Guerre à la Foi :

Comment Catholiques pour le libre choix

cherche à ébranler l’Église catholique

 

 

Thomas E.Woods, Jr., Ph. D.

 

 

 

JOHN PAUL II CENTER FOR THE

STUDY OF INTERNATIONAL ORGANIZATIONS

 

New York City

 


PRÉFACE

 

        Cet article inaugure deux nouveaux programmes du Catholic Family & Human Rights Institute.  Le premier est l’institution du John Paul II Center for the Study of International Organizations.  Le deuxième est notre Collection de Livres blancs.

          Le John Paul II Center for the Study of International Organizations a été créé comme groupe de réflexion chargé de se documenter et d’écrire sur les organisations qui constituent une menace directe pour l’Église catholique, la famille et les enfants à naître.  Le John Paul II Center portera son attention sur une variété de types organisationnels.  Des enquêtes seront menées sur des organisations non gouvernementales (ONG) comme Catholiques pour le libre choix et International Planned Parenthood Federation.  Ces organisations travaillent en étroite collaboration avec des agences des Nations unies et des gouvernements nationaux, et sont souvent financées substantiellement pour leur servir de représentants.  Le John Paul II Center enquêtera sur des agences onusiennes comme le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et le Fonds de Nations unies pour l’enfance (UNICEF), afin d’évaluer l’opportunité de leurs objectifs et de leurs méthodes ainsi que leur influence générale et leur efficacité.  On examinera des organisations internationales comme la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé, des agences qui ne sont pas seulement rattachées indirectement à l’ONU mais qui, croyons-nous, jouent un rôle significatif dans les attaques contre l’Église, la famille et les enfants à naître. Finalement, le John Paul II Center examinera en profondeur les grands groupes financiers qui soutiennent ces attaques, comme la Turner Foundation, la Gates Foundation, Ford et Rockefeller, Hewlett et Packard, et bien d’autres.

          La Collection de Livres blancs publiés par le John Paul II Center obéira aux normes les plus strictes de la recherche universitaire. On n’y trouvera pas des conjectures, des discours ou des rumeurs, mais uniquement des analyses sérieuses et mesurées.  Les Livres blancs seront toujours parfaitement objectifs, de peur qu’ils ne déforment les vérités objectives qu’ils cherchent à défendre.

          Ce premier Livre blanc examine attentivement Catholiques pour le libre choix, un groupe qui trouve fréquemment audience dans les principaux médias pour critiquer la hiérarchie et la doctrine de l’Église, mais dont les affirmations, le financement et les objectifs finaux sont à peu près complètement ignorés. Nous remercions Thomas E. Woods Jr. pour ce Livre blanc inaugural en espérant que ceux qui cherchent à défendre l’Église, la vie et la famille le trouveront instructif.

          Nous pensons que Thomas Woods a fait des découvertes stupéfiantes.  Il a montré que les membres de CPLC ne font pas qu’embrasser une Culture de Mort, mais qu’ils prônent également une théologie de mort explicite.  Quelques-uns des passages les plus saisissants et inquiétants de ce document explorent les tentatives de CPLC pour élever l’avortement au rang d’un acte liturgique et sacramentel.  En même temps qu’ils ridiculisent les sept sacrements catholiques, les membres de CPLC croient que l’avortement exprime au mieux le pouvoir et la divinité de la femme, et qu’il mérite ainsi le statut de sacrement.

          Thomas Woods a soigneusement mis au jour la nature véritablement radicale des « réformes » catholiques que recherchent les membres de CPLC.  L’une de ces réformes voudrait convaincre les catholiques de prier des déesses comme Athéna et Gaïa, plutôt que Marie.  D’autres réformes enseigneraient aux catholiques que les individus n’ont pas besoin d’être rachetés du péché ; que la morale est relative selon les individus et que la morale sexuelle est déterminée par ce qui vous fait du bien ;  que la terre est divine ;  que le catholicisme doit incorporer des éléments des autres religions ;  et que la transsubstantiation est un non-sens.

          M. Woods a montré que CPLC cherche à infiltrer l’Église et à la transformer de l’intérieur.  CPLC fait campagne en faveur du sacerdoce des femmes pour que les membres de CPLC - et ceux qui partagent leurs croyances - puissent prêcher de l’intérieur même des églises.  CPLC considère l’ouverture de la prêtrise aux femmes comme le pas le plus significatif en faveur d’une Église catholique polythéiste et druidique.

          On peut conclure de ce document que CPLC cherche à détruire l’Église, et non à la réformer.  Le dialogue avec CPLC est par conséquent totalement futile et potentiellement dangereux, à la fois pour l’institution de l’Église et pour les membres individuels de l’Église.

          À travers la série de Livres blancs va commencer à se dégager un portrait des forces alignées sur la scène mondiale contre l’Église, la famille et les enfants à naître.  Nous croyons que seule une connaissance faisant autorité permettra de contrer efficacement leurs menaces.

 

          14 novembre 2001

 

Austin Ruse                                       Douglas A. Sylva                     

Président                                           Directeur

Catholic Family &                     John-Paul II Center for the

Human Rights Institute                       Study of International Organizations

 

 

 


INTRODUCTION

 

          Depuis plusieurs dizaines d’années, une organisation intitulée Catholiques pour le libre choix se présente comme un groupe de fervents laïcs catholiques qui, selon leurs propres termes, ne cherchent qu’à donner un petit coup de coude à l’Église pour la faire progresser sur des questions en rapport avec la sexualité et l’intimité - et même à rendre à l’Église sa pertinence - en prônant l’adaptation du dogme de l’Église sur la sexualité aux croyances et aux pratiques des catholiques américains.  Ils prétendent ainsi être les porte-parole d’un grand nombre de catholiques mécontents qui aiment l’Église mais ont de la difficulté à accepter les positions de l’Église concernant l’avortement et la contraception.  C’est à ce titre que les médias demandent régulièrement aux membres de CPLC de commenter des questions concernant l’Église.  Leurs commentaires sont considérés par les médias comme faisant contrepoids aux déclarations officielles de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis et à celles du Vatican ;  on estime ainsi que la publication ou la diffusion des commentaires de CPLC permet de représenter l’éventail complet des opinions catholiques sur la sexualité.

          Cet article veut montrer que les médias se trompent - qu’ils ne devraient pas se tourner vers CPLC pour avoir une opinion catholique - parce que CPLC n’est pas une organisation catholique.  Elle est au contraire composée d’un petit groupe de non-catholiques et d’ex-catholiques, et peut-être même de catholiques excommuniés, qui ne croient pas aux dogmes fondamentaux de l’Église (sur la sexualité ou autres), et qui prônent des mesures extrêmement radicales en faveur de la permissivité sexuelle. Le financement de CPLC provient de sources comme Playboy et Planned Parenthood, et non de paroisses ou d’oeuvres catholiques ;  ses théologiens souscrivent à un mélange de relativisme moral et de pensée du Nouvel Âge, et non au christianisme.  Tous ces faits, ajoutés au ton fréquemment virulent et vitupérant des commentaires de CPLC sur le catholicisme, conduisent à la conclusion que CPLC n’est pas formé d’un groupe de catholiques ardents et sincères, mais un agent des industries du sexe et de la reproduction destiné à saper la dernière résistance organisée à leur révolution.


HISTORIQUE DE CPLC

 

          CPLC est apparu en 1970 sous le nom de Catholics for the Elimination of all Restrictive Abortion and Contraceptive Laws.[1] Dans une interview accordée à l’occasion du 25e anniversaire de CPLC, Frances Kissling, directrice actuelle de CPLC, a rappelé la création de CPLC tel qu’il existe aujourd’hui : « Trois new-yorkaises - Joan Harriman, Patricia Fogarty McQuillan, et Meta Mulcahy, qui avaient été des collègues dans la National Organization for Women - ont constitué la charte de CPLC en 1973, année du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Roe vs. Wade. »  Elles pensaient que « les évêques n’étaient pas représentatifs du peuple catholique sur la question des droits reproductifs ».  « À cette époque, poursuivait Kissling, il n’existait à peu près pas de mouvement de dissidence dans l’Église. »[2]  CPLC n’a pas tardé à changer tout cela, et il l’a fait de manière plutôt spectaculaire le jour du premier anniversaire de Roe vs. Wade alors que Patricia Fogarty McQuillan se couronnait elle-même papesse sur les marches de la cathédrale St. Patrick.

          Le père Joseph O’Rourke, s.j., expulsé de l’ordre des Jésuites et de la prêtrise en 1974, fut le premier président de cette organisation qu’il a dirigée jusqu’en 1979.  Planned Parenthood avait fourni dès le début les locaux de CPLC à New York, mais l’organisation s’est déplacée vers Washington, D.C., en 1980 et Frances Kissling a été nommée directrice deux ans plus tard.  Élevée à Flushing, New York, Kissling a passé six mois comme postulante au couvent des Sisters of St. Joseph après avoir étudié deux ans à St. John’s University.  Lorsqu’elle a quitté le couvent, Kissling dit avoir laissé sa foi derrière elle.  Elle se décrit elle-même à l’époque comme « une personne typique des années soixante. J’étais célibataire ... Je manifestais contre la guerre et j’étais sexuellement active. »[3]  Kissling se fit par la suite stériliser : « Devenir enceinte aurait été pour moi une énorme violation de ma propre intégrité personnelle »,[4] a-t-elle déclaré.

          Kissling était déjà mêlée à la question de l’avortement depuis des années lorsqu’elle est devenue membre de CPLC en 1979.  En 1970, elle dirigeait deux cliniques d’avortement à New York, l’une à Pelham et l’autre à New York City.  La clinique de Pelham, aux dires de Kissling, pratiquait environ 250 avortements par semaine.[5]  Elle a participé à l’ouverture de cliniques d’avortement partout dans le monde, même en des endroits où l’avortement était illégal, comme au Mexique et même à Rome.  « L’avortement se pratique, qu’il soit légal ou non.  La question était de savoir quelle sorte d’avortement une femme allait subir. »[6]  En 1976, elle devenait la première présidente de la National Abortion Federation, une sorte d’association commerciale qu’elle avait fondée pour les fournisseurs d’avortement.

          Durant la première décennie de son existence, CPLC est demeuré à peu près invisible, avec un budget de 20.000 $ alimenté essentiellement par une Église unitarienne de New York.  C’est au cours des années quatre-vingt que l’organisation est véritablement devenue présente dans la vie publique.  Au cours d’une conférence de presse du Sénat américain, vers la fin de 1981, CPLC a protesté contre le témoignage des évêques catholiques en faveur de la protection des enfants à naître.  CPLC affirmait que la position des évêques américains n’était pas représentative de celle de l’ensemble des catholiques, et a finalement publié une étude concernant des femmes catholiques ayant subi des avortements, même si la plupart d’entre elles se disaient « non-pratiquantes » ou « ex-catholiques ».[7]

          Vers la fin du mois d’août de la même année, CPLC s’est joint à d’autres membres de la Religious Coalition for Abortion Rights (RCAR), dont il était un allié, pour déposer une requête auprès de la Cour suprême dans l’affaire City of Akron vs. Akron Center for Reproductive Health.  La requête comportait un argument auquel CPLC a continuellement fait référence au cours des années, à savoir que toutes les restrictions concernant l’avortement découlent finalement d’une perspective théologique sur la vie à son commencement, et qu’elles sont pour cette raison invalidées par le Premier amendement qui garantit la liberté de religion.  Selon cette requête, il était également condamnable de présenter des descriptions scientifiques aux femmes qui désirent avorter, étant donné qu’elles constituent « un outil de propagande pour la position anti-avortement ».  CPLC a également participé à une requête similaire au tribunal fédéral de première instance, en 1985, dans l’affaire Jendrick v. Heckler.[8]

          Simultanément, CPLC défendait ses positions dans un article clef paru en 1985 dans Conscience, bulletin de l’organisation.  Selon cet article, « le fait qu’une église quelconque recommande qu’une doctrine ou un dogme en particulier, auquel ne souscrivent pas d’autres personnes de foi différente, soit mis en application par la loi, comme rendre l’avortement illégal, serait assurément coercitif et par conséquent inacceptable ... »  Et l’article poursuit : « Notre alléguons que toute déclaration de notre église qui persuaderait par pression religieuse ou se prononcerait par sanction juridique contre l’avortement serait indigne de l’Évangile. »[9]

          Les activités et la publicité de CPLC ont continué à augmenter au cours de la décennie, spécialement en deux occasions très médiatisées, en 1984 et 1986.  En 1984, dans le but d’accorder son appui à la campagne à la vice-présidence de la soi-disant catholique pro-avortement Geraldine Ferraro, CPLC a publié une page entière dans le New York Times avec les signatures de quatre-vingt-seize féministes catholiques niant l’existence d’une seule « position catholique légitime » sur l’avortement, et affirmant que la dissidence sur cette question n’empêchait pas d’être toujours une catholique en règle.  L’annonce était aussi un exemple de la coopération continue de CPLC avec Planned Parenthood, ayant été conçue et publiée gratuitement par leur agence publicitaire de New York, Smith/Greenland ;  Norman Goluskind,  président de Smith/Greenland, décrivait l’annonce comme « un service rendu à Planned Parenthood ».[10]  La deuxième annonce, parue le 2 mars 1986, était en fait un témoignage de soutien à celles qui avaient signé la première, et présentait plus de mille signatures - « représentant un grand pourcentage des électrices catholiques féministes », selon Donna Steichen, une autorité en matière de féminisme catholique.[11]

          Aujourd’hui, le groupe reste actif et visible, tout récemment avec sa prétendue campagne « See change » par laquelle cette organisation « catholique » cherche à faire expulser le Vatican hors des Nations unies.  Cette campagne de CPLC a eu beaucoup moins de succès : alors qu’il leur a fallu un an pour recueillir les signatures de 350 organisations, une campagne de soutien au Saint-Siège menée par le Catholic Family & Human Rights Institute (C-FAM) a déjà reçu l’appui de 1.015 ONG dans 44 pays après une campagne secrète de seulement soixante jours.  La campagne de C-FAM a finalement été appuyée par 4.207 groupes de toutes les parties du monde, alors que celle de CPLC n’en compte toujours que 500.  La campagne de C-FAM a également eu pour résultat ce que le Vatican a appelé un document historique, une résolution de la Chambre des députés des États-Unis en faveur du Saint-Siège aux Nations unies, résolution votée par 416 voix contre 1.

 

 

L’ARGUMENTATION DE CPLC

 

          Le New York Times mettait en lumière une des principales affirmations de CPLC : il n’existe pas de position catholique unique sur l’avortement.  Le groupe prétend qu’un grand nombre de théologiens catholiques et qu’une grande partie des laïcs catholiques s’opposent à l’enseignement de l’Église sur l’avortement pour des raisons théologiques légitimes.  Une des publications clef de CPLC, la brochure de Marjorie Reiley Maguire et Daniel C. Maguire intitulée Abortion: A Guide to Making Ethical Choices, conclut : « Ainsi, l’Église catholique, considérée dans sa riche diversité, enseigne que certains avortements peuvent être moraux et que l’arbitre final de toute décision concernant l’avortement est la conscience.  Malheureusement, le catholicisme que l’on enseigne dans bien des paroisses catholiques ne reflète pas la richesse de la foi catholique. »[12]

          Le fait que l’Église présente une position « monolithique » sur l’avortement est habituellement considéré par Kissling et CPLC comme la preuve de l’existence d’une hiérarchie incorrigiblement tendancieuse et même sinistre, portée à supprimer la « richesse » de la position catholique sur l’avortement. Cependant, la grande diversité de théologiens catholiques qui soutiendraient les affirmations de CPLC sur l’avortement se résume en réalité à un groupe extrêmement marginal de prêtres laïcisés, de féministes radicales et de curieux porte-parole du Nouvel Âge, qui tous insistent pour conserver l’étiquette de catholiques.

          Le principal argument théologique avancé par CPLC en faveur de l’avortement comme option moralement légitime implique un principe appelé probabilisme, selon lequel une personne peut avoir recours à sa conscience lorsqu’une question morale comporte un fait douteux.  Par conséquent, selon cet argument, étant donné que les questions précises de l’infusion de l’âme et de la personnalisation du fœtus ont connu certaines variations au cours de l’histoire, on peut au moins considérer la matière comme douteuse et la question de l’avortement revient alors à la conscience individuelle face à l’incertitude.  (« La théorie que j’ai développée, dit Marjorie Maguire, est que la personnalisation commence lorsque la femme consent à la grossesse. »[13] Ainsi, la personnalisation de l’enfant qui se développe n’est accordée ni par Dieu ni par la nature, mais par le bon vouloir d’une autre personne.)  D’après Daniel Maguire, le probabilisme permet également que « si vous trouviez cinq ou six théologiens, reconnus pour leur ‘prudence et leur savoir’ qui tiennent un point de vue libéral dissident, vous pourriez les suivre en toute bonne conscience même si les autres dix mille théologiens - y compris le pape - étaient en désaccord. »[14]

          Richard Doerflinger, alors directeur adjoint de l’Office for Pro-Life Activities de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a traité de cet argument en 1985.  La position de CPLC, écrit-il, « trahit une sérieuse incompréhension de la théorie du probabilisme.  Elle n’a jamais été présentée comme autorisant la désobéissance délibérée à un enseignement moral clair de l’Église, et a toujours été considérée comme invalide lorsqu’une action pouvait conduire au meurtre d’un être humain innocent ».  De plus, la condamnation constante de l’avortement par l’Église, un enseignement vieux de 2000 ans, n’a jamais reposé sur une quelconque théorie particulière concernant la personnalisation ou l’infusion de l’âme.[15]

          Par exemple, St Jérôme et St Thomas d’Aquin ont tous deux spéculé sur le moment exact de l’infusion de l’âme.  Pourtant, ces deux saints, de même que tous les saints qui ont discuté de l’avortement, l’ont dénoncé comme un crime abominable ;  St Jérôme le décrit comme « le meurtre d’un enfant à naître ».[16]  Les deux questions sont sans rapport l’une avec l’autre.  Comme le dit St Basile le Grand, « Ergoter sur la différence entre formé et informé ne fait aucune différence à nos yeux. Quiconque commet délibérément un avortement est sujet à la peine pour homicide ».[17]  Ce que les porte-parole de CPLC cherchent à contourner - et le fait qu’ils tentent de masquer - c’est que l’avortement a toujours été condamné  tout au long de l’histoire de l’Église.  Aucune déclaration papale, aucun commentaire d’un membre quelconque de la hiérarchie de l’Église, n’a jamais affirmé le contraire. Si CPLC pouvait découvrir une telle déclaration concernant l’avortement, nul doute que nous le saurions déjà.

          Le titre même du bulletin de CPLC, Conscience, de même qu’un grand nombre de commentaires publics et de remarques publiées par cette organisation, indiquent une compréhension du rôle de la conscience qui diffère manifestement de celle de l’Église.  CPLC affirme que « la théologie catholique dit aux individus de suivre leur propre conscience en matière de morale, même si leur conscience est en conflit avec l’enseignement de l’Église ».[18]  Mais le Catéchisme de l’Église catholique, tout en précisant que « C’est par le jugement de sa conscience que l’homme perçoit et reconnaît les prescriptions de la loi divine », insiste en même temps avec force sur la nécessité d’une conscience bien formée.  La position de l’Église sur la conscience ne suggère pas une autonomie morale radicale qui autoriserait chaque individu à juger lui-même de la moralité de ses actes.  L’Église maintient au contraire que la conscience doit être informée et instruite pour savoir ce qui est juste.  « L’éducation de la conscience est indispensable à des êtres humains soumis à des influences négatives et tentés par le péché de préférer leur jugement propre et de récuser les enseignements autorisés. »  (C’est nous qui soulignons).

          Qui plus est, la conscience n’est pas infaillible.  « Mise en présence d’un choix moral, nous dit le Catéchisme, la conscience peut porter soit un jugement droit en accord avec la raison et avec la loi divine, soit au contraire, un jugement erroné qui s’en éloigne. »  Les erreurs de jugement dans la conduite morale, selon le Catéchisme officiel de l’Église, peuvent avoir pour cause : « L’ignorance du Christ et de son Évangile, les mauvais exemples donnés par autrui, la servitude des passions, la prétention à une autonomie mal entendue de la conscience, le refus de l’autorité de l’Église et de son enseignement, le manque de conversion et de charité. »[19]  Ainsi, la position de CPLC sur la « conscience », quoique présentée comme l’enseignement traditionnel de l’Église, contredit en fait ce que l’Église enseigne officiellement.

          La répudiation de la hiérarchie papale et épiscopale de l’Église par CPLC est liée au probabilisme et à une conception erronée de la conscience.  C’est là une étape stratégique nécessaire : étant donné que les positions de la hiérarchie sont en désaccord avec celles de CPLC, le rôle de la hiérarchie comme autorité véritable et dépositaire légitime de la doctrine catholique doit être sapé.  Kissling fait souvent des déclarations du genre, « Jésus-Christ n’est pas venu dire ici, ‘Vous devez avoir un pape, vous devez avoir des cardinaux, vous devez avoir des évêques, vous devez avoir des prêtres’ ... Ce système est artificiel, et il se modèle en réalité sur un système féodal européen. »  Kissling se réjouissait de lire dans le Washington Press en 1986 que la presse séculière « a cessé de traiter 300 hommes en habit comme les représentants de l’Église catholique ».[20]

          Ce que Kissling rejette ici ne peut en aucune façon être décrit comme un ajout dispensable de la foi catholique, mais doit être au contraire considéré comme absolument fondamental pour l’Église.  En effet, dès le deuxième siècle de notre ère, lorsque St Irénée, évêque de Lyon et théologien le plus important du siècle, a fait face au problème des gnostiques qui prétendaient posséder une « connaissance cachée » nécessaire au salut, il a fait reposer sa réponse qui a fait école sur l’existence de la hiérarchie de l’Église. Comment son troupeau pouvait-il être certain de posséder l’Évangile complet et sans falsification ? Parce que, dit-il, il pouvait remonter en ligne directe par ses évêques jusqu’aux apôtres, par qui la totalité de la foi catholique avait été transmise sans falsification de génération en génération.  Comme il ne pouvait pas au cours d’un aussi bref examen énoncer en détail la succession des évêques dans toutes les églises, il se limita à énumérer les évêques de Rome, « la plus grande et la plus ancienne église connue de tous ».[21] Il donna également cette mise en garde :

 

Il est nécessaire d’obéir à ceux qui sont les presbytres dans l’Église, ceux qui, comme nous l’avons montré, ont la succession des Apôtres ;  ceux qui ont reçu, avec la succession de l’épiscopat, le charisme sûr de la vérité selon le bon plaisir du Père.  Mais les autres, qui n’ont aucune part dans la première succession et s’assemblent où bon leur semble, doivent être tenus pour suspects.[22]

 

          Antérieur même à celui de St Irénée, nous avons le témoignage de St Ignace d’Antioche, mort vers l’an 110 et qui avait connu l’apôtre Jean.  Les lettres d’Ignace se réfèrent sans ambiguïté à une église hiérarchique avec un épiscopat monarchique.  « Soyez sujets à l’évêque et les uns aux autres, comme Jésus a été sujet au Père », conseille Ignace.[23]  Car « quiconque agit sans l’évêque, le consistoire et les diacres n’a pas une conscience nette ».  On pourrait multiplier les remarques d’Ignace sur ce sujet.[24]

          Il était clair depuis les premiers jours de l’Église qu’il n’était pas possible de rejeter la hiérarchie de l’Église et de rester un catholique en règle. Dans la bataille contre le gnosticisme, une des premières crises survenue dans l’Église, le fait que l’Église dans son épiscopat avait maintenu la succession apostolique, reliant la génération actuelle avec la naissance même de la foi catholique, était considéré comme l’argument central en faveur de l’authenticité de l’enseignement de l’Église.  La suggestion qu’une telle structure soit « artificielle » ou de quelque manière superflue aurait paru insensée à ces premiers théologiens, comme à tous ceux qui leur ont succédé.

 

 

PAS SEULEMENT L’AVORTEMENT

 

          Il est certain que la position de CPLC sur l’avortement est radicale. Les parents n’ont pas le droit de s’y opposer, n’y même d’en être informés : « Nous soutenons que les mineures doivent être libres de choisir l’avortement sans consentement ni notification afin qu’elles puissent devenir des citoyennes libres et indépendantes. »[25]  Kissling a même soutenu la nécessité d’enseigner la procédure  de l’avortement au grand public, et de transmettre cette connaissance de génération en génération : « Je voudrais voir un vaste mouvement de militantes d’avant-garde enseigner comment procéder à des extractions menstruelles et à des avortements par aspiration, des mères qui enseignent à leurs filles, des classes sub rosa dans les campus des centres pour femmes ... »[26]

          Malgré toute l’attention que CPLC consacre à l’avortement, l’organisation va bien au-delà de cette question dans sa condamnation de l’Église catholique.  « Ce que je fais ne concerne pas seulement la question de l’avortement, a déclaré Kissling, mais toute la structure de l’Église catholique ... Je ne suis pas d’accord avec la position de l’Église concernant la sexualité.  Je ne crois pas non plus qu’il soit raisonnable qu’une personne ayant choisi le célibat doive mener une vie de chasteté ... Je ne crois pas que Dieu se soucie beaucoup de notre activité sexuelle.  Je pense qu’il s’intéresse à la façon dont nous nous traitons les uns les autres. »[27]  « Ma vie sexuelle, dit-elle encore, a été façonnée bien plus par mes désirs sexuels, mes besoins et mes partenaires que par la religion. »[28]

          Ces déclarations sont loin d’être isolées. « Le domaine de l’éthique sexuelle », selon Conscience, « est un désert dans l’Église catholique.  Ceux qui enseignent l’éthique sexuelle peuvent soit parler de la vie réelle en offrant une réflexion critique morale utile, soit rester fidèles au magisterium (autorité doctrinale officielle de l’Église catholique représentée par le pape et les évêques).  Il est impossible de faire les deux.  Pour dire les choses carrément, on peut être soit chrétien, soit fidèle au magistère. »[29]  CPLC fait régulièrement de telles déclarations dans sa publication officielle - notamment que ceux qui veulent être véritablement chrétiens ne peuvent pas suivre l’enseignement de l’Église.

          En fait, CPLC est le porte-parole des aspects les plus radicaux de la révolution sexuelle. Ainsi, Christine E. Gudorf, collaboratrice à Conscience et professeur de théologie à Xavier University, s’interroge : « Pourquoi le plaisir sexuel devrait-il avoir une justification au-delà de lui-même ? ... Il n’en a pas ... La bonne sexualité - celle qui donne le plus de plaisir possible à tous les niveaux possibles - opère comme un canal de grâce. »[30]

          Une autre collaboratrice écrit qu’elle avait été agréablement surprise « en lisant ces commentaires d’une théologienne catholique romaine [Gudorf] il y a quelque temps ... l’approbation s’étendait tout autant aux activités homosexuelles qu’aux hétérosexuelles, et - si un engagement comme le mariage peut bien ajouter aux plaisirs sexuels - la masturbation et le sexe entre célibataires en faisaient aussi partie.  ‘Un contrat de mariage ne confère pas au sexe de nouveaux pouvoirs.  Le sexe est en lui-même un pouvoir sacramentel.  Je soumets que le plaisir sexuel est bon en lui-même’ ».  Ces théologiens, a poursuivi l’auteur, « ne rejettent pas l’idée de normes éthiques dans la sexualité.  Tout au contraire : en combattant la honte injustifiée et les hypothèses d’esprits étroits, et en promouvant une appréciation adulte et honnête de la sexualité, ils encouragent une bonne éthique sexuelle. »[31]

 

 

FINANCEMENT

 

          Les porte-parole de CPLC se vantaient depuis des années que leur groupe comptait 5.000 membres. Les feuilles de déclaration de revenus de l’organisation révélaient cependant une toute autre histoire, car une fraction négligeable des revenus de CPLC provenait en fait des cotisations, et 97% de son financement était assuré par des fondations privées et des groupes exonérés d’impôts.[32]  Pressée de questions, Kissling a finalement admis : « Nous ne sommes pas une organisation mutualiste. »[33]  Comme le disait un des commentateurs, « Il s’est trouvé que la voix de la dissidence n’était pas un mouvement de masse, mais une porte-parole avec un fax ».[34] 

          Un récent article paru dans Philanthropy, un magazine qui fait la chronique des dons de charité, a également examiné avec soin la question.  Après enquête sur les grandes fondations qui accordent des subventions à CPLC, l’auteur Frances Butler découvrait que l’organisation de Kissling « n’avait pas un seul grand partisan dont le programme soit principalement la philanthropie catholique ».  C’est un euphémisme : le financement de CPLC provient en majeure partie de sources séculières et même antireligieuses qui voient dans l’organisation de Kissling un moyen pratique de saper l’enseignement de l’Église.

          La Sunnen Foundation est une des principales sources de financement de CPLC et lui accorde plus d’un million de dollars chaque année.  Sunnen Products est un des pionniers de l’industrie de la contraception et produit la mousse contraceptive Emko.  Cette compagnie considère naturellement l’Église catholique comme une ennemie philosophique et un obstacle à ses marges de profit.  Sunnen a proposé que soit retirée à l’Église catholique son exonération fiscale comme religion.  Qui plus est, le directeur de Sunnen, qualifiant l’enseignement de l’Église de « nuisible pour le monde », a même suggéré d’obliger l’Église à abandonner cet enseignement, tout comme les Mormons ont dû se débarrasser de la polygamie.[35]  Sunnen a également aidé à payer pour le litige qui a conduit à Roe v. Wade.

          Un autre donateur important (fournissant des centaines de milliers de dollars) est la George Gund Foundation, une organisation ayant son siège à Cleveland et dont la philanthropie, depuis des années, se manifeste en faveur des groupes favorables à l’avortement et au contrôle démographique.  On peut dire la même chose de l’Educational Foundation of America à Wesport, Connecticut. La Packard Foundation de Los Altos, Californie, un autre donateur clef, a fourni des millions de dollars aux organisations qui promeuvent l’avortement, la stérilisation et le contrôle démographique.  Une étude exhaustive des sources de financement de CPLC a été faite il y a des années qui documentait la nature expressément anticatholique des donateurs.[36]  Ceux-ci profitent directement des industries de l’avortement et de la contraception, ou ils en partagent les idées.

          CPLC, qui se présente comme le champion de la dignité des femmes, a accepté par deux fois des subventions de la Playboy Foundation de Hugh Hefner.  (Kissling a cependant affirmé qu’elle n’accepterait pas d’argent de Larry Flint et du magazine Hustler, ajoutant qu’il y avait « des limites au bon goût ».[37]

          Examinant l’ensemble des fondations qui financent CPLC depuis des années, Philanthropy conclut : « On cherche en vain dans les programmes de ces organisations les preuves d’un soutien substantiel aux écoles catholiques, aux religieuses retraitées, aux missions catholiques, à l’œuvre des vocations religieuses ou au ministère paroissial - ces domaines qui forment l’essentiel de la philanthropie catholique aujourd’hui. »  Une chose est particulièrement révélatrice : pas une seule de ces énormes subventions ne provient d’un donateur catholique.

 

 

LES FIGURES CLEF DE CPLC : UN EXAMEN PLUS ATTENTIF

 

          Il est permis de penser que la meilleure alliée de CPLC est la théologienne radicale Rosemary Radford Ruether, professeur au Garrett Theological Seminary d’Evanston, Illinois, et membre depuis des années des conseils d’administration de CPLC.  En plus de ses écrits pour CPLC, dont la monographie Women and Roman Catholic Christianity, de nombreuses communications au cours de conférences et de ses articles pour Conscience, Ruether est l’auteur d’un grand nombre de livres, notamment Sexism and God-Talk: Toward a Feminist Theology (1983, 1993) et Gaia and God: An Ecofeminist Theology of Earth Healing (1992).  Son nom apparaît également dans une des annonces d’un journal de  CPLC appelant l’Église à revenir sur son opposition à la contraception artificielle.

          Vue dans son ensemble, l’œuvre de Ruether est un rejet général et complet du catholicisme. « Le cœur de ma compréhension de l’inspiration et de l’autorité religieuse, dit-elle, est que Dieu n’a pas parlé une fois pour toutes à un groupe privilégié d’hommes dans une partie du monde, nous rendant depuis lors à jamais dépendants de la codification de leur expérience ... Une lecture féministe de la Bible peut distinguer une norme dans la foi biblique par laquelle les textes bibliques eux-mêmes peuvent être critiqués.  Les textes bibliques sont considérés comme faisant autorité dans la mesure où ils reflètent ce principe normatif.  À partir de cette base, de nombreux aspects de la Bible doivent être franchement mis de côté ou rejetés ... »[38]  Ainsi, le texte biblique ne doit pas être accepté dans son intégrité originelle, mais rendu conforme à une idéologie externe - le féminisme moderne - qui lui est totalement étrangère.  Telle est la conception que se fait Ruether de l’exégèse.

          Ruether rejette pratiquement toute la partie dogmatique de l’enseignement de l’Église. Elle ne croit pas à la transsubstantiation du pain et du vin en le Corps et le Sang du Christ à la Messe, et elle rejette toute la théologie catholique du sacerdoce.  Elle rejette même la croyance fondamentale de l’Église concernant l’immortalité de l’âme individuelle - le fondement sur lequel repose toute forme de christianisme.  « En fait, écrit-elle, notre existence cesse en tant qu’ego/organisme individualisé et se dissout de nouveau dans la matrice cosmique de la matière/énergie, d’où naissent de nouveaux centres d’individuation.  C’est cette matrice, plutôt que notre centre d’être individualisé, qui est ‘éternelle’. »[39]

          Tout comme Ruether rejette ou redéfinit toute pensée ou terminologie catholique, elle souhaite également modifier notre compréhension de la rédemption.  Comme il n’existe pas d’âme individuelle, la rédemption ne peut pas avoir le sens classique qu’elle a toujours eu dans l’Église catholique comme dans les Églises réformées.  « La rédemption ne se réalise pas essentiellement, affirme-t-elle, dans une évasion hors du corps et du monde fini vers un autre monde, mais par la création et l’encouragement de relations personnelles et sociales de justice et de paix entre les êtres humains ici et maintenant.  Voilà le vrai message du Christ et des Évangiles.  Les Églises ont trahi le Christ en prêchant une théologie de silence et de subordination de la femme ... Le féminisme considère le patriarcat comme un système de domination à plusieurs niveaux, centré sur le contrôle des femmes par les hommes, mais incluant aussi la classe sociale, la race et les hiérarchies générationnelles, le cléricalisme, la guerre, et la domination de la nature ... »[40]

          Les révisions de Ruether vont même bien plus loin que cela.  Selon elle, « Les théologiennes féministes rejettent l’idée classique d’une âme humaine radicalement déchue, séparée de Dieu, incapable de se réconcilier avec Dieu et ayant besoin d’un médiateur extérieur ».  Ce que Ruether et ses collègues féministes rejettent est par conséquent le christianisme lui-même.  Le souci de l’Église catholique de réconcilier les âmes avec Dieu est assez évident dans ses sacrements, son rituel et sa théologie, et la tradition issue de la Réforme n’est pas différente : Martin Luther était profondément préoccupé par l’état de son âme et la question de la justification. C’est un élément fondamental de tout christianisme.  Mais selon Ruether, tout cela doit être écarté.  « L’humain se définit plutôt par son identité première comme image de Dieu ... Le rôle de Jésus devient tout à fait différent dans la théologie féministe ... Aucune personne ne peut devenir l’humain collectif dont les actions accomplissent un salut appliqué ensuite passivement à tout le monde.  L’histoire de Jésus peut servir de modèle à ce que nous devons faire pour nous-mêmes et entre nous ... Le christianisme féministe est le véritable évangile de Jésus ... Ce démantèlement de la structure du christianisme patriarcal et la reconstruction d’une interprétation radicalement différente des pierres de touche de la théologie chrétienne (Dieu, l’humanité mâle et femelle, le péché et la chute, le Christ et la rédemption) soulèvent la question du rapport de la théologie féministe avec l’Écriture et la tradition ... »[41]  Ruether définit ici sa mission en termes clairs : le « démantèlement » du christianisme tel qu’il existe depuis sa fondation et l’imposition d’une « compréhension radicalement différente » de tous ses principaux dogmes.

          Et elle ajoute : « Avec la théologie féministe chrétienne, les symboles chrétiens deviennent une ressource parmi d’autres, avec le chamanisme et le bouddhisme ... La solidarité et le syncrétisme multireligieux ne sont pas seulement permis, ils sont requis. »[42]  Jamais, à aucune époque, l’Église n’a fait autre chose que condamner le syncrétisme ou l’amalgame des caractéristiques des diverses religions. En fait, si l’Église avait accepté une telle chose, l’empire romain ne l’aurait jamais persécutée. Le syncrétisme, cette attitude que Ruether considère comme « requise », était tout ce que les Romains demandaient des catholiques.  L’Église aurait connu la paix si elle avait accepté de placer son Dieu parmi tous les autres.  Des chrétiens sont allés en foule vers leur mort plutôt que d’accepter une telle chose.

          Au cours d’une interview accordée à U.S. Catholic en 1985, Ruether a admis sa croyance au polythéisme et à un grand nombre de déesses : « Je pouvais difficilement lui dire [une religieuse] que ma dévotion à Marie était quelque peu inférieure à ma dévotion envers des femmes bien plus puissantes que je connaissais : Isis, Athéna, et Artémis. »[43]  Elle est en faveur de l’ordination des femmes à la prêtrise, même si le Pape a déclaré que l’affaire était close.  Pour Ruether, l’ordination des femmes représenterait un premier pas essentiel dans la mise en œuvre de changements radicaux en théologie - rejet du monothéisme, rejet de l’idée de péché et du besoin de rédemption, rejet de l’idée centrale du Christ comme sacrifice pour l’humanité.  Elle suppose que les femmes prêtres amèneraient avec elle dans l’Église cette théologie polythéiste féministe.  Ruether note que « la plupart des femmes ne peuvent pas et ne veulent pas recevoir la prêtrise telle qu’elle est définie actuellement ».[44]  Pour elle, l’ordination des femmes ne mettrait pas simplement fin à une vieille injustice, elle constituerait aussi le début de changements beaucoup plus profonds - une révolution dans ce à quoi l’Église croit actuellement.

          Cette théologie, spécialement la croyance en une déesse de la terre nommée Gaïa, se rattache à une vision radicale de la politique sociale et démographique.  La difficulté ici n’est pas tant la répétition des mythes de la « surpopulation » depuis longtemps démystifiés, mais la solution proposée pour rectifier l’équilibre démographique.  Ruether estime qu’il faut réduire de façon draconienne la population mondiale.  Elle affirme que « l’épanouissement de la vie humaine et de la culture sont compatibles avec une diminution substantielle de la population dans le monde.  La bonne santé de la vie non humaine exige cette diminution. »  Elle a déclaré en 1998 aux participants d’une conférence que « nous devons chercher le moyen le plus compatissant d’éliminer des gens ».  Ce n’est pas être pro-vie, a-t-elle dit, que « de permettre une fertilité sans restriction ».  « Un bon jardinier désherbe et éclaircit ses semis afin d’accorder aux plantes suffisamment d’espace pour pousser convenablement ...  Le mouvement pro-vie actuel est réellement en train de tuer des gens par la maladie et la pauvreté ».  Elle recommande à sa place la culture d’une « spiritualité de recyclage », une « spiritualité nous incluant nous-mêmes dans le renouvellement de la terre et de soi.  Nous avons besoin de nous composter. »[45]  La même année, au cours d’un congrès Call to Action, Ruether a été plus explicite : « Nous devons revenir au niveau démographique de 1930 », a-t-elle déclaré.[46]  En 1930, la population mondiale comptait 2,07 milliards d’habitants.  Si Ruether ne se livre pas à une exagération irresponsable, c’est qu’elle demande la mort de quatre milliards de personnes actuellement en vie.

          Un autre personnage associé à CPLC, qui a écrit pour Conscience et que Ruether cite avec approbation, est Anthony Padovano, prêtre laïcisé qui a abandonné la prêtrise pour se marier il y a une génération.  Il a fondé en 1974 le Core of Retired Priests United for Service (CORPUS), une organisation dont l’objectif est manifestement la promotion du mariage des prêtres.  CORPUS est cependant composé principalement d’anciens prêtres qui, comme Padovano, ont été laïcisés pour contracter un mariage et qui maintenant, toujours comme Padovano, veulent être rétablis dans leurs fonctions (Padovano est cependant en apparente violation de son état laïc et s’annonce sur Internet comme « rent-a-priest » disponible pour baptiser, marier et offrir des « célébrations eucharistiques »).[47]  Kissling manifeste son intérêt pour la suggestion plutôt nouvelle de Padovano selon qui le Christ a peut-être été marié.

          Tout comme Ruether, pour qui l’ordination des femmes n’est pas une exigence unique mais le début d’une réorientation radicale de la théologie catholique, Padovano manifeste clairement qu’il serait loin d’être satisfait si sa principale demande était accordée. « Si les prêtres non canoniques étaient réintégrés et que rien d’autre ne changeait, dit-il un jour, pourquoi retournerais-je si je devais garder le silence sur toutes les autres réformes ? »  Il concluait que « ce genre de ministère tronqué serait insupportablement oppressif », en ajoutant que parmi les membres de CORPUS, il y avait « unanimité virtuelle » sur ce point.[48]  On ne s’étonnera donc pas que le deuxième discours-programme du congrès CORPUS de 1998 ait été prononcé par - Rosemary Radford Ruether. 

          On trouve ensuite un autre membre du conseil d’administration de CPLC, John Giles Millhaven, ex-jésuite et professeur émérite d’études religieuses à Brown University.  L’érudit Samuel Gregg s’étonne à juste titre de « cette curieuse idée avancée par John Giles Millhaven selon laquelle les ‘peuples modernes’, en vertu de leur ‘modernité d’esprit’, jouissent d’une sorte de dispense permanente de Dieu pour poursuivre ce qu’ils ‘sentent’ être le plus grand bien ou le moindre mal. »[49]  Millhaven embrasse expressément le relativisme moral implicite dans la plupart des positions adoptées par CPLC.

          Le conseil d’administration de CPLC comprenait aussi Mary Hunt et Diann Neu, habituées des événements CPLC et co-fondatrices de WATER (Women’s Alliance for Theology, Ethics and Ritual), un des piliers de Women Church Convergence, un  groupe féministe radical qui en chapeaute plusieurs autres. WATER publie le bulletin WATERwheel[50] ;  parmi les « chants, prières, psalmodies, lectures » énumérés dans l’index de WATERwheel, on trouve « Women river flowing on », « Everything is a human being », et « Marvelous menstruation moments ».

          Hunt a fait une description de son optique sur les questions sexuelles et l’Église dans Conscience en 1993 : « Je témoigne ... à titre de lesbienne féministe et théologienne catholique, une femme parfaitement préparée chez les jésuites pour la prêtrise ... Être lesbienne féministe, c’est aimer toutes les femmes ... L’affirmation de mon identité sexuelle, il y a une dizaine d’années, a été pour moi une expérience excitante et positive, même si l’église institutionnelle ne m’a jamais félicitée pour ma perspicacité ... On ne nous avait jamais parlé de ce moyen infaillible de contrôle naturel des naissances ! [le lesbianisme] ... Ayant appris au début des années soixante-dix qu’une bonne partie de ce que l’église institutionnelle et hiérarchique enseigne au sujet des femmes est dépourvu de moralité, je ne peux pas dire que j’aie jamais beaucoup ajouté foi à la position de l’église.  Au contraire, parce que la position de l’église sur le contrôle des naissances, l’avortement et la stérilisation, sans parler des relations sexuelles en dehors du mariage et la masturbation, étaient si éloignées de la réalité, ma découverte de l’interdiction de l’église sur la sexualité lesbienne n’a fait qu’augmenter en moi le sentiment qu’il était probablement important pour les femmes d’affirmer la lesbienne en chacune de nous. »[51]

          Hunt a recommandé de « remplacer famille par une métaphore : amitié », une idée qu’elle illustrait de la façon suivante : « Imaginez l’activité sexuelle entre amis comme la norme, les jeunes gens apprenant à devenir amis au lieu de se donner des rendez-vous.  Imaginez l’appréciation de l’interaction génitale selon qu’elle favorise l’amitié et le plaisir ... Le plaisir est un droit acquis à la naissance et qui nous a été enlevé par le patriarcat religieux.  Le temps est venu de le revendiquer à nouveau avec nos amis ... Une sexualité relationnelle responsable fait partie des droits de l’homme. Je m’imagine des amis, non des familles, baignant dans le plaisir que nous méritons parce que nos corps sont saints et que notre sexualité fait partie des richesses offertes par la création. »[52]

          Hunt et Neu vivent ensemble « dans ce que l’on croit être une relation lesbienne ».[53]  Hunt a déclaré elle-même récemment : « Bien sûr que mes voisins ont remarqué que nous sommes toutes deux des femmes ... chaque foyer devrait avoir autant d’amour que celui qui existe entre Mary et Diann ... amour et lesbianisme vont de pair comme amour et justice, cœurs et fleurs. »[54]

          Neu, qui s’intitule « liturgiste », a composé un grand nombre de « liturgies » féministes dont aucune n’offre la plus petite ressemblance avec la liturgie traditionnelle chrétienne, et encore moins catholique.  «  L’esprit nous parle et à travers nous comme Femmes Église », nous explique-t-elle dans une introduction à une série de liturgies de Carême.  « Que sa sagesse nous parle alors que nous nous rassemblons en son nom. »[55]  Elle explique que les lectures et la musique « doivent être écrits en langage inclusif, c’est-à-dire qu’ils doivent être exempts de mots sexistes, ‘classistes’ et racistes pour les gens comme pour Dieu/Déesse ».  On ne s’étonnera pas que le mot « hommes » soit interdit pour décrire toute l’humanité, ni que le ‘classiste’  Lord  soit considéré offensant et qu’il faut s’en débarrasser pour le remplacer par Sovereign One.  De la même manière, « noirceur » a une connotation raciste et il faut lui préférer « ombre ».[56] Et ainsi de suite.

          On peut avoir un avant-goût de la liturgie de Neu dans sa célébration du Jeudi saint qui inclut une litanie par Mary Hunt, laquelle déplore entre autres choses « que les femmes soient harcelées par le Vatican, les Nicaraguayens par la CIA... »[57]  Au cours de la vigile pascale, on proclame : « À titre de Femmes Église nous demandons un nouveau baptême - un baptême dans une église qui se reconnaît coupable de sexisme, d’hétérosexisme, de racisme, de classisme... »[58]

          Hunt et Neu vont bien au-delà du regret que l’avortement soit une tragédie pour tous ceux qui y participent ;  elles veulent au contraire investir l’avortement d’une dimension sacrée et religieuse. « Le droit de choisir pour les femmes est ce que moi, catholique, j’ose appeler un droit sacramentel », dit Hunt. « Le choix reproductif est un devoir sacré et les femmes sont tout à fait en mesure de l’assumer. Donner à cela une expression publique, ‘louer nos choix’ comme l’a dit la poétesse Mary Piercy, voilà une chose qu’une société juste célébrera comme un sacramental. »[59]  Au cours d’un congrès de CPLC à Albuquerque, en 1998, Diann Neu a donné à l’avortement une dimension liturgique : « Je voudrais proposer une façon de renforcer et d’affirmer le choix moral par une attention à la liturgie et au rituel concernant la reproduction ...  Je veux que nous considérions le choix comme une option sainte et morale, qui non seulement nous guérit mais souligne la révérence que nous avons pour la vie, à commencer par la nôtre... »  Elle a poursuivi en décrivant ce que pourrait être une telle cérémonie :

 

Sue a pris la décision déchirante et difficile d’avoir un avortement.  Après l’opération, elle demande au médecin de lui donner les restes afin qu’elle puisse en disposer de manière attentionnée.  Comme vous pouvez le voir, Sue respecte l’intégrité de son corps et possède un sens profond de son propre corps.  Chez elle, Sue réunit ses amis ainsi que son partenaire pour une cérémonie de deuil.  Ils forment un cercle en se tenant mutuellement pendant qu’ils chantent. Ses amis expriment leur tristesse et confortent Sue dans son choix.  Ils prient : « Béni sois-tu, Dieu saint, mère et père, qui nous a donné le pouvoir de choisir.  Nous sommes peinés que les circonstances de la vie de Sue et de Tom soient telles que le choix de mener cette grossesse à son terme ne soit pas porteur de vie pour toutes les personnes concernées.  Un tel choix n’est jamais simple ;  il est rempli de peine et de souffrance, de colère et de questions. Notre chère sœur a fait un choix difficile.  Nous la confortons et la soutenons dans son choix.  Nous lui promettons de rester auprès d’elle dans la vie qui continue. Béni sois-tu, Dieu Saint, pour ta présence auprès d’elle. »  Sue parle ensuite du choix qu’elle a fait d’avoir un avortement et de sa raison de faire ce choix.  Elle creuse ensuite avec son partenaire Tom un trou dans la terre où elle dépose le produit de l’avortement et elle prie,  « O Terre Mère, nous déposons cet esprit pour qu’il repose en ton sein. »[60]

 

          Cette macabre et troublante description n’est qu’un exemple des tentatives de CPLC pour prêter un caractère liturgique à l’avortement.  Une brochure non datée de CPLC intitulée « Vous n’êtes pas seule » comprenait une liturgie spéciale pour les femmes ayant décidé d’avorter.  En voici quelques échantillons :

 

1)      Faites jouer une musique de fond apaisante.

2)      « Allumez un cierge, absorbez son pouvoir, et priez. »

3)      Imaginez-vous dans dix ans (a) avec un enfant et (b) sans enfant.  Parlez de vos sentiments avec une assistante.

4)      Chantez un chant intitulé, « J’ai trouvé dieu en moi ».

5)      Décidez d’avoir un avortement.

6)      La « célébrante », l’assistante ou les assistantes, prient comme suit : « Loué sois-tu, Dieu Mère et Père, pour avoir donné à ton peuple le pouvoir de choisir.  Nous sommes peinées que les circonstances de la vie de (nom de la femme qui va avorter) soient telles qu’elle n’ait pas d’autre choix que de mettre un terme à sa grossesse.  Nous la soutenons et la confirmons dans sa décision. »

7)      Les « célébrantes » peuvent exprimer leur « tristesse » en « répandant des pétales de fleurs ou en distribuant des fleurs séchées ».

8)      Faites-vous « plaisir » à vous-même.

 

          Ce que tout cela révèle, c’est que CPLC n’est manifestement pas uniquement une organisation voulant changer un ou deux enseignements fondamentaux de l’Église. Cette organisation est au premier rang d’un mouvement marginal sans aucun rapport avec le catholicisme, et dont la haine palpable pour l’Église est réunie dans une action massive pour transformer et rendre méconnaissable cette institution « patriarcale » et « oppressive ».  Kissling est elle-même une ardente sympathisante du mouvement « Women Church » décrit plus haut ; elle invite ses représentantes à donner des  conférences à ses congrès et se félicite également de l’affiliation de CPLC avec Women Church Convergence sur le site Internet de CPLC.  « Dans Women Church, nous dit Kissling, nous nous rassemblons pour célébrer nos vies, pour étudier et travailler en vue d’un changement dans l’église institutionnelle. »[61]  Ce n’est pas un hasard si aucune de ces organisations ne se réclame d’un saint patron et ne fait aucune référence à un saint quelconque, étant donné qu’il serait difficile, pour dire le moins, de trouver un seul saint dans toute l’histoire de l’Église que l’on pourrait citer à l’appui de ce mouvement.

 

 

MALHONNÊTETÉ

 

           Un des problèmes permanents de la Gauche au cours de la dernière génération, dans un très grand nombre de cas, a été l’exagération et même la fabrication pure et simple des données.  C’est ainsi que Gloria Steinem affirmait que les canons de beauté oppressifs de la culture américaine étaient chaque année responsables de la mort de 150.000 femmes victimes de troubles de l’alimentation appelés anorexies nerveuses, alors que les chiffres réels tournent autour d’une centaine (pas 100.000, mais 100).  Ce chiffre de 150.000 a néanmoins été reproduit par les réseaux d’information et même dans les manuels.  De la même manière, l’annonce que la violence domestique augmenterait de 40% le jour du Super Bowl n’a aucun fondement réel.[62]  Le chiffre de trois millions de sans-abri aux États-Unis repose exclusivement sur une déclaration du défunt défenseur des sans-abri, Mitch Snyder, qui a admis avoir fabriqué ce chiffre pour attirer l’attention.  Le nombre exact, d’après une étude du gouvernement, est environ dix fois moindre. On pourrait citer de nombreux autres exemples.[63]

          On ne sera sans doute pas surpris que CPLC utilise également des statistiques falsifiées pour faire valoir sa cause.  Kissling prétend ainsi dans une publication officielle de CPLC que « nous savons fort bien que 70.000 femmes au moins meurent chaque année des suites d’avortements clandestins ».[64]  Le chiffre exact est d’environ 2.000.[65]  C’est 35 fois moins.  Conscience fait également mention de l’époque où l’avortement était illégal aux États-Unis.  Dans le numéro Hiver 1997-1998, Alexander Sanger, président de Planned Parenthood de New York City, affirme que « dans les années trente, malgré la criminalisation de l’avortement, on estime que les femmes avaient plus d’un million d’avortements par année.  Environ 3 pour cent d’entre elles en mouraient - ce qui fait 30.000 chaque année.[66]  Ce chiffre, énoncé sans aucune note de bas de page ou référence quelconque, est plusieurs fois supérieur aux 5.000 ou 10.000 habituellement répétés par le mouvement pro-avortement au cours des dernières décennies, et le Dr Bernard Nathanson, ancien avorteur, les a souvent dénoncés comme une fabrication que rien ne venait justifier.  « De combien de morts parlions-nous lorsque l’avortement était illégal ? » écrit-il dans son livre Aborting America.  « Dans NARAL [National Abortion Rights Action League], nous insistions généralement sur les cas individuels, non sur les statistiques globales, mais quand nous y faisions allusion, c’était toujours entre ‘5.000 à 10.000 décès par année’. J’avoue que je savais que ces chiffres étaient totalement faux, et je suppose que les autres le savaient aussi s’ils s’arrêtaient à y penser.  Mais dans la ‘morale’ de notre révolution, c’était un chiffre utile et largement accepté, alors pourquoi se donner la peine de le corriger par des statistiques exactes ?   Notre principale préoccupation était l’abrogation des lois et tout ce qui pouvait être fait, dans les limites du raisonnable, était acceptable. »[67]  L’auteur pro-avortement Marian Faux admettait la négligence du mouvement concernant les faits : « L’image de 10.000 femmes mutilées ou tuées chaque année à cause d’avortements illégaux était un outil de propagande si efficace que l’on pouvait pardonner au mouvement [pro-avortement] sa négligence dans la vérification des faits. »[68]  CPLC continue de répéter ces chiffres exagérés pour promouvoir sa cause.

          Le United States Bureau of Vital Statistics et le Center for Disease Control rapportent que la dernière fois où même un millier de femmes sont mortes des suites d’avortements illégaux en une année remonte à 1942, avant l’apparition de la pénicilline.[69]  La décennie qui précédait Roe v. Wade a connu entre 90 et 150 morts de cette nature par année.[70]

          Un autre collaborateur de Conscience affirme que « quarante mille enfants meurent chaque jour de faim et de causes reliées à la faim ».[71]  D’après la Banque mondiale, un total de 1.650 personnes meurent chaque jour de faim et de causes reliées à la faim, ce qui signifie que CPLC exagère par un facteur de 2.400 pour cent.[72]

          La fausseté la plus énorme est peut-être ce mensonge pur et simple trouvé dans un bulletin de CPLC : « Il se pratique chaque année quatre millions d’avortements au Brésil ... Fait des plus révélateurs, dix pour cent, soit 400.000 de ces avortements entraînent la mort des femmes en raison de procédures déficientes. »[73]  Selon l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatistica (IBGE, ou Institut brésilien de géographie et de statistique), seulement 55.066 Brésiliennes âgées entre 14 et 50 ans sont mortes en 1980 de causes diverses.  Les chiffres de l’IBGE sont confirmés par les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé qui montrent que 41.685 Brésiliennes âgées entre 15 et 41 ans sont décédées en 1986, et que 241 d’entre elles sont mortes de complications par suite d’avortements légaux et illégaux.[74]  Il vaut la peine de répéter le chiffre avancé par CPLC : 400.000, et le chiffre réel : 241.  Pas 241.000, non, seulement 241.

          « Notre recherche et notre science doivent être impeccablement précises », a déclaré un jour Kissling dans Conscience.[75]

 

 

 

« CATHOLIQUES » POUR LE LIBRE CHOIX ?

 

          CPLC a fréquemment été condamné par les organes officiels de l’Église, que ce soit individuellement par des évêques ou par le corps de l’épiscopat américain dans son ensemble.  En 1993, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) déclarait : «  À cause de son opposition aux droits humains de certains des membres les plus désarmés de la race humaine, et parce que ses objectifs et ses activités contredisent délibérément des éléments essentiels de la foi catholique ... Catholiques pour le libre choix ne mérite ni reconnaissance ni soutien comme organisation catholique. » (Comité administratif, USCCB, 1993).  L’année dernière, le T. R. Joseph A. Fiorenza, président de l’USCCB et évêque de Galveston-Houston, a publié une déclaration qui commençait ainsi :

 

Depuis plusieurs années, un groupe qui s’intitule Catholiques pour le libre choix (CPLC) se déclare publiquement en faveur de l’avortement tout en prétendant exprimer une voix authentiquement catholique.  Cette prétention est fausse.  En fait, l’activité de ce groupe a pour objet le rejet et la distorsion de l’enseignement catholique concernant le respect et la protection dus à une vie humaine non encore née et sans défense.

          En de nombreuses occasions, la Conférence nationale des évêques catholiques (NCCB) a déclaré publiquement que CPLC n’est pas une organisation catholique, qu’elle ne parle pas au nom de l’Église catholique, et qu’elle prône en fait des positions contraires à l’enseignement de l’Église tel que proclamé par le Saint-Siège et la NCCB.

          CPLC est en fait un instrument du lobby de l’avortement aux États-Unis et dans le monde.  C’est un groupe de pression consacré à la promotion de l’avortement. Il est financé par un grand nombre de riches et puissantes fondations privées, américaines pour la plupart, afin de promouvoir l’avortement comme méthode de contrôle démographique. Cette position est contraire à la politique actuelle des Nations unies ainsi qu’aux lois et aux politiques de la plupart des nations du monde.  (Communiqué de presse de la Conférence catholique des États-Unis, 10 mai 2000).

 

          Au-delà de la reconnaissance ou de l’approbation ecclésiastique, toutes deux refusées à CPLC, se pose la question de savoir si son personnel, et Kissling en particulier, se compose en fait de catholiques pratiquants.   Joseph O’Rourke, l’ex-jésuite qui dirigeait l’organisation à ses débuts, a dit un jour : « Pendant des années, CPLC a simplement été gardé en vie parce que le mouvement pro-choix général voulait une voix catholique. »[76]  De son côté, Kissling a un jour déclaré : « Lorsque je dis que je suis revenue à l’Église, ça n’a jamais été sous les mêmes conditions qu’avant ... Je suis revenue vers l’Église comme agent d’un changement social ;  je suis revenue à une église-femme. » Les sacrements de l’Église ne sont pas un élément essentiel de cette vision. « Je ne parle pas de revenir à la messe du dimanche, à la confession et à toutes ces choses qui sont des souvenirs de jeunesse. »  Elle a dit à Marian Faux : « Je ne prie toujours pas. Je ne récite pas le rosaire.  Il n’y a pas de crucifix dans ma maison. »[77]

          Les écrits et les déclarations publics de Kissling ne révèlent rien de cette affection pour l’Église à laquelle on pourrait raisonnablement s’attendre de la part de quelqu’un qui se proclame catholique.  Elle décrit d’ailleurs son organisation comme « une des menaces les plus réelles pour l’Église catholique aujourd’hui ».[78]  Et ailleurs : « Dieu m’a mise sur terre pour faire la vie dure au pape. »[79] La dévotion à Marie, Mère de Dieu, est également une caractéristique habituelle des catholiques ;  or voici ce qu’en dit Kissling dans un de ses bulletins : « La Vierge Marie, spécialement de Guadalupe, prise comme modèle, a contribué à nous maintenir dans  notre asservissement ... Ainsi la religion, dans notre cas le catholicisme, a logiquement été vécue en grande partie comme un instrument d’oppression et parfois d’annihilation de nos potentialités comme femmes. »[80]

          Il est clair que les militants qui composent CPLC ne pratiquent pas de la même façon que les catholiques - ils ne croient pas aux doctrines et aux dogmes fondamentaux du catholicisme et ne vivent pas non plus de la vie des sacrements.  Il est également évident que leur action, la défense publique de l’avortement, a été condamnée par les évêques catholiques. Mais que dire de leur statut personnel comme catholiques ?  Frances Kissling, par exemple, se présente fréquemment comme « une catholique en règle ».  Est-ce exact ?

          Comme pour tant d’autres affirmations de CPLC, être « en règle » avec l’Église exigerait pour ces gens le rejet fondamental de ce à quoi l’Église a toujours cru.  Dans ce cas, CPLC soutient que l’appartenance à l’Église catholique est définie uniquement par les sentiments, les croyances et les conditions de chaque catholique individuellement.  C’est l’individu qui pose ses conditions à l’Église, la remanie à sa façon, tandis que l’Église ne peut rien exiger en retour.  C’est précisément l’idée que Kissling a mise de l’avant au cours d’un débat avec le Révérend Jerry Falwell sur C-Span :

 

          Rév. Falwell : Je suis désolé que vous, une catholique, ayez répudié l’enseignement de votre propre Église, qui est selon moi l’enseignement biblique.  Et je crois réellement que vous rendez un mauvais service à l’Église en prenant le titre de « Catholiques pour le libre choix ». Vous êtes peut-être un individu pour le libre choix mais vous n’êtes pas une catholique pour le libre choix. Parce que, franchement, l’Église catholique romaine est totalement opposée à ce que vous proposez ce soir.

          Kissling : Oui, sauf que le fait est, Rév. Falwell, que j’en sais probablement beaucoup plus que vous sur l’enseignement catholique, premièrement.  Et deuxièmement, l’Église catholique n’est pas un club.  On ne devient pas membre simplement en observant un certain nombre de règles et de règlements. L’Église catholique est une église de gens. [Ma foi] est un contrat et une alliance que j’ai avec Dieu personnellement.[81]

 

          Pour Kissling, le fait de prétendre être catholique fait de vous un catholique.  Kissling et CPLC semblent insister sur le fait que l’Église catholique devrait être la seule organisation au monde ne possédant aucune nature fondamentale, et dont les membres individuels sont seuls à décider ce qu’elle est et ce qu’elle représente.

          Cette position contredit évidemment l’enseignement catholique.  Catholic Encyclopedia explique pourquoi l’Église se réserve le droit de déterminer qui sont ses membres - et même pourquoi elle se réserve le droit de frapper certains de ses membres d’ostracisme par excommunication :

 

          Toute société a le droit d’exclure et de priver de leurs droits et avantages sociaux, de façon temporaire ou permanente, des membres jugés indignes ou gravement coupables.  Ce droit est nécessaire à toute société pour qu’elle puisse être bien administrée et survivre.  De ce fait, la preuve fondamentale du droit d’excommunier pour l’Église est fondée sur son statut de société spirituelle dont les membres, gouvernés par une autorité légitime, recherchent la même fin par des moyens appropriés.  Les membres qui, par leur désobéissance obstinée, rejettent les moyens d’atteindre cette fin commune, méritent d’être retirés de cette société.  Cet argument rationnel est confirmé par les textes du Nouveau Testament, l’exemple des Apôtres et la pratique de l’église depuis les premiers temps jusqu’à l’époque actuelle.[82]

 

          L’arbitre final concernant l’appartenance à l’Église est donc l’Église, et non l’individu.

          Mais si l’Église catholique détient l’autorité pour exclure de ses rangs des gens comme Frances Kissling, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?  Pour autant qu’on le sache publiquement, l’Église n’a entrepris aucune action pour excommunier Frances Kissling ni aucun des membres de CPLC.  Elle est venue le plus près de prendre une telle action en 1996 lorsque l’évêque de Lincoln, le T. R. Fabian Bruskewitz a publié une déclaration législative nommant douze organisations - incluant CPLC - auxquelles l’appartenance était « toujours périlleuse pour la foi catholique et le plus souvent totalement incompatible avec la foi catholique ».  Mgr Bruskewitz a poursuivi en disant que « tout catholique appartenant au diocèse de Lincoln et qui devient ou reste membre des organisations ou groupes ci-dessus mentionnés après le 15 avril 1996, se place par le fait même (ipso facto sententiae) sous interdit et il lui est formellement interdit de recevoir la Sainte Communion ».

          Cette action était locale ;  l’autorité de Mgr Bruskewitz ne s’étend pas aux catholiques à l’extérieur de son diocèse. Mais elle soulève un point essentiel : l’Église catholique croit qu’il existe certaines actions qui, lorsqu’elles sont accomplies, entraînent automatiquement l’excommunication de la personne.  Elle porte le nom d’excommunication latae sententiae, excommunication « par le fait même de la commission du délit ».  Ce type d’excommunication n’exige pas l’intervention d’un juge ecclésiastique.  Et il semble bien que, par leurs actions, les membres de CPLC ont pris eux-mêmes le risque d’encourir l’excommunication latae sententiae.  Il n’est par conséquent pas possible que Frances Kissling et ses amis puissent rester des « catholiques en règle » - ils sont peut-être en fait des catholiques excommuniés - même si chaque autorité de l’Église garde le silence à leur sujet. 

          Il semble y avoir trois motifs séparés pour l’excommunication latae sententiae des membres de CPLC. Le plus évident est celui de l’implication de CPLC dans l’avortement.  Non seulement les membres de CPLC prônent-ils l’avortement, mais ils y participent eux-mêmes.  Comme nous l’avons déjà vu, Frances Kissling a ouvert et dirigé à plusieurs reprises des cliniques d’avortement.  Selon le code 1398 du croit canon, « Qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latae sententiae ».  Ce jugement s’étendrait à ceux qui procurent un avortement ou y participent aussi bien qu’aux femmes qui subissent un avortement.  On ne saurait surestimer l’importance de ce point : l’Église considère l’avortement comme un meurtre puisqu’il enlève la vie à un être humain innocent.  D’après le Catéchisme de l’Église catholique :

 

La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l’être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie ... Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale ... [83]

 

          Ceux qui non seulement refusent de se repentir et de rechercher l’absolution pour leur complicité dans le meurtre, mais continuent aussi à participer au meurtre et encouragent d’autres meurtres, ne peuvent tout simplement pas être des catholiques en règle.

          Le second motif d’excommunication concerne l’hérésie.  « Un hérétique est celui qui rejette le dogme catholique ... qui, étant dans l’Église catholique, répudie obstinément une vérité de foi.  Il encourt l’excommunication si, en pleine connaissance, il formule extérieurement une position hérétique. »[84]  Bien que les évêques catholiques répugnent maintenant à utiliser le langage de l’hérésie, on ne saurait douter que les opinions publiées par un grand nombre de membres de CPLC sont hérétiques.  Comme nous l’avons montré, les membres de CPLC semblent rejeter tous les dogmes de l’Église ;  il est difficile de trouver un seul point de la pensée de l’Église que les écrits de CPLC approuvent.  Chose peut-être la plus sérieuse, les membres de CPLC rejettent le Trinité en embrassant l’existence de déesses.  Le polythéisme est clairement une idée hérétique pour l’Église catholique.  La culpabilité de cette hérésie est aggravée du fait que la mission de CPLC paraît être de répandre ces pensées aussi largement que possible, de persuader le plus de monde possible d’accepter ces erreurs doctrinales,[85]

          Le rejet de l’autorité spirituelle du pape constitue un autre motif d’excommunication.  Les catholiques qui « se dérobent ou se soustraient obstinément à l’autorité du Pontife romain régnant » sont appelés schismatiques et sont en danger d’excommunication. [86]  Il est évident que CPLC affirme continuellement que le pape n’a pas autorité pour parler au nom des catholiques : « Nous sommes là pour dire aux gens que l’image que vous avez de l’église de Rome ... dans laquelle tous les membres sont tenus de suivre l’opinion et l’enseignement d’un seul homme n’est pas l’image véritable de ce que signifie être catholique. »[87]  Un des objectifs premiers de CPLC est de miner l’autorité papale ;  les membres de CPLC se moquent du pape et le ridiculisent ; Frances Kissling est allée jusqu’à taxer le pape Jean-Paul II « d’autoritarisme »[88]

          Tout cela nous permet raisonnablement de conclure que, par leur action, les membres de CPLC ont compromis leur propre statut de catholiques.  Frances Kissling répète que « pas un représentant officiel de l’Église n’a jamais suggéré que je devais être excommuniée ou que je n’étais pas catholique » ;  elle ne mentionne jamais que l’Église reconnaît qu’il existe des crimes entraînant automatiquement l’excommunication sans la nécessité d’une déclaration officielle d’un représentant de l’Église.  Un catholique qui a commis ces actes - punissables d’excommunication latae sententiae - ne peut pas être considéré comme un catholique en règle.

          Faisons le point.  Kissling rejette l’idée même d’Église hiérarchique que des Pères de l’Église comme Ignace et Irénée ont considérée dès le deuxième siècle comme un élément fondamental de l’identité de l’Église et de sa mission.  Elle rejette le pouvoir du pape de lier les fidèles en matière de foi et de morale, rejetant ainsi l’enseignement du Premier concile du Vatican (1669-1770). Elle rejette manifestement la position de l’Église concernant l’avortement, qui est celle enseignée par le pape, les évêques, le Second concile du Vatican et une tradition ininterrompue de 2000 ans d’histoire de l’Église.  Elle conçoit l’Église comme « un mécanisme de changement social » et dénigre ainsi le besoin des sacrements, les sept rites par lesquels, selon l’enseignement de l’Église, la grâce de Dieu est communiquée à l’âme. Elle rejette la plupart des principaux domaines de la vie et de la pratique catholiques qui identifient habituellement une personne comme membre de l’Église.  Finalement, sur trois motifs au moins -  l’avortement, l’hérésie et le schisme - Kissling et les membres de CPLC encourent le risque d’excommunication.

          Un observateur résume ainsi CPLC : « Catholiques pour le libre choix répudie les croyances catholiques fondamentales, reçoit pratiquement tout son financement de sources non catholiques opposées à l’Église, ne bénéficie que d’un soutien marginal de la communauté catholique, et n’est pas dirigé par une catholique mais par une ex-catholique qui commet une imposture en vue d’un objectif anticatholique. CPLC est un groupe anticatholique financé par des adversaires de l’Église catholique comme l’industrie de la contraception, la Fondation Ford, l’Église unitarienne, Planned Parenthood et Playboy.  Son seul objectif est d’attaquer l’Église, de discréditer et de déformer l’enseignement de l’Église. »[89]

          À la lumière des faits présentés ici, il est difficile de ne pas être d’accord avec cette opinion.  L’étiquette « anticatholique » fait blêmir Kissling, mais aucun autre terme ne traduit plus exactement sa haine viscérale du catholicisme, de ses traditions et de ses porte-parole.  La question qui se pose naturellement est de savoir pourquoi des gens comme Kissling, Ruether et Padovano choisissent de conserver un attachement nominal à l’Église catholique plutôt que de la quitter tout simplement.  Ruether a déjà répondu à cette question avec une franchise inaccoutumée dans le magazine America.  Elle conseillait à ses alliés de la « révolution spirituelle », dont elle fait partie, de se rappeler que « si nous ne parvenons pas à insérer ce que nous faisons ... à l’intérieur des principaux véhicules institutionnels du ministère et de la communauté ... notre action n’aura pas d’impact durable ».  Les gauchistes radicaux devraient donc « rester dans l’Église et en utiliser toutes les parties sur lesquelles ils peuvent mettre la main », et de cette façon, « ils auront un impact bien plus grand, à la fois sur l’Église et sur le monde, qu’ils ne pourraient avoir s’ils s’en séparaient ».[90]  Ainsi, tout en rejetant ce qui pourrait même ressembler au catholicisme, il faut promouvoir le programme de Ruether et de CPLC dans son ensemble par une action parasitaire sur une institution déjà existante, l’Église.

          Bref, Catholiques pour le libre choix commet depuis des décennies une imposture flagrante et éhontée en se présentant comme organisation catholique avec la complicité de forces amies dans les médias. À la lumière des informations contenues dans ce document, il est temps pour les médias de renoncer à entendre cette voix « catholique » dissidente. Le New York Times ne prendrait pas au sérieux des groupes qui s’intituleraient « Communistes pour une économie de marché », ou « Journalistes pour la censure ».  Il est temps que les médias observent dans ce cas leurs propres normes journalistiques et cessent de citer un groupe qui se présente comme catholique en prêchant des choses antithétiques au catholicisme. Au-delà même de la question de l’avortement, il n’y a rien de catholique chez CPLC.  Ce groupe n’a que mépris pour la théologie catholique, le sacerdoce catholique, le rituel catholique, et l’enseignement moral catholique.  Ses membres dénigrent la vie sacramentelle de l’Église. De plus, en réponse à la dévastation opérée par la révolution sexuelle - sous forme de viol, de vulgarité, d’aliénation, d’avortement et d’exploitation des femmes - CPLC ne propose rien de plus réfléchi ou de plus créatif qu’une intensification de cette révolution.  Les membres de ses conseils d’administration ont prôné une forme militante de lesbianisme et une licence sexuelle qui auraient même choqué un grand nombre de révolutionnaires sexuels.  Seuls les esprits les plus obtus peuvent continuer à prêter foi à Catholiques pour le libre choix, une organisation qui, de façon flagrante, n’est manifestement pas ce qu’elle prétend être.

 

 

 

Thomas E. Woods Jr., Ph. D., est professeur d’histoire à Suffolk Community College (SUNY).  M. Woods est bachelier en histoire de l’Université Harvard et a obtenu son doctorat en histoire à l’Université Columbia. Il a publié dans un grand nombre de journaux et de périodiques comme Christian Science Monitor, Investor’s Business Daily, The Freeman, Ideas on Liberty, et Catholic Social Science Review.  Thomas Woods collabore à quatre encyclopédies, dont The Encyclopedia of the American Civil War et Encyclopedia of American Studies qui doit paraître prochainement.  Son volume annoté de The Political Writings of Rufus Choate sera publié l’année prochaine par Regnery.

 

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[1] Donna Steichen, « Ungodly Rage: The Hidden Face of Catholic Feminism » (San Francisco: Ignatius, 1991), pp. 320-24.

[2] « A Mouse that Roars: An Interview with CFFC President Frances Kissling », disponible à http://www.cath4choice.org/mouse.html

[3] Doyle, « Agent of Influence », p. 44.

[4] Kissing Takes Debate to London: Challenging the Vatican on Abortion, Conscience, Mai/Juin 1988, début de la couverture arrière.

[5] Doyle, « Agent of Influence », p. 44.

[6] Kissing Takes Debate to London.

[7] Richard Doerflinger, « Who Are Catholics for a Free Choice? » Supplément à la Catholic League Newsletter, n.d.; tiré à part de America, 16 novembre  1985; pas de pagination.

[8] Richard Doerflinger, « Who Are... »

[9] Patricia Wilson-Kastner and Beatrice Blair, « Biblical Views on Abortion: An Episcopal Perspective »,  Conscience, novembre/décembre 1985, pp. 4-8.

[10] Doyle, « Agent of Influence », p. 43; Doerflinger, « Who Are… »

[11] Steichen, « Ungodly Rage », p. 321.

[12] Marjorie Reiley Maguire and Daniel C. Maguire, « Abortion: A Guide to Making Ethical Decisions », Catholics for a Free Choice, septembre 1983.

[13] Cité dans Steichen, Ungodly Rage, p. 178.

[14] C’est l’avis de  Kissling, « Latin American Feminists Speak Out, Conscience », juillet/août 1989, pp. 21-23; Daniel C. Maguire, « Where There’s Doubt, There’s Freedom », Conscience, Printemps/Été 1993, p. 15; idem, « The Splendor of Control: A Commentary on Veritatis Splendor and the Elephant in the Living Room », Conscience, Hiver 1993-94, pp. 26-29; idem, « Catholic Options in the Abortion Debate: Probabilism in a Pluralistic Society », Conscience, Été 1996, pp. 19-23.

[15] Doerflinger, « Who Are… » 

[16] St. Jerome, Letter to Eustochium, 22.13.

[17] Basil the Great, « First Canonical Letter », in Three Canonical Letters, Loeb Classical Library, vol. III, pp. 2023.

[18] « Abortion and Catholic Thought: The Little-Known History », Conscience, Automne 1996, pp. 2-5.

[19] Sur l’Église et la conscience, cf. Catéchisme De l’Église catholique, nos. 1776-1802.

[20] Doyle, « Agent of Influence », p. 45.

[21] Irenaeus, « Against Heresies, », in The Faith of the Early Fathers, vol. 1, ed. William A. Jurgens (Collegeville, MN: Liturgical Press, 1970), p. 90 [3, 3, 2].

[22] Ibid, p. 96 [4, 26, 2].

[23] Ignace d’Antioche, « Letter to the Magnesians », in ibid., p. 20 [13, 1].

[24] Ignace d’Antioche, « Letter to the Trallians », in ibid., p. 21 [7, 2].

[25] Lynn M. Paltrow, « Religious Freedom and Family Life: Reflections on the Right to Choose », Conscience, Novembre/Décembre 1985, pp. 1, 3, 12.

[26] Cité in Brett Harvey, « The Morning After », Mother Jones, Mai 1989, pp. 28-31 et 43.

[27] Janet Wallach, « The Cardinal of Choice: Frances Kissling’s Crusade to Change the Church », The Washington Post Magazine, 24 août 1986.

[28] Cité in « Divine Ecstasy: Sin, Asceticism and Sexuality in the Catholic Tradition », Nerve.com’s interview of several commentators, March 30, 1999, available at http://www.nerve.com/Dispatches/voicebox/religion.

[29] Judith Paterson, « The Civil Rights Restoration Act and the Bishops, » in Civil Rights Held Hostage: The United States Catholic Conference and the Civil Rights Restoration Act, Catholics for a Free Choice, mars 1987, pp. 7-23.

[30] Maggie Hume, « Editor’s Note: The Joy of ... » Conscience, Hiver 1993-94, couverture intérieure.

[31] Ibid.

[32] Doerflinger, « Who Are… » 

[33] Doyle, « Agent of Influence », p. 41.

[34] Ibid.

[35] Ibid., p. 43.

[36] Human Life International, « Catholics for a Free Choice » Exposed: Dirty Ideas, Dirty Money.

[37] Doyle, « Agents of Influence », p. 41; « Playboy Funds Pro-Abortion Group », National Federation for Decency Journal, février 1985, p. 16.

[38] Cf. Rosemary Radford Ruether, Sexism and God-Talk (Boston: Beacon Press, 1993).

[39] Ibid.

[40] Rosemary Radford Ruether, « Created Second, Sinned First: Women, Redemption, and the Challenge of Christian Feminist Theology », Conscience, Printemps 1997, pp. 3-6.

[41] Ibid.

[42] Ibid.

[43] « Rosemary Radford Ruether Unmasked », HLI Reports, novembre 1994.

[44] Ibid.

[45] Michael S. Rose, « Feminist Theologian Urges Religious to Find a Way to ‘Weed Out People’ », The Wanderer, 11 juin 1998, p. 1.

[46] Ann Sheridan, « CTA Conference Presents the Reality of Unreality », The Wanderer, 12 novembre 1998, p. 1.

[47] Defenders of the Magisterium, « Anthony T. Padovano Sneaks into Town for Secret Gathering »,  à http://www.dotm.org/padovano-sneaks.htm, 9 février 2001.

[48] Anthony Padovano tel que cité à une Emory University conference, 28 juillet-1er août 1999; in National Catholic Reporter, 13 août 1999.

[49] Samuel Gregg, « Ordered Liberty: Faith, Truth, and Freedom », conférence au Centre for Independent Studies, NSW, Australie, 12 octobre 2000; cf. John Giles Milhaven, « Moral Absolutes in Thomas Aquinas », in Absolutes in Moral Theology, ed. C. Curran (New York: Cross Books, 1968), pp. 154-85.

[50] Steichen, Ungodly Rage, p. 108.

[51] Mary E. Hunt, « The Examined Life », Conscience, Printemps/Été 1993, pp. 50-52.

[52] Cité in HLI, CFFC Exposed, pp. 8-9.

[53] Ibid., p. 9.

[54] Mary E. Hunt, « Attending to Choices About Personal Life and Community Living », National Catholic Reporter, 2 septembre 1994, cité in HLI, CFFC Exposed, p. 9.

[55] Diann Neu, Women Church Celebrations: Feminist Liturgies for the Lenten Season (Silver Spring, MD: WATER, 1985), p. 2.

[56] Ibid., p. 3.

[57] Ibid., p. 26.

[58] Ibid., p. 48.

[59] Mary E. Hunt, « Abortion in a Just Society », Conscience, Juillet/Août 1988, pp. 9-12.

[60] Diann Neu, « Affirming Our Work, Creating Our Community », Conscience, Janvier/Février 1989, pp. 9-12.

[61] Frances Kissling, « Latin American Feminists Speak Out », Conscience, Juillet/Août 1989, pp. 21-23.

[62] Christina Hoff Sommers, Who Stole Feminism? How Women Have Betrayed Women (New York: Simon and Schuster, 1995).

[63] Myron Magnet, The Dream and the Nightmare: The Sixties’ Legacy to the Underclass (New York: Willima Morrow, 1993).

[64] Frances Kissling, « Abortion: Taking on the Hard Questions », Conscience, Automne 1999, pp. 2-12.

[65] Selon l’Allan Guttmacher Institute, les avortements illégaux sont vingt fois plus dangereux que les avortements légaux.  Le taux de mortalité mondial pour les avortements légaux est d’environ 0,6 pour 100.000 d’après le Guttmacher Institute.  Ainsi, le taux de mortalité pour les avortements illégaux devrait être de 12 pour 100.000 (20 * 0,6). Le Guttmacher Institute estime également qu’il y a chaque année entre 10 et 22 millions d’avortements illégaux dans le monde. En prenant le chiffre le plus élevé (22 millions) que nous multiplions par le taux de mortalité (12/100.000), nous arrivons à 2.640. Selon ces chiffres, 2.640 est le nombre maximum de femmes qui meurent chaque année des suites d’avortements illégaux. Les statistiques du Guttmacher Institute viennent toutes de Stanley K. Henshaw,  « Induced Abortion: A World Review » , Family Planning Perspectives, mars-avril 1990, pp. 76-89.

 

[66] Alexander Sanger, « Into the Next Millennium », Conscience, Hiver 1997-98, pp. 36-37.

[67] Bernard Nathanson, Aborting America (New York: Doubleday, 1979), p. 193.

[68] Marian Faux, Roe v. Wade: The Untold Story of the Landmark Supreme Court Decision that Made Abortion Legal (New York: Macmillan, 1990).

[69] Matthew J. Bulfin, M.D., « Deaths and Near Deaths with Legal Abortions », communication à l’American College of Obstetricians and Gynecologists Convention, Orlando, Florida, 28 octobre 1975.

[70] Ibid.

[71] Christine E. Gudorf, « To Make a Seamless Garment, Use a Single Piece of Cloth », Conscience, Automne 1996, pp. 10-21.

[72] Calculé d’après des données contenues dans « Investing in Health, », World Bank Development Report 1993, pp. 224-225.

[73] « Gazette », Conscience, mai/juin 1988, p. 18.

[74] 30 décembre 1991, lettre du Dr Geraldo Hideu Osanai, Président, Associacao Pro-Vida de Brasilia to Andrew M. Nibley and Thomas D. Thompson of the Reuters News Agency in New York City.

[75] Frances Kissling, « Responding to Religious Conservatism: Plenary Speech to the Nongovernmental Forum, Fourth World Conference on Women, Beijing, 1995 », Conscience, Hiver 1995-96, p. 7.

[76] Mary Meehan, « Foundation Power », Human Life Review, Fall 1984, pp. 42-60.

[77] Doyle, « Agent of Influence », p. 45.

[78] Ibid., p. 46.

[79] Frances Kissling, cité in Conscience, septembre/décembre 1987, p. 17.

[80] « Mexican Feminism: An Interview with Sylvia Marcos », Conscience, janvier/février 1991, pp. 16-17.

[81] Site Internet de  CFFC, www.cath4choice.org.

[82] The Catholic Encyclopedia, Volume V, 1909. 

[83] Catéchisme de l’Église catholique, Libereria Editrice Vaticana: Vatican City, 1994, paragraphes 2270-2271.

[84] The Catholic Encyclopedia, Volume V, 1909.

[85] Ibid.

[86] Ibid.

[87] Ibid.

[88] Site Internet de CFFC.

[89] Doyle, « Agent of Influence », p. 47.

[90] Rosemary Radford Ruether, « Crises and Challenges of Catholicism Today », America, 1er mars 1986, p. 152; cité in Steichen, Ungodly Rage, p. 78; see also « Rosemary Radford Ruether Unmasked ».