LA VÉRITABLE INTELLIGENCE

 

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LA CHIENNE PRETA, EXEMPLE DE FIDÉLITÉ

À LA MESSE DOMINICALE
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            Le quotidien portugais Correio da Manha rapporte une histoire que les enfants aimeront. C’est l’histoire de la chienne Preta (Noireaude) qui, contrairement à beaucoup d’humains, se rend à la messe tous les dimanches : 26 kilomètres à pattes !

           

            Nous sommes donc au Portugal, la patrie de saint Antoine, dont la vie, on s’en souvient, raconte l’histoire de la jument plus capable que son maître de s’agenouiller devant son Créateur présent dans le Saint Sacrement.

            Ainsi, depuis trois ans, Preta quitte la maison de ses maîtres, à Sobrado, dans le nord du Portugal, à 5 heures du matin, le dimanche. Toute seule, elle se met en route vers l’église. Arrivée à temps pour la messe de 7h30, elle se place tout près de l’autel, et durant la célébration, se lève ou s’assied en même temps que l’assemblée.

            En général, elle rentre toute seule chez ses maîtres. Mais parfois elle accepte d’être raccompagnée en voiture, précise le quotidien. Du coup, le dimanche, les présences à la messe ont augmenté.

 

Reuters - Correio da Manha, juillet 2001

 

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« Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » (Luc 19.40)

 

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UN HÉRÉTIQUE AMENÉ À LA FOI

PAR UNE BÊTE DE SOMME

 

 « Interroge les bêtes de somme, et elles t’instruiront. » (Job 12.7)

 

            Dieu s’est servi en maintes occasions de créatures privées de raison, comme le cheval et le mulet : Equus et mulus, quibus non est intellectus (Psaume 32.9), pour forcer des hérétiques obstinés à confesser la vérité du Très Saint Sacrement.  En voici un exemple, entre bien d’autres.

            Il y avait à Rimini un fameux hérétique nommé Benipiglio.  Comme il exerçait une grande influence sur le peuple, il avait induit plusieurs personnes à douter de la présence de Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie. Saint Antoine de Padoue, qui prêchait alors dans ces contrées, étant entré, en discussion avec lui, il sut si bien le confondre par des témoignages formels de l’Écriture, qu’il ne put rien répliquer. Il n’en per­sistait pas moins dans son erreur. « Vous me confondez en paroles, » disait-il, « parce que vous êtes savant, mais il me faut des preuves plus convaincantes, des faits qui parlent aux yeux; alors je promets et je jure de croire ce que vous enseignez. »

            Le saint accepte la condition, et remet à l’hérétique le choix de la preuve qu’il désire. Après quelques moments de réflexion, le mécréant s’ima­ginant mettre le serviteur de Dieu dans l’embarras et le couvrir de confusion, lui dit : « J’ai à la maison une jument; je vais la priver de nourriture pendant trois jours ; au bout de ce temps, je l’amènerai sur la place publique, et j’aurai à la main un sac d’avoine; au même moment vous vous présenterez avec votre hostie et vous l’offrirez à la vénération de la bête de somme. Si elle laisse de côté sa pâture ordinaire pour se tourner vers votre Sacrement, je m’avouerai vaincu et j’embrasserai la foi catholique. »

            Saint Antoine accepta la condition, ayant pleine confiance que la divine Providence voudrait bien opérer ce miracle pour la conversion des mécréants et la gloire du Très Saint Sacrement.            Grâce à la téméraire présomption de l’hérétique qui se riait, avec ses amis, du futur miracle, le bruit s’en répandit incontinent dans toute la ville, et chacun se promettait de se trouver à ce spectacle si nouveau.

            Le troisième jour une foule nombreuse se réunit sur la place publique; d’un côté se tenaient les chrétiens, de l’autre les hérétiques.

            Saint Antoine célébra la messe avec grande piété, dans une chapelle ouverte au public. Quand il fut arrivé à la communion, au lieu de se communier avec le Corps du Seigneur, il le prend de la main droite et se dirige vers la place, accompagné des principaux de la ville qui por­taient des torches allumées.

            L’animal était là, flairant ardemment le sac d’avoine: « Au nom de ce Seigneur que je tiens dans mes mains malgré mon indignité, je t’ordonne de venir à l’instant te prosterner devant lui ton Créateur, afin que la malice des hérétiques soit con­fondue et que tous reconnaissent et confessent la vérité de ce profond mystère. »

            Pendant que le saint parlait ainsi, l’hérétique répandait l’avoine à pleines mains devant l’animal et l’excitait à en manger : mais la jument, sans même la regarder, s’avance humblement tête bais­sée vers le Très Saint Sacrement, puis fléchit les genoux comme pour l’adorer.

            L’assemblée des fidèles pousse aussitôt des cris d’admiration et de reconnaissance envers Dieu; les hérétiques se retirent couverts de confusion. Grand nombre d’entre eux, et tout d’abord celui-là même qui avait provoqué la dispute, remercient Dieu de cet insigne prodige, confessent in vérité du Sacrement et rentrent dans le sein de la foi catholique.

 

(P. Maffei et Ribadeneira, Vie de saint Antoine de Padoue.)

 

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« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela

aux sages et aux intelligents... » (Matthieu 11.25)

 

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DES POISSONS PRÊCHENT LA VÉRITÉ

DU TRÈS SAINT SACREMENT

 

« Que tout ce qui se meut dans les eaux bénisse le Seigneur. »  (Daniel 3.79)

 

Un miracle fort célèbre est celui de ces poissons qui sortirent du sein des eaux rangés en bon ordre, et vinrent sur le rivage écouter la prédication de saint Antoine de Padoue: un prodige non moins grand est rapporté par des auteurs dignes de toute créance, est celui de ces mêmes habitants des eaux qui furent les porteurs du Verbe de Dieu présent dans son auguste Sacrement, et prêchèrent ses merveilles dans leur langage.

Un prêtre du royaume de Valence, en Espagne, curé d’Alboraga, allant porter le saint viatique à un malade du village d’Almazera, avait à traverser un ruisseau qui d’ordinaire n’était qu’un tout petit cours d’eau, mais qui s’était beaucoup enflé par l’abondance des pluies. Le ministre de Dieu, qui était accoutumé de le passer A pieds secs, s’avance sans crainte et sans grande attention au milieu des eaux.

      A peine y est-il entré qu’il tombe et la sainte custode lui échappe des mains : elle renfermait deux hosties. Le prêtre n’eut pas de peine à se relever et à sortir du ruisseau; mais où trouver le précieux dépôt dont il avait la garde!  Il cherche, interroge tout le terrain, sans rien découvrir. Dans sa détresse, il court au village voisin et raconte le malheur qui vient de lui arriver. De nombreux fidèles se mettent à sa disposition et apportent des filets et d’autres instruments de pêche. Les recherches recommencent, et !e succès semble couronner leurs efforts : un coup de filet ramène la sainte custode. Mais la joie fut de courte durée, elle était vide de son précieux dépôt; c’était comme un coquillage dont la perle était absente. Mais i1 plut à la bonté divine d’y mettre un terme.

      Soudain on aperçoit à fleur d’eau deux poissons tenant l’un et l’autre dans la bouche une des saintes hosties; leur tête élevée au-dessus de l’eau et leur bouche ouverte semblaient inviter les assistants à considérer, puis à recueillir le divin Sacrement qui leur était momentanément confié.            

      Les pêcheurs qui aperçurent les premiers cette merveille en furent dans la joie; mais n’osant s’approcher par respect de la divine majesté, ils appelèrent le prêtre qui veut aussitôt s’assurer du prodige. Ravi d’allégresse et d’admiration, il se dispose à reprendre les saintes espèces. Il se revêt de ses ornements et fait allumer quelques cierges que l’on avait apportés. Nouveau prodige ! le prêtre n’eut pas besoin de .mettre les pieds dans l’eau, les poissons s’avancèrent de front à sa rencontre et avec des mouvements uniformes et gracieux, comme s’ils eussent senti la présence leur créateur, et vinrent jusque sur le rivage offrir au prêtre le corps du Seigneur.

      Les saintes hosties étaient dans le meilleur état de conservation et sans la moindre trace d’humidité, bien qu’elles eussent demeuré plusieurs heures au sein des eaux. Les poissons, tout fiers d’avoir porté la sainte Eucharistie, rentrèrent an fond du ruisseau avec des mouvements qu’on eût pris pour des démonstrations d’allégresse. Dans la joie de la reconnaissance qu’excita une faveur aussi merveilleuse, on organisa une procession, et tout le peuple accompagna le très saint Sacrement avec des chants d’action de grâces jusqu’à. l’église paroissiale.

            Présentement encore, ajoute le narrateur, on conserve sans corruption ces mêmes hosties dans l’église d’Alboraga; et pour consoler les habitants d’Almazera, où le prêtre se rendait, on leur donna le vase sacré qui renfermait ces particules sacrées; il y est encore conservé comme un souvenir précieux de cet événement. Ils chargèrent ensuite un orfèvre habile de fabriquer un ciboire, sur lequel on a représenté en relief le miracle: les deux poissons y présentent chacun une hostie. Pour rappeler aux prêtres qui célèbrent la vénération due au très saint Sacrement, et pour confondre l’opiniâtreté des hérétiques ennemis de notre sainte foi, on y a gravé le distique suivant:

 

Quis divina neget panis mysteria, quando

Muto etiam piscis praedicat, ore fidem !

 

« Qui oserait mettre en doute les mystères du pain divin,

lorsque le poisson, bien que muet, en prêche la croyance ? »

 

(V. Jacob Bleda, mirac. 18.- P. Jo. Alloz, Cons. div. am. c. III d. 24. )

 

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« Rends-moi intelligent, j’observerai tes commandements

et je les garderai de tout cœur. » (Psaume 119.34)

 

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COMMENT SAINT ANTOINE, EN PRÊCHANT AUX POISSONS,

CONVERTIT DE NOMBREUX HÉRÉTIQUES

 

            En vue de manifester la sainteté de son servi­teur Antoine et de montrer avec quelle piété il convenait d’écouter ses excellents sermons, Notre-Seigneur se servit, un jour, des poissons, pour confon­dre la stupidité des hérétiques, comme jadis, dans l’Ancien Testament, il avait confondu l’ignorance de Balaam par la bouche d’une ânesse.

            Depuis plusieurs jours, le bienheureux prêchait à Rimini sur l’Écriture sainte, afin de ramener à la foi les nombreux hérétiques qui s’y trouvaient. Mais, endurcis comme des pierres, ces obstinés refu­saient non seulement de se laisser convaincre, mais même de venir au sermon.

            Alors, Dieu lui inspira d’aller au bord de la mer, à l’embouchure du fleuve. Il se plaça sur le rivage, entre la mer et le fleuve, et se mit à prêcher aux poissons :

            « Poissons de la mer et du fleuve, s’écria-t-il, venez écouter la parole de Dieu que ces hérétiques infidèles ne veulent point entendre. »

            Aussitôt une foule de poissons, comme on n’en avait jamais vu dans ces parages, arrivèrent.

            Les grands côtoyaient les petits; les petits passaient sous les gros; ceux de même espèce se rejoignaient pour former un champ diapré aux nuances infinies. Les plus gros prirent position à l’arrière, dans les eaux profondes, comme une grande armée dans un camp; les moyens se rangèrent dans la zone intermédiaire, sans le moindre désordre; les plus petits, comme des pèlerins qui courent gagner une indulgence ou des enfants sous la férule du maître, se hâtèrent de venir prendre place en avant, le plus près possible du bien­heureux; et tous, la tête hors de l’eau, les yeux tournés vers l’orateur, se rangèrent dans un ordre parfait.

            Alors, d’un ton solennel, saint Antoine commença :

            « Mes frères les poissons, dit-il, vous devez, selon vos moyens, remercier votre créateur de vous avoir donné pour séjour un si noble élément, où vous trou­vez selon vos goûts de l’eau douce, de l’eau salée et des refuges nombreux pour vous mettre à l’abri des tempêtes.

            « Il vous a procuré cette masse claire et transparente où vous découvrez si facilement votre chemin ainsi que la nourriture qui vous est nécessaire.

            « A la création du monde, Dieu, dans sa bonté, vous donna sa bénédiction et l’ordre de croître et multiplier; et quand vint le déluge, alors que les autres animaux périssaient, vous fûtes seuls à être épargnés et à ne rien souffrir.

            « Dieu vous a pourvus de nageoires grâce aux­quelles vous pouvez aller où vous voulez.

            « Il vous a chargés de retenir son prophète Jonas pendant trois jours et de le déposer ensuite intact, sur le rivage.

            « C’est encore vous qui avez eu l’honneur de four­nir le cens à Notre-Seigneur, lorsque sa pauvreté l’empêchait de payer le tribut.

            « C’est vous enfin qui, par un singulier mystère, avez servi d’aliment, durant sa vie et après sa résur­rection, au roi éternel Notre-Seigneur.

            « Et voilà comment, ayant plus reçu que les autres animaux, vous devez, plus qu’eux tous, louer et célébrer le Seigneur. »

            A ces paroles, les poissons se mirent à louer Dieu à leur manière, les uns donnant de la voix, les autres ouvrant silencieusement la bouche et inclinant la tête. Antoine en fut transporté de joie:

            « Béni soit l’Éternel, s’écria-t-il de toutes ses forces, de ce qu’il est plus honoré par les poissons de la mer que par les hérétiques, et de ce que les bêtes privées de raison sont plus attentives à sa parole que les infi­dèles. »

            Plus d’ailleurs il prêchait, plus son auditoire de poissons s’accroissait, sans qu’aucun d’eux quittât sa place.

            Cependant, ce miracle avait commencé d’attirer les gens de la ville, y compris les hérétiques qui, témoins du prodigieux spectacle de ces animaux atten­tifs au sermon, rentraient en eux-mêmes et, eux aussi, écoutaient attentivement le prêcheur.

            Saint Antoine se mit alors à exposer la doctrine catholique en termes si merveilleux que tous se convertirent et que personne ne partit sans s’être heureuse­ment affermi dans la foi.

            Quant aux poissons, dès qu’on leur eut donné congé, ils se retirèrent en exprimant leur gaieté par toutes sortes de jeux et s’en retournèrent d’où ils étaient venus.

            Le bienheureux passa encore de longs jours à Rimini. Nombreux furent les infidèles qui s’y conver­tirent à sa voix et les clercs qui puisèrent un accrois­sement de ferveur en ses sermons.

Loué soit Jésus-Christ ! Amen.

 

Cette prédication eut lieu à Rimini, en 1222, sur la rive de la Marecchia.  Une chapelle s’élève encore là où le saint prêcha

 

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