CONTRACEPTION ET AVORTEMENT

UNE COMPARAISON ET QUELQUES CONSÉQUENCES

par Mgr Vincent Foy

 

« Mais je demanderai compte du sang de chacun de vous. J'en demanderai compte à tous les animaux et à l'homme, aux hommes entre eux, je demanderai compte de l'âme de l'homme. »

(Dieu s’adresse à Noé, Genèse 9,5)

 

            Bien que sa pensée soit en général profondément faussée, le philosophe Hegel, dans Philosophie de l’histoire, n’est pas loin de la vérité lorsqu’il écrit que l’histoire de l’humanité est celle d’une vaste tuerie. Malgré les avertissements répétés de Dieu résumés par le commandement « Tu ne tueras point »,  notre société est imprégnée d’une Culture de Mort comme jamais auparavant.  C’est sans surprise que nous entendons notre Saint-Père nous mettre maintes fois en garde contre ce mal transcendant.  Le 14 février 2001, Jean-Paul II disait : « La promotion de la Culture de Vie devrait être la plus grande priorité de nos sociétés … Si le droit à la vie n’est pas défendu de façon catégorique comme condition de tous les autres droits de la personne, toute autre référence aux droits humains demeure fausse et illusoire. »

 

            Les deux causes principales de la Culture de Mort sont l’avortement et la contraception.  L’avortement signifie la mort de l’enfant non encore né.  On a dit de la contraception qu’elle était une « mort larvée ».  Il est de la plus haute importance d’évaluer la relation existante entre ces deux tueuses d’âmes et de sociétés avant d’établir des plans et des stratégies pour la promotion de la Culture de Vie.  L’évaluation des rôles comparatifs de l’avortement et de la contraception dans cette attaque contre la vie humaine n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser.  Ils sont souvent entremêlés dans leur intention.  Les abortifs sont souvent appelés des contraceptifs.  Le meurtre semble être à prime abord un crime plus haineux que l’empêchement de la vie, mais il y a des facteurs cachés.  Malgré les difficultés, on peut faire des comparaisons qui montrent de quelle façon le mouvement pro-vie devrait procéder.  Considérons quelques-unes de ces comparaisons.

 

 

Le péché d’avortement

 

            L’avortement est un péché mortel grave contre le Cinquième Commandement : « Tu ne tueras pas » (Exode 20,13). « Dieu seul est le Maître de la vie, de son commencement à son terme : personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent » (Donum vitae, Introduction, n. 5).  La personne tuée par avortement a exactement le même droit à la vie que l’avorteur, ou celui qui coopère à l’avortement, ou le politicien qui légifère sur le « droit » de tuer.  Parler du droit que l’on a sur son propre corps pour justifier l’avortement relève de la sophistique.  Il n’y a pas un seul corps, mais deux, pas une seule personne, mais deux, et avec un droit égal à la vie.  C’est pourquoi l’Église appelle l’avortement un « crime abominable » (Gaudium et Spes, n. 51).  Comme c’est un péché mortel il entraîne avec lui, à moins qu’il y ait repentance, la terrible sanction de mort éternelle.

 

            L’avortement tue le corps de la victime et l’âme du meurtrier, mais non l’âme de la victime.  Cette âme vivra éternellement dans l’amour de Dieu avec ce degré de félicité que lui accordent l’amour et la miséricorde de Dieu.  Le crime d’avortement est presque toujours un péché en chaîne.  Un groupe de personnes partagent la culpabilité : l’avorteur, les assistants, le personnel de bureau, la direction de l’hôpital, les propagandistes et les politiciens responsables – et tous ceux qui demeurent passifs alors qu’ils devraient parler, agir ou prier.

 

Le péché de contraception

 

            La contraception est également un péché grave et mortel dont la sanction est la mort spirituelle.  En cela, l’enseignement de l’Église – parlant avec l’autorité du Christ – est constant.  Pie XI proclamait dans son encyclique Casti connubii du 31 décembre 1930 : « Notre bouche … promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave. »

 

            De nombreuses déclarations papales et épiscopales soulignent la gravité du péché de contraception.  Voici quelques déclarations épiscopales du siècle dernier, avant que certains évêques ne cessent d’entendre la voix du Christ pour écouter celle des dissidents :

 

a)       La contraception est un vice contre nature et un péché qui crie vers le Ciel (Évêques belges, 2 juin 1909).

b)       La contraception est un « péché grave, très grave, quels que soient les moyens employés et de quelque façon qu’elle se produise » (Évêques allemands, 20 août 1913).

c)       « Les théories et les pratiques qui enseignent ou encouragent la limitation des naissances sont aussi désastreuses que criminelles » (Évêques français, 17 mai 1919).

d)       « L’égoïsme qui conduit au suicide de la race avec ou sans le prétexte d’améliorer l’espèce est une chose détestable aux yeux de Dieu.  C’est un crime pour lequel la nation aura finalement à souffrir » (Cardinal Gibbons, au nom de la hiérarchie américaine, 20 septembre 1919).

e)       La contraception « qu’elle se pratique à l’intérieur ou à l’extérieur du mariage, est un vice anti-naturel, un péché contre la nature que le Créateur nous a donnée, et par conséquent gravement détestable à ses yeux » (Cardinal Bourne de Westminster, 9 octobre 1930).

f)          « Les méthodes contraceptives ont été, sont et seront toujours un péché … il a été donné à notre génération de glorifier ce vice en l’appelant vertu » (Évêques de l’Inde, 1957).

 

            En somme, l’Église n’a jamais dévié de l’enseignement qui déclare la contraception une grave violation du Cinquième Commandement de Dieu.

 

La sanction de l’avortement

 

            La sanction ecclésiastique imposée par l’Église aux avorteurs est l’excommunication : « Qui procure un avortement, si l'effet s'en suit, encourt l'excommunication latae sententiae » (Can. 1398).  Cela signifie que l’excommunication est automatique.  Dans le cas d’excommunications latae sententiae, sont également passibles de peines ceux sans qui le crime n’aurait pas été commis (cf. Can. 1329). Ainsi les avorteurs, ceux qui participent à l’avortement et les conseillers de l’avortement sont également excommuniés.

 

            L’Église a autorité pour imposer la peine d’excommunication à ceux qui coopèrent de façon plus lointaine à l’avortement, par exemple les législateurs qui introduisent, promeuvent ou votent des lois en faveur de l’avortement.  Les voix se font de plus en plus nombreuses pour demander l’excommunication des politiciens qui promeuvent l’avortement et ont par conséquent sur les mains le sang d’enfants innocents.  Ces politiciens catholiques sont un scandale et une honte. 

 

La sanction pour la contraception

 

            Pour ce qui concerne la contraception, même « la contraception abortive », bien qu’il n’y ait pas de peine ecclésiastique précise, il reste toujours la peine suprême de la perte de la grâce de Dieu. Il a déjà existé des peines ecclésiastiques précises pour la contraception.  Dans l’Espagne de 1936, l’absolution pour le péché de contraception était réservée à l’évêque dans huit diocèses (cf. Catholic Priests’ Association Newsletter, Vol. III et IV, 1972, p. 60).  Le fait que l’avortement seul entraîne l’excommunication ne signifie pas que la contraception soit un crime moins grand.  Cela veut dire que le bon ordre de l’Église comme société visible est plus manifestement troublé.

 

Le nombre des avortements

 

            Qui peut chiffrer le nombre des avortements ? Dieu seul connaît cette tragique statistique.  Un rapport nous dit qu’on a pratiqué dans le monde en 1995 environ vingt-six millions d’avortements légaux et vingt millions d’avortements illégaux (cf. Heritage House ’76 : Abortion Facts.com).  La même source révèle qu’aux États-Unis, il y a eu 580.760 avortements en 1972 et 1.210.883 en 1995.  Dans Statistique Canada, nous lisons que les femmes canadiennes ont obtenu 114.848 avortements en 1997, une augmentation de 2,9% par rapport aux 111.649 de l’année précédente.  Au Canada, le ratio d’avortement, ou nombre d’avortements par année pour 100 naissances vivantes, était de trente-trois.  Les chiffres sont même pires au Québec.  Nous lisons dans le Toronto Globe and Mail du 13 mars 2000 : « Le nombre d’avortements au Québec a plus que doublé au cours des deux dernières décennies, ce qui donne à cette province canadienne un des taux d’avortement les plus élevés au monde en dehors des pays d’Europe de l’Est.  Le Bureau des statistiques du Québec rapporte qu’en 1998, quarante et un avortements ont été pratiqués pour cent naissances vivantes. »

 

            Ces statistiques ne rapportent qu’une partie des personnes avortées.  Il faut y ajouter les vies exterminées par les contraceptifs abortifs.  « On estime à 250 millions par année les avortements provoqués par les DIU et la pilule » (Faith and Facts, Emmaus Road Publishing, 1999, p. 114).  Est-il exagéré de décrire le monde comme un abattoir ? 

 

Le nombre des actes contraceptifs

 

            Si grand que soit le nombre des personnes tuées par avortement, celles que l’on prive de vie humaine et de croissance spirituelle sont bien plus nombreuses encore.  Il faut ajouter au nombre de ces tragiques statistiques les millions qui auraient dû être et qui ne sont pas à cause d’une ligature des trompes ou d’une vasectomie. À la honte de cette privation pandémique d’âmes humaines, ajoutons que d’une manière générale le taux d’utilisation de la contraception parmi les catholiques n’est pas inférieur à celui de la population en général.

 

Les effets de l’avortement

 

            Le principal effet de l’avortement est l’interruption brutale d’une vie humaine au moment de sa plus grande potentialité.  C’est un manque de pitié indescriptible.  La naissance d’un bébé est une occasion de réjouissances. La mort d’un seul bébé est une grande douleur.  Dans The Toronto Star du 18 février, on lisait en première page : « Pourquoi mon bébé devait-il mourir ? »  Même l’enfant mort-né est une cause de chagrin.  Pourtant, l’enfant avorté demeure un paria : son petit corps brisé a pour linceul un sac à poubelle ou il est incinéré.  Cela nous rappelle les paroles de St Augustin dans ses Confessions : « Plus ils méritent nos larmes, moins les hommes sont portés à les pleurer. »

 

            L’avortement est la cause d’une mort pire encore : la mort spirituelle des participants.  Tous ceux qui participent à l’avortement, ce qui inclut tous ceux qui légalisent l’avortement, subissent cette mort.  L’enfant avorté vivra éternellement dans l’amour de Dieu ;  les avorteurs deviennent des cadavres spirituels. L’avortement tue des pays.  Au Canada, le taux de fertilité est inférieur au seuil de remplacement depuis le milieu des années soixante-dix.  Le père Marx écrivait dans une lettre que l’Europe entière se meurt à l’exception de l’Albanie.  Le nombre moyen d’enfants par famille en Europe est de 1,4.  Même l’Irlande est descendue à 1,9 enfants par famille.  L’avortement fait reposer un fardeau particulièrement lourd sur la conscience de la mère qui avorte. Elle sait dans son cœur qu’elle a tué son propre enfant.  « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas » (Isaïe 49,15).  Il est vrai que par le repentir et la miséricorde de Dieu la faute peut être entièrement pardonnée et se transformer en une consécration à la cause pro-vie.  L’avortement laisse de grands vides dans la famille, dans l’Église et dans la société.  Il y a des frères et des sœurs, des fils et des filles qui sont absents.  Il y a des vides dans les citoyens productifs, les vocations à la prêtrise, la vie religieuse et les professions.  Il y a de grands vides chez ceux qui devraient écouter l’appel à la sainteté.  L’avortement conduit à l’euthanasie.  Les lois autorisant l’euthanasie n’auraient pas été possibles si elles n’avaient pas été précédées par une législation qui légalise l’avortement.  Ces maux sont les effets de l’avortement, et ils ne sont pas les seuls.

 

Les effets de la contraception

 

            Le principal effet de la contraception est la grossière déformation de l’acte conjugal – l’acte voulu par Dieu pour peupler la terre et le Ciel. La contraception transforme cet acte d’amour en un acte de haine et fait de la donation de soi un abus mutuel. Bien que certaines formes de contraception ne tuent pas, elles empêchent la vie et démontrent ainsi le désir de placer sa satisfaction personnelle avant la vie.  L’avortement est un crime particulier.  La contraception est d’ordinaire une habitude qui durcit le cœur à mesure que le temps passe.  Quoique la conscience ne souffre pas le trauma qui accompagne normalement l’avortement, la pratique contraceptive a tendance à endormir la conscience avec toutes les conséquences mortelles de l’état de péché, y compris la perte de la foi. La contraception laisse tous les grands vides énumérés pour l’avortement, mais elle les multiplie à mesure que cette attaque contre la vie se perpétue.

 

            L’encyclique Humanae vitae, dans le paragraphe intitulé « Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité », énumère les effets notables de la contraception : « voie large et facile … à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité » ;  perte du respect de la femme considérée par l’homme « comme un simple instrument de jouissance et non plus comme sa compagne respectée et aimée » ;  une « arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales »  (cf. Humanae vitae, n. 17).

 

            On retrouve dans le sillage de la pratique contraceptive l’acceptation de cette autre déformation stérile de l’activité sexuelle appelée homosexualité.  Il y a longtemps que les chrétiens ont reconnu la relation existante entre les deux. Il est intéressant de noter que Martin Luther voyait cela dans sa condamnation de la contraception.  Il a déclaré : « C’est un péché très honteux.  Il est de loin plus horrible que l’inceste ou l’adultère.  Nous appelons lascivité, oui, un péché de sodomie » (Faith Facts, p. 113). Une société contraceptive, où la sexualité est séparée de l’amour et de la vie, conduit à une société tolérante envers l’activité homosexuelle.

 

La chaîne de mort

 

            Le comparaison entre la contraception et l’avortement nous permet de voir qu’elles sont liées dans une chaîne de mort.  La contraception est au sommet de la chaîne. La contraception engendre les morts par avortement et l’acceptation de la sodomie stérile.  L’avortement engendre l’euthanasie.  L’ensemble engendre l’acceptation d’une pornographie envahissante.  Lorsque le tout est répandu, nous avons une Culture de Mort.  Cette Culture de Mort engendre la mort de la famille, la mort de la société, la mort de l’Église et la mort perpétuelle des âmes immortelles.

 

            Le père John Hardon, s.j., un grand et authentique théologien, résume ainsi les conséquences de la mentalité contraceptive : « On a dit à juste titre qu’Humanae vitae divise l’Église catholique en deux périodes de l’histoire.  L’Église ne survivra que parmi ceux qui croient que la contraception est mortelle à la fois pour le christianisme et pour la promesse d’une récompense éternelle.  La contraception est fatale à la vraie foi et à la vie éternelle. »

 

            La reconnaissance de la chaîne de mort a de nombreuses implications.  Nous allons considérer les deux principales.

 

Implications pour le mouvement pro-vie

 

            Étant donné le lien essentiel qui existe entre la contraception et l’avortement, il s’ensuit par une inexorable logique qu’un groupe pro-vie ne peut être véritablement en faveur de la vie s’il ne répudie pas la contraception.  Il existe pourtant de tels groupes qui optent pour une « sexualité sans risques » grâce à l’utilisation du condom comme solution à l’avortement ;  d’autres groupes « pro-vie » acceptent des membres qui voient dans la contraception une alternative à l’avortement. 

 

            La plupart des associations pro-vie reconnaissent que pour réussir, elles doivent combattre la mentalité contraceptive. Citons parmi elles « Prêtres Pro-Vie », un mouvement maintenant international.  Au Canada, un nouveau groupe appelé « Catholiques contre la contraception » frappe au cœur du problème.  Nous avons le privilège d’avoir au Canada, sous la direction dévouée de Sœur Lucille Durocher, le mouvement totalement orthodoxe « Les Travailleurs de saint Joseph pour la Vie et la Famille ». « Pharmacists for Life International » déclare dans sa brochure publicitaire : « La contraception est le talon d’Achille du mouvement pro-vie.  Si nous n’adoptons pas une position claire contre la contraception, elle détruira le mouvement pro-vie aussi sûrement qu’elle détruit la vie la plus petite. » Les « Pharmacists for Life » ont pour devise : « Pas d’exceptions, pas de compromis, pas d’excuses ».

            Ne pas reconnaître le mal de la contraception tout en combattant l’avortement revient à éliminer les termites sur le toit de la maison alors qu’elles sont en train de dévorer de l’intérieur le reste de la structure.  C’est comme se pencher par-dessus bord pour écorner un iceberg alors que le navire est éventré sous la ligne de flottaison.  Il n’est pas acceptable de mettre la pédale douce en ce qui concerne la contraception dans l’intérêt d’un prétendu œcuménisme pro-vie.  Ce n’est pas une question confessionnelle ne concernant que les catholiques.  La prohibition de la contraception se fonde sur la loi divine naturelle.  Seuls les groupes dont la philosophie de base est anti-contraception, anti-stérilisation et anti-avortement ont droit à notre soutien intégral.

 

            Les groupes pro-vie en harmonie avec la Vérité de Dieu recueillent d’immenses avantages.  En voici quelques-uns :

 

a)       Ils ont droit au soutien inconditionnel de tous, y compris de la hiérarchie catholique.

b)       Ils peuvent facilement s’unir et se soutenir les uns les autres en organisant des protestations, des démonstrations, des conférences, des campagnes de lettres aux médias et autres projets.

c)       Leur unité dans la Vérité augmentera de façon incommensurable la force de leurs appels à la prière et à une aide financière.

d)       L’unité du but poursuivi inspirera la formulation de projets et de méthodes plus vastes pour aider à restaurer la Culture de Vie.

 

Implications pour l’enseignement de la Vérité

 

            Une deuxième conséquence de la considération des maux de la contraception et de l’avortement est la nécessité d’enseigner la Vérité. Trop de voix se sont tues, trop de voix ont déformé la vérité que le Christ nous a donnée par son Église.  La responsabilité d’enseigner la vérité sur la vie humaine repose d’abord sur nos évêques ( cf. Code de droit canonique, can. 375).  S’adressant aux évêques, Paul VI déclarait : « Considérez cette mission comme l’une de vos plus urgentes  responsabilités dans le temps présent »  (Humanae vitae, n. 30).

 

            Nous le savons, les évêques catholiques principalement responsables de l’enseignement d’Humanae vitae ont été les principaux facteurs de son rejet.  Préférant suivre les théologiens dissidents plutôt que le Christ, environ douze hiérarchies nationales ont si bien déformé l’enseignement de l’encyclique qu’elle en a été virtuellement détruite.  Les évêques canadiens ont été parmi les pires contrevenants avec leur Déclaration de Winnipeg, en septembre 1968.  Tout comme la nuit succède au jour, les catholiques canadiens vivent maintenant dans les ténèbres de la Culture de Mort.

 

            Au Canada comme en bien d’autres lieux, nous avons désespérément besoin d’évêques pour s’opposer à ceux qui ont assujetti la vérité à une pseudo-collégialité de compromis moral.  Nous avons besoin d’évêques qui ne subordonne pas la vérité à l’uniformité. Nous avons besoin d’évêques qui osent parler et ne se réfugient pas dans le silence quand il est question de vie. Nous avons besoin d’évêques qui balaieront dans leur diocèse les erreurs contre la Vie et l’Amour.  Nous avons besoin d’évêques qui ne craignent pas de s’opposer aux autorités civiles qui promeuvent des lois contre la famille. Nous avons besoin d’évêques qui exigeront que les hôpitaux catholiques soient en conformité avec l’éthique catholique.  Nous avons besoin d’évêques qui enlèveront de leurs écoles le cours d’éducation sexuelle Fully Alive qui initie les enfants à la perversion sexuelle et leur enseigne des moyens illicites de contraception.  Nous avons besoin d’évêques prêts à souffrir la critique des médias et l’humiliation pour la défense de la vie humaine. Nous avons besoin d’évêques prêts à mourir pour la Vie.  C’est pour de tels évêques que nous devrions prier.  Pour tous les évêques, nous devrions prier et prier.

LA SOLUTION NINIVE

 

La situation

 

            La situation dans bien des pays est désespérée.  En extrapolant à partir des statistiques, la paroisse canadienne moyenne agonise.  Son taux de natalité est suicidaire.  La plupart des parents en âge d’avoir des enfants sont stérilisés ou pratiquent la contraception.  La majorité de ceux qui pratiquent la contraception et vont à la Messe reçoivent la Sainte Communion, ce qui est un sacrilège objectif.  Les enfants qui vont à l’école catholique apprennent la contraception en huitième année.  Peu d’entre eux assistent à la Messe dominicale.  Les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse sont insuffisantes pour entretenir une Église florissante et évangélisatrice.  Il est impossible que l’Église survive là où Humanae vitae n’est pas enseignée et vécue.

 

Il y a de l’espoir

 

            La situation semble désespérée.  Humainement parlant, elle est désespérée.  Pourtant, il y a de l’espoir.

 

            Le Livre de Jonas nous fournit un indice.  Dieu menaçait de détruire Ninive.  Il parla à Jonas : « Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur que leur méchanceté est montée jusqu'à moi »  (Jonas 1,2).  Ninive se repentit par la prière et la pénitence et fut épargnée.  Nous avons un merveilleux exemple du pouvoir de la prière dans un livre intitulé The Shadow of His Wings, l’histoire vraie du père Gereon Goldmann, OFM (Ignatius Press).  Tout catholique aurait je pense grand profit à lire ce livre.  Enfant, le père Goldmann avait rencontré un missionnaire franciscain et il mourait d’envie de retourner au Japon avec lui.  On lui dit que s’il récitait un Je vous salue Marie par jour, il partirait un jour comme missionnaire au Japon.  Il récita ce Je vous salue Marie et la façon dont il arriva au Japon constitue une remarquable et même miraculeuse série d’événements – à travers d’innombrables obstacles, y compris une condamnation à mort.

 

            La prière et la pénitence sauveraient l’Église du Canada. C’est la solution Ninive. L’Église pourrait être sauvée si chaque Canadien catholique disait chaque jour un Je vous salue Marie pour la Vie.  Rappelons-nous les paroles de Tertullien : « La prière est la seule chose qui puisse conquérir Dieu. »

 

Suggestions de prière

 

            La prière pour la Vie peu prendre bien des formes.  Voici quelques suggestions :

 

            Ce serait assurément une prière féconde si une oratio imperata (prière imposée) était ajoutée à la Messe, faisant ainsi de la Messe une prière pour la vie.  On se souvient que de nombreux évêques avaient ordonné une prière supplémentaire pour la paix durant le Seconde Guerre mondiale.  La prière universelle à la Messe pourrait toujours inclure une demande pour que cesse la contraception.  Les prières quotidiennes dans les écoles pourraient inclure une prière pro-vie.  La prière en faveur de la vie humaine de tous les religieux contemplatifs serait particulièrement agréable à Dieu.

 

            L’Adoration Perpétuelle Eucharistique se répand au Canada et dans bien d’autres pays.  Cela signifie une exposition prolongée du Saint Sacrement durant une partie de la journée ou vingt-quatre heures par jour.  C’est l’intention du Saint-Père que cette dévotion « soit établie dans toutes les paroisses et les communautés chrétiennes »  (Congrès eucharistique international, 1993).  De plus en plus de pasteurs introduisent cette dévotion transformatrice.  Tous ceux qui pratiquent l’Adoration Eucharistique pourraient passer plus de temps à se souvenir de la cause de la Vie.

 

            Chaque catholique, dans sa prière quotidienne, pourrait demander la fin de la contraception et de l’avortement.  Nous devrions demander dans nos prières que des leaders pro-vie compétents cherchent à se faire élire au gouvernement.  Nous devrions prier également pour la conversion des avorteurs et de tous ceux qui participent à des cliniques d’avortement.  Chaque catholique pourrait ajouter à sa prière un sacrifice personnel ou une pénitence.

 

            Nous vivons dans une nouvelle Ninive.  Nous pouvons choisir entre la Vie ou la Mort.  Nous reste-t-il suffisamment de Foi pour choisir la Vie ?

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