GUIDE PRATIQUE POUR LE SACREMENT DE PÉNITENCE
ET DE RÉCONCILIATION

CINQ ÉTAPES pour une BONNECONFESSION
1. Examinez votre conscience.
2. Regrettez sincèrement vos péchés.
3. Confessez vos péchés.
4. Prenez la résolution de changer de vie.
5. Après la confession, faites la pénitence donnée par le prêtre.

Acte de Contrition
Mon Dieu, j’ai un extrême regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.

Apprenez par cœur  cet Acte de Contrition.

Au confessionnal
Le prêtre peut commencer par la lecture d’un passage d’Écriture Sainte. Dites ensuite: "Bénissez-moi, Père, parce que j’ai péché. Je ne me suis pas confessé depuis.... Je m’accuse des péchés suivants" :
Dites vos péchés graves, le nombre de fois qu’ils ont été commis, et l’un ou l’autre de vos péchés véniels. Si vous n’avez pas de péchés graves, confessez deux ou trois péchés véniels commis depuis votre dernière confession. Après avoir dit tous vos péchés, ajoutez: "Je m’accuse de ces péchés, de tous ceux de ma vie passée (spécialement contre...). J’en demande pardon à Dieu et à vous, mon Père, pénitence et absolution, si vous m’en jugez digne."
Le prêtre alors donne habituellement quelques conseils; il vous impose une pénitence et vous demande de dire l’Acte de Contrition. Il vous donne alors l’absolution. Dites alors: "Merci, Père"; quittez le confessionnal et faites la pénitence imposée.

Ne vous pressez pas - Ne soyez pas superficiel - Évitez toute anxiété

Examen de Conscience
Beaucoup de ces péchés concernent des matières graves et peuvent être mortels. En cas de péché mortel, vous ne pouvez recevoir l’Eucharistie avant de vous être confessé à un prêtre. Dans le doute sur la gravité d’un péché, confessez-le et demandez l’avis du prêtre. Un péché mortel implique : matière grave, pleine connaissance et entier consentement.

Ai-je nié l’existence de Dieu, ou en ai-je douté ? Ai-je refusé de croire à la Révélation de Dieu ? Ai-je cru aux horoscopes, aux diseurs de bonne aventure, aux rêves, aux amulettes, à la réincarnation ?

Ai-je nié que je suis catholique ? Ai-je abandonné la foi ? Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu ? Ou au contraire ai-je voulu en abuser ?

Ai-je négligé pendant longtemps la prière ? Ai-je blasphémé, ai-je abusé du nom du Seigneur, ai-je employé des jurons ? Ai-je été infidèle à un serment ou à un vœu ?

Ai-je manqué la Messe par ma faute les dimanches et fêtes d’obligation ? Suis-je toujours respectueux de la présence du Christ au Saint-Sacrement ? Ai-je manqué d’attention au cours de la Messe ? Suis-je arrivé en retard (préciser) ? Suis-je parti avant la fin de la célébration ? Ai-je travaillé le dimanche sans nécessité ?

Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou des supérieurs légitimes ? Ai-je négligé mes devoirs vis-à-vis de mon conjoint, mes enfants, mes parents ? Ai-je négligé de prendre part à l’éducation et à la formation religieuse de mes enfants ? Ai-je négligé de me former en ce qui concerne les enseignements de l’Église ?

Ai-je travaillé consciencieusement, donnant mon plein temps en échange de mon plein salaire ? Ai-je donné le salaire convenable à mes employés ?

Ai-je scandalisé par mes paroles ou mes actes, spécialement les jeunes ? Ai-je été cause de l’abandon de la foi par quelqu’un ?

Ai-je été impatient, coléreux, envieux, désagréable, orgueilleux, jaloux; désireux de vengeance; coupable de haine envers quelqu’un; paresseux ? Ai-je donné le mauvais exemple ?

Ai-je usé de la drogue ou trop bu d’alcool ? Me suis-je querellé, battu ? Ai-je infligé des blessures à quelqu’un ?

Ai-je tué ? Ai-je subi ou conseillé un avortement ? (A ce sujet, voyez avec le prêtre si vous avez été frappé de l’excommunication automatique encourue par la personne qui subit l’avortement, comme par tous ceux et celles qui participent délibérément à son exécution - Art. 1398 du code de droit canonique. L’excommunication doit être d’abord levée, avant de pouvoir recevoir l’absolution). Ai-je pris part, ou ai-je approuvé la faute grave d’euthanasie volontaire ? Ai-je essayé de me suicider ?

NOTE: Les fautes sexuelles ci-après sont toutes mortelles s’il y a pleine connaissance et entier consentement.

Ai-je entretenu volontairement des pensées et des désirs impurs ? Me suis-je habillé(e) de façon inconvenante ? Ai-je dit des choses impures ou suggestives; des histoires sales ? En ai-je écouté ? Ai-je regardé volontairement des spectacles impurs (télévision, théâtres, images, films) ? De même, ai-je lu des textes impurs ? Ai-je commis des actes impurs, seul ou avec d’autres (préciser le genre) ?

Me suis-je marié en dehors de l’Église - ou ai-je conseillé à d’autres de le faire ? Ai-je abusé de mes droits en mariage ? Ai-je été infidèle à mes promesses en mariage ? Ai-je commis l’adultère avec une personne mariée ?

Ai-je pratiqué la contraception ? Me suis-je fait stériliser (ou mon conjoint) ?

Ai-je volé, triché, aidé ou encouragé d’autres à voler ou à conserver des objets volés ? Ai-je restitué ces objets ? Ai-je accompli les obligations encourues en matière de contrats ? Ai-je donné ou accepté des pots-de-vin ? Ai-je payé mes fractures ? Ai-je imprudemment joué ou spéculé ? Ai-je ainsi privé ma famille de ses moyens d’existence ? Ai-je menti ? Ai-je essayé de tromper ? Ai-je fait du mal à d’autres par mes mensonges ? Ai-je porté de faux témoignages ?

Ai-je manqué de charité en paroles ou en actes; ai-je été médisant, révélant les imperfections et les péchés des autres ? Ai-je manqué à mon obligation de garder le secret ?

Ai-je mangé de la viande le Mercredi des Cendres et les Vendredis de Carême ? Ai-je manqué de recevoir l’Eucharistie au Temps Pascal ? Ai-je négligé de me confesser au moins une fois par an ? Ai-je communié en état de péché mortel ? Ai-je négligé le jeûne eucharistique d’une heure avant la communion (l’eau et les remèdes sont permis) ? Ai-je fait une ou plusieurs mauvaises confessions ?

Ai-je manqué à mon devoir de faire vivre l’Église, soit financièrement, soit en m’engageant selon mes possibilités ?


Le Sacrement de pénitence

Allocution du Saint-Père au cours de l’Audience générale du 15 septembre 1999

Lecture: Jn 20, 19-23 1. Le chemin vers le Père, soumis à la réflexion particulière de cette année de préparation au grand Jubilé, implique également la redécouverte du Sacrement de pénitence dans sa signification profonde de rencontre avec Lui, qui pardonne à travers le Christ dans l’Esprit (cf. Tertio millennio adveniente, n. 50).

Il existe divers motifs pour lesquels il est urgent d’effectuer une sérieuse réflexion sur ce sacrement. C’est tout d’abord l’annonce de l’amour du Père qui le demande, comme fondement de la vie et de l’action chrétienne, dans le contexte de la société actuelle où la vision éthique de l’existence humaine est souvent cachée. Si de nombreuses personnes ont perdu la dimension du bien et du mal, c’est parce qu’elles ont égaré le sens de Dieu, en interprétant la faute seulement selon des perspectives psychologiques ou sociologiques. En second lieu, la pastorale doit donner une nouvelle impulsion à un itinéraire de croissance dans la foi qui souligne la valeur de l’esprit et de la pratique de la pénitence au cours de toute la vie chrétienne.

2. Le message biblique présente cette dimension de "pénitence" comme un engagement permanent à la conversion. Faire œuvre de pénitence suppose une transformation de la conscience, qui est fruit de la grâce divine. Dans le Nouveau Testament, en particulier, la conversion est demandée comme choix fondamental à ceux à qui l’on adresse la prédication du Royaume de Dieu: "Repentez-vous et croyez à l’Évangile" (Mc 1, 15, cf. Mt 4, 17). C’est avec ces paroles que Jésus commence son ministère, annonce l’accomplissement des temps et l’imminence du royaume. Le "repentez-vous" (en grec: metanoéite) est un appel à changer sa façon de penser et de se comporter.

3. Cette invitation à la conversion constitue la conclusion vitale de l’annonce faite par les Apôtres après la Pentecôte. Dans celle-ci, l’objet de l’annonce est pleinement expliqué: ce n’est plus génériquement le "royaume", mais bien l’œuvre même de Jésus, insérée dans le plan divin prédit par les prophètes. A l’annonce de ce qui a eu lieu en Jésus-Christ mort, ressuscité et vivant dans la gloire du Père, suit l’invitation pressante à la "conversion", à laquelle est également lié le pardon des péchés. Tout cela ressort clairement du discours que Pierre prononce dans le portique de Salomon: "Dieu, Lui, a

ainsi accompli ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés" (Ac 3, 18-19).

Dans l’Ancien Testament, ce pardon des péchés est promis par Dieu dans le contexte de la Nouvelle Alliance, qu’Il établira avec son peuple (cf. Jr 31, 31-34). Dieu écrira la loi dans le cœur. Dans cette perspective, la conversion est une nécessité pour l’alliance définitive avec Dieu et, en même temps, une attitude permanente de celui qui, accueillant les paroles de l’annonce évangélique, commence à faire partie du Royaume de Dieu dans son dynamisme historique et eschatologique.

4. Le sacrement de la Réconciliation véhicule et rend visible de façon mystérique ces valeurs fondamentales annoncées par la Parole de Dieu. Il réintroduit l’homme dans le contexte salvifique de l’alliance et l’ouvre à nouveau à la vie trinitaire, qui est un dialogue de grâce, une circulation d’amour, un don et un accueil de l’Esprit Saint.

Une relecture attentive de l’Ordo Paenitentiae aidera beaucoup de personnes à approfondir, à l’occasion du Jubilé, les dimensions essentielles de ce sacrement. La maturité de la vie ecclésiale dépend en grande partie de sa redécouverte. En effet, le sacrement de la Réconciliation ne finit pas au moment liturgique et célébratif mais conduit à vivre l’attitude de la pénitence en tant que dimension permanente de l’expérience chrétienne. C’est "s’approcher de la sainteté de Dieu, c’est retrouver sa propre vérité intérieure, troublée et même bouleversée par le péché, c’est se libérer au plus profond de soi-même, et par la suite recouvrer la joie perdue, la joie d’être sauvé, que la majorité de nos contemporains ne sait plus apprécier" (Réconciliatio et paenitentia, 31, III).

5. En raison des contenus doctrinaux de ce sacrement, je renvoie à l’Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia (cf. nn. 28-34) et au Catéchisme de l’Église catholique (cf. nn. 1420-1484), ainsi qu’aux autres interventions du Magistère de l’Église. Je désire rappeler ici l’importance du soin pastoral nécessaire pour valoriser ce sacrement au sein du Peuple de Dieu, pour que l’annonce de la réconciliation, le chemin de conversion et la célébration même du sacrement puissent davantage toucher le cœur des hommes et des femmes de notre époque.

En particulier, je désire rappeler aux pasteurs que l’on ne peut être un bon confesseur que si l’on est un pénitent authentique. Les prêtres savent qu’ils sont les dépositaires d’un pouvoir qui vient d’en haut: en effet, le pardon qu’ils transmettent "est le signe efficace de l’intervention du Père" (RP, 31, III) qui fait ressusciter de la mort spirituelle. C’est pourquoi, en vivant avec humilité et simplicité évangélique une dimension aussi essentielle de leur ministère, les confesseurs ne doivent pas négliger leur propre perfectionnement et leur formation permanente, afin que ne viennent jamais à manquer les qualités humaines qui sont si nécessaires à la relation avec les consciences.

Mais c’est toute la communauté chrétienne qui doit participer avec les pasteurs au renouveau pastoral de la Réconciliation. C’est l’"ecclésialité" propre au sacrement qui l’impose. La communauté ecclésiale est le foyer qui accueille le pécheur repenti et pardonné et, plus encore, qui crée le milieu adapté à un chemin de retour au Père. Dans une communauté réconciliée et réconciliante les pécheurs peuvent retrouver la route qu’ils ont perdue et l’aide de leurs frères. Enfin, à travers la communauté chrétienne on peut redessiner un solide chemin de charité, qui rendra visible à travers des oeuvres de bien le pardon retrouvé, le mal réparé, l’espérance de pouvoir retrouver les bras miséricordieux du Père.


Retour à la première page