DOSSIER SUR L’HOMOSEXUALITÉ

 

La famille menacée par l'homosexualité

 

La famille est la première cellule de notre société. Sans la famille la société n'existe pas et l'État non plus. Mais la famille va mal parce qu'un enfant a besoin du papa et de la maman pour grandir en harmonie. Or les familles vivent séparées, sont recomposées. Les enfants sont écartelés entre un père et une mère qui ne s'aiment plus, se détestent ou s'ignorent. Familles sans repères. Familles sans père. Avec le PACS nous avons vu le retour en force de l'homosexualité, érigée en modèle de société. Ce qui n'a pas de sens... Car même si c'est à la mode, l'homosexualité ne saurait être considérée comme un état normal de la nature humaine. Je ne juge aucunement les personnes, Dieu seul connaît le coeur de l'homme, mais je ne peux objectivement accepter des situations comme l'homosexualité. L'enfant est dès lors livré à ce genre de modèle...

 

Mgr Jean-Pierre Cattenoz, évêque d'Avignon, dans une entrevue publiée dans France Catholique du 25 octobre 2002

 

Les droits des homosexuels

 

À l'occasion des journées de la « fierté gaie » qu'ils organisent, les divers groupes d'homosexuels et de lesbiennes entendent défendre leurs droits. Ils réclament une entière tolérance sociale de la forme particulière de sexualité qu'ils ont choisi d'exercer, avec les mêmes droits civils des couples hétérosexuels au mariage et à l'adoption des enfants.

 

Il n'y a pas de doute que les homosexuels ont des droits; en tant que personnes humaines, ils ont tous les droits directement attachés à la nature humaine et qu'il est convenu pour cela d'appeler droits naturels. Ces droits naturels sont sacrés et inviolables; leur reconnaissance inconditionnelle a pour but de garantir partout et toujours la dignité de la personne humaine. S'ils sont inviolables, les lois civiles ne peuvent et ne doivent pas les contredire. Elles doivent plutôt les expliciter ou les protéger. L'homosexualité, étant évidemment une anomalie en regard de la nature, ne peut revendiquer pour elle-même le statut d'un droit naturel, ni d'un droit civil. Un droit civil accordé à l'homosexualité serait une violation du droit naturel. S'il faut reconnaître le fait de l'existence d'un nombre important d'homosexuels dans la société, la nature ne donne quand même pas de droit à l'homosexualité, c'est-à-dire que la nature ne peut pas donner de droit à un comportement contre nature. Il est donc nécessaire de distinguer dans ce domaine le fait et le droit.

 

Le fait lui-même doit être considéré et compris en autant que possible dans tous ses aspects: physique, psychologique, sociologique et moral. En raison de la forte pression exercée par la publicité, il n'est pas facile d'avoir une conception vraie - celle qui correspond à la réalité - de l'homosexualité. Car il y a différents types d'homosexuels; tous ne sont pas homosexuels pour la même raison. On peut apercevoir la complexité du phénomène de l'homosexualité par la présentation sommaire mais très objective qu'en fait le Dictionnaire Larousse médical (éd. 1986, p.494). On y obtient la réponse d'une observation scientifique sérieuse à certaines questions courantes concernant l'homosexualité.

 

La nature de l'homosexualité

 

La première question est celle de la nature de l'homosexualité. Elle est une anomalie du comportement au plan de la sexualité. L'ordre naturel, établi par l'Auteur de la nature, est fondé sur la distinction et la complémentarité des sexes, en vue du mariage ordonné lui-même à la transmission de la vie. L'homosexualité est un comportement sexuel désordonné, étant lié à l'attrait pour l'individu du même sexe. Une personne peut ressentir cet attrait ou tendance, à différents degrés; elle peut en souffrir beaucoup sans se livrer nécessairement à un comportement sexuel désordonné, c'est-à-dire à l'homosexualité. Ce qui revient à dire que quelqu'un peut avoir une tendance homosexuelle, même profonde, sans être à proprement parler homosexuel.

 

On entend souvent dire que les homosexuels sont nés comme ça; ce serait leur nature d'être homosexuels. L'observation scientifique a noté que même « les hermaphrodismes vrais (glandulaires) et les pseudo-hermaphrodismes (tubulaires) ou autres anomalies congénitales des organes urogénitaux, ne s'accompagnent que très inconstamment de comportements homosexuels », de sorte qu'on ne peut affirmer qu'il existe un lien nécessaire entre des anomalies physiques se rapportant au sexe et le comportement homosexuel. Lorsqu'il existe chez les personnes affectées d'anomalies externes ou internes relatives à leur sexualité, le comportement homosexuel « est plus souvent provoqué par une réaction psychologique à la prise de conscience de leur anomalie qu'en relation biologique directe avec elle ». Les études qui ont été faites sur le sexe tant au niveau des chromosomes, des gonades, des hormones, et des glandes endocrines n'ont apporté aucune réponse probante quant à un déterminisme biologique du comportement homosexuel. Soutenir qu'une personne, même avec des anomalies sérieuses dans sa sexualité, est physiquement déterminée à un comportement homosexuel, ne repose sur aucune preuve réelle. L'homosexualité, c'est-à-dire le comportement homosexuel relève essentiellement de facteurs psychologiques et sociaux plutôt que de la constitution physique, bien que certaines anomalies peuvent y prédisposer mais non d'une façon déterminante.

 

L'homosexualité chez les adultes

 

Chez les adultes, il y a évidemment différents types d'homosexuels. Certains peuvent l'être occasionnellement, en raison de l’absence de partenaires de l'autre sexe. D'autres peuvent l'être, comme dans la Grèce antique, en raison de préoccupations sociales ou philosophiques. C'est ainsi que chez les « invertis », l'homosexualité est plus une esthétique platonique qu'un comportement génital. D'autre part, on peut se trouver en présence de comportements homosexuels d'origine névrotique ou perverse. De même, des processus psychotiques ou démentiels peuvent s'accompagner d'homosexualité. Quel que soit le genre d'homosexualité observé chez les adultes, dans tous les cas apparaît clairement une grave anomalie affectant la personnalité du sujet homosexuel au plan psychologique et social.

 

L'homosexualité chez les enfants

 

Quelles sont les causes de l'homosexualité chez les enfants? L'homosexualité infantile dépend de l'association d'une fragilité psychoaffective, de motivations conflictuelles, souvent inconscientes, et de l'entraînement dû à des rencontres occasionnelles ou aux pratiques masturbatoires scolaires. En d'autres termes, les enfants ne naissent pas homosexuels mais peuvent le devenir en raison de problèmes affectifs (carences affectives), de conflits avec l'un ou l'autre des parents ou avec le sexe opposé, et d'une malheureuse initiation au comportement homosexuel par une influence corruptrice occasionnelle ou de leur entourage.

 

L'homosexualité chez les adolescents

 

Chez les adolescents, l'homosexualité peut être un choix temporaire en raison d'une certaine ambivalence sexuelle avant la polarisation hétérosexuelle. La persistance de l'anomalie du choix s'explique par la suggestibilité, l'impulsivité et les préoccupations érotiques pouvant s'associer à des facteurs névrotiques. Il en naît habituellement une culpabilisation de nature obsédante. Par l'atténuation mentale progressive de cette culpabilisation, la névrose devient perversion; le sujet finit alors par considérer comme « normale » son anomalie. Il s'agit d'une perversion acquise, la perversion constitutionnelle étant une rareté.

 

Les expressions de l'homosexualité

 

Comment s'exprime d'abord le comportement homosexuel masculin? Par la pédérastie, c'est-à-dire « le commerce charnel de l'homme avec le jeune garçon » et par la sodomie, c'est-à-dire la pratique du coït anal. Il est assez curieux que l'opinion publique condamne, avec raison, comme criminelle la pédérastie, du moins lorsqu'elle est exercée par une certaine catégorie de personnes, et qu'elle se montre par ailleurs largement favorable, s'il faut en croire les sondages, à la légalisation de l'homosexualité. L'homosexualité féminine s'exprime, lorsqu'elle n'est pas purement platonique, c'est-à-dire le plus souvent, en comportement masturbatoire réciproque.

 

L'homosexualité, une maladie contagieuse

 

Le comportement homosexuel est un déséquilibre profond de la personnalité, plus précisément une anomalie des expressions affectives de la sexualité; comme la nature ne détermine personne à un tel comportement, on ne saurait nier qu'il est en lui-même un grave désordre moral, comportant des effets psychologiques et sociaux extrêmement négatifs. Le plus souvent lié intimement à des facteurs névrotiques et psychotiques, il relève, comme tel, d'un traitement psychothérapique beaucoup plus que chimique. En tant que désordre moral, impliquant la responsabilité du sujet, il n'apparaît pas possible de guérir de l'homosexualité sans une véritable conversion morale, sans la prière et l'ascèse, sans un recours constant au divin Médecin des âmes, Jésus-Christ. On dit que l'habitude est une seconde nature, qu'elle crée un besoin irrépressible, qu'il devient impossible de ne pas satisfaire. Sans minimiser le poids de l'habitude vicieuse dans le domaine de la sexualité, mettant en branle des réactions organiques inconscientes, il est faux de prétendre qu'elle ne peut absolument pas être vaincue. La vérité est que toute habitude vicieuse ne peut être vaincue complètement sans la grâce de Jésus-Christ. Avec la grâce toute-puissante de Jésus-Christ, sans mépriser aucune des ressources naturelles pouvant contribuer à la guérison, le comportement homosexuel peut être guéri, lorsqu'il n'est pas devenu une perversion. À plus forte raison peuvent être guéries les tendances homosexuelles obsédantes par une psychothérapie adaptée et le combat spirituel alimenté par la prière et le recours quotidien aux sources vives de la grâce.

 

Cependant, les homosexuels qui réclament des droits à l'exercice de leur comportement contre nature, qui, par suite, réclament le droit au mariage et à l'adoption des enfants, sont en fait des pervertis, qui ne peuvent être guéris de leur maladie, puisqu'ils la considèrent comme un état normal. Ces homosexuels, par leur action concertée, même s'ils ne le recherchent pas, répandent dans la société leur perversion qui - outre les dangers de contamination physique et de déséquilibre psychique qu'elle comporte - est une maladie morale et spirituelle fortement contagieuse.

 

L'État qui accorde aux homosexuels les « droits » qu'ils exigent, met donc la loi au service de la perversion, compromettant, de ce fait, la santé physique et mentale du peuple. Une telle aberration, un tel crime contre le bien commun de la société ne peut se fonder que sur une méconnaissance, absolument impardonnable, de la nature de l'homosexualité.

 

Mais que l'État peut-il faire face aux homosexuels de plus en plus envahissants? Comme pour les autres citoyens ayant un comportement sexuel naturel, ne leur accorder d'autres droits civils que ceux qui sont conformes aux exigences du droit naturel. Voir, par conséquent, à ce que les désordres auxquels ils se livrent soient contenus dans certaines limites, de sorte qu'ils ne portent pas atteinte, par leur contagion, à la vie sociale. Sur la base d'études sérieuses des différents aspects de l'homosexualité, offrir aux homosexuels, dans le domaine de la santé, les formes de thérapie les plus susceptibles de les aider.

 

J.R.B.

 

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Le « mariage gai », rien de plus triste

 

On parle beaucoup, surtout dans nos pays occidentaux, de la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, qu'on veut assimiler, au plan des droits civils, au mariage. Pour justifier cette reconnaissance juridique du « mariage gai ». on fait appel au respect des droits et libertés, au respect obligatoire, en régime démocratique, du droit des minorités. Mais de quoi s'agit-il quand on propose de redéfinir le mariage pour que la nouvelle définition qu'on en fera dans les codes civils admette les unions homosexuelles? Il s'agit de signer publiquement la destruction du fondement même de la société, qui est le mariage tel qu'institué par Dieu dès l'origine comme réalité sacrée ordonnée à la famille. Il s'agit d'une méconnaissance inexcusable de la nature de l'homme, d'un rejet extrêmement dommageable de la loi naturelle, dont le respect absolu conditionne tous les droits de la personne humaine. Il s'agit de la profanation, la plus radicale qui soit, de la dignité humaine, qui ne peut exister lorsque est foncièrement bafouée la loi naturelle. Pour nous chrétiens, la reconnaissance juridique du « mariage gai » a une signification encore plus triste et plus détestable, parce qu'elle est un signe évident non seulement d'apostasie mais même d'une guerre ouverte contre Dieu et Jésus-Christ.

 

1. Veut-on détruire le fondement de la société?

 

La famille est la cellule fondamentale de la société, c'est-à-dire son fondement naturel. La famille n'est pas une institution que l'homme, après un certain degré d'évolution, aurait inventée. Néanmoins les désordres qui ont pu la défigurer au cours des siècles, la famille est la première institution naturelle; elle fait partie de la nature, elle vient donc directement de l'Auteur de la nature. Sa constitution remonte au jour même où l'homme et la femme furent créés. De par la volonté de Celui qui l'a constituée, le Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, elle repose tout entière sur l'union stable et sacrée d'un homme et d'une femme, c'est-à-dire sur le mariage. Le mariage, bien qu'il soit déterminé par le choix libre d'un homme et d'une femme, n'est pas d'origine humaine. Il n'appartient donc pas aux hommes de lui assigner d'autres fins que celles pour lesquelles il a été institué par Dieu lui-même dès l'origine:

 

Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.

Dieu les bénit et leur dit:

Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (G. 1, 27-28)

 

Par son origine et par sa fin, le mariage est une réalité sacrée au service de la vie. Personne ne peut revendiquer un droit quelconque à changer cet ordre naturel, et donc à redéfinir le mariage, à moins qu'il ne veuille détruire le fondement de la société.

 

2. La méconnaissance de la nature de l'homme

 

Il n'est pas nécessaire d'être grand philosophe ou d'être bardé de diplômes universitaires pour connaître la nature de l'homme. Toute personne, jouissant de sa raison, même avec très peu d'instruction, peut connaître la nature humaine dans la grande règle que Dieu a inscrite au fond du coeur de tout être humain et qu'on appelle la loi naturelle. Le bon sens, le sens commun nous avertit déjà de ce que nous sommes en tant que personnes humaines et des règles fondamentales que nous devons tous observer pour conserver notre dignité et pour ne pas porter atteinte à celle des autres. Il est vrai que le concept de nature, et notamment celui de loi naturelle, peut être obscurci en raison de désordres moraux multipliés et généralisés. La séduction du mal vu comme un bien, la recherche effrénée des plaisirs, la soif ardente de fausses libertés ont toujours tenté l'humanité.

 

Le consentement à toutes ces tentations, engendrant désordre par-dessus désordre, a eu dans le monde païen, comme en témoigne saint Paul, les plus désastreuses conséquences, dont la plus grave fut le rejet de Dieu et de son autorité, la méconnaissance obstinée de Dieu qui pourtant « se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres » (Rm. 1, 20). À propos des païens, coupables de cette méconnaissance de Dieu et de l'honneur et de la reconnaissance qui lui sont dus, saint Paul dit qu'ils sont « inexcusables » (ibid.). Bien plus inexcusables encore, ces « païens » d'aujourd'hui, de toute allégeance, qui se prévalent des progrès de la civilisation et de leurs vastes connaissances pour mépriser avec fierté l'autorité de Dieu. Sur eux, saint Paul porte ce jugement qui semble dur, mais qui n'est malheureusement que trop justifié: « Ils ont perdu le sens dans leurs raisonnements et leur cœur inintelligent s 'est enténébré : dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus insensé »" (Rm. 1, 21).

 

On ne peut méconnaître Dieu sans méconnaître en même temps la dignité de la personne humaine, faite à son image, et garantie par cette règle divine universelle et inviolable qu'est la loi naturelle. Le rejet de Dieu entraîne inévitablement le rejet de la loi naturelle, dans laquelle s'enracinent les droits les plus sacrés de la personne humaine, et donc sa dignité. La rébellion contre l'autorité de Dieu se retourne contre la personne qui, ne reconnaissant plus d'autre loi suprême qu'une liberté détachée de sa source, est toute disposée à se livrer corps et âme à des pratiques avilissantes pour elle-même et pour la société. C'est ce qui s'est produit dans les civilisations païennes: enfoncées dans des activités immorales abominables répandant dans la société, avec la corruption, un véritable esclavage moral. De cet esclavage moral saint Paul, qui le décrit au plan de la vie sociale, affirme qu'il fut un châtiment de Dieu:

 

« Ainsi Dieu les a-t-il livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps; eux qui ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge...

 

« Ainsi Dieu les a-t-ils livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; pareillement les hommes, délaissant l 'usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l 'infamie d 'homme à homme et recevant en leurs personnes l'inévitable salaire de leur égarement.

 

« Et comme ils n 'ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas "(Rm. 1, 24 ss. )

 

Qu'on relise et médite avec attention ces paroles lapidaires de l'Apôtre des nations, car elles s'appliquent très précisément au genre de comportement que nos gouvernements entendent légaliser au nom de la liberté et de la démocratie.

 

La reconnaissance juridique du « mariage gai » ne devrait faire ni l'objet d'un référendum populaire, ni l'objet d'un vote parlementaire, car ce genre d'union entre personnes de même sexe est une très grave injure à Dieu, l'Auteur de la nature, l'Auteur du mariage qu’Il a institué en vue de la famille, où toute société trouve son fondement premier. Reconnaître les mêmes droits au « mariage gai » qu'au mariage institué par Dieu, c'est s'opposer radicalement au droit naturel de la famille et à tous les droits qui en découlent; c'est commettre une grave injustice sociale à l'endroit de toutes les familles naturellement constituées, dont dépend la force d'une nation. Les droits sociaux consentis aux « mariages gais » seront soustraits à la famille, moralement et socialement rabaissée au lieu d'être fortement encouragée et soutenue. Dans ces conditions, la généreuse politique familiale qu'exige le bien commun de l'État devient illusoire et mensongère.

 

Le « mariage gai » légalisé, étant contraire à la loi naturelle, en ébranlant le fondement même de la société qu'est la famille, porte atteinte aux droits les plus sacrés de la personne humaine, c'est-à-dire à la raison d'être des meilleurs chartes des droits et libertés. Non seulement la personne humaine en ressort avilie, mais encore toute la société se voit affaiblie et engagée sur une large voie de corruption.

 

3. Le point de vue chrétien

 

Les principes que nous venons de rappeler et d'appliquer au « mariage gai » ne sont pas spécifiquement chrétiens, puisqu'ils relèvent du droit naturel, qui est universel et qui a la même force obligatoire dans toutes les cultures et toutes les religions. Il arrive habituellement que lorsqu'une personne s'oppose, comme il se doit, à des comportements contre nature, on lui rétorque que ses arguments sont relatifs à une doctrine particulière, à une religion déterminée comme la religion catholique, et qu'ils sont par conséquent inopportuns et inapplicables dans une société pluraliste et progressiste comme la nôtre. Il est trop facile de rejeter ainsi du revers de la main, sans les considérer, les exigences mêmes de la raison et du bon sens. Une telle façon de procéder manifeste des esprits superficiels, dont l'intelligence est rétrécie au point qu'ils deviennent incapables d'une pensée vraiment personnelle. Ils pensent ce que pensent les manipulateurs de l'opinion publique. Et ils se glorifient d'être eux, larges d'esprit, très ouverts aux réalités contemporaines. Et ils ne se gênent pas pour accuser d'étroitesse d'esprit ceux qui prennent la défense de la raison humiliée. C'est exactement de ce type de personnes, aussi distinguées et élevées soient-elles dans l'échelle sociale, que

saint Paul dit qu'elles « ont perdu le sens dans leurs raisonnements et leur cœur inintelligent s'est enténébré ». (Rm. 1, 2 1 )

 

Il ne fait aucun doute que la reconnaissance juridique du « mariage gai » relève essentiellement du droit naturel. Le problème qu'il pose à la société, quelle qu'en soit l'expression culturelle, ne peut être résolu que sur la base du droit naturel. Qu'y vient alors ajouter la pensée chrétienne? Rien d'autre qu'une confirmation, qu'un approfondissement et un perfectionnement. Car le Christ Jésus est venu pour restaurer l'ordre de la création bouleversé par le péché et pour l'élever à un plan supérieur de participation à la vie divine. Il est intéressant de noter que Jésus-Christ a voulu commencer son œuvre de rédemption universelle par la restauration de la famille. Les philosophies politiques païennes avait provoqué, par leur honteuse ouverture à l'immoralité sous toutes ses formes, la dégénérescence de la cellule familiale, fondement de la société.

 

L'histoire nous apprend que l'unité et la paix, qui garantissent la prospérité des États, dépendent avant tout de la vigueur et de la solidité des familles qui les constituent. Régénérer la famille, lui rendre ses titres de noblesse, lui donner une grandeur nouvelle en la faisant communier à la vie de Dieu trois fois saint, et en l'appelant à prendre part à l'héritage de bonheur éternel du Fils de Dieu, tel a été le plan de Jésus-Christ concernant la famille. C'est dans ce but surnaturel, gratuit, de participation à la vie divine, commencée sur la terre et pleinement achevée au ciel, qu'Il a élevé le mariage, réalité déjà sacrée par nature, à la dignité de sacrement de la nouvelle loi, rendant ainsi indissoluble l'union d'amour de l'homme et de la femme, s'engageant pour toujours au service de la vie.

 

Dans cette optique, la reconnaissance juridique du « mariage gai » apparaît comme un refus de l’oeuvre du Christ en faveur de la famille, un refus de la régénération morale et sociale de la famille par Celui même qui l'a instituée. Dans la mesure où la reconnaissance juridique du « mariage gai » est proposée ou approuvée par des chrétiens, elle signifie une réelle apostasie de la foi chrétienne. Un pays qui avait grandi et fait des oeuvres magnifiques grâce à la foi chrétienne se dresse alors contre Dieu, contre Jésus-Christ dans une guerre ouverte laissant présager les plus tristes conséquences qu'il est encore temps d'éviter.

 

Unnam Sanctam - N. 3 - juillet-septembre 2003


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