Le guide de la

PASSION

 

 100 questions sur

La Passion du Christ

 

par les rédacteurs de Catholic Exchange

 

West Chester, PA Encinitas, CA

 


 

Nihil obstat           Bernardine Carr, STL

                               Censor Librorum

                               1er mars 2002

 

Imprimatur            +Robert H. Brom

                               Évêque de San Diego

                               2 mars 2003                                         

 

Traduction : Jean-Claude Lemyze

 

 

                Les textes des Écritures sont tirés de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) et du Catéchisme de l’Église catholique (CEC).

 

                Traduction française réalisée grâce à l’aimable collaboration de l’Apostolat du Précieux Sang et de la Vie :  www.preciousbloodandlife.org

 

                Reproduction autorisée, sauf à des fins commerciales.

 

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Première partie

 

100 questions et réponses

 

1)         Quel est le sens du mot « Passion » en rapport avec ce film ?

 

« Passion » signifie « agonie » ou « souffrance ». On considère généralement que « la Passion du Christ » commence avec le dernier repas que Jésus a pris avec Ses douze apôtres (la Dernière Cène) ; elle se poursuit par Son agonie et Sa trahison dans le jardin de Gethsémani, Son procès devant Ponce Pilate, Sa flagellation, Son portement de la croix, et elle se termine par Sa crucifixion et Sa mort. Ce film ne représente que les dernières heures de la vie de Jésus.

 

2)         Où se déroule la première scène du film ?

 

Dans le jardin de Gethsémani, situé juste à l’extérieur des portes de la ville de Jérusalem, au pied du mont des Oliviers. Il y a aujourd’hui encore dans ce jardin plusieurs oliviers vieux de plus de 3 000 ans – qui existaient donc au temps de Jésus et sont peut-être les arbres sous lesquels Il a prié. Le jardin de Gethsémani est un des sites les plus visités de la Terre Sainte.

 

3)         Les chrétiens parlent de « l’agonie de Jésus dans le jardin ». Que signifie cette expression et quelle est son importance ?

 

Les chrétiens considèrent que la prière de Jésus dans le jardin de Gethsémani est d’une intense souffrance spirituelle, émotionnelle et même physique. On croit généralement que Jésus, qui est pour tout chrétien Dieu incarné, savait quelle profonde souffrance – ou agonie – Il devrait bientôt subir et, comme tout être humain, Il était tourmenté par cette pensée. Il a dit aux trois disciples qui étaient avec lui, « Mon âme est triste à en mourir », et Il priait le Père, « S’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Pourtant, non pas comme Je veux, mais comme Tu veux ! » (Matthieu 26 38-39).

 

4)         Que signifient les mots « Dieu incarné » en ce qui concerne Jésus ?

 

Incarné signifie « qui a pris chair ». Les chrétiens croient que Dieu, à un moment précis du temps (vers l’an 4 de notre ère), a pris chair sous forme humaine (non seulement un corps, mais aussi une âme). C’était une nature humaine réelle et complète, pas seulement une apparence humaine – pas un masque ou un « costume ». C’est le mystère de l’Incarnation et la raison pour laquelle les chrétiens attachent une telle importance à la célébration de Noël et, de plus en plus, à l’Annonciation – le moment où Dieu s’est fait homme en étant conçu dans le sein de la Vierge Marie (cf. Luc 1 26-28).

 

5)         Avant d’aller plus loin, existe-t-il des preuves certaines que Jésus a réellement existé et que les événements décrits dans le film ont véritablement eu lieu ?

 

Oui, l’existence de Jésus est largement attestée et il existe des preuves que les événements généralement  rapportés dans ce film se sont réellement produits au cours de l’histoire. Aucun historien sérieux, même parmi les plus séculiers, ne doute de l’existence de Jésus. Diverses sources séculières attestent de l’existence de Jésus et corroborent un grand nombre des événements décrits dans la Bible. (Pour plus d’information sur ce point, consultez la section Ressources à la fin de ce guide). Le témoignage principal nous vient cependant de la Bible elle-même, le livre le plus important et le plus soigneusement examiné de l’histoire humaine.

 

6)         Comment le Nouveau Testament peut-il être historiquement précis lorsqu’il nous parle de la Passion ? N’a-t-il pas été écrit longtemps après ces événements ?

 

Les premiers livres du Nouveau Testament (la partie de la Bible sur la vie de Jésus et les commencements de l’Église) ont probablement été écrits moins de vingt ans après la mort et la résurrection de Jésus. Ce sont les lettres de Paul envoyées aux églises qui ont déjà entendu l’essentiel de la Passion et de la Résurrection de Jésus. L’information contenue dans ces lettres montre que Paul et ses auditoires partageaient la même connaissance des faits que nous retrouvons dans les Évangiles (qui n’avaient pas encore été écrits).

 

Paul sait que Jésus est un Juif de la descendance du roi David (Romains 1 3) ; que Jean le Baptiste était Son précurseur et avait désavoué toute prétention à être le Messie (Actes 13 24-25) ; que Ses principaux disciples étaient Pierre, Jacques et Jean (Galates 2 9) ; qu’Il avait prédit Son retour « comme un voleur » (1 Thessaloniciens 5 4) ; qu’Il avait institué l’Eucharistie (1 Corinthiens 11 23-25) ; qu’Il avait été rejeté par les chefs des Juifs (1 Thessaloniciens 2 15) ; qu’Il avait rendu témoignage devant Ponce Pilate (1 Timothée 6 13) et avait été crucifié pour nous (Galates 3 1) ; qu’Il avait été mis au tombeau (Actes 13 29) ; qu’Il était ressuscité des morts et avait été vu par de nombreux témoins (1 Corinthiens 15 3-8) ; et qu’Il était monté aux cieux (Éphésiens 4 9-10). Comment Paul sait-il tout cela ? Sensiblement de la même façon que vous êtes au courant de la présidence de Ronald Reagan ou que vous avez entendu parler de John Lennon  : 20 ans, ce n’est pas si long, et il existe encore bien des témoins que Paul connaît personnellement.

 

De fait, saint Paul écrivant à l’église qui est à Corinthe montre clairement qu’il existe encore plus de 500 témoins du Christ ressuscité et que la grande majorité d’entre eux sont encore vivants alors qu’il écrit ces lignes (fin des années cinquante). Et naturellement, Paul lui-même a vu le Christ ressuscité.

 

Les évangiles ont été écrits un peu plus tard que les lettres de Paul – au cours des années soixante et soixante-dix. Trois d’entre eux sont le produit de témoins oculaires des événements (Matthieu, Marc et Jean). L’évangile de Luc a été écrit par un proche compagnon de Paul qui a eu de multiples occasions d’entendre le témoignage de gens présents lors des événements relatés dans son évangile. Auriez-vous de la difficulté à croire que quelqu’un qui n’était pas présent lors des événements, et qui écrirait aujourd’hui, pourrait donner un compte rendu exact de l’administration du président Kennedy sur la base d’une quantité de sources écrites et d’interviews de témoins oculaires ?

 

Bref, les évangiles sont des comptes rendus éminemment fiables des événements du ministère du Christ, écrits assez peu de temps après les faits. De plus, ils se confirment les uns les autres de façon remarquable tout en conservant les mêmes sortes de différences auxquelles on pourrait s’attendre de la part de témoins oculaires quant à l’insistance sur les points essentiels.

 

7)         Ainsi, dans le jardin, Jésus savait qu’Il allait mourir ?

 

Oui. Puisque Jésus est Dieu et que Dieu sait tout, Il savait qu’Il allait mourir. Mais parce qu’Il était aussi pleinement homme, Il a enduré une terrible angoisse à la pensée des tortures et de la mort qu’Il allait subir. Nous sommes vous et moi des êtres humains et nous possédons une nature humaine. Jésus cependant, Dieu incarné, possédait deux natures : humaine et divine. Par sa nature divine, Il savait des choses que seul Dieu pouvait connaître ; dans sa nature humaine, Il éprouvait toute chose comme nous, excepté le péché. Il avait faim, Il avait soif, et Il ressentait la douleur.

 

8)         Au fait, pourquoi écrivez-vous « Il » avec une majuscule lorsque vous parlez de Jésus ?

 

Pour témoigner notre respect envers Jésus comme Personne divine – en tant que Dieu, Créateur de l’univers.

 

9)         Jésus a-t-il réellement sué du sang durant son agonie ?

 

Selon Luc, c’est bien ce qui serait arrivé : « Pris d’angoisse, Il priait plus instamment, et Sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient à terre » (Luc 22 43-44). Ce phénomène (qui porte le nom d’hémathidrose) n’est pas inconnu de la science médicale et a pu être observé chez d’autres personnes dans des moments d’intense stress mental, émotionnel ou physique. Il savait ce qui devait arriver et Il a malgré tout prié son Père que Sa volonté soit faite. Mais Il était véritablement un être humain. Il ressentait par conséquent le poids de tous les péchés – passés, présents et futurs – du monde entier, et le fardeau de ces transgressions était si lourd qu’Il a bien pu suer du sang.

 

10)     Dans la scène du jardin de Gethsémani, peu avant l’arrivée des soldats qui viennent L’arrêter, nous entendons Jésus prononcer des paroles : « Père, si tu veux écarter de moi cette coupe… » Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Dans son humanité, Jésus demandait à Dieu le Père s’Il pouvait éviter la croix qu’Il allait bientôt embrasser. Cette « coupe » était celle des amères souffrances et de la mort. De fait, lorsque certains ont prétendu par la suite que Jésus n’était pas pleinement homme, c’est ce texte qu’on fit valoir pour prouver qu’Il avait réellement une volonté humaine : les êtres humains désirent naturellement éviter la souffrance et la mort. Mais comme Dieu, Jésus savait qu’Il ne pouvait l’éviter : il n’y avait pas d’autre moyen de réconcilier l’humanité déchue avec Dieu. Il devait prendre sur Lui une dette dont l’humanité ne pourrait jamais s’acquitter. Par un acte d’amour suprême, Il allait donner Sa vie pour Ses amis – pour nous. La Bible nous dit que Jésus a consenti à ce plan de rédemption (« pas Ma volonté, mais la Tienne ») et que Dieu le Père a envoyé des anges pour Le consoler dans Son agonie.

 

11)     Pourquoi Dieu le Père a-t-il exigé que Jésus prenne sur Lui des souffrances physiques et émotionnelles aussi terribles ?

 

Dieu n’est pas un Père dur et dominateur qui exige la souffrance de Son Fils. Depuis Adam et Ève, les hommes ont librement dressé un mur entre eux et Dieu, à travers des siècles d’orgueil, de désobéissance et d’égoïsme. Jésus est venu librement dans le monde pour accomplir un acte d’humilité, d’obéissance et d’amour si intense qu’il détruirait ce mur (Jean 10 18). Les forces du péché des hommes et la furie démoniaque ont collaboré pour lancer à Jésus toutes les formes possibles de punition et de torture afin de le détourner de Sa mission. Mais en faisant cela, elles prouvaient sans le vouloir la perfection de Son amour et donnaient à Jésus la Croix, instrument même du salut.

 

12)     Le film nous montre trois autres hommes avec Jésus dans le jardin. Qui sont-ils ?

 

Ce sont Pierre, Jacques et Jean, les apôtres les plus importants si l’on en juge par les nombreuses mentions de leur nom dans la Bible et le nombre des expériences clés qu’ils ont partagées avec Jésus.

 

Pierre exerçait le métier de pêcheur. Il s’appelait Simon et Jésus lui a donné le nom de « Pierre » (Kephas en araméen, Petros en grec). Amené par son frère André et à l’invitation de Jésus, Pierre est devenu un disciple du Christ. Dans Matthieu 16 18, Jésus déclare qu’Il bâtirait Son Église sur Pierre, la « pierre », lui conférant ainsi une grande autorité. Les catholiques voient dans cet acte l’établissement de Pierre, comme chef des apôtres, à la tête de l’Église – le premier pape.

 

Jacques et Jean étaient frères, les fils de Zébédée. La Bible nous dit qu’ils étaient eux aussi des pêcheurs. Un des quatre Évangiles, le livre de l’Apocalypse et trois lettres du Nouveau Testament portent la signature de Jean.

 

13)     Il y a un cinquième personnage dans le jardin, que j’ai reconnu par la suite comme représentant le diable. Pourquoi le diable est-il présent dans le jardin ?

 

Le diable est là pour tenter Jésus. En plaçant le diable dans le jardin, le réalisateur suit fidèlement l’évangile de Luc. Trois des évangiles montrent Jésus tenté par le diable au désert, mais Luc (4 13) dit (après les tentations au désert) que « le diable s’écarta de Lui jusqu’au moment fixé ». Luc, qui nous renseigne d’ailleurs plus sur les activités du diable que n’importe lequel des trois autres évangiles, ne nous reparle plus du diable avant la Dernière Cène, où l’on voit Judas influencé par le diable. Dans Luc, Jésus dit également au moment de Son arrestation que c’est maintenant l’heure du « pouvoir des ténèbres ». Il est par conséquent raisonnable de conclure que le « moment fixé » pour que le diable reprenne sa tentation est la Passion.

 

14)     Au cours de cette scène dans le jardin, le diable pose à Jésus une question  : « Crois-tu vraiment qu’un homme puisse porter tout le poids du péché ? » Cela s’est-il réellement produit ?

 

Cette interrogation du diable n’apparaît pas dans la Bible, et nous avons ici un exemple de liberté créative du réalisateur. Cependant, en se basant sur les autres exemples rapportés dans la Bible où Jésus est tenté par le diable, le fait que cet échange ait pu avoir lieu est tout à fait plausible. Le diable aime saisir ces « occasions en or » de miner notre détermination lorsque nous éprouvons de grandes souffrances.

 

15)     Première phrase du dialogue entre le Christ et le diable, dois-je comprendre par là que cette question sur « le fardeau du péché » est fondamentale pour l’action tout entière de ce film ?

 

Oui, cet échange établit en réalité la prémisse tout entière du film, le sens même des souffrances et de la mort que Jésus, comme Dieu, avait le pouvoir d’éviter. Jésus allait S’offrir Lui-même comme l’Agneau sans tache (c’est-à-dire sans péché) en sacrifice pour expier les péchés de l’humanité.

 

16)     Mais pourquoi fallait-il que Jésus meure ?

 

Comme nous l’avons dit, la mort est la juste conséquence de notre péché car en péchant, nous nous détournons de Dieu, source de notre vie. Jésus a pris sur Lui les conséquences de notre péché – la mort – à notre place.

 

Si horrible qu’ait été la mort de Jésus, il nous faut reconnaître une vérité fondamentale de l’existence humaine : un amour authentique exige le sacrifice. L’amour demande le don total de soi. Aimer peut même signifier « se dessaisir de sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15 13). Il y a donc une signification transcendante dans le sacrifice et la souffrance. Supportée pour le bien des autres, elle est véritablement sanctifiante et salvatrice. Pour un monde qui s’efforce d’éviter tous les désagréments, quels qu’ils soient, cela semble ridicule. Mais ce n’est là qu’un des nombreux exemples de la façon dont la Vérité va à l’encontre des attentes de l’homme. Ce qui, d’ailleurs a toujours été le cas. Les premiers à entendre l’histoire de Jésus ont été tout aussi frappés par son étrangeté que nous le sommes aujourd’hui. Saint Paul écrivait il y a 2000 ans  :  « Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Corinthiens 1 18).

 

17)     Dieu n’aurait-il pas pu simplement déclarer que la relation de l’humanité avec Lui était restaurée ? Pourquoi a-t-il choisi un moyen aussi extrême et sanglant de réconcilier le monde avec Lui ?

 

Dans la souffrance, il nous est effectivement possible de mieux comprendre l’insondable amour de Dieu. L’idée que Dieu révèle son amour pour nous par la Passion et la mort du Christ est clairement exprimée dans la Bible lorsque Jésus (après Sa résurrection) révèle à Ses disciples  : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’Il entrât dans Sa gloire ? » (Luc 24 26). Pourquoi la souffrance était-elle nécessaire ? Afin de nous redonner ce que les premiers êtres humains (Adam et Ève) avaient perdu par leur désobéissance. Dans leur désobéissance, ils péchaient contre la loi de Dieu et commençaient à s’aimer eux-mêmes et à aimer les choses du monde plus qu’ils n’aimaient Dieu – qui devrait être le premier dans le cœur de tous. Ils ont perdu le privilège de la vie avec Dieu et en la perdant, ils l’ont perdue pour nous aussi.

 

L’amour exige le don de soi, le sacrifice de nos désirs égoïstes pour le bien d’un autre. Après la Chute, les désirs humains sont devenus égocentriques et désordonnés. La rédemption du Christ pour nous – en se chargeant du fardeau des péchés – n’a pas seulement rétabli notre relation avec Dieu, elle nous a également appris la véritable signification de l’amour : le sacrifice ; bref, que les paroles ne coûtent rien. C’est par nos actes que nous prouvons notre amour. Comprendre qu’il faut souffrir pour aimer, c’est comprendre Dieu. Comprendre Dieu, c’est comprendre la vie.

 

18)     Je commence à comprendre. Le temps de la Passion du Christ n’a-t-il pas quelque chose à voir avec la Pâque juive ?

 

Si, et cela explique bien des choses. Ceux qui connaissent la Bible (ou qui ont vu ce film à grand spectacle Les Dix Commandements) se rappelleront que Dieu a dit à Moïse de faire sortir son peuple d’Égypte (Exode 3 4-10). Cet événement, qui s’est produit environ 1200 ans avant la naissance de Jésus, est essentiel à la compréhension de la Passion du Christ, car la Passion est l’accomplissement du rituel de la Pâque juive.

 

Comme le dit l’Écriture, la nuit où les Hébreux furent libérés de l’esclavage d’Égypte, Dieu envoya l’ange de la mort pour frapper tout premier-né de chaque maison. Le Seigneur promit cependant que la mort « passerait » par-dessus son peuple choisi à condition qu’il répande le sang de l’agneau sur les montants et le linteau de la porte de ses maisons ; ce sang les sauverait (Exode 11-12). Après plus de mille ans de commémoration de l’événement salvateur de la Pâque par le peuple juif, Jésus est venu comme l’ultime offrande pascale pour en révéler la pleine signification : en versant Son Sang – le sang de l’Agneau de Dieu sans tache et sans péché – le péché et la mort sont finalement vaincus ; ils n’ont plus de pouvoir sur nous.

 

La Pâque de l’Exode est une annonce de la mort du Christ sur la croix. Le sang de Jésus, « Agneau » parfait, serait répandu sur la croix (les montants et le linteau) pour Ses disciples. Tous ceux qui acceptent le Christ et observent ses commandements seront sauvés par Son Sang ; la mort les « passera » car ils ont la vie éternelle. C’est exactement pourquoi Jésus a commencé Sa propre Passion en célébrant la Pâque avec Ses disciples, et en la transformant en Eucharistie, ce repas au cours duquel nous recevons maintenant Son Corps sous la forme du pain et la coupe de Son Sang sous la forme du vin qui nous sauvent de la mort éternelle.

 

19)     Est-ce la raison pour laquelle il y a tellement de sang dans ce film ?

 

Oui. Le sang est essentiel à la compréhension du sacrifice de l’Agneau – Jésus, qui a enlevé le péché du monde. Tout comme le sang est versé par les soldats qui donnent leur vie pour leur pays, ou par les mères à la naissance de l’enfant, l’amour sacrificiel exige souvent que l’on verse le sang. Ce n’est pas une coïncidence si la Passion du Christ a eu lieu précisément au moment de la Pâque juive. C’est un des nombreux accomplissements des prophéties de l’Ancien Testament, et c’est fondamental pour comprendre les actions de Dieu au cours de l’histoire pour sauver la race humaine.

 

20)     Revenons au dialogue dans le jardin entre Jésus et le diable. Le diable déclare que le prix à payer pour sauver les âmes serait trop élevé. Que veut-il dire par là ?

 

Ce n’est qu’une vaine tentative du diable pour dissuader Jésus d’accepter la croix et de remplir Sa mission. Il disait à Jésus que la somme des souffrances qu’Il allait endurer serait un prix trop élevé à payer.

 

Ayant rejeté Dieu, le diable entretient assurément une immense haine envers le Créateur. Nous savons également par les Écritures qu’il a l’intention de mener une guerre spirituelle contre l’humanité, création spéciale de Dieu. Nous lisons dans la Genèse : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance » (Genèse 3 15). Cette hostilité signifie également le désir que les humains perdent leur salut. Il a donc fait tout ce qu’il a pu pour tenter de décourager Jésus et L’empêcher d’accomplir Sa mission salvatrice.

 

21)     Le diable lâche un serpent dans le jardin de Gethsémani et Jésus l’écrase sous Son pied. Quel est ici  le symbolisme ?

 

Comme ce geste n’est pas mentionné dans la Bible, nous avons ici un autre exemple de liberté artistique prise par le réalisateur pour créer un effet dramatique. Cependant, le symbolisme du geste de Jésus est enraciné dans les Écritures. Dans le livre de la Genèse, Dieu révèle que la « descendance » de la femme (représentant à la fois l’humanité et, finalement, Jésus, qui est le ‘Fils de l’Homme’ représentatif de toute l’humanité) « meurtrira » le serpent à la tête (Genèse 3 15). Jésus est le « nouvel Adam » (1 Corinthiens 15 22), qui rétablit ce que le premier Adam avait perdu par le péché. La scène où Jésus écrase la tête du serpent est utilisée ici comme une annonce de la victoire du Christ sur le diable et sur le péché et la mort par sa souffrance, sa mort et sa résurrection.

 

22)     Le personnage du diable dans le film est-il censé représenter un véritable être spirituel ou est-il simplement une représentation symbolique du « mal » dans le monde ?

 

Loin d’être une personnification abstraite du « mal », le diable est un être spirituel bien réel – un ange déchu (ou démon). Bien que cette idée paraisse vieillotte ou dépassée pour des esprits modernes, l’Église catholique a continuellement enseigné que le diable est un être réel doté d’une volonté et d’un intellect formidables. Étant un pur esprit, il n’est pas soumis aux lois du monde physique. Ses capacités intellectuelles naturelles dépassent de très loin celles des êtres humains. La Bible comme la Tradition de l’Église enseignent que le diable (appelé aussi Satan – ce qui signifie « adversaire », ou Lucifer -- « porteur de lumière ») était le plus glorieux des anges, mais que l’orgueil et l’envie les avaient amenés, lui et sa suite, à se rebeller contre Dieu. C’est après cette rébellion que Satan et les autres anges déchus (ou démons) ont été bannis de la présence de Dieu, une séparation qui vaudra pour toute l’éternité.

 

Étant donné son rejet, on peut imaginer le diable consumé de haine envers Dieu et contre tous ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu – les humains. Par conséquent, Satan est assurément implacable dans son désir incessant de nous faire perdre notre âme et de nous séparer éternellement de Dieu qui nous aime. Dans le film, et spécialement dans la scène du jardin, son but est de faire échouer la mission du Christ sur la terre – une mission d’amour, de vérité et de salut.

 

23)     J’ai entendu des gens, et mêmes des enseignants chrétiens, expliquer que Satan n’existait pas réellement.

 

Croire à l’existence du diable peut sembler dépassé pour certains esprits soi-disant « éclairés », mais c’est une grave erreur. Comme le montre C. S. Lewis dans Tactique du diable, ce refus largement répandu de croire à l’existence de Satan est en réalité une ingénieuse stratégie de la part du Malin. S’il arrive à convaincre les hommes qu’il n’existe pas, qu’il est aussi « réel » que le croque-mitaine – nous cesserons alors d’être sur nos gardes. Et si nous ne nous défions pas de lui, nous tomberons presque certainement dans ses pièges. Car la réalité, c’est qu’il veut désespérément votre âme.

 

Jésus parle souvent du diable dans les Écritures. Dans Matthieu 25 41, par exemple. Il condamne ainsi ceux qui refusent de suivre Sa volonté et d’aimer leur prochain : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Par ces paroles, Jésus fait ainsi partager le sort du diable – c’est-à-dire l’enfer -- à ceux qui refusent de faire Sa volonté. Dans sa première lettre, l’apôtre Jean expose clairement la mission essentielle de Jésus : « Voici pourquoi a paru le Fils de Dieu : pour détruire les œuvres du diable. » (1 Jean 3 8).

 

24)     Puisque nous parlons du diable, pourriez-vous me définir ce qu’est « le péché » ?

 

On appelle péché tout comportement libre et délibéré de notre part qui sciemment offense Dieu et transgresse Sa loi.

 

25)     Pourquoi accorder une telle importance au péché ?

 

Premièrement, parce que Dieu, notre Créateur, est un Père aimant qui a droit à tout notre amour, à notre respect et à notre obéissance. Il n’a pas réellement besoin de notre obéissance – nous, oui. Car il nous aime plus que nous nous aimons nous-mêmes, et Il nous connaît mieux que nous-mêmes. De sorte que chaque fois que nous disons « non » à Dieu et à Sa volonté, nous faisons tort à nous-mêmes et aux autres. Certains péchés, appelés véniels ou légers, affaiblissent notre relation avec Dieu. Les péchés mortels brisent notre relation avec Lui. On rétablit cette relation en se détournant du péché en recherchant Sa grâce.

 

26)     Pourquoi y a-t-il tant de péchés et d’opposition à Dieu ?

 

À cause du péché de nos premiers parents (le péché originel), nous héritons d’une humanité ayant une tendance naturelle au péché. Mais ce n’est pas tout. Satan est un maître dans l’art de la publicité trompeuse. Il rend le péché désirable et prestigieux, tout comme au jardin d’Eden (Genèse 3). Il essaie de nous convaincre que Dieu ne nous interdit pas certaines choses parce qu’elles sont mauvaises pour nous, mais parce qu’elles nous rendraient semblables à Lui et qu’Il veut nous garder soumis, asservis sous Ses pieds. C’est pourquoi Satan présente le péché comme une libération alors qu’il est toujours exactement le contraire – un esclavage. Nos premiers parents s’y sont laissé prendre, et nous aussi.

 

Les péchés des hommes sont enracinés dans l’orgueil, la colère, l’envie, l’avarice, la luxure, la gourmandise et la paresse, autrement dit « les sept péchés capitaux ». Alors qu’il peut être difficile de choisir la voie de la perfection, il est parfois très attrayant en ce monde de prendre la mauvaise route. Tout cela remonte à la chute de Lucifer, « Ange de Lumière » -- le Diable – qui s’est rebellé contre Dieu et a établi son royaume sur la terre. Dieu a ensuite donné aux hommes la liberté de choisir entre Sa voie de vérité, d’altruisme et de lumière, et la voie du diable, faite d’égoïsme, de mensonges et de ténèbres.

 

27)     Si le péché est une chose aussi grave, pourquoi ne nous en parle-t-on pas plus souvent ?

 

Nous vivons aujourd’hui dans une société permissive qui a fait du péché une vertu. Il y a les voies de Dieu et il y a les voies du monde – deux façons très différentes de vivre pour l’humanité. Les moyens de communication de masse nous transmettent souvent le message implicite que « tout est permis » et que le péché « n’a aucune importance ».

 

28)     Je me suis rendu compte par la suite que la personne qui embrasse Jésus dans le jardin est Judas, un des apôtres. Pourquoi a-t-il trahi Jésus ?

 

En plus d’être motivé par l’argent (cf. Jean 12 6), Judas semble avoir attendu de Jésus qu’Il soit un messie différent, un messie temporel qui libérerait Israël du joug des oppresseurs romains. Ayant été témoin des miracles de Jésus, il est possible qu’il ait cru en la divinité de Jésus, ou qu’il ait compris au moins qu’Il était un prophète. Certains pensent que Judas a remis Jésus entre les mains des autorités pour Lui forcer la main – L’obliger à exercer Son autorité et rendre à la nation juive sa gloire terrestre.

 

29)     Qui était Judas ?

 

En fait, l’Écriture nous dit peu de choses sur lui en dehors de son nom (Judas Iscariote) et de son rôle comme trésorier des apôtres. Après la trahison de Jésus, il a été pris de remords et s’est pendu.

 

« Iscariote » signifie « poignard », un nom intéressant étant donné son rôle dans la trahison de Jésus  -- qu’il a « poignardé dans le dos », selon l’expression consacrée. On croit aussi que sa famille était originaire de Kerioth, une ville du sud de la Judée.

 

À partir de ce que nous dit la Bible, il est possible d’établir une sorte de profil psychologique de Judas. Il semblait très intéressé par les « choses de ce monde », comme le pouvoir et l’argent. Il a reproché à Marie de Béthanie d’avoir répandu sur les pieds de Jésus une huile de grande valeur. Judas dit alors en ronchonnant que cet argent aurait dû être utilisé pour les pauvres. Il était aussi le trésorier des disciples et la Bible nous apprend qu’il dérobait l’argent qu’on mettait dans la bourse (Jean 12 6).

 

Judas semble avoir éprouvé du remords après sa trahison de Jésus car, comme on le voit plus tard dans le film, il va jeter dans le Temple les trente pièces d’argent qu’il a reçues pour trahir Jésus (Matthieu 27 5). Il va même dire aux prêtres et aux scribes avec lesquels il a collaboré  : « J’ai péché en livrant un sang innocent. » (Matthieu 27 4). Ce qui montre que Judas n’était pas totalement sans conscience. Pourtant, ce remords n’a pas été suivi de la vertu d’espérance – l’espérance qu’il pouvait être pardonné. La Bible révèle qu’après avoir jeté l’argent sur le sol du Temple, il se retira et alla se pendre (Matthieu 27 5). Il aurait pu devenir un grand saint s’il était revenu de son péché, comme fit Pierre. Au contraire, il a désespéré de la miséricorde de Dieu et a choisi la mort.

 

30)     Une scène dans le jardin montre un accrochage entre les gardes du Temple et les disciples de Jésus après la trahison de Judas. Pierre tranche l’oreille d’un des gardes avec son épée, et le garde est extasié par la manière dont Jésus l’a guéri. Cela est-il vraiment arrivé ?

 

La Bible nous parle de cet accrochage, de la blessure et de sa guérison par Jésus (Matthieu 26 51 et Luc 22 51). Elle ne nous dit rien cependant concernant l’odyssée spirituelle que semble vivre le garde blessé.

 

Bien que cet épisode soit du domaine de l’imagination, il est cependant très logique. Un tel accrochage a sans doute été rapide et violent. Imaginez-vous à la place du garde du Temple. Vous ressentez la douleur cuisante de l’épée qui vous tranche l’oreille. Vous y portez immédiatement la main et vous sentez la chair à vif et le sang. Ébranlé, vous avez peine à y croire. Et voilà que tout à coup l’homme que vous êtes venu arrêter touche calmement votre oreille et la guérit.

 

La décision du metteur en scène de représenter le garde assis et perplexe quant à ce qui vient de lui arriver est tout à fait prenante et dramatiquement « juste ». Vous pouvez voir dans les yeux du garde l’étonnement avec lequel il contemple Jésus. Il est assez probable que ce garde du Temple, comme d’autres plus tard au cours de l’histoire, connaisse une sorte de conversion après avoir été guéri par Jésus.

 

31)     Après que Pierre eut coupé l’oreille du garde, Jésus lui commande de ranger son épée en prononçant les paroles célèbres : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Jésus a-t-il réellement dit cela ?

 

Oui. On trouve ces paroles célèbres dans Matthieu 26 52. En plus du sens premier voulant que celui qui commet des actes violents mourra probablement de mort violente, il y a l’avertissement plus profond de mettre en péril son âme immortelle en transgressant le commandement  :  « Tu ne tueras pas. »

 

32)     À quel groupe appartiennent les chefs des Juifs qui payent Judas pour trahir Jésus ?

 

Ce sont les membres du Sanhédrin, conseil des chefs juifs formé de prêtres, de scribes et d’anciens. Ces groupes n’étaient pas toujours du même avis ; ils avaient chacun leur idée propre. Mais ils étaient généralement tous d’accord pour dire que Jésus était dangereux et qu’il fallait Le faire taire parce qu’Il menaçait leur pouvoir sur le peuple et auprès des Romains. Le chef du conseil était le grand prêtre. Le nom du grand prêtre à cette époque était Caïphe, et il a joué un rôle clé pour convaincre le conseil de condamner Jésus.

 

33)     Pour quels motifs le Sanhédrin voulait-il se débarrasser de Jésus ?

 

Il avait plusieurs raisons. Premièrement, la Bible nous révèle qu’il y avait un peu de jalousie de la part des chefs religieux. Jésus était un prédicateur itinérant. Il n’était pas un prêtre, un scribe ou un ancien. De plus, ils étaient sans aucun doute effrayés d’entendre dire que Jésus opérait d’incroyables miracles, comme guérir les aveugles et ressusciter les morts, et qu’Il dénonçait l’hypocrisie des scribes et des pharisiens. Il y avait aussi des cas où les gestes de Jésus, comme Sa guérison d’un homme le jour du Sabbat, semblaient contredire ce qu’ils comprenaient de l’enseignement de la Loi. Sa popularité menaçait leur rôle de leaders du peuple juif.

 

Mais il y avait surtout le fait que Jésus énonçait en termes très clairs qu’Il était le Fils de Dieu -- un blasphème impensable aux yeux du Sanhédrin. Il prétendait, par exemple, pardonner les péchés. Non seulement les péchés contre Lui-même, mais tous les péchés. Il s’est attribué le Nom de Dieu (« JE SUIS ») en disant : « Avant Qu’Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8 58). Il a dit qu’Il reviendrait à la fin des temps pour juger le monde. Il a accepté des titres messianiques comme « Fils de David », « Fils de l’Homme », et « Christ, Fils du Dieu vivant ». Ces paroles et ces actes ont sans aucun doute donné lieu à des débats passionnés entre Jésus et les chefs religieux des Juifs. Et cela a inévitablement conduit à une réunion du Sanhédrin au cours de laquelle il fut décidé que Jésus agitait le peuple, ce qui amènerait les Romains à les remplacer et à réprimer davantage la nation juive. C’est Caïphe qui énonça leur résolution : « C’est votre avantage qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière » (Jean 11 50 ).

 

Son jugement paraît presque raisonnable à la lumière de la dure oppression de l’autorité romaine, mis à part, bien sûr, le fait que l’on condamnait un innocent – un homme qui avait continuellement prouvé qu’Il était le Fils de Dieu par les miracles qu’Il opérait.

 

34)     Ce film a soulevé la controverse dans certains cercles en raison de l’image qu’il donne des chefs juifs. Les catholiques croient-ils que le peuple juif est collectivement responsable de la mort de Jésus ?

 

Absolument pas. L’enseignement officiel de l’Église catholique concernant la question « Qui est responsable de la mort de Jésus ? » est clair et sans équivoque. Certains chrétiens mal informés (dont malheureusement aussi quelques catholiques) pensent que « les Juifs sont collectivement responsables de la mort de Jésus » et qu’ils sont seuls à blâmer. Cette idée a été clairement répudiée par le Concile Vatican II  : « Ce qui a été commis durant la Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps … Les Juifs ne doivent pas être représentés comme réprouvés par Dieu, ni maudits comme si cela découlait de la Sainte Écriture » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 597).

 

Pour comprendre qui est réellement responsable de la mort de Jésus, l’Église dit que le meilleur endroit où regarder est dans notre miroir. Le Catéchisme (au n. 598) nous dit : « L’Église … n’a jamais oublié que ‘les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu’endura le divin Rédempteur’. Tenant compte du fait que nos péchés atteignent le Christ Lui-même, l’Église n’hésite pas à imputer aux chrétiens la responsabilité la plus grave dans le supplice de Jésus, responsabilité dont ils ont trop souvent accablé uniquement les Juifs :

 

Nous devons regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la croix, à coup sûr ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal ‘crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés et le couvrent de confusion’. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’apôtre, ‘s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne l’auraient jamais crucifié’. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains meurtrières. » (CEC n. 598).

 

 

Cet enseignement n’est d’ailleurs pas une nouveauté ni une invention de l’Église des années soixante. La preuve ? Le texte cité plus haut, qui apparaît aussi dans le Catéchisme, est tiré des documents du Concile de Trente, vers le milieu du seizième siècle. La citation suivante est de saint François d’Assise, au treizième siècle, et elle s’adressait aux chrétiens, pas aux Juifs : « Et les démons, ce ne sont pas eux qui L’ont crucifié ; c’est toi qui avec eux L’as crucifié et Le crucifies encore, en te délectant dans les vices et les péchés. »

 

Bref, la responsabilité pour la mort du Christ repose sur tous les enfants pécheurs d’Adam et Ève. L’ironie est qu’en blâmant uniquement les Juifs pour la mort de Jésus, les chrétiens antisémites déclarent en fait : « Jésus n’est pas mort à cause de mes péchés. Il est mort à cause de ces gens là-bas. » Ce qui est absurde. La vérité est que, comme la foi catholique nous l’enseigne depuis toujours, « Tous les pécheurs sont les auteurs de la Passion du Christ ».

 

35)     Le réalisateur utilise des « flashs-back » pour rattacher la Passion à des aspects de la vie de Jésus. Le premier flash-back nous montre Jésus charpentier, vivant chez Lui avec Sa Mère. Quel était l’intention du réalisateur en créant cette scène ?

 

En plus d’apporter quelques instants de répit au milieu de scènes d’une intensité croissante, il semble que l’humanité de Marie et la divinité de Jésus soient toutes deux illustrées par le commentaire de Marie disant que les tables hautes (comme celles que nous utilisons chaque jour chez nous), ça ne marchera jamais !

 

Cette émouvante scène d’échange affectueux entre Jésus et Marie nous aide à réfléchir sur le fait merveilleux que Jésus a probablement vécu les trente premières années de sa vie avec Sa Mère. Bien qu’Il fût une Personne divine, Il était aussi très « humain » par Sa façon de vivre. Il a mangé. Il a travaillé comme charpentier. Il avait des voisins, de la famille et des amis avec lesquels Il a fraternisé comme tout le monde. Il a ri et sans doute plaisanté avec Sa Mère comme le montre la scène où ils s’aspergent d’eau mutuellement. Le fait de voir Marie manifester très normalement son affection maternelle envers Jésus nous permet aussi d’imaginer la profondeur de la douleur qu’elle a dû éprouver en assistant à Sa Passion.

 

36)     Lorsque le film revient au présent – c’est-à-dire lorsque commence la persécution de Jésus par les Romains – nous voyons Marie dire résolument : « Seigneur, ça commence. Ainsi soit-il. » Marie savait-elle vraiment ce qui allait arriver à son Fils ?

 

Fidèle femme juive et vierge à qui l’ange Gabriel était apparu, Marie devait être versée dans les prophéties concernant le Messie.

 

Alors que ni les disciples de Jésus ni les autres Juifs ne pensaient que le Messie aurait à souffrir pour régner dans la gloire, la connaissance que Marie avait des souffrances de Jésus venait probablement de la prophétie particulière qu’elle et Joseph avaient reçue lors de la présentation de Jésus au Temple. Le prophète Syméon lui avait dit : « Un glaive te transpercera l’âme » (Luc 2 35). C’était clairement lui prédire la douleur qu’elle éprouverait à cause de l’œuvre rédemptrice de son Fils.

 

37)     Pourquoi Joseph, le père de Jésus, n’apparaît-il pas dans le film ?

 

Peut-être que si le metteur en scène avait choisi d’inclure un autre flash-back sur l’enfance de Jésus, nous aurions pu apercevoir Joseph. Mais le fait est que nous n’entendons plus parler de Joseph dans la Bible après le recouvrement de Jésus au Temple, à l’âge de douze ans. La plupart des spécialistes croient que Joseph était mort lorsque Jésus a commencé Sa mission, ce qui paraît probable du fait que Jésus a confié Sa Mère aux soins de l’apôtre Jean.

 

38)     Pourquoi nous montre-t-on Claudia, la femme de Pilate, aussi préoccupée du sort de Jésus ?

 

Il y a probablement deux explications à cela : premièrement, nous avons de bonnes raisons de croire qu’elle était « secrètement » chrétienne. Pilate le savait, naturellement, mais quelques autres personnes aussi sans doute. Deuxièmement, elle fait preuve de compassion (ou au moins de sagesse) quant à la question de savoir si le Christ devrait être crucifié. Dans la Bible, elle avertit son mari : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste ! Car aujourd’hui j’ai été tourmentée en rêve à cause de lui » (Matthieu 27 19).

 

39)     Lorsque Jésus est amené devant Caïphe et le conseil des anciens, l’accusation finale portée contre Lui est le « blasphème ». Qu’est-ce qu’un blasphème ?

 

Selon le Catéchisme de l’Église catholique, le blasphème « s’oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu – intérieurement ou extérieurement – des paroles de haine, de reproches, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu » (CEC n. 2148). Le commandement contre le blasphème interdit aussi de parler en mal de l’Église, des saints ou des choses sacrées. Le blasphème est un péché grave.

 

40)     Le châtiment pour le blasphème était-il réellement la mort ? Cela semble terriblement sévère.

 

La punition pour avoir blasphémé le nom de Dieu est écrite dans le Lévitique : la mort par lapidation (Lévitique 24 16). Cette loi a été écrite au temps de Moïse alors que quelques Israélites adoraient le veau d’or au lieu de reconnaître le vrai Dieu qui les avait miraculeusement fait sortir de leur esclavage d’Égypte.

 

Les Juifs, à cause de l’occupation romaine, n’avaient pas le droit d’administrer la peine de mort. C’est la raison pour laquelle Jésus a été amené au gouverneur romain, Ponce Pilate. (Il est intéressant de noter que Caïphe a insisté pour obtenir un ordre de crucifixion plutôt que de lapidation. Ce qui laisse à penser qu’il était plus désireux de se débarrasser de Jésus par n’importe quel moyen que de le voir condamner en raison de la Loi. )

 

41)     Un des hommes qui témoignait contre Jésus prétendait que Jésus affirmait qu’Il était « le pain de vie » et qu’Il parlait constamment de manger Sa chair et de boire Son sang. Où trouve-t-on cela dans la Bible ?

 

Cela fait référence au long discours de Jésus dans l’évangile de Jean, au chapitre 6, où Jésus Se présente comme « le pain de vie » (Jean 6 48) et dit que « si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Homme et si vous ne buvez pas Son sang, vous n’aurez pas en vous la vie » (Jean 6 53). En réponse à cette déclaration, de nombreux disciples de Jésus ont cessé de Le suivre. Ce qui est intéressant c’est que Jésus a permis à ces disciples de Le quitter. Il ne les pas rappelés en disant : « Hé, attendez un peu. Je ne voulais pas dire littéralement. Je voulais dire symboliquement. » Il les a laissés partir parce qu’Il pensait réellement ce qu’Il disait.

 

Les catholiques, les orthodoxes et quelques églises protestantes acceptent que Jésus a voulu que cet enseignement soit compris littéralement – à savoir qu’Il voulait vraiment Se donner Lui-même à Ses disciples comme nourriture spirituelle. Mais cette nourriture allait nous être donnée sous l’humble forme du pain et du vin. Jésus a professé ce même enseignement la veille au soir, avant d’être trahi. Le Jeudi saint, lors de la Dernière Cène, Il prit le pain, le bénit, le rompit et le donna à Ses disciples en disant : « ‘Prenez, ceci est Mon corps.’ Puis Il prit une coupe et après avoir rendu grâce, Il la leur donna et ils en burent tous. Et Il leur a dit : ‘Ceci est Mon sang, le sang de l’alliance, versé pour la multitude » (Marc 14 22-24).

 

À première vue, cet enseignement paraît étrange (« si vous ne mangez pas Ma chair »). Mais en tenant compte du contexte, on comprend mieux. Vous vous rappelez peut-être que l’on célébrait la Pâque parce que l’ange de la mort envoyé par Dieu à l’époque des dix plaies d’Égypte « passait par-dessus » chaque maison des Hébreux où les montants de la porte avaient été aspergés du sang de l’agneau. Ce qui est moins connu, cependant, c’est que les familles qui avaient tué l’agneau et aspergé les montants de son sang devaient aussi manger l’agneau. Pour que le sacrifice pascal soit complet, ils devaient manger l’agneau immolé. Jésus est l’Agneau parfait. Pour participer pleinement à Son sacrifice sur la croix, les chrétiens sont invités à se nourrir de l’Agneau de Dieu qui est le Pain de Vie.

 

42)     Au cours de ce simulacre de procès, deux chefs juifs semblent prendre la défense de Jésus. Qui sont-ils ?

 

Bien que leur nom ne soit pas mentionné dans le film, ce sont probablement Nicodème et Joseph d’Arimathie. Ils sont tous deux identifiés dans les évangiles comme favorables à Jésus, des disciples secrets par crainte de leurs confrères membres du Sanhédrin. Nicodème est en fait venu trouver Jésus de nuit pour lui poser quelques questions (Jean 3). Nous voyons l’autre personnage, Joseph d’Arimathie, lorsque Jésus est descendu de la croix. Joseph, un riche disciple de Jésus, a offert son tombeau pour l’inhumation de Jésus.

 

43)     Jésus était-Il vraiment coupable de blasphème ?

 

Jésus a répondu aux questions des grands prêtres et des scribes en leur demandant de Le juger sur Son enseignement public. Mais lorsque le grand prêtre lui pose directement la question : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus déclare de façon absolue qu’Il est en vérité le Fils de l’Homme et, chose plus choquante encore, Il s’attribue délibérément le Nom de Dieu (« JE SUIS ; et vous verrez le Fils de l’Homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel » (Marc 14 62). Le grand prêtre se saisit de ces paroles, déchira ses vêtements et déclara qu’Il avait blasphémé. Mais il n’y aurait eu blasphème que si Jésus avait menti ! En fait, c’est Dieu incarné qui Se tenait devant eux -- tout comme la Vérité elle-même Se tenait devant Pilate -- et ils ne L’ont pas reconnu.

 

44)     Les gens aujourd’hui prononcent souvent en vain le nom de Dieu. Est-ce un blasphème ?

 

Pas exactement ; tout au moins, pas dans la plupart des cas. Mais même si prononcer le nom de Dieu en vain n’est pas à proprement parler  blasphémer, le deuxième commandement nous interdit l’usage du nom de Dieu sans la plus grande révérence (cf. CEC n. 2146). Même si notre culture blasée n’y attache aucune importance de nos jours, nous pouvons être certains que Dieu était sérieux lorsqu’Il nous a donné ce commandement.

 

45)     Selon la Bible, les reniements de Pierre ont eu lieu lorsqu’il se réchauffait près d’un feu, ce qui semble être une scène plutôt tranquille. Pourquoi le metteur en scène a-t-il rendu cette scène de façon aussi différente dans le film ?

 

C’est un exemple de l’utilisation par le metteur en scène de sa liberté créative pour bien étoffer l’émotion du drame que Pierre, chef des disciples et futur chef de l’Église, est en train de vivre.

 

46)     Pourquoi le metteur en scène a-t-il choisi de montrer Pierre se jetant aux pieds de Marie en s’écriant : « Mère, je L’ai renié ! » ?

 

L’intention ici est probablement de représenter l’enseignement catholique disant qu’il est acceptable de faire appel à la mère de Jésus lorsqu’on a offensé Dieu. Durant toute la période des rois d’Israël et de Juda, la Reine Mère était un personnage puissant et influent. Il est éminemment raisonnable de faire appel à la mère de notre Roi puisque son cœur et le Sien sont si étroitement unis.

 

47)     Il y a une scène au cours de laquelle Marie pénètre dans un lieu et trouve Jésus attaché à la voûte en dessous d’une chaussée de pierre. Quelle est la signification profonde de cette scène ?

 

On peut imaginer que le metteur scène cherche à représenter par cette image le lien éternel unissant Jésus et Sa mère. Jésus, Messie et accomplissement de l’ancienne prophétie, et Marie, qui s’est abandonnée à la volonté de Dieu de la naissance à la mort de Jésus, sont unis de façon permanente.

 

48)     Est-ce aller trop loin si l’on présume que Marie a participé activement à la Passion du Christ ?

 

Pas du tout. Selon la Bible, Marie était présente à quelques-uns des miracles de Jésus et elle a de fait contribué à lancer Son ministère public en Lui demandant de fournir du vin à ses hôtes, vraisemblablement embarrassés, aux noces de Cana (Jean 2). La Tradition veut qu’elle ait rencontré Jésus sur le chemin du Golgotha (où Il a été crucifié) et l’Écriture nous la montre également au pied de la croix avec Marie Madeleine et saint Jean.

 

49)     Pourquoi est-ce que des enfants démons entourent Judas dans son tourment ?

 

C’est encore là un procédé ingénieux du réalisateur. Représenter d’une manière aussi distordue et terrifiante quelque chose d’aussi innocent que de jeunes enfants en train de jouer souligne les conséquences du péché qui déforme notre perception du bien, du vrai et du beau. Ce qui a une signification importante de nos jours alors que la société moderne, enracinée dans son égoïsme, en est venue à considérer les enfants comme un fardeau plutôt qu’un trésor, comme une malédiction plutôt qu’une bénédiction.

 

50)     Je suppose que les soldats étaient des soldats romains. Si tel est le cas, quels étaient leurs rapports avec les chefs juifs ?

 

Voici une vue d’ensemble de la situation politique : Les Romains avaient conquis cette partie du monde environ cent ans auparavant. C’était loin d’être une partie importante de l’empire romain, comme on le voit lorsque Ponce Pilate se plaint d’être stationné là depuis onze longues années ! Une certaine hostilité existait entre le gouverneur romain du territoire de Judée et les chefs juifs. Les élites du Temple avaient comme atout dans leur manche la menace d’une émeute. Pilate était sous pression de la part de César à Rome pour conserver la paix. Comme le peuple juif s’attendait à ce que le Messie, annoncé dans leurs Écritures, soit un chef militaire qui les libérerait de l’occupant ennemi (à ce moment de l’histoire, les Romains), cette menace était d’un grand poids pour Pilate. Notons en passant que les Juifs étaient autorisés à une certaine présence policière, comme les gardes du Temple qui ont arrêté Jésus dans le jardin.

 

51)     Les soldats romains étaient-ils les brutes qu’on représente dans le film, ou est-ce là simplement une création d’Hollywood ?

 

Des documents attestent de leur brutalité. La crucifixion était peut-être le moyen d’exécution le plus douloureux et le plus horrible jamais imaginé. Il était régulièrement pratiqué dans tout l’empire romain comme moyen de subjuguer les populations conquises. Le cas de Jésus était un bon exemple d’une situation qui pouvait être présentée comme une source potentielle de soulèvement. C’est pourquoi un chef des Juifs a faussement accusé Jésus d’inciter à la protestation contre l’impôt dû à César, de façon à provoquer la sentence romaine de la crucifixion.

 

52)     Pilate envoie Jésus à un autre homme dans l’espoir qu’il déciderait de l’innocence ou de la culpabilité de Jésus. Qui est cet homme ?

 

Ce doucereux mais sinistre personnage est Hérode Antipas, ce roi juif qui avait fait arrêter Jean le Baptiste parce qu’il condamnait le mariage d’Hérode avec la femme de son frère. Un jour, Salomé, la belle-fille du roi, exécuta devant lui une danse qui le séduisit au point de le faire s’engager à lui donner tout ce qu’elle demanderait. Incitée par sa mère, elle demanda la tête de Jean le Baptiste. Hérode accéda à contrecœur à sa requête et fit exécuter Jean (Matthieu 14 3 12). À l’époque de Jésus, Hérode régnait sur la population juive de la région de Galilée, avec l’accord des Romains.

 

53)     Pourquoi Pilate a-t-il envoyé Jésus au roi Hérode ? Pourquoi ne L’a-t-il pas jugé lui-même ?

 

Probablement parce qu’il savait que Jésus était innocent et que les autorités juives L’avaient remis entre ses mains par jalousie. Il était par conséquent peu enclin à Le juger. Et Claudia, la femme de Pilate, lui avait dit de ne pas se mêler de l’affaire de ce juste (cf. Matthieu 27 19). Un point de procédure lui a d’abord permis de se tirer d’affaire : Jésus était de Galilée et se trouvait ainsi sous l’autorité principale du roi Hérode. Pilate a cependant finalement été forcé de Le juger après qu’Hérode eut refusé d’agir.

 

54)     Les chrétiens devraient-ils condamner Pilate ? Il semble avoir fait ce qu’il a pu étant donné les circonstances.

 

Bien que les décisions politiques puissent être difficiles à prendre, ceux qui ont la chance d’être dotés d’autorité sont appelés à suivre la voie étroite, à agir avec justice, à défendre ce qui est bien et vrai peu importe les conséquences. C’est la peur et l’intérêt personnel qui ont fait agir Pilate – il avait été nommé gouverneur pour maintenir la paix à Jérusalem et l’affaire semblait pouvoir tourner à l’émeute ; chose plus importante encore pour lui, il aurait des problèmes avec César et perdrait un poste si durement obtenu s’il ne livrait pas Jésus pour qu’on Le crucifie. Pilate a bien tenté à plusieurs reprises de libérer Jésus, mais il a finalement recherché son propre bien plutôt que le bien suprême. Il s’est « lavé les mains » de la condamnation et de la mort de Jésus, mais il en porte toujours une grande responsabilité. Il aurait pu déclarer Jésus innocent et Le libérer ; il a plutôt permis le meurtre de l’Auteur de la vie elle-même.

 

55)     Pourquoi Jésus garde-t-Il le silence devant Hérode ?

 

Cette attitude étrange a souvent été expliquée de cette façon : Hérode était si enfoncé dans la dépravation et le péché que toute tentative de Jésus pour l’atteindre aurait été vaine. Jésus savait assurément qu’Hérode avait pris pour épouse la femme de son frère et la part qu’il avait prise dans le meurtre de Jean le Baptiste. Essentiellement, comme Hérode ne voulait jouer aucun rôle dans les événements salvateurs qui allaient suivre, Jésus n’avait alors qu’à endurer ce sot sans engager la lutte avec lui directement. On peut également faire ici une remarque théologique d’une grande profondeur concernant le silence de Jésus – comme le note le Catéchisme, Jésus est « le Serviteur souffrant (cf. Isaïe 53 7) qui, silencieux, se laisse mener à l’abattoir » (CEC n. 608).

 

56)     Le film inclut une scène au cours de laquelle Pilate interroge sa femme au sujet de la « vérité » et lui demande pourquoi il ne peut l’entendre ? Pourquoi ?

 

Cette scène pleine de tendresse exprime merveilleusement la réalité que la vérité est inscrite dans le cœur de l’homme. Dans la Bible, le prophète Jérémie et l’apôtre Paul discutent de cette idée avec grande éloquence. Cette scène souligne également le fait que Pilate a pu être sincère en posant sa question à Jésus : « Qu’est-ce que la vérité ? » Elle donne l’impression que Pilate était profondément troublé – hanté, même – par Jésus et véritablement peiné du rôle qu’il était amené à jouer dans ce drame. Néanmoins, quelle que soit son affliction, il a quand même usé de son autorité pour faire crucifier l’Homme-Dieu innocent.

 

57)     Après la proclamation par Pilate que ni lui ni Hérode n’avaient trouvé contre Jésus aucun chef d’accusation, on nous présente le criminel Barabbas. Pourquoi Pilate offre-t-il alors de libérer un prisonnier ?

 

Il le fait simplement parce que c’était la coutume de libérer chaque année à Pâque un prisonnier en signe de « bonne volonté » de la part des Romains. C’était le moment idéal sur le plan des relations publiques pour faire un tel geste car Jérusalem était alors remplie de pèlerins venus de tous les pays pour célébrer la Pâque.

 

La libération de Barabbas est embarrassante car c’était un meurtrier reconnu et un zélote politique – véritable danger pour l’État romain. Sa libération mettait le comble à la mesure en ce sens que le peuple même de Jésus, celui pour lequel Il avait témoigné un si grand amour et opéré tant de miracles, choisissait de libérer un assassin plutôt que le Fils de Dieu innocent. (Il est intéressant de noter que le nom de Barabbas signifie littéralement « fils du père ». Ce qui est particulièrement ironique du fait que le véritable « Fils du Père » était là devant eux.

 

58)     La partie du film la plus violente (et franchement la plus difficile à regarder) est la flagellation de Jésus. Pourquoi le réalisateur a-t-il rendu cette scène avec une telle violence ?

 

Les documents historiques nous apprennent que la pratique de la flagellation était horrible et très sanglante. Sur notre propre sol, le sort des esclaves afro-américains durant plusieurs centaines d’années d’esclavage témoigne de ce fait. De plus, les marques sur le Suaire de Turin – considéré par beaucoup comme le linceul véritable de Jésus – montrent que le dos de l’homme du suaire a été gravement meurtri et ensanglanté. L’intention déclaré du réalisateur en tournant La Passion du Christ était de montrer la réalité brutale de ce que le Christ avait vécu.

 

Il suffit de voir les instruments de la flagellation pour comprendre un peu de son horreur. Dans le livre de Pierre Barbet, La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous trouvons cette description :

 

… on utilisait un instrument typiquement romain : le flagrum. Il avait un manche court auquel étaient attachées de longues lanières, deux habituellement. Un peu avant leur extrémité, on y insérait des balles de plomb ou de petits os de mouton … Ces lanières découpaient la peau, et les balles et les petits os y creusaient des plaies profondes. Ce qui provoquait beaucoup d’hémorragie et un affaiblissement considérable de la résistance vitale.

 

Dans le film, le diable est présent au cours de la flagellation de Jésus. Nous voyons Satan qui tient un bébé démon dans ses bras et tourbillonne tout autour, incitant les tortionnaires à un maximum de violence et de brutalité. C’était l’heure du diable, le moment où il a cru être en train de gagner son combat contre Dieu.

 

59)     Pourquoi la scène est-elle si longue ?

 

Parce que la flagellation a duré à peu près ce temps-là. Elle était si brutale qu’elle a presque réussi à tuer Jésus avant Sa crucifixion. La flagellation de Jésus n’est pas une chose que nous devrions chercher à éviter ou dont il faudrait se détourner : c’est une réalité puissante sur laquelle nous devrions méditer. Une façon de le faire avec fruit est de prier le Rosaire, qui est une méditation sur la vie du Christ. Cette prière féconde se divise en vingt « mystères ». Les mystères douloureux présentent les événements clés de la Passion de Jésus : Son agonie dans le jardin, la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix, la crucifixion et la mort. Prier ces mystères ouvrira votre cœur à la compréhension de la profonde signification de la Passion du Christ, et vous aidera à la mettre en pratique dans votre vie.

 

60)     Quelle la signification de ce flash-back au cours duquel Jésus lave les pieds de ses disciples ?

 

Jésus est venu pour servir et nous enseigner comment vivre. La leçon qu’Il nous donne dans cette scène est que, bien qu’Il soit Dieu, Il s’humilie Lui-même pour notre bien ; Lui, le Seigneur de l’Univers, est devenu un serviteur de Sa création. En lavant les pieds de Ses disciples, Jésus nous montre la nature de l’amour véritable : mourir à nous-mêmes et vivre pour les autres. En faisant cela, nous découvrons qui nous sommes vraiment. La voie de l’amour est le sacrifice – l’offrande de sa vie pour les autres par des actes petits et grands, y compris l’humble geste de se laver les pieds les uns aux autres.

 

61)     Pourquoi voit-on la femme de Pilate donner à Marie une brassée de linges ?

 

C’est un merveilleux procédé artistique qui exprime visuellement une dévotion au précieux sang du Christ – ce sang qui a été versé pour nous, ce sang qui nous sauve. La Bible nous dit : « Lui dont les meurtrissures vous ont guéris » (1 Pierre 2 24).

 

Marie, comme mère, démontre ici plus qu’un amour maternel pour son Fils ; elle témoigne de sa compréhension du caractère sacré de Son sang.

 

62)     Dans la scène où Jésus épargne à la femme adultère d’être lapidée, nous Le voyons écrire sur le sable. Quel est le sens de ce geste ?

 

Cette scène est tirée directement du Nouveau Testament (Jean 8 3-11). Quelques théologiens et experts biblistes ont conjecturé que Jésus écrivait peut-être les péchés des hommes qui étaient prêts à la lapider. D’autres notent que le geste de Jésus rappelle Celui qui nous a premièrement donné la Loi sur le mont Sinaï, car on trouve dans le livre de l’Exode une description des Dix Commandements (y compris « Tu ne commettras pas d’adultère ») écrite dans la pierre par « le doigt de Dieu ». Il est par conséquent approprié que Celui qui a donné la Loi accorde maintenant Sa miséricorde. De toute façon, c’est cet incident qui nous a valu ces paroles provocatrices : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jean 8 7).

 

63)     Avant de quitter la scène de la flagellation, pourriez-vous expliquer ce que signifie le bébé démon que le diable tient dans ses bras ?

 

C’est encore un exemple de liberté artistique du réalisateur. Son symbolisme est à la fois déconcertant et puissant. Voici quelques interprétations possibles : premièrement, le diable veut corrompre tout ce qui est bien et bon dans la création de Dieu. L’image de cet horrible enfant démon pourrait n’être qu’une représentation tangible de laideur morale.

La seconde interprétation serait de montrer le don de la vie – un petit enfant – d’une manière aussi dépravée. Cette image pourrait bien être symbolique du fréquent mépris de notre culture contemporaine pour l’enfant (ce que révèle l’acceptation généralisée de l’avortement et le nombre des enfants maltraités). Une dernière interprétation de cette scène pourrait être le contraste entre le regard de Marie sur son enfant, Jésus, et l’étreinte de cet enfant par Satan. Vous avez sans doute également remarqué le sourire sur le visage de cet enfant démon. Il nous montre par là qu’il se réjouit des souffrances de Jésus.

 

64)     Pilate a-t-il pensé qu’en s’écriant : « Ecce homo ! » -- « Voici l’homme ! » -- et en montrant le supplice de Jésus, il apaiserait cette foule assoiffée de sang ?

 

Le contraste est ici frappant entre un homme qui conserve encore dans le cœur un reste de compassion et une masse grouillante de gens avides d’un plus grand spectacle dont ils ne peuvent se rassasier. Ce qui est malheureusement une représentation perspicace de la condition humaine : nos appétits pour le péché et le vice, lorsqu’on a commencé à s’y adonner, ne font que grandir et ne pourront finalement jamais être satisfaits.

 

65)     Pourquoi mettre en opposition Pilate qui « se lave les mains » et Jésus qui, à la Dernière Cène, Se purifie les mains ?

 

« Se laver les mains » d’une responsabilité est une expression populaire dans notre culture qui nous vient directement de cet événement historique. Pilate « se lave les mains » de l’exécution imminente de Jésus pour montrer que, dans son esprit, il n’en porte aucune responsabilité (cf. Matthieu 27 24). Par ce geste symbolique, Pilate dit qu’il a essayé de faire ce qui est juste en faisant libérer Jésus, mais que les autorités du Temple et la foule ne le lui ont pas permis. Il en a donc fini avec cette affaire et ce qui arrive maintenant ne le regarde plus. Cette opposition marque la différence cruciale qui existe entre accomplir un devoir divin (Dieu exige dans l’Ancien Testament que les gens se lavent les mains avant de manger) et se soustraire à ses responsabilités devant Dieu (juger avec justice).

 

66)     Pourquoi un des hommes condamnés avec Jésus se moque-t-il de Jésus qui embrasse Sa croix sur le chemin du Calvaire ?

 

Cette scène n’est pas dans la Bible et donne un autre exemple de liberté créative du réalisateur. Lors que Jésus et les deux condamnés reçoivent leur croix et commencent leur difficile montée vers le Calvaire, un des deux hommes se moque de Jésus qui prend Sa croix. Cet homme – que la tradition nomme le « mauvais larron » -- ne comprend évidemment pas qu’il faut embrasser la souffrance pour grandir dans l’amour et la confiance en Dieu. Dans la Providence du Père, tout concourt au bien de ceux qui L’aiment (cf. Romains 2 28). Si nous pouvons accepter la souffrance qui provient de nos propres mauvais choix, c’est cependant la souffrance qui nous arrive sans qu’il y ait faute de notre part qui met le plus sévèrement notre foi à l’épreuve. Les voies de Dieu dépassent notre entendement. Mais notre foi chrétienne nous enseigne la nécessité d’embrasser la croix, d’accepter tout ce que Dieu permet qu’il nous arrive afin que nous soyons purgés de toute volonté propre et plus pleinement conformes à Sa volonté. Telle est la voie de la sainteté et du salut.

 

67)     À un moment du chemin de croix, Jésus semble caresser Sa croix. Ai-je bien vu ?

 

Si déconcertant que cela puisse paraître à nos sensibilités modernes, l’Église catholique reconnaît la valeur rédemptrice de la souffrance. Jésus enseigne que la souffrance est inévitable et transformante, et que nous devons l’accueillir et l’embrasser. Elle a une valeur rédemptrice lorsque nous l’offrons à Dieu, ce qui veut dire que nous participons avec Dieu à l’expiation de nos péchés (cf. Colossiens 1 24).

 

68)     Pendant que Jésus porte Sa croix, le réalisateur passe souvent du diable à Marie qui marche de l’autre côté de la voie à travers la foule. Leurs regards se croisent à un moment donné dans un échange silencieux extraordinairement puissant. Que se passe-t-il là exactement ?

 

Les catholiques considèrent l’obéissance de Marie envers Dieu comme l’antithèse de la rébellion du diable contre Dieu. Ceci est un choc pour beaucoup de gens qui pensent que le diable est à l’opposé de Dieu. Mais rien n’est à l’opposé de Dieu car Dieu n’a pas d’égal. Et – en dehors de Dieu -- Marie ne pourrait pas non plus être l’adversaire du diable étant donné que le diable, qui est un ange, est infiniment plus puissant que n’importe quel être humain, naturellement parlant. Mais Marie est « comblée de grâce », comme l’a dit Gabriel. Elle est pleine de la vie de Dieu et par conséquent capable de faire face au diable, non seulement durant la Passion, mais pour nous également à présent qu’elle est glorifiée au ciel. L’ange Gabriel lui est apparu alors qu’elle était adolescente pour lui annoncer que la volonté de Dieu était qu’elle devienne la mère du Messie. Son « oui » à Dieu apporta au monde le don du salut – le Fils de Dieu incarné, Jésus. Son « oui » immédiat à Dieu s’oppose directement au rejet par Lucifer de la volonté de Dieu.

 

Le « oui » de Marie contraste aussi très fortement avec le « non » d’Ève dans le jardin d’Eden. Si, dans le livre de la Genèse, Ève est séduite par le démon, Marie contrecarre les plans du diable en acceptant la volonté de Dieu pour son Fils bien-aimé. C’est pourquoi les chrétiens parlent traditionnellement de Marie comme de la « nouvelle Ève » -- son « oui » (obéissance) à Dieu annule le « non » d’Ève (péché et rébellion) et marque le commencement de la restauration de l’humanité dans la grâce.

 

Cette scène, pendant la marche de Jésus vers le Calvaire, illustre le combat qui s’est joué (et se joue encore) entre Marie et le diable. Le diable méprise Marie pour le rôle qu’elle a joué en donnant au monde son Sauveur, pour sa pureté de cœur, pour son rôle d’intercesseur devant Dieu, et pour son entière fidélité. On trouve la preuve de cette haine envers « la femme » au commencement et à la fin de la Bible. Dans la Genèse, on entend Dieu révéler qu’Il mettra « l’hostilité entre toi [le diable, représenté par le serpent] et la femme » (Genèse 3 15). Dans le livre de l’Apocalypse, nous voyons que le diable (représenté par le dragon) veut dévorer l’enfant de la femme qui s’enfuit au désert (cf. Apocalypse 12 6). La « femme » dont il est question ici est une allusion non seulement à Marie, femme spécialement choisie de Dieu, mais à Israël, la « Fille de Sion » dont Marie est le parfait exemple, et à l’Église dont Marie est l’icône et l’image suprêmes.

 

69)     Les catholiques rendent-ils un culte à Marie ?

 

Non. Les catholiques honorent Marie et la reconnaissent comme la plus grande de tous les saints. Elle est tout simplement la nouvelle « Arche d’Alliance », le vaisseau choisi par Dieu pour porter Son Fils, et elle est de ce fait digne de grand respect et de grande dévotion. Tout comme l’Arche de l’Alliance dans l’Ancien Testament contenait la Parole de Dieu (les Tables des Dix Commandements) et le pain du ciel (la manna), Marie a elle aussi porté dans son sein le Verbe de Dieu et le Pain du ciel, Jésus.

 

Parce qu’elle est particulièrement proche de Dieu, les catholiques lui demandent d’intervenir spécialement auprès de Dieu en leur faveur. Ce qui explique largement pourquoi la dévotion à Marie est si importante pour notre vie spirituelle.

 

70)     J’ai entendu parler des Stations de la Croix, et je crois qu’elles commémorent certains des événements illustrés dans le film. Que sont exactement les Stations ?

 

Dévotion catholique traditionnelle et populaire, les Stations de la Croix sont pieusement pratiquées sous une forme ou sous une autre depuis presque mille ans.

 

Les Stations rappellent quatorze événements ou moments clés sur le chemin de Jésus vers le Calvaire, lieu de Son exécution. Elles nous permettent « d’accompagner » Jésus spirituellement durant Ses dernières heures. Parmi les événements qu’elles commémorent on retrouve la condamnation de Jésus par Pilate, le moment où Jésus est chargé de Sa croix, Ses trois chutes et Sa rencontre avec Sa mère. Les prières que l’on récite à chaque station peuvent varier ; il en existe de nombreuses versions. Certaines sont des réflexions composées par des saints il y a des siècles, d’autres sont d’une facture plus contemporaine.

 

On trouve des représentations des Stations de la Croix dans presque toutes les églises catholiques du monde entier. Elles se présentent sous divers styles artistiques, anciens et modernes.

 

71)     Quelle distance a parcouru Jésus jusqu’au Calvaire ?

 

Le chemin qui mène au Calvaire porte le nom de Via dolorosa, ou « Voie douloureuse ». Cette voie qui va du Prétorium (tribunal romain) au Calvaire, colline où avait lieu la crucifixion, a une longueur d’environ 650 mètres. Sa surface devait être très accidentée et le portement d’une lourde traverse, après la flagellation, a dû être excessivement pénible pour Jésus.

 

Au cours des siècles, des millions de personnes ont suivi ce chemin en dévotion à la Passion. Si vous allez à Jérusalem, des pèlerinages quotidiens sont organisés depuis le Monastère de la Flagellation jusqu’au Calvaire.

 

72)     Pendant que Jésus porte Sa croix, une femme traverse la foule pour aider Jésus et essuyer Son visage. Qui est-elle ?

 

Son nom est Véronique. Cet événement, bien qu’il ne soit pas relaté dans la Bible, est une histoire bien connue et célébrée par les fidèles.

 

73)     La scène au cours de laquelle le visage de Jésus s’imprime sur le voile de Véronique est-elle un procédé artistique du cinéaste ?

 

Non. Des documents historiques révèlent que le voile de Véronique est vu et vénéré depuis des siècles. Certains pensent que c’est principalement grâce à cette image que nous pouvons savoir à quoi ressemblait Jésus. Dans la tradition chrétienne, Véronique a conservé le voile et découvert ses vertus curatives. Elle aurait guéri l’empereur romain Tibère avec ce voile avant de le confier à la garde du pape Clément (troisième successeur de saint Pierre) et de ses successeurs.

 

74)     Le voile de Véronique a-t-il été préservé jusqu’à nos jours ?

 

Selon la tradition le voile de Véronique serait actuellement conservé dans la basilique Saint-Pierre de Rome. On trouve là, près du grand autel, une statue de Véronique avec une inscription en latin disant que le voile est préservé à l’intérieur.

 

Brève histoire du voile : Des documents de l’Église attestent dès le quatrième siècle de son existence et, en l’Année Sainte 1300, le voile de Véronique a été exposé publiquement à Rome. On le décrivait généralement comme fabriqué d’une étoffe mince avec sur les deux faces l’image d’un homme ayant les deux yeux ouverts et un visage plein de souffrance, avec des taches de sang visibles. Les difficultés historiques commencent en 1608 lorsque la chapelle où le voile était conservé est démolie par le pape Paul V au cours de la reconstruction de la basilique Saint-Pierre. Certains pensent que le voile fut alors volé. En 1616, le pape Paul V interdit toute reproduction du voile de Véronique qui ne serait pas l’œuvre d’un chanoine de la basilique Saint-Pierre. En fait, toutes les reproductions faites après cette période portent l’image du Christ avec les yeux fermés, alors que les reproductions antérieures Le montraient avec les yeux ouverts. Disons en résumé que les spécialistes sont incertains quant à savoir si le voile a survécu.

 

75)     Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que les quatre personnages féminins dans le film sont présentés sous un jour très favorable. Le réalisateur a-t-il voulu par là se montrer politiquement correct ?

 

Cette présentation favorable des femmes dans le film était intentionnelle de la part du réalisateur. Mais loin de vouloir se plier ainsi à des exigences de correction politique, le réalisateur ne fait que refléter un mélange d’enseignement de l’Église et de piété catholique habituelle concernant ces femmes. L’Écriture nous dit que la sainte Vierge Marie et Marie Madeleine étaient présentes à la Passion du Christ. La piété catholique traditionnelle ajoute également les personnages de Véronique et de Claudia, la femme de Pilate. L’Écriture et la Tradition s’accordent cependant pour dire que dans la vie du Christ, presque tous les hommes (à l’exception de l’apôtre Jean) se sont enfuis. Ce fait est digne de considération et de méditation plus profondes.

 

76)     D’où vient l’homme qui aide Jésus à porter Sa croix ? Est-il mentionné dans la Bible ?

 

La Bible nous dit que c’était Simon de Cyrène, une ville située sur la côte nord-africaine. Simon était probablement un pèlerin venu à Jérusalem pour la fête de Pâque comme de nombreux Juifs d’autres pays qui convergeaient vers Jérusalem pour ces importants jours de fête. La Bible le mentionne brièvement. On nous dit simplement qu’il fut « chargé » par les soldats romains d’aider Jésus à porter Sa croix (cf. Luc 23 26), bien que l’évangile de Marc nous apprenne aussi le nom de ses fils, Alexandre et Rufus. La tradition catholique ajoute cependant que cet homme, choisi par Dieu pour jouer un rôle aussi intime en allégeant le fardeau de Jésus, se convertit avec ferveur au christianisme.

 

En un sens, Simon de Cyrène nous représente tous -- nous sommes tous appelés par Jésus à prendre chaque jour notre croix et à Le suivre (cf. Luc 9 23). Jésus invite chacun de nous à participer à Son œuvre de rédemption par l’offrande sacrificielle de notre vie.

 

77)     À quel moment de Son ministère public Jésus a-t-Il dit : « Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir ? »

 

Le Sermon sur la montagne (dans Matthieu, chapitres 5-7) proclame la venue du Royaume de Dieu et résume le cœur de l’enseignement de Jésus. La citation est tirée de Matthieu 5 56, où Jésus nous parle de la véritable nature de l’amour.

 

78)     J’ai entendu un historien dire que Jésus n’a porté que la traverse -- la partie horizontale de la croix – sur le chemin du Calvaire. Pourquoi est-ce que le film nous Le montre portant la croix tout entière ?

 

Les Romains avaient pour habitude d’obliger les condamnés à la crucifixion à ne porter que la traverse – le patibulum – jusqu’au lieu de l’exécution. Le patibulum horizontal était alors fixé au poteau vertical et on élevait ensuite toute la croix. Il est presque certain que Jésus a fait la même chose.

 

Cependant, comme une grande partie de l’art chrétien depuis plus de mille ans représente Jésus portant toute la croix, le réalisateur a choisi de montrer Jésus portant Sa croix de cette manière. La traverse, qui pesait entre 22 et 45 kilos, aurait déjà été une torture suffisante. Le choix du réalisateur ne semble pas avoir été fait dans l’intention de rendre la chose pire encore, mais simplement d’utiliser une image déjà présente dans l’esprit du spectateur en rapport avec l’événement historique.

 

79)     Les clous n’ont-ils pas été enfoncés dans les poignets de Jésus – et non dans Ses mains – afin de supporter le poids de Son corps ? Le film montre que les clous traversent Ses mains.

 

On pense généralement que les Romains crucifiaient en plaçant les clous dans les poignets et non dans les mains. La décision par le réalisateur de montrer les clous traversant les mains du Christ est un autre exemple de liberté artistique, probablement aussi sous l’influence de l’art chrétien qui représente traditionnellement Jésus portant la croix tout entière et les mains traversées par les clous. Les deux manières sont également terribles et le choix du réalisateur est de peu d’importance. (Il est intéressant de noter que le Suaire de Turin est historiquement précis sur ce point : l’homme dont le corps apparaît sur le linceul a des plaies aux poignets, pas aux mains.)

 

80)     Mel Gibson, le réalisateur, apparaît-il dans le film ?

 

Oui. C’est la main gauche de Mel Gibson qui tient le clou qu’on enfonce dans une des mains de Jésus. Il a fait cela pour dramatiser le fait que ce sont ses propres péchés qui, au moins en partie, ont crucifié le Christ.

 

81)     Que savons-nous encore sur la pratique de la crucifixion par les Romains ?

 

Arrivé au lieu de l’exécution, on commençait habituellement dans la crucifixion romaine par dépouiller la personne de ses vêtements avant de la fixer par les poignets à la traverse avec de longs clous. Les pieds du condamné étaient alors cloués à une pièce de bois attachée à la poutre verticale. Bien que tout ceci ait été atrocement douloureux, aucune de ces plaies n’était fatale. La mort était causée par le poids du corps de la victime entraînant finalement l’épuisement et l’asphyxie. La victime suffoquait littéralement. Les Romains eux-mêmes reconnaissaient si clairement l’exceptionnelle cruauté de la crucifixion comme moyen d’exécution que les citoyens romains reconnus coupables d’un crime et condamnés à mort étaient toujours décapités, jamais crucifiés.

 

82)     Pourquoi ces plans affreux et dégoûtants sur les oiseaux durant la scène de la crucifixion ?

 

Afin de fournir un autre détail historique. Des oiseaux carnivores et des oiseaux de proie descendaient souvent sur les condamnés. On croit aussi que certaines victimes mouraient des attaques des chiens. Le sort du « mauvais larron » veut également contraster avec celui du « bon larron » qui, dans la Bible, professe sa foi au Christ à la onzième heure et reçoit de Jésus l’assurance d’avoir part à Son Royaume.

 

83)     Pourquoi le film fait-il un flash-back sur la Dernière Cène durant la crucifixion ?

 

La manière dont Jésus a célébré le repas de la Pâque (c’est-à-dire la Dernière Cène) avec Ses apôtres avait pour but de remplir l’Ancienne Alliance. Il a déclaré que le pain était Son corps et le vin Son sang. Il a demandé que ce nouveau rituel soit fait en mémoire de Lui. Nous l’appelons aujourd’hui l’Eucharistie ou la Sainte Communion. Jésus explique longuement au chapitre 6 de l’évangile de Jean que Sa chair est une vraie nourriture et Son sang une vraie boisson, ce qui intrigue nombre de Ses disciples à l’époque. Le sacrifice de Son corps offert une fois pour toutes sur la croix est représenté de façon tangible sur la terre par le sacrifice sur l’autel où le pain et le vin deviennent Son Corps et Son Sang. Ce rituel est désigné dans le Nouveau Testament et dans les écrits des premiers Pères de l’Église sous le nom de « fraction du pain » (Actes 2 42).

 

La Pâque a pris un sens nouveau parce que son objectif a été rempli. Le Fils de Dieu – l’Agneau sans tache et sans péché – est devenu le sacrifice. C’est en mangeant le repas de Pâque sous sa nouvelle forme – l’Eucharistie – que nous pouvons avoir la vie en nous : « C’est Moi qui suis le pain de vie ; celui qui vient à Moi n’aura pas faim » (Jean 6 35). On trouvera une explication complète de cet enseignement essentiel dans Jean 6 22-71.

 

84)     Pouvez-vous m’expliquer cette étrange scène où la croix sur laquelle Jésus vient d’être cloué est retournée mais demeure suspendue au dessus du sol ?

 

La vénérable Marie d’Agreda (1602-1665), religieuse espagnole, a donné ce détail étonnant dans ses écrits sur la vie de Marie, mère de Jésus. Le film a emprunté ces détails pittoresques à ses œuvres et à celles de Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) sur la Passion du Christ. Les « visions » de ces deux religieuses ont parfois un sens symbolique plutôt que littéral. L’Église catholique ne les a jamais déclarées être des révélations surnaturelles, mais elle a autorisé leur publication. Elles ont inspiré durant des siècles une vraie dévotion aux vérités de la foi.

 

85)     Jésus est-Il mort plus rapidement que la normale pour une crucifixion ?

 

Il semblerait que oui. La Bible dit que Jésus est resté trois heures sur la croix avant de mourir (Matthieu 27 45-46) – un temps relativement court si l’on considère que beaucoup sont restés des jours avant de rendre l’âme. Mais nous devons nous rappeler que Jésus, Dieu-Homme, a choisi le moment de Sa mort. Il a offert librement Sa vie pour nous ; elle ne Lui a pas été enlevée par des hommes. C’est lorsque Jésus dit « Tout est achevé » qu’Il rend l’esprit dans la mort.

 

86)     Que disent les mots inscrits sur l’écriteau cloué au dessus de la tête de Jésus ?

 

L’écriteau placé sur la croix par ordre de Ponce Pilate porte l’inscription écrite en hébreux, en latin et en grec : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs » (cf. Jean 19 19-20). Les lettres que l’on voit habituellement sur un crucifix sont INRI – abréviation du latin Iesus Nazarenus, Rex Iudaeorum. Bien que le film n’en fasse pas mention, la Bible nous dit que les grands prêtres des Juifs retournèrent chez Pilate pour demander qu’on écrive plutôt « Cet individu a prétendu qu’il était le roi des Juifs » (Jean 19 21). Mais Pilate les a renvoyés en disant : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » (Jean 19 22). L’église de la Sainte-Croix à Rome possède diverses reliques de la Passion, dont ce qui semble être un morceau de cet écriteau.

 

87)     Quel est le sens des paroles dramatiques de Jésus sur la croix : « Eloi, Eloi, lama sabachthani ? »

 

C’est de l’araméen qui veut dire : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Des profondeurs de sa nature humaine, Jésus crie Son angoisse à Son Père. Certains ont faussement interprété ces paroles en disant que Jésus était désespéré et qu’Il ne s’attendait pas à être crucifié. Nous devons prendre garde ici à ne pas tirer de conclusions inexactes à propos de Jésus, à savoir qu’Il n’est pas divin ou qu’Il est quelque peu inférieur à Dieu. Ce n’est pas une interprétation correcte de Ses paroles d’abandon. Jésus, Personne divine, connaissait le plan du salut de toue éternité ; Il partage la même nature que le Père et l’Esprit Saint.

 

Nous voyons plutôt ici la vraie humanité de Jésus. Il ne faisait pas que nous ressembler, Il ressentait aussi toute chose comme nous. Les souffrances qu’Il a éprouvées sur la croix n’étaient pas que des douleurs physiques, elles étaient profondément spirituelles car Il portait le poids des péchés passés, présents et futurs de toute l’humanité.

 

Bien qu’Il ait pu connaître une grande désolation émotionnelle et de grandes souffrances physiques sur la croix, les paroles « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » sont en réalité les premières lignes du Psaume 22. Jésus rappelle ici que ce qui Lui arrive est l’accomplissement de ce psaume prophétique qui prédit qu’on Lui percera les mains et les pieds, que Ses vêtements seront tirés au sort. Et le psaume se termine par la proclamation triomphante et confiante que Dieu vient finalement prendre Sa défense.

 

88)     Le film nous rapporte-t-il tout ce que Jésus a dit du haut de la croix ?

 

Non. Toutes Ses paroles ne sont pas dans La Passion du Christ. Vous trouverez la liste complète des sept dernières « paroles » du Christ en Appendice C – Les sept dernières paroles du Christ.

 

89)     Expliquez pourquoi le film renvoie en flash-back à Jésus offrant le vin à la Dernière Cène tandis que Son sang coule jusqu’au pied de la croix.

 

Lorsque Jésus prit la coupe, pendant la Dernière Cène, Il dit : « Buvez-en tous, car ceci est Mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés » (Matthieu 26 28). Ce sang de Jésus qui coule sur la croix constitue le sacrifice nécessaire pour expier tous les péchés de l’humanité. Parce que Jésus a dit : « Faites ceci en mémoire de Moi », l’Eucharistie est célébrée chaque jour sur chaque autel de chaque église catholique partout dans le monde, de même que dans la liturgie de l’Église orthodoxe.

 

90)     Un des voleurs crucifiés avec Lui a-t-il vraiment insulté Jésus, ou est-ce ajouté pour produire un effet dramatique dans le film ?

 

La Bible mentionne qu’un des hommes Lui a dit : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous aussi ! » (Luc 23 39). La tradition catholique appelle l’autre crucifié « le bon larron » -- Dismas. Il répond aux paroles du premier en disant : « Tu n’as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais Lui n’a rien fait de mal … Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi » (Luc 23 40-42). Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec Moi dans le paradis » (Luc 23 43). Le pardon de Dismas par Jésus donne à tout chrétien l’espérance du pouvoir rédempteur de la foi. Même à l’heure de la mort, il est possible de demander et de recevoir le pardon de ses péchés en ayant foi en Jésus !

 

91)     S’Il était vraiment Dieu, pourquoi Jésus n’a-t-Il pas opéré un autre miracle en descendant de la croix ? Cela aurait certainement transformé Ses ennemis en croyants !

 

Pas nécessairement. Lazare avait récemment été ressuscité par Jésus devant une foule assemblée alors qu’il était déjà dans la tombe depuis quatre jours (cf. Jean 11). Un aveugle avait été guéri en plein centre de Jérusalem (Jean 9). Les ennemis du Christ ont répondu en traitant l’aveugle de menteur et l’ont jeté hors de la synagogue. Il est clair que des démonstrations publiques spectaculaires n’inspirent pas toujours la foi. Voir n’est pas toujours croire. Mais plus précisément, si Jésus était descendu de la croix, Il aurait contredit la raison même de Sa venue dans le monde – nous sauver de nos péchés et nous permettre d’obtenir la vie éternelle. Il devait rester sur la croix jusqu’à la mort afin d’offrir le sacrifice expiatoire exigé pour nous réconcilier avec Dieu et nous libérer de l’esclavage du péché.

 

92)     Quelle est la signification des dernières paroles de Jésus à Sa mère et à l’apôtre Jean ?

 

En disant « Femme, voici ton fils », et à Jean (le « disciple qu’il aimait », comme le dit l’évangile), « Voici ta mère » (Jean 19 26-27), Jésus fait de sa mère Marie la mère spirituelle de tous les chrétiens. La Bible comme la Tradition nous disent que Jean n’était pas le fils de Marie par sa naissance, de sorte que les paroles de Jésus ne peuvent être prises littéralement. Jean l’évangéliste décrit cet incident parce qu’il veut que nous nous voyions nous-mêmes à sa place. Marie, mère de Jésus, nous est donnée à nous pour être notre mère.

 

Voyez la section Ressources pour des informations supplémentaires sur ces questions théologiques.

 

93)     Pourquoi Jésus dit-Il, « Tout est achevé », alors qu’Il reste sur la croix ?

 

L’amour exige qu’on soit fidèle, et d’une fidélité qui va jusqu’au bout. Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que l’amour de Jésus « jusqu’à la fin » (cf. Jean 13 1) confère sa valeur rédemptrice à Son sacrifice sur la croix (CEC n. 616).

 

Ces paroles de Jésus sont si riches qu’elles offrent une variété d’interprétations. La plus évidente, cependant, est que la passion du Christ est maintenant achevée. Il a terminé la mission pour laquelle Il est venu dans le monde, à savoir sauver l’humanité de ses péchés ; regagner ce qui avait été perdu. La rédemption de l’homme est accomplie. Tous les hommes et toutes les femmes ont maintenant la possibilité de recevoir la vie éternelle s’ils acceptent Sa grâce et restent fidèles jusqu’à la fin.

 

94)     Pourquoi y eut-il des ténèbres, un orage et un tremblement de terre à la mort de Jésus ?

 

Pour marquer l’importance de ce qui venait de se passer – la mort de l’Homme-Dieu. Ce ne sont pas simplement des effets dramatiques ajoutés au film. Les ténèbres et le tremblement de terre sont décrits dans le Nouveau Testament (cf. Matthieu 27 45-54). De plus, le prophète Amos, dans l’Ancien Testament, parles des ténèbres et du tremblement de terre : « … à cause de cela, la terre ne va-t-elle pas frémir … Il arrivera ce jour-là – oracle du Seigneur mon Dieu – où je ferai se coucher le soleil en plein midi et enténébrerai la terre en plein jour » (Amos 8 8-9).

 

95)     Que s’est-il passé dans le Temple qui a si fortement bouleversé les chefs des Juifs ?

 

Le voile du Temple s’est déchiré en deux de haut en bas, laissant apparaître le « Saint des Saints » où demeurait la présence de Dieu, et que nul homme ne pouvait voir, à l’exception du Grand Prêtre, une seule fois par année, le jour du Yom Kippur (le jour du Grand Pardon). Avec la mort du Christ, qui est le Vrai Grand Prêtre et le Vrai Sacrifice, prend fin la séparation entre Dieu et l’homme, et nous pouvons maintenant L’approcher sans crainte et entrer en communion avec Lui par la grâce.

 

96)     Pourquoi le diable réagit-il aussi frénétiquement à la mort du Christ sur la croix ?

 

Il semble que le diable, dans l’effroyable isolement que décrit cette scène, exprime sa rage et son tourment après cette défaite. La prédiction du diable dans le jardin concernant l’impossibilité pour une homme de « porter tout le poids des péchés » s’est révélée fausse – Jésus a réellement été capable de souffrir la Passion et d’accomplir Sa mission rédemptrice. Le diable a été totalement vaincu au Calvaire.

 

97)     Il semble qu’un soldat romain se soit converti à la fin. Que savons-nous de lui ?

 

L’Écriture rapporte qu’un des soldats présents à la crucifixion fut si bouleversé par la façon dont Jésus est mort qu’il s’est écrié : « Sûrement, cet homme était juste. » Un autre évangéliste écrit qu’il s’est exclamé : « Vraiment, Celui-ci était le Fils de Dieu ! » La Tradition catholique nous dit que ce soldat est devenu chrétien. Le livre et le film La Tunique représentent ce soldat comme celui qui a gagné aux dés la tunique du Christ.

 

98)     La scène déchirante vers la fin du film où Marie est au pied de la croix et nous regarde tandis qu’elle tient la tête de son Fils mort est très émouvante. Quelle est sa signification ?

 

On pourrait voir, dans la beauté poignante de cette scène, l’équivalent de la Pieta de Michel-Ange.  Elle nous fait comprendre, à travers le long regard blessé et aimant de Marie, que nos péchés collectifs ont tué son Fils, mais que Sa mort apporte l’espérance à l’humanité.

 

99)     Le film se termine par la Résurrection. Les chrétiens croient-ils vraiment que Jésus est ressuscité des morts ?

 

Oui, nous le croyons. La Résurrection est un des dogmes les plus importants de la foi catholique. Saint Paul le déclare des plus éloquemment dans sa première lettre aux Corinthiens : « … et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi notre foi » (1Corinthiens 15 14). C’est uniquement par Sa résurrection que Jésus triomphe du pouvoir de la mort et nous donne l’espérance que notre propre corps va ressusciter. C’est donc sur notre croyance en la résurrection que repose notre espérance de vie éternelle.

 

100)  Que se passe-t-il après que Jésus est sorti du tombeau ?

 

Pour cela, lisez les Évangiles et les Actes des apôtres !

 

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Deuxième partie

 

LES ARGUMENTS EN FAVEUR DU CHRIST

 

Nous vivons dans une société pluraliste où les formes d’expressions religieuses multiples et variées sont devenues la norme. Dans une telle société, beaucoup s’imaginent que toutes les voies mènent à Dieu, qu’une religion en vaut une autre. Ce qui serait vrai si toutes les « voies » avaient simplement été conçues par l’homme. Et, si toutes les religions ont été créées par l’homme, il serait bien arrogant de prétendre que telle voie soit plus vraie qu’une autre. Et si une voie n’était pas simplement d’origine humaine ? Et si une voie nous avait été donnée directement par Dieu ?

 

L’histoire et la Parole de Dieu – la Bible et la Tradition sacrée – nous ont révélé qu’une personne parmi toutes les autres était unique. Son nom était Jésus-Christ. La principale différence entre Jésus et, disons, Bouddha, ou Mahomet, ou Confucius, est que ces derniers n’ont jamais prétendu ni démontré qu’ils étaient divins. Par Sa prédication et Ses miracles, Jésus nous a montré qu’Il était en vérité le Messie, le Verbe éternel de Dieu qui, à un moment précis de l’histoire humaine, S’est fait chair et a habité parmi nous.

 

Les figures religieuses les plus connues (comme Bouddha, Mahomet et Confucius) ont proclamé la vérité de bien des manières – mais une vérité partielle. Certains, pas tous, ont même proclamé cette vérité qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Bref, parler de Dieu est une chose. Bien des grands personnages l’ont fait au cours des âges. Jésus, cependant, est différent : Il a déclaré qu’Il était Dieu.

 

C’est une déclaration dont il nous faut tenir compte d’une manière ou d’une autre. On ne peut pas simplement la passer sous silence. C’est pourquoi la question centrale des Évangiles est celle que Jésus pose à Ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? » Les arguments en faveur du Christ reposent sur les diverses déclarations que les hommes ont faites en réponse à cette question. Car il n’existe réellement que cinq possibilités :

 

Jésus était soit :

1)      une légende – c’est-à-dire qu’Il n’a jamais réellement existé ; le Nouveau Testament n’est qu’une fable.

2)      un menteur – en fait, Il n’a jamais réellement voulu dire les choses qu’Il a dites. Il essayait simplement de profiter des autres en leur racontant des histoires.

3)      un fou – c’est-à-dire que Sa prétention d’être Dieu n’était que la divagation d’un esprit dérangé.

4)      un doux rêveur genre Nouvel Âge – c’est-à-dire qu’Il essayait de nous dire que nous sommes tous des dieux.

5)      le Seigneur – Il était ce qu’Il déclarait être : le Fils de Dieu, Dieu incarné.

 

Examinons maintenant chacune de ces possibilités :

 

1)      Jésus n’était qu’une légende.

 

Le problème si Jésus n’est qu’une « légende » est que pas un historien reconnu au monde ne dirait que Jésus n’a jamais existé. Nous savons quand les documents du Nouveau Testament ont été écrits. Comme nous l’avons montré plus haut, la plus grande partie des textes du Nouveau Testament datent d’une époque où des témoins oculaires des événements de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus étaient encore vivants. Et le fait le plus révélateur concernant non seulement les auteurs, mais tous ceux qui ont préservé leurs écrits au cours des siècles, est le peu d’intérêt qu’ils semblent avoir manifesté pour « adapter » l’histoire afin de créer une légende.

 

Pensez-y : Si les apôtres étaient des enthousiastes qui se sont seulement un peu excités et ont pris leur rabbi pour Dieu, pourquoi alors les Évangiles nous montrent-ils des disciples lents à comprendre Son message et à mettre leur foi en Lui ?

 

Il est clair que nous n’avons pas affaire ici à des théologiens de génie ni à des hystériques à la spiritualité excessive. En fait, les documents bibliques nous dépeignent continuellement les apôtres comme des hommes un peu lents à comprendre, généralement plutôt ambitieux, et comme des poltrons qui ont abandonné Celui qu’ils aimaient à l’heure de Sa suprême épreuve (Marc 14 50). Il est extrêmement improbable que ces hommes aient « fait mousser » l’histoire de Jésus pour leur avantage personnel. Pensez-y. Si vous vouliez lancer votre propre mouvement religieux – et faire valoir les merveilles de votre chef – iriez-vous vraiment le placer sous un jour défavorable ?

 

Des disciples qui s’efforceraient de redorer les documents historiques et de faire un dieu d’un simple rabbi ne conserveraient certainement pas avec soin des paroles comme : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 46 ; Marc 15 34). Ils ne permettraient pas non plus aux ciseaux du réviseur de laisser passer des citations comme : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul » (Marc 10 18) ; « Et Il ne pouvait faire là aucun miracle, pourtant Il guérit quelques malades en leur imposant les mains » (Marc 6 5) ; et, « Qui est celui qui m’a touché ? » (Luc 8 45). Ces citations semblent, à première vue, témoigner de l’imperfection, de la faiblesse et de l’ignorance de Jésus – ce qui n’est pas ce que vous souhaitez lorsque vous inventez un dieu.

 

Si les gens qui ont écrit (et conservé) les Évangiles n’étaient pas des maniaques religieux, des adeptes d’une secte, des menteurs, des falsificateurs ou des révisionnistes historiques, qu’étaient-ils donc ? Et s’ils étaient des « honnêtes gens » ? Et ces honnêtes gens nous disent une chose étonnante : Jésus déclarait qu’Il était Dieu.

 

2)      Jésus était un menteur.

 

D’accord, les apôtres ont peut-être dit ce qu’ils croyaient être vrai. N’est-il pas toujours possible alors que le menteur soit Jésus ? Il n’était peut-être qu’un habile raconteur d’histoires qui ne cherchait qu’à se vendre Lui-même à la foule pour les raisons habituelles de pouvoir et d’argent.

 

Le problème est que Jésus ne fait pas les choses qu’un menteur ou un opportuniste ferait habituellement. Il s’enfuit au désert lorsque les gens essayent de Le faire roi (Jean 6 15). Puis Il fait des discours (cf. Jean 6 25-60) propres à offenser tout le monde à l’exception de ses plus ardents partisans. Il cache continuellement Ses miracles (Marc 5 43 ; 7 36 ; Luc 5 14). Il fraye avec les voleurs, les ivrognes et les lépreux. Il s’entoure de gens vulgaires qui feraient très mauvais effet dans des brochures publicitaires. Il a l’air du président de la Chambre de commerce de Capharnaüm et, sans présenter d’excuses, Il accueille avec joie une prostituée locale qui vient s’incruster dans un « cocktail party » très sélect sans y être invitée (Luc 7 36-50). Ce n’est pas une façon de se faire des amis en politique. Il n’était pas non plus très raisonnable de s’assurer que les chefs des Romains et des Juifs qui ne l’aimaient pas du tout – et qui avaient le pouvoir d’y faire quelque chose – trouveraient une quantité de raisons (et d’occasions) de Le mettre à mort.

 

Ce genre de « gaffes » politiques a caractérisé toute Sa carrière. Il S’est régulièrement aliéné les hommes les plus puissants de Son temps, les Juifs comme les Romains.

 

De nouveau le grand prêtre l’interrogeait ; il lui dit : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus dit : « Je le suis » (Mark 14 61-62)

 

Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? »

Jésus lui répond : « C’est toi qui le dis » (Marc 15 2)

           

Il n’était pas homme à ergoter sur ce que « suis » pouvait signifier. D’ailleurs, alors qu’Il encourait la peine de mort, Il a répété par deux fois cela même qui Lui vaudrait de souffrir une mort horrible et ignominieuse. Si c’était le pouvoir de ce monde qu’Il recherchait, Il avait une étrange façon de le montrer.

 

3)      Jésus était un fou.

 

Eh bien, Jésus était peut-être tout simplement fou ?

 

Pensez au Sermon sur la montagne dans Matthieu, chapitre 5 7. Cela ressemble-t-il aux divagations d’un aliéné ? Relisez avec quelle habileté Il répond à ceux qui voulaient Le prendre au piège en Le faisant parler (Marc 12 13-17). Observez l’intelligence et la subtilité de Sa réponse à ceux qui voulaient lapider la femme prise en flagrant délit d’adultère (Jean 1 8-11). Ce genre de bon sens n’est certainement pas un signe de folie. Rien d’étonnant à ce que ceux qui essayaient de Le piéger, « étonnés de Sa réponse … gardèrent le silence » (Luc 20 26). Sa lucidité, Sa façon de voir les choses, Son ironie et Son humour ne témoignent pas de Sa folie mais de Sa grande sagesse. Et même Sa détermination absolue de faire face à Son sort ne ressemble pas à de la folie. Nous n’avons jamais l’impression qu’Il désire la mort ; c’est qu’Il croit que Dieu le Père Lui a commandé de vaincre la mort en donnant Sa vie « en rançon pour tous » (1Timothée 2 6).

 

4)      Jésus était un doux rêveur genre Nouvel âge.

 

Eh bien, oui, nous disent certains, Jésus a bien déclaré qu’Il était Dieu. Mais c’était au sens oriental ou « Nouvel Âge ». Il affirmait simplement Sa « conscience divine » pour tenter d’éveiller cette même conscience en nous. Bref, Il était un guru pour le peuple juif. Lorsqu’Il dit qu’Il est le Fils de Dieu, Il veut dire que nous sommes tous enfants de Dieu et que nous sommes nous-mêmes Dieu, si seulement nous en prenons conscience.

 

C’est une idée intéressante, mais ce n’est pas ce qu’a dit Jésus. Au contraire. Il affirme que Dieu est Seigneur du ciel et de la terre, et non pas qu’Il est le ciel et la terre. En vérité, Il ne nous parle pas d’un Dieu identique à sa création ; Il parle de Dieu au sens intégralement juif de Créateur Transcendant, de Juge et de Père (Matthieu 19 4 ; 6 14 15). Il ne dit pas à Ses disciples qu’ils sont des parties de Dieu ; Il leur rappelle clairement qu’ils sont des pécheurs ayant besoin de salut et qui, à l’exception de Lui seul, sont incapables d’accomplir ce salut ou quoi que ce soit d’autre (Jean 15 5). Loin de dire qu’Il est un type bien et nous aussi, Il nous rappelle fréquemment qu’au contraire nous, nous sommes mauvais mais que Lui, est sans péché ; nous sommes d’en bas, mais Il est d’en haut (Jean 8 1-11 ; 8 23). Il affirme que ce n’est pas en partant à la découverte de notre divinité que nous parvenons à la vie, mais uniquement en mettant en Lui notre foi.

 

 

Alors très bien. Si les documents sont fiables, ils nous montrent clairement un homme qui n’est ni une aimable légende, ni un menteur, ni un aliéné, ni un guru du Nouvel Âge. Il est cependant toujours là devant nous à nous poser implacablement Sa question : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? » (Matthieu 16 15). Et à mesure que Sa voix se fait plus insistante, nous commençons à ressentir la force de la logique de C. S. Lewis écrivant dans Miracles que

 

… la difficulté historique de donner pour la vie, les paroles et l’influence de Jésus une explication qui ne soit pas plus difficile que l’interprétation chrétienne, est très grande. La différence entre la profondeur, le bon sens et (j’ajouterais) la finesse de son enseignement moral, et la mégalomanie endémique que cacherait son enseignement théologique s’Il n’était pas véritablement Dieu, n’a jamais été surmontée de façon satisfaisante. (C.S. Lewis, Miracles)

 

      Ce qui nous amène à une seule conclusion possible :

 

5)      Jésus est le Seigneur.

 

Après avoir examiné tous les faits, il ne reste qu’une possibilité qui soit vraiment satisfaisante : Jésus est Celui qu’Il dit être. Il est Dieu dans la chair. Il est le Fils éternel de Dieu, le Messie, envoyé pour sauver le monde de ses péchés. Il est en vérité le Seigneur de l’Univers venu pour donner la vie éternelle. Il a réellement et véritablement versé Son sang pour nous sur la croix et Il est réellement et véritablement ressuscité des morts et monté aux cieux. Il nous offre maintenant toutes les richesses de Son amour, de Sa miséricorde, de Son pardon, de Sa joie, de Sa puissance et de Sa paix par le don du Saint-Esprit, et la vie éternelle avec Son Père par les sacrements de Son Église, qui est Son corps.

 

 

Je vous invite maintenant à réciter la prière suivante. Après avoir dit cette prière, rendez-vous dans une église catholique et priez en face du Tabernacle qui contient l’Eucharistie. Assistez à la Messe le dimanche, et tous les jours dans la mesure du possible. Contactez votre paroisse catholique locale et prenez rendez-vous avec un prêtre. Il vous aidera à progresser dans votre vie spirituelle.

 

Prière pour suivre Jésus

 

Jésus, je crois que Vous êtes le Fils unique engendré du Père.

 

Je crois que, Fils incarné de Dieu, Vous pouvez me guider sur un chemin qui honore Votre Père, et m’enseigner à marcher dans Votre Voie comme Votre disciple.

 

Je Vous demande de venir dans mon cœur et de me guider vers la plénitude des richesses de Votre Esprit dans l’héritage de Vos saints. Je Vous accepte comme le Messie et je veux Vous honorer comme Seigneur. Aidez-moi à Vous trouver là où Vous pouvez être trouvé, dans la maison de Votre Père, le temple qui est l’Église, le corps du Christ. Aidez-moi à trouver les réponses aux questions que je me pose encore, à Vous chercher dans la foi et la confiance, et à ne rien laisser qui puisse me distraire de persévérer dans la foi et l’obéissance à Votre Personne.

 

Montrez-moi la voie de la paix, de l’amour et du bonheur véritables.

 

Amen.

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Troisième partie

 

ET L’HISTOIRE CONTINUE

 

Durant les dernières années de sa vie, une bande de disciples accompagnait Jésus qui parcourait la Galilée et la Judée, guérissant les malades et enseignant les foules. Il prit douze de ces disciples pour en faire Ses apôtres (les « envoyés »). Parmi ces douze, Jésus en choisit encore un et changea son nom de Simon à Pierre, en déclarant que sur cette « pierre » Il bâtirait Son Église (cf. Matthieu 16 18).

 

Les apôtres ont vécu trois ans avec Jésus ; ils ont entendu Son enseignement et assisté à Ses miracles. Et pourtant, lorsque Jésus a été arrêté, ils se sont tous enfuis à l’exception d’un seul. Même Pierre, la « pierre », L’a renié.

 

Chose étonnante, la résurrection de Jésus ne semble pas d’abord avoir changé grand-chose. Les onze apôtres qui restaient ont rejeté les premières annonces de Sa résurrection qui leur « semblèrent un délire » (cf. Luc 24 11). L’apôtre Thomas refusa de croire jusqu’à ce qu’il ait pu mettre ses doigts dans les plaies du Christ ressuscité.

 

Mais Jésus leur apparut finalement à tous et les chargea de Le faire connaître au monde entier. Mais avant, il leur fallait attendre à Jérusalem ce que Jésus appelait « la promesse du Père » (Actes 1 4). Neuf jours après l’ascension de Jésus au ciel, les apôtres, Marie la mère de Jésus, et plus d’une centaine d’autres ont découvert ce que Jésus voulait dire. C’était la fête juive de la Pentecôte et la puissance de l’Esprit Saint les remplit si profondément qu’ils n’allaient plus jamais être les mêmes. Autrefois craintifs et hésitants, ils étaient maintenant hardis, joyeux et même exubérants. Ils se précipitèrent dans les rues remplies de pèlerins venus de toutes les parties du monde.

 

Les apôtres, avec Pierre comme porte-parole, ont témoigné sans crainte de la résurrection du Christ. Des milliers ont entendu leur proclamation, chacun dans sa langue maternelle, et trois mille, par les eaux du baptême, sont entrés dans la nouvelle communauté de pardon, de joie et de liberté. C’était comme l’inverse de la tour de Babel (Genèse 11). Les différentes langues, autrefois un signe de vision à cause du péché, étaient maintenant le signe que Dieu réunissait à nouveau la famille humaine fragmentée.

 

Ce jour de Pentecôte était véritablement l’anniversaire de l’Église et montrait ce que la mort et la résurrection de Jésus signifiaient réellement. La libération du péché ne veut pas simplement dire que les offenses ont été effacées du grand livre de Dieu. Le péché blesse profondément ; il nous enchaîne et nous affaiblit ; il coupe la ligne de vie qui nous relie à notre source d’alimentation divine et brise nos relations avec le prochain. Jésus est mort pour rétablir le contact entre nous et Dieu, et rendre possible un rapport d’intimité avec Celui qui est notre Père aimant. Tous ceux qui L’aiment deviennent nos frères et nos sœurs. Et le pouvoir de Sa miséricorde, de son amour guérisseur que l’Écriture appelle la « grâce », nous est offert à travers le Saint-Esprit pour faire de nous des hommes et des femmes nouveaux à l’image de Jésus, notre frère aîné.

 

Depuis les tous premiers jours, l’Église a été catholique (du grec katholicos qui signifie « universel », « entier »). Bien que le mot lui-même n’apparaisse pas dans le Nouveau Testament, le concept est partout. Cette nouvelle communauté fondée sur Pierre n’est pas une sorte de culte exotique, un club fermé réservé aux saints. Elle forme la famille de Dieu où chacun est accueilli comme membre, peu importe sa race ou sa couleur, ses fautes ou ses faiblesses. L’Église est ainsi un « hôpital universel pour pécheurs » où tous peuvent être guéris par la grâce transformante de Dieu et devenir ce que Dieu voulait qu’ils soient.

 

Mais la présence de la grâce de Dieu ne veut pas dire que tous aient été rendus instantanément parfaits. Quelques chrétiens ont continué à pécher gravement et d’autres se sont lancés dans de sérieuses disputes. Ce sont les apôtres, réunis autour de Pierre, qui ont réglé ces querelles, maintenu la discipline dans la famille et préservé son unité et son intégrité.

 

Pierre et les apôtres avaient aussi la responsabilité de nourrir la famille (Jean 21 15-19) afin que les pécheurs puissent devenir des saints. Ils l’ont fait en transmettant au peuple les paroles et les actes de Jésus, y compris l’histoire de Sa mort et de Sa résurrection, et en expliquant les répercussions que cela pouvait avoir sur leur style de vie.

 

Ils l’ont fait également en présidant à l’administration des sacrements – ces moyens tangibles par lesquels les disciples ont été touchés par la grâce transformante de Jésus. Le Baptême, la Confirmation, l’Onction des malades, la Pénitence, le Mariage et les Saints Ordres sont tous des signes visibles, institués par le Christ, grâce auxquels la puissance de la Pentecôte peut descendre dans notre vie. L’Eucharistie, en mémoire de la Dernière Cène, est au centre de la vie chrétienne depuis les tous premiers jours. Par la fraction du pain (Actes 2 42), les apôtres nourrissaient l’Église avec le Corps du Christ, le pain de vie (Jean 6 48-59). Les Saints Ordres permettaient aux apôtres d’ordonner des assistants (Actes 14 23) et des successeurs pour continuer à nourrir la famille, à la maintenir ensemble et dans la fidélité à la vérité « entière » (catholique). On appela episkopos (« surveillants ») – évêques, en français, les successeurs des apôtres (Philippiens 1 1). L’évêque de Rome, où Pierre est mort, avait un rôle particulier à titre de successeur de Pierre. Comme père des chrétiens de Rome et, en un sens plus large, du monde entier, il est devenu le Papa (« Père ») de la famille – le Pape.

 

Quelques-unes des vérités prêchées par les apôtres ont finalement été écrites par quelques-uns d’entre eux et de leurs disciples. Au deuxième siècle, ces écrits, rassemblés et préservés par l’Église, ont été reconnus comme inspirés par l’Esprit Saint. Nous les appelons maintenant le Nouveau Testament. Mais ces brefs récits n’ont jamais eu pour but de nous rapporter tout ce que les apôtres avaient appris de Jésus au cours des trois années passées avec Lui. Bien des vérités ont été transmises de bouche à oreille, par l’exemple et les expériences vécues, et sont connues sous le nom de Tradition sacrée (2 Thessaloniciens 3 15).

 

Ainsi cette communauté – conduite par les successeurs de Pierre et des apôtres – nourrie par les Écritures, la Tradition et les Sacrements – grandit et se répandit dans tout l’empire romain païen et au-delà. La force brutale de la tyrannie romaine n’a pas pu arrêter l’amour de Jésus, ni empêcher que cet amour se répande par Son Église. Après trois cents ans de persécution intermittente et sanglante, l’empereur Constantin confessa finalement lui-même que Jésus était son Seigneur.

 

Au cours des siècles qui ont suivi, des discussions ont eu lieu concernant ce que Jésus et les apôtres avaient réellement enseigné. Sur le modèle du Nouveau Testament (cf. Actes 15 6-29), les successeurs des apôtres, en communion avec le successeur de Pierre, se sont réunis à plusieurs reprises en conseils œcuméniques (du monde entier) pour régler définitivement ces questions. Refusant d’accepter cette autorité apostolique, bien des groupes se sont séparés de l’Église catholique. Ils ont opté pour une sélection partielle de la vérité (hérésie vient d’un mot grec qui signifie « opinion particulière ») plutôt que pour la fidélité à l’ensemble. Ce qui eut pour effet un affaiblissement du témoignage chrétien et une fragmentation qui rappelait Babel. Nous ne sommes pas responsables des divisions du passé, mais nous avons la responsabilité de rendre témoignage ensemble et d’une seule voix à la plénitude de Sa vérité.

 

Plénitude de la vérité. Plénitude de la vie. Plénitude des moyens de la grâce. C’est cela que veut dire catholique. C’est en vérité ce dont nous avons besoin, ce dont le monde a besoin.

 

Mais que penser des atrocités commises par l’Église au temps des Croisades, que dire des Papes de la Renaissance qui avaient des enfants illégitimes, des membres du clergé catholique coupables d’agressions sexuelles ? Il est inutile d’essayer de nier les défauts de divers membres de l’Église et même de ses chefs. Le Nouveau Testament n’a pas tenté de cacher la trahison de Judas ni le reniement de Pierre. Après tout, l’Église est un hôpital pour pécheurs.

 

Mais, formée de membres imparfaits et conduite depuis 2000 ans par des gens imparfaits, n’est-il pas remarquable que cette Église catholique non seulement survive, mais prospère ? Avec plus d’un milliard de membres, elle est le groupe religieux le plus important au monde. C’est la grâce de Dieu qui soutient l’Église – et Dieu l’a lui a promise jusqu’à la fin des temps (cf. Matthieu 28 20).

 

Il y a quelque chose de plus remarquable encore. À tous les âges, des pécheurs sont entrés dans cet hôpital pour y devenir des saints par la grâce transformante de la Pentecôte – Pierre, le poltron devenu la « pierre » ; Paul, le meurtrier devenu martyr ; et jusqu’à la Mère Teresa de Calcutta dont l’amour sans limites a touché le cœur même du vingtième siècle.

 

Alors et vous ? Jésus est venu pour que vous puissiez avoir la vie, et que vous l’ayez en abondance (Jean 10 10). Pourquoi vous contenter de moins ?

 

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Quatrième partie

 

QUO VADIS ? (ALLEZ-VOUS ?)

 

Une légende raconte que, dans ses dernières années, saint Pierre, le chef des apôtres qui était alors le premier évêque de Rome, a fui la cité pour échapper à la persécution des chrétiens. En chemin, il rencontre Jésus qui vient dans l’autre direction. Pierre Lui demande : « Quo vadis ?» (Où vas-tu ?).

 

Jésus lui répond qu’Il se rend à Rome pour y mourir de nouveau pour Son peuple. Réprimandé, Pierre fait immédiatement demi-tour et retourne à Rome.

 

Nous voici maintenant arrivés à un carrefour, ce moment où il faut décider ou remettre à plus tard, agir ou ne rien faire, où vous devez choisir si vous allez tenir compte de ce que vous savez être vrai concernant Jésus. Ce choix n’est pas anodin, il est d’une grande importance. Le temps est maintenant venu  de considérer Son appel et d’y répondre –  de Le suivre.

 

Que pouvez-vous faire pour répondre à ce que Jésus a fait pour vous ? Voici trois recommandations :

 

1)      Acheter une Bible et commencer à lire les Évangiles

 

Rappelez-vous cependant que si la Bible contient des vérités éternelles capables de transformer votre vie, ce n’est pas toujours un livre facile à comprendre. C’est ce que disait Pierre lorsqu’il écrivait que certains peuvent en « tordre le sens comme ils le font aussi des autres Écritures pour leur perdition » (1 Pierre 3 16). Vous devez donc être prudent.

 

Enfreindre une loi établie par les hommes est une chose. Il est beaucoup plus grave de mal interpréter les enseignements de Dieu – cela pourrait avoir des conséquences éternelles. Nous devons donc suivre l’exemple de l’eunuque éthiopien qui a pris conscience qu’il avait besoin d’un guide lorsqu’il a dit : « Comment le pourrais-je [comprendre] si je n’ai pas de guide ? » (Actes 8 31). Ce qui nous même à la considération suivante :

 

2)      Si vous n’êtes pas de religion catholique, trouvez une église catholique locale et rencontrez un prêtre. L’Église catholique a été autorisée par Jésus à prêcher en Son nom. En suivant l’Église que Jésus a établie, vous pouvez être sûr que vous êtes rattaché à la foi apostolique – la foi qui a reçu les dons des sacrements, l’inspiration divine pour conduire son peuple, et la promesse de rester fidèle jusqu’à la fin des temps.

 

Si des individus à l’intérieur de l’Église peuvent tomber dans l’erreur et le péché, nous devons comprendre que l’Église est à fois divine et humaine. Jamais, cependant, l’Église n’enseignera autre chose que la vérité, car elle est protégée par l’Esprit Saint. Dieu a ordonné qu’Il soit parmi nous – et que l’Évangile demeure inchangé – jusqu’à la fin des temps.

 

Si vous êtes un ancien catholique, rencontrez un prêtre pour vous réconcilier avec l’Église par le sacrement de Pénitence. La confession, bien que certains puissent la craindre un peu, est libératrice. Votre confession est protégée par le secret de la confession, ce qui signifie qu’un prêtre ne peut révéler ce qu’il a entendu. Le confessionnal est tout simplement l’endroit le plus sûr et le meilleur sur terre pour demander le pardon de Dieu.

 

3)      Après un temps de prière, d’étude et de fréquentation des sacrements, ayez une foi active. Un catholique croyant est un catholique actif – par des œuvres apostoliques et une vie de prière pour le reste de l’Église. Votre nouvelle vie de foi sera un merveilleux voyage. Soyez assuré du secours de la prière de vos confrères et consœurs  dans l’Église. Même si vous ne rencontrerez jamais les humbles prêtres, frères, sœurs et laïcs catholiques consacrés à la prière, sachez qu’ils sont là en train de prier pour vous.

 

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Appendice A

 

LES MYSTÈRES DOULOUREUX DU ROSAIRE

 

1)     L’agonie de Jésus à Gethsémani

2)     La flagellation de Jésus

3)     Le couronnement d’épines

4)     Le portement de la croix

5)     Jésus est crucifié et meurt sur la croix

 

La méditation de ces cinq mystères se fait traditionnellement le mardi et le vendredi. Ils commémorent cinq moments importants de la Passion de Jésus, en commençant par Sa profonde souffrance dans le jardin de Gethsémani, suivie des deux indignités qu’Il a subies au cours de Son procès devant Ponce Pilate (la flagellation et le couronnement d’épines), du portement de la croix, et enfin de Sa crucifixion. Ces événements sont le fondement sur lequel est construit notre salut ; ils nous montrent d’une manière très profonde que l’amour – pour être authentique – exige le sacrifice. Jésus Lui-même nous dit : « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime » (Jean 15 13)

 

Appendice B

 

LE CHEMIN DE CROIX

 

Une des plus populaires et des plus traditionnelles dévotions catholiques, le Chemin de Croix commémore les quatorze événements clés de la Passion de Jésus. Sous une forme ou une autre, ce Chemin de Croix est prié depuis au moins mille ans. 

 

I.    Jésus est condamné à mort

II.    Jésus est chargé de la croix

III.    Jésus tombe pour la première fois sous le poids de la croix

IV.    Jésus rencontre Sa très sainte Mère

V.    Simon de Cyrène aide Jésus à porter Sa croix

VI.    Véronique essuie le visage de Jésus

VII.    Jésus tombe pour la deuxième fois

VIII.    Jésus réconforte les femmes de Jérusalem

IX.    Jésus tombe pour la troisième fois

X.    Jésus est dépouillé de Ses vêtements

XI.    Jésus est crucifié

XII.    Jésus meurt sur la croix

XIII.    Jésus est déposé de la croix

XIV.    Jésus est déposé dans le tombeau

 


Appendice C

 

 

LES SEPT DERNIÈRES PAROLES DU CHRIST

 

Les sept dernières paroles du Christ ont été prononcées par Jésus durant Son agonie sur la croix. Chacune est riche de symbolisme théologique et surgit des profondeurs de l’âme du Christ pour nous introduire au cœur du plan de salut de Dieu et de Son grand amour pour nous. Ces paroles sont si émouvantes qu’elles ont été mises en musique par plusieurs grands compositeurs (Haydn, Franck). Leur puissance transcendante a inspiré chez d’innombrables croyants une foi et une révérence plus grandes pour la puissance salvatrice de la croix.

 

1.      « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 34)

2.      « Femme, voici ton fils … Voici ta mère » (Jean 19 26-27)

3.      « J’ai soif » (Jean 19 28)

4.      « En vérité, Je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec Moi dans le paradis » (Luc 23 43)

5.      « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 16 ; Marc 15 34)

6.      « Tout est achevé » (Jean 19 30)

7.      « Père, entre Tes mains Je remets Mon esprit » (Luc 23 46)

 


Ressources

 

Livres utilisés comme ressources pour le film :

     La Douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par la Vén. Anne Catherine Emmerich

     La Cité Mystique de Dieu, par la Vén. Marie d’Agreda

 

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