans l’hostie sacramentelle il y a les petits accidents du pain, et ton Jésus se cache en eux, vivant et réel – et autant de Jésus qu’il y a d’hosties – de la même manière, il y a dans l’âme les accidents de la volonté humaine, qui ne sont pas sujets à être consommés comme les accidents de ma vie sacramentelle, et par conséquent plus heureux et plus solides. Et tout comme la vie eucharistique se multiplie dans les hosties, ma Divine Volonté multiplie elle aussi ma vie dans chaque acte de la volonté humaine qui, plus qu’un accident, se prête à la multiplication de ma vie. Tandis que tu faisais couler ta volonté dans la mienne et voulais me donner à chacun, ma Volonté formait ma vie dans la tienne, et de sa lumière produisait ma vie pour me donner à chacun ; et, oh ! comme j’étais heureux de sentir que la petite fille de ma Volonté formait un si grand nombre de mes vies dans les accidents de sa volonté pour me donner non seulement aux créatures animées, mais à toutes les choses créées par moi. Ainsi, en multipliant ma vie, je me sentais devenir roi de tout : roi du soleil et de la mer, roi des fleurs, des étoiles et des cieux – en somme, de toutes choses. Ma fille, l’âme qui vit dans ma Volonté possède en elle la source des sacrements et peut me multiplier autant qu’elle veut et de toutes les manières qu’elle veut.

            Après quoi, comme j’avais des doutes concernant la dernière phrase que j’avais écrite, mon Jésus ajouta :

            Ma fille, les sacrements sont sortis de ma Volonté comme de nombreuses petites fontaines ; c’est de ma Volonté que je les ai fait sortir, conservant en elle la source d’où ces fontaines reçoivent continuellement les biens et les fruits que contient chacune d’elles. Mais les sacrements agissent selon les dispositions de ceux qui les reçoivent ; aussi, en raison d’un manque de disposition de la part des créatures, les fontaines des sacrements ne produisent pas les grands biens qu’elles contiennent. Elles déversent souvent leurs eaux, mais les créatures ne sont pas lavées ; en d’autres occasions, elles les consacrent, leur imprimant un caractère divin et indélébile, mais malgré cela les créatures ne semblent pas être sanctifiées. Une autre fontaine donne naissance à la vie de ton Jésus continuellement ; ils reçoivent cette vie, mais ni ses effets ni la vie de ton Jésus ne peuvent se voir en eux. Ainsi, chacun des sacrements a sa souffrance, parce qu’ils ne voient pas leurs fruits et les biens qu’ils contiennent dans toutes les créatures.

            Mais pour celle qui vit dans ma Volonté, la laissant régner comme dans son propre Royaume, et comme ma Divine Volonté possède la source du sacrement, faut-il s’étonner que la créature qui vit en elle possède la source de tous les sacrements avec tous les effets et les biens qu’ils contiennent ? Et en les recevant de l’Église, elle sentira que c’est de la nourriture qu’elle possède, mais qu’elle prend pour donner une gloire complète à ces sacrements dont elle possède la source, et pour glorifier la Divine Volonté même qui les a institués, car c’est en elle seulement que sera la gloire parfaite pour toutes nos œuvres. C’est pourquoi j’attends avec tant d’impatience le Royaume du Fiat suprême, car lui seul établira l’équilibre en toutes choses ; il donnera aux créatures tous les biens qu’il voudra, et il recevra la gloire qu’elles lui doivent.

 

10 juillet 1927 - La privation de Jésus. Comment celui qui vit dans la Divine Volonté est le triomphe de Dieu et de l’âme.

            Je faisais ma ronde dans la Divine Volonté et tandis que mon pauvre esprit faisait le tour de toutes les choses créées en imprimant mon Je t’aime jusque sur les plus hauts sommets et dans les plus profondes vallées, dans les plus sombres abysses de la terre et au plus profond des océans – partout, en somme – mon pauvre esprit, en faisant cela, était torturé par la privation de mon doux Jésus et mon pauvre cœur était tourmenté, car j’avais beau l’appeler avec mon amour, je ne pouvais plus le trouver. Oh, Seigneur ! Quelle souffrance ! Et je me disais : « Comment est-il possible que Jésus ne m’écoute plus ?  Et tandis que je remplis le Ciel et la terre de mes Je t’aime, aucun de mes Je t’aime ne l’atteint pour le blesser ; et comme cela lui ferait sentir ma blessure, ma torture, mon tourment, ressentant mes douleurs mêmes, il se déciderait, pour ne plus les sentir, à se laisser trouver par celle qui languit tellement de sa présence ? » Ah ! Jésus ! combien il m’en coûte de t’avoir connu et de ne plus te posséder, de t’aimer et de ne plus être aimée en retour. Ce sont des souffrances indescriptibles – il n’y a pas de mots pour les exprimer.

            À ce moment, mon doux Jésus se manifesta en moi et fondit en larmes – et ses sanglots étaient si forts, ils résonnaient de façon si pénétrante dans l’oreille de mon corps que je me mis à pleurer avec lui ; puis il me dit :

            Ma fille, comment peux-tu croire que je sois loin de toi ? Chacun de tes Je t’aime était une blessure de plus dans mon Cœur et qui me faisait dire : « Ma fille, tu fais résonner tes Je t’aime partout pour moi, depuis les montagnes, les vallées, la mer, les champs de fleurs, le soleil – de partout. Et bien que caché en toi, je répétais : Je t’aime, ma fille. » Mais je me suis senti piqué au vif lorsque tu as pensé que je ne te rendais pas ton amour. Cela ne se peut, ma fille ; ne pas aimer en retour n’est pas dans la nature de ton Jésus, et je n’en suis pas non plus capable. Et si je suis caché en toi sans me révéler, c’est ma Justice qui me cache et veut punir les peuples par de lourds fléaux. Oh ! combien ces fléaux seront nombreux à fondre sur la terre – et de toutes sortes, car ils irritent beaucoup ma Justice ! Je me cache de toi afin qu’elle puisse suivre son cours.

            Après avoir dit cela, il se tut et disparut ; et je me sentais si mal que je ne pouvais plus arrêter de pleurer. Plus tard, il est revenu et m’a dit :

            Ma fille, le triomphe de Dieu, c’est la volonté humaine opérant dans la Volonté divine. C’est là sa victoire : faire que ce qui est sorti de lui revienne en lui, dans sa Volonté. Lorsqu’elle opère en elle, l’âme s’étend à l’intérieur des limites divines et ses actions prennent place en tout ce qui est éternel. Il est vrai que ma Volonté est partout – il n’est pas un point qui puisse lui échapper, mais où exerce-t-elle sa puissance, son opération divine ? Dans l’âme qui vit en elle. L’âme qui vit dans ma Volonté lui donne l’occasion d’accomplir de nouvelles œuvres ; elle lui permet de faire sortir la beauté et la sainteté qu’elle possède en elle-même. Il se produit ce qui est arrivé dans la Création : notre Être existait ab aeterno, mais rien ne pouvait être vu en dehors de nous-mêmes avant la Création, parce que toute notre opération, nos prodiges et nos béatitudes, étaient opérés en nous-mêmes ; mais lorsque notre Être divin voulut opérer en dehors de nous-mêmes, notre Volonté eut l’occasion d’opérer et elle produisit l’univers tout entier avec tant de somptuosité, d’ordre et d’harmonie qu’il fait l’admiration de toutes les générations et constitue le triomphe et la victoire de notre Être suprême. Il en va de même pour l’âme qui vit dans notre Volonté : par son opération, l’âme donne à ma Volonté l’occasion de former plus d’œuvres qui soient dignes d’elle. L’âme est par conséquent notre triomphe continuel et la poursuite de nos œuvres ; elle maintient la divine attitude. Ainsi, tout en formant notre triomphe et notre victoire, l’âme triomphe et conquiert la Divine Volonté. Par conséquent, l’un et l’autre se voient victorieux : Dieu et la plus petite de ses créatures. Crois-tu que ce ne soit rien que la plus petite des créatures crie victoire, fasse opérer une Divine Volonté, et la conquiert ?

            Après quoi mon pauvre esprit continua sa ronde dans la Création afin d’apporter devant la Majesté suprême tous les actes que la Divine Volonté accomplit en chaque chose créée, et tous les actes exécutés par elle dans la Reine souveraine et dans la très sainte Humanité de Notre-Seigneur. Réunissant toutes choses, je les portais comme autant de nouveau-nés dans la Divine Volonté, tous dignes d’un Dieu trois fois saint. Il me semble que seules les œuvres de la Divine Volonté peuvent rendre les plus beaux hommages, et qui soient dignes d’un Dieu. À ce moment, mon doux Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, combien tous les actes accomplis dans ma Divine Volonté sont admirables, harmonieux, bien ordonnés entre eux et d’une rare beauté. Ils sont notre divine armée qui, rangée autour de notre Être suprême, forme notre gloire, notre défense, notre bonheur sans fin. Ce qui sort du divin Fiat porte le sceau divin, et comme ces actes en sortent, mieux que nos enfants légitimes, ils ne perdent jamais la vie. Si tu ne donnes jamais vie à ta volonté, tu peux être appelée toi aussi un acte de la Divine Volonté ; et en tant qu’acte de la Divine Volonté, tu en viendras à acquérir le droit sur tous ses actes. Tu prendras place dans notre armée, tu seras notre fille légitime, et comme une sœur de tous les actes de notre Volonté ; tu auras ainsi le pouvoir de les unir tous ensemble, de nous apporter la gloire et le bonheur de tous les actes de l’éternel Fiat. Quelle différence entre un acte de la Divine Volonté et celui qui ne l’est pas. Un acte de la Divine Volonté peut être un soleil, un ciel, une mer d’amour éternel, une béatitude et un bonheur sans fin. Que ne peut faire un acte de ma Volonté ? Ma Volonté est éternelle et rend ses actes éternels ; elle est une lumière immense et tous ses actes ont une plénitude de lumière ; il n’y a rien en elle qui ne revête ses actes. Par contre, l’acte qui n’est pas de la Divine Volonté – oh ! comme il est différent ! Il ne peut prendre place dans la divine armée, il ne pourra pas communiquer des joies et du bonheur, et sa lumière sera si faible qu’il pourra à peine se voir lui-même ; et si bons qu’ils puissent être, parce qu’ils ont été produits par la volonté humaine, ces actes seront comme des fumées que le vent disperse, ou des fleurs qui se fanent et meurent. Quelle différence, ma fille, entre les deux !

 

16 juillet 1927 - Comment celui qui vit dans la Divine Volonté possède un équilibre parfait. Comment la prière faite en elle possède un pouvoir divin et une force universelle.

            Je continuais à vivre tout abandonnée dans le divin Fiat, en suivant ses innombrables actes, et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

             Ma fille, celui qui vit dans ma Volonté a la grandeur, la capacité, pour contenir en lui-même tous les actes de Dieu, devenant ainsi le dépositaire de la Divine Volonté. C’est pourquoi Dieu se trouve tout entier en cette âme avec tous ses actes. Par conséquent, tout – tout est sacré en elle, tout est saint, tout est lumière et beauté ; elle possède un équilibre parfait, un ordre divin, et je trouve en elle la gloire de ma sainteté, de ma lumière, de ma rare beauté. Je la regarde et j’y trouve mes reflets, ma plus chère image créée par moi, telle que voulue par moi ; et dans l’excès de mon amour, je répète sans cesse : « Comme tu es belle – ma Volonté a enclos en toi toutes choses. La Création est une pâle image de toi ; tu es plus étincelante que le soleil, tu es plus ornée que les cieux, tu es plus belle que les champs de fleurs. Tu es toute belle parce que la puissance de ma Divine Volonté te revêt et te nourrit – elle est ta vie. »

            Après un temps, il ajouta :

            Ma fille, lorsque l’âme prie dans ma Volonté, toutes choses et tous les êtres créés sont au garde-à-vous, suspendent toute activité, font silence, et tout en admirant attentivement l’acte accompli dans la Divine Volonté, tous ensemble, ils suivent la prière. Le pouvoir de cette prière appelle et commande tout, de telle sorte que tous font la même chose. Si toutes les autres prières devaient s’unir pour se comparer à une seule prière faite dans ma Volonté, elle les surpasserait toutes, car elle possède une Volonté Divine, un pouvoir immense, une valeur incalculable. Je me sens moi-même revêtu d’une telle prière, et comme je vois que c’est ma Volonté qui prie, je sens sa puissance qui m’identifie à cette prière même. C’est pourquoi, si les grâces ne sont pas obtenues par la prière faite dans ma Volonté, prière universelle et divine, si la divine Justice n’est pas apaisée et si les fléaux continuent à fondre sur la terre, cela veut dire que c’est la Volonté de Dieu et qu’au lieu de laisser descendre ces grâces, sa Volonté fait descendre les effets de cette prière dans les âmes ; et si on n’obtient pas grand-chose avec elle, on obtiendra bien moins encore avec d’autres prières qui ne sont pas dites dans ma Volonté et ne contiennent ni puissance divine ni force universelle.

            Après quoi mon aimable Jésus sortit de mon intérieur pour me revêtir tout entière, me remplir de lui-même, de telle sorte que j’avais l’impression d’être tout entourée de Jésus et à l’intérieur de lui. Puis, se retirant, il se jeta dans mes bras, appuya sa tête sur ma poitrine pour se reposer, et en faisant cela, il créa les choses – le soleil, les cieux, les étoiles, le vent, la mer, la terre – en somme, toutes choses, rangées autour de Jésus ; et en se couchant comme pour faire un lit sous les membres de Jésus, toutes se sont offertes pour lui procurer un repos. Et mon doux Jésus me dit :

            Ma fille, si tu connaissais tout le travail que j’accomplis à l’intérieur de ton âme, combien je veille sur chacun de tes battements de cœur, sur toutes tes affections, tes paroles, tes pensées – en somme, sur tout, afin de laisser couler ma Divine Volonté dans ton être tout entier pour qu’elle puisse régner et y former son Royaume… Si bien qu’après le travail que je fais, très souvent je me repose afin de jouir en toi du fruit du repos que seule ma Volonté peut me donner. Comme il est beau le repos qu’elle me donne – toutes nos œuvres, les choses que nous avons créées, rivalisent entre elles pour me donner du repos et je ressens en toi le bonheur de mon repos éternel, la joie et le bonheur de nos œuvres. Ainsi, mon œuvre dans le Royaume de ma Volonté est en sécurité, mon repos n’est pas troublé par le bruit de la volonté humaine. Voici que la vie dans ma Divine Volonté est la vraie transmission de la vie divine à la créature.

 

21 juillet 1927 - La différence entre l’amour du Ciel et celui de la terre. Comment l’oppression alourdit l’âme tandis que la Divine Volonté la vide.

            Je continue de vivre dans la Divine Volonté et puisque mon doux Jésus me prive souvent de son aimable présence, je demande l’aide de la Maman souveraine, des Anges et des Saints pour qu’ils viennent me secourir et me prêter leur amour, leurs adorations, afin que je puisse faire depuis la terre ce qu’ils font au Ciel et pour que mon Jésus, attiré par l’amour même du Ciel, puisse venir vers sa petite exilée, celle qui le désire tellement. Mais, indifférent à mon dur martyre et comme s’il méprisait mes soupirs et mes désirs, au lieu d’avoir pitié de moi, il m’échappe en se contentant peut-être de regarder de loin mon terrible état. Ah ! peut-être qu’en sentant en moi l’amour du Ciel qu’il aime tant, il viendra et ne me laissera plus seule et abandonnée aussi longtemps. Mais alors que je me disais ces bêtises, mon doux Jésus, ma chère vie, sortit de moi et, me serrant dans ses bras, il me dit :

            Ma fille, il est vrai que j’aime l’amour du Ciel, mais plus encore celui de la terre. L’amour de la terre est toujours nouveau pour moi, ce sont des gains nouveaux que je fais, une nouvelle gloire. Par contre, je possède toujours l’amour du Ciel – et personne ne peut me l’enlever – il est tout à moi. Mais je suis en train d’acquérir celui de la terre, et je perds souvent les nouveaux gains que je devrais faire parce que les âmes ne me donnent pas toujours l’amour et la gloire qu’elles devraient me rendre.

            Tu dois savoir que lorsque les âmes meurent dans ma grâce, elles sont confirmées dans la nature de l’amour, dans la nature de la gloire et dans la vie de la Divine Volonté. Ainsi, au Ciel, tout est nature dans les Bienheureux, et ils ne me donnent par conséquent rien de plus ; c’est plutôt moi qui leur donne, constamment, ces continuels actes de joie, de bonheur et de béatitudes à jamais nouveaux et éternels. C’est pourquoi j’ai les yeux fixés sur la terre, comme si je mettais tout le Ciel de côté – car le Ciel m’appartient ; et je fixe toute mon attention sur l’âme qui vit en exil et qui, bien que ne possédant pas la nature du Ciel, veut me donner de nouveaux gains d’amour, de gloire et d’adoration. Si tu savais comme ton amour voltige dans ma Volonté, comme il s’élève entre le Ciel et la terre, et qu’en revêtant toutes les choses créées, ouvrant même une brèche dans le Ciel, partout où s’étend ma Divine Volonté, il me donne la nouvelle possession de la créature qui s’est laissée revêtir par la puissance de mon Fiat suprême ; et tandis que la possession de l’amour parvient jusqu’à moi, elle en prépare une nouvelle : celle de la gloire. Et en retournant répéter tes actes, ceux-ci sont toujours nouveaux pour moi, car, en vérité, tu ne les avais pas auparavant. Par conséquent, tu es toujours nouvelle dans l’amour, dans l’adoration et dans la gloire que tu me donnes parce que, faisant écho en toi, ma Volonté te communique ce nouvel acte qu’elle possède de par sa nature propre. Ainsi, ce que je fais dans le Ciel : donner à tous les Bienheureux cet acte nouveau, jamais interrompu, de joies et de contentements indicibles, tu es destinée à me le donner de la terre, dans la lumière et la puissance de ma Volonté. Sois par conséquent attentive à poursuivre son vol rapide.

            Mon Jésus bien-aimé continuait à me priver de lui et je me sentais très oppressée ; je me disais que tout me tombait dessus, et bien d’autres choses qu’il me semble inutile de mettre sur le papier. Et mon aimable Jésus, plaçant ses saintes mains sous mes épaules comme pour me prendre dans ses bras, me dit :

            Ma fille, comme tu es devenue lourde ; ne sais-tu pas que l’oppression alourdit l’âme et que si je veux te prendre dans mes bras, je dois faire un effort pour te soulever ? Ma Volonté, par contre, enlève le poids de la nature, et sa lumière, en repoussant les ténèbres de ce qui est humain, la rend légère – légère et capable de tout sacrifice ; en lui donnant les ailes de l’amour, elle donne à l’âme les premières qualités de la patrie céleste qui ne connaît ni oppression ni obscurité, mais la lumière d’un jour sans coucher de soleil et une joie qui n’a pas de fin. Et de plus, que dirais-tu si tu entendais le soleil te dire : « Tout est fini, je ne suis plus soleil parce que mon Créateur ne m’ajoute pas continuellement de la lumière » ? – Je crois que tu répondrais au soleil : « Je te vois toujours soleil, car ton Créateur n’a rien enlevé de la lumière qu’il t’a donnée. Tout au plus, s’il avait continué à t’ajouter de la lumière, aurais-tu été plus fort et plus étincelant. » C’est aussi ce que je te réponds : « Tu es toujours soleil, parce que le soleil de ma Volonté et les connaissances que tu en as règnent en toi plus que de la lumière. » Ni moi ni personne ne peut t’enlever une seule des nombreuses connaissances que tu possèdes sur mon Fiat éternel. Et parce que je n’y ajoute pas constamment, comme si ce que je t’ai dit n’était rien, tu dis : « Tout est fini – comme si ce soleil était éteint en toi ? » Ma fille, rien ne peut éteindre ce soleil de ma Volonté, et tu ne pourras toi non plus échapper à ses rayons éternels qui, envahissant ton âme, éclipsent pour toi tout ce qui n’appartient pas à ce soleil. Par conséquent, suis sa lumière et attends avec patience que de nouvelles lumières viennent s’y ajouter afin de rendre plus étincelant en toi le soleil de ma Volonté.

 

26 juillet 1927 - Comment la Divine Volonté a deux caractères – acte incessant et fermeté inébranlable. Comment les actions humaines servent de balle au froment.

            Je pleurais la privation de mon doux Jésus et, donnant libre cours à ma douleur, je me disais : « Comme il est dur d’être abandonnée par lui – j’ai l’impression d’être sous un pressoir, pressurée goutte à goutte. Ô Jésus ! Où sont tes promesses ? Où est ton amour ? Où est le triomphe de ta Divine Volonté dans ma pauvre âme ? J’ai l’impression que tu m’as trahie. Que ma fin est amère. Ce n’est pas le commencement que l’on doit considérer – c’est la fin qui dit tout ! » Mais alors que je m’épanchais, mon bien-aimé se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, ma Divine Volonté a en toi son triomphe et c’est pourquoi elle te pressure, goutte à goutte, sous son pressoir divin, afin qu’il ne reste pas en toi une seule goutte de ta volonté. Pauvre fille, c’est une Volonté divine et inébranlable qui œuvre en toi afin d’y établir son Royaume, même dans tes plus petits actes. Par conséquent, patience, ne perds pas courage. Ma Divine Volonté possède deux caractères : une fermeté inébranlable et un acte incessant. C’est pourquoi, lorsqu’une âme s’est donnée à elle, son travail est incessant. Ne sens-tu pas son mouvement continuel en toi ? Et quand je te manifeste sur elle une vérité, avec une maîtrise divine qui lui appartient tout entière, elle dispose en attitude son mouvement incessant, et elle le répète continuellement en toi ; et en le répétant, elle triomphe, car elle fait en toi ce qu’elle fait en elle-même de par sa nature propre. N’est-ce pas, alors, le triomphe de ma Volonté ?

            Plus tard, il ajouta :

            Ma fille, toutes les actions humaines – travailler, se nourrir, dormir, les souffrances, les rencontres, tantôt la peine et tantôt la joie – ne sont que de la paille. Mais le grain de blé ne peut pas se former sans la balle ; au contraire, la balle le protège du gel, des rayons brûlants du soleil, de l’humidité et de toutes les intempéries de l’air. Comme un vêtement, elle recouvre le grain de blé et pousse avec lui, et ce n’est qu’après l’avoir formé et lui avoir donné vie qu’elle se détache de lui ; et cette pauvre balle exécute et reçoit ce détachement à force de battage, après avoir servi le grain de blé et lui avoir donné vie. Il en est ainsi des actions humaines : des plus petites jusqu’aux plus grandes, elles sont toutes semblables à la balle, et si on laisse le froment de ma Volonté couler en elles, ces actions servent de façon admirable à cacher et à protéger le froment de ma Divine Volonté ; et plus la balle est abondante, plus on peut espérer posséder de froment. C’est un enchantement, ma fille, de voir une action humaine contenir en elle le froment très pur et l’or resplendissant de ma Divine Volonté. Comme la balle, elles semblent avoir la primauté sur le grain de blé et peuvent se vanter en disant : ‘Il est vrai que nous sommes de la balle, mais nous cachons en nous une Divine Volonté qui est plus que du blé. Nous restons à son service et nous lui donnons le champ afin qu’elle puisse être formée dans notre action.’ Par contre, si ma Volonté ne coule pas en elles, les actions humaines restent comme la balle, bonne à être brûlée, parce qu’elles n’ont pas formé en elles le pur froment qui sert la patrie céleste. Or, tout comme la balle est détachée du grain par le battage, de la même manière, les actions humaines sont séparées du pur froment de ma Divine Volonté par le moyen de la mort qui, en abattant ce qui est humain, détruit le vêtement qui recouvrait le froment doré de ma Volonté et, en le faisant apparaître, montre si ce que l’âme possédait était de la balle ou du blé. Par conséquent, ce ne sont pas les actions humaines qui marquent leur valeur, mais la volonté qui les animait. Combien d’actions, en apparence belles et saintes, seront trouvées remplies de boue si c’était l’intérêt personnel qui les guidait ; remplies de vent, si c’était l’estime et la gloire personnelle ; remplies de pourriture, si c’était pour plaire aux créatures ; remplies de fumée, si c’était l’attachement à ce qui est humain. Combien de choses la balle des actions humaines ne cache-t-elle pas ? Mais au dernier jour de la vie, lorsque viendra le battage de la balle, il fera connaître tout ce qui était tenu caché à l’intérieur.

            Après quoi, j’ai continué à m’abandonner dans le divin Fiat et mon toujours aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, la volonté humaine a rendu l’homme semblable à une usine lézardée qui s’écroule et que l’homme n’avait pas la vertu de pouvoir réparer lui-même. Il fallait le Divin Créateur, celui qui l’avait construite avec tant d’amour et qui, connaissant les secrets de son art, pouvait la réparer et faire couler dans ses fissures le liquide vital de sa force réparatrice afin de la rendre à nouveau solide, telle qu’il l’avait construite. Mais il faut que l’homme se rapproche de son Divin Réparateur pour recevoir le bénéfice de son art, qu’il se laisse guider par lui et ne laisse plus agir la volonté humaine, cause première de l’effondrement de l’usine. Sinon, malgré la venue du céleste Constructeur, l’homme restera toujours une usine lézardée et croulante.

 

30 juillet 1927 - Comment la vie est un mouvement incessant, comment ce mouvement produit la source. La valeur des actes intérieurs.

            Je suivais la Divine Volonté, mais toujours avec la grande souffrance d’être privée de mon plus grand bien, Jésus, et je me disais : « À quoi bon suivre les actes du Fiat suprême si je suis sans celui qui a fait la Création tout entière avec un accent suprême de sa Volonté ? Suivre sa Volonté et ne pas le voir, contempler ses œuvres qui parlent de lui et ne pas être prise dans ses bras, c’est une indescriptible douleur, c’est une plaie qui saigne continuellement. » Je pensais à cela lorsque mon bien-aimé Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, la vie est un mouvement continuel. Tout ce qui vient de Dieu doit avoir un mouvement ; il n’est pas une chose créée par nous qui ne soit en mouvement. Les cieux et la terre, le soleil et la mer, tous se meuvent avec un ordre et une vélocité qui ne cessent jamais. S’ils s’arrêtaient, la vie cesserait et le bien qu’ils font disparaîtrait lui aussi. Ils resteraient tout au plus des sortes de peintures incapables de faire du bien à quiconque. Un bien, un acte ne peut être appelé un vrai bien que s’il possède ce mouvement incessant. C’est pourquoi notre Être divin est parfait dans tous nos actes : il possède ce mouvement continuel, il ne cessa jamais de faire et de procurer le bien ; et s’il devait cesser, ce qui ne se peut, la vie du bien s’arrêterait.

            Or, notre Volonté, vie et écho parfait de notre Être divin, est mouvement incessant ; elle est par conséquent un bien parfait, et qui peut se donner à tous. Lorsqu’un bien est incessant, tous peuvent le prendre, son mouvement continuel lui fait posséder la source de l’inépuisable. Par conséquent, celui qui vit dans ma Divine Volonté doit posséder l’écho de ma Volonté et, avec un mouvement incessant, suivre ses actes et le bien qui vient à vous, qui vous place dans l’ordre du mouvement divin, vous meut avec une rapidité enchanteresse, et tourne avec toutes les choses créées. Tes actes sont inépuisables et tous peuvent en prendre le bien, car ils viennent de la source du Fiat éternel. Et crois-tu que ce soit peu de chose de faire un bien qui jaillit toujours ? Et c’est pour cette raison qu’on ne peut pas voir dans les créatures des biens véritables et parfaits, car leurs vertus sont interrompues et en perdant le mouvement incessant d’une vertu, la vie de son bien s’arrête déjà.  Elles perdent le goût, le pas, la force, parce qu’elles ne possèdent pas le mouvement incessant et ainsi la vie de la vertu n’est pas formée en elles, ni cet acte qui toujours jaillit, mais plutôt quelque chose de superficiel et de passager. Aussi, comment peuvent-elles donner le bien de ces vertus à tous si elles-mêmes ne possèdent pas leur vie et leur source qui, tout en donnant aux autres, jamais ne s’épuisent et ne perdent rien ? Le soleil perd-il quelque chose en donnant sa lumière à tous ? Certainement pas, car il possède la source de la lumière et son mouvement pour donner la lumière est incessant. Par conséquent, ma fille, dans ma Divine Volonté, tes actes, tes prières, tes demandes pour mon Royaume doivent avoir le mouvement incessant afin de pouvoir obtenir pour tous que le divin Fiat soit connu et aimé par tous.

            Après quoi je suivais la très sainte et adorable Divine Volonté dans mon intérieur, et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, les actes intérieurs d’une âme qui fait la Volonté de Dieu sont libres de tout mal comme de l’ombre d’un défaut. Dieu seul est témoin d’un acte intérieur et si personne ne la désigne, personne ne la regarde et personne ne lui parle, Dieu, témoin de l’œuvre de la créature, là où personne ne peut pénétrer, dans l’intérieur de la créature, Dieu la désigne, la regarde et parle au Ciel tout entier, et souvent aussi à la terre, des grands prodiges de l’œuvre intérieure de cette créature. Être désignée, regardée par Dieu, obtenir que Dieu parle d’une créature, c’est le plus grand acte et le plus grand honneur qu’elle puisse recevoir, et doit faire partie des grandes œuvres que Dieu va accomplir à travers elle. Les actes intérieurs sont des blessures, des dards, des flèches dans le sein divin, ce sont les célestes messagers envoyés par la créature et qui volent vers son Créateur, apportant la marque de la gloire, de l’amour, en ne cherchant qu’à plaire à Celui qui l’a créée. En fait, qui voit, qui écoute, qui apprécie toutes les choses que tu fais en ton intérieur ? Personne. Moi seul en suis témoin, moi seul les écoute et les apprécie. C’est pourquoi nous choisissons pour nos plus grandes œuvres des âmes qui ne présentent extérieurement rien de grand et de merveilleux, des âmes intérieures qui ne sont pas entachées par les vues humaines ou les clameurs, la gloire et l’amour-propre que les œuvres extérieures apportent avec elles. De fait, nous avons choisi dans la Rédemption une simple Vierge, sans splendeurs extérieures, mais dont l’intérieur parlait et avait beaucoup à dire, en tête-à-tête avec son Créateur, comme pour le conquérir et obtenir la Rédemption. Et nous avons fait la même chose pour le royaume du divin Fiat. Nous avons choisi une autre âme tout intérieure, qui dira beaucoup et priera Dieu de concéder le royaume tant attendu. Les actes extérieurs, quoique bons et saints, ne peuvent pas me plaire autant que les actes intérieurs, car les actes extérieurs sont presque toujours imprégnés d’un air d’autoglorification, d’amour de soi et aussi quelquefois de blâme. Et le pauvre cœur ressent en lui-même les effets des louanges ou du blâme, après avoir fait des sacrifices, et ce qui est humain pénètre dans le champ et revêt les actes de la créature de son air ténébreux et, par conséquent, ils ne me parviennent pas aussi purs qu’ils le devraient. En revanche, un acte intérieur n’est ni louangé ni blâmé par qui que ce soit, et ce qui est humain ne peut y entrer. Comme elle ne se sent observée par personne, l’âme elle-même a l’impression qu’elle ne fait rien de grand et ses actes sont de ce fait imprégnés d’un air céleste. Par conséquent, sois attentive et que ton intérieur évolue toujours dans ma Volonté.

 

4 août 1927 - Il n’y a pas de plus grande joie qu’un roi qui sert sa reine, et une reine qui sert son roi. Lorsque règne la Divine Volonté, elle est comme un battement de cœur. Exemple du père et du fils.

            Je me sentais très malheureuse à cause des privations habituelles de mon Jésus bien-aimé ; mais comme toujours, cette peine devient plus intense et plus dure au point de me pétrifier. Et alors que j’étais comme immergée dans cette mer de douleur, j’ai reçu un rafraîchissement, et dans cette eau glacée, j’ai regardé la Volonté de celui qui me torturait, et qui pourtant m’aimait, puisqu’il avait préparé ce rafraîchissement. Et comme je l’approchais de mes lèvres, Jésus se manifesta en moi en faisant le geste de soutenir le verre de sa main pour m’aider lui-même à le boire en disant : « Je sers ma reine – elle me sert, moi qui suis son Roi, et je la sers, elle qui est ma Reine. De fait, celle qui fait ma Volonté et vit en elle est toujours prête à faire ce que je veux, par conséquent, elle sert son roi fidèlement et de façon admirable ; et comme ma Volonté est en elle, je sers ma propre Volonté qui la fait reine. » En entendant cela, j’ai éclaté en sanglots d’une indicible tendresse, et je me disais : « Reine ! Reine ! Et il me laisse si seule et abandonnée au point de me laisser atteindre les limites ? Et puis il arrive avec quelque chose de nouveau pour ensuite me laisser seule encore plus longtemps. Ah ! Jésus ! Jésus ! Est-ce que tu veux te moquer de moi ? »

            Et alors que j’épanchais ma peine, il se manifesta de nouveau en moi et ajouta :

            Ma fille, je ne me moque pas de toi. Au contraire, je te dis qu’il n’y a pas de plus grand bonheur que lorsque le roi sert la reine, et la reine le roi. Et si la reine devait être infirme, si elle se voyait servie par le roi, soutenue par ses bras, nourrie par ses mains – car il n’y a rien que le roi ne fasse pour elle, ne permettant à aucun serviteur de s’approcher et de servir la reine – l’infirmité se changerait en joie pour la reine infirme ; et en se voyant touchée, servie, nourrie, soignée par le roi, elle sent comme si son amour lui rendait la vie. Si cela se passe dans l’ordre naturel (qu’un roi est plus heureux d’être servi par la reine, un père par sa fille, alors que la fille était servie par son père ou par sa mère ; et cela parce que le roi, le père et la fille ont l’amour comme premier acte dans le service qu’ils offrent, et qu’ils voudraient offrir leur vie avec leurs services ; et c’est pourquoi ils sont heureux dans leurs souffrances, ce qui ne se produit pas avec les serviteurs ; et c’est pourquoi le service des serviteurs est toujours dur) c’est encore plus vrai dans l’ordre surnaturel : celle qui vit dans ma Volonté est ma reine et son premier acte est l’amour, et dans tous les actes qu’elle accomplit, elle me donne sa vie. Oh ! combien ses actes me rendent heureux – car ce sont les actes de ma Volonté même qui me servent ! Et en te voyant infirme à cause de moi, je suis heureux de te servir dans les choses mêmes que j’ai créées, désirant te donner ma vie en chacune d’elles ; et en te la donnant, je sens redoubler ma joie, parce que je vois ma vie en celle qui possède ma Volonté, ce qui la fait reine à mes yeux. Ce n’est pas le cas lorsque les choses que j’ai créées servent celles qui ne vivent pas dans ma Volonté : ces âmes sont des servantes, car elles ne possèdent pas une Volonté royale, et – oh ! combien il m’est difficile de servir des servantes. Si un roi sert sa reine, il ne se dégrade pas, au contraire, il acquiert gloire et héroïsme ; mais après avoir servi des servantes – quelle peine et quelle humiliation !

            Après quoi je suivais les actes dans la Divine Volonté et je me disais : « Quelle impression les privations de mon doux Jésus ont eue sur ma pauvre âme – je ne ressens plus ces ferveurs si ardentes de naguère, mais tout n’est que froidure. Oh ! Dieu ! quelle arme à deux tranchants que ta privation ! D’un côté elle coupe, et de l’autre elle tue, et ses coupures enlèvent et détruisent tout pour laisser une telle nudité, même dans les choses les plus saintes, que l’on peut à peine vivre, et seulement pour accomplir la suprême Volonté. » Mais alors que je pensais cela, mon Jésus bien-aimé se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, tout ce que tu ressentais auparavant en ton intérieur entrait pourtant dans l’ordre de la grâce ordinaire. Les ferveurs, les sensibilités sont des grâces ordinaires que j’accorde à tous selon leurs dispositions, et qui sont sujettes à des interruptions, grandissant et mourant tour à tour, et qui par conséquent ne constituent ni la vie ni la solidité de la sainteté. Par contre, je t’ai revêtue dans ma Volonté d’une grâce extraordinaire qui est fermeté dans le bien et acte incessant, des vertus exclusivement divines. Crois-tu que tes rondes continuelles dans les œuvres de ton Créateur soient une chose de peu d’importance ou ordinaire ? De même que la fermeté de ta volonté dans la mienne de ne suivre que les actes de ma Volonté éternelle ? Face à ma Volonté, les ferveurs et les sensibilités n’ont rien à voir avec elle ; elles sont comme de petites lumières devant le grand soleil et qui n’ont aucune raison d’exister ; et si elles existent pourtant, c’est pour ne rien faire. Ma Volonté absorbe tout et fait que l’âme devienne toute de Dieu, qui veut faire d’elle un autre soleil. Celui qui est soleil veut que tous deviennent soleil. Il ne serait pas digne de lui de former de petites lumières – cela ne sortirait pas de sa nature. Et tu es là qui pleure sur ces petites lumières sans penser que tu es revêtue par un soleil qui te donne fermeté et immutabilité. Plus encore, étant donné que ma Volonté règne en l’âme, elle est comme le battement du cœur, qui a l’acte premier de vie dans tous les membres ; il est comme la vie, le mouvement, la force, la chaleur – tout provient du cœur qui bat. Si le cœur cesse de battre, la vie, le mouvement et toutes choses s’arrêtent.

            Or, lorsque ma Volonté bat dans l’âme, elle bat et donne la vie divine, elle bat et donne son mouvement incessant, sa force qui ne s’épuise jamais ;  elle bat et donne son inextinguible lumière. Comme il est beau de voir le battement continuel de ma Volonté dans la créature. C’est le plus grand miracle qui soit entre le Ciel et la terre, c’est l’ordre parfait entre le Créateur et la créature. Dans l’âme où règne le battement de ma Volonté, j’agis comme un Père qui garde son fils toujours avec lui ; il lui communique ses voies, il le nourrit de ses paroles, il voudrait palpiter en son fils pour lui donner son intelligence et sa vie ; et lorsqu’il est certain que son fils est un autre lui-même et peut faire ce qu’il sait faire, il lui dit : « Mon fils, va dans le champ de la vie et fais ce que ton père a fait jusqu’à maintenant. Travaille, occupe-toi de nos affaires, prends sur toi la charge entière de la famille. Tu seras la répétition de ma vie et je prendrai mon repos ; je t’accompagnerai du battement de mon cœur pour que tu sentes en toi la vie de ton père et que tu puisses l’accomplir fidèlement tandis que je t’attendrai dans mon repos pour jouir ensemble des fruits de nos travaux. »

            Je suis plus qu’un père pour l’âme en qui règne ma Volonté. Un père ne peut pas donner ses battements de cœur à son fils, et moi je les donne à cette âme – je la garde toujours avec moi, je lui enseigne mes voies divines, je lui communique mes secrets, ma force ; et lorsque je suis sûr d’elle, je l’envoie dans le champ de la vie de ma Volonté afin qu’elle puisse prendre l’entière responsabilité de la famille humaine, et je lui dis : « Ma fille, laisse-moi me reposer, je te confie tout ; mais dans mon repos, je t’attendrai souvent, afin que nous puissions ensemble jouir du fruit de ton travail dans le royaume de ma Volonté. » Ne veux-tu pas, alors, que ton Père, ton Jésus, puisse se reposer pendant que tu travailles à ma place, mais toujours avec mon Cœur qui bat ?

            Et moi, je lui dis : « Mon Jésus, mais tu ne me dis presque plus rien, et j’ai non seulement l’impression de devoir travailler seule sans toi, mais il me manque ta parole qui trace la voie que je dois suivre dans le Royaume de ta Volonté. » Et Jésus ajouta :

            Ma parole est vie, et lorsque je parle, je dois voir si cette vie peut vivre dans les créatures. Sinon, je ne révèle pas ma vie divine lorsqu’il n’y a personne pour la recevoir ; et il me suffit de voir une seule créature qui soit disposée pour je révèle ma vie divine dans ma parole. C’est pourquoi il m’arrive souvent de ne pas parler, car je ne vois personne qui soit disposé à vivre la vie de ma parole ; d’autant plus qu’avec toi je n’ai pas besoin de paroles pour me faire comprendre : nous n’avons qu’à nous regarder l’un l’autre pour nous comprendre, n’est-ce pas ? Tu me comprends, et je te comprends.

 

9 août 1927 - Comment la Création et la Rédemption sont des territoires divins donnés aux créatures. L’amour de Jésus la fait dormir. Comment la lumière et la chaleur sont inséparables l’une de l’autre.

            Je suivais la Divine Volonté dans ses actes, et mon Jésus bien-aimé me suivait du regard pour voir si j’allais visiter toutes ses œuvres ; et il me dit :

            Ma fille, je regarde pour voir si tu vas visiter tous mes territoires. Tu dois savoir que la Création est un territoire qui m’appartient ; la Rédemption ajoute des territoires ; plus encore, mon enfance, mes pleurs et mes vagissements, mes prières, mes travaux, mes pas, ma vie publique et privée, sont autant d’appartements que j’ai formés dans mes territoires. Il n’est pas une seule chose que j’aie faite ni une seule souffrance endurée qui n’ait servi à étendre les limites des territoires divins afin de pouvoir les donner aux créatures. Et je regarde chaque jour pour voir si au moins la petite fille de ma Volonté visite tous mes territoires et entre dans chacun de mes appartements ; et lorsque je te vois commencer tes rondes pour visiter le soleil, les étoiles, les cieux, la mer et toutes les choses créées, je sens que mes territoires, que j’ai formés avec tant d’amour pour en faire don aux créatures, ne sont pas abandonnés – il y en a au moins une qui les visite ; et si elle les visite, cela veut dire qu’elle les aime et qu’elle a accepté le cadeau. Et j’attends avec impatience que tu continues tes visites à Bethléem, l’endroit où je suis né, pour y visiter mes larmes, mes peines, mes pas, mes travaux, les miracles que j’ai opérés, les sacrements que j’ai institués, ma Passion, ma Croix – tout, en somme. Et je te fais prendre conscience de ce qui a pu t’échapper, pour que tu fasses ta petite visite, même en passant ; et, oh ! comme je suis heureux que mes appartements soient tous visités. Ma fille, comme il est pénible de donner et de ne pas être reconnu, de donner sans que personne ne prenne le bien que l’on veut donner. Et sais-tu ce que je fais ? Quand je te vois, toute seule, parcourir tous mes territoires et visiter mes appartements, je te donne tous les biens qu’ils contiennent, de telle sorte que ce que je devrais donner aux autres, je le centralise en toi. Ainsi, je te donne tout, et toi tu me donnes tout. De fait, pour pouvoir tout donner à l’âme, je dois tout trouver en elle ; et pour qu’elle soit capable de tout me donner, elle doit tout posséder. Celle qui a tout, a la capacité de pouvoir tout me donner et de tout recevoir.

            Après quoi je ressentis une telle envie de dormir qu’il m’était impossible même d’écrire, et je me disais : « Pourquoi cette somnolence alors que j’ai toujours été éveillée de nature ? » Et mon bien-aimé, se manifestant en moi, Jésus me dit :

            Ma fille, tout comme un médecin va endormir le pauvre patient sur qui il doit pratiquer une opération afin qu’il ne sente pas l’acuité de la douleur des coupures qu’il doit faire sur le pauvre infirme, de la même manière, moi, céleste Médecin, qui t’aime tant, et afin que tu ne ressentes pas la pression continuelle de ma privation, ses coups répétés, la dureté de ses douloureuses coupures, je te fais dormir pour qu’ainsi, en interrompant ton martyre, le sommeil puisse t’apporter un peu de répit après une douleur si intense. Mais pendant que tu dors, ton Jésus te tient dans ses bras et je continue mon œuvre dans ton âme. De plus, je te fais dormir afin que ma justice, si irritée par les offenses des créatures, puisse suivre son cours et frapper les créatures et aussi pour qu’en dormant tu puisses non seulement la laisser libre de s’exercer, mais que tu n’aies pas à souffrir de voir ses justes coups sur un monde sans gratitude. Oh ! si tu pouvais voir avec quelle délicatesse ton Jésus t’embrasse pour que tu ne ressentes pas ses étreintes ; avec quelle douceur je t’embrasse pour que tu ne sentes pas le toucher de mes lèvres ; et combien doucement je te répète : « Ma pauvre fille, ma pauvre fille, quel martyre que le tien », afin que le son de ma voix ne te réveille pas ; et combien, sans éclats de voix ni mouvements, je poursuis l’œuvre du royaume de ma Divine Volonté dans ton âme – tu ne dirais plus alors que je ne t’aime plus comme avant ; tu me dirais au contraire : « Oh ! combien Jésus m’aime. Et s’il fait que je m’endors, c’est afin que je ne souffre pas davantage. »

            Après quoi je suivais la Divine Volonté, et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, pour former une plus grande lumière, il faut plus de chaleur. La lumière et la chaleur sont inséparables l’une de l’autre. S’il y a de la lumière, il doit y avoir de la chaleur, car la nature de la lumière est chaleur, et la nature de la chaleur est lumière. Cependant, si quelqu’un veut une grande lumière, il faut beaucoup de chaleur ; ce sont toutes deux des forces équivalentes, et c’est ensemble qu’elles forment leur vie. Or, celui qui fait ma Volonté et vit en elle reçoit la vie de la lumière et de la chaleur de son Créateur ; et lorsque l’âme pense à ma Divine Volonté, elle forme la chaleur ; et en parlant de ma Divine Volonté, elle ajoute plus de chaleur ; lorsque l’âme agit afin de l’accomplir, elle redouble la chaleur ; en suivant ses voies, elle multiplie la chaleur, et la lumière devient plus brillante, plus forte, elle s’étend et se répand davantage. Ainsi, il n’est pas une partie de son être qui ne répande des rayons de lumière vivifiante ; et plus encore étant donné qu’elle possède la source de vie de la lumière qui est mon suprême Fiat. Tu comprendras alors que les créatures possèdent autant de lumière et de chaleur qu’elles ont de contact avec ma Volonté et qu’elles s’efforcent de l’accomplir dans leurs actions. Et si ce n’est pas le cas, même si on les voit faire le bien, c’est un bien sans vie, sans lumière et sans chaleur ; ce sont des vertus superficielles qui forment une lumière et une chaleur peintes et qui, si on les touche, sont froides et sans le bien d’une lumière vivifiante qui donne vie. Et il arrive souvent que les œuvres accomplies sans ma Divine Volonté, en ces occasions, révèlent combien elles étaient nourries par des passions et des vices colorés de ce bien apparent.

            Il garda ensuite le silence, et je m’efforçais de m’abandonner tout entière dans sa Volonté afin de la suivre ; et Jésus, mon très grand bien, poursuivit en disant :

            Ma fille, en créant l’homme, notre Divinité l’a entièrement lié à nous. Ainsi, sa mémoire, son intellect et sa volonté étaient des liens d’union ; ses yeux, sa langue, son ouïe, son cœur, ses mains et ses pieds étaient des liens ; et si la créature vit dans ma Volonté, en plaçant chacun de ces liens en attitude, elle reçoit l’attitude de la vie divine. Ainsi, elle est formée et elle se développe comme une petite plante qui, possédant la fécondité de la terre, remplie d’humeurs vitales, arrosée d’une eau pure et abondante, est tout entière exposée aux rayons bénéfiques du soleil et reçoit sa lumière continuelle. Oh ! comme elle pousse bien, combien savoureux sont ses fruits, comme ils sont recherchés, aimés et appréciés. De la même manière, l’âme – en recevant continuellement la vie de Dieu au moyen de ces liens qui, plus que les rayons du soleil, se communiquent à chaque partie de leur être – est préservée comme une terre féconde, remplie d’humeurs vitales et divines qui, mieux que le sang, coulent en elle. Comme elle pousse bien ; elle est la bien-aimée, celle que recherchent le Ciel et la terre. Sa vie, ses œuvres, ses paroles, mieux que des fruits, font le bonheur de tous. Dieu lui-même prend plaisir à goûter des fruits si précieux. Par conséquent, comment peux-tu avoir peur que je puisse te quitter alors que tu es attachée à moi avec tant de liens par qui tu reçois la vie continuelle ?

 

12 août 1927 - Comment une prière incessante conquiert Dieu. Le tumulte de la nature. Les trois petites fontaines. Préparations pour des guerres mondiales.

            Je me sentais dans le terrible cauchemar de sa privation. J’étais opprimée, tourmentée, si malade que je n’en pouvais plus. Et mon adorable Jésus, après m’avoir placée sous un aussi douloureux pressoir, ayant pitié de mon extrême détresse, me serra très fort dans ses bras en me disant :

            Pauvre fille, comme tu souffres. Courage, je ne veux pas que tu te réduises à ces extrémités, que tu te tourmentes trop. Pourtant, tu devrais être consolée : ton intérieur est une parole continuelle devant la divine Majesté, et un acte continuel. Une parole incessante devant Dieu, désirant le Royaume de mon divin Fiat, apporte avec elle la certitude de la victoire. Ainsi, ou bien tu as gagné ou tu es sur le point de gagner. Une parole et une action continuelles acquièrent la nature d’un pouvoir vainqueur devant Dieu, et c’est comme si Dieu perdait la force de résister tandis que l’âme recevait la force de vaincre. Un échange a lieu : Dieu est désarmé et l’âme est dotée d’armes divines, mais l’Être suprême n’est pas enclin à être capable de résister. Me demander continuellement le Royaume de ma Volonté éternelle, parcourir toujours et encore la Création tout entière, dans tous les actes que j’ai accomplis dans la Rédemption ainsi que dans les mers des actes d’amour et de souffrance de la Reine et Souveraine du Ciel pour demander mon Royaume, est-ce que cela te semble de peu d’importance ? Tu ne recherches rien pour toi-même et tu fais et refais tes rondes, demandant sans cesse que ma Divine Volonté soit connue, qu’elle domine et qu’elle règne. Pas l’ombre de ce qui est humain ne pénètre en cela, ni aucun intérêt personnel ; c’est l’action et la prière la plus sainte et la plus divine ; c’est une prière du Ciel, non de la terre, et par conséquent la plus pure, la plus belle, la plus invincible, et qui ne renferme que l’intérêt de la gloire divine. Personne, jusqu’à maintenant, ne m’a prié avec une telle insistance. Ma Maman m’a bien prié avec une semblable insistance pour l’amour de la Rédemption, et elle fut victorieuse ; mais pour le Royaume de ma Volonté, personne jusqu’à présent ne l’a fait avec une telle insistance pour conquérir un Dieu. C’est ce qu’il y a de plus grand, et il faut un tumulte pour purifier la terre. C’est pourquoi je ne veux pas te voir trop oppressée ; continue plutôt ton survol, avec ton insistance, de façon à acquérir toute la force nécessaire pour gagner le Royaume du Fiat suprême.

            Je continuai donc à prier et j’ai senti une main se placer sur mon front, et trois petites fontaines sont sorties de cette main ; de l’une sortait de l’eau, d’une autre du feu et de la troisième du sang qui inondaient la terre et balayaient les gens, les villes et les royaumes. C’était horrible de voir les maux qui viendront, et je priais mon bien-aimé Jésus de s’apaiser, lui demandant des souffrances afin que les gens soient épargnés. Et Jésus me dit :

            Ma fille, l’eau, le feu et le sang vont s’unir pour faire justice. Toutes les nations prennent les armes pour faire la guerre et cela irrite encore plus la divine Justice en disposant les éléments pour se venger d’elles. C’est pourquoi la terre déversera le feu, l’air enverra des fontaines d’eau et les guerres formeront des fontaines de sang humain dans lesquelles beaucoup vont disparaître, et des villes et des régions seront détruites. Quelle méchanceté. Après avoir souffert tant de maux dans une guerre qu’ils viennent de traverser, ils en préparent une autre, plus terrible, et ils tentent d’y impliquer le monde entier comme s’il s’agissait d’un seul homme. Cela ne veut-il pas dire que le mal est entré profondément dans leurs os, au point de transformer leur nature même en péché ?

            Ah ! Comme je me sentais mal en entendant cela, et je priais Jésus de mettre de côté la Justice pour laisser entrer la Miséricorde ; et s’il voulait une victime, j’étais prête, pourvu que le peuple soit épargné. « …Et si tu ne veux pas m’accorder cela, ôte-moi de cette terre, car je ne peux plus rester ici plus longtemps. Tes privations me donnent une mort continuelle, les fléaux me torturent, et comment puis-je vivre si je ne peux pas épargner les souffrances à mes frères par mes propres souffrances ? Jésus ! Jésus ! Aie pitié de moi, aie pitié de tous – apaise-toi et fais plaisir à ta petite fille. » C’est à ce moment, je ne sais pas comment, que j’ai été parcourue de douleurs que je n’avais pas connues depuis quelque temps. Je suis incapable de dire ce qui s’est passé, et cela me donne l’espoir que les grands maux peuvent être au moins en partie retenus.

 

15 août 1927 - Comment toutes les choses créées possèdent l’unité de la Divine Volonté. La différence entre l’épreuve d’Adam et celle d’Abraham.

            Je faisais ma ronde à travers toute la Création selon mon habitude, afin de m’unir aux actes que la suprême Volonté exerce en elle ; et mon toujours aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, toutes les choses créées possèdent l’unité de mon divin Fiat. Bien que divisés en de nombreux actes, ces actes sont reliés ensemble et inséparables les uns des autres dans l’unité de la même Divine Volonté. Voyez le soleil : sa lumière est un acte distinct des autres choses créées, mais sa lumière les réunit tous ; elle revêt la terre et la relie avec sa lumière, et la terre se relie à elle et boit à grandes gorgées à la fontaine de lumière, reçoit ses effets, sa chaleur, ses ardents baisers, et forme un acte unique avec le soleil. La lumière revêt l’air et en devient inséparable ; elle revêt l’eau, et l’eau plonge dans la lumière et elles s’attachent l’une à l’autre dans leur unité. En somme, étant donné que la Volonté qui les domine est une, toutes les choses créées sont reliées entre elles pour devenir inséparables, et l’une ne pourrait se passer de l’autre. Or, l’âme qui vit dans mon divin Fiat en possède l’unité, et elle est de ce fait inséparable de tous les actes que produit l’unité de ma Volonté. Son unité la relie à Dieu, et elle me donne la gloire des œuvres divines ; elle la relie aux Anges et à tous les Saints, et elle me donne la gloire angélique et celle des Saints ; elle la relie à toute la Création, et elle me donne la gloire des cieux, du soleil, de la mer – en somme, de toutes choses où opère ma Volonté ; elle en est inséparable et forme son unité avec elle. Par conséquent, seule l’âme qui vit dans ma Volonté peut me donner l’amour, la gloire de toute la Création et de toute la Rédemption ; il n’est pas un seul acte de ma Volonté dont l’âme soit séparée. Les autres créatures pourraient le dire avec des mots, mais seule l’âme qui vit dans ma Volonté possède les faits.

            Je poursuivais ma ronde dans la suprême Volonté, et comme j’avais offert les premiers actes d’Adam alors qu’il possédait l’unité avec la Volonté suprême, afin de pouvoir m’unir moi aussi à ces actes parfaits qu’il accomplit au commencement de la Création, et comme j’étais ensuite allée m’unir à l’héroïsme d’Abraham, je me disais : « Quelle divine sagesse ! On dit seulement d’Adam qu’il fut le premier homme créé par Dieu, mais il a péché et plongé la famille humaine dans le labyrinthe de tous les maux ; et rien d’autre n’est dit sur lui durant les nombreuses années de sa vie. Notre Seigneur ne pouvait-il pas revenir pour le soumettre à une autre épreuve et lui demander un autre sacrifice pour mettre sa fidélité à l’épreuve ? Et alors qu’Adam est tombé dans l’oubli, le Seigneur appelle Abraham, et après l’avoir mis à l’épreuve et avoir reconnu sa fidélité, il le met en avant, fait de lui le chef des générations, et on parle de lui avec tant de gloire et d’honneur. » J’étais en train de penser cela lorsque mon Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, telles sont les dispositions de mon infinie Sagesse. C’est ma façon habituelle d’agir lorsque, si je demande un petit sacrifice d’une créature pour son bien, et qu’elle me le refuse avec ingratitude, je ne veux plus lui faire confiance, j’abandonne mes desseins de l’élever à de grandes choses et je la laisse telle une créature tombée dans l’oubli, que personne ne va désigner du doigt à cause de ses grandes œuvres ou de son héroïsme, que ce soit pour Dieu, pour elle-même ou pour les gens. Tu dois alors distinguer ce que je voulais d’Adam – le petit sacrifice de se priver d’un fruit – et il ne me l’a pas accordé. Comment pouvais-je lui faire confiance et lui demander un plus grand sacrifice ? Par contre, je n’ai pas demandé à Abraham de faire le sacrifice d’un fruit, mais j’ai commencé par lui demander de se rendre dans une terre étrangère où il n’était pas né – et il obéit promptement ; j’ai voulu alors lui faire confiance davantage, je lui ai prodigué des grâces et je lui ai demandé le sacrifice de son fils unique qu’il aimait plus que lui-même – et il me le sacrifia promptement. Je savais alors qu’il en était capable et que je pouvais lui faire confiance – je pouvais tout lui confier. On peut dire de lui qu’il a été le premier réparateur à qui le sceptre du futur Messie a été confié, et par conséquent, je l’ai élevé à la tête des générations, au plus grand honneur aux yeux de Dieu, ainsi que des siens et des peuples.

            La même chose se produit dans toutes les créatures. C’est ma manière habituelle de demander de petits sacrifices – se priver d’un plaisir, d’un désir, d’un petit intérêt, d’une vanité, ou se détacher de quelque chose qui semble ne faire de tort à personne. Ces petits tests servent de petits supports où je dépose le grand capital de ma grâce de façon à les disposer à accepter de plus grands sacrifices. Et lorsqu’une âme me reste fidèle dans les petites épreuves, ma grâce abonde et je demande de plus grands sacrifices de façon à pouvoir donner plus encore, et je fais d’elle un prodige de sainteté. Combien de saintetés commencent par un petit sacrifice ; et combien d’autres, après m’avoir refusé un petit sacrifice, car il leur semblait que c’était une chose sans importance, sont restées maigrichonnes dans le bien, crétines dans la compréhension, faiblardes en marchant sur la voie qui conduit au Ciel. Les pauvres – on peut les voir qui rampent en léchant la terre de façon pitoyable. Par  conséquent, ma fille, il faut faire plus attention aux petits sacrifices qu’aux grands, car les petits sont la force des grands, ils disposent Dieu à accorder sa grâce, et l’âme à la recevoir.

 

17 août 1927 - Tout ce qui est fait dans la Divine Volonté devient propriété universelle. Ce que signifie faire une ronde dans les œuvres divines.

            Ma vie dans la Divine Volonté est continuelle, et je suivais ses innombrables actes lorsque mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tout ce que fait la créature dans ma Divine Volonté est propriété universelle. En fait, comme ma Volonté est propriété de Dieu, tout ce qui est fait dans le divin Fiat devient propriété divine. Et comme l’Être suprême est de droit, par nature et par puissance créatrice le Créateur, le seul Propriétaire universel de toutes choses, tout ce que l’âme fait dans ma Volonté acquiert des droits universels, et tout ce qui est rendu universel devient la propriété de tous. Ainsi, chacun peut prendre ce qui est rendu universel. De plus, comme en se donnant à tous les propriétés universelles de Dieu ne diminuent jamais, elles donnent et ne perdent rien. Le soleil perd-il quelque chose en donnant sa lumière à tous ? Les créatures profitent-elles moins de sa lumière parce que toutes la reçoivent ? Le soleil ne perd rien, et les créatures jouissent tout autant de sa lumière, qu’il n’y en ait qu’une seule ou que toutes la reçoivent. Dieu perd-il quelque chose parce qu’il se donne à tous ? Ou les créatures reçoivent-elles moins parce qu’il est le Dieu de toutes ? Pas du tout – ni lui ni les autres ne perdent quoi que ce soit. Mais quelle gloire, quel honneur l’âme qui vit dans ma Volonté et opère en elle ne me donne-t-elle pas en déposant ses actes dans les propriétés universelles de Dieu de façon à ce que, plus encore que le soleil, tous puissent prendre les biens de ses actes ? Et quelle gloire n’y a-t-il pas pour elle lorsque, plus que le soleil, elle revêt toutes choses et fait sa ronde pour les nourrir de sa lumière, de ses actes et de son amour ?

            Je vis à ce moment que mon bien-aimé Jésus se préparait à me quitter et je m’écriai : « Jésus, que fais-tu ? Ne me quitte pas, car je ne sais comment vivre sans toi ! » Et Jésus se tourna vers moi et me dit :

            Ma fille, est-ce que je peux quitter ma Divine Volonté, mes actes, mes possessions ? Je ne le peux pas. Aussi, ne crains pas, car je ne te quitte pas. Et moi :

            Pourtant, mon amour, tu me quittes. Combien de fois je fais ronde après ronde dans toute la Création, et je ne te trouve pas. Je continue alors ma ronde dans toutes tes œuvres de Rédemption, espérant trouver celui que j’aime, mais en vain. Je vais jusque dans les mers des actes de la Reine souveraine, pensant que tu seras peut-être là avec ta Maman ; mais non – mes recherches se terminent dans la tristesse de ne pas t’avoir trouvé, si bien que la pensée me vient de ne pas faire ma ronde dans toutes tes œuvres lorsque je ne trouve pas celui qui me donne la vie et qui est tout pour moi. Jésus m’interrompit en disant :

            Ma fille, si tu ne fais pas toute ta ronde dans nos œuvres et dans celles de la Reine du Ciel… Sais-tu ce que signifie parcourir la Création et tout ce qui nous appartient ? Cela veut dire aimer, apprécier et posséder nos œuvres, et je ne serais pas pleinement heureux si je voyais que la petite fille de ma Volonté ne possède pas ce que je possède, qu’elle n’a pas conscience et ne jouis pas de toutes mes richesses. Je trouverais bien des vides en toi, qui ne sont pas en moi – des vides d’amour total, des vides de lumières, des vides de pleine connaissance des œuvres de ton Créateur. Ton bonheur ne serait pas complet, et ne trouvant pas en toi la plénitude de toutes choses, je ressentirais tes vides et ton bonheur incomplet. De la même manière, si notre Maman Reine ne voyait pas que tu possèdes ses mers de grâces, elle sentirait que sa petite fille n’est pas totalement riche, ni heureuse. Ma fille, avoir comme vie une seule et unique Divine Volonté et ne pas posséder les mêmes choses, cela ne se peut. Où qu’elle règne, la Divine Volonté veut posséder tout ce qui lui appartient. Elle ne veut aucune disparité. Par conséquent, tu dois posséder en toi ce qu’elle possède en moi et dans la Vierge Reine, et ta ronde dans toutes ses œuvres sert de confirmation de son règne en toi. De plus, ne sais-tu pas toi-même combien de choses tu apprends en parcourant toutes les œuvres de mon Fiat suprême ? Tout ce qu’il te manifeste, il veut que tu le possèdes. Si celui qui vit dans notre Volonté ne possédait pas tous nos biens, il en serait comme d’un père qui est riche et heureux tandis que son fils ne profite pas de toutes ses richesses et n’est pas heureux comme lui. Ce père ne sentirait-il pas que la plénitude de son bonheur est brisée à cause de son fils ? Tel sera le fondement, la substance, la merveilleuse caractéristique du royaume de mon divin Fiat : une sera la Volonté, un l’amour, un le bonheur, une la gloire entre le Créateur et la créature.

 

21 août 1927 - Comment Jésus veut en finir avec le monde. La puissance de ce qui est fait dans la Divine Volonté pour apaiser la divine Justice.

            J’étais dans mon état habituel lorsque Jésus est venu en hâte se pendre à mon cou et me serrer très fort en disant :

            Ma fille, je vais en finir avec le monde, je n’en peux plus. Les offenses, les douleurs qu’il me cause sont trop nombreuses et il faut que je le détruise.

            J’ai tremblé en entendant cela et je lui ai dit : « Mon Amour et ma vie, bien sûr que tu souffres beaucoup et que tu ne peux plus le supporter – et c’est parce que tu veux souffrir seul. Mais si tu partageais tes souffrances avec moi, tu souffrirais moins et tu n’en viendrais pas au point de ne plus pouvoir supporter les pauvres créatures. Aussi, laisse-moi prendre part à tes douleurs, partageons-les ensemble, et tu verras que tu pourras encore les supporter. Dépêche-toi, ne souffre pas seul plus longtemps – essaye, Jésus. Tu as raison, tu souffres beaucoup, et c’est pourquoi, je t’en prie – partageons ensemble tes souffrances, et calme-toi. »

            Puis, après beaucoup d’insistance, mon doux Jésus me laissa souffrir – mais ce n’était que l’ombre de ses souffrances, et pourtant, j’avais l’impression d’être démolie, broyée. Mais je suis incapable de dire ce que j’ai souffert ; de plus, il est préférable de garder le silence sur certaines choses. Puis, comme s’il était fatigué de sa longue souffrance, Jésus se cacha en moi pour y trouver un peu de soulagement et je me sentis complètement investie par Jésus. Je voyais les yeux de Jésus partout en moi ; il me dit que ses yeux étaient fatigués de regarder la terre et qu’il cherchait un abri. La lumière des yeux de Jésus se fixait sur certains points de la terre, et les maux commis en ces lieux étaient si nombreux que cette lumière l’incitait à les détruire. Je le priais de les épargner en plaçant son Sang, ses souffrances, sa Volonté éternelle devant lui ; et Jésus, toute bonté, me dit :

            Ma fille, la puissance des prières, des actes et des douleurs souffertes dans ma Volonté est inaccessible. Pendant que tu priais et souffrais, mon Sang, mes pas, mes œuvres priaient, mes souffrances étaient multipliées et répétées. Ainsi, tout ce qui est fait en elle me donne l’occasion de répéter ce que j’ai fait lorsque j’étais sur terre. Et c’est le plus grand acte qui soit pour apaiser la divine Justice.

            Continuant ma ronde dans la Divine Volonté et ne trouvant pas mon doux Jésus, je me lamentais en pensant : « Comment se peut-il que mon Jésus ne vienne plus aussi souvent qu’avant, et alors qu’il parle des merveilles de sa Volonté pour celui qui vit en elle, au lieu de venir plus souvent, il tarde de plus en plus à venir ? » Et pendant que je pensais cela, mon Jésus bien-aimé se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, mon Humanité se cache en toi et je laisse une large place à ma Divine Volonté pour qu’elle opère librement et y forme son royaume. Il y a eu le temps où mon Humanité avait en toi son champ d’action, et elle était par conséquent toujours en toi et avec toi ; et ma Divine Volonté m’a permis ainsi de te préparer à recevoir un champ d’action rendu plus étendu par le Fiat sans fin. Et je dois donc le laisser agir, d’autant plus qu’il ne m’empêche pas de rester avec toi, puisque nous sommes inséparables ; et en étant avec toi, je me délecte en attachant à ton âme, comme à un tout petit oiseau, le fil de lumière de ma Volonté, et je te fais voler dans son immensité, te projetant dans ses actes innombrables, tout en gardant en main le fil qui te retient attachée. Et toi, en parcourant les actes de ma Volonté, tu me perds de vue tandis que j’attends que tu suives tous les actes de ma Divine Volonté pour ensuite tirer le fil derrière toi. Avant cela, tu ne voulais pas suivre tous ses actes ; tu voulais suivre le petit cercle des actes de mon Humanité, lequel est petit en comparaison des actes de ma Divine Volonté ; et c’est pourquoi chacun de tes actes et chacune de tes souffrances te faisaient rencontrer ton Jésus, et j’étais bien résolu à te faire copier mon Humanité. Il était par conséquent nécessaire que je garde en main le pinceau afin de former mon image en toi, de disposer la toile de ton âme à recevoir les vives couleurs, trempées dans la lumière de mon divin Fiat. Ce qui était nécessaire avant ne l’est plus à présent ; ce qui ne veut pas dire cependant que je ne suis plus avec toi. Nous vivons ensemble dans l’éclipse formée par la lumière d’une Volonté éternelle, et sa lumière est si grande qu’elle nous éclipse et fait que nous nous perdons de vue. Mais si la lumière baisse, je peux te voir et tu peux me voir, et nous nous retrouvons comme si nous n’avions jamais été séparés.

           

25 août 1927 - Les relations entre les branches et la vigne. L’âme, dépositoire de la Divine Volonté.

            Je priais lorsque je me suis retrouvée à l’extérieur de moi-même, avec mon doux Jésus dans les bras. Et le serrant très fort contre mon cœur, je lui dis : « Dis-moi, mon Amour, quelles sont les relations qui existent entre toi et moi ? » Et Jésus, toute bonté, me dit :

            Ma fille, veux-tu le savoir ? Les relations entre toi et moi sont semblables à celles qui existent entre les branches et la vigne. La vigne forme les branches, et elles reçoivent l’humeur vitale de la vigne afin de croître, de se revêtir de feuilles et de grappes. L’union entre la vigne et les branches est telle que les branches ne peuvent ni être formées ni avoir la vie sans la vigne, et la vigne serait sans beauté et ne donnerait aucun fruit sans les branches. Par conséquent, les relations et les liens d’union entre eux sont tels qu’ils forment la même vie et sont inséparables les uns des autres. Et s’ils se séparent, la vigne reste stérile, sans beauté et sans fruits, et les branches perdent leur vie et flétrissent. Or, ton Jésus est la vigne et toi, tu es la branche. Les relations entre toi et moi sont inséparables ; un le sang qui circule dans nos veines, une la Volonté, un les battements de cœur. Je forme ta vie et tu formes ma gloire et mon fruit, et je me délecte à trouver mon repos à l’ombre des larges feuilles de tes branches, à cueillir les raisins de ma vigne et à les savourer à ma guise.

            Et moi : « Mais dis-moi encore, ma vie : et ta Volonté ? Comment est-elle en moi ? » Et Jésus ajouta :

            Ma fille, ma Volonté est en toi comme le dépositaire de tous ses actes. En fait, lorsqu’elle accomplit un acte, ma Volonté ne le dépose pas à l’extérieur d’elle-même ; il manquerait l’espace, la convenance, la sainteté ainsi que tout ce qui est nécessaire pour préserver ses actes. C’est pourquoi elle ne peut les placer ailleurs qu’en elle-même. Qui pourrait jamais avoir l’espace nécessaire pour recevoir tous les cieux avec leurs étoiles, le soleil avec la diffusion de sa lumière, la mer avec l’étendue de ses eaux, la terre avec la multiplicité de ses plantes ? Personne. Par conséquent, c’est ma Divine Volonté elle-même qui est nécessaire pour être capable de déposer ses propres actes. Or, puisque ma Volonté est en toi, c’est en toi qu’elle fait le dépôt de tous ses actes, car elle trouve dans son Fiat une magnitude et une sainteté dignes d’elle. Si tu savais le contentement de mon éternel Fiat en trouvant dans la créature l’espace où déposer ses actes – ce qui en est la cause première, car c’est pour la créature qu’ils ont été accomplis ! Par conséquent, tous les actes de ma Divine Volonté sont en toi, et c’est de toi qu’ils sortent en emportant avec eux la gloire qui leur est due. Oh ! comme il se sent récompensé en trouvant, dans tous ses actes, la créature rendant gloire à sa lumière, à sa sainteté, à son immensité. Et en trouvant dans le baiser la créature, sa gloire, son amour, il se sent poussé à former des actes encore plus beaux, dignes de mon éternel Fiat, uniquement pour l’amour de celle en qui il peut en faire le dépôt, afin de recevoir son nouveau baiser, son amour, sa gloire. C’est pourquoi où que soit ma Volonté, il y a tout : il y a les cieux, le soleil, la mer et toutes choses. Rien ne peut y manquer de toutes ses œuvres ; ma Volonté contient tout, elle préserve tout, elle a de l’espace pour tout de façon à enclore toutes choses en elle-même.

 

28 août 1927 - La tristesse de la Divine Volonté en chaque chose créée. La conception de Jésus. L’amour de l’âme.

            Je suivais selon ma façon habituelle les actes de la suprême Volonté. Mais pendant que je faisais cela, mon doux Jésus est sorti de mon intérieur. Il était très affligé et très las, et soupirait avec une immense tristesse. Je lui dis : « Qu’est-ce qui ne va pas, qu’y a-t-il, mon Amour ? Pourquoi es-tu si malheureux et si triste ? » Et Jésus :

            Ma fille, si tu savais combien de souffrances reçoit ma Volonté, tu pleurerais avec moi. Ma Volonté a son mouvement et son acte continuels dans toute la Création ; elle englobe tout et dans toutes les choses créées, elle présente à chaque créature son acte incessant. Mais ne trouvant pas sa propre Volonté dans les créatures pour donner son acte, elle trouve au contraire des volontés humaines couvertes de boue et elle est forcée d’y placer ses actes afin de les protéger. Elle est torturée par la douleur de placer dans la boue la noblesse, la sainteté et la pureté de ses actes divins. Elle ne trouve pas le cortège de sa propre Divine Volonté dans les actes qu’elle dépose dans la créature, et elle en souffre intensément ; et je sens sa douleur en chacun de ses actes de même qu’en chaque acte qu’elle permet à la créature d’accomplir. Si la créature parle, agit et marche, c’est dans ma Divine Volonté qui est le mouvement premier de sa parole, de son agir et de son pas ; et pourtant, on ne regarde pas ma Divine Volonté, on la met de côté comme si ma Volonté était extérieure à la créature, alors qu’elle soutient la partie essentielle et vitale de son acte. Oh ! comme elle souffre dans chacun des actes des créatures, en voyant qu’elle n’est ni reconnue, ni aimée, ni regardée. Il n’est rien dans la Création que ma Volonté ne fasse pas : elle accomplit dans le soleil son acte incessant de lumière afin de donner la lumière aux créatures, et elle cherche en elles sa propre Volonté pour recevoir le cortège et la gloire de sa lumière ; ne la trouvant pas, elle souffre, car elle ne trouve pas dans les créatures ce qui correspond à sa lumière – au contraire, elle trouve en elles les ténèbres et la froideur qui offensent sa lumière et sa chaleur. Quelle tristesse ! Ma Volonté accomplit son acte continuel dans l’air et, en le respirant, elle forme dans l’air un acte vital afin que les créatures reçoivent la vie en le respirant.  Mais en leur donnant la vie, elle ne trouve pas en elles le souffle de sa propre Divine Volonté qui, en respirant avec les créatures, formerait en elles la vie divine. Quelle douleur – de donner la vie sans être capable de la former en elles. Ma Volonté forme la nourriture, elle maintient en exercice de si nombreux éléments – la terre, le vent, le soleil, l’air, l’eau, les semences – afin de former cette nourriture et de la donner aux créatures afin de trouver en elles sa propre Volonté. Mais non – c’est en vain, et sa douleur devient plus intense.

            Que ne fait pas ma Volonté dans la Création ? Il n’est aucune chose en laquelle ma Volonté ne maintienne son acte primordial de vie ; et elle court et court sans cesse vers la créature. Elle court dans le vent, dans l’eau, dans la terre, dans les champs de fleurs, dans les vagues de la mer, dans les cieux qui se déploient partout ; et elle court afin de trouver sa Volonté dans les créatures. Ne la trouvant pas, elle ressent une douleur en toutes choses, elle sent que ses propres actes lui sont arrachés sans servir sa propre Volonté. Oh ! si la créature pouvait lire les caractères de mon divin Fiat en tout ce qu’elle voit, entend, touche et prend, elle lirait la douleur incessante de cette Volonté qui court et courra toujours dans le seul but de trouver en elle ma Volonté, la seule raison pour laquelle l’homme et toute la Création ont été créés. Et si ma Volonté préserve la créature, c’est pour atteindre son but et donner du répit à une si longue douleur. La raison de tout ce que je fais pour que ma Divine Volonté soit connue, c’est qu’elle puisse régner et dominer. Tout sera donné à ses enfants, car eux seuls ôteront les caractères de douleur pour les remplacer par des caractères de joie, de gloire, de bonheur dans toutes les choses créées, parce qu’ils recevront à travers eux la Divine Volonté, et la Divine Volonté se laissera trouver en eux pour rendre les justes hommages et la gloire qui sont dus aux actes que ma Volonté exerce dans toute la Création.

            J’ai ensuite continué à suivre les actes de la suprême Volonté et en arrivant au point où la Reine souveraine conçut en son Sein très pur, je pensais en moi-même : « Le Cœur de ma céleste Mère a fourni son sang, son amour et la Divine Volonté régnant en elle afin de former la conception du Verbe en elle ; je veux moi aussi fournir mon amour, mes souffrances et la Divine Volonté régnant en moi pendant qu’elle conçoit en son Sein pour pouvoir moi aussi placer quelque chose de moi dans la conception de Jésus, afin d’adorer le Fiat éternel dans un acte si grand, et aussi pour que, après avoir donné quelque chose de moi, il puisse être conçu en moi. » Mais je me disais en pensant cela : « Me voilà encore comme d’habitude avec des choses étranges ; mais, après tout, c’est de l’amour que je veux donner à Jésus, c’est sa très Divine Volonté pour l’honneur de sa conception. » Et Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, c’est moi qui conduis ton âme à faire ce que je veux, et souvent je ne t’en donne même pas la raison. Tu dois savoir que ma Divine Volonté a eu son premier acte dans ma conception, Verbe éternel, et ton amour et tes actes sont des actes de justice, qui sont nécessaires pour la conception de la Divine Volonté dans l’Humanité de ton Jésus, car le premier Royaume qu’elle a établi l’a été dans mon Humanité. Or, afin de te donner le droit que je puisse régner en toi, elle a exigé avec justice ton amour pendant qu’elle concevait dans mon Humanité. Et comme il n’y a pour mon Fiat suprême ni passé ni futur, mais que tout est présent, pendant que je concevais dans la Reine Souveraine, je concevais dans ton amour, dans tes souffrances, et dans cette Volonté même qui devait régner en toi. Ainsi, tu ne fais maintenant rien d’autre que lui donner ses droits, en lui fournissant ce qui est nécessaire pour qu’elle conçoive en toi, et pour que tu reçoives les droits de lui laisser établir son Royaume et de prendre en main le sceptre du commandement avec un empire absolu. Ainsi, ce qui pour toi n’est rien et te semble étrange, entre dans le premier acte de la Divine Volonté, et ton Jésus, te regardant et te prenant par la main, te conduit dans cet acte par lequel il conçut dans le sein maternel afin de te laisser placer ton amour et tes souffrances, pour que ton acte ne soit pas absent d’un acte si grand qui marqua le commencement du Royaume de la Divine Volonté dans la famille humaine. Et c’est la raison pour laquelle, dans tous les actes que j’ai accomplis lorsque j’étais sur la terre, j’appelle ton amour afin qu’il se lie à ces actes, et je ne veux pas qu’un seul de ces actes ne t’échappe. Tels sont les droits de justice que ma Volonté exige, et ce sont des liens de connexion pour te donner le droit que je puisse régner en toi. Par conséquent, suis ton Jésus sans aucune inquiétude.

            En pensant de nouveau à la tristesse ressentie par la Divine Volonté dans la Création, j’aurais voulu vivre autant de vies qu’elle éprouve de chagrins, de façon à pouvoir apaiser une si longue peine ; et je pensais combien pouvait être triste l’état dans lequel se trouvait le Fiat dans les créatures. Et mon aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tu dois savoir que ma Divine Volonté ne peut admettre les actes de ma Volonté dans les créatures si elle ne s’y trouve pas elle-même, car les créatures n’ont pas la capacité, la dignité, la sainteté ni l’espace nécessaire pour contenir un seul acte de la suprême Volonté. Et c’est là une autre de ses tristesses ; mais par la nature de sa bonté, elle communique ses effets. Il en va comme du soleil qui communique ses effets sur la terre, mais sans y demeurer, autrement la terre deviendrait radieuse et lumineuse ; tandis qu’après le passage du soleil, la terre reste ce qu’elle est : un corps noir.  Cependant, les effets servent à la préserver et à produire les plantes, les fleurs et les fruits. Cela se passe aussi avec l’eau qui communique ses effets à la terre, mais non la source de sa vie ; si bien que s’il ne pleut pas, la terre reste sèche et incapable de produire un seul brin d’herbe. C’est pourquoi la terre, qui ne possède ni la vie du soleil ni celle de l’eau, a besoin du soleil qui lui communique ses effets quotidiens, et de l’eau pour l’arroser très souvent afin d’être préservée et capable de produire. C’est la même chose avec les actes de ma Divine Volonté : elle veut se donner pour que la créature devienne soleil afin de pouvoir former sa vie ; mais ne trouvant pas sa Volonté, dans sa douleur, saisie par les excès de sa bonté, elle communique ses effets qui servent à préserver l’objet de ses peines. Personne ne peut te dire la valeur, la puissance, la sainteté, la lumière et l’immensité que contient un seul acte de mon divin Fiat, à l’exception de ton Jésus ; et seule celle qui possède une Divine Volonté peut contenir ses actes. Par conséquent, seul le Fiat peut élever la créature à la divine sainteté et à la noblesse qui lui donnent la ressemblance avec son Créateur ; toutes les autres créatures, si bonnes et louées qu’elles puissent être en raison de leur capacité, de leur ingéniosité et de leur industrie, resteront toujours semblables à la terre qui ne possède ni la source de la lumière ni de l’eau, et elles recevront, comme de pauvres mendiantes, les effets de ma suprême Volonté.

 

3 septembre 1927 - Tant qu’elle ne laissera pas la Divine Volonté régner, l’âme sera toujours malheureuse et inquiète. Diversité des martyres de l’âme et du corps.

             Je traversais la mer de lumière du divin Fiat en suivant ses actes, et – oh ! comme je comprenais que tout le bien est en lui. Et mon toujours aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, tant qu’elle ne laissera pas ma Divine Volonté régner en elle, la créature sera toujours malheureuse, toujours inquiète, car si bonne, si sainte, si instruite et si riche qu’elle puisse être, elle sentira en elle qu’il lui manque la plénitude du bonheur et la mer de paix, qui sont tels que l’âme ne peut d’aucune manière être troublée ni voir son bonheur brisé. Elle ne peut donc être heureuse qu’à moitié, et sa paix sera diminuée de moitié ; et parce qu’elle n’est pas entière, la moitié qui lui manque restera une voie ouverte au malheur et au trouble.

            C’est également ce qui se produit dans l’ordre naturel. Celui-ci est riche, il ne manque de rien, il possède ses dix, vingt millions ou milliards, mais sachant qu’il pourrait en gagner plus et être plus riche encore, il se sent inquiet, malheureux ; et comme s’il mettait sa richesse de côté, il ne pense plus qu’aux autres richesses qu’il pourrait acquérir. Le pauvre, comment pourrait-il être heureux, en paix, s’il lui manque la source des biens qui lui dit : ‘Repose-toi, tout t’appartient et tout ce que tu désires est en ton pouvoir.’ Celui-là est roi – mais que de tristesse sous cette couronne : peur de perdre son royaume, espoirs et envies d’en acquérir d’autres, de régner sur le monde entier au prix de guerres. Ainsi, la possession d’un royaume ne sert à rien d’autre qu’à rendre le pauvre roi malheureux et inquiet. Un autre encore est un érudit, mais ne possédant pas toutes les sciences et sachant qu’il pourrait en acquérir d’autres, il ne connaît pas de repos et ne se sent ni heureux ni en paix. Combien de fois, face à un plus savant que lui, il se sent humilié et malheureux de ne pas posséder la totalité de toutes les sciences ?

            Or, la même chose se produit dans l’ordre surnaturel. Celui-là est bon, mais il n’a pas le sentiment de posséder en lui-même la source de la bonté, car il sent qu’en certaines occasions sa patience est faible, sa fermeté dans le bien intermittente, sa charité très souvent boiteuse, sa prière inconstante. Cela le rend malheureux, inquiet, car il voit que son bonheur n’est pas complet – c’est comme s’il ne l’avait qu’à moitié, et l’autre moitié qui lui manque sert à le torturer et à le rendre malheureux. Le pauvre, comme il apparaît clairement qu’il lui manque le Royaume de ma Divine Volonté ; de fait, s’il régnait en lui, il posséderait la source de la bonté qui lui dirait : « Repose-toi, tout est en ton pouvoir – source de patience, de fermeté, de charité, de prière.’ Et ressentant la source en lui-même, il sentirait la mer de bonheur et de paix s’étendre en lui et en dehors de lui, et le malheur et l’inquiétude ne trouveraient plus le moyen d’entrer en lui. Un autre est saint, mais en certaines circonstances, il ne sent pas en lui-même la source de sainteté, la lumière qui nous fait tout connaître, qui lui montre toujours où se trouvent – la voie et le bonheur. La connaissance de Dieu n’est pas pleine, l’héroïsme des vertus vacille en lui. Aussi, avec toute sa sainteté, il n’est pas heureux ni en paix, car comme la domination totale de mon divin Fiat est absente, il lui manque la source de la lumière qui éclipse la semence de tous les maux pour la remplacer par la source du bonheur et de la paix. C’est pourquoi tant que les créatures ne laisseront pas régner ma Divine Volonté, il n’y aura pas dans le monde même l’idée, ni la vraie connaissance de ce que signifient la paix véritable et la plénitude du bonheur. Toutes choses, si bonnes et saintes qu’elles soient, n’auront pas leur plénitude, car étant donné l’absence de la domination et du règne de ma suprême Volonté, il manque ce qui communique la source de tout bonheur ; c’est une source, et par conséquent, on peut y prendre ce qu’on veut et comme on veut. C’est la raison pour laquelle je désire que ma Volonté soit connue et forme son Royaume parmi les créatures – parce que je veux les voir heureuses, et de ce bonheur avec lequel je les ai produites en les créant lorsqu’elles sont sorties du sein de leur Créateur qui possède tous les bonheurs possibles et imaginables.

            Après cela, je suivais la sainte Divine Volonté et sentant que j’étais sans mon doux Jésus, je délirais, car je voulais celui qui, me faisant souffrir, me faisait connaître le plus dur des martyres au point que je ne pouvais plus le supporter. Et mon toujours aimable Jésus, sortant de moi-même, me dit :

            Ma fille, le martyre de l’âme est plus grand, plus noble, et il contient une valeur si grande que, comparée à celle du corps – oh ! comme celui-ci est loin derrière ! Le martyre du corps est limité, il est petit devant celui de l’âme. L’âme est lumière, tandis que le corps est matière, et lorsque le corps est martyrisé, le sang qu’il répand ne s’étend pas, ne se diffuse pas au loin et n’inonde que le petit espace de terre où il se trouve ; ses effets sont par conséquent limités et circonscrits à des lieux, au temps et à la personne. Par contre, le sang de l’âme est lumière, est lorsque cette lumière est filtrée, placée sous une presse, la lumière diffuse, elle s’élève, elle s’étend de plus en plus. Qui peut restreindre et circonscrire la lumière du soleil ? Personne ! Il n’y a pas de pouvoir contre la lumière, il n’y a pas d’armes qui puissent la blesser et la tuer ; toutes les puissances réunies sont  sans pouvoir contre la lumière – qu’elles le veuillent ou non, elles sont forcées de lui laisser libre cours et de se laisser revêtir par elle. Et si quelqu’un, pris de folie, pensait à l’arrêter avec une puissance qui est toute sienne et naturelle, la lumière se rirait de lui et, victorieuse, répandrait sur lui encore plus de lumière. Or, l’âme est plus que le soleil, et lorsqu’elle souffre de privation et est écrasée sous ce pressoir, c’est autant de rayons qu’elle acquiert pour s’étendre et se répandre davantage. Et comme c’est une souffrance de vie divine, en faisant la Divine Volonté, l’âme offre dans ce martyre l’acte le plus beau, et sa lumière s’étend si loin que personne ne peut l’atteindre, car c’est une Divine Volonté qui entre dans ce martyre causé par la privation de ton Jésus. La matière n’entre pas du tout dans ce martyre, mais tout est lumière : ton Jésus est lumière, ma Volonté est lumière, ton âme est lumière, qui forment un tel enchantement de lumière que le Ciel et la terre en sont revêtus, apportant à tous le bénéfice de la chaleur et de la lumière. C’est pourquoi le martyre du corps n’est rien en comparaison de celui-ci.

 

4 septembre 1927 - Comment la Création est revêtue par les actes accomplis dans la Divine Volonté.

            Je faisais ma ronde à travers la Création tout entière, et j’avais revêtu les cieux, le soleil, la mer – en somme, toutes les choses créées, de mon « Je vous aime ; Je vous adore ; Je vous bénis », pour chanter la gloire de mon Créateur dans toute la Création. Pendant que je faisais cela, mon Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, écoute avec moi toutes les harmonies de la Création. Écoute : la mer murmure, mais dans ce murmure ont peut entendre une note plus belle, le Je vous aime ; Je vous adore ; Je vous bénis, la gloire que la petite fille de ma Volonté murmure de concert avec la mer ; et en faisant murmurer toute la mer, elle fait dire aux eaux ses refrains d’amour à son Créateur. Oh ! comme la mer acquiert de nouvelles notes d’harmonie et de beauté, de nouveaux sons plus beaux, parce que ma petite fille fait parler sa voix dans ma Divine Volonté, et fait parler la mer, et rend la gloire de la mer à son Créateur. Écoute : le soleil également, dans sa lumière qui tombe du ciel et revêt la terre entière, fait pleuvoir avec sa lumière tes notes amoureuses, tes refrains bienvenus – Je vous aime ; Je vous glorifie ; Je vous adore ; Je vous bénis. En fait, puisque la Divine Volonté qui règne en toi est une avec celle qui règne dans le soleil, oh ! avec quelle éloquence parle la lumière, comme l’amour de son Créateur s’écoule dans la chaleur, combien d’harmonies et de notes nouvelles qui ne sont pas les siennes il acquiert parce qu’il y a la petite fille de la suprême Volonté qui émet ses actes en cette Volonté, et faisant sa volonté une avec celle de toute la Création, elle administre sa voix et ses actes à toutes les choses créées. Écoute : la nature de la mer, celle du soleil, n’ont pas la vertu de la parole, et trouver quelqu’un qui vit dans ma Volonté et leur communique sa voix et ses actes, c’est la chose la plus étonnante, la plus grande gloire que tu puisses donner à ton Créateur. Ainsi, il n’est pas une seule chose créée qui ne soit revêtue de tes actes, et je fais mes délices d’écouter tes notes et tes refrains répétés dans les cieux, dans le vent, dans la pluie qui tombe, dans le chant du petit oiseau – en toute chose ; et je veux que toi aussi, avec moi, tu entendes tes propres harmonies que tu formes dans la Création tout entière.

            Ma fille, le plus petit mouvement, le plus petit souffle accompli dans la Divine Volonté, est tout de Dieu ; et parce que cela lui appartient, il trouve en toute chose ce qui est sien. Dans l’acte accompli dans mon divin Fiat, il trouve la sainteté divine, il trouve sa lumière, il trouve sa bonté, son amour, sa puissance ; rien ne manque à cet acte de ce qui appartient à Dieu. Par conséquent, ils peuvent être appelés des actes divins, qui sont les plus beaux, les plus saints et les mieux accueillis ; et devant ces actes, tous les autres actes, si bons qu’ils puissent être, perdent leur valeur, leur goût, et ne peuvent jamais me plaire. Il en va comme d’un seigneur extrêmement riche ; il possède des richesses, des jardins, des fermes avec les plus beaux fruits, que personne ne peut égaler. Or, comme ce seigneur sait que personne ne possède des fruits et des choses comparables, si ses fils ou ses serviteurs lui apportent les fruits de son propre jardin, il les apprécie, il les reçoit avec amour pour en manger à satiété ; mais s’ils lui apportent des fruits provenant de la ferme d’un d’autre, il ne les appréciera pas, car il s’apercevra immédiatement de la différence et les trouvera mauvais, trop verts et dégoûtants, et il se plaindra aux siens d’avoir osé lui rapporter des choses et des fruits qui ne viennent pas de chez lui. Il en est de même pour nous : tout ce qui est fait dans notre Divine Volonté est à nous – c’est le fruit de nos fermes sans limites ; et parce que ce sont nos propres choses, nous ne trouvons rien en elles qui soit indigne de notre Divinité ; par conséquent, nous trouvons grand plaisir à les recevoir. Par contre, ce qui est fait en dehors de notre Divine Volonté est pour nous chose étrangère, à quoi manque l’empreinte divine, qui n’a pas la plénitude des saveurs, de la lumière, de la sainteté, de la douceur. Même dans les choses les meilleures, la volonté humaine y mettra toujours la part qui n’est pas mûre, qui gâte le goût et les plus belles choses ; alors, voyant que ces produits ne sont pas de nos fermes, les fruits de notre Divine Volonté, nous les mettons de côté, et souvent nous ne les regardons même pas. Par conséquent, je te le recommande : ne laisse rien sortir de toi qui n’entre dans la lumière de ma suprême Volonté, afin que tout puisse venir de nous et nous être grandement agréable.

 

8 septembre 1927 - Comment toute la Création est fixée en Dieu et nous parle de l’Être suprême. La douleur soufferte de manière divine en Jésus et en Marie. Signification des quarante jours dans le désert.

            Je continue mon vol dans la suprême Volonté qui tient toute la Création dans le creux de sa main, et je suis forcée de voler d’une chose à une autre afin de retracer toute cette gloire que je peux, à travers elles, rendre à mon Créateur, et le payer avec mon amour pour tout ce qu’il a fait pour l’amour de moi et de tous. J’étais en train de faire cela lorsque mon Jésus se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, lorsque notre Divinité créa la Création tout entière, elle la garda unie à elle par un lien. Ainsi, on peut dire que les cieux conservent leur relation avec Dieu, qu’ils sont fixés en Dieu, et que c’est de Dieu qu’ils étendent leur immensité. Les étoiles sont reliées à Dieu, et c’est en Dieu qu’elles ornent la voûte du firmament de leur or. Le soleil est relié à Dieu, et c’est du sein de Dieu qu’il répand sa lumière qui revêt toute la terre. Il n’est pas une chose créée qui n’ait son lien en Dieu ; et en sortant, elles ne se séparent pas de Dieu. Dieu est jaloux de ses actes, et il les aime tant qu’il ne permet pas qu’ils soient séparés de lui. Par conséquent, il les garde tous fixés en lui comme gloire éternelle de ses propres actes, comme porte-parole de son Être aux créatures, et qui, d’une voix muette, parlent avec des faits de celui qui les a créés et disent, avec des faits, qu’il est lumière très pure et infinie, amour qui ne s’éteint jamais, œil qui voit tout et pénètre toute chose.  Le soleil dit cela. Les choses créées disent également : « Regardez-nous et, avec des faits, nous vous raconterons. C’est la raison pour laquelle nous ne parlons pas : les actes sont plus éloquents que les paroles. Il est puissance qui peut tout, il est immensité qui enveloppe toute chose. Il est sagesse qui ordonne tout, il est beauté qui enchante toute chose. » La Création est le récit continuel de l’Être suprême dont elle reçoit la vie continuelle. Et en allant d’une chose à l’autre, tu demeures unie par elles à ton Créateur et tu reçois les relations de lumière, d’amour, de puissance, etc., que possède chacune d’elles.

            En entendant cela, je dis : « Mon amour, les choses créées n’ont pas de raison – comment peuvent-elles me donner leurs relations et te donner tant de gloire ? » Et Jésus ajouta :

            Ma fille, les choses créées sont en relation avec moi et sont reliées à moi comme les membres du corps à la tête, et elles agissent comme les membres qui reçoivent la vie de la tête. Regarde, tu as des mains et des pieds ; ils ne sont pas doués de raison et ils ne parlent pas, mais parce qu’ils reçoivent la vie de la tête, les mains agissent, les pieds marchent ; ils restent à la disposition de ce que veut la tête et forment sa plus grande gloire. Ce n’est que si les mains et les pieds étaient séparés du corps qu’ils ne feraient aucun travail ni aucun pas, car ils perdraient alors la vie que la tête leur communique. Il en va de même pour la Création tout entière : même si les choses créées n’ont pas de raison et ne parlent pas, parce qu’elles sont unies à Dieu comme les membres du corps, elles reçoivent la vie de leur Créateur et, par conséquent, toutes les choses créées agissent, leurs actes sont incessants et restent à notre disposition plus que vos membres ne sont à la disposition de votre tête. Et tout comme vos membres ont la vertu de communiquer vos œuvres aux autres créatures, les choses créées ont la vertu de communiquer le bien qu’elles possèdent aux créatures et à celui qui vit dans ma Divine Volonté. Parce que la Volonté qui les anime est une avec celle de cette âme, elles sentent que cette âme appartient au corps de la Création tout entière ; c’est pourquoi elles lui communiquent toutes les relations qu’elles ont avec la Tête, et c’est avec un grand amour qu’elles l’unissent à elles-mêmes. Par conséquent, vis avec constance dans ma Divine Volonté si tu veux vivre une vie collective avec ton Jésus et avec toute la Création, et rends-moi toute la gloire que me rendent continuellement toutes mes œuvres.

            Après quoi je suivis la Divine Volonté dans l’acte où mon doux Jésus se sépara de la Reine Souveraine pour aller au désert ; et en éprouvant de la compassion pour l’un et pour l’autre, je me disais : « Comment la Reine Souveraine a-t-elle pu se séparer de son cher Fils pour aussi longtemps que quarante jours ? Elle qui l’aimait tant, comment pouvait-elle supporter d’être sans lui ? Moi, qui n’ai pas son amour, je souffre tant d’être privée de lui pour quelques jours, qu’est-ce que cela a dû être pour ma Maman ? » Et pendant que je pensais cela, mon Jésus adoré se manifesta à l’intérieur de moi et me dit :

            Ma fille, nous avons souffert tous les deux de cette séparation, mais notre peine a été soufferte de manière divine, et non humaine ; par conséquent, elle ne nous a pas séparés du bonheur ni d’une paix imperturbable. Heureux, je suis parti au désert – au comble de la joie, ma céleste Mère est restée. En fait, la douleur soufferte de façon divine n’a pas la vertu de jeter la plus petite ombre sur le bonheur divin qui contient des mers infinies de joies et de paix. Les douleurs souffertes de façon divine sont comme de petites gouttes d’eau dans une mer immense dont la puissance des vagues a la vertu de les changer en joie. La douleur soufferte de manière humaine a la vertu de briser la vraie joie et de troubler la paix ; la manière divine – jamais. D’autant plus  que ma Maman possédait le soleil de ma Volonté par grâce, et que je le possédais par nature. Ainsi, le soleil demeurait en elle et demeurait en moi, mais ses rayons ne se séparaient pas, car la lumière est indivisible ; par conséquent, dans cette même lumière, elle demeurait en moi et suivait mes actes, et moi je demeurais en elle comme le centre de sa vie. La séparation, bien que réelle, n’était qu’apparente ; nous étions en substance fusionnés ensemble et inséparables, parce que la lumière de la Divine Volonté plaçait nos actes en commun comme s’ils ne faisaient qu’un. De plus, je suis allé au désert afin de rappeler cette même Divine Volonté qui est mienne et que, pendant quarante siècles, les créatures avaient désertée ; et moi, pendant quarante jours, je voulais rester seul afin de réparer les quarante siècles de volonté humaine durant lesquels ma Volonté n’avait pas possédé son royaume au cœur de la famille humaine ; et avec ma Divine Volonté même, je voulais la rappeler parmi eux afin qu’elle puisse régner. De retour du désert, je l’ai déposée en ma Maman, avec tous ces actes de Divine Volonté que les créatures avaient rejetés et gardés comme en un désert, afin qu’elle puisse être la fidèle dépositaire, la réparatrice et l’impératrice du royaume de ma Volonté. Seule la Dame Souveraine pouvait recevoir ce dépôt si grand, car elle possédait en elle la Divine Volonté même qui pouvait contenir la Volonté désertée par les créatures. Comment pouvions-nous penser à la douleur d’être séparés pour quarante jours alors qu’il s’agissait de réintégrer notre Divine Volonté, de la rappeler pour régner à nouveau parmi les créatures ? Dans notre peine, nous étions plus qu’heureux, parce que nous voulions placer le Royaume du Fiat suprême en sûreté, et la Reine du Ciel attendait avec impatience mon retour pour recevoir le dépôt du nouveau soleil afin de payer de son amour tous les actes de ce soleil que l’ingratitude humaine avait rejetés. Elle a agi en vraie Maman envers ma Divine Volonté, se comportant également en vraie Mère pour les créatures, en demandant la vie, le bonheur, la joie de posséder le Royaume du Fiat éternel pour tous.

            Ma fille, quarante est un nombre symbolique et significatif dans ma vie ici-bas. À ma naissance, je suis resté quarante jours dans la grotte de Bethléem – symbole de ma Divine Volonté qui, quoique présente au milieu des créatures, était comme cachée et en dehors de la cité de leur âme. Et moi, afin de réparer pour les quarante siècles de volonté humaine, je voulais rester en dehors de la cité pendant quarante jours, dans un misérable refuge, pleurant, gémissant et priant afin de ramener ma Divine Volonté dans la cité des âmes pour lui rendre son Empire. Et après quarante jours, je suis allé me présenter au temple pour me révéler au vieux Siméon. Il était la première cité que j’appelais à la connaissance de mon Royaume ; et sa joie fut si grande qu’il ferma les yeux à la terre pour les ouvrir à l’éternité. J’ai passé quarante jours dans le désert, et j’ai ensuite commencé immédiatement ma vie publique pour leur donner les remèdes et les moyens de parvenir au Royaume de ma Volonté. Durant quarante jours je suis resté sur terre après ma Résurrection, pour confirmer le royaume du divin Fiat et ses quarante siècles de Royauté qu’il devait posséder. Ainsi, en tout ce que j’ai fait ici-bas, le premier acte fut la restauration du Royaume ; toutes les autres choses arrivaient en deuxième lieu, car le premier acte de connexion entre moi et les créatures fut le Royaume de ma Volonté. C’est pourquoi, lorsqu’il est question de ma Volonté, je ne m’épargne rien, ni la lumière, ni les sacrifices, ni les manifestations, ni le bonheur – ce sont des mers que je libère de moi-même afin de la faire connaître, de la faire régner et de la faire aimer.

 

14 septembre 1927 - Comment Dieu est jaloux des actes accomplis dans la Divine Volonté. La grâce est la vie de Dieu omniprésente. Comment Notre Seigneur appelle les âmes à suivre ses actes.

            J’étais tout abandonnée dans le divin Fiat et c’est en lui que j’accomplissais mes actes. Une mer sans fin se rendait présente à mon esprit et moi, dans cette mer, je formais ma propre petite mer minuscule avec mes actes. C’était comme si les eaux devenaient de plus en plus profondes et s’étendaient, s’élevant autour de moi comme en un cercle, pour me donner plus d’espace où placer mes actes au milieu de la mer, et me laisser former ma propre petite mer à l’intérieur de cette mer. J’étais surprise en voyant que cette mer, qui semblait être de l’eau, était faite de lumière et que ses énormes vagues formaient le plus magnifique enchantement, le plus doux et le plus gentil murmure, plus que de la musique. Et mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit :

            Ma fille, l’âme qui œuvre dans ma Divine Volonté œuvre en Dieu lui-même, et ses actes demeurent en lui. La mer que tu vois est l’Être suprême qui, jaloux de tout ce qui peut être fait de saint dans ma Volonté, étend la mer infinie de son Être autour de l’âme afin de recevoir ses actes ; et il les conserve en lui comme la minuscule petite mer des actes que cette âme a accomplis dans sa Divine Volonté. Notre satisfaction et notre amour pour l’âme qui vit dans notre Divine Volonté sont si grands qu’en la voyant œuvrer, nous nous abaissons vers elle pour former un cercle autour d’elle et la laisser œuvrer en nous. Et elle s’élève jusqu’à nous, et ses actes prennent place au milieu des nôtres pour faire nos délices et nous glorifier, comme nous-mêmes nous faisons nos délices et nous nous glorifions entre nous.

            Après quoi, je suivis la Divine Volonté dans tout ce qu’elle a fait dans la Création pour suivre ensuite les actes de Rédemption ; et mon Jésus adoré me rendit présent ce qu’il avait fait en venant sur terre, et je le suivis pas à pas. Et suivant son âge tendre durant lequel il pleurait et tétait le lait dans les bras de la Reine Souveraine, je lui dis : « Mon beau petit enfant, je veux revêtir tes larmes de mon Je t’aime pour te demander, en chacune de tes larmes, le Royaume de ta Divine Volonté ; et en chaque goutte de lait que te donne notre Maman céleste, je veux laisser couler mon Je t’aime pour que, pendant qu’elle te nourrit de son lait, je puisse te nourrir de mon amour, et pour te demander, en chaque goutte de lait que tu prends, le Royaume de ton divin Fiat. » Puis je dis à ma Maman : « Dis avec moi : ‘Je veux le royaume de ta Volonté en chaque goutte de lait que je te donne, en chacune de tes larmes et en chacun de tes vagissements, en chacun des baisers que je pose sur ton merveilleux et charmant visage.’ Quand cela sera dit par toi, Jésus donnera son royaume ! » Et la Dame souveraine m’a fait plaisir en répétant cela avec moi ; et mon doux Jésus me dit :

            Ma fille, pour chacun des actes que ma céleste Mère a accomplis pour moi – et ils étaient continuels – je l’ai récompensée par un degré de grâces, car je ne me laisse pas vaincre ni surpasser par les actes des créatures – je suis insurpassable. Par conséquent, si ma chère Maman me donnait de l’amour, des actes, des pas, des paroles – moi, en chaque degré de grâce, je lui donnais une vie divine, car la grâce n’est rien d’autre que la vie omniprésente de Dieu qui se donne aux créatures. Quelle grande différence entre un acte que peut donner une créature, et une vie divine que Dieu donne à chacun de ses actes. Ainsi, la Reine du Ciel était immensément riche de tant de vies divines qu’elle recevait à chaque instant ; et elle les utilisait pour former le cortège, pour honorer, pour aimer, avec ses vies divines, son Fils, son Jésus, son Tout.

            Tu dois savoir pourquoi je t’appelle maintenant, et pourquoi je te rends maintenant présent tout ce que j’ai fait dans ma vie lorsque j’étais sur terre, te montrant comment j’étais tantôt en pleurs et tremblant de froid, tantôt dans les bras de ma Maman, répétant ces actes du nourrisson tétant le lait, inondant ses mains maternelles de mes larmes, échangeant des baisers, etc. C’est parce que je veux tes actes, ton amour, avec celui de ma Mère, et que tous mes actes soient suivis par les tiens, afin que je puisse te donner à toi aussi autant de degrés de grâce pour chacun des actes que tu accomplis pour moi ; et cela, pour le décorum, l’honneur et le cortège de ma Volonté qui veut former son Royaume en toi. Ma Volonté n’est pas inférieure à mon Humanité et mérite par conséquent les mêmes honneurs que mon inséparable Maman m’a rendus ; et c’est pourquoi je veux que tes actes suivent les miens – que je puisse autant de fois te donner ma vie divine. Par conséquent, sois attentive et suis-moi fidèlement.

           

            Que tout soit pour la gloire de Dieu et le triomphe du Royaume du divin Fiat.

 

Deo gratias !

 


 

LE LIVRE DU CIEL

 

Tome 23

 

17 septembre 1927 - Les souffrances sont comme le fer battu par le marteau. Dieu, divin artisan. Avec chaque coup porté à l’âme, Dieu prépare une vérité à lui être manifestée et qui lui administre la nourriture de la vie divine. Différence entre la croix de l’Humanité de Jésus et les croix de la Divine Volonté, du divin Fiat. La Passion inconnue de Jésus. La Divine Volonté vit isolée et crucifiée au milieu de la famille humaine. La souffrance ressentie par la Divine Volonté dans toute la Création est telle que la terre en éclate de douleur. La Divine Volonté et son acte incessant. Le premier acte dans la créature est la volonté.

            « Mon Jésus, vie de mon pauvre cœur, viens soutenir ma faiblesse. Je suis encore une petite enfant, et j’ai un besoin extrême que tu me tiennes dans tes bras, que tu mettes tes paroles dans ma bouche, que tu me donnes tes pensées, ta lumière, ton amour et ta Volonté même ; et si tu ne le fais pas, je serai comme une enfant capricieuse et je ne ferai rien. Si tu aimes tant faire connaître ta très sainte Volonté, tu seras le premier à faire le sacrifice. Je viendrai en second lieu. Aussi, mon amour, transforme-moi en toi, débarrasse-moi de ma mollesse, car ça ne peut plus durer et je veux continuer à accomplir ton éternelle Volonté, même au prix de ma vie. » Je continuais de m’abandonner à la Divine Volonté et je me sentais dans un cauchemar de souffrances. Mon Jésus bien-aimé, me pressant contre lui pour me donner des forces, me dit :

            Ma fille, les souffrances sont comme le fer battu par le marteau qui en fait jaillir des étincelles de lumière et le chauffe au point qu’il se transmue en feu. Sous les coups qu’il reçoit, le fer perd sa dureté et se ramollit de telle sorte que l’on peut lui donner la forme désirée. Telle est l’âme sous les coups de la souffrance : elle perd sa dureté, lance des étincelles de lumière, se transforme en mon amour et devient le feu. Et moi, le divin Artisan, voyant que cette âme est devenue souple, je lui donne la forme que je veux. Oh ! quel délice de pouvoir la rendre belle ! Je suis un Artisan jaloux, et je me vante de ce que personne ne peut ni ne sait donner à mes statues et à mes vases ces formes et cette beauté, et plus encore dans les moindres détails. Et je convertis en vérités toutes les lumières qui étincellent. Ainsi, avec chaque coup que je porte à l’âme, je prépare une vérité à lui manifester, car chaque coup est une étincelle que l’âme fait sortir d’elle-même. Et je ne perds pas les étincelles comme fait le forgeron qui bat le fer, car je me sers de ces étincelles en les revêtant de la lumière de vérités étonnantes, de telle sorte qu’elles servent de vêtements magnifiques à l’âme et lui administrent la nourriture de la vie divine.

            Après quoi je suivis mon doux Jésus. Mais il était si affligé et souffrant que j’en fus émue de pitié. Et je lui dis : « Dis-moi, mon amour, ce qui ne va pas ? Pourquoi souffres-tu autant ? » Et Jésus ajouta :

            Ma fille, je souffre de la grande douleur de ma Volonté. Mon Humanité a souffert, elle a eu sa croix, mais la vie de mon Humanité fut brève sur la terre. Au contraire, la vie de ma Volonté est longue parmi les créatures. Elle dure déjà depuis six mille ans et continuera encore. Et sais-tu ce qui est sa croix continuelle ? La volonté humaine ! Chaque acte de la volonté humaine opposé à la Divine Volonté, et chaque acte de ma Volonté que l’âme ne reçoit pas, est une croix qui se forme pour mon éternelle Volonté. Ses croix sont par conséquent innombrables. Si tu regardes toute la Création, tu la verras remplie de croix formées de la volonté humaine. Regarde le soleil. Ma Divine Volonté apporte la lumière du soleil aux créatures, et elles prennent cette lumière sans reconnaître qui leur apporte cette lumière. Et ma Volonté reçoit autant de croix dans le soleil que de créatures qui ne reconnaissent pas ma Volonté dans sa lumière. Et tout en profitant de cette lumière, les créatures s’en servent pour offenser la Divine Volonté qui les illumine. Oh ! comme il est difficile et douloureux de faire le bien et de ne pas être reconnu !

            Le vent est rempli de croix. Chacun de ses souffles est un bienfait qu’il apporte aux créatures. Elles prennent et aiment ce bien, mais elles ne reconnaissent pas celle qui les caresse dans le vent, les rafraîchit et purifie l’air pour elles. Et ma Volonté sent ainsi des clous d’ingratitude s’enfoncer et des croix se former à chaque souffle du vent. L’eau, la mer et la terre sont pleines de croix formées par la volonté humaine. Qui se sert de l’eau, de la mer et de la terre ? Tout le monde. Et pourtant, ma Volonté qui conserve toutes choses et qui est la vie de toutes les choses créées n’est pas reconnue et demeure isolée dans ces choses créées pour ne recevoir que les croix de l’ingratitude humaine. Les croix de ma Volonté sont par conséquent innombrables et plus douloureuses que la croix de mon Humanité. De plus, la croix de mon Humanité ne manquait pas de bonnes âmes qui comprenaient la douleur, les tortures, les souffrances et même la mort qu’elle me faisait endurer – pour compatir avec moi et me faire réparation pour ce que je souffrais pendant ma vie mortelle. Les croix de mon divin Fiat sont au contraire des croix qui ne sont pas connues et, par conséquent, sans sympathie ni réparation. Ainsi, la souffrance ressentie par ma Divine Volonté dans toute la Création est telle que c’est tantôt la terre qui en éclate de douleur, tantôt la mer et tantôt le vent. Et dans sa douleur, ma Divine Volonté se décharge par des fléaux de destruction. C’est la douleur extrême de la Divine Volonté qui, incapable d’aller plus loin, frappe ceux qui ne la reconnaissent pas. C’est pourquoi je t’appelle très souvent pour parcourir toute la Création, pour te faire connaître tout ce que ma Volonté fait en elle, les souffrances et les croix qu’elle reçoit des créatures, afin que tu reconnaisses ma Volonté en chaque chose créée, que tu l’aimes, que tu l’adores et que tu la remercies, et que tu sois sa première réparatrice et la consolatrice d’une aussi sainte Volonté. Car seul celui qui vit dans ma Volonté peut pénétrer dans ses actes et connaître ses souffrances et, avec sa puissance même, se faire le défenseur et le consolateur de ma Volonté qui, depuis tant de siècles, vit isolée et crucifiée au milieu de la famille humaine.

            Et pendant que Jésus disait cela, je regardais la Création et je la voyais si remplie de croix qu’il était impossible de les compter. Et pendant que la Divine Volonté sortait ses actes d’elle-même pour les donner aux créatures, la volonté humaine sortait ses croix pour crucifier ces actes divins. Quelle souffrance ! Quelle souffrance ! Mon Jésus bien-aimé ajouta :

            Ma fille, mon Fiat éternel a eu envers les créatures un acte incessant depuis qu’il a fait la Création tout entière. Mais comme les créatures n’avaient pas en elles le règne de ma Volonté, ces actes n’ont pas été reçus et sont par conséquent restés suspendus par toute la Création dans ma Divine Volonté elle-même. Lorsque je suis venu sur terre, mon premier souci fut de reprendre en moi l’acte incessant de mon éternel Fiat qui restait suspendu en lui-même parce qu’il ne pouvait prendre sa place dans la créature. Mon Humanité, unie au Verbe, devait d’abord donner une place à cet acte incessant et lui faire réparation. Telle a été ma passion inconnue qui fut plus longue et plus douloureuse. Et c’est ensuite que j’ai entrepris la Rédemption.

            Le premier acte dans la créature est la volonté. Tous les autres actes, bons ou mauvais, arrivent en deuxième place. Par conséquent, il me fallait mettre tous les actes de ma Divine Volonté en sûreté en moi-même, descendre dans la bassesse des actes humains afin d’unir la volonté humaine et la Volonté divine, pour que ma Volonté, voyant ses actes mis en sûreté, puisse faire la paix avec les créatures. Je t’invite maintenant à reprendre en toi ces actes rejetés par mes créatures, car ma Volonté continue son acte incessant, et elle ne trouve personne qui le reçoive, qui le veuille ou qui le connaisse. Sois par conséquent attentive à travailler et à souffrir avec moi pour le triomphe du Royaume de ma Divine Volonté.

 

21 septembre 1927 - Demander le Royaume de la Divine Volonté dans les choses créées. Chaque chose créée a un office, chacune possède une des qualités de Dieu. Preuve certaine que c’est Jésus qui parle à Luisa. Une vérité manifestée est plus qu’un miracle : elle apporte avec elle la vie divine permanente et possède la vertu de renouveler le monde. La manifestation des vérités de la Divine Volonté au monde restaure l’image de Dieu pour la créature.

            Je parcourais toute la Création en demandant le Royaume du Fiat suprême en chaque chose créée. Mon Jésus adoré, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, comme toutes les choses créées sont fixées en Dieu, lorsque tu demandes le Royaume de ma Divine Volonté en chacune d’elles, les choses créées s’émeuvent en Dieu et demandent mon Royaume. Chacune d’elles forme une vague de supplications, mouvement incessant qui demande ce que tu veux. Et comme les choses créées ne sont rien d’autre que des actes sortis de ma Divine Volonté, laquelle donne un office à chacune d’elles, en demandant mon Royaume en chaque chose créée, tu mets en mouvement autour de l’Être divin tous les offices des actes de ma suprême Volonté, et tu fais demander le Royaume de notre Volonté à notre bonté, à notre Puissance, à notre Justice, à notre Amour, à notre Miséricorde et à notre Sagesse. Et cela parce que chaque chose créée contient une de nos qualités, et nous sentons l’une après l’autre les vagues de notre bonté, de notre Puissance, de notre Justice, de notre Amour, de notre Miséricorde et de notre Sagesse qui, de manière divine, supplient, prient et implorent le Royaume du divin Fiat parmi les créatures. Et nous, en nous voyant à ce point priés par notre Divine Volonté, nous demandons : « Qui est celle qui met en mouvement une aussi grande Volonté avec tous ses actes innombrables pour nous demander d’accorder notre Royaume aux créatures ? » Et nos actes nous répondent : « C’est la petite fille de l’éternelle Volonté. C’est notre fille à tous qui, avec tant d’amour, émeut nos actes pour demander ce que nous voulons tous. » Et, dans l’excès de notre Amour, nous disons : « Ah ! C’est la petite fille de notre Volonté ! Qu’elle le fasse. C’est à elle qu’il a été donné de pénétrer partout. Laissez-lui libre cours, car elle ne fera et ne demandera rien d’autre que ce que nous voulons. »

            Je pensais après cela à tout ce que mon Jésus adoré m’avait dit concernant sa Divine Volonté, comme si je voulais d’autres preuves plus certaines que c’était bien Jésus qui me parlait. Et Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, il n’existe pas d’autre preuve plus certaine et plus sûre, et qui puisse faire plus de bien à toi-même comme aux autres, que de t’avoir manifesté tant de vérités. La vérité est plus qu’un miracle. Elle apporte avec elle la vie divine permanente, elle transporte la vérité avec sa vie là où elle va, et en celui qui l’écoute, pour se donner à qui la veut. Par conséquent, mes vérités sont des lumières éternelles qui ne peuvent s’éteindre et la vérité est une vie qui ne finit jamais. Quel bien mes vérités peuvent-elles produire ? Elles peuvent former les saints, elles peuvent convertir les âmes, elles peuvent chasser les ténèbres et elles ont la vertu de renouveler le monde. J’opère par conséquent un plus grand miracle lorsque je manifeste une seule de mes vérités que lorsque je donne d’autres preuves pour montrer que c’est moi qui vais vers l’âme, ou lorsque j’accomplis d’autres choses miraculeuses, parce que ces choses ne sont que l’ombre de ma puissance, une lumière passagère ; et comme elle est passagère, elle n’apporte pas à tous la vertu miraculeuse, mais se limite à l’individu qui a reçu le miracle – et souvent celui qui a reçu le miracle ne devient même pas saint. En revanche, la vérité contient la vie, et en tant que vie, elle apporte sa vertu à qui la veut.

            Sois certaine, ma fille, que si en venant dans le monde je n’avais pas dit tant de vérités dans l’Évangile, même en ayant fait des miracles, la Rédemption aurait été arrêtée, sans développement, parce que les créatures n’auraient rien trouvé, ni enseignements ni lumière de vérité pour apprendre les remèdes en vue de trouver la voie qui conduit au Ciel. Il en aurait été de même pour toi si je ne t’avais pas dit tant de vérités, spécialement au sujet de mon adorable Volonté, ce qui a été le plus grand miracle que j’aie accompli en ces temps. Sans ces vérités, quel bien aurait apporté cette grande mission qui t’a été confiée de faire connaître le Royaume du divin Fiat ? Mais après t’avoir dit tant de vérités sur ma Divine Volonté, elle peut être connue dans le monde, et l’ordre, la paix, la lumière et le bonheur perdus peuvent être restaurés. Toutes ces vérités ramèneront l’homme dans le sein de son Créateur pour échanger le premier baiser de la Création, et pour que soit restaurée l’image de Celui qui l’a créée. Si tu savais le grand bien que toutes les vérités que je t’ai dites apportera aux créatures, ton cœur exploserait de joie. Tu n’as pas non plus à craindre que l’ennemi infernal pourrait oser te manifester une seule de ces vérités sur la Divine Volonté, car il tremble et fuit devant sa Lumière, et chaque vérité sur ma Volonté est pour lui un enfer de plus. Et parce qu’il n’a voulu ni l’aimer ni la faire, ma Volonté s’est changée pour lui en tourments qui n’auront pas de fin. Ces simples mots « Volonté de Dieu » lui causent une brûlure telle qu’ils provoquent sa furie, et il hait cette Sainte Volonté qui le tourmente plus que l’enfer. Tu peux donc être sûre que la « Volonté de Dieu » et l’ennemi infernal ne seront jamais en accord, ni ensemble, ni près l’un de l’autre. La lumière de ma Volonté l’éclipse et le précipite dans les gouffres de l’enfer.

            Par conséquent, je te recommande de ne pas perdre une seule vérité ni un simple mot concernant ma Divine Volonté, car tout doit servir à compléter la chaîne des miracles éternels, à faire connaître le Royaume de ma Divine Volonté et à rendre aux créatures leur bonheur perdu.

 

25 septembre 1927 - Dans la mer de la Divine Volonté, certain que Luisa ne peut s’en éloigner, Jésus la quitte et elle le perd de vue. Celui qui vit dans la Divine Volonté cesse de trouver des moyens d’en sortir. Dans la Création, Dieu a mis un bien pour les créatures en chaque chose créée. Vivre des réflexions du Soleil dans la Divine Volonté. Jésus appelle Luisa à travailler avec lui dans son Royaume. Jésus enfermait dans son Humanité non seulement tous les biens de la Rédemption, mais aussi tous les actes et tous les biens des enfants du Royaume du divin Fiat. À mesure que l’âme accomplit ses actes dans le Royaume du divin Fiat, Jésus agrandit peu à peu la capacité de l’âme et y place ses actes, pour déposer dans cette âme tous les actes que possède son Humanité afin de compléter le Royaume de sa Volonté dans cette âme. La terre doit d’abord être préparée, purifiée, avant de pouvoir vivre dans la Divine Volonté. Dieu attend que les créatures lui donnent la réciprocité de la gloire des choses créées.

            J’étais dans le cauchemar de la privation de mon doux Jésus et je pensais : « Je ne sais comment mon bien-aimé Jésus peut me quitter. Ne voit-il pas que je peux devenir plus capricieuse sans celui qui est ma vie et qui seul peut infuser en moi la vie pour bien agir ? Il ne s’occupe plus de rien, ne veille plus sur moi pour me faire avancer ou me corriger. » Mais alors que je pensais cela, mon Jésus adoré sortit de moi et me dit :

            Ma fille, c’est que je suis sûr que tu ne peux plus sortir de la grande mer de ma Divine Volonté, puisque je t’y ai placée et que toi, de ton plein accord, tu as voulu y entrer. Il n’y a donc pas de chemins par où tu pourrais sortir, car cette mer n’a pas de limites et tu peux marcher en elle sans jamais rencontrer son rivage ni sa fin. C’est pourquoi je suis sûr que ma petite fille ne peut sortir de la mer de ma Volonté. Par conséquent, je m’éloigne dans cette mer et tu me perds de vue. Mais comme la mer où nous sommes est une, tout ce que tu fais a un chemin pour m’atteindre. Lorsque tes actes m’arrivent, je suis sûr que tu es dans ma mer et je n’ai donc pas à m’en soucier. Tandis qu’avant, je n’étais pas sûr de toi. Il fallait donc que je te surveille, que je te pousse, et je ne te quittais jamais parce que je ne te voyais pas dans les profondeurs de la mer de ma Divine Volonté, d’où il n’est pas à craindre de pouvoir sortir. Ce qui est beau dans la vie de ma Divine Volonté, c’est qu’elle bannit tous les dangers et toutes les craintes. Par contre, celui qui vit résigné ou qui fait la Divine Volonté est toujours en danger et dans la peur, et il peut trouver bien des chemins qui l’éloignent de la mer immense du divin Fiat.

            C’est donc pour cette raison que j’étais abandonnée dans cette mer, et j’étais heureuse de ne pas pouvoir en sortir. Mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, mon Fiat omnipotent a créé bien des choses dans la Création, plaçant en chacune d’elles un bien pour les créatures afin de recevoir de leur part la réciprocité de la gloire pour toutes les choses auxquelles mon Fiat donnait le jour. Mais sais-tu en qui a été déposée cette gloire que ton Créateur attendait ? C’est en toi, ma fille, parce que, vivant dans ma Volonté et la possédant, tu contiens toutes les semences de chaque gloire que possède chaque chose créée. Par conséquent, en parcourant la Création, tu ressens en toi le bien que contient chaque chose créée, et tu remplis ton office qui est de faire sortir de toi la gloire que ton Créateur attend avec tant d’amour.

            Quelle harmonie, quel ordre, quel amour, quel enchantement de beauté passent entre l’âme qui vit dans ma Volonté et toutes les choses créées par moi ! Elles sont à ce point reliées entre elles qu’elles semblent inséparables. L’âme qui vit dans ma Divine Volonté vit en plein jour et ses actes, ses pensées, ses paroles ne sont que la réflexion de ma Volonté. Le Soleil de ma Volonté se réfléchit dans l’âme plus qu’à l’intérieur d’un cristal, et l’âme pense ; mon Soleil se réfléchit, et l’âme parle ; il se réfléchit, et elle travaille ; il se réfléchit, et elle aime. Rien n’est plus grand ni plus beau qu’une âme qui vit dans les réflexions de ce Soleil. Ses réflexions la mettent en commun avec les actes de son Créateur et en possession de ses biens eux-mêmes.

            Par ailleurs, tu dois savoir que, comme mon Humanité renfermait tous les biens de la Rédemption et les manifestait pour le bien des rachetés, mon Humanité voulait enclore en elle tous les actes et tous les biens des enfants du Royaume de mon divin Fiat. Par conséquent, lorsque l’âme agit en lui, j’augmente la capacité de l’âme et j’y place mes actes. Ainsi, peu à peu, à mesure que l’âme entre dans mon Royaume et produit ses actes, j’augmente toujours sa capacité afin de déposer dans l’âme tous les actes que possède mon Humanité et de compléter le Royaume de ma Volonté dans l’âme.

            Je t’appelle ainsi à travailler avec moi dans mon Royaume. Je travaille en préparant la terre. Il est nécessaire de la purifier, car elle est trop souillée. Il y a certains lieux qui ne méritent plus d’exister ; les iniquités y sont trop nombreuses. Il faut pour cette raison que cette terre souillée ainsi que ses habitants disparaissent. Le Royaume de ma Divine Volonté est le plus saint, le plus pur, le plus beau et le plus ordonné Royaume qui doive venir sur la terre. Il est donc nécessaire que la terre soit préparée, purifiée. Par conséquent, pendant que je travaille à la purifier, et s’il le faut à détruire des lieux et des peuples indignes d’un Royaume aussi saint, tu travailleras à émouvoir le Ciel et la terre par tes actes accomplis dans ma Volonté. L’écho que tu feras se répercuter dans toute la Création pour demander le Royaume de mon Fiat sera incessant, tes actes continuels, et si nécessaire, tes souffrances et même ta vie devront implorer un si grand bien et un Royaume qui apportera tant de bonheur. Aussi, ne te préoccupe de rien, sinon du travail que tu dois faire.

            Mais avec tout ce que Jésus disait, j’avais peur qu’il ne me quitte ou ne parte si loin, dans cette mer de sa bienheureuse Volonté, que personne ne saurait quand il reviendrait vers sa petite, torturée d’amour. Et Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma pauvre petite fille, on voit bien que tu es une petite fille qui ne pense à rien d’autre que d’être dans les bras de sa maman. Et s’il arrive que sa maman la quitte pour un instant, elle pleure, elle est inconsolable, et n’a d’yeux que pour voir sa maman et se jeter dans ses bras. C’est bien toi, ma pauvre petite. Mais tu dois savoir que s’il est possible que la maman quitte sa petite enfant, moi je ne quitterai jamais ma petite fille. Il est dans mon intérêt de ne pas te quitter : j’ai ma Volonté en toi, c’est là que sont mes actes, mes biens. Par conséquent, ayant en toi ce qui est à moi, j’ai intérêt à ne pas te quitter. Au contraire, ces choses mêmes qui sont à moi m’appellent vers toi, et je viens jouir de mes choses, de ma Divine Volonté qui règne en toi. Tu ne devrais craindre mon départ que si je te disais : « Donne-moi ce qui est à moi, donne-moi ma Volonté. » Mais ton Jésus ne te dira jamais cela ; alors, sois en paix.

 

28 septembre 1927 - Il ne peut y avoir ni mal ni imperfection dans la Divine Volonté, et l’on doit y entrer nu et dépouillé de tout. La première chose que fait la Divine Volonté pour l’âme qui entre vivre en elle, c’est de l’habiller de lumière. La Divine Volonté a la vertu de purifier et de détruire tous les maux, et sa sainteté sanctifie. La Divine Volonté a été donnée comme vie aux créatures depuis le commencement de la Création. Quiconque ne fait pas la Divine Volonté et ne vit pas en elle, veut détruire en lui-même la Divine Volonté. La destruction des vies divines dans la Divine Volonté est la plus grande douleur de Jésus. Seule la Divine Volonté peut offrir à Dieu le repos. La nature vient s’emparer des créatures et les détruit.

            Je me sentais complètement abandonnée dans le Fiat suprême. Mais dans la sainteté d’une Volonté aussi sainte, je me sentais imparfaite et mauvaise, et je me disais : « Comment se peut-il que mon Jésus bien-aimé me dise qu’il me fait vivre dans sa Divine Volonté, et que je me sente pourtant si mauvaise ? » Et Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, il ne peut y avoir dans ma Divine Volonté ni mal ni imperfection. Ma Divine Volonté a la vertu qui purifie et détruit tous les maux. Sa lumière purifie. Son feu détruit jusqu’aux racines du mal. Sa sainteté sanctifie et embellit au point qu’il lui faut servir l’âme pour la rendre heureuse et que ma Volonté trouve tous ses délices dans l’âme qui vit en elle. Ma Divine Volonté ne permet pas non plus que vivent en elles des créatures capables d’apporter avec elles des imperfections, des amertumes. Ces choses seraient contre sa nature et jamais elle ne pourrait leur permettre de vivre en elle. Ce dont tu parles sont des impressions de laideur, d’imperfections, de mal, et ma Volonté s’en sert comme d’un tabouret, ou du sol qui est sous ses pieds et qu’elle ne regarde même pas ; elle ne pense qu’à jouir de sa petite fille et à placer en son sein ses actes, ses joies et ses richesses, pour la rendre heureuse afin de pouvoir jouir du bonheur de la créature. Ma Volonté donne ce qu’elle a et n’admet pas en elle les plus petites choses qui ne se rapportent pas à elle. C’est pourquoi quiconque veut vivre en elle doit y entrer dépouillé de tout, car la première chose que veut ma Volonté, c’est revêtir l’âme de lumière, l’embellir de ses vêtements divins et déposer sur son front le baiser de paix éternelle, de bonheur et de fermeté.  Rien de ce qui est humain ne peut y vivre ni y trouver place ; l’âme elle-même ressent du dégoût envers tout ce qui ne se rapporte pas à ma Volonté et elle sacrifierait sa vie plutôt que de participer à ce qui ne concerne pas la sainteté de ma Volonté.

            Je poursuivais mon abandon dans le divin Fiat, et mon doux Jésus ajouta :

            Ma fille, dès le commencement de la Création, ma Divine Volonté fut donnée pour être la vie des créatures, et j’ai pris l’obligation de maintenir cette vie entière, belle et en pleine vigueur dans la créature, administrant à chacun de ses actes un acte divin, un acte à la hauteur de sa sainteté, de sa lumière, de sa puissance et de sa beauté. Ma Volonté s’est mise elle-même dans l’acte d’attendre que la créature lui rende ce qui lui appartient, afin de faire de la créature un prodige de vie divine, digne de sa sagesse et de sa puissance. Pour le comprendre, qu’il suffise de dire que ma Divine Volonté devait former sa vie en chaque créature, et qu’elle a mis dans son œuvre tout le soin et toutes les qualités infinies qu’elle possédait. Que ces vies divines auraient été belles dans les créatures ! En les regardant, nous devions y trouver notre reflet, notre image, l’écho de notre bonheur. Quelle joie, quelle célébration c’eût été pour nous et pour les créatures !

            Or, tu dois savoir que quiconque ne fait pas ma Divine Volonté et ne vit pas en elle veut détruire en soi cette vie divine qu’il était censé posséder. Détruire sa propre vie, quel crime ! Qui ne condamnerait celui qui veut détruire la propre vie de son corps ? Ou celui qui ne voudrait pas manger et se rendrait famélique, malade et incapable de rien faire ? Or, celui qui ne fait pas ma Volonté détruit sa propre vie que la bonté divine veut lui donner. Et quiconque fait ma Volonté, mais pas toujours, et ne vit pas en elle, puisque la nourriture continuelle et suffisante lui fait défaut, n’est qu’un pauvre malade sans force, émacié et incapable de faire le vrai bien ; et s’il peut paraître faire quelque chose, cela est sans vie, chétif, car seule ma Volonté peut donner la vie. Quel crime, ma fille, quel crime, et qui ne mérite aucune miséricorde !

            Mon aimable Jésus semblait fatigué et agité ; la douleur de tant de vies détruites dans les créatures était si forte. Je ressentais moi-même une souffrance et je dis à Jésus : « Mon amour, dis-moi ce qui ne va pas. Tu souffres tant. La destruction des vies divines de ton adorable Volonté est ta plus grande souffrance. Alors je te prie de faire venir son Royaume pour que cette souffrance se change en joie et que la Création ne te donne plus que repos et bonheur. » Et voyant que ce que je disais ne parvenait pas à le calmer, j’appelais à mon aide tous les actes de sa Volonté accomplis dans la Création et, y ajoutant les miens, j’entourais Jésus de ces actes. Une immense lumière entoura Jésus. Elle éclipsait les maux des créatures et il se reposa. Puis il ajouta :

            Ma fille, seule ma Volonté peut me donner du repos. Si tu veux me calmer lorsque tu me vois agité, prête-toi au développement de la vie de ma Volonté en toi, et en faisant tiens ses actes, je verrai en toi sa lumière, sa sainteté et ses joies infinies qui me donneront le repos. Et je m’arrêterai un instant de châtier ces créatures si peu méritantes de ces vies divines qu’elles les détruisent en elles-mêmes, et qui méritent que je détruise tous leurs biens naturels et leur vie même. Ne vois-tu pas que la mer outrepasse ses rivages pour emporter ces vies et les entraîner dans son sein ? Le vent, la terre, presque tous les éléments se lèvent pour emporter les créatures et les détruire ! Ce sont les actes de ma Volonté répandus dans la Création pour l’amour des créatures et, comme ils ne sont pas reçus avec amour, ils se convertissent en justice.

            J’étais terrifiée à cette vue, et j’ai prié pour que mon très bon Jésus se calme et que vienne bientôt le Royaume du divin Fiat.

 

2 octobre 1927 - Au commencement de la Création, le Royaume du divin Fiat avait sa vie, son règne parfait. En créant Adam, Dieu ne laissa en lui aucun vide. Adam possédait la plénitude de la sainteté. Les actes d’Adam dans la Divine Volonté ne furent pas détruits et, en vertu de ces actes, il mérita la Rédemption. Dans la Divine Volonté se trouvent la plénitude de tous les biens divins et la totalité de tous les actes possibles et imaginables, elle embrasse le tout de l’Être divin. La raison pour laquelle les paroles prononcées sur l’hostie à la sainte Messe doivent être les paroles mêmes de Jésus, c’est que les paroles de Jésus étaient animées par le divin Fiat et contenaient le pouvoir créateur. Celui qui possède la Divine Volonté possède la vie, la vertu créatrice, et ses plus petites actions ont une valeur divine et infinie. Si la céleste Dame souveraine a pu obtenir la venue du Verbe sur la terre, c’est parce qu’elle a permis au Royaume du divin Fiat de régner entièrement en elle. Si l’Humanité de Jésus a pu former le Royaume de la Rédemption, c’est uniquement parce qu’il possédait l’éternelle Volonté tout entière. Le pouvoir de la Divine Volonté : où qu’elle s’étende, elle embrasse tout, elle est capable de tout, et aucune puissance ne peut la restreindre. Quiconque vit dans la Divine Volonté est plus qu’un soleil, il domine sur Dieu et sur les créatures, et il est capable de tout transformer.

            Je faisais ma ronde dans la Création pour suivre tous les actes de la Divine Volonté qui sont en elle. Arrivée au Jardin d’Éden où Dieu créa le premier homme, Adam, pour m’unir avec lui à cette unité de Volonté qu’il possédait avec Dieu et dans laquelle il accomplissait ses premiers actes dans sa première époque de Création, je me disais : « Qui sait quelle sainteté possédait Adam, mon premier père, quelle valeur avaient ses premiers actes dans le Royaume du divin Fiat, et comment puis-je implorer que vienne à nouveau sur la terre un Royaume aussi saint, étant donné que je suis seule à chercher à obtenir un si grand bien ? » Mais alors que je pensais cela, mon toujours aimable Jésus sortit de moi et m’envoya des rayons de lumière. Cette lumière se changea en paroles, et il me dit :

            Ma fille, fille première-née de ma Volonté, puisque tu es sa fille, je veux te révéler la sainteté de celui qui possède le Royaume de mon divin Fiat. Au commencement de la Création, ce Royaume avait sa vie, son règne parfait et son complet triomphe. Il n’est donc pas totalement étranger à la famille humaine. Et comme il ne lui est pas étranger, il y a l’espoir qu’il reviendra parmi elle pour régner et dominer. Or, tu dois savoir qu’Adam possédait cette sainteté lorsqu’il fut créé par Dieu, et ses actes, même les plus petits, avaient une valeur telle qu’aucun saint, ni avant ni après ma venue sur la terre, ne peut se comparer à sa sainteté. Et tous les actes de tous les saints n’ont pas la valeur d’un seul acte d’Adam, car il possédait dans ma Divine Volonté la plénitude de la sainteté, la totalité de tous les biens divins.

            Et sais-tu ce que signifie avoir la « plénitude » ?  Cela signifie être rempli jusqu’au bord, au point de déborder de lumière, de sainteté, d’amour et de toutes les qualités divines, jusqu’à remplir le Ciel et la terre sur laquelle il régnait, lui, Adam, et où s’étendait son Royaume. De sorte que chacun de ses actes accompli dans cette plénitude des biens divins avait une valeur telle qu’aucun autre bien – quels que soient les sacrifices et les souffrances d’une créature qui fait le bien, mais sans posséder le Royaume de ma Volonté et son règne absolu – aucun autre bien ne peut se comparer à un seul de ces biens dans son Royaume. Par conséquent, la gloire, l’amour qu’Adam me donnait lorsqu’il vivait dans le Royaume de ma Divine Volonté, personne, personne ne me les a donnés, car il me donnait la plénitude et la totalité de tous les biens dans ses actes. Et c’est uniquement dans ma Volonté que ces actes se trouvent ; en dehors d’elle, ils n’existent pas. Ainsi, Adam possédait ses richesses, ses actes d’une valeur infinie que ma Volonté éternelle lui communiquait en présence de la Divinité, car Dieu, en le créant, n’avait laissé aucun vide en lui, et tout n’était que plénitude divine, dans la mesure où peut la contenir une créature.

            C’est pourquoi, en tombant dans le péché, ses actes ne furent pas détruits, ni ses richesses, ni cette gloire et cet amour parfait qu’il avait donnés à son Créateur. Et en vertu de ses actes et de son action dans mon divin Fiat, Adam a mérité la Rédemption. Non, il n’était pas possible pour celui qui avait possédé le Royaume de ma Volonté, même pour un peu de temps, de rester sans Rédemption. Quiconque possède ce Royaume entre avec Dieu en des liens et des droits tels que Dieu lui-même ressent la force de ses propres chaînes qui, le liant, l’empêchent de se détacher de cette créature. Notre adorable Majesté s’est trouvée vis-à-vis d’Adam dans la condition d’un père ayant un fils qui fut la cause de bien des conquêtes, de grandes richesses et d’une gloire incalculable. Il n’est rien qui soit au père et où ne se retrouvent les actes de son fils. La gloire et l’amour de son fils retentissent partout. Or ce fils, pour son malheur, est tombé dans la pauvreté. Le père peut-il jamais ne pas avoir de compassion pour ce fils s’il ressent l’amour, la gloire et les richesses avec lesquels son fils l’avait entouré, partout et de tous côtés ? Ma fille, en vivant dans le Royaume de notre Volonté, Adam avait pénétré dans nos limites, qui sont infinies, et il avait placé partout sa gloire et son amour pour son Créateur. Et en tant que fils, il nous apportait avec ses actes nos richesses, nos joies, notre gloire et notre amour. Son écho résonnait dans tout notre Être, comme le nôtre dans le sien. Or, le voyant tombé dans la pauvreté, comment notre amour pouvait-il supporter de ne pas éprouver pour lui de la compassion, si notre Divine Volonté elle-même combattait contre nous et plaidait en faveur de celui qui avait vécu en elle ?

            Vois-tu alors ce que signifie vivre dans ma Divine Volonté, sa grande importance ? Dans ma Divine Volonté se trouvent la plénitude de tous les biens divins et la totalité de tous les actes possibles et imaginables : elle embrasse tout de l’Être divin. L’âme qui vit dans la Divine Volonté se trouve dans ma Volonté comme l’œil dans la lumière du soleil et qui est entièrement rempli de sa lumière ; et pendant que le soleil se réfléchit entièrement dans la pupille de l’œil, sa lumière est également à l’extérieur, revêtant la personne et la terre tout entière sans quitter l’intérieur de la pupille. Et pendant que sa lumière reste dans l’œil, elle voudrait amener la pupille dans le soleil pour faire avec elle le tour de la terre et lui faire faire ce que fait la lumière, et recevoir les actes de la pupille comme preuve de son amour. L’âme qui vit dans ma Volonté est une image de cela. Ma Volonté la remplit d’une telle plénitude qu’elle ne laisse en l’âme aucun vide. Et comme l’âme n’est pas capable de posséder le tout de l’immensité divine, ma Volonté la comble autant que la créature puisse contenir. Et sans se séparer, ma Volonté reste à l’extérieur de l’âme, amenant la pupille de la volonté de l’âme dans l’infini de sa Lumière, pour lui faire faire ce que fait ma Divine Volonté, afin de recevoir l’échange de ses actes et de son amour. Oh ! la Puissance de mon divin Fiat opérant dans la créature qui accepte d’être revêtue de sa Lumière et ne rejette pas son règne et son Royaume ! Et si Adam a mérité la compassion, c’est parce que le premier temps de sa vie s’est passé dans le Royaume de la Divine Volonté.

            Si la céleste Dame souveraine a pu obtenir, bien qu’elle fût seule, la venue du Verbe sur la terre, c’est qu’elle avait donné toute liberté au Royaume du divin Fiat en elle. Si mon Humanité même a pu former le Royaume de la Rédemption, c’est qu’elle possédait l’intégrité et l’immensité du Royaume de la Volonté éternelle ; car où que s’étende ma Volonté, elle embrasse tout, elle est capable de tout, et il n’est contre elle aucune puissance qui puisse la restreindre. Ainsi, une seule âme qui possède le Royaume de ma Volonté a plus de valeur que n’importe quoi ou n’importe qui, et elle peut mériter et implorer ce que toutes les autres ensemble ne peuvent ni mériter ni obtenir. Car toutes les autres ensemble, si bonnes qu’elles puissent être, mais sans la vie de ma Volonté en elles, ne sont toujours que les petites flammes, les petites plantes, les petites fleurs qui, tout au plus, servent d’ornements à la terre et sont sujettes à s’éteindre et à se dessécher. Et la bonté divine ne peut leur confier de grandes tâches ni leur concéder les prodiges qui feront du bien au monde entier.

            Par contre, celles qui vivent dans ma Volonté sont plus que le soleil, et tout comme le soleil règne sur tout par sa lumière, domine sur les plantes, donne à chacune la vie, la couleur, le parfum et la douceur, s’impose par sa domination implicite sur toutes choses pour leur procurer ses effets et les biens qu’il possède – et aucune autre planète ne fait autant de bien à la terre que le soleil – ainsi, en toutes les créatures qui vivent dans ma Volonté, il y a plus qu’un soleil, et avec la lumière qu’elles possèdent, elles s’humilient puis s’élèvent avec rapidité et pénètrent partout en Dieu et dans ses actes. Avec la Divine Volonté qu’elles possèdent, elles dominent sur Dieu lui-même, sur les créatures ; elles sont capables de tout renverser pour offrir à chacun la vie de la lumière qu’elles possèdent. Ces âmes portent leur Créateur et font avancer la lumière afin d’implorer, d’obtenir et de donner ce qu’elles veulent. Oh ! si les créatures avaient conscience de ce bien, elles rivaliseraient entre elles, et toutes les passions se changeraient en passions de lumière pour ne vivre à jamais que dans ce divin Fiat qui sanctifie tout, donne tout, et domine sur tout.

            Mon pauvre esprit continuait à se perdre dans la Divine Volonté et j’étais émerveillée par la sublimité, la plénitude et la totalité des actes accomplis en elle. Mon bien-aimé Jésus, se manifestant en moi, ajouta :

            Ma fille, cesse de t’émerveiller. Vivre dans mon divin Fiat et agir en lui, c’est transfuser le Créateur dans la créature, et entre l’action du divin et celle de la créature seule, il existe une distance infinie. La créature se prête à son Dieu comme matériau pour le laisser opérer de grandes choses, tout comme le matériau de la lumière s’est prêté au divin Fiat dans la Création pour lui permettre de former le soleil, le ciel, les étoiles et la mer, qui sont tous des matériaux dans lesquels le Fiat suprême a retenti pour faire toute la Création. On en voit le prodige dans le soleil, le ciel, la mer et la terre qui furent vivifiés et animés par le Fiat, spectacle éternel et enchanteur de ce que sait et peut faire ma Volonté. Il en est de l’âme comme des accidents de l’hostie qui se prête, quoique matérielle, à permettre qu’elle soit animée par ma vie sacramentelle, pourvu que soient prononcées par le prêtre les paroles mêmes utilisées par moi dans l’institution du Très Saint Sacrement ; ces paroles étaient animées par mon Fiat et contenaient la puissance créatrice. Par conséquent, le matériel de l’hostie subit la transsubstantiation de la Vie divine. Bien des paroles peuvent être dites sur l’hostie, mais si ce ne sont pas les quelques paroles établies par le Fiat, ma vie demeure au Ciel et l’hostie reste le vil matériel dont elle est composée.

            Il en va de même pour l’âme. Elle peut faire, dire, souffrir tout ce qu’elle veut, mais si elle ne s’écoule pas dans mon divin Fiat, ce sont toujours des choses finies et viles. Mais pour quiconque vit dans mon divin Fiat, ses paroles, ses œuvres, ses souffrances sont comme des voiles qui cachent le Créateur. Et ces voiles sont utiles à celui qui a créé le Ciel et la terre, et il les rend dignes de lui, et il y place sa sainteté, sa puissance créatrice, son amour infini. Ainsi, quelle que soit la grandeur des choses accomplies, nul ne peut se comparer à la créature en qui ma Divine Volonté vit, règne et domine.

            Même parmi les créatures, il arrive que selon le matériel qu’elles ont entre les mains pour accomplir leur œuvre, ce qu’elles possèdent et gagnent change de valeur. Supposons que l’un possède du fer. Combien il lui faudra travailler, suer et surmonter de difficultés pour assouplir ce fer et lui imprimer la forme du récipient qu’il veut lui donner ! Et le gain qui en résulte est si petit qu’il lui permet à peine de survivre.

            Par contre, un autre possède de l’or ou des pierres précieuses. Oh ! combien moindre le travail, mais il gagne des millions ! Ainsi, ce n’est pas le travail qui apporte les grands gains, les richesses exubérantes, mais la valeur du matériel que l’on possède. L’un travaille peu et gagne beaucoup, parce que le matériel qu’il possède a une grande valeur. L’autre travaille beaucoup, mais comme son matériel est vil et de peu de prix, il reste toujours pauvre, en haillons, et à demi mort de faim.

            C’est ce qui arrive à celui qui possède ma Divine Volonté : il possède la vie, la vertu créatrice, et ses plus petits actes recèlent une valeur divine et infinie. Personne, par conséquent, ne peut égaler ses richesses. Par contre, celui qui n’a pas ma Volonté possède sa propre vie, il est sans vie et ne travaille que le matériel de sa propre volonté. En conséquence, il reste toujours pauvre et en haillons devant Dieu, et privé de cette nourriture qui forme en lui le Fiat Voluntas tua sicut in caelo et in terra.

 

6 octobre 1927 - Adam : avant et après la chute. Les divines qualités de Dieu se prêtent à l’âme qui vit dans la Divine Volonté afin de lui permettre de former autant de soleils que d’actes accomplis. Dieu veut trouver l’âme unie à sa Volonté dans toutes les choses créées. Seule la Divine Volonté a suffisamment de lumière pour former des soleils. Les âmes qui vivent dans la Divine Volonté doivent suppléer toutes les autres créatures qui n’ont pas possédé l’unité avec sa Volonté. Sur terre, la Divine Volonté régnait avec Jésus par nature, et toutes les choses créées le reconnaissaient et le célébraient. Celui qui possède la Divine Volonté a la vision pour savoir ce qui appartient à la Volonté de Dieu ; ne pas la posséder est le plus grand malheur de la créature, car elle n’est alors qu’une pauvre idiote, aveugle, sourde et muette.

            Je continuais mes actes dans le divin Fiat et mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

            Ma fille, celui qui opère dans ma Volonté travaille dans mes propriétés divines et forme ses actes dans mes biens infinis de lumière, de sainteté, d’amour et de bonheur sans fin qui transforment ses actes en autant de soleils, produits de mes propres qualités qui se sont prêtées à l’acte de l’âme pour son ornement afin que ses actes soient dignes de son Créateur et puissent demeurer, tels des actes éternels de Dieu lui-même, qui aiment et glorifient Dieu avec ses propres actes divins.

            Ainsi, Adam, avant le péché, formait en son Créateur autant de soleils que d’actes accomplis. Or, celui qui vit et opère dans ma Volonté trouve ces soleils formés par lui. En conséquence, ton obligation de suivre les premiers actes de Création, de prendre ton poste de travail auprès du dernier soleil, ou du dernier acte accompli par Adam lorsqu’il possédait l’unité de Volonté avec son Créateur, doit suppléer pour ce qu’il n’a pas continué à faire parce qu’il est sorti de mes divines propriétés, et que ses actes n’étaient plus des soleils du fait qu’il n’avait plus en son pouvoir mes divines qualités qui se prêtaient à lui pour lui permettre de former les soleils. Ses actes étaient réduits à ne former tout au plus que de petites flammes, car si bons qu’ils fussent, parce que la volonté humaine sans ma Volonté n’a pas la vertu de pouvoir former des soleils, il lui manquait la matière première. C’est comme si tu voulais former un objet en or sans avoir de l’or en ta possession. Et peu importe ta bonne volonté, cela te serait impossible. Seule ma Volonté a suffisamment de lumière pour former les soleils pour la créature, et elle donne cette lumière à qui vit en elle, dans ses biens, et non à ceux qui vivent en dehors d’elle. Tu dois donc suppléer pour toutes les créatures qui n’ont pas possédé l’unité avec ma Volonté. Ton travail est grand et long. Tu as beaucoup à faire dans mes limites infinies. Aussi, sois fidèle et attentive.

            Je continuais donc mes actes dans son adorable Volonté et parcourais toute la Création. Mon Jésus infiniment bon ajouta :

            Ma fille, tout comme ma Divine Volonté s’étend à toute la Création, je veux te trouver, unie à elle, répandue dans toutes les choses créées. Tu seras le cœur de la terre, car les palpitations continuelles de ton cœur en elle attestent l’amour de tous ses habitants envers moi. Tu seras la bouche de la mer qui me fera entendre ta voix dans ses plus hautes vagues et son murmure continuel qui me loue, m’adore et me remercie. Et dans les poissons qui fendent les flots, tu m’envoies tes purs et affectueux baisers, pour toi et pour ceux qui voyagent sur les mers. Tu seras les bras du soleil et, t’étendant et te répandant dans sa lumière, je sentirai partout tes bras qui m’enlacent et me serrent très fort pour me dire que tu ne cherches que moi, que tu ne veux et n’aimes que moi. Tu seras les pieds du vent qui court derrière moi et me fait entendre le doux bruit de tes pas, qui ne cesse de courir même si tu ne me trouves pas. Je ne serai pas satisfait à moins de trouver ma petite fille dans toutes les choses que j’ai créées par amour pour elle. Je demande à toute la Création : « La petite fille de ma Volonté est-elle ici ? Car je veux me réjouir et m’amuser avec elle ? » Et si je ne te trouve pas, je perds ma joie et mon doux amusement.

            Après quoi j’ai suivi mon Jésus bien-aimé dans ses actes de la Rédemption. J’essayais de le suivre mot après mot, acte après acte, pas après pas. Je voulais que rien ne m’échappe afin de me dépêcher de lui demander au nom de tous ses actes, ses larmes, ses prières et ses souffrances, le Royaume de sa Divine Volonté parmi les créatures. Mon Jésus adoré me dit :

            Ma fille, lorsque j’étais sur terre, ma Divine Volonté qui régnait en moi par nature, et cette même Divine Volonté existant et régnant dans toutes les choses créées, les faisait s’embrasser à chaque rencontre qu’elles attendaient avec impatience, et les choses créées rivalisaient entre elles pour me rencontrer et me rendre les hommages qui m’étaient dus. La terre, en sentant mes pas, verdissait et fleurissait sous mes pas pour me rendre hommage. Elle voulait faire sortir de son sein toutes les beautés qu’elle possédait, l’enchantement des plus magnifiques fleuraisons à mon passage ; si bien que souvent je devais leur commander de ne pas me faire ces démonstrations. Et pour me rendre hommage, la terre m’obéissait, tout comme elle m’honorait en fleurissant. Le soleil essayait toujours de me rencontrer pour me rendre les hommages de sa lumière, faisant sortir de son sein toute la variété de ses couleurs pour m’accorder les honneurs que je méritais. Tous les êtres et toutes les choses essayaient de me rencontrer pour me célébrer ; le vent, l’eau, et jusqu’au petit oiseau pour me rendre les honneurs de ses trilles, de ses gazouillis et de ses chants. Toutes les choses créées me reconnaissaient et rivalisaient entre elles pour savoir qui pourrait mieux me célébrer.

            Celui qui possède ma Divine Volonté a la vision qui lui permet de savoir ce qui appartient à ma Volonté même. Seul l’homme ne me connaissait pas, car il n’en possédait pas la vue et le délicat sens de l’odorat. Il m’a fallu le lui dire pour qu’il me connaisse. Et avec tout ce que j’ai dit, beaucoup même ne m’ont pas cru, car qui ne possède pas ma Divine Volonté est aveugle et sourd, sans odorat pour reconnaître ce qui appartient à ma Volonté. Ne pas la posséder est le plus grand malheur de la créature. Elle est alors la pauvre idiote, aveugle, sourde et muette qui, ne possédant pas la lumière du divin Fiat, se sert de ces mêmes choses créées, mais en ne prenant que les excréments qu’elles éjectent et en laissant le vrai bien qu’elles contiennent. Quelle douleur de voir des créatures sans la noblesse de la vie dans ma Divine Volonté ! »

 

10 octobre 1927 - La Divine Volonté est multiple dans ses actes, mais dans leur unité, ils ne sont qu’un. La Conception de Jésus. Jésus est conçu continuellement dans tous les actes de ceux qui possèdent le Royaume de sa Volonté. La Divine Volonté est plus que le soleil. La terre est un exil pour ceux qui n’agissent et ne vivent pas dans la Divine Volonté. La Divine Volonté serait malheureuse de voir que celui qui vit en elle soit sans liberté, bloqué, empêché d’aller partout dans la mer, dans l’air, y compris dans la lumière de son Créateur.

            Mon pauvre esprit continue de suivre les actes de Jésus accomplis par amour pour nous. Retournant à sa Conception, j’offrais tous mes actes dans la Divine Volonté, avec tout mon être, en l’honneur de sa Conception. À ce moment, une lumière sortit de moi pour aller se déposer au sein de la Reine Immaculée dans l’acte par lequel elle concevait. Mon toujours aimable Jésus me dit alors :

            Ma fille, ma Divine Volonté est multiple dans ses actes, mais elle n’en perd aucun. L’unité qu’elle possède et son acte incessant maintiennent l’unité dans ses actes comme s’ils n’étaient qu’un seul, alors qu’ils sont innombrables ; et elle préserve toujours en eux l’acte incessant, sans jamais arrêter en le faisant de le conserver toujours neuf, frais et magnifique, et prêt à le donner à qui en veut. Mais en le donnant, ma Divine Volonté ne le détache pas de ma Volonté, car ma Volonté est lumière et la vertu de la lumière est de se donner, de se diffuser, de s’agrandir autant qu’elle le veut, mais sans se séparer, car elle possède la vertu de la lumière qui est inséparable par nature. Tu vois que même le soleil possède cette vertu. Imagine une pièce aux volets clos. La lumière n’est pas dans la chambre, mais si tu ouvres les volets, la lumière emplit ta chambre. La lumière est-elle détachée du soleil ? Non, non. Mais la lumière est prolongée et agrandie sans qu’une seule goutte ne se détache de sa source. Mais bien que la lumière ne soit pas séparée en elle-même, tu as possédé le bien de cette lumière comme si elle t’appartenait. Ma Divine Volonté est plus que le soleil. Elle se donne à chacun, mais ne perd pas une once de ses actes.

            Or, mon Fiat contient ma Conception toujours en action. Et tu as vu comment la lumière des actes de mon Fiat accomplis en toi se prolongeait jusqu’au sein de la céleste Dame souveraine pour que ton Jésus, le Très Haut, soit conçu en elle. C’est l’unité de ses actes qui, en les centralisant tous en un point, forme ses prodiges et ma vie même. C’est pourquoi je demeure conçu dans les actes de ma Divine Volonté, en ceux de la Reine Mère et en tes actes accomplis dans ma Volonté. C’est ainsi que je suis conçu continuellement dans tous les actes de ceux qui posséderont le Royaume de ma Volonté, car tous ceux qui possèdent ce Royaume reçoivent la plénitude des biens de ma vie, et eux seuls, par les actes accomplis en ma Volonté, participent à ma Conception et au développement de toute ma vie. Par conséquent, il est juste qu’ils en reçoivent tous les biens qu’elle contient.

            Par contre, ceux qui ne possèdent pas ma Volonté ne reçoivent que les miettes des biens que j’apporte sur la terre avec tant d’amour. Ces créatures apparaissent donc faméliques, instables, inconstantes, les yeux et le cœur tournés vers les choses passagères, car n’ayant pas en elles la source de lumière de ma Volonté éternelle, elles ne se nourrissent pas de ma vie. Faut-il s’étonner alors qu’elles aient le teint blafard, qu’elles se meurent d’atteindre le vrai bien, et que si elles font un peu de bien, c’est toujours avec difficulté et sans lumière, et qu’elles en deviennent difformes au point d’inspirer la pitié ?

            Après cela, j’étais oppressée et ressentais tout le poids de mon dur et long exil, et je me plaignais à mon adorable Jésus qu’au dur martyre de ses privations, il ajoutait l’éloignement de ma céleste patrie. Je lui disais : « Comment peux-tu avoir de la compassion envers moi ? Comment peux-tu me laisser seule, à la merci de ton aimable Volonté ? Comment peux-tu me laisser aussi longtemps sur cette terre d’exil ? » Mais alors que j’épanchais ma peine, Jésus, mon tout, ma vie, se manifesta en moi et me dit :

            Ma fille, la terre est un exil pour ceux qui ne font pas ma Volonté et ne vivent pas en elle. Mais pour qui vit en elle, la terre ne peut pas être appelée un exil, mais un pas de distance et, lorsqu’il sera franchi et qu’elle y pensera le moins, l’âme se retrouvera dans la Patrie céleste non comme quelqu’un qui revient d’exil et ne sait rien de cette Patrie, mais comme celle qui savait déjà que cette Patrie était la sienne, qui connaissait les beautés, la magnificence et le bonheur de la Cité éternelle. Ma Volonté ne supporterait pas de voir que celui qui vit en elle soit dans la condition d’exilé. Pour que cela soit, ma Volonté devrait changer la nature, le régime, entre celui qui vit dans ma Volonté au Ciel et celui qui vit sur la terre ; ce que ma Volonté ne peut pas et ne veut pas faire. Est-ce que c’est l’exil pour celui qui sort de sa maison pour s’en éloigner d’un pas ? Assurément non. Ou encore, peut-on parler d’exil pour celui qui va dans une région de sa propre patrie ? L’exil, ma fille, signifie une circonférence d’espace d’où il est impossible de sortir, la privation des biens, le travail forcé sans possibilité de s’en exempter. Ma Divine Volonté ne sait pas comment faire ces choses. Et cela, tu le vois, tu en fais l’expérience : ton âme n’a pas une circonférence de lieu ni d’espace, elle peut se transporter partout, dans le soleil, dans le ciel. Tu as parfois fait tes petites échappées aussi haut que les régions célestes. Et combien de fois ne t’es-tu pas immergée dans la lumière infinie de ton Créateur ? Où n’as-tu pas la liberté d’aller ? Dans la mer, dans l’air, partout. Ma Volonté elle-même en est ravie, elle t’y pousse et te donne l’envie de te rendre partout. Elle serait malheureuse de voir celle qui vit en elle bloquée et sans liberté. Ma Divine Volonté, au lieu de dépouiller l’âme, la comble de ses biens, la rend maîtresse d’elle-même, convertit les passions en vertu, les faiblesses en forces divines. La Divine Volonté apporte des joies et des bonheurs sans nombre. Elle donne par grâce ce qu’elle est par nature : fermeté et immutabilité éternelles. L’exil est pour celui qui est tyrannisé par ses passions, sans pouvoir sur lui-même, incapable d’aller et venir dans son Dieu. Et s’il pense faire quelque bien, ce bien est mélangé et entouré de ténèbres. Les vertus du pauvre exilé sont forcées, inconstantes ; il est esclave de ses propres misères et cela le rend malheureux.

            C’est tout le contraire pour celui qui vit dans ma Divine Volonté. Je n’aurais moi-même pas toléré de te garder si longtemps en vie si tu étais en exil. Ton Jésus t’aime trop. Comment aurais-je pu supporter de te garder en exil ? Et si je le tolère, c’est parce que je sais que ma Volonté ne maintient pas sa petite fille en exil, mais dans ses biens, dans sa lumière, libre et maîtresse d’elle-même, dans l’unique but de former en toi son Royaume et afin que tu puisses l’implorer pour le bien de la famille humaine. Et tu dois en être heureuse, sachant que tous les désirs, les aspirations et les soupirs de ton Jésus sont pour le Royaume de ma Volonté sur la terre, ma complète gloire, la venue du « Fiat voluntas tua sur la terre comme au Ciel ».

 

16 octobre 1927 - La Divine Volonté possède l’unité. Vivre dans la Divine Volonté est le plus grand miracle et le parfait développement de la vie divine dans la créature. Extérieurement, on voit que l’intérêt de Marie était tout entier pour le Royaume de la Rédemption, mais en son for intérieur, tout était pour le Royaume de la Divine Volonté. La Mère céleste, dans la Divine Volonté, conçut tous les rachetés et forma la vie même des enfants de la Divine Volonté.

            Après quelques jours de privation de mon doux Jésus, j’éprouvais de l’amertume jusqu’à la moelle des os. Je ne pouvais plus continuer. Épuisée, je voulais m’arrêter pour reprendre des forces. Je commençai par m’abandonner dans la suprême Volonté, puis en moi-même pour être au moins capable de dormir. Mais en faisant cela, mon pauvre esprit n’était plus en moi, mais en dehors de moi. Je sentais deux bras qui me tenaient fermement et m’emportaient haut, très haut dans la voûte du ciel, mais je ne savais pas qui c’était. J’avais peur, et une voix me dit :

            N’aie pas peur, mais regarde en haut.

            Je regardai et je vis le Ciel s’ouvrir et mon Jésus tant désiré qui descendait vers moi. Nous nous sommes précipités l’un vers l’autre ; il m’a serrée dans ses bras et je l’ai serré dans les miens. Dans ma douleur, je lui dis : « Jésus, mon amour, comme tu m’as fait attendre ! Tu me pousses à bout. Il est clair que ton amour pour moi n’a plus l’ardeur d’autrefois. » Comme je disais cela, Jésus eut une expression de tristesse, comme s’il ne voulait pas entendre mes plaintes, et en même temps, de la hauteur où nous étions, je vis descendre une forte pluie et plusieurs régions furent inondées. Les mers et les rivières se joignaient à ces eaux et inondaient villages et populations en les emportant dans leur sein. Quelle terreur ! Et Jésus, très affligé, me dit :

            Ma fille, tout comme tu vois ces eaux descendre du ciel en torrents pour inonder et emporter avec force dans la tombe des villes entières, ma Divine Volonté, mieux que des eaux, crée ses inondations, non en un temps ni en certains lieux, mais touj